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  • iedeSignesjournal sant dit parlinstitut pasteur de lille

    N 36Dcembre2014 V

    Notre dossier :Ne prenons pas la grippe la lgre

    a bouge dans lassietteLes rgimes sans

    Le microbiote

    Fondation reconnue dutilit publiquedepuis 1898

    Kid campusKid campus

  • Signes de vien 36 - Dcembre 20142

    SOMMAIRE

    Edit par lInstitut Pasteur de Lille - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Patrick Berche RDACTRICE : Emmanuelle DeleplaceCONCEPTION GRAPHIQUE : Carole LeclercqCRDIT PHOTOS : photothque Institut Pasteur de Lille p 3, p 16, p 17, encart - Sam Bellet p 2,Kitty, Fotolia.com p 1, Concept web Studio, Fotolia.com p 2, Brad Pict, Fotolia.com p 6,denio109, Fotolia.com p 6, sommai, Fotolia.com p 6 et 7, Uncle sam, Fotolia.com p 7,fotoliaxrender, Fotolia.com p 12, psdesign1, Fotolia.com p 15, borzywoj, Fotolia.com p 14,Sebastian Kaulitzki, Fotolia.com p 18, M. studio, Fotolia.com p 19, guukaa, Fotolia.com p 8,tab62, Fotolia.com p 10, sharaku1216, Fotolia.com p 11, Alexander, Fotolia.com p 13,Hunor Kristo, Fotolia.com (encart), Adfinitas p 20 COMMISSION PARITAIRE : en cours - ISSN : 1288-2690 - PRIODICIT : trimestriel sur abonnementIMPRESSION : db PRINT - 53, rue de la Lys - 59431 Halluin cedex

    Lactu au microscope

    3 Ebola, le virus qui terrorise la plante

    En bref

    4 Contre la mningite C,pensez au vaccin

    5 Priscille Brodin, prix Sanofi-Institut Pasteur2014

    5 EAT-Cell Biotech,une start-up mergente

    a bouge danslassiette

    6 La mode des rgimes sans

    Dossier

    8 Ne prenons pas lagrippe la lgreMme quand lpidmieest peu intense, la grippetue plus que le Sidachaque anne en France.Et pourtant la grippe nefait pas peur et le vaccinest en dsaffection.

    Itinraire dunchercheur

    16 Nadira, Laurissa, deuxfemmes dtermines

    Kid campusLa science expliqueaux enfants

    18 Le microbiote, voyagedans la vie secrte de nos instestins

    BILLET DHUMEUR

    Les virus, cest pas du cinma

    Une pandmie dvastatriceexplose lchelle du globeAu Centre de prvention et decontrle des maladies, des quipesse mobilisent pour tenter de dcryp-ter le gnome du mystrieux virus,qui ne cesse de muter. Les casmortels se multiplient, jusqumettre en pril les fondements de lasocit... Non, il ne sagit pas du virusEbola mais du scnario du filmcatastrophe Contagion de StevenSoderberg (2011). A une chelle bien moindre heureu-sement, le virus Ebola continue detuer. Aprs la Guine, le Libria et laSierra Lone, le Nigria, le Sngal etmaintenant le Mali sont dsormaistouchs.Le Mers-Cov, quant lui, na toujourspas disparu de la pninsule arabiquemme si son potentiel pidmiquereste faible.Quant au virus de la grippe, commevous pourrez le lire dans notredossier (p8), nous ne sommes pas labri dune de ses prochainesmutations.Hpatite B, hpatite C et cancersassocis (voir le portrait de noschercheuses p 16), dengue, chikun-gunya difficile de venir bout deces tres microscopiques qui serpliquent dans nos cellules.Malins, mutants parfois, les virussont un dfi permanent pour lemonde scientifique. Nos efforts pourles contrler ne sont pas vains. Ainsigrce la vaccination, la variole at radique de la surface du globedans les annes 1970. En mettant au point un vaccincontre la rage, Pasteur a t lun deses pionniers de cette lutte acharnecontre les virus. Un combat toujoursdactualit pour nos chercheurs. A linstitut Pasteur de Lille, ltude desvirus, cest pas du cinma !

  • Signes de vien 36 - Dcembre 20143

    Lactu au microscope

    Le virus Ebola a t identifi pour la 1refois en 1976 au Congo mais que sait-onde son origine ? On sait quil est port par leschauves-souris qui vivent dans lafort tropicale, et cela probable-ment depuis des centaines de mil-liers dannes. Ces dernires ne sontpas malades, elles sont ce quon ap-pelle des porteurs sains. Mais leursdjections contaminent des fruitsqui vont tre ingurgits par des an-tilopes ou des singes qui peuvent,eux, tomber malade. On ne sait pasexactement comment le viruspasse du singe lhomme. Est-cepar simple contact direct avec leschauves-souris, ou en mangeant laviande de singes infects ? La ques-tion nest pas tranche.

    Comment le virus se propage-t-ildans lespce humaine ? A la diffrence de la grippe, Ebolane se transmet pas par voie respira-

    toire. La contamination se fait aucontact de scrtions : sang, trans-piration, selles, vomi ce qui ex-plique pourquoi le personnelsoignant est hautement expos auvirus. La priode dincubation estde 3 21 jours mais le patient nestcontagieux qu partir du momento il a de la fivre.

    Comment expliquer que la maladie ait quasiment disparupuis rapparu en 2014 ? La maladie existait probablementavant 1976 et na jamais disparumais elle tait contenue dansquelques foyers pidmiques limi-ts en bord de la fort tropicale. Levirus aujourdhui incrimin est trsproche de celui identifi en 1976 eta t observ, cette anne, 2000Km de son foyer originel, en Afriquede lOuest. Dans les pays comme leLibria, la Guine et la Sierra Leone,qui comptent parmi les plus pau-

    vres du monde, il y a une popula-tion assez dense et des mouve-ments plus importants que dans lestribus de la rpublique dmocra-tique du Congo. Ceci pourrait expliquer en partie lampleur delpidmie.

    Peut-on craindre la recombinaisondEbola avec un autre virus diffusion plus massive, comme le virus de la grippe ?Cest de la science-fiction. Thori-quement, ce nest pas totalementimpossible mais cest extrmementimprobable. Ce nest pas la craintedu monde scientifique actuelle-ment. Notre plus grande crainte cestque ce virus, par mutation, changede virulence ou de comportement.En gnral lors dune pandmie lesvirus ont tendance perdre de leurvirulence au fil du temps mais le sc-nario inverse est aussi possible.

    Et lutilisation dEbola commearme terroriste ? Quant lutilisation du virus Ebolacomme arme biologique, cest en-core plus de la science-fiction. Lasecte Aoun a tent de le faire en1992, sans succs. Manipuler le virusest extrmement dangereux, tousceux qui le feraient en seraient pro-bablement morts, moins de pou-voir raliser ces manipulations dans

    Ebola,le virus qui terrorise la planteLe Pr Patrick Berche, directeur gnral de linstitut Pasteur de Lille, est un expertinternational en microbiologie qui connat bien le monde des virus. Il rpond ici nos questions sur le virus Ebola.

  • Signes de vien 36 - Dcembre 20144

    En bref

    Depuis 2010, la vaccinationcontre la mningite C est forte-ment recommande pour tousles nourrissons entre un et deuxans et en rattrapage pour lesenfants et les jeunes de moins de25 ans. En 2011 et en 2013, la rgion Nord-Pas-de-Calais a connu plusieurs casvirulents de mningite C parmi lapopulation lycenne et tudianteprovoquant des dcs. La mnin-gite bactrienne est une maladie raremais trs grave, difficile diagnosti-quer et dont lvolution peut trefoudroyante. Elle se caractrise par de la fivre, des maux de tte et

    des vomissements, des symptmessomme toutes classiques de nom-breuses affections. Quand un cas seprsente il faut, dans les 15 heures,placer le malade sous la bonne antibiothrapie , explique le PrDaniel Camus, de lInstitut Pasteurde Lille.

    500 800 cas de mningites bac-triennes (essentiellement desinfections mningocoques B et C)sont observes chaque anne enFrance. Ces mningites se tradui-sent par l'infection du liquide quienveloppe le cerveau et la moellepinire, appel mninges.

    Les bactries atteignent le cerveauet peuvent galement provoquerune septicmie, une infectiongnralise du sang. 20% deformes de mningites savrentgraves pouvant entraner delourdes squelles neurologiques ouphysique comme la surdit, laccit, la paralysie. Plusieurs cas dedcs sont galement dplorerdans une population trs jeune.Pourtant, un geste simple et gra-tuit, celui de la vaccination pourraitviter ce gchis. Parlez-en avecvotre mdecin. n

    Prvention

    Contre la mningite C, pensez au vaccin

    un laboratoire de trs haute scuritet il nen existe que quelques dizaines dans le monde, tous trsprotgs.

    Pourquoi a-t-on tant tard mettre au point un vaccin ? Le virus Ebola tue ses victimes dans50 70% des cas mais il tait trspeu actif. Pour 100 cas sporadiquesen dix ans, la mise au point dunvaccin ntait pas justifie.Aujourdhui, les recherches saccl-rent travers le monde pour prvenirla diffusion du virus et soigner les ma-lades. Linstitut Pasteur de Lille tra-vaille aux cts de lInstitut Pasteur, la mise en place de stratgies de recherche court et moyen termepour lutter contre le virus Ebola.

    Arrivera-t-on contrler cette pandmie ? Techniquement cest possible. Lespays occidentaux nont pas grand-chose craindre car ils disposentdun systme de contrle aux fron-tires et de soins performants quileur permettra de contenir le caschant, quelques cas imports. En cas de suspicion de fivre Ebolaen France, il faut appeler le 15, toutest prvu : les traitements, les misesen quarantaine Il ny a aucunrisque de dveloppement dpid-mie, on la vu prcdemment avecdautres virus particulirement dan-gereux. Mais cest plus compliqudans les pays o les systmes desant sont peu organiss.

    Faut-il craindre le dveloppementdautres pidmies type Ebola et si oui pourquoi ? Oui probablement, avec laugmen-tation de la population, les dsqui-libres socio-conomiques, lhuma-nit se retrouve de plus en plus encontact avec des rserves sauvagesde virus : de nouveaux virus de lagrippe, des coronavirus comme leMers-CoV. Do lurgence daider lespays en contact avec ces rservessauvages faire face. n

    Retrouvez le Pr Patrick Berche pour uneconfrence exceptionnelle le mercredi3 dcembre 18h00 lInstitutPasteur de Lille. Confrence gratuite rservation indis-pensable sur www.pasteur-lille.fr

  • Signes de vien 36 - Dcembre 20145

    Linnovation des chercheurs de lInstitut Pasteur de Lille rcompense

    Priscille Brodin, prix Sanofi-Institut Pasteur 2014

    Quand elle a reu son