Socit Saint-Antoni n - savsa. ? Du samedi 15 juillet au mardi 15 aot 23 SALON D'T

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    Socit

    Saint-Antoni n

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    Bulletin 1999-2000

  • Socit des Amisdu Vieux

    Sain t-Anto m i n

    Animations 20.,,,....................... ^Points forts 2000 ........................................................ , 4La vie de la Socit................................. .................... 16

    . . . . . . . . . . . . H * , , M i I M t l I H i J U

    L Atelier d'Ocdtan a ferm ses portes, par Mary Charles ......... 28Au muse, par Henri de L a stic ........................................................ 3 0Saint-Antonin au fil de l'eau, par Andr Vignoes.................... 31Le Tombeau du Gant, par Michel Ferrer................................... 30Les comptes consulaires mdivaux du XIV' et XVe sicles,par Pierre Perillous................................................ 101 -...... JORvolution dans les prnoms saint-antoninoisen 1794*1795, par Franoise Tnayre-Blom.................................. 43Souvenirs, souvenirs, par Paulette Bornes-Vidaillac ........... 51Justes parmi les Nations- Incrits dans la mmoire des hommes, par Jean Spnale 54 Mon tmoignage sur Alice et Armand, par le Dr Bronstein 5 5- Alice, par Claude Harmalle ........................ 60Sauvegarde des murets de pierres sches, par Michel Ferrer... 66Suterrain-refuge du Martinet, par Antoine Galan 68A ma mre A mon pre, pomes en occitan,parMaigaridaGarti ...................... 76

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    v;cv-

    Animations 2000

    Lac 1 vil de lu Socit tins Amis du Vieux Saint-Antonin ne se rsume pas la tenue d une assemble gnrale annuelle, l'ont au long de l'anne scolaire, des activits rgulires sont proposes aux adhrents. Leur frquentation ne se dnient pas ut la Socit aide les responsables bnvoles assurer leur bon fonctionnement ;

    A T E L I E R D O C C I T A N M D I V A L

    TOUS LES MARDIS de 8 h I2h,Animateur : Roger BEAtJMONT (Tl. 05 63 68 23 51)

    N.B. - La consultation des Archives de TEtat-CviL est actuellement assure par les services de la Mairie (chambre du Prieur Mage) le vendredi de 9h 12b.

    Responsable : Madame Dominique CIGOI.

    T(JUS ILS MERCREDIS de 9h30 1 2 h : salle du consultation des archives. Animateur : Andr VIGNOLES.

    C H O R A L ETOUS LES MARDIS de 20h30 2 2 b : an loyer. Chef de chur : Mary CHARLES

    R A N I X 5NTSJLE P D E S T R Efruisime dimanche du mois.

    Animateur : Roger H EAU MONT (Tl. 05 63 68 23 51) Re11 dir/rvnils p 1 ace des Tilleuls, a 14h .

  • Les points forts de Lan 2000

    4 janvier 2000 :La chorale chante pour les rsidents de la Maison de retraite

    de Saint-Antonio

    8 janvier 2 0 0 0 :La chorale chante h la Salle des Ftes de Ver l il

    m 27 et 28 mai 2 0 0 0 : Churs en Fte

    sfc samedi 27 a 2 1 h, Salle des Ftes de Saint-AntoninOPU3 SWING : 1 2 chanteurs, t* instrumentistes

    dans un Concert de JazzChef : Rgis Oessires

    dimanche 28 :i lGti30t Salle des Ftes de Saint-Antanin RASSEMBLEMENT CHORAL s

    Vensemble vocal de l'cole do musique de Saint-Antonio la chorale des Amis du Vieux SainNAntonin

    la chorale de Saint-Ni colas de la Grave dans la Petite Suite Acudienne de Bernard Lallement

    Chef : Jean-Pierre Reni

    Samedi 15 juillet 2000 a I 8 h t Mairie de Saint-Antonin

    V ern issag e d u S A L O N D ' T

    Du samedi 15 juillet au mardi 15 aot

    2 3 S A L O N D ' T D 'A R T C O N T E M P O R A I N 60 peintres et sculpteurs exposent la Mairie de Saint-Antonin

    Dimanche 13 aot 2 0 0 0 de 9h h 16h, Mairie de Saint-Antonin

    C O N C O U R S D E P A Y S A G E S

    Dimanche 13 aot 2 0 0 0 , 16h30, Salle des Congrs,Mairie de Saint-Antonin

    A S S E M B L E G N R A L Edes Amis du Vieux Saint-Antonin

  • Mercredi 16 aot 2 l h , glise de Sainl-Antonin Jeudi 17 aot 2 l h t glise de Cayus Vendredi 3 H aot 2 ih , collgiale de Monlpezat

    LE PETIT CHUR D'ATH (Belgique) en concertChef : Yves Wuyts

    Un dimanche de septembre 2 0 0 0

    2 5 L! A n n iv e rs a ire d e la C h o ra le des A m is du V ieu x S a in t -A n to n in q u i in v ite

    SOTTO VOCE de Castelsarrasin le QUATUOR PASTEL dr Aigus-Vives

    Automne 2 0 0 0 : Confrence sur rhistoira locale

    Hiver 2 0 0 0 : reprise de Ja Petite Suite Acadienne dans le cadre de Nos Villages Chantent : Va ren, Verte il,Puy la garde...

    S A N S O U B L I E R L E S P E R M A N E N C E S de la Soc i t la M A I S O N R O M A N E , s u r le march, le d i m a n c h e nui t in, durant les vacances de printemps et d t (contact a v e c les adhrents, diffusion du bullet in, exposi t ion et vente des publ icat ions) .

  • R a p p o r t d ' a c t i v i t

    p a r le a n n in e ISAB ET H , V i c e - P r s i d e n t e

    Chers socitaires et amis,le vous parlerai au jourd 'hui rapidem ent des activits

    passes afin de vous entretenir plus longuement et de recueillir votre avis sur quelques activits venir.

    LA T E L I E R P H O T O : fonctionne rgulirement sous la h o u le t te cle notre sy m p a th iq u e p h o to g rap h e , Grard GRQSBORNE.

    L E G R O U P E S A U V E G A R D E D U P A T R IM O IN E A R C H E O L O G I E : se runit rgulirement et son action, bien qu'elle ne soit pas forcment mdiatique, est Importante et reconnue. Ainsi aprs notre assemble gnrale du 16 aot 1998, une lettre ouverte a t adresse la Municipalit et dil [use auprs de nos s o c i ta ire s et c o n c i to y e n s saint antoninois. Elle a eu un profond retentissement. Plusieurs courriers ont t adresss la Municipalit en dcembre : la Socit alerte les lus sur Ltal inacceptable du point de vue du cirque de Rne. On a not une amlioration mais la difficult du maintien de la propret du site est visible. Dans le mme courrier la Socit met le vu qu'une action municipale soit e n trep r ise pour fre in er la m u lt ip l ic a t io n des an ten n e s paraboliques qui dfigurent parfois la cit mdivale. Sans suite. Sans suite encore la proposition d'associer vritablement nnlre commune ranimation H la gestion de la MAISON DU PATRIMOINE que Caylus semble avoir annexe,

    En fvrier, le Conseil d 'A dm iiiistrat ion s 'm eut de la pollution du site d PECH-B1EL et notre Prsident signe titre personnel la ptition qui circule en attendant de plus amples informations.

    En mai, le Conseil d'Administration dcide d'adresser un courrier l'A.B.F. (Architecte des Btiments de France), M. RADOVITCH, propos des croix du CALVAIRE (lecture de la lettre dont une copie a t remise Monsieur le Cur CASTAN pour le con se il paroissial ; rponse de l 'A JL F , : aucune demande n'a t dpose r l'A.B.F. ira sur le site. Rponse attendue).

    Afin de commmorer un moment historique de l'histoire de notre ville, un panneau d'information sur le Sige de Saint- Anlonin par le roi Louis XIII lui-mme a t ralis. Il sera inaugur un samedi de novembre 99 et vous tes l'avance invits cette manifestation.

  • La Socit a acquis 67 cartes postales anciennes de notre ville pour la somme de 800 F, frais d'envoi compris. Lalbum est la disposition des socitaires pour consultation sur place.

    Dons notre dernier bulletin, plusieurs articles voquaient les quelque cinquante missions de Radio Noble Val en 83/84 au cours desquelles Georges et Madeleine JULIEN donnent vie 1 histoire do Saint-Antonin Ln parcourant les archives ... Les cinquante cassettes, prcieusement gardes par Patrick MILLE ont t prtes la Socit afin quelle en assure La sauvegarde. Ce travail de sauvegarde dcid par le Conseil r* Administrai ion est dj bien avanc puisque 33 missions sont dj graves sur 18 CD. 11 en cotera 1 0 000 F environ la Socit, dont un peu plus de 6 0 0 F ont t remis l'entreprise Ciybersonic de Saint- A ntonin , dirige par O liv ier CAO RS. Il reste envisager I ventuelle diffusion de ce patrimoine incroyable, digne de figurer dans les discothques de ceux qui aiment leur ville et s'intressent son pass, de ceux qui veulent laisser une trace de cette histoire leurs descendants. Nous en reparlerons.

    Le BULLETIN 98 a t publi pour Pques 99. l est tout naturellement consacr Georges JULIEN.

    Pour l an prochain, nous pensons demander quelques tudiants qui ont trav a il l avec M. JULIEN de nous faire parvenir un rsum de leur travail de recherches partir des archives de Saint-A ntt >nm. Que pense/.-vu il,-- do eotte ide Y Si certains d entre vous connaissent des jeunes qui pourraient rpondre noire appel, faites-nous signe ds aujourdhui.

    L E G R O U P E R A N D O N N E est tou jo u rs aussi vaillant. Chaque lundi matin, sauf en t, le groupe (Roger. Jean- Louis et les autres,..) dbroussaille, nettoie. C'est ainsi que le pigeon nier de Nibouzou a t dgag et quune action concerte av ec la C o m m u n a u t de C o m m u n e s est m e n e p o u r sa r h a b i l i t a t io n . B rav o p o u r la r d i t io n du G u id e des Promenades (la septim e a 2UZ5 exem plaires) ; le nouveau Guide, toujours notre best-seller, est d isponible pour 35 F depuis le mois d'avril. Monsieur Aveline en assure la diffusion auprs des diffrents dpts-vente et offices de Tourisme.

    L E S A L O N d E T E 9 9 est un bon cru si l'on en juge par sa frquentation : 5143 visiteurs, par le volume de ses ventes et par les crits logieux dans le livre dor.

    Grand merci Monsieur et Madame S PENALE qui, toute l'anne, avec le groupe issu du Conseil d'Administration ont oeuvr la r u s s i te do c e t te im p o r ta n te m a n ife s ta t io n participant Limage rayonnante que notre ville est capable de donner.

  • L E C O N C O U R S D E P A Y S A G E S o u J O U R N E E D E P E I N T U R E comporte cette anne quelques modifications quant la date (dimanche 15 aol jour de clture du salon et jour de LA,G.) el quant aux modalits d'attribution des prix : c est l 'ensem ble (les socitaires prsents qui attribuera les rcompenses en votant h main leve tandis que l'on dpouillera les b u lle t in s de vote pour le ren o u v ellem en t du Conseil d'Administration, A suivre...

    L A C H O R A L E a bien chant tout au long de l'anne. J'ai mission de vous prsenter tes excuses de notre chef de chur Mary Charles qui ne peut tre avec nous (elle a subi une petite intervention sans gravit, dbut aot et ne doit absolument pas parler jusqu' fin aot. Elle tient vous rassurer sur son tat de sant el donne rendez-vous aux choristes le mardi 7 septembre comme prvu), Le grand moment pour notre chorale cette anne, fut Vaccueil du 5 au I L avril du PETIT CHUR dATH venu de Belgique avec suri rpertoire dont notre formation avait travaill 4 chants. Quelle motivation, quelle joie ce partager ces moments privilgis oit l'on se sent port par une force, une moi ion qui vous dpassent !

    C 'est le lundi 1 I octobre 2 ih l 'Eglise que les 33 choristes de la Chapelle bilorusse de thest-LHovsk viendront nous charm er au cours d un con cerl qui nous rappellera srement les bons souvenirs de 07. Nous ferons appel aux choristes, socitaires, volontaires pour l 'hbergement de nos prestigieux invits les 1 1 el 12 octobre.

    L A T E L I E R D O C C I T A N a fonctionn encore cette anne avec le mme enthousiasm e. Hlas, Andr Vignoles noslre mestre tant ai mat n assurera pas Lan prochain cet atelier quil anime depuis 18 ans. Nous en sommes bien tristes mais comprenons sa dcision. La Socil lient le remercier de ses bons et loyaux services par ce cadeau cpii devrait complter une collection qui lui est chre. De tout cur, Andr, MERCI !

    Andr ne nous quitte pas compltement car le petit noyau qui, sous sa direction, travaille sur les comptes consulaires, portera dsormais le nom d ATELIER d OCCITAN MEDIEVAL.

    En conclusion, notre Socit a fait preuve cette anne encore d'une intense activit dans les grandes lignes de ses object ifs.

    Pour Lan 2 0 0 0 , les p ro je ts ne m anquent pas outre la poursuite des animations rgulires ou ponctuelles la Socit avec votre accord, entreprendra la publication d un premier recueil des Comptes Consulaires et la diffusion des compacls- discs En parcourant les Archives .

    Merci de votre attention.

  • c l 0 c c t t a n ci9/l t ) \Qj .A ' p

    a c ) a t n I - C l n l a m n

    A/teA

    c n est ni sur un constat d'chec ni par pnuried'lves qu i) s 'achve et nous en avons tonsbien du regret. Quetnil-il dune, ce cours pourque nous soyons ce point certains qu i) va manquer Saint-Antonin, comme un volet qui se ferme sur une maison dsormais vide ?

    Dabord l! tait inattendu, peine structur, plutt l allure d une auberge espagnole (histoire ancienne : les officiels dut o u r i s me s on 1 p a s ses p a r l ). On y I rou ve q ne c e q n o n yapporte.

    Chacun pouvait y am ener sa p ice a co n v ic t io n : une expression entendue, un mot saisi au vol ; parfois aussi un objet surgissait du fond dune grange : il fallait alors les explications, les mots occitans remplissaient le tableau noir, et la classe se changeait en scne car il fallait mimer les gestes ncessaires loutil.

    Nous y faisions le tour de telle coutume villageoise, de la vendange [ah ! Ce petit fagot d'asperges sauvages dpos devant la cane la pour filtrer dj la part de ta vendange) la bugada en ses diffrents tats ; un soir, le fonctionnement d un moulin eau devenait clair et on y ajoutait aussi bien quelque dicton sur les moeurs, et mme une chanson sur t ne apportant le bl..,

    Cette lenga nostra combien nous aimions l'entendre travers les textes de Pierre Bavrou ou des frres Bessires, ou ceu x q u A ndr V ign oles traduisait pour nous, ht qu elles contestations passionnes quand cela se disait diffremment Caylus ou Saint-Antonio ou ailleurs : on fouillait un arbre g n a lo g iq u e , on voqua i t la grand mre, on fo u illa it sa mmoire dans un joli charivari auquel devait mettre fin la cloche du matre !

    Et nous qui venions de loin , qui avions dans l ore ille d'autres musiques de langues populaires, nous nous rgalions de les entendre discuter des diffrences d'expression en des pays lo igns de quelques lieues ei dont les frontires se dcelaient h une lettre dplace dans un mot.

  • Hien sr quun cours de langue ne devrait pas tre di flic le instaurer : un livre, un bon dictionnaire et

  • D an s ce B u l le t in * c 'e s tI l i So c c a s io n p o u r m o i

    d 'e x p r im e r m es v ifs re m e rc ie m e n ts o tous ceu x qui ont contribu la vie du m u se soit par leur travail, soit par leurs dons.

    Merci* tout d'abord* la M U NICI FA L IT E de S a in t -

    A n t o n in qui a b ie n v ou lu affecter une personne chaque matin

    d'hiver pour complter l inventaire* nettoyer et sauvegarder les objets les plus anciens. C est avec beaucoup d 'intrt et de bonnes ides que Madame IL BAILLI VET effectue son travail* avec rigueur el le sourire en plus, Le nettoyage des combles est galement en cours.

    Des nouveauts admirer vous attendent : une forme en bois pour faire des chaussures, offerte par

    Madame P. B1GU, une hache de bcheron spciale pour enlever Pcorce des

    chnes* et trois pse-alcool donns par Madame MALVY, une trs vieille baignoire en zinc, sorte de grand bidet qui

    aurait appartenu M adam e Kcam ier. Le donateu r a souhait garder l'anonymat,

    Madame GU1LHEM a offert une uvre de son mari : une trs jolie table de poupe finement sculpte avec sa petite chaise,

    Madame LAPON (IJENAC) vidant grange el maison pour dmnager un peu plus loin a fait don au muse d une cape de facteur de 1920* Ce vtement* en beau drap bleu m arine avec encore tous ses boutons en cu ivre gravs Postes et Tlgrammes avait t remis a son pre lors de sa retraite. Madame LAPON a aussi donn une trs belle brouette en bois des annes 1900, une sc ie , une planche laver avec son battoir, souvenir mouvant des lessives sur les bords de notre rivire.

    - e t puis encore* un papillon, des douilles d obus dcores d ans les t r a n c h e s de 1 9 1 4 -1 8 * des c u i l l r e s et des fourchettes en tain.

    Toutes ces choses tmoignent assurment du pass, mais surtout elles prennisent la richesse de notre muse. Soyez tous les bienvenus quand vous viendrez les voir.

    Henry de LASTC SAINT-f AL

  • SainVAntonin au fil de leaupar Andr Vignoies

    l Jrm bulle du Pape Urbain l du 2B mars lO'I lait mention de l 'ancien nuin rie Saint-A nlonin (San et mi An ton inus in condatensi tenu i no s i i i , . .), or coudt est un mot gaulois signifiant confluent Ainsi par son premier nom et par sa situation entre tioneta et

  • que ani'io Iren car l a gua de Lasde qu e b e g u e sso . . . (nous avons pay de quoi I)oire au x hommes qui allrent dtruire le gu des Croix qui est prs de Fenavrols).

    L' eau fut a u ss i p e n d a n t lo n g te m p s u n e v o ie de communication fort utile la ville. Ainsi c'est par l'Aveyron que les prunes, les draps, les peaux... taient achemins vers les pays importateurs. C est encore par l'Aveyron qu'en fvrier 1359, par exem ple, on amena deux b r id a s (catapultes) destines aux assigeants de Fnairols qui avait t pris par les Anglais : Fuguent pur pu e vi e carn que tramezeni a i ters dia uis dihs fu s tiers que ajudavou par tiiiihtas pescairesque g u id a va la s nu u s (nous avons pay le troisime jour pour le pain, le vin et la viande que nous avons fait parvenir aux charpentiers qui aidaient conduire le bois (des brides) par leau et aux pcheurs qui guidaient les barques).

    Sans eau, aucune des industries qui firent la prosprit de Saint-Antonin n aurait pu exister. En effet les moulins foulon (m o lis p a r a d o r s } taient n o m breu x sur l Aveyron et sur la Bonette qui permettaient la producti on tin d reps de grande qualit exports jusqu'en Allem agne, Ces m oulins a foulon taient aussi souvent en mme temps des m olis bladers , moulins crales. La plupart ont aujourd'hui disparu mais quelques-uns d entre eux ont travers les sicles et aprs hien des vicissitudes sont encore prsents de nos jours bien qu ils n aient plus de moulin que le nom. Ce sont :

    sur l'Aveyron : le moulin de Salet (rive droite) qui tait la fois m oli

    bladier et p a rad e r ou batan mentionn ainsi au livre des manifestes ung moli a Salet c o n fa m las terras de Johan C u r tP d ou a de ce s X s * L a l m a s t ie (un m oulin Salet jouxtant les terres de Johan Curt, donne X sols tournois de cens au moustier) ;

    le moulin de la Palhole ou du Gravier ou de la Grave, moulin foulon situ a rem p lacem en t de l 'an cien n e usine Rodolausse ;

    le moulin dels m alautes (des lpreux), de la Grave ou de G ls , Lui aussi bladier. Il d p en d ait de la M alad rerie d'Qrbaneste (doii 3e nom inolin des mulautes). C'est l'actuelle guinguette.

    Le moulin de Roumegous moulin crales et foulon, sige actuel de 1'A.R.O.E.V.E.N. ;

    Le moulin de Fontals ou m olis nous (moulin neuf)* M o u lin c r a le s et fou lon tra n s fo rm , p o u r f in ir , en

  • papeterie par la famille Forms ;- Le moulin des Ondes situ remplacement de Factuelle

    microcentraie lectrique, moulin crales puis foulon ;- Le m oulin de M iravoy tait s itu au bas de las

    Castagnarde. C'tait un moulin foulon disparu a F poque- des guerres de religions, Le pas est visible sur les cartes postales et quelques pierres sont encore en place ;

    - Les moulins de Bone et de Caussetz ment intims dans le partage du vicomte de Sainl-Antnnin mais dont Fempl&CtXI&nt rFa pu tre dtermin ;

    sur la Bonetle :- La m o u lin e de V il len eu v e s itu e san s doute sur

    1 en vp 1 ace men I de Fact i \ el garag( * Rena u 11 ;- Le moulin des Claustres, moulin crales situ sur

    remplacement de la caserne des pompiers ;- Le moulin du BessareL moulin crales situ rue du

    Moidin du BessareL La retenue d'eau est encore visible depuis la rue ;

    - Le moulin de! cup de! prut (du bout du pr) situ sur la chausse des chanoines ;

    - Le m oulin de F on gel autrefois moulin foulon el n r a les.

    sur le ruisseau de Saint-Sulpice (de la Courgue) i- Le moulin du Martinet ( foulon et crales). Il n'y a pas

    si longtemps on y fabriquait encore des clous.sur ILstola-se-plou (Ecoute s il pleut) :- Le moulin de Santa Alausa la pmpdann (Sainte-Alause

    la | jroella j ie) tait mi mou 1 in :rales ;- Un ou plusieurs

  • annuel le ils avaient l 'e x c lu s i vit d 'ex p lo ita t io n des biefs suivants ; de Ucafol Salet, de Salet au Gravier, du Gravier RiHimgous, de Ruimiguus aux Ondes, des Ondes Turlanda. Nous relevons notamment pour le bief du Gravier Roumgous 1 a p r e 11 v e i le T e x e r c i c e d e c e d r o il d 'expl o dation e ii i 4 1 i 4 (comptes consulaires) : Vendu cia 1 ayga de la p a iss ie ra de Rcmu'gos entra la paissiera de la Pal ha la que degu no i deu p es car del dia de Toatzans entra a P ascas (Vendue l eau de la chausson de Roumgous jusqu' la chausse de la Palhola o personne ne doit pcher du jour de la T ou ssa in t jusqu ' Pques).

    Novis savons que la tannerie fui longtemps une activit industrielle importante. Les restes de plusieurs tanneries sont encore visibles sur le canal de la Bonelte dtourne la lois pour a c t io n n e r les m e u le s des m o u lin s et fo u rn ir Teau ncessaire au lavage et au traitement des peaux. Grce aux diffrents cours d'eau le chanvre cultiv Lenteur pouvait tre truit inmissagn)- ( hi o donc, mentiumies dans le liv io desmanifestes de Lan 1500 des chenevires fcan ab a Js) le plus souvent prs des ruisseaux ou rivires (Fontals, Gelis, La Gondamnie}. Dans ce document par exemple, Feyre Fersaubut dclare avoir Fontals

  • b s t so u v en t fai t m e n tio n d a n s les te r r ie rs ou les l iv res cadastraux de moulin ou de btiments mins par les eaux. Seuls deux documents relatent de graves inondations, Georges Julien les avait publis en 1081, je les reproduis :

    - Le prem ier dat de 1394 ; l 'an f/iif? Itont co n tav a MCCCLXXXXIII (...) !o X jorn de dazauthra art aqtwl jorn la fluvi d Avairo cwsquat tant que entrava p er la porta grande de S Mlquel (*..). A la Condamina las nous yntravo e yssio par la porta... (en Lan 1304 le onzime jour de dcembre ce jour-la le fleuve dAveyron grossit tant qu'il entrait par la grande porte de Saint-M ichel. A la Condam ine les barques entraient et sortaient par la pu rte J .

    - Le second date de 1618 ; Sicl mmoire que lan mil six cens dix huit et le jeudy matin huit; lies me jour de fvrier (...) la rivyere d'Avairun et Bonete furent sy grosses que n est mmoire d'homm e vivant, tellement que des personnes lavarent les mains au pont levys du pont ri Avairon . Des inondations plus rcentes ont laiss des traces dans la mmoire collective de Saint-An lu ni n : 1906, 1930, 1940, 1981.

    Ainsi la fois pour son bonheur et sa prosprit mais aussi l in v erse p arfo is pour son m a lh e u r et sa ru in e , l 'eau bienfaisante ou malfique a toujours t troitement mle a I"histoire du la ville de Saint-Antonio.

    Bibliographie : C om p tes C on su la ires C C 44 et C C 4 5 , A r c h iv e s m u n ic ip a le s de

    Saint*Antonin.- L i v r e des manifestes C C 4 2 et CC 4 3 t A r c h i v e s m u n ic ip a le s de

    Saint-Antonio . Bulletin de la Socit des Am is du Vieux Saint-An ton in 1 9 7 8 ,

    1 9 8 1 , 1 9 8 9 , (Articles de Georges Julien). Indit : Inventaire des Moulins, Tornalhs, Pas et eaux de Saint-

    Antunin par Jean-Louis Laborie

  • E i f f e l

    Le .Tombeau du Qant ou La Lgende du ant de (Pparoul

    par Michel 'Terrer

    D'abord* il y eut l'histoire ; ensuite, il y eut la lgende ; celle du Gant de Pparoul lu.

    Comme toutes les lgendes, ce l le -c i est ne d'un fait authentique, dont la mmoire s'est transmise oralement, de gnration en gnration, lien videmment dforme depuis son origine, celle histoire dit quau retour d une croisade, ruin et affaibli par la maladie qu'il aurait contracte en Orient, un chevalier mourut entre Servanac et Tabarly, au lien-dit de Pparoul.

    Celui qui, au cri de Dieu le veut ! , avait guerroy en Terre Sainte, fut enterr l, loin de chez lus e des siens, dans une tombe peine creuse cause del roc traoucat [du roc trou), quelques dix mtrs de la route. La spulture fut entoure dun primtre de pierres alignes, afin quune grande pierre tombale soit pose sur le cadavre sans Lcraser, pour le prolger de la sauvagine et des chiens errants. S'agissait-il d'un grand seigneur, dun grand chef de guerre auquel sa suite avait voulu rendre l'hommage d son rang ? C'est ce que semble dire la lgende.

    La pierre tombale a disparu, Isa no! de Go miel et sa mre l ont vu en 1939, appuye contre le mur de ce qui, aujourdhui, n'est plus qu'un chemin de traverse. Aucune inscription ntait grave dessus.

    La tom be, quant e l le , est to u jo u rs l. E l le est perpendiculaire au chemin. Sa longueur est de 2,6 mtres (do son appellation de Tombeau du Gant } alors que sa largeur est de 1,2 mtre. Il est vrai que les guerriers du XII0 sicle taient de grands gaillards, d'autant plus s ils taient nordistes.

    Ainsi donc, une fois encore, la lgende se vrifie.

    111 Sera publie dans un o u v rag e inti tul Le p ig e o n n ie r de Nibouzou 1 paratre en 2 0 0 0 .

  • La croix (nu centre du plan) indique remplacement approximatif du tombeau.

    Pour y accder , il faut prendre le ch em in dit du Caminnrd , qui se trouve environ itfM) moires g a u c h i 1

    aprs la sortie du ham eau de Tabarly en direction de Troyne.

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  • Les Comptes Consulaires Mdivaux de Saint-Antonin Noble-Val

    XIVe et XVe siclespar Pierre PRILLGUS

    Rsum de sort Mmoire de matrise, Toulouse 1998

    Les archives m unicipales de S a in t-A nlunin conservent entre autres d o cu m en ts de valeur, p lu s ieu rs registres de comptes consulaires datant du Fias Moyen Age. Ce type de source quoiqu'assez rpandu de me lire trop mconnu. Il s'agit pourtant d 'une base d o cu m e n ta ire ex tr m e m e n t r ich e et intressante pour aborder l'histoire des villes mridionales. Ces comptes m unicipaux n'ont pas Jaspecl froid et aride d'une comptabilit actuelle, lis foisonnent de donnes, d'informalions varies, de dtails souvent pittoresques qui, allis un style a lerte , les rendent v ivants, Georges Ju lien a c o n sa cr les dernires annes de sa vio la transcription de ces registres. Il a ainsi mis au jour et rendu accessibles di-.s pans passionnants de l'histoire de notre ville. Lorsque j'ai rencontre Georges Julien au mois de septem bre 1997 pour lui parler de mon projet de rech erch e , j ai d couvert un hom m e p ass io n n , avide rie partager son savoir et son amour de Sain t-A ntonin . Il m a patiemment guid dans ma dcouverte des complus consulaires. Je lui dois mon travail de matrise et je le lui ddie.

    Je n'ai pas abord les comptes consulaires de Saint-Antonin sous l 'angle d 'une m o n og rap h ie c la ss iq u e ni dans le but dtudier un aspect prcis de la ville mdivale. J ai plutt men un travail d'valuation, de recension, Ma matrise ne constitue q u 'u n e in t r o d u c t io n l ' tu d e r ig o u re u s e des c o m p te s consulaires de Saint-A ntonin , Je me suis dabord attach a dcrire et comprendre la fonction dos comptes consulaires.

  • Puis, suivant un second axe, jai relev les possibilits ut les limites de cette source particulire pour analyser trois thmes majeurs de la recherche en histoire mdival urbaine : le gouvernement urbain, le domaine public et enfin ce que l'on appelle la vie de relation, c'est dire les rapports quentretient la cit avec les autres villes* avec les reprsentants de l'autorit royale, La publication prochaine des transcriptions de Georges Julien devrait veiller ! intrt de nombreux tudiants el chercheurs.

    D e s c r i p t i o n e t F o n c t i o n

    d e s C o m p t e s C o n s u l a i r e sLes comptes consulaires surprennent le profane par leur

    varit et leur r i c h e s s e . Ils d o n n e n t une image vivante et directe de la ville mdivale. On a parfois le sentiment de parcourir un journal intime et de pouvoir pntrer le cur de la cit* Les archives municipales de Saint-Antonin possdent huit registres de comptes des XIV et XV'* sicles* Ils se prsentent sous ta forme dun cahier ou d 'u n registre de papier chiffon avec une couverture en parchemin. Le nombre de folios, gnralement crit au recto et au verso, fluctue d'un registre l'autre, de 4 2 a 122 feuillets. Mises a part quelques pices crites en bas latin (pii sont intgres certains registres, tes comptes sont en occitan. Les registres sont diviss en deux grands chapitres souvent spars par quelques feuilles vierges, les Recettes et les Dpenses qui sont gnralement placs lte-bche* Les comptes ont donc une double entre et parfois une double pagination. Les huit registres reprsentent huit exercices com ptables singuliers et isols dans le temps. Ils ne forment pas une srie c o n t i n u e , Le tableau ci-aprs met en lumire la distribution chronologique des comptes*

    COTES EXE RCI CES COM PI A t 1 MSCC43 1325 - 1326CC44 1356 - 1359 et 1362 - 1363CC45 1376 - 1377CC46 1433 - 1434CC47 1452 - 1453CC48 1455 1456CC49 1464 - 1465

    Les comptes ont t rdigs dans dos circonstances* dans des conjonctures politiques et conomiques trs diverses.

  • Lhistoire des deux derniers sicles du Moyen Age est trouble. Si le premier registre de 1325-1326 se situe dans un contexte plulnt p.-usiblep les Irais comptes qui suivent sont immergs dans les a lire s de la Guerre de Cent Ans. Les derniers registres s intgrent quant eux dans une phrase de rep rise et de croissance.

    Les registres des comptes sont composs de deux grands chapitres. Le premier est consacr aux recettes, le second plus long, aux dpenses. Dans le livre des recettes on trouve, outres les recettes proprement dites* la liste des Consuls ( Cassais ), des Conseillers ( cosselhs ) et des gardes ( gardas ) dont je reparlerai. L'essentiel des revenus du consulat est reprsent par les rentres fiscales. Le principal impt urbain s'appelle la Qute ( Quista ). La fisca lit urbaine est plus ou moins sophistique suivant les priodes. An X V e sicle la Qute est rpartie en fonction des biens mobiliers ut du cheptel vif. Dans les registres de comptes apparaissent des listes de contribuables avec le montant de leur contribution. Les contribuables sont classs gnralement suivant des donnes topographiques. La ville de Saint-Antonio est en effet divise en quatre quartiers appels gches : Bodaural , Fayt . Roca Escaliers et Bocaria . Le chapitre consacr aux dpenses commence par une dclaration solennelle consuls sortants prsentent etre m e tte n t les c o m p te s de leu r a d m in is t r a t io n leu rs successeurs,

    Nos dihs (co sso ls} redem qte (compte) a vosautros son hors cossols sucxessors nostres... loqual qte saperte ad auzir de tt as las casas prezas (recettes) ho nwzas (dpenses) en nostra aministracio. A/n protestacio fezem par nos que se nos avam fui il adescriure de may ho do menh, que non aveni prs ho mes, que loi a s veguadas que fauta de bon qte y fos trobada que nos y est a n et que a vos autres s (ni h ors vos plagues que nos y agites adestar... , f2r,C44.

    Les comptes consulaires sont un instrument do contrle des finances publiques. Toutes les dpenss du mandat son! ensuite soigneusement rpertories, Le trsorier ne se contente pas de signaler brivement la dpense au moyen dun titre gnrique ou de 3a dfinir en conomisant ses mots comme il semble n a tu r e l de l 'e n v is a g e r a u jo u rd 'h u i pour un d o cu m e n t comptable. Chaque dpense fait l'objet d"un article dtaill. Les articles de dpense sont composs suivant un mme modle. Ils commencent en gnral par la formule item paguem suivi du prestataire de service nu du fournisseur, La date ou la mention dia dessus apparat ensuite. Aprs un descriptif prcis de la dpense, parfois justifi par un reu ( bilheta } le

  • scribe note le mentant, exprime soit en monnaie relle (par exemple au XIVp sicle en florins] soit 011 monnaie de compte (c'est--dire en livres tournois). Les quelques articles suivants pefinelLiil de se rendre compte de la diversit des dpenses du consulat. La vie, l'accumulation de dtails qui caractrisent les articles de dpenses donnent aux livres de comptes l'aspect dune chronique urbaine.

    Exemples darticles de dpense :w Paguein as trom pares, uls carn am uzaires per la

    pi ta nsa de la fe sta de pan ta ca s la a XXVIII de m a i ... , f23r,CC44. '

    Item pagem a XXV de Ginier a B. Hyhiera per fa r iloas a i d a s que las gens vengesso a la processif) et que degus tavertiie no balles vi... , f*9r,CC47.

    Item a XVII Doast paguein per un prezen que fezem a I frayre m en or estranh laquai sennonet al nujstie.. . f 45r.CIC45.

    Hem donem a Moss O. Avearn per so que fos fengut de cantar massas del S a ni H s prit que dios gardes vnostre loc de la mas de n astres anomies... , f55r,CC45,

    Pctguem a X! dei mes de fulet a I home estranh que Uiy fessem gitar un eu mort que lo avion ausit en la p lassa que era fo l... , f l 5 v, CX14 8.

    Item paguem a XII del mes dessetnbre a G. Litac que ihy fessem adobar lo pon de Roda ns sa que ara os ai ut que Ihy mes I pesas vie!h a... t f6rtCC48.

    Item paguem a G. Cornai per II le e X t eu les que ne compren per cubry las guachiols... , f60r,CC49.

    Les comptes consulaires ont connue leur nom l'indique une fonction comptable. Leur structure bipartite met clairement en vidence cette finalit prcise qui est dtablir un bilan financier en confrontant dpenses et recettes, Cependant, les livres de comptes n ont pas pour vocation d tre un oui il de gestion utilis au quotidien. Il n'est pas possible de comparer recettes et dpenses en cours d'anne puisque si les dpenses sont dates, il nen va pas de mme des recettes. Ce nest naturellement pas parce que le boursier ne matrise pas la technique comptable mais bol et bien parce que le livre de comptes n a pas pour fonction premire d'tre un instrument de gestion. Les comptes consulaires sont bien davantage des tats rcapitulatifs qu'une com ptabilit effective (J. GLENISSON et Ci. I l J O U N L L Finances et comptabilit urbaines du XIIF au XVI1 sicle, 1964), Les comptes consulaires sont plus un outil de contrle quun outil de gestion. Le registre de com ptes est un rapport, un compte rendu de la gestion consulaire.

  • L e G o u v e r n e m e n t U r b a i nLes comptes consulaires manent du consulat. Le consulat

    est une forme de gouvernement urbain qui apparat et su rpand dans les rgions mridionales du royaume de France, dans le premier tiers du X IF sicle. Saint-Antonin, c'est dans le courant do ce XJI s i c le , que les p rem ires v e ll its de gouvernement urbain se font jour. Tout la fois symbole ut d fen seu r des l ib erts de la v il le , le c o n su la t s ' in s ta l le progressivement, affirme ses prrogatives. Le gouvernement consulaire est au XIV sicle une institution parfaitement rgle et tablie. Les comptes consulaires sont un tmoignage probant du degr de dveloppem ent a d m in is tra t i f qu a atteint te consulat saint-antoninois lautomne du Moyen Age , Les comptes consulaires ne permettent pas d'aborder tous lus aspects de la vie municipale. Us ne donnent par exemple q u e ( ! i e I q 111, ' s indices pour t i mi prend re le four :l i ( inneninn I dns institutions urbaines. Les comptes ne sont pas des registres de dlibrations.

    Les principaux acteurs du gouvernement urbain sont lus consuls, les conseillers et les gardes. Leur nom et leur effectif nous sont connus pour chaque exercice. Les consuls sont des magistrats urbains. Ce sont des citoyens investis dune charge ou fonction publique pour un mandat limit. Lus conseillers nu sont runis que lorsqu'on doit prendre une dcision importante. Lus gardes ont pour mission de surveiller le domaine public et de rglementer les diffrents secteurs conomiques notamment la production textile. Le consulat s'appuie sur divers agents municipaux qu'il emploie pour des missions durables ou pour, au contraire, certaines vacations trs limites dans le temps. Le principal de ces agents est le dguier. Le dguier est un garde champtre. On trouv dans les textes les termes de rieguiers niais aussi sirvens . Le consulat en emploie environ une demi-douzaine. Ils procdent aux saisies lors des perceptions d impt. Us surveillent les foires. Lorsque la ville est menace, ils sont chargs d'aller prvenir les habitants des hameaux qui dpendent de Saint-Antonin. Ils doivent aussi espionner la progression des troupes anglaises... Le consulat fait souvent appel des m u sic ie n s p u b lics , m e n e s tr ie s . trom pilh , rompaires, cornamuzaires , qui jouent lors des grandes ftes religieuses. Le gouvernement urbain utilise des crieurs publics, rmunrs a la crie ou pensionns l'anne, pour diffuser les dcisions des consuls. Le consulat recourt enfin a un boursier charg de tenir les comptes et des tabellions.

  • D o m a i n e P u b l i c e t S e r v i c e P u b l i cLes co m p te s c o n s u la i r e s r e p r s e n te n t une so u rce

    in t r e s s a n te pour c o m p r e n d r e et v a lu e r l 'a c t io n du gouvernement urbain dans sa juridiction, terme employ par les hommes du temps eux-mmes pour dsigner le territoire de la ville, c'est--dire l'espace dfini ou s'exerce l'autorit de la cit ou de son gouvernement. Cette action a deux dimensions. Il s'agit premirement de l'entre lion ou do la mise en valeur conom ique du dom aine public . Le gouvernem ent urbain propose et assure ensuite un certain nombre de services publics.

    Les comptes sont une documentation riche pour aborder la dimension spatiale du domaine public. Les rues et tes murs doivent tre entre-tenus, fin grand nombre d'articles de dpenses concernent les travaux publics, Ces travaux sont plus ou moins importants suivant les annes et la conjoncture. Le premier grand cfiuiihm porlr Mtr les rem parts don! le rle esl bien sr d assumer l'un des tout premiers services publics, la scurit collective, Los murs do la ville sont le symbole de l'autonomie,wtils m onopolisent la m ajeu re partie du budget de travaux publics, La ville esl souvent m enace notam m enl par les Anglais et les Routiers dans la seconde partie du XIV1 sicle. Ds que l'on signale la p rsen ce d 'en n em is , aux travaux d entre tien cou ran t s 'a jo u te la c o n s tr u c t io n d 'u n e sr ie d'ouvrages provisoires. Il s'agit par exemple de hrisser les m u r s de piquants ou do constru ire dos palissades. Ces travaux mobilisent diverses catgories de persturnes, artisans qualifis, m atres, app rentis et s im p les m an uvres. Le mur est un ensemble compos de divers lments. Il y a par exemple les portes au nombre de cinq (Porte de la Cnndamine, Porte du Pr, Porte Rodanze, Forte Peyrire, Porte du Pont], Certaines sont q uipes de pont-levis ( pon leva dis ). Les remparts son! munis de tours de guet appeles guachials ou guachinls , Ces tours sont couvertes. L'entretien de la couverture de tuiles est courant. La protection des gardes sur les remparts esl assure par des espces de Lourds { amhans ). La ville dispose de machines d guerre ( brida ) et au XV" sicle de canons ( boubardella ). Le domaine public ne se limite pas aux murs ou aux rues, Saint-Antonin possde aussi un patrimoine que l'on pourrait qualifier de productif.

    Le pr communal est un symbole important de 1 autonomie de la ville. Le Prat a t cd par les vicomtes de Saint* Antonin en 1198. Le pr rapporte un revenu au consulat. Cependant le gouvernement urbain n'exploite pas directement le pr. Il se charge de le protger par des murs, des portes mais il en afferme l'exploitation un particulier. La ville possde

  • aussi les fours (four du Mazel vielh , four de Saint Michel). LU le vend l 'e n ca n te droil non d e louer m ais de taxer l'utilisation du four par les habitants,

    La notion de service public n'est pas trangre la ville mdivale. Le gouvernement urbain mne un certain nombre d'actions qui ont pour objet de satisfaire un besoin collectif. Le service public ntait pas concepl ualis et ne correspondait pus une valeur dmocratique mais rpondait bel et bien une ncessit morale et politique. Le bas Moyen Age se caractrise par des priodes de disette et de maladie. Le gouvernement urbain dispose de moyens somme toute drisoires pour lutter contre les pidmies. Il s'agit de prvenir et d'essayer d'viter la contagion. Ce sont bien sr l'information et le renseignement qui constituent les premiers instrum ents de la prvention. Lorsque l'pidmie se rapproche. Saint-Antonin se met en tat de sige. On terme les portes qui sont surveilles par des hommes en arme. On remet en place un systme de guet et de dfense comme an pire moment de la guerre. On expulse les p erson n es s u s c e p t ib le s de propager la m alad ie . La v il le p e n s io n n e un m d e c in ( m egg e ) et un a p o th ic a ir e ( poth ican ), entretient une maladrerio situe l'extrieur des murs, Le gouvernement assure d'autres services comme par exemple 1 instruction. On rmunre un matre d'cole mme si l'instruction ne concerne que les familles les plus aises.

    L a V ie de R e l a t io nLe gouvernement urbain consacre une grande partie de son

    budget ce qu'on pourrait appeler des relations extrieures. Sain C An ton in n'est pas une entit autonome et autarcique dans un dsert. La ville est immerge dans un milieu, entretient cl tisse tout un faisceau de relations avec d'autres ci ls, avec le Snchal, reprsentant du roi, ei ses subordonns. Les comptes consulaires permettent de se rendre compte que l'image fige de la ville qui vit dans ses murs est assurment fausse pour les XIV* et XV* s i c le s (A. R1GAUDIERB, S a in t-F lo u r v ille d'Auvergne an bas Moyen Age, 1982). La ville de Saint-Antonin s intgre dans un milieu hostile. La guerre menace et limite I a u to n o m ie de S a in t -A n to n in , E l le grve un budget en ncessitant d'importants investissements pour la construction et la rfection des fortifications. Il faut grer un service de guet et assurer la logistique pour des oprations militaires extrieures.

    Le livre de compte le plus intressant pour aborder le thme de la guerre est sans nul doute celui de l'exercice 1358-1359, C'est une priode difficile pour le royaume de France. Elle se

  • situe trois ans aprs la cuisante dfaite de Poitiers (1356) au cours de laquelle le roi, Jean II le Bon, a t fait prisonnier par le Prince Noir. Le dauphin Charles a du un temps composer avec les Etats co n v o q u s par son pore , puis fa ire face la rvolution communaliste d'Etiennc Marcel. Malgr le retour triompha] du rgent Charles Paris en aot 1358, la monarchie fran a ise est trs a ffa ib lie et devra co n c d e r le tra it de B rtign y -G al ai s en 1 3 6 0 aux A nglais . S i l 'on se p en ch e maintenant sur la situation du Rouergue et particulirement de la basse marche tic Rouergue, c'est--dire la partie sud de la snchausse, englobant des villes com m e V illefranche de Rouergue, Najac et Saint-Antonin, la menace anglaise est trs pressante. Saint-Antonin a dj t occup par Jean de Grailly, Captai de Buch, Cap de San Anioni de 1352 1354. Les ennem is ont pris la place forte de Fenayrnls situe quelques encablures de Saint-Antonin, en amont de lAveyron. Le registre de compte dcrit avec force dtails les oprations militaires menes pour reprendre Fennyrnis. Au-del de ce que le scribe appelle guerra de Feneyrols , le livre de 1358-1359 permet de com prendre ce qu'a t la stratgie anglaise en QuercyRoue.rgue et finalement le visage de la guerre h cette poque. C'est la technique de chevauche ; celle du Prince Noir de 1355 dans un large Sud-Ouest est demeure clbre. Il s'agit d'un coup de main, d'un raid contre un chteau ennemi. La chevauche apparat dans ce registre comme une menace constante et pesante. La reprise de Feneyrols ncessite un long sige et d'importantes oprations m ilitaires diriges par le snchal. Une grande partie de la logistique est assume par la ville de Saint-Antonin qui fournit ravitaillement et matriaux de construction. A Saint-Antonin mme sont fabriques les bridas (baliste) et m anguanels (mangonneau) qui sont des machines de guerre h lancer des [lierres. La construction de ces armes ncessite une mobilisation de la population de Saint- Antonin qui doit fournir pices de bois ( fustas ). cordes de chanvre { p esas de cainbe por fa r la s cordas ), du cuir et des pices mtalliques ( lias de fer ). Les matres charpentiers de toute la rgion, de Caylus. de Najac doivent venir aider les s p c ia l is te s arrivs de T ou lou se , U ne fois les m a ch in es termines, il faut les envoyer Feneyrols. C'est par voie d'eau qu'on les transporte. Ce sont les pcheurs { pescaires ) de Saint-Antonin qui en sont chargs. La ville doit aussi quiper des hommes pour le combat, participer la fortification d'une glise situe face au chteau de Feneyrols, la pice matresse du sige. Le Snchal exige en outre la surveillance du territoire de la ville pour viter q u une chevauche anglaise ne vienne attaquer les troupes du sige et ainsi desserrer l'tau.

  • Le premier contact que l'on a avec la guerre dans les comptes consulaires nest pas une vision nette et prcise mais un bruit. On r entend venir, arriver comme une rumeur qui se rpand de proche en proche. Sainl-Antanin appartient un rseau de renseignements assez vaste compos d'autres villes, de seigneurs et potentats locaux, de reprsentants du snchaL., Le registre de 1358-1359 est ce propos passionnant. A mesure que l'on tourne les pages, on sent la tension monter, le danger se rapprocher. Les quatre arlides suivants montrent comment ce service de renseignements fonctionne. Le Livre de comptes devient un journal, une chronique mouvante.

    Circulation du renseignement (1358-1359, CC44 [ !))i:i Item paguem o dia dessu s (15 janvier 1359) a un

    valet que tram ezem a m eia nueh al sen ech a l at seti que sa vises car de Monpesat nos avion m andat quel enamixs fasio gran am as , . , y, f J / r.

    Item paguem Io XXV dia de febricr (1359) a un vailet que nos trameiro Ios cossols de Setfons (pie fessessem bona garda car els avion Qgadas unas 1 et ras de Moss, Augier de la Barta quels en am ixs sera a ju sta tz II c g lav is p e r venir en Ctq 11 es t p ay s .... / / 3 v.

    Item paguem Io dia dessus {19 mars 1359) a un vailet que tram ezem a la Va or a l Sen h e de S a lv a g n a c que nos mandes se al CIuzcl fasia gran a nuis,.. , f15v,

    Item p a g u e m o d ia d e s s u s (28 m a r s 3 5 9 ) a II m esatgiers de Vi lu franco que veniou de Gascuenha que os avloa trames Ios cassais de Vilafranca per espiur sels enamixs fa zi ou gran am as e d iss ira nas que Castelsagrat se a > be aiustat V g l a v i s . f l 6 r .

    Item paguem o XII dia dabrial (1359) a un vailet que nos trameiro Ios cossols de Pueh la Roqua que nos avizem de far bona garda car los angles deviou tost e per penre un oe segon que home sert io avia m andat,.. , f7v .

    MONTAI'BAN *4>ENNEBRLMQUEL

    NAJAC

    CORDES

  • 11 Nous il ils Consuls rendons com p le n vous messieurs lus consuls nos su c cesseurs , lequel c o m p te est dest in faire tat de toutes les recolles ou dpenses lai les sous notre administration. Nous dclarons solennellement que si nous avions failli a dcrire en plus ou en moins, ce que nous n'aurions pas port en recettes mi en dpenses, que chaque fois que faute de bon c o m p te y serait trouve, nous en soyons tenus pour responsables et qu a vous messieurs il vous plaise de nous en dclarer responsables (I 2 rCC44(l ) J .

    Avons pay aux joueurs de t rom pe, aux c o r n e m u s e u x pour la nourriture de ta Fte de Pentecte le 2 H mai (P23rCG44(2) ) . De m m e a v o n s p a y e le 2 5 j a n v i e r B , R y b i e r a p o u r p r o c d e r d e u x proclamations afin que les gens viennent la procession et qu'aucun (lulufrjisle ne dlivre du vin.. . Il MrGC4 7 ). De mme le 17 .mt avons pay pour un prsent que nous avons fait a u n frre m ineur tranger lequel pronona un sermon au monastre (f 45rCG45). De m m e avons d o n n m o n s i e u r O livier Avearn qui dt c h a n te r m e sse s du Saint E s p r i t a f in q u e Dieu p r o t g e n o t r e l i e u d e r a t t e i n t e de n o s e n n e m i s . . . (ff5rCC45). A v o n s p ay le 11 du m o is de juillet un h om m e tranger que nous avons charg de nous dbarrasser d'un ch ion mort dont on avait dit ici qu i! tait enrag . . , (Fc 15rCC 48) . De m m e avons pay le 12 du mois de d cem bre G. Lit ne h qui nous avons fait r p a r e r le pont de R o d a n z e qui s 'tait c ro u l auquel il mit trois vieilles pices. , . (lv>6rGC48). De m m e avons pay G. Garnnl pour 3 1 0 l ui les q u e nous lut a v o n s a c h e t e s p o u r c o u v r i r les c h a u g u e t t e s (fG0rCC49),

    t:ii De m m e avons pay le jour c i -dessus (15 janvier 1 3 5 0 ) a un em p loy que nous avons envoy? a minuit au sige du S n ch al afin qu'il prenne garde, car de Montpezat on nous avait Fait savoir que les enn em is se rassemblaient en grand nombre (f l l r ) , De m m e avons p ay le 2 5 v jour de fvrier un e m p l o y que nous e n v o y r e n t tes c o n s u ls de S e p tf o n d s afin que nous fassions bonn e g a r d e cor e u x avalent reu cer ta ines lettres de m o n sieu r Augier de la Barta selon lesquelles les ennem is avaient reu 20 h o m m e s d 'arm es en renfort pour venir dans ce pays,* . (I 13v). De m m e avons p a y le jour ci- dessus (19 mars 1359) un em p lo y que nous avons envoy Vaour au Sire de Salvagnac afin q u il nous fasse savoir si. au Gluzel, se faisait un grand rassemblement . . . (I l5v) . De m me avons pay le jour ci-dessus ( 2 8 m a rs 1 3 5 9 ) d e u x m e s s a g e r s de V il lef ran ch e qui v enaien t de Gascogne o les avaient envoys les consuls de Villefranche pour voir si les ennemis se rassemblaient en grand nombre et ils nous dirent qu' Caslelsagrat s 'taient bien ajouts 5 0 0 h o m m es d a r m e s . . . (f16r) . De m m e avon s pay le 1 2 M jour d'avril 1 3 5 9 un e m p l o y que nous envoyrent les consuls de Puylaroque afin que nous prenions soin de faire b o n n e g a r d e c a r les A n g la is d e v a i e n t bientt et r a p i d e m e n t prendre une localit suivant c e que leur avait dt un h o m m e sr . . . (fl 7v),

  • Rvolution dans les prnoms saint-antoninois en 1794 et 1795

    par Franoise Trnayre-Blom, membre du Conseil cf Administration

    Qu y a-t-il en un n o m ?Ce que nous nommons mser sous un tout autre nom sentirait aussi bo n ...

    Romo et Juliette de Shakespeare, (Acte 11. scne IIJ

    Le m co n te n te m e n t des F ra n a is avait cou v durant quelques annes avant d'clater dans toute sa violence dbride un 1700 avec la Rvolution du peuple contre la monarchie, les nobles et l'Eglise. La mfiance de certains meneurs intellectuels do la Rvolution envers le christianisme a en des retombes assez tonnantes pour ne pas dire exagres et un peu ridicules niais qui mon iraient quel point une partie du peuple franais rejetait jusq u 'aux symboles chrtiens des noms.

    En parcourant la liste des naissances dans les registres de l Etat Civil de 1794, quelle ne fut pas ma surprise de trouver que la femme d un cultivateur avait accouch d*un enfant qui elle et son mar avaient donn le nom de Demis Citron. Pauvre petit Demis Citron, viens manger ta soupe ! . J essaye d'imaginer ce que ce petit garon a pu dire ses parents quant il est arriv l'adolescence, handicap dun nom si bizarre*

    La lenuno d un autre citoyen de Saint-Antonin a accouch de jumeaux qui elle a donn les noms n vogue. Ecoutez bien : pour l'un HerpoIet-lMiocion et pour lautre Cumin-Milthiade, Quelle lgance, n est-ce pas ?

    C'est aussi en 1794 que Saint-Antonin Noble-Val est devenu Libre-Val. E s t-ce parce que la v i l le a d re n o n ce r son protestantisme quand Louis XIV a voulu, par la Rvocation de 1 Edi t de Nantes, un pays uni dans la religion catholique que la v i l le s 'e s t d o n n ce nouveau nom ? Qui l 'y a a u to r is , encourag ? Sans doute l'esprit de 1793. On souponne bien quelques rglements de comptes avec l histoire antrieure et peut-tre lesprit d indpendance cathare releva-t-il la tte pour quelques mois.

  • Nous voyons bien que les temps taient assez perturbs puisque le registre des mariages de 1794 noie le mariage d'un i i'] tain Georges tdams:, Cl c M l t c ur g res, r 1 e 1i r o s et d ' h t: r r I k ?s de c u i s i i te ,

    Cette priode a dur de 1794 1795 ; ce qui nest pas dit, Lest s'il y avait moyen pour les pauvres enfants dots de noms comme Persil, Cleri, Bouleau, Chne, de changer de nom, ime fois la vague anti-surperstition passe. Avec ces noms pouvez-vous deviner si l'enfant en question tait un garon ou une fille ?

    Voici une petite devinette : 11 y a 5 garons et 5 filles. Pouvez-vous les trouver 7 Bon courage !

    G eillet-Lonidas, Fougre, Muguet, Pigeon. Roquette, M yrthe-Voltaire, Orange, Pense, Valriane, H ipparchie- Bigarade,

    Archives Communales de Saint-AntoninHegistre des naissances

    1 7 9 3 - 1 7 9 4 - 1 7 9 5

    oS utbjq o .ueqo/voiprAtAI uooStc qemBnixj sep i uopq-.a| | iqq siiaJuf)

    | >irj iH i n - a i 11 l u i?t 11 i 11-| m sjii?i.u>[e/\ o o su o j 'oaan b o y o.ig^noj : j

  • Famille de meuniers devant le moulin de Roumgous(avant les inondations)

  • g) O U \21211 l t A J A O 11 S1 1111 . . .

    oL Oacutice^ a C^ai n I - ( i n l o i n n

    CI n ri ce^ '19 2 8 / 19 2 9

    par Paulette B O LIRE S-VID AIL LAC

    Le train ralentit, s'arrte, vite la portire ouverte, les bagages descendus, Pair de Saint-A ntonin nous enivre dj, nous sommes heureux de fouler cette terre, de retrouver la famille : ma cousine Jeanne nous al tend, gros baisers changs, ri res joyeux. Nous sommes sur le quai, le train repart, s'engouffre sous le tunnel, laisse derrire lui une charpe de fume blanche.

    Us la sortie de la gare, le paysage est dj beau. La route est borde de splendides platanes, en contre bas coule LAveyrou, et nous pouvons voir, quand notre regard traverse la rivire, le jardin des Moines avec ses escaliers qui descendent au boni du l'eau.

    Nous traversons le pont et nous faisons un grand arrt au Caf du Pont : ma tante Maria, la sur de Maman, et tonton Louis nous attendent : quelle joie de se retrouver ! Ici c'est la maison o tout le monde su sent bien, jeunes et vieux ; dans la cuisine ou dans la salle il y a toujours du monde.

    Pour moi cette salle est magique parfois muette, parfois pleine de voix : des tables au dessus de marbre blanc et aux pieds noirs sont rparties dans la pice, des glaces pendent aux murs, un gros pole au milieu rchauffe la pice pendant L hiver et dans le fond un grand billard attend les joueurs ; prs de la porte de la cuisine se dresse un petit comptoir o est pos un phonographe muni d'un grand pavillon.

    Le malin, aprs avoir conduit leur charrette jusqu' la petite gare de marchandises, les courtiers en foin s arrtent pour prendre un vin blanc ou un caf et changent amicalement quelques mots. Le soir quelques personnes ges viennent faire une m anille , iis consom m ent un ti l leu l ou une verveine.

  • Que nous sommes heureuses avec ma soeur de tourner autour de ces tables et de sauter sur lu terrasse ombrage par des acacias : tous ces souvenirs vivent au prsent.

    Il faut arriver ch ez grand-pre , m eu nier au B essare l , destination des vacances. La petite troupe, mon pre ma mre, ma sur et moi nous nous engageons dans les petites ruelles ; certains endroits on ne peut inarcher tous de front tellement elles sont troites, A notre arrive au Bessarel o quelques personnes parlent, passent un moment pour se distraire, des connaissances viennent au devant de nous, demandent mon pre s il est l pour quelques jours. Mais mon pre entend les meules qui tournent ; Fadeur du grain, de la farine, arrive jusqu' nous, il lui tarde d'arriver, de rentrer dans ce moulin o il a grandi et travaill toute sa jeunesse, Fp est l, il regarde ses meules de pierre ; c 'est un petit homme avec des yeux bleus, une moustache blonde ; il est vtu d une blouse blanche et coiff d'un grand bret ; il est tout heureux de retrouver une partie de la famille ; aprs avoir reu de gros pontons , avec ma sur nous allons vit mettre les mains sous la farine : elle coule, nous caresse les mains.

    Ces m eu les qui to u rn e n t , le b ru it de l 'ea u , tout est merveilleux* l.es sacs de grains sont empils, tes mesures en bois sont ranges sur une tagre, sur la bascule un sac de bl al tend d'tre pes ; des toiles d araignes servent de draperies, elles sont blanchies par la poussire de farine.

    Accompagnes de Fp nous finissons tout de mme par monter les escaliers de pierre uss par lge, sans oublier de nous arrter devant la bonde du rservoir deau ; quelques pieds de fougres poussent sur tes vieilles pierres ; quelques marches encore el nous voil arrivs ; Tonton Paul, ma tante, mes cousines trs jeunes enfants encore tout le monde esl l pour nous accueillir le plus chaleureusement possible.

    Mon pre prend souvent ses congs pour la fte et pour aider nettoyer le moulue Les meules sont leves : Papa a vtu un pantalon et un veston gris ; assis sur les meules, les jambes en tailleur, des lunettes noires sur les yeux il pique la meule : parfois des tincelles jaillissent, mais comme il est heureux, c'esl le moulin ! c'est sa jeunesse c'est Saint-Antonin !

    Souvent le matin nous sommes rveills par un grand appel Adrien ! ou bien Moulinier et quelques mots en patois se font entendre : c est un client qui arrive avec sa charrette attele soit d un buf, soit d un cheval : il porte son grain moudre.

  • La Fte, quelle fte en famille ! Des festins Dans les maisons des odeurs de poule-au-poL de civet, de gigot, de ptisseries, des repas de Gargantua, des repas trop longs pour nous les enfants. Nous prfrons aller voir les stands rangs le long de F Hpital jusquT la pharmacie ; nous regardons ceux qui vendent des jouets, des ballons qui s envolent notre grand regret, des cerceaux grelots, des paquets de surprises, des ptards qui ne plaisent pas tout le monde... Le soir la nuit, grand Mal : entre les danses, de nions! meures batailles de confettis : certaines personnes achtent des sacs do jute aux trois quarts pleins et, sans piti, elles barbouillent le visage d'amis nu de connaissances, et nous enfants nous sommes trop heureux de circuler au milieu de tout ce monde.

    Pendant ces quelques jours de vacances que de fois je parcours le chemin du moulin au caf ! Je passe devant l Htel Lu faut o Maurice exerce ses talents de cuisinier. Je monte et descends souvent la rue Droite nid habitent dos tantes et des cousins, un retrait, un charcutier, un autre boucher : une tante trs grosse qui m impressionne beaucoup par ses rondeurs. Quand je passe devant la petite boulangerie, Podeur du pain chaud est bien agrable et si nous entrons dans la boutique on peut entendre le cri-cri des grillons.

    Le chevrier ! Il faut en parler, il est pittoresque dans le pays, mais son troupeau de chvres ne parfume pas les rues ! Il traverse une parie de la ville, le pont et conduit son btail vers le rocher d'Anglars, les gens s'loignent sur son passage et se bouchent le nez

    Certains jours, de grandes roulades de tambour attirent les gens la fentre c est le tambourinaire : dune grosse voix il crie Avis la population ! . Suivent quelques instructions donnes par la Mairie.

    Pin Ibis le soir avec mes cousines jeunes filles, je fais le tour de ville ; la chaleur est tombe, il fait bon. nous partons du pont, passons devant la poste, la mairie et l'glise, chemin faisant chacune raconte sa petite histoire, c'est une journe qui se termine emplie de paix et de douceur.

    Les vacances finies, le cur gros, le train nous reprend. Moulin. Caf du Pont, petites ruelles, belles promenades, rocher d' Anglars, combien dannes ont pass ? Mais de vous je garde de trs doux souvenirs.

  • Inscrits dans la mmoire des hommes

    par Jean Spnale, M aire de Saint-Antonin

    ' /lloctttiui p m n o n r ilo rs ch la n m ise titre posthume* ele Ui ntdai/le des Justes p a n a i le s * dations >

    a. // Un (tr /Sn ne un h h eu jsse

    Alice et Armand Fraysse sont dans une modeste lombe du cimetire protestant, ils n habitent plus face au temple, dans la maison jaune o Jacques Bronstein, un petit garon recueilli par eux moins de six ans, chappa ainsi aux camps de la mort et aux fours crmatoires. Ceux o disparurent un million et demi d'enfants qui n taient pas de la bonne race.

    Ce lundi 1 0 janvier 2 01)!), Monsieur Francis lourdes, au cours dune crmonie organise par la Mairie, a reu la plus haute distinction rserve un non-juif par l'Etat d'Isral. Il a reu pour Alice et Armand Fraysse, son grand-oncle et sa grand- tante, la mdaille des [listes parmi les nations , Ites lves du collge F, Bayrou taient prsents.

    Pour ei clbration de deux Justes parmi /es Nations . je su is h e u re u x f et notre C onseil M u n ic ip a l est honor

  • cifaccueillir Madame Tamar Sainosh, Consul Gnral d Isral, Monsieur Robert Mizrahi, Prsident de l Institut Yad Vashem de Jrusalem, Monsieur le Prsident de la Communaut Juive de Montauban Jacques Levi, Monsieur Jacques Bronstein qui s est spcialement dplac de Jrusalem. Je salue galement la prsence a nos cts du Dput-Maire Roland Garrigues, du Conseiller cent ont s ! Monsieur Jean-Paul Havnal, reprsentant le Prsident du C onseil G nral , J e M adam e M arie-Rose Gineste dont on nie dit qu'elle est actuellement le seul Juste connu de notre dpartement.

    Mesd am es, Mesdemoiselles > Mes si ours,11 me semble que les circonstances ne se prtent p as aux

    banalits quand on voque la vie d'nn Juste, d'une Juste . Je suis fier que notre ville, en dpit de l'occupation allem ande, de la g e s ta p o et d e s m e n a c e s de tou s o rd r e s , a it eu la ressource d'abriter en son sein un couple d m es fortes, deux tmoins de la permanence des vraies valeurs hum aines. De ces va leu rs qu i ne dem an den t q u ' d isp a ra tre d a n s un environnement hostile. surtout quand on habite cent mtres peine de la Kom m andantur, trs prcism ent q u an d les difficults de l'heure rendent le courage ncessaire pour vivre la s im p le ju s t ic e . M a d a m e le C o n su l G n ra l d 'I s r a l , remerciez pour nous l'Etat d'Isral et la Communaut juive d a va i r i n s fit n I a d is t i n c t ion d es Ju st e s , No 11 s soin m e s honors que deux d entre eux aient vcu parmi nous , Je veux dire au ss i combien j'ap p rc ie que le temps ne soit p a s un obstacle a la reconnaissance de ce que furent Alice et Armand Fraysse et l'exemple qu'ils doivent demeurer pour nous tous. Q uand le racism e oublie ses crim es p a ss s pour tenter de renatre de ses cendres, il est des comportements admirables dont l'exemplarit incite lu rflexion. Je forme le vu qu'une plaque soit appose leur ancienne demeure, et je veux croire que les c irc o n sta n c e s s 'y p rteron t. Que la m m oire de Madame Alice Fraysse e/ Monsieur Armand Fraysse reste dans nos curs aussi vive que les jeunes vies qui furent sauves des cam p s de la m ort> tout naturellem ent, san s en fa ire une histoire, p a r sim ple am our d u ne enfance protger de la btise inventive des hommes ; protger du racisme ordinaire institu en systme de gouvernement, en misrables cortges de souffrance, de mort, d humanit perdue dans les nuits et brouillards de la raison des hommes. Et puisque nous sommes fiers qu 'un coupla de Ju ste s ait vcu p arm i n ous , fa iso n s en sem b le q u 'i l la i s s e d u rab le m e n t d e s trac e s d a n s nos consciences et nos mmoires, pour qu'aujourd'hui et demain ne ressemblent pas ce possda .

  • Mon tmoignagesu r filic e etjrmmdJraysse

    /%

    de Sainl-ln toi liip a r lt Docteur Jac

  • donnrent beaucoup de courage maman, lui promettant de m'duqur comme leur enfant* sans oublier mes origines. Ils m expliqurent qu'il fallait que je les appelle Tantine et Tonton , surnom qui allait leur rester pour le restant do leur vie*

    l ai un souvenir trs prcis de la premire nuit passe chez eux. C tait, d'aprs mes calculs, en 1943. j'avais six ans. Il faisait trs froid. Me mettant en pyjama, Tantine me dit : je tai mis un moine dans ton Ht . Je fus effray et pleurant chaudes larmes, je lui dit que je ne voulais pas dormir avec un moine. Avec un grand sourire, elle m'expliqua qu'il s'agissait d un appareil de chauffage base de braises qu'on introduisait dans le lit pour le rchauffer, A moiti rassur, j'acceptais de me coucher dans un lit dlicieusem ent chaud et accu eillan t. Tantine s'assis sur le bord du lit. me caressa doucement les cheveux, et nie dit avec une douceur anglique, que je n avais rien craindre, qu elle ferait tout pour que je me sente en famille chez eux, que je ne devais rien raconter aux enfants avec lesquels j allais tre en contact. Je devais dire qu'ils taient mes oncle et tante et c'est tout. Elle se leva, alla chercher un livre quelle me montra et me dit : tu vois, ce livre s appelle la Bible, il raconte l'histoire de ton peuple, le peuple juif. Pour nous aussi, Protestants, ce livre est Saint, car il raconte aussi l'histoire de Jsus. Tu doit tre fier dtre Juif, et nous, nous aimons les Juifs parce que Jsus tait juif . Ce fut le premier souvenir de mes origines. I) ne m a plus quitt.

    Tantine et Tonton taient des Protestants pratiquants. Le Temple tait situ une dizaine de mtres de leur maison, sur une petite place ombrage par de hauts platanes. Tous les dimanches matin, Tantine m'emmenait avec: elle a I office ; j'tais assis sagement entre Tantine et Tonton, et la fin du Service, Tantine sortait dune petite bote en fer blanc, un petit carr de chocolat que je suais avec dlice, Chaque dimanche, le mme rituel se renouvelait. Inutile de dire que pour rien au monde je n'aurais rat un office,

    Tantine devait avoir la quarantaine et Tontuu dix un quinze ans de plus. Elle tait une assez jolie femme, avec un visage dune douceur anglique. Un chignon trnait sur le sommet de sa tte et lui donnait un air de noblesse et de charme tout fait exceptionnel. Tnntori avait un physiquexTalJilto. Une casquette tait visse en permanence sur sa tte, tel point que j tais persuad quil dormait avec. Je pense quen ralit, il devait tre chauve, Une grosse moustache barrait son visage bourru. Je j aimais beaucoup, Il memmenait avec lui labourer son champ,

  • il ni apprenait pocher au bord de TAveyron, me racontait des tas d'histoires qui me passionnaient.

    Un jour, un groupe de soldats allemands, en route vers la plage au bord de la rivire, entra dans notre maison et demanda boire. Tantine s empressa de rpondre leur demande, et avec une politesse obsquieuse que je ne lui connaissais pas, les invita s'asseoir et trinquer leur sant. Lun de ces soldats, s approcha de moi et moffrit des bonbons, puis me prit dans ses bras et me soulevant au-dessus de sa tte, dit ses amis : regardez quel beau petit aryen , Je dois dire qu l'poque mes cheveux laienl d une blondeur toute germanique et c'est ce qui me sauva. Ds qu'ils eurent tourn les talons, jetant mes bonbons, je me prcipitais, trs choqu, vers Tantine, en lui 1 ' ' [111,1 ha n I d ivoii lait lmp do /.oh1 av/a: nos occupants, bien plus tard, elle raconta maman, la panique qui l'envahit partir de ce moment, Elle pleurai! lous les jours craignant que la C j e s ! a p o ne v ie n n e m e p r e o dre. C t a i I s o n a n g o s s e permanente, d autant que ses voisins lui disait qu'elle tait folle de cacher un petit Juif chez elle, et que si on venait me prendre, e l le aurait cela sur la co n sc ie n ce . Que d ira it-t-e lle mes parants : Sans parler du htU qn ils pouvaient ln* dtuiris eux aussi.

    Tantine et Tonton tinrent b o n T et pass les prem ires angoisses, dcidrent que j tais plus en scurit chez eux qu Carcassonne avec mes parents, Et c est ainsi que je passais plus d un an, jusqu la Libration, dans une ambiance chaleureuse et fam ilia le , su ivan t une sco lar it presque norm ale, dans 1 insouciance de I on lance, oubliant presque que \'avais une maman t un papa, cachs dans une autre ville, qui tremblaient nuit et jour pour moi, et avec lesquels j n avais que des crm a c l s pi sodiques.

    Puis la Libration arriva et j eus T im m ense chance de retrouver mes parents qui vinrent me chercher, afin d'essayer de reprendre une vie normale.

    Nous som mes rests en contact troit avec les Fraysse auxquels nous avons rendu visite aussi souvent que possible. Le Tonton esl mort dans les annes 70 e! j'ai eu la chance de le voir encore vivant dans une clinique de Mon tau han, o il avait t hospitalise. Nous avons fait venir Tantine Paris, afin qu'elle fasse connaissance avec mes deux premires filles. Une fois installs en Isral, nous lui avons propos de lui envoyer un billet pour venir nous voir, mais elle n'a pas eu le courage de faire ce voyage. Il faut dire qu'un dehors de son voyage Paris, elle ne s'tait jamais loigne de la rgion.

  • Nous avons conserv une relation pistoiaire suivie, mais plus les annes passaient, moins nous avions de rponses. Je tlphonais donc la mairie de Saint-Antonin o Ton m apprit que Tantine sjournait dans une maison do retraite, mais quelle avait perdu la tte , selon les termes de la secrtaire.

    J'ai donc dcid qu' l'occasion d'un prochain voyage on France, je ferai le voyage jusquau village pour la revoir. C'est ce que j ai fait, en compagnie de mon pouse, en mai 1997, Arriv sur place, j'ai appris avec tristesse, qu'elle tait dcde depuis un an et demi. J'ai dmm: re. hrn li des m e m b re s de sa famille et ai retrouv une nice trs ge qui n a pu nous recevoir cause de son tat de sant, mais qui nous a adress son lls, Francis lourdes, Il nous a accueilli avec beaucoup dmotion et de chaleur* Sa mre se souvenait trs bien de moi et m a racont au tlphone des tas d'anecdotes datant de mon, sjour chez les Fraysse.

    En arrivant au village, j'ai retrouv trs facilement la maison de Tant i ne. Sur un ban c, face au Tem ple Protestant, j'ai rencontr deux anciens du village, qui connaissaient Tantine et qui m ont confirm sa mort. J'ai emmen ma femme dans une longue promenade sur les bords de FAveyron, retrouvant avec une motion mal contenue, les endroits o je me baignais el pchais avec Tonton. Puis revenant sur nos pas, une vieille dame nous aborde devant la maison de Tantine et me demande directem ent : Vous n tes pas Jacky ? . Je lui rpondis stupfait : Comment le savez-vous ? . Et de m'expliquer que parlant aux deux petits vieux cpu j'avais racont mon histoire, elle s tail dout quil s agissait du petit garon cach pendant la guerre chez les Fraysse. Elle vivait depuis toujours en face de leur maison, se souvenait do moi trs prcisment et cela dautant plus, qu'elle partageait avec Tantine ia lecture des lettres que nous lui crivions. Elle savait ainsi avec beaucoup de prcision, l'histoire complte de notre famille, notre monte en Isral, le nom de mes enfants, ainsi que beaucoup dautres dtails. Il s agit de Madame Yvette Boissire*

    Je compte organiser sur place Saint-Antonin, nue grande crmonie de commmoration el de souvenir avec l aide du m aire et des au to rits lo ca les , pour faire co n n a tre aux gnrations actuelles, la grandeur et le courage dun couple de Justes parmi les Nations. Que leur mmoire soit bnie*

  • p a r ( t a u d e j la r m e U< ,

    Trois ans a p rs h's P iqus d e TAigle j'ai crit une nouvelle. A lice , qu e le Bulletin des A m is p u b lia en 1986 ; le texte qu i suit est un extrait p e in e rem an i d e cette nouvelle.

    Son titre m m e ta it un a v eu d e la m in c e u r d'une fiction d e c ircon stan ce fie fils d'un rpu blica in esp ag n o l fait la rencontre, dan s un train entre Paris et Gaussa de, d'une in connue dont la valise vient d e c h u t e r au m i l i e u du c o m p a r t im e n t ) d o n t j ' a i g o m m ic i le ch em in em en t n arratif qu i con d u isa it le lecteu r ressen tie ! : soit !a rencontre d'Alice,

    R e lisan t a p r s tant d a n n e s c e texte, j e c o m p r e n d s tjtie j a i s im p lem en t c h e r c h , et j e l'espre russi, fa ire en ten d re et a im er A lice Fraysse d an s la m u siqu e m m e d e sa voix ( la fo is jouet te et grave, ch an tan te et ex igeante, in o u b lia b le , a im an te, ce lle d une b e lle personne}. Ha i son p ou r laq u e lle je red on n e ici leurs p rn om s et leurs topon vm es vritables aux p erson n es ! A rm and r Jacqu es) et aux lieux (Saint-Antonin,, J , c its dans le texte et qu'elle a a im s.

    Merci Ja c q u es Bronstein et tous ceu x qui ont perm is q u e l le Soit a cc u e i l l ie au sein d e ce tte com m u n au t ex em p la ire des ju stes p arm i les m itions afin qu e su voix p a r le , lon gtem ps en core et con tre les fo r c e s d e T oubli, a nos c u rs et nos im aginations.

    Le spectacle du compartiment dont Michel ouvrit la porte Ht d'abord monter en lui un irrpressible fou rire. Tout indiquait que le flux et le reflux d'une mare dquinoxe taient passs par la. Les banquettes el le sol taient recouverts d une fine couche de sable blanc nacr et des centaines de coquillages gisaient l dans le plus grand dsordre. Au milieu de cette plage improvise, et quelque peu saugrenue en ce lieu il la vit sans dabord apercevoir son visage. A quatre pattes sur le sol, elle ramassail les coquillages dont elle remplissait une norme valise noire pose sur un des siges. Sentant une prsence elle se retourna :

    Oh ! Excusez-moi - lui dit-elle en riant - cette satane valise m'a lche an plus mauvais moment.

    - Ce n'est rien, ce n'est rien, bredouilla Michel entre deux accs fie fou rire, [e vais vous aider. Et riant de concert, ils achevrent de remplir la valise que Michel aida remettre dans le filet. Elle pousseta les siges et constatant le crissement du sable sous leurs pieds, s 'e x cu sa de ne pouvoir en faire dava ni ge.

  • - Vous comprenez, je n ai malheureusement pas pris de balai dans mes bagages

    ils s assirent on vis--vis ct fentre, Intimid, i! 3a regarda d'abord dans le reflet de la vitro. Le gris souris d une chevelure qui semblait une crinire de majest suggrait qu'elle avait dpass la soixantaine. Mais ollo paraissait hors dge tant elle avait gard d'enfance dans la vivacit malicieuse de son regard. Larchitecture des rides de son visage rvlait aussi que c tait quelqu'un qui aimait rire et ne connaissait pas le ressentiment. Elle parlait maintenant a un pigeon qui, sur te quai, se rgalait dun reste de sandwich abandonn par un voyageur.

    - Petit, polit. Oh ! Comme il est mignon Et com m e, visiblem ent, le pigeon n avait cure do son

    attention, dpite, elle dit ;- Ah ! Mais ils nous embtent avec ces fentres qu'on ne

    peut plus ouvrir !Elle croisa le regard de Michel dans la vitre et elle lui tendit

    sans plus al tendre une main doucement potele.- Merci de m avoir aide ! Aprs cet le entre en matire,

    nous nallons pas nous faire des ch ichis , n 'est-ce-pas ? je m'appelle Alice. Et vous, c'est comment votre petit nom ?

    Michel lui dit son nom et combien il trouvait plaisant qu elle ait dploy cette plage sous leurs pieds et parfum ce compartiment d 'effluves marines, Alice sourt,

    - a doit vous p ara tre un peu fou ce t te v a lise de coquillages*,. Je vais vous montrer ce que j en fais. ES elle chercha quelque chose dans son sac qu'elle tendit Michel. Ctait un roudoudou comme il en avait souvent achet, dans son enfance, sur le chemin de l'cole. Une petite boutique qui embaumait le rglisse et la guimauve lui revint en mmoire. Des annes durant, il avait achet l des friandises mais aussi lencre violette, les plumes Sergent Major, les buvards moelleux, les cahiers lignes, les ptards du Quatorze Juillet, le poil gratter des jours de complot, les cigarettes en chocolat, les sifflets roulette en sucre rouge le chewing gomme bulles, et toutes ces choses sans quoi le chemin de lcole neut t qu'un long pen sum , [.e roudoudou d A lice tait parfum la framboise et, sur la face externe du coquillage, une miniature aux tons pastels reprsentait un port.

    - C'est trs joli, dit Michel. Vous les faites toujours la framboise ?

    - Et bien, a dpend des armes. Quelquefois c'est aux mures ou aux figues, d'autres fois aux coings ou aux baies de

  • sureaux. Je fais cela pour les enfants de mon village et je peins ces petites choses, la, d'aprs les cartes postales que je reois des quatre coins du monde*

    Elle sortit quelques cartes postales de son sac, en choisit urne, et la lendit a Michel en l'invitant la lire, Elle reprsentait une palmeraie dans nu dsert.

    Voyez, celle-l, c est Jacques qui vient de me l'envoyer. |e lai lev pendant presque deux ans quand il tait loul peliL Il est mdecin lafa aujourd'hui mais il ne passe gure de semaine sans menvoyer un petit moL

    D'autres photos sortirent du sac. Les enfants de Jacques sur une plage, les enfants de Ja cq u e s sou fflant un gteau d'anniversaire, lacques quinze mois sur un oreiller en tenue dAdam. Luis des cartes de la France entire, de Berlin, de B elg iqu e, de H ollande, d 'E sp ag n e , d Italie fit? Sy rie . d'Angleterre, de Tahiti, tic? lle de Pques, de Colombie. Toutes n taient pas de Jacques mais loul es parlaient le langage du cur dans un franais souvent m t i s s e , truculent et savoureux. Certaines taient adresses Alice, d autres Tantine .

    Tantine , interrogea Michel, c'est vous ? Oui, dit-elle, on m appelait souvent Tantine* on MrAub.

    Cela il du temps de l'A.J.* l'Auberge de Jeunesse, quoi. Je me suis occupe de celle d Saint-Antonin pendant prs de trente ans et il est pass l des milliers de jeunes de tous les pays. Vous savez, il y en a encore qui mcrivent Tantine, Saint- Aniuin . El le plus tonnant c est que ces lettres m'arrivent. Parfois aussi ils viennent me voir. Le mois dernier, tenez, un monsieur, bien mis, qui devait bien avoir la soixantaine. 11 frappe et il me dit : Bonjour Alice, lu ne me reconnais pas ? . Je lui dis : Je vois bien que tu es un ajiste puisque lu me tutoies mais le reconnatre, non . Alors il dt : Je suis Andr, de Lige, rappelle-toi, j'tais pass avec Lulu et Gaby . Mon Dieu, je dis, niais oui, je te remets. Et on s esl embrasss, et on sort les photos, et on les regarde... Il tait venu en trente-neuf, il avait vingt ans, alors tu vois le r e c o n n a t r e !

    M ich el a c c u e i l l i t ce p rem ier tu to iem ent com m e l adoubement courtois une socit fraternelle. Tel un film dont le projectionniste aurait invers les bobines, la vie d Alice surgissait au rythme des photos donnes ut reprises. En noir et blanc brillant de petits tirages corns ou en spia vir 1 ocre jaune des papiers au citrate le kalidoscope des images donnait voir les mille facettes d une mmoire tour tour grave et joyeuse. Des groupes d adolescents rieurs serraient Alice de prs pour tenir dans le cadre. Sur la chausse dune rivire, un

  • groupe chantait, 1 soir venu, autour d'un guitariste et dun feu de bois, Autour d'une immense table, ou chacun s affairait h la cuisine un la pluche, un groupe posait dans une mise en scne cocasse et carnavalesque, De jeunes hommes tenant Alice bras- dessus bras-dessous, marchaient sur les routes empierres dos causses. D'autres s battaient dans une rivire, escaladaient des rochers, couraient aprs un dindon, apprivoisaient un ne attel une charrette, Puis des photos de fianailles de visages dj aperus, puis les mmes avec deux bambins.

    - Cette auberge, c elait une vrai agence; matrimoniale ! dit Alice en riant.

    Un jeune boxeur avait envoy une photo prise sur un ring, ran, un jour de victoire* Fier comme Art a ban il avait pos poing lev au ct de F arbitre. Et sur la photo, il avait dessin sur sa poitrine, tel un tatouage, un cur perc d'une flche autour duquel il avait crit : A Alice pour la vie . Un visage attira l attention de Michel. l en scruta les dtails puis retourna la p h o t o dans l'attente d'une annotation, d un nom, cm d une date. Il ferma une instant les yeux puis demanda Alice si elle se souvenait de ce type, l, qui lui tenait la main, Alice lui dit que non, puis, se ravisant :

    - C'est peut-tre Georges, un ouvrier de l'Aropostale Toulouse. Je ne suis pas sre.

    D 'autres photos surgirenl v o ca tr ice s de temps plus tragiques. Des rfugis espagnols, les b a l l u c h o n s et les pauvres bardes de la dfaite. Fiers dans leur dtresse, beaucoup Ien!aient de sourire au photographe. Et, toujours, Alice au milieu d eux. Fuis des trains dans une petite gare. Trains de vacances et trains de la dbcle o se m laient c iv ils et militaires aux visages hallucins cl recrus de fatigue.

    - En juin quarante, il nous est arriv lout un train de Belges, Alors beaucoup sont venus l'auberge. Je me rappelle encore u n e d a n i e a vec qui je suis de v e j i 11 e v r a i m en t a mie. E li e s appelait Jeanne-Catherine, c/est un bien joli nom. Je me souviens leur avoir dit : Mais vous parlez franais , Et firem ent, ils m ont rpondu : Ah mais, nous som m es wallons, Madame ! .

    Et Alice racontait. En trente-cinq, elle avait achet avec son mari un grand moulin, au bord de l'Aveyron, pour exploiter le saille dans le 3il de la rivire. Armand avait fait fabriquer une belle drague et s tait mis au travail. Mais ce moulin tail bien trop grand,

    - Nous flottions l-dedans comme deux pauvres hres, disait Alice.

  • En trente-six, elle avait entendu parler ci es Auberges de Jeunesse. Elle avait crit a Monsieur Bium qui venait de gagner les lections. Puis, trs vite, taient venus les premiers congs pays et les jeunes avaient afflu de Toulouse, de Montauban, du Nord.

    Beaucoup de mineurs ! Je me rappelle, une fois, on avait voulu leur faire visiter les grottes. Ah non ! avaient-ils prolest, les grottes, a va comme a, on a dj donn

    El puis des jeunes venus de toute lEurope. Mme des Allemands, beaucoup d*Allemands Qu'est-ce

    qu'ils taient sympathiques ces grands bougres, Vraiment, on n'aurait pas pu deviner

    Puis l'Auberge avait accueilli les rfugis de toutes les dbcles : rpublicains espagnols, soldats en droute, civils fuyant le naufrage de lEurope.

    Pendant l occupation, nous avons fait une colonie de vacances pour les enfants affams des villes. On nous les envoyait de Montauban, on les retapait un petit peu. Pendant tes rafles, aussi, je voyais arriver les petits enfants des familles juives qui se cachaient dans le coin, C'est vous Tantine ? On nous a dit de venir l Auberge, c est la rafle . Alors on les mettait deux ou trois par lil, comme des petits poucets. Plus tard, j en ai gard plusieurs que les familles mont laisss pour ne pas leur faire courir les risques de la fuite : Si nous nen rchappons pas, ils sont vous, disaient-ils , C'tait un temps de barbarie, De l'amour d'Armand, jamais Alice n'avait pu avoir d'enfant.

    Mais je ne manque pas d'enfants et de pels-eniants depar le monde, disait-elle avec un beau sourire.

    Une fois la paix revenue, e l le en avait encore lev plusieurs, qui taient eu dtresse de familles dchires. Puis il avait fallu agrandir l Auberge. Sur les photos, Alice riail maintenant au milieu de groupes o les filles portaient des jupes phi s courtes et les garons des bananes gomma.

    Alice s'tait endormie, Michel lut son journal, regarda une fois encore les photos et sombra bientt son tour dans le som m eil. Ils furent rveills un peu avant Caliors par le contrleur.

    Je vois, dt-il en plaisantant, que le marchand de sable estpass 1

    Alors que le train quittait la gare de Cahors. Alice dit qu'elle descendrait la prochaine gare. Le train parcourait maintenant les dernires valles du causse avant la plaine. Dj lautomne

  • flamboyait d or et de pourpre dans les vignes et les peupliers. Michel pensa sans regrets qu'il navait pas vu le paysage depuis Paris- Alice dit que le vin serait exceptionnel celte anne et, Lalbenque, elle montra la route par laquelle elle tait souvent venue, n motocyclette avec Armand pour vendre des truffes au march, Michel Paida passer son manteau el porta la valise aux coquillages la porte du wagon, Ils se dirent le plaisir qu'ils avaient eu se connatre ett peut-tre, a une autre fois. Alice resta un moment sur le quai saluer ce visage qui s'loignait et disparut bientt dans une courbure de la ligne. Elle pensa que ce visage lui avait demble rappel quelquun. Mais qui ?

    Arriv en gare de Toulouse, Michel chercha une cabine tlphonique et il eut, avec une voix lointaine, une conversation anime. Puis il se dirigea vers Le buffet o il crivit celte lettre.

    Chre Alicetfe vendrais tout d 'abord vous rrm rn ier pour ce voyage

    dlicieux que nous avons fait aujourd'hui, ht vous dire l'envie que j'ai eu, Caussade, c le descendre du train pour faire encore un petit bout de chemin avec vous. Vous vous souviendrez sans doute du trouble qui s'est em par de moi quand fe vous ai demand si vous vous souveniez du nom de ce jeune homme que vous teniez p ar le hais, sur une de ces photos que vous m'avez montres. Et bien fe viens de tlphoner ma mre, et il n y a plus de doute possible. Cet homme, c'est Pedro Bubon (c est celui qui tient la bride d'un cheval), et c est mon pre. fc ne vous ai rien dit d*abord de mon moi car j 'a i cru une hallucination, fe ne savais rien de cet pisode de sa vie ni d'un sjour Saint-Antonin. Ses traits, mmef me sont peu familiers car nous n'avons que trois photographies de t pour la priode qui court de son passage des Pyrnes sa mort, Dachau, en 1045. Ma mre se souvient trs bien Pavoir entendu raconter son sjour dans votre Auberge dont il disait que c tait un des m eilleurs souven irs de sa vie . Ma mre souhaiterait vous recevoir ci Barcelone o elle est retourne Pan p ass Quant m oi, je p a s s e r a i vous voir S a in t-An tan in la se m a in e prochaine, fe vous aime\ Michel.

  • Sauvegarde des murets de pierres sches

    par Michel f errer

    ajjis, sur les causses, le ncessaire pierrage des sols avant tout travail de la terre a facilit la construction de murets en pierres sches, utiliss pour clturer les champs, parquer les btes ou limiter les chemins et

    les proprits*Autour de Saint-Antonin o la pierre abonde, il n'est pas un

    endroit on 1 on ne rencontre ce genre de clture ou de limite. Il est celles qui ont souffert du temps et sont creves de brches, et celles dont une partie a t volontairement rase sur quelques mtres, afin d'ouvrir un passage aux engins d'aujourd'hui.

    A m asses san s l ian t, les p ierres se m b le n t avoir t disposes de faon alatoire. Pourtant, en y regardant bien, d'aucuns voient qu elles ont t choisies, disposes el places aux mieux, ce qui explique la prennit de ces murets tout gris, mouchets de lichen sombre. Cela rvle le sens de lquilibre et Pari de l 'assemblage des paysans des bergers ou des bouviers le plus souvent - qui patiemment les dressrent.

    Entre Raynal et Ta mm, en bordure de l 'ancienne route qui menait les diligences de Saint-Antonin Puylaroque, il s lve de hauts murets qui attirent notre a tten tio n , voire nous tonnent, tant par leur agencement que par leur conservation.

    Cr ce Monsieur Delab.il te, actuel propritaire de s divers parcs qui en cet endroit jouxtent la route, ces murets qui ont eu le bonheur de rsister aux effets destructeurs du temps ont aujourd'hui la chance dtre panss l o ils commenaient montrer des signes de fatigue, sinon un dbut de ruine.

    C'est ainsi que lon dcouvre, courant sur des centaines et des centaines de mtres, des murets en parfait tat o, par-ci par-l, l'on distingue des rapiages trahis par la pierre blanche et rouge, la pierre nouvelle qui vient s'insrer dans l ouvrage ancien e! qui fait comme une tache au milieu de la grisa i 1 le u n i forme.

  • Merci vous, Monsieur Delahitte, pour celle contribution la sauvegarde d'une partie de noire patrimoine* Car ces murets, cela est incontestable, participent au patrimoine culturel de notre rgion.

    Je suis heureux de savoir que pour cet effort, o l'on devine tout l 'arnour que vous portez notre terroir, la Socit des Amis du Vieux S a in t-A n to n in ait d cid de vous m arquer sa reconnaissance en faisant do vous le rcip iendaire de la mdaille du patrimoine de la ville de Saint-Antonin.

  • Souterrain-refuge du Martinetpar Antoine Cjalan

    f*autorise la Socit des Amis du Vieux Saint-Antonin publier dans son bulletin mon tude sur le Souterrain-refuge du Martinet si elle estime qu'elle peut intresser ses lecteurs. Elle peut, de toute faon , la conserver dans ses archives.

    A Puylagarde. In 2 fvrier 2000 A n t o in e Galon

    N o u s r e m e r c i o n s v i v o m o n t l ' a b b A n t o i n e L a Lan do c e t t e autorisation et invitons nos loctOUTS co n su l te r les anciens bulletins dan s lesquels r au tour publia p l u s ie u rs a r t ic les nn sp l o g ie (1948, 1947, 1956) et prhistoire (1955, 1959).

    S i t u a t i o n

    Valide de la Bonnette, rive droite. Lien-dit le Martinet. Prs du confluent du ruisseau de la Gourgue ou de Saint-SuIpce avec la Bonnette. Entre le pont de la D 19 et la Bon nette, rive gauche du ruisseau de la Gourgue. Coordonnes Lamherl 111 : x = 553,160 ; y = 208,850 ; z =* 145 m.

    D e s c r i p t i o n

    S a l le : Par une ouverture troite, de la grosseur du corps, on p n tre d ans une c a v it de 7 m tres sur 10 m tres , probablement naturelle (salle 1 du plan). Eu 1952, elle avait deux autres ouvertures encore plus petites, au niveau du sol. Les dpts alluvionnaires du ruisseau qui inonde souvent La cavit les ont bouches et ont lev le sol de la salle de prs d'un mtre.

  • SaUe 2 : En creusant un trou dans le sol de cette cavit, on trouve rouverture du souterrain artificiel. Aprs dsobstruction, une chatire introduit dans un espace de 2.30 mtres do largo niais seulem ent 0 , 0 5 mtre de haut, La salle est presque comble par les al lovions. On se dirige vers le MO. Plafond on vote surbaisse d'o pend une fine dentelle minrale dun blanc crmeux, Peut-tre des radicelles gaines de calcite. Chemine ; A un mtre de la chatire et 0.7 mtre de la paroi gauche, s'ouvre au plafond un conduit d'aration conique denviron quatre mtres de haut. A sa base* il a 0*6 mtre de diamtre. A 1,30 uitre au-dessus du plafond de la salle, l/intrieur de cette chemine est revtu de moellons de pierre compacte et non de tuf* la matire de la roche encaissante. Ils sont disposs en bel appareil soign. Au niveau de ce paremenb le diamtre intrieur est encore de 0.50 mtre. Ce travail n'o pu tre effectu que de i extrieur. Aprs achvem ent, cette superstructure a sans doute t masque avec des pierres et de la terre pour ne pas attirer lattention. Louverture suprieure tait aussi cache aux regards et ne laissait passer que lair et la fume.

    G alerie /ra/srersale : A 4,40 mtres de lentre dans la salle 2 , on dbouche dans un couloir.A gaucho, vers 24(f : on suit une galerie de 1 , 1 0 mtre delargeur moyenne et I 10 mtre de hauteur. Plafond en vote peu j i rc Moncf - A 3 . 7 0 m h es . la g a l e r i e se t e r m i n e e n t :u l-c -SHt A d ro it e , v ers 1 5 " le couloir a 1,10 mtre de large et autan! de haut, A 1,10 mtre, la vote esl creuse dune rainure de 1.30 mtre de longueur pntrant de 0 , 2 0 m tre dans la paroi. Elle tait sans doute destine recevoir un panneau de fermeture. Puis le couloir se rtrcit mais la hauteur atteint 2.20 mtres. Le sol est en pente montante, inclin vers la gauche et creus dune rigole due au ruissellement [photo n 3).A 5,30 mtres, le couloir qui na plus que 0 . 7 5 mtre de large aboutit la salle 3.

    Sa lle 3 : Elle a 2 , 0 0 mtres dans le sens de L arrive, 2,75 mtres de large et 2,40 mtres de haut. La vote et les parois ont gard les traces de loutil qui a servi au creusement,Bassin : A 1.30 mtre do rentre fie cette salle se trouve une dpression de 1.30 mtre de long, 0,80 mtre de large et ,G0 mtre de profondeur. Ce bassin servait peut-tre a recevoir les eaux qui suintaient des parois mais il pouvait avoir bien dautres usages : silo, foyer, fosse ordures...Feuillure : une feuillure large de 0.15 0*25 mtre et profonde de 0,25 mtre encadre l entre {photo n 3). Un systme de fermeture s v encastrait. Ce n tait pas une porte, il n'v a pas

  • trace de gonds. On peut penser un panneau de planches paisses ou de madriers solidement assembls. Il tait maintenu dans la feuillure par une barre de sret, mie poutrelle de bois d i s p o s e transversalement, du ct de la s a l l e , Des trous barriers dans la paroi maintenaient la barre bloque contre le vantail. Le trou de gauche, en entrant, grossirement carr, a 12 cm de ct. Son centre est 0,31 mtre sous la vote. Celui de droite, situ au mme niveau, est brch. Cassure naturelle OU brisure sous lu pression dassaillants VPoste d 'clairage : sur la paroi gauche de cette salle, 1.40 mtre du sol et 0,30 mtre de l'angle de la pice, une petite niche a t creuse. Elle a 1 0 cm de large, 13 cm de profondeur et 40 cm de hauteur. Au-dessus, des traces de fume, sur une longueur de 0,70 mtre, prouvent quon plaait l une lampe ou une torche. On a trouv dans certains souterrains dos restes d torches faites d'une bchette de pin sylvestre.

    G ai tarie terminale : De l'angle N E de la salle 3, part, vers 80, une galerie de 0,90 mtre de large. 1,60 mtres de haut et 5 mtre de long [photo rt i). Sol en pente montante. Dnivel de 0,50 mtre sur une distance de 5 mtres. Plafond en vote. Paroi terminale en arrondi.Conduits

  • P h o to n l G aler ie t e r m i n a l e

    Photo n 2 Trous daration dans la galerie terminale

  • Photo n3 Feuillure pour fermeture dans la salie 3

    Photo iD4 - Concrtions

  • Les parois el le plafond du souterrain ont bien conserv les traces de l "outil utilis par le mineur. C tait un pioohon a manche ncessairement court pour pouvoir tre mani dans les endroits exigus, 11 avait une panne lgrement courbe, tranchant ructiligne de 5,3 cm de long d aprs les traces. A l'oppos de cette panne, se trouvait probablement un pic pour e n l e v e r t ins c;ni l les d e roche par percussion. n peut aussi penser qu'au lieu d'un pic: ce [lioclusn avait un marteau c o m m e les ont ils reprsents sur des tombes romaines. Mais il faut bien reconnatre qu'un marteau serait moins adapt qu'un pic un travail de creusem ent ! n a certa inem ent com m enc le creusement par l'entre actuelle car il n'y a aucun passage bouch dans le reste de l'ouvrage. La partie infrieure de la chemine a probablement t creuse La lois de L intrieur el de 1 extrieur. La partie btie n'a pu tre construite que de l'extrieur. L ouvrage t ensuite cach par un amoncellement de pierres et de ferre pour chapper aux regards. Les trous d'aration, au bout du souterrain, ont sans doute t fors Laide d'une longue poutrelle de bois arme son extrmit d une pice mtallique tranchante. On procdait par rotation en exerant une forte pression sur la perche.

    R oche E n c a is s a n t e

    Ce souterrain est creus dans le tuf. C'est une roche poreuse plus lgre que le calcaire compact. Elle se forme dans le lit des ri viens par dpts de carbonate de calcium sur les vgtaux, les graines, mousses et lichens ainsi que sur les carapaces animales et tout ce qui se trouve dans le courant. La dcomposition des matires organiques et les interstices entre les divers lments crent des cavits qui donnent ce matriau l'aspect d'une ponge. Le tuf est facile h tailler et ses vacuoles lui donnent d'excellentes qualits d'isolation. Sa lgret a fait de cette roche le matriau prfr pour les votes des caves et des cryptes, les colombages et les manteaux de chemine. Cest une roche idale pour creuser des souterrains. La petite plaine du Martinet l ouest de la D 10, entre le ruisseau de la Gourgue, la route el le versant du plateau repose sur un substrat de tuf de plusieurs mtres d paisseur. La galerie souterraine dcouverte en 1990 prs de Cante Louve est creuse entirement dans ces dpts. Il en est de mme pour le souterrain du cirque de Guy lus. ceux de Saint Pierre-Livron et les cavits amnages de SaoL

  • A QUOI SERVAIENT CES SOUTERRAINS ?Des tudes qu i ont t faites sur lus souterrains de France, il

    ressort que ces monuments ont en des utilisations diverses : Tombeaux l'poque du Nolithique Caches, refuges, greniers et silos aux poques postrieures Resserre, annexe d'un habitat de surface

    Refuges en priode d'inscurit tout au long de l'histoire C ach es en p riod e de p e rs cu t io n re l ig ie u se (ca th ares ,

    protestants, prtres rfractaires.. J Parfois lieux de cultes sotriques ou interdits

    D a t a t io n

    On n*a trouve, i ina connaissance, aucun objet dans ce souterrain. Mais il y a d'importants dpts et il est possible qu'il y ait des objets enfouis sous les aliuvons. Il va de soi qu'un objet datai le recueilli dans un souterrain n implique pas que le creusement du souterrain soit contemporain de T objet. Cela prouve seulement qu'il a t utilis cette poque. Encore faut- il tre prudent. Un objet anc ien, une hche polie nolithique [Kir e x e m p le , a pu tre ap p ort au M oyen Age dans un souterrain datant de l'poque gallo-romaine.

    L'usage des souterrains est universel et leur creusement a pu s 'e f fe c tu e r d ep u is le N o lith iq u e ju sq u 'a u XV II" s i c le . Lorsqu'un souterrain est rest a c c e s s i b l e , il a, par la suite, t r u t i l is ch aq u e fois que les gens qui c o n n a issa ie n t son existence par tradition en avaient besoin. Parfois il a t modifi ou agrandi a des dates trs lo ig n es de l 'p o q u e de son creusement. Sur ces 4 ou 5000 ans d'occupation spomdique de ces galeries et cham bres hypoges, il y a des priodes o, semble-t-il, on les a creuses en plus grand nombre. Ce sont les priodes ilinscurit ou il tait indispensable pour survivre de cacher l'ennemi les personnes et les biens.

    Ainsi beaucoup de souterrains ont t creuss 1 Age du Fer. au moment des grandes invasions qui marqurent la fin de l'Empire romain et au Moyen Age entre le VI3I et le XV sicle. En l'absence d'objets, de poteries, de monnaies, de signes et d'inscriptions, seuls le plan du souterrain, ses amnagements et sa technique de creusement peuvent apporter des indices pour proposer une date. Pour le souterrain du Martinet, l'poque nolithique est exclue par l'utilisation d'un outil en 1er, Mais aprs l'apparition du fer, un lui outil est sans doute rest peu

  • t - fosse

    f - poste d dairage

    g - feuillures

    PLAN

    b - gterie transversale Coupe de la galerie terminale son ritrinit

    ECHELLE . 1 .

    a - chatire t!1 accs

    Salle 1 f a vite natii relie

    Souterrain-refuge du Martinet Sa i n t-Anton i n Ni ib 1 e-Va 1

    (Tarn-et-( baronne)

  • prs le mme pendant 2000 ans pour la bonne raison que ses formes sont imposes par la spcificit de son usage. Aussi ne pexil il nous aider pour fixer une date. Le souterrain du Martinet est de dimensions modestes, son plan est simple, sans chicanes ni fausses pistes. Cela pourrait plaider pour son antiquit car les souterrains tardifs ont souvent de nombreuses salles et un plan compliqu. Les amnagements du souterrain du Martinet nous renseignent sur l usage qu on en a fait. Il a t creus pour pouvoir v sjourner : chemine et trous daration, fosse, niche pour l'clairage. Ce n'est pas une galerie de fuite puisqu'il n y a q u 'u n e o u v e r tu re . Il s agit b ien d 'u n re fu g e c o m m e en tmoignent une rainure d a n s lo couloir pour une premire I ) a rr i b re et la \ a r g e le ui 11 ure l entre de la sali e 3 \ i o u r barricader l'espace de vie.

    ha p r io d e p en d a n t la q u e l le le so u te rra in -re fu g e du Martinet a pu tre creus s'tend de l'poque gauloise la fin du Moyen-Age. 1.1 y a dans Le dpartement des souterrains datant du Nolithique, d'autres du Gallo-Romain, dautres encore du Moyen-Age, Dans le Limousin, la plupart des souterrains sont dats par des matriaux et des documents divers du X* au XIh sicle. En l absence d lments probants nous restons donc dans l'incertitude. Toute attribution une poque prcise relverait d'un choix personnel plutt que d une dduction appuye sur des arguments scientifiques. Nous ne savons pas si ce souterrain est encore intact ou s'il a t dtruit par de rcents travaux effectus avec du matriel lourd dans le lit du ruisseau. S'il a chapp h la ruine, son ancienne ouverture, situe plusieurs mtres sous terre, est actuellement obstrue. Lent-tre cette difficult d accs protgera longtemps encore ce monument qui fut le tmoin des pisodes malheureux de notre histoire.

    BIBLIOGRAPHIE :Adrien Blanc he : Les souterrains-refuges de la France Picard Paris - 1 9 2 3

    Albert Gavai li :

  • L o u r e p e t i t Extrait d e Une an ne , I960

    p a r P ie r re B ay ro u ,Avec l'aimable autorisation de Suzanne B

  • J W V O V C 1 6 1 C

  • / r v t e

    (T X a.cU .U i trti : t \ i /1- lT O f% tv t* c J .7

    Poussant sa brouette grinante Cliargue de linge a rincer

    M 1 i n u te . c x i i i rage use 1 u van c I i ret Va travailler chaque matin*

    Elle fait un travail bien pnible.Surtout quand l'hiver est l,

    Quand le froid vous prend les tripes Que 1 ongle vous met au bord rie l'vanouissement.

    Mais Mlinote jamais ne s'arrte Car la maison, trois petits enfants

    Attendent sa paie*.* modeste Qui rend leur vie plus heureuse

    Certains disent que tu es colreuse,Bu Lee, mais moi je sais bien

    Que le malheur de la vie est un mal qui ne pardonne pas.

    On dit que tu as mauvais caractre,(En cela peut-tre, nous nous ressemblons beaucoup !)

    Mais dans la peine ou la difficult A quelle porte ira-t-on frapper

    Chez Mlinote, ma maman*

  • m &/ ti Li C-i \

    D n'ras pas plan bl gaire mai qu'un mainatge E tota la lia vida la talha te manqut !

    Ms avis reaubut per ton sol erilatge Lo cnr pus amists que jamais se trobL

    Navias pas tr6p d argent per orompar mas pnpias Ni mai d amusament que m'agradava plan,

    Ms lardu lai sa son un panier de cirias do f nichas plan Irescas un raml plan ilocat,

    Ainiavi plan tanben escotar las istnrias quai que t;6p un conte dins nstre lenga fine;,

    Per stre prs de tu tiravi ma cadira,A ! mon Dieu qu'ruin plan, l ivrn al pu del l u n e !

    Partigures un jorn per a quel grand v oblige [ fn voatge tan bel (pie degun nes tornal

    E dempui aquel temps ion languissi En plorant emhrai ton imatge

    Es plan lo primir cp que me consolas pas.

  • * l*1- 4- C- 4-5U #% + A i / 1 i li t H *_- t il 3 /

    Oh ! Tu n'tais pas trs grand gure plus quun enfantEt toute ta vie tu es rest peti! !

    Mais tu avais reu pour seul hritage Le cur le plus aimant qui jamais existt*

    Tu n'avais gure d'argent pour acheter mes poupes Ni d'autres jouets qui me plaisaient beaucoup

    Mais selon la saison un panier fie cerises Ou de fruits bien frais, un rameau bien Henri,

    J'aimais tant aussi couter tes histoires Ou parfois un conte dans notre langue TOc,Pour tre prs de toi j'approchais ma chaise*

    Ah ! Mon Dieu qu'on tait bien ! hiver au coin du feu !

    Tu es parti un jour pour ce grand voyage Un voyage si long que personne iTen est revenu

    Et depuis ce temps-l je m'ennuie,En pleurant j'embrasse ton portrait,

    C est bien la premire fois que tu ne me consoles pas.