numéro 32 - octobre/décembre 2006

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Malandain Ballet Biarritz 2006

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    Cet clairage ne saurait viter lloge dun thtre dombresdont les silhouettes sactivent au devenir du CCN. Je penseaux quipes administratives et techniques de Ballet Biarritzdont lengagement conditionne la russite de nos entrepri-ses. Bien souvent, sans que cela ne paraisse, leur contribu-tion tient du tour de force, mais cacher lArt nest-il pas lecomble de lArt ? En revanche, nous ne tairons rien du regretde navoir pu nous rendre au Liban pour y danser en aotcomme prvu. Pour ne pas dire notre dsolation face ladestruction dun pays qui nous avait si chaleureusement reuen 2002. En ces circonstances, confions que nous aimerionsdisposer de cette merveilleuse lampe dont usait Aladin afindmettre un vu : que lHomme, cette lueur vacillante, naitplus besoin de lobscurit et de la terreur pour resplendir.

    Thierry Malandain, septembre 2006.

    DITO

    Les commencements sont parfois source dapprhensionet ce dbut de saison devrait ltre, puisque pour la premirefois je crerai un ballet lOpra avant de faire dun opral'gal dun ballet. Successivement LEnvol dIcare destin auxdanseurs du Palais Garnier et Orphe et Eurydice Saint-tienne et Reims avec ceux du Ballet Biarritz. Des dbutsappuys deux antiques figures : Icare et Orphe. Lune ser-vant dexemple lorgueilleux tout en incarnant de lumineu-ses aspirations. Lautre, personnage symbole de la crationpotique et musicale qui aprs un sjour au royaume desmorts revient la vie. Bref, deux parcours allant de lombre la lumire sur lesquels nous mettrons pour linstant lescommentaires en veilleuse.

    En revanche, il sera plus ais de rouler du tambour sur lasuite de la saison. Laquelle prendra place au soleildAquitaine, puisque sans compter les actions de sensibilisa-tion, prs de vingt cinq reprsentations seront donnes dansles Pyrnes-Atlantiques, les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne. Le Ballet Biarritz Junior 2, partir de Donostia/San-Sebastin, prolongera ce rayonnement dans sa dimensiontransfrontalire et trois autres chorgraphes : ChristineGrimaldi, spcialiste de la danse Renaissance, GalDomenger, chorgraphe rsidant au BBJ et ChristopheGarcia, jeune laurat de maints concours y contribueront.Enfin, outre les reprsentations de Ballet Biarritz en France et ltranger, Mozart 2, La Fleur de Pierre, Les Cratures etSextet seront respectivement remonts Avignon, West PalmBeach, Riga et Hong Kong.

    SOMMAIRE

    VNEMENTS 2LA DANSE BIARRITZ N27 5COULISSES 7BALLET BIARRITZ JUNIOR 9LES AMIS DU BALLET BIARRITZ 10EN BREF 11CALENDRIER 12

    BULLETIN DINFORMATION DU CENTRE CHORGRAPHIQUE NATIONAL / BALLET BIARRITZ / THIERRY MALANDAINOCTOBRE NOVEMBRE DCEMBRE 2006

    Les Cratures Olivier Houeix

  • VNEMENTS

    Lenvol dIcare Paris

    PAGE 2 NUMRO 32 BULLETIN DINFORMATION DU CENTRE CHORGRAPHIQUE NATIONAL / BALLET BIARRITZ

    linvitation de Brigitte Lefvre, directrice du ballet de lOpra national de Paris, dans le cadre dunprogramme o seront prsents Suite en Blanc et Les Mirages de Serge Lifar, Thierry Malandaincrera LEnvol dIcare pour 14 danseurs de cette compagnie. cette occasion lOrchestre de lOpranational de Paris sera dirig par Vello Phn. Premire le 9 octobre 2006 (Gala AROP) et reprsentationsles 10, 11, 15, 16, 17, 21, 22, 24, 26 et 28 octobre 2006.

    Le Mythe la demande de Minos, roi de Crte, larchitecte Ddale construisit unLabyrinthe pour emprisonner le Minotaure, une chimre ne desamours de la reine Pasipha avec un taureau blanc. intervalles rgu-liers, les athniens devaient envoyer sept jeunes gens et sept jeunes filles destins servir de nourriture au monstre. Pour mettre fin ce tribut, Thse, prit un jour la place de l'un deux avec lintention de tuerle Minotaure. Il fut aid en cela par Ariane, fille de Minos et de Pasiphaqui sur les conseils de Ddale, lui procura un fil pour retrouver son chemin une fois le monstre vaincu. Lapprenant, Minos dcida de punirDdale en lenfermant avec son fils dans le Labyrinthe. Ils imaginrentalors den sortir en se fixant des ailes l'aide de cire. Toutefois, avantde s'envoler, Ddale mit en garde son fils et lui conseilla de ne pas sap-procher du Soleil. Mais, pris de l'ivresse des hauteurs, Icare s'approchaplus que de raison, la cire fondit, et il chuta dans les eaux entourant laCrte.

    En invitant les Hommes ne pas se hisser au-dessus de leur condition,la morale antique fait du mythe dIcare un avertissement contre l'or-gueil. Toutefois, Icare est aussi la figure symbolique dune aspirationhumaine s'affranchir de la pesanteur. On accusera ladolescent dedsobissance ou davoir follement voulu dfier les Dieux. Mais, ensapprochant du soleil, peut-tre voulait-il seulement ladorer de plusprs? Au commencement, il y a le labyrinthe, une reprsentation delHomme et de sa condition, mais aussi un thtre o Icare obscur lui-mme va vers la lumire. ce jeu, le Minotaure devient le monstre

    enfoui en lui. Une chimre quil doit dtruire pour rompre avec unedomination flairant lanimal. En se rvoltant, il est Thse tuant la cra-ture pour sen affranchir. Aid par Ariane, sur du monstre et fille dePasipha la toute lumire , il parviendra quitter lobscurit du laby-rinthe pour affirmer sa dimension lumineuse et sacre. Tous lesmythes du labyrinthe racontent dune faon ou dune autre cette qua-druple histoire : un voyage, une preuve, une initiation et une rsurrec-tion crit Jacques Attali. Cette rsurrection, saccomplit ici travers lamtamorphose successive du Minotaure, de Thse et dIcare. Il sagitdu mme interprte qui de lobscur accde la lumire. ses cts,Ariane, fille de la lune et du soleil, droule le fil de ce voyage que nousferons ajust aux souvenirs antiques. Ainsi quatorze danseurs rappelle-ront le nombre vers en tribu au Minotaure. Leur danse tressant desfigures varies, se souviendra de La Geranos ou danse de grue, lanc-tre de la farandole qui tmoignait des mandres du labyrinthe. Enfinpour sattirer les bienfaits du ciel au jour de la nouvelle anne, enPalestine, une crmonie rituelle sachevait par la prcipitation dans levide dun homme portant des ailes, sacrifi pour le bien de tous. Unrituel que nous renverserons, puisque tous se sacrifieront pour accom-plir le mythe. Sauf Icare toujours vivant. TM

    LEnvol dIcareMusique Alfred SchnittkeChorgraphie Thierry Malandain Dcor et costumes Alain LagardeConception lumire Jean-Claude Asqui

  • BULLETIN DINFORMATION DU CENTRE CHORGRAPHIQUE NATIONAL / BALLET BIARRITZ NUMRO 32 PAGE 3

    Orphe et Eurydice Saint-tienne et Reims

    linvitation de Jean-Louis Pichon, directeur de lOpra Thtre de Saint-tienne, Thierry Malandainsignera la mise en scne et la chorgraphie dOrphe et Eurydice de Christoph Willibald Gluck dansla version franaise revue par Paul Vidal pour lOpra Comique en 1921. cette occasion lOrchestreSymphonique et les Churs Lyriques de Saint-tienne seront dirigs par Laurent Touche, tandis quedans les rles principaux, Florian Laconi, Nathalie Manfrino et Pauline Courtin assureront les reprsen-tations des 12, 14 et 17 novembre. Au Grand Thtre de Reims que dirige Serge Gaymard, les 1er et2 dcembre, lOrchestre du Grand Thtre, le Chur Ars Vocalis Hlne Leroy, Florian Laconi, Magalide Prelle et Pauline Courtin seront placs sous la direction de Laurent Touche.

    Le MytheOrphe est ce musicien dont lart atteint une telle perfection quilcharme autant les hommes, les animaux que les dieux. pouxdEurydice, son histoire incarne lun des plus beaux mythes : celui delamour absolu, que mme la mort ne peut dtruire. Tout commenceaprs leurs noces, au moment o Eurydice succombe la morsure dunserpent. Accabl, Orphe chante sa douleur, et part la recherche deson pouse au royaume des morts. Nul navait os cela avant. Touchpar la grce du chant dOrphe, Hads, le dieu des enfers acceptera delaisser Eurydice retrouver le monde des vivants il y met une condi-tion : aucun moment, Orphe ne devra se retourner, tandis quils irontvers le jour. Mais presque arriv, Orphe regarde derrire lui, et aussi-tt Eurydice disparat dans les profondeurs de la terre. Inconsolabled'avoir nouveau perdu sa bien-aime, Orphe pense quil la retrou-vera au moment de sa propre mort. Il ne sait pas encore que Gluck etson librettiste vont prfrer une fin heureuse. Alors, quand Eurydice estperdue pour la seconde fois lAmour, mu par tant de fidlit, rcom-pense Orphe de sa constance et ramne Eurydice la vie.

    Aprs Don Juan de Gluck, le hasard du calendrier conduit Ballet Biarritz se pencher sur Orphe et Eurydice du mme compositeur. Deux par-titions composes dans cet ordre, et ayant chacune contribu lvolu-tion de la danse et de lopra au XVIIIe sicle. Sagissant dune premiremise en scne lyrique, cest avec simplicit que je compte aborder cet

    ouvrage puisque les thories esthtiques prsidant la cration de cesuvres invitaient au naturel. Pour ramener Eurydice la vie, Orphereoit des Dieux le conseil de marcher vers la lumire sans se retour-ner. Feindre lindiffrence est une terrible preuve et il ne pourra syrsoudre. Comme il tait difficile, aprs avoir chorgraphi Don Juandoublier la qute de ce sducteur. Dautant quoutre se suivre, les deuxouvrages renvoient peu ou prou la mme recette : duo de genrehumain sur lit damour et de mort. Pour Don Juan finir en mnage aveclamour paraissait impossible, tandis quau regard dOrphe il sembleinconcevable dpouser la mort. Le premier se consume dans les flam-mes de lenfer, alors que le second parvient les vaincre en chantantlamour. Cest donc dune union dont il sera question travers une miseen scne qui ne fera pas rfrence lAntiquit, mais la crmoniedun mariage. La partition appelant le geste, on pensera un opradans, mais la chorgraphie ninterviendra pas comme un divertisse-ment. Elle cherchera plutt incarner les motions tout en commentantle drame et sa