mdm rapport_2014_accès_aux_soins_eu

Download MdM Rapport_2014_accès_aux_soins_EU

Post on 07-Dec-2014

214 views

Category:

Healthcare

3 download

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Rapport 2014 de Médecins du Monde sur l'accès aux soins des plus précaires en Europe

TRANSCRIPT

  • 1. Giorgos Moutafis LACCS AUX SOINS DES PLUS PRCAIRES DANS UNE EUROPE EN CRISE SOCIALE Le cas des femmes enceintes et des enfants Argentina | Belgium | Canada | France | Germany | Greece | Japan | Netherlands | Portugal | Spain | Sweden | Switzerland | United Kingdom | United States of America Mai 2014 Dr Liana Mailli vaccine un enfant la polyclinique de Perama, MdM Grce, 2013.
  • 2. / TABLE DES MATIRES / SYNTHSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 IMPACT DE LA CRISE SUR LES SYSTMES DE SANT . . . . . . . . . . . 4 Les effets dmontrs de la crise et de laustrit travers lEurope . . . . . . . . 4 Impact sur la sant des femmes et des enfants . 4 Politiques bases sur la peur et lintolrance au lieu de politiques bases sur les faits. . . . . 5 Quelques volutions positives des politiques nationales, dautant plus remarquables quelles sont rares . . . . . . . . 5 INTRODUCTION LENQUTE DE 2013 . . . . 6 2013 EN CHIFFRES . . . . . . . . . . . . . . . . 7 MTHODES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Mdecins du monde et ses actions . . . . . . . 8 Prsentation synthtique des programmes et sites denqute . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Statistiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Effectifs enquts . . . . . . . . . . . . . . . . 9 FOCUS SUR LA SITUATION DES FEMMES ENCEINTES . . . . . . . . . . . 10 FOCUS SUR LA VACCINATION DES MINEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 La connaissance des lieux de vaccination. . . . . . 15 LES CARACTRISTIQUES DMOGRAPHIQUES . . . . . . . . . . . . . . . 16 Sexe et ge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Nationalits et zones gographiques dorigine . . . 17 Dures de sjour des trangers dans le pays denqute . . . . . . . . . . . . . 19 Raisons de migration . . . . . . . . . . . . . . 19 LES CONDITIONS DE VIE . . . . . . . . . . . . 20 Conditions de logement . . . . . . . . . . . . . 20 Situation administrative . . . . . . . . . . . . . 20 Activit et revenus. . . . . . . . . . . . . . . . 22 Soutien moral . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 LES VIOLENCES SUBIES. . . . . . . . . . . . . 23 LACCS AUX SOINS . . . . . . . . . . . . . . . 26 La couverture des dpenses de sant. . . . . . 26 Les obstacles laccs aux soins . . . . . . . . 27 Le renoncement aux soins . . . . . . . . . . . 28 Le racisme dans les structures de sant . . . . 28 Les refus de soins. . . . . . . . . . . . . . . . 28 LES TATS DE SANT . . . . . . . . . . . . . . 29 Ltat de sant ressenti . . . . . . . . . . . . . 29 Maladies chroniques et traitements . . . . . . . 30 Des patients peu suivis avant darriver MdM . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Des problmes de sant peu connus avant la venue en Europe . . . . . . . . . . . . 30 tat de sant diagnostiqu . . . . . . . . . . . 30 ESPAGNE : BOULEVERSEMENT DU SYSTME DE SANT ET RSISTANCE SOCIALE . . . . . . 31 La destruction dun systme de sant qui tait universel . . . . . . . . . . . . . . . . 31 La rponse de Mdicos del Mundo . . . . . . . 31 GRCE : PEUT-ON SAUVER LA SANT PUBLIQUE ? . . . . . . . . . . . . . 33 Vaccination, soins prnataux et accouchement . . 33 Des groupes stigmatiss dj victimes dexclusion avant la crise . . . . . . . . . . . . 33 Rponse de MdM Grce face la crise . . . . . 34 LES ORGANISMES EUROPENS ET INTERNATIONAUX SENGAGENT POUR LA PROTECTION DE LA SANT . . . . . 35 Le Comit des droits conomiques, sociaux et culturels de lONU . . . . . . . . . . 35 Conseil de lEurope . . . . . . . . . . . . . . . 35 Institutions de lUnion europenne . . . . . . . 36 RECOMMANDATIONS AUX DPUTS EUROPENS . . . . . . . . . . . . . 37 UNE INVITATION AUX PROFESSIONNELS DE SANT . . . . . . . . . 37 RECOMMANDATIONS AUX GOUVERNEMENTS NATIONAUX . . . . . . . . 38 Yiannis Yiannakopoulos Giorgos Moutafi s Asier Alcorta Hernndez Jrme Sessini/Magnum Photos
  • 3. 3 europenne sapplique clairement chaque personne, quelle que soit sa situation administrative. Jrme Sessini/ SYNTHSE Ce rapport de Mdecins du monde (MdM) prsente pour lanne 2013 nos observations sur les dterminants so-ciaux de la sant et sur ltat de sant des personnes ayant bnfi ci de lappui de 25 de nos 160 programmes euro-pens pour accder aux soins. En 2013, nous avons analys 29 400 consultations (dont 15 445 consultations mdicales) qui ont t effectues dans 25 villes de huit pays europens au cours desquelles 16 881 patients ont t accueillis. Les analyses quantitatives sont tayes par des tmoignages manant des quipes de terrain. Nous avons dcid, cette anne, de raffi rmer la ncessit dun accs inconditionnel au suivi prnatal des femmes enceintes et aux vaccinations essentielles des enfants qui aujourdhui ne sont pas toujours assurs. Il sagit l dun dni de droit, contraire aux droits fondamentaux, aux conventions internationales et au respect des fondamentaux de la sant publique. Les rsultats de 2013 indiquent que pour les 285 femmes enceintes reues, 65,9 % navaient pas eu accs aux soins prnataux avant de consulter dans nos centres et 42,8 % avaient reu des soins trop tardivement. Lors de leur premire consultation mdicale, les mdecins ont jug que plus de 70 % dentre elles ncessitaient des soins urgents ou assez urgents. La mise en danger des femmes et de leurs enfants natre concerne donc les deux tiers des femmes enceintes reues Mdecins du monde. En 2013, 1 703 mineurs1 ont consult lun des centres euro-pens. Seul un mineur sur deux, au mieux, est vaccin contre le ttanos, lhpatite B, la rougeole ou la coqueluche. Dans certains pays, ce taux est infrieur 30 %, ce qui est bien en-de des taux de couverture vaccinale de la population gnrale, qui se situent autour de 90 %. Alors que la population gnrale est confronte une pauvret grandissante, certains partis politiques profi tent de cette si-tuation pour accabler les migrants dmunis, qui reprsentent des boucs missaires faciles trouver. Dans le mme temps, dans plusieurs pays, les groupes dj fragiliss avant la crise - migrants sans papiers, demandeurs dasile, usagers de drogues, travailleur(se)s du sexe, ressor-tissants europens dmunis et sans-abris - connaissent une rduction, voire une privation des fi lets de scurit et des rseaux sociaux qui leur assuraient une assistance de base. Les mcanismes de couverture sant se dgradent laissant une part grandissante la charge de chaque patient, fut-il sans ressources fi nancires, dans un contexte o les besoins dun nombre de plus en plus important de personnes en situation de prcarit augmentent. Cette injustice remet en cause le socle social de la solidarit en Europe et doit tre combattue. Les Organisations non gouvernementales (ONG) et les pres-tataires de soins font preuve de solidarit, mais in fi ne il revient aux gouvernements dassurer la protection des populations vulnrables, ce que certains semblent oublier sous la pres-sion de calculs conomiques court terme et de politiques daustrit. Les personnes vulnrables ont besoin dencore plus de protection en ces temps de crise, et non de linverse. 1 Il sagit des seuls mineurs enregistrs dans la base de donnes. Prs de la moiti des patients reus par Mdecins du monde vivent en situation rgulire en Europe. La situation est encore plus dure pour les personnes sans autorisation de sjour, europens ou extra europens. De nombreuses tudes ont montr limportance de d-pister les antcdents de violence chez les populations migrantes. En 2013, 76,3 % des personnes interroges ont rapport avoir vcu au moins une exprience de violence. Il sagit majoritairement dimmigrs du Proche et du Moyen- Orient et de demandeurs dasile. Les violences les plus frquentes sont davoir vcu dans un pays en guerre et la faim. Prs de 20 % des personnes rapportent des violences subies dans le pays denqute. Plus dun quart des patients reus par Mdecins du monde dclarent un mauvais ou trs mauvais tat de sant gnral. Pourtant, la sant personnelle ne reprsente que 2,3 % des raisons ayant motiv la migration, dans la continuit de ce qui tait observ les annes prcdentes. Ces chiffres dmontrent une fois de plus combien les discours contre les migrants qui viendraient profi ter des systmes de sant europens sont infonds. Prs des deux tiers des patients reus dans les centres ne bnfi cient daucune prise en charge de leurs soins au moment o ils sadressent nos programmes. Les trois obstacles laccs aux soins les plus frquemment cits sont les problmes fi nanciers (25,0 %), les problmes administratifs (22,8 %) et un manque de connaissance ou de comprhension du systme de sant (21,7 %). Ces rsultats contredisent clairement le mythe qui voudrait que les migrants viennent en Europe pour bnfi cier des services de sant. En tant que professionnels de sant, nous exigeons clairement le droit de dispenser des soins, conformment aux codes de dontologie des professions mdicales, tous les patients, indpendamment de leur statut administratif, de leur origine ethnique ou de leurs ressources fi nancires. Nous appelons la cration de systmes de sant nationaux universels, solidaires et quitables, ouverts toute personne vivant dans lUnion europenne (UE). Pour les populations particulirement vulnrables, comme les enfants et les femmes enceintes, ces systmes doivent per-mettre un accs inconditionnel aux soins pr et post-nataux, aux programmes de vaccination nationaux et aux soins pdia-triques. En temps de crise, laccs aux soins doit tre renforc. La Commission Europenne et le Parlement Europen doivent encourager les tats membres, responsables de la sant, protger et consolider les systmes de sant et les mca-nismes de pr