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Download Tenzin Wangyal - Bienvenue futur Bouddha  DE SA SAINTET LOUNGTOK TENPAI NYIMA Parmi le nombreus ouvragex rcemmens publit esn Occi-dent sur le Dzogchen

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  • Tenzin Wangyal

    Les Prodiges de l'esprit naturel L'essence du Dzogchen dans la tradition bn originelle du Tibet

    Prface de Sa Saintet le dala-lama

    TRADUIT DE L'AMRICAIN

    PAR HORACIO ET MARCO SANCHEZ

    /

    Editions du Seuil

  • COLLECTION DIRIGE PAR

    VINCENT BARDET ET JEAN-LOUIS SCHLEGEL

  • Ce livre est ddi ma mre

  • PRFACE DE SA SAINTET LE DALA-LAMA

    Le bn est la plus ancienne tradition spirituelle du Tibet et, comme source indigne de la culture tibtaine, il a jou un rle significatif en faonnant l'identit unique du Tibet. Aussi ai-je souvent soulign l 'importance de prserver cette tradition. Ce livre, Les Prodiges de l'esprit naturel, qui regroupe les ensei-gnements donns l'tranger par le jeune gush1 bnpo Tenzin Wangyal, montre l'vidence que cela a t fait.

    Avec l'invasion chinoise de notre patrie, le bn, tout comme les autres traditions spirituelles du Tibet, dut faire face d'irr-parables pertes. Cependant, grce aux efforts de la communaut

    bnpo en exil, plusieurs monastres bn ont t rtablis en Inde et au Npal. En visitant le monastre de Tashi Menri Ling Dolanji, sur les collines prs de Solan, dans l'Himachal Pradesh en Inde, je fus trs encourag de voir que ce centre tait devenu un centre intellectuel bnpo de premire importance.

    Ce livre sera d'une grande aide aux lecteurs souhaitant trouver une explication claire de la tradition bn, particulirement grce la prsentation des enseignements dzogchen qu'il nous offre, et je tiens fliciter tous ceux qui ont contribu sa publication.

    1. Le grade de gush est quivalent au doctorat de philosophie, dans les tudes de philosophie et de mtaphysique d'une universit occidentale.

    (Toutes les notes en bas de page sont du traducteur. Celles signales dans le texte entre parenthses sont regroupes en fin de chapitre.)

  • LETTRE DE SA SAINTET LOUNGTOK TENPAI NYIMA

    Parmi les nombreux ouvrages rcemment publis en Occi-dent sur le Dzogchen, ce livre est le premier exposer ces ensei-gnements levs selon le point de vue bnpo. J 'en suis trs heu-reux. Ces enseignements proviennent du Shang Shoung Nyen

    Gy, le plus essentiel dans la tradition du Dzogchen bn. Le lama Tenzin Wangyal Rinpoch a t form au sein de

    cette ligne ds l'ge de quatorze ans par le vnrable Lopn San-gy Tenzin et le vnrable Lopn Tenzin Namdak. Trs vite il montra des aptitudes spciales pour ces pratiques de mditations.

    Ce livre est crit dans un langage simple, clair et concis. C'est d 'une grande importance, car ces enseignements sont trs labo-rs et parfois difficiles comprendre. Cette simplicit les clarifie normment et les descriptions authentiques du Dzogchen dn-nent l'tudiant srieux d'importants outils pour le pratiquer.

    Ce livre n'est pas un recueil d'anecdotes, il explique les aspects quintessenciels du Dzogchen. En d'autres termes il va droit au but, particulirement dans les chapitres sur la contem-plation et l'intgration. Je recommande vivement cet ouvrage tout tudiant srieux de ces enseignements levs.

  • AVANT-PROPOS

    Les lecteurs occidentaux seront peut-tre surpris de-dcouvrir une tradition tibtaine avec une pratique et une doctrine qui sont fondamentalement identiques aux ensei-gnements spirituels des quatre coles bouddhistes tib-taines bien connues, mais qui ne se dit pas elle-mme bouddhiste et dont la ligne ne remonte pas au prince indien Shakyamuni. Or, le bn est prcisment une telle tradition. Il n'est pas bouddhiste si nous dfinissons le bouddhisme comme une religion issue de ce prince indien veill, mais il se rclame nanmoins d'un bouddha - Shenrab Miwoch - qui, selon la tradition bn, vcut et enseigna en Asie centrale il y a dix-sept mille ans.

    Cet ouvrage ne prsente pas les arguments relatifs aux revendications historiques de cette tradition. Cependant, j'atteste l'authenticit de ses enseignements spirituels.

    Ce livre est plus prcisment une prsentation de la tradition du Dzogchen. Les Occidentaux ont commenc se familiariser avec le Dzogchen travers les enseigne-ments de l'cole nyingmapa, de Sa Saintet le dala-lama et d'autres matres tibtains rsidant et enseignant en Occident. En fait, le Dzogchen est un enseignement complet en lui-mme, avec sa propre vue, sa propre mditation et ses' propres pratiques, et il reste essentiellement identique lui-mme quel que soit le contexte dans lequel on le prsente. Dans cet ouvrage, j 'ai livr les enseignements du Dzogchen tels qu'ils sont dvelopps dans la tradition bn, et je les des-tine d'abord aux pratiquants du Dzogchen confirms ou venir. J'ai donc mis l'accent sur une prsentation directe du

  • 14 Les Prodiges de l'esprit naturel

    contenu rel de l'enseignement plutt que de traiter de sujets historiques et techniques, et je me suis efforc de donner un abrg des points essentiels du Dzogchen dans un anglais moderne qui n'est pas trop lourdement grev par le vocabulaire technique et la phrasologie propre aux textes tibtains. Bien sr, l'usage de quelques termes tibtains est invitable, mais j 'ai tent de trouver des traductions en langage simple et des explications adaptes.

    Une telle prsentation directe du Dzogchen devrait tre utile aux dbutants comme aux pratiquants avancs. Elle le sera pour les dbutants parce qu'elle ne ncessite pas une connaissance dtaille de la tradition et du vocabulaire. Elle le sera d'autant plus pour les pratiquants avancs. Ceux qui sont coutumiers de nombre de textes et de tradi-tions pourront trouver utile de disposer d'un sommaire des points essentiels du Dzogchen qui donne un panorama prcis de la tradition et de sa structure. Une telle approche directe est vraiment dans l'esprit du Dzogchen. Bien que l'on puisse dvelopper le Dzogchen de multiples manires, il conserve toujours la structure essentielle de ses points originels.

    J'ai labor ce texte en partant de mon exprience d'enseignant du Dzogchen en Occident durant les cinq der-nires annes et j 'ai choisi d'y mettre mon accent person-nel, conformment ce que les tudiants contemporains me semblent avoir besoin d'entendre sur le sujet. Je suis cependant rest, je l'espre, rigoureusement fidle en tout point la vue dzogchen. Bien que les principes et la vue du Dzogchen demeurent constants et purs, les enseignements ne sont pas un systme de pense abstraite qui existerait sparment, ct des pratiquants rels.

    Ce texte, compos partir de mes enseignements oraux rcents, s'appuie sur le Shang Shoung Nyen Gy, mais je n'ai pas cherch suivre prcisment la structure de ces textes.

    Permettez-moi d'insister : voici un livre destin d'abord ceux qui veulent explorer le Dzogchen en tant que voie

  • Avant-propos 15

    spirituelle. Parmi les trois aspects de tout enseignement bouddhiste - la vue, la mditation et l'activit - dans le Dzogchen, on considre la Vue comme le plus important. Puisqu'un texte comme celui-ci se propose d'abord de com-muniquer la vue, il est presque certain qu'on peut recevoir une partie importante de l'enseignement par la seule tude de ce texte. Toutefois il est essentiel, pour progresser sur la voie, d'en recevoir la confirmation par un matre authen-tique et de dvelopper notre comprhension son contact.

    J'aimerais remercier mes matres, tant bn que boud-dhistes, qui m'ont transmis la connaissance contenue dans ce livre, et mon diteur.

    Je souhaiterais galement remercier Anne Klein et Charles Stein pour leur aide dans la prparation du manus-crit, Harvey Aronson pour sa lecture, Antony Curtis pour la prparation du glossaire, George et Susan Quasha pour leur hospitalit pendant la composition de cet ouvrage et pour leur collaboration en tant qu'diteurs de Station Hill Press; ainsi que Namkhai Norbu Rinpoch pour toute l'aide qu'il m'a apporte durant mon sjour en Occident et particulirement en Italie.

  • 1

    MA VIE ET MES EXPRIENCES DE L'ENSEIGNEMENT

    Mes parents et ma petite enfance

    Lorsque les Chinois envahirent le Tibet en 1950, mes parents, originaires de contres diffrentes, s'enfuirent en traversant le Npal pour rejoindre l'Inde o ils se rencon-trrent et se marirent. Mon pre, un dounglou lama nyingmapa1, se nommait Shampa Tentar. Le nom de ma mre tait Ysh Lhamo, elle tait bnpo et descendait d'une famille importante de la rgion bn du Hor. Je suis leur fils unique. Je suis n Amritsar dans le nord-ouest de l'Inde et j 'ai pass mes premires annes l'cole maternelle tibtaine de Treling Kasang Simla, au nord de l'Inde. Mais l'cole terma et tous les enfants furent envoys vers diffrents tablissements. J'allai dans une cole chrtienne o je demeurai jusqu' l'ge de dix ans.

    A la mort de mon pre, ma mre se remaria. Mon beau-pre tait un lama bn et tous deux furent d'accord pour dcider que je ne devais pas rester plus longtemps dans cette cole chrtienne. Je reus d'abord une ducation kagyupa, d'o je reus le nom de Jigm Dordj, puis mes parents m'envoyrent Dolanji dans le nord de l'Inde, dans un village bn tibtain. Aller vivre dans une commu-naut tibtaine tait pour moi une exprience complte-ment nouvelle.

    1. Se dit d'un lama dont la ligne est transmise par voie familiale.

  • Ma vie et mes expriences de /' enseignement 19

    La vie Dolanji

    Une semaine plus tard, j'entrai au monastre comme moine novice. Mon beau-pre tait un lama influent et l'on m'attribua deux tuteurs personnels. L'un, Loungkhar Gu-long, m'apprit lire, crire et me donna des fondements d'ducation, tandis que l'autre m'enseignait la connais-sance du monde ; il prenait galement soin de mes vte-ments, cuisinait ma nourriture et ainsi de suite. C'tait un des moines les plus anciens et les plus respects, il s'appe-lait Gen Singtrouk.

    J'habitai quelques annes avec eux, pendant lesquelles j'abordai la lecture des textes rituels, les diffrentes cri-tures tibtaines et commenai