sminaire 5 - encyclopdie montesquieu diderot

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Sminaire no. 5 : Montesquieu (Lettres persanes, De lEsprit des lois). LEncyclopdie. Diderot (Le Rve de dAlembert, Jacques le Fataliste et son matre, Le Neveu de Rameau)

CHRONOLOGIE DU XVIIIE SICLE La revendication des liberts au Sicle des LumiresLa notion de libert au XVIIIe sicleLa libert individuelle n'est en fait que la somme d'autres liberts, conomique, sociale, politique, de pense et d'expression. 1. Libert conomique et sociale : un libralisme contrler prner le libralisme - s'opposer aux prjugs nobiliaires (Voltaire, Lettres philosophiques, 1734, Lettre X) passistes en remplaant le privilge de la naissance par un systme social fond sur le mrite personnel - favoriser la libre circulation et l'esprit d'entreprise (lEncyclopdie, article Grains) mais conserver une grande lucidit - s'interroger sur la gestion de la mcanisation - contrler l'expansion conomique pour viter un imprialisme dvastateur (Denis Diderot, Supplment au voyage de Bougainville) - s'opposer au systme esclavagiste (Montesquieu, De lEsprit des lois, 1748, chapitre XV) 2. Libert religieuse : de l'inquisition au disme ou au matrialisme lutter contre les manifestations de l'intolrance - s'opposer la superstition, au fanatisme, au proslytisme guerrier et colonisateur - intervenir directement contre l'arbitraire des condamnations, les erreurs judiciaires (Voltaire et Calas, l'autodaf dans Candide) - prouver l'incohrence d'un tel systme en insistant sur la ruine du pays provoque par l'migration protestante (lEncyclopdie, article Rfugis) - faire la satire des querelles stupides : religion d'tat et jansnisme (Montesquieu) - insister sur la manipulation des fanatiques par le pouvoir (Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, article Fanatisme) s'opposer la providence et aux religions rvles - lutter contre la Providence dterminant le destin de l'homme (Voltaire, Pome sur le dsastre de Lisbonne) - proposer une religion universelle (Voltaire, Trait sur la tolrance), fonde sur la raison, le disme - proposer le maintien d'un Dieu (Voltaire, Dictionnaire Philosophique portatif, articles Athe, Athisme, Thiste) grand horloger de l'univers, garant de la moralit (rmunrateur et vengeur) - oser une interprtation matrialiste de l'univers et de son volution (d'Holbach, Systme de la Nature) 3. Libert politique : de l'absolutisme la souverainet nationale combattre la thorie de la monarchie de droit divin hrditaire et ses excs centralisateurs - en critiquant les excs du monarque (Montesquieu, Lettres persanes, lettre XXXVII) - en expliquant la dgnrescence de la monarchie en despotisme (Montesquieu, De lEsprit des lois) - en vrifiant l'illusion du despotisme clair (Voltaire auprs de Frdric II) - en montrant que ce systme repose surtout sur la faiblesse d'esprit des sujets proposer un changement - en introduisant la notion de droits naturels imprescriptibles - en introduisant la notion de pouvoir dlgu, de reprsentant et de contrat - en instituant les droits du citoyen et la loi de la souverainet nationale (lEncyclopdie, Denis Diderot, article Autorit politique) - en lgitimant l'insurrection dans certains cas

4. Libert individuelle et d'expression combattre le maintien du peuple dans l'ignorance par la vulgarisation des connaissances (lEncyclopdie, Denis Diderot, article Encyclopdie) combattre par tous les moyens la censure (lEncyclopdie, Jaucourt, article Presse) combattre les abus de justice et de pouvoir (Voltaire, De l'horrible danger de la lecture)

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combattre l'esclavagisme combattre la perversion et les excs des idaux de libert (Camille Desmoulins, Le Vieux Cordelier)

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Charles de Secondat, baron de Montesquieu (1689-1755)Repres biographiquesIssu d'une famille d'importants parlementaires bordelais, Charles de Secondat, baron de La Brde et de Montesquieu, est n le 18 janvier 1689, prs de Bordeaux, La Brde. De 1700 1705, il tudie au collge de Juilly, prs de Paris, chez des Oratoriens. Il suivit ensuite des tudes de droit, Bordeaux puis Paris. Dans la capitale, il rencontra les milieux savants et lettrs, mais trs attach sa terre, il revint Bordeaux o il prit la charge de conseiller au parlement. A la mort de son pre, il entra en possession du domaine de la Brde et des vignobles. En 1716 son oncle lui lgua sa charge de prsident mortier au parlement de Bordeaux. En 1717, il se passionna pour les sciences, il rdigea de nombreux traits de physique, de mdecine, de politique et de philosophie. Les Lettres persanes, l'un des chefs d'oeuvre de Montesquieu, fut publi anonymement en 1721 Amsterdam (srement pour ne pas salir la rputation du srieux magistrat qu'tait Montesquieu). Il passa alors une grande partie de son temps dans les salons parisiens et en voyage. C'est la frquentation de ses lieux qui lui inspira le roman galant le Temple de Gnide (1725) et l'Histoire vritable d'Arcase et Ismenie (1730). De 1728 1731, faisant preuve d'une grande curiosit intellectuelle, il se rendit en Hongrie, en Italie, en Hollande et en Angleterre o il demeura un an.De retour chez lui, Montesquieu se consacra l'tude de l'histoire et publia en 1734 les Considrations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur dcadence.

Pendant encore 14 ans, compilant sources livresques et tmoignages, il composa De lEsprit des lois (1748). L'ouvrage eut un immense retentissement, mais fut attaqu par les jsuites et les jansnistes, qui le critiqurent violemment. Charles leur rpondit par la Dfense De lEsprit des lois (1750) mais la Facult de Thologie de Paris condamna l'ouvrage. Montesquieu publia encore Lysimaque (1754) et l'article Got de l'Encyclopdie de Diderot et d'Alembert. Devenu pratiquement aveugle, il s'teignit en 1755.

Principales uvres

Dissertation sur la Politique des Romains dans la Religion (1716): Les croyances sont des artifices inventes par les chefs politiques pour maintenir le peuple soumis. Les Dettes de l'tat (1716) Transparence des corps (1718) Flux et le reflux (1718) Mouvement (1718) Maladies rnales (1718) Les Lettres persanes (1721): premier ouvrage emblmatique des Lumires. Ce roman pistolaire met en scne deux Persans, Usbek et Rica, qui voyagent en France de 1712 1720. Volontiers persuads de leur supriorit, les deux Persans se partagent la critique des Franais, de l'glise et le pouvoir royal. Montesquieu, pour ne pas devenir le martyr de la vrit, se protge derrire le filtre de la fiction et du regard tranger, ce qui ne l'empche pas d'exposer ses ides sur la libert, la justice, les lois, l'esclavage ou la tolrance. Durant le XVIIIe sicle s'affirme une apprhension nouvelle de la dimension conomique des socits laquelle Montesquieu contribue de faon originale, en analysant le mouvement des richesses. Mais si l'essor du commerce pacifie les relations entre les nations, l'extension de l'esprit mercantile ruine les valeurs nobiliaires chres Montesquieu. Dans cette uvre de jeunesse, Montesquieu pose les fondements d'une typologie des rgimes qui articule anthropologie et politique. En Occident comme en Orient, les passions et les intrts corrompent un pouvoir qui en retour influence les modes de sociabilit. Cette tude met en lumire la dynamique passionnelle qui distingue gouvernements modrs et gouvernements violents, participation et soumission. Temple de Gnide (1725) L'Histoire vritable d'Arcase et Ismenie (1730) Considrations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur dcadence (1734): Les institutions romaines, excellentes pour la conqute, se sont avres insuffisantes pour l'administration de l'empire, et que la disparition de la libert et des vertus rpublicaines a entran un dclin irrversible. Dialogue de Sylla et d'Eucrate (1745) De l'Esprit des lois (1748): Dans cet ouvrage, Montesquieu se propose de saisir les circonstances varies dans lesquelles les lois de chaque nation trouvent leur origine et leur explication. On peut dire que cet ouvrage constitue la premire manifestation de la sociologie politique. Lysimaque (1754) Article Got de l'Encyclopdie

Racines et concepts1. Racines Montesquieu a lu et mdit les grandes uvres politiques de l'Antiquit : La Rpublique et Les Lois de Platon, la Politique d'Aristote, etc. Il a galement rflchi sur les ouvrages politiques modernes : Le Prince de Machiavel, le Droit de la guerre et de la paix de Grotius, etc. Il connaissait les historiens anciens et modernes, Hrodote, Salluste, etc., mais aussi un mmorialiste comme Retz. Enfin, les sciences de la nature retinrent l'intrt du jeune Montesquieu et ce souci permet de comprendre la thorie de l'influence des causes naturelles sur les lois, dans L'Esprit des Lois. (Un mdecin anglais, Arbuthnot, aurait jou ici un rle important.) 2. Apports conceptuels Montesquieu voit dans les lois des rapports ncessaires drivant de la nature des choses. Il les soumet une tude scientifique et, par cette analyse, prend place parmi les pres fondateurs de la sociologie et de la philosophie politique. Les concepts fondamentaux de Montesquieu sont les suivants :

la Loi, conue dans sa signification large, comme un rapport ncessaire drivant de la nature des choses. La loi devient, chez l'homme, une rgle voulue, institue pour assurer la scurit et la libert ( loi positive ). La loi positive est une spcification de la loi dans sa signification tendue. le despotisme : la Souverainet absolue exerce par un seul homme ( Un seul, sans loi et sans rgles, entrane tout par sa volont et par ses caprices , L'Esprit des lois) la rpublique : Le gouvernement rpublicain est celui o le peuple ou seulement une partie du peuple a la souveraine puissance.

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la monarchie: Le gouvernement monarchique est celui o un seul gouverne, par des lois fixes et tablies. l'ide de sparation des pouvoirs: le lgislatif, l'excutif et le judiciaire

De l'Esprit des lois (1748)Montesquieu, l'environnement familial et La Brde Oeuvre de toute une vie, De lEsprit des lois a t conu et rdig dans les environs de