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  • Du Juf gallo-romain au 3e millnaire

    (Parcours dhistoire rsum)

    JUF ancien Des vestiges millnaires La ville tire son nom d'une prsence gallo-romaine, avre ds le IIe sicle de notre re. Cette implantation est atteste par la dcouverte de plusieurs vestiges antiques et particulirement un hypoge mis jour en 1822. Avec beaucoup de prcautions, l'inventeur de la construction vote en forme de cave suppose qu'elle tait usage religieux ; indniablement de "facture" gallo-romaine, l'hypoge est class monument historique la fin du XIXe sicle. Cependant, - seconde construction souterraine, pices de monnaie, poteries, ossements, -, diverses trouvailles effectues au cours des deux derniers sicles sur des sites proches des vestiges classs incitent dpasser le simple caractre religieux et plaident pour l'existence d'une "bourgade rurale" organise plus consquente.

    Hypoge (les niches) dessin de J. Schmitt. Il apparat donc trs probable que, plac sur son peron rocheux surplombant l'Orne, le village originel de Juf soit la perptuation d'une "villa rustica", classique, domaine rural trs rpandu dans le Nord-Est de la Gaule romanise. Cette hypothse prsente l'avantage de concilier la prsence de vestiges antiques et l'origine du nom.

  • L'origine du nom de la commune Selon l'humeur des historiens et les affirmations contradictoires de savants toponymistes, trois thses sont en prsence au sujet de l'tymologie de JOEUF. En 1882, guid par la dcouverte de l'hypoge, M. THIEL voit le nom JOEUF comme une corruption de "Jovis Fanum" (temple de Jupiter) ; assez rationnelle, cette hypothse prvaut pendant plus d'un sicle.

    L'accs, le soupirail dessin de J. Schmitt. En 1951, s'appuyant sur l'ouvrage d'un rudit belge, l'abb JACQUES, cur de Notre-Dame de Franchepr, se montre catgorique ! Tous les anciens vocables se ramnent un mme radical : "Juifs". Les tenants de cette thse - dont la racine tymologique parat possible - dcrivent une hypothtique arrive massive d'migrants juifs, mais ne prcisent ni l'poque de cette implantation, ni la cause de la localisation prcise et unique dans la valle Plus rcemment, P. MIQUEL et le "Dictionnaire tymologique Larousse" proposent un clairage nouveau qui accorde l'tymologie et les dcouvertes archologiques. JOEUF vient de "Villa Judaes", tirant son origine d'un domaine rural ayant appartenu un matre juif. "Le sol garde la mmoire des matres romains du IIIe sicle aprs Jsus-Christ", indique P. MIQUEL : il est alors tout naturel que le village o logent les paysans portent le nom du propritaire du domaine (la villa). De cette faon, l'appellation de notre cit apparat hrite de l'origine ethnique et religieuse du patron d'une vaste ferme implante, ds l'poque gallo-romaine, sur le site originel du village dominant la rivire. Pour conclure, si cette dernire hypothse apparat la plus plausible, la premire version, en faveur pendant longtemps, a nanmoins inspir les crateurs du blason de la cit (1949) et dtermin le nom de ses habitants : les Joviciens (vers le dbut du XXe sicle).

  • L'Oculus du XIIIe sicle. Les poques mdivale et moderne Des traces relativement tnues Pendant tout le Moyen ge, Juf demeure un petit hameau dpendant de la province du Barrois et dont les quelques arpents de terre sont partags entre plusieurs familles de petits nobles. Concernant cette priode, les sources sont minces et les traces d'vnements historiques quasi inexistantes. C'est dans les divers aveux et dnombrements rendus au duc de Bar par les diffrents seigneurs ou abbayes possessionns Juf que l'on retrouve la dnomination trs instable de la commune. En 1874, dans son "Dictionnaire topographique de la Moselle", De BOUTEILLER dresse l'inventaire des divers noms anciens de Juf : * JUF, 1128 (chapitre de la cathdrale de Metz). * JUELZ, XVe sicle (chronique de Philippe de Vigneulles). * JUEF, 1404 (liste des villages et gagnages des environs de Metz) : cette date "JUEF

    tient Symon de Sallebruche, chanoine de Metz. Il y a 11 feux, 15 vaches, 38 chevaux, 94 menues btes".

    * GIEUX, 1444 (chronique du doyen de Saint-Thibault). * JOEFS, JUEUFZ, 1446 (abbaye de Saint-Pierremont, terrier 140). * JEUX sur la rivire d'Orne, 1514 (mmoire de Philippe de Vigneulles). * JEUX, 1544 (pouill de Metz). * JOEUFZ, XVIIe sicle (censier de Briey). * JOEUFS, 1689 (domaine de Barrois t.1). * JOEUFIUM, 1749 (par De MAILLET, Barrois). Ce dernier auteur nous indique en outre que le fief appartient au bailliage de Briey, coutume de Saint-Mihiel, puis passe en la possession du chapitre de la cathdrale de Metz (1681).

  • Juf a pour annexes, l'ancienne cense de Franchepr et le moulin de Ravenne. La paroisse est rattache l'archiprtr d'Hatrize ; elle a pour annexe Homcourt et dpend du chapitre de la cathdrale de Metz.

    Le baptistre dat 1609. Les vicissitudes des temps anciens Les faits notables concernant le village de Juf sont plutt sombres : deux reprises en effet, le village se trouve ruin, dtruit ou incendi ! En septembre 1404, quatre seigneurs de la rgion entrent en guerre contre ceux de Metz ; plusieurs villages du Pays Messin sont ravags et brls. Le nom de JUEF figure parmi la liste des villages "dtruits, abandonns et qui n'ayant plus ni feux, ni bestiaux ne peuvent plus acquitter un impt". C'est J. M. MARTIN rdacteur d'une monographie date de 1888, qui rappelle la seconde page douloureuse de l'histoire du village : l'invasion de la valle par des hordes de mercenaires la solde de l'Autriche, pendant la guerre de Trente Ans. L'glise, btie au dbut du XIIIe sicle, est profane et incendie par les Sudois : "Dans l'ancien autel, on a trouv sur parchemin, le procs verbal de la conscration de cet autel ; on y lit que l'autel ayant t profan par les Sudois, il fut rconcili par Monseigneur MEURIER, vque de Madore, coadjuteur de l'vque de Metz en 1639".

  • Les rares vestiges de ces priodes Le patrimoine est l'image des vicissitudes qui ont marqu le village au cours des sicles. Il ne s'agit, hlas, que d'lments pars, quelques vieilles pierres ayant rsist aux ravages de la guerre de Trente Ans, puis aux modifications et destructions engendres par l'essor urbain et industriel de la commune. Le patrimoine architectural a galement souffert de l'incurie et de l'ignorance des hommes qui, trop souvent, achvent ce que le temps ou les guerres ont partiellement abm.

    Le village (extrait du cadastre napolonien de 1807).

    Premire Pierre de lancien clocher difi en 1770 (actuellement scelle dans le vestibule de lglise de St-Croix.

  • Croix de chemin difie en 1788 par la famille BEAUCHAMP sur la rive gauche de lOrne.

    La Rvolution et l'Empire : le temps des changements Avec la Rvolution, la naissance de la commune Ds 1790, la Constituante cre les municipalits et les dpartements ; Juf se voit rattach la Moselle, dans l'arrondissement de Briey. Fort d'une quarantaine de maisons blotties autour de la vieille glise Sainte-Croix, le village compte alors 180 mes. L'histoire retient le nom d'tienne ROYER comme celui de premier maire de la commune.

    Plan cadastral de 1807 (ensemble).

  • Une fusion impose dans un climat de rivalits paysannes En aot 1809, Napolon 1er dcide de la fusion des communes de Juf et d'Homcourt. Charles LOUIS, maire de Juf, est confirm dans sa charge et administre la nouvelle entit municipale qui compte dsormais 400 habitants. Au cours des annes noires (1814-1815), les remous accompagnant la chute de l'Empire se rpercutent l'chelon local. L'appartenance aux clans familiaux ancestraux et les options politiques sont des facteurs de discorde, qui se conjuguent et attisent les conflits entre les conseillers de Juf et ceux d'Homcourt. La priode du "mariage" entre les deux communes dure prs de 24 annes : jusqu'au 16 mai 1833. C'est au cours de ces deux dcennies que les habitants des deux hameaux se constituent un patrimoine immobilier commun (presbytre, deux maisons d'cole, glise d'Homcourt), coproprit qui "empoisonnera" les relations entre les municipalits pendant longtemps

    Le presbytre construit en 1765 (clich vers 1995). Le "premier" dix-neuvime sicle Une gense campagnarde Exclusivement agricole, le village traverse la majeure partie du XIXe sicle dans la routine et la somnolence. Sur le plus petit territoire du canton, de faon trs traditionnelle, la communaut jovicienne se partage en trois catgories ingalement reprsentes : une dizaine de gros propritaires dtient l'essentiel du ban communal ; les paysans ou laboureurs (moins d'un cinquime des habitants), possdant cheval et charrue, exploitent leurs biens et des parcelles loues ; la masse des autres villageois est compose de manouvriers qui, gnralement, se louent la journe. Tous les membres de cette socit rurale diverse et hirarchise s'adonnent la polyculture (crales, pommes de terre, lgumes secs, chanvre) finalit d'autoconsommation, ainsi qu l'levage. La pche en rivire - l'Orne est trs poissonneuse et produit une grande quantit d'crevisses - et surtout l'exploitation forestire compltent ces activits agricoles se pratiquant selon des usages communautaires immmoriaux : affouages, portions communales, assolement triennal, vaine pture, entretien communautaire des chemins et fosss. En 1852, d'aprs l'annuaire VERRONAIS, Juf compte 54 maisons et 9 granges ; on y recense 231 habitants, 28 chevaux, 3 puits, 5 pompes et une fontaine.

  • Le ban communal de Juf vers 1860 Occupation du sol : 412 hectares

    Terres labourables 166 hectares Prs 34 hectares Jardins 5 hectares Bois 171 hectares Superficie non cultivable 36 hectares

    Les prs et les fourrages : * Prs naturels

    Ils couvrent 34 ha dont 5 sont arross artificiellement. Ils sont essentiellement fauchs pour obtenir du foin ; la rcolt

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