Vidocq Dictionnaire Argot Francais

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D H LEUGNE-FRANOIS VIDOCQ

Dictionnaire argot-franais

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N R V

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P T XDITIONS DU BOUCHER

CONTRAT DE LICENCE DITIONS DU BOUCHER Le chier PDF qui vous est propos est protg par les lois sur les copyrights & reste la proprit de la SARL Le Boucher diteur. Le chier PDF est dnomm livre numrique dans les paragraphes qui suivent. Vous tes autoris : utiliser le livre numrique des ns personnelles. Vous ne pouvez en aucun cas : vendre ou diffuser des copies de tout ou partie du livre numrique, exploiter tout ou partie du livre numrique dans un but commercial ; modier les codes sources ou crer un produit driv du livre numrique.

2002 ditions du Boucher 16, rue Rochebrune 75011 Paris site internet : www.leboucher.com courriel : contacts@leboucher.com tlphone & tlcopie : (33) (0)1 47 00 02 15 conception & ralisation : Georges Collet couverture : ibidem ISBN : 2-84824-026-1

AvertissementLes entres prcdes dun astrisque renvoient au Jargon, ou Langage de largot moderne; voir ABBAYE RUFFANTE, p. 4. Les entres prcdes de deux astrisques renvoient aux ballades en langage argotique de Villon; voir ARGUCHE (fin de larticle, p. 6). Certains termes dargot ne font pas lobjet dune entre particulire mais sont expliqus dans un article plus gnrique, cest le cas de toutes les entres mises entre crochets par lditeur. Nous avons respect le classement des articles de ldition originale, il nest pas toujours strictement alphabtique.

Abrviationsadj. : adjectif adv. : adverbe p. p. : pronom personnel s. : substantif s. f. : substantif fminin s. m. : substantif masculin v. : verbe v. a. : verbe actif v. n. : verbe neutre v. p. : verbe passif

3

ABADIS

AABADIS s. f. Foule, multitude, rassem-

blement.ABAT-RELUI s. m. Abat-jour. ABBAYE DE MONTE--REGRET ou DE MONTE--REBOURS s. f. Nos roman-

ciers modernes, Victor Hugo mme, qui, dans Le Dernier Jour dun condamn, parat avoir tudi avec quelque soin le langage bigorne, donnent ce nom la guillotine, quoiquil soit bien plus ancien que la machine invente par Guillotin, et quil ne sapplique qu la potence ou lchafaud. Celui qui jadis tait condamn passer tous ses jours la Trappe ou aux Camaldules, ne voyait pas sans prouver quelques regrets se refermer sur lui les portes massives de labbaye. La potence tait pour les voleurs ce que les abbayes taient pour les gens du monde; lespoir nabandonne quau pied de lchafaud celui qui sest fait la vie des prisons et des bagnes; les portes dune prison doivent souvrir un jour, on peut svader du bagne; mais lorsque le voleur est arriv au centre du cercle dont il a parcouru toute la circonfrence, il faut quil dise adieu toutes ses esprances, aussi a-t-il nomm la potence lAbbaye de Monte--Regret.4

* ABBAYE RUFFANTE s. f. Four chaud. Ce mot appartient au vieux langage argotique, il est prcd dun astrisque ainsi que tous ceux qui sont emprunts un petit ouvrage trs rare, publi au commencement du seizime sicle, et qui est intitul : Le Jargon, ou Langage de largot moderne, comme il est prsent en usage parmi les bons pauvres; tir et recueilli des plus fameux argotiers de ce temps; compos par un pilier de boutanche qui maquille en molanche, en la vergne de Tours; Troyes, et se vend Paris, chez Jean Musier, marchand libraire, rue Petit-Pont, limage SaintJean.ABQUER v. a. Nourrir un enfant ou quelquun gratuitement. ABQUEUSE s. f. Nourrice. ABLOQUIR v. a. Acheter prix dargent;

se dit aussi pour acqurir.ABLOQUISSEUR-EUSE

s.

Celui

qui

achte ou qui acquiert.ABOULAGE ACR s. f. Abondance. ABOULER v. a. Venir. ABOULER DE MACQUILLER v. a. Venir de faire une chose ou une autre.

ABOYEUR

ABOYEUR s. m. Celui qui dans une

prison est charg dappeler les prisonniers demands au parloir.ABREUVOIR MOUCHES s. f. Grande

* AMADOU s. m. Les argotiers du temps pass nommaient ainsi une drogue dont ils se frottaient pour devenir jaunes et paratre malades. * AMBYER v. a. Fuir.ANDOUILLE s. m. Homme qui a peu de

plaie do coule le sang; ce terme est pass dans la langue populaire; je le trouve dans le Vocabulaire de Vailly, dition de 1831.ACCENT (FAIRE L) v. p. Voir ci-aprsARON (FAIRE L).

vigueur, qui est indolent, sans caractre. * ANGLUCE s. f. Oie.ANGUILLE s. f. Ceinture. NIORT (ALLER) v. a. Nier un fait. ANTIFLER v. a. Marier. ANTONNE

ACCROCHE-CURS s. m. Favoris. ACHAR s. m. Acharnement. AGR-E adj. Fort-e. AFFRANCHI-IE adj. tre corrompu, con-

s. f. glise. Terme des voleurs parisiens.

natre et pratiquer une ou plusieurs des nombreuses manires de voler. (Affranchir des Latins.)AFFRANCHIR

ANTROLLER v. a. Emporter. APTRE s. m. Doigt. AQUIGER v. a. Battre, blesser. On aquige

v. a. Corrompre, apprendre quelquun les ruses du mtier de fripon; ainsi lon dira : affranchir un sinve avec de lauber, corrompre un honnte homme avec de largent, lengager taire la vrit; affranchir un sinve pour grinchir, faire un fripon dun honnte homme.

aussi les cartes pour les reconnatre au passage, et les filer au besoin.ARBALTE s. f. Croix que les femmes

portent au col. * ARBALTE DE CHIQUE, DANTONNE, DE PRIANTE s. f. Croix dglise.ARCASIEN ou ARCASINEUR s. m. Celui qui crit des lettres de Jrusalem. (Voir ce mot, p. 81.) ARCAT s. m. Le fait dcrire une lettre de Jrusalem. ARCHE DE NO s. f. Acadmie. ARCHI-SUPPT DE LARGOT s. m. (VoirCAGOUX,

AFFURAGE s. m. Bnfice, profit. AFFURER v. a. Gagner. (Vient probable-

ment de fur, voleur.) * AFLUER v. a. Tromper.AIDANCE s. m. Service. AIGUILLE s. f. Cl. Terme dont se servent

les voleurs de campagne.AILE s. m. Bras. AILE (SOUS L) adv. Sous le bras. ALARMISTE s. m. Chien de garde. ALENTOIR adv. Alentour, aux environs. ALTQUE adj. Beau, bon, excellent.

p. 16.)

ARON (FAIRE L) v. p. Faire le signal qui

(Altur), do drive le mot altier, chang en altque.ALLUMER v. a. Regarder attentivement.

sert aux voleurs, et plus particulirement aux assassins de profession, pour se reconnatre entre eux. Ce signal se fait de cette manire : le bruit dun crachement et simuler un C sur la joue droite et prs du menton, avec le pouce de la main droite. On fait aussi laron pour avertir celui qui se dispose travailler ( voler), de ne pas commencer,5

ARGANEAU

attendu quil est observ ou en danger dtre saisi.ARGANEAU ou ORGANEAU s. m. Anneau de fer plac au milieu de la chane qui joint entre eux les forats suspects. ARGOTIER s. m. Celui qui parle argot, sujet du grand Cosr. (Voir ce mot, p. 28.) ARGUEMINES s. f. Mains. Terme des

voleurs flamands.ARGUCHE s. m. Argot.

Jargon des voleurs et des filous, qui nest compris que par eux seuls; telle est du moins la dfinition du Dictionnaire de lAcadmie. Cette dfinition ne me parat pas exacte; argot, maintenant, est plutt un terme gnrique destin exprimer tout jargon ent sur la langue nationale, qui est propre une corporation, une profession quelconque, une certaine classe dindividus; quel autre mot, en effet, employer pour exprimer sa pense, si lon veut dsigner le langage exceptionnel de tels ou tels hommes : on dira bien, il est vrai, le jargon des petits-matres, des coquettes, etc., etc., parce que leur manire de parler na rien de fixe, darrt, parce quelle est soumise aux caprices de la mode; mais on dira largot des soldats, des marins, des voleurs, parce que, dans le langage de ces derniers, les choses sont exprimes par des mots et non par une inflexion de voix, par une manire diffrente de les dire; parce quil faut des mots nouveaux pour exprimer des choses nouvelles. Toutes les corporations, toutes les professions ont un jargon (je me sers de ce mot pour me conformer lusage gnral), qui sert aux hommes qui composent chacune delles sentendre6

entre eux; langage anim, pittoresque, nergique comme tout ce qui est luvre des masses, auquel trs souvent la langue nationale a fait des emprunts importants. Que sont les mots propres chaque science, chaque mtier, chaque profession, qui nont point de racines grecques ou latines, si ce ne sont des mots dargot? Ce quon est convenu dappeler la langue du palais, nest vraiment pas autre chose quun langage argotique. Plus que tous les autres, les voleurs, les escrocs, les filous, continuellement en guerre avec la socit, devaient prouver le besoin dun langage qui leur donnt la facult de converser librement sans tre compris; aussi, ds quil y eut des corporations de voleurs, elles eurent un langage elles, langage perdu comme tant dautres choses. Il nexiste peut-tre pas une langue qui ait un point de dpart connu; le propre des langues est dtre imparfaites dabord, de se modifier, de samliorer avec le temps et la civilisation; on peut bien dire telle langue est compose, drive de telles ou telles autres; telle langue est plus ancienne que telle autre, mais je crois quil serait difficile de remonter la langue primitive, la mre de toutes; il serait difficile aussi de faire pour un jargon ce quon ne peut faire pour une langue; je ne puis donc assigner une date prcise la naissance du langage argotique, mais je puis du moins constater ces diverses poques, cest lobjet des quelques lignes qui suivent. Le langage argotique nest pas de cration nouvelle; il tait aux quatorzime, quinzime et seizime sicles celui des mendiants et gens de mauvaise vie, qui, ces diverses poques, infestaient la bonne ville de Paris, et trouvaient dans

ARGUCHE

les ruelles sombres et troites, alors nommes cour des Miracles, un asile assur. Il nest cependant pas possible den rien dcouvrir avant lanne 1427, poque de la premire apparition des Bohmiens Paris, ainsi lon pourrait conclure de l que les premiers lments de ce jargon ont t apports en France par ces enfants de la basse gypte, si des assertions dune certaine valeur ne venaient pas dtruire cette conclusion. Sauval (Antiquits de Paris, t. I) assure que des coliers et des prtres dbauchs ont jet les premiers germes du langage argotique. (Voir CAGOUX ou ARCHI-SUPPT DE LARGOT, p. 16.) Lauteur inconnu du Dictionnaire argotique dont il est parl ci-dessus (voir ABBAYE RUFFANTE, p. 4), et celui de la lettre adresse M. D***, insre dans ldition des posies de Villon, 1722, exemplaire de la Bibliothque royale, pensent tous deux que le langage argotique est le mme que celui dont convinrent entre eux les premiers merciers et marchands porte-balles qui se rendirent aux foires de Niort, de Fontenay et des autres villes du Poitou. Le Dr Fourette (Livre de la vie des gueux) est du mme avis; mais il ajoute que le langage argotique a t enrichi et perfectionn par les cagoux ou archi-suppts de largot, et quil tient son nom du premier Cosr qui le mit en usage; Cosr, qui se nommait Ragot, dont, par corruption, on aurait fait argot. Lopinion du Dr Fourette est en quelque sorte confirme par Jacques Tahureau, gentilhomme du Mans, qui crivait sous les rgnes de Franois Ier et de Henri II, qui assure que de son temps le roi ou le chef dune association de gueux quil nomme Belistres, sappelait Ragot. (Voir Dialogues de Jacques Tahureau, gentilhomme du7

Mans, Rouen, chez Martin Lemesgissier, prs lglise Saint-L, 1589, exemplaire de la Bibliothque royale, n 1208.) La version du Dr Fourette est, il me semble, la plus vraisemblable; quoi quil en soit, je nai pu, malgr beaucoup de recherches, me procurer sur le langage argotique des renseignements plus positifs que ceux qui prcdent. Quoique son origine ne soit pas parfaitement constate, il est cependant prouv que primitivement ce jargon tait plutt celui des mendiants que celui des voleurs. Ces derniers, selon toute apparence, ne sen emparrent que vers le milieu du dix-septime sicle, lorsquune police mieux faite et une civilisation plus avance eurent chass de Paris les derniers sujets du dernier roi des argotiers. La langue gagna beaucoup entre les mains de ces nouveaux grammairiens; ils avaient dautres besoins exprimer; il fallut quils crassent des mots nouveaux, suivant toujours une chelle ascendante; elle semble aujourdhui tre arrive son apoge; elle nest plus seulement celle des tavernes et des mauvais lieux, elle est aussi celle des thtres; encore quelques pas et lentre des salons lui sera permise. Les synonymes ne manquent pas dans le langage argotique, aussi on trouvera souvent dans ce Dictionnaire plusieurs mots pour exprimer le mme objet (et cela ne doit pas tonner, les voleurs tant disperss sur toute ltendue de la France, les mots, peuvent avoir t crs simultanment). Jai indiqu, toutes les fois que je lai pu, quelle classe appartenait lindividu qui nommait un objet de telle ou telle manire, et quelle tait la contre quil habitait ordinairement;

ARICOTAGE

un travail semblable na pas encore t fait. Quoique la syntaxe et toutes les dsinences du langage argotique soient entirement franaises, on y trouve cependant des tymologies italiennes, allemandes, espagnoles, provenales, basques et bretonnes; je laisse le soin de les indiquer un philologue plus instruit que moi. Le pote Villon a crit plusieurs ballades en langage argotique, mais elles sont peu prs inintelligibles; voici, au reste, ce quen dit le clbre Clment Marot, un de ses premiers diteurs : Touchant le jargon, je le laisse exposer et corriger aux successeurs de Villon en lart de la pince et du croc. Le lecteur trouvera marqu dun double astrisque les mots extraits de ces ballades dont la signification mtait connue.ARICOTAGE s. m. Le supplice de la

ARPAGAR s. Arpajon. ARPIONS s. m. Pieds. ARQUEPINCER v. a. Saisir vivement. ARSONNEMENT s. m. Masturbation. ARSONNER (S) v. p. Se masturber.

* ARTIE s. m. Pain. * ARTIE DU GROS GUILLAUME s. m. Pain noir. * ARTIE DE MEULAN s. m. Pain blanc.ASPIC s. m. Mdisant, calomniateur. ASPIQUERIE s. m. Mdisance, calomnie. ASTICOT s. m. Vermicelle. ATOUSER v. a. Encourager. ATOUT s. m. Estomac. ATOUT (AVOIR DE L) s. m. tre coura-

geux, hardi.ATTACHE s. m. Boucle.

* ATTRIMER v. a. Prendre.ATTRIQUER v. a. Acheter des effets

roue.ARICOTER v. a. Rompre. ARICOTEUR s. m. Le bourreau. Celui qui

vols.AUBER s. m. Argent monnay. AUMNIER. Voir DTOURNEUR, p. 35. AUTAN s. m. Grenier. AUTOR (D) s. f. Dautorit. AVALER LE LURON v. a. Communier. AVALE TOUT CRU. Voir DTOURNEUR,

rompt.ARLEQUINS s. m. Morceaux de viande

de diverses sortes, provenant de la desserte des bonnes tables et des restaurateurs, qui se vendent un prix modr dans plusieurs marchs de Paris. Ce mot est pass dans la langue populaire.ARNACHE s. m. Tromperie. ARNACHE ( L). En trompant de toute

p. 35.AVALOIR s. m. Gosier. AVERGOTS s. m. ufs. AVOIR DU BEURRE SUR LA TTE v. p.

manire.ARNELLERIE s. m. Rouennerie (marchan-

dise).ARNELLE s. Rouen.

tre couvert de crimes; proverbe argotique des voleurs juifs; ils disent en hbreu : Si vous avez du beurre sur la tte, nallez pas au soleil : il fond et tache. 8

BABEL (TOUR DE)

BBABEL (TOUR DE) s. f. Chambre des BAGUE s. m. Nom propre. BAIGNEUSE s. f. Chapeau de femme. BAITE s. f. Maison. BALADER v. a. Choisir, chercher. Dans le langage populaire ce mot signifie marcher sans but, flner. BALAIS s. m. Gen...