socialdemocracia alemana

Download Socialdemocracia Alemana

Post on 15-Jul-2015

6.082 views

Category:

Social Media

0 download

Embed Size (px)

TRANSCRIPT

  • Karl Marx et Friedrich Engels (1871)

    La social-dmocratieallemande

    Un document produit en version numrique par Jean-Marie Tremblay,professeur de sociologie

    Courriel: jmt_sociologue@videotron.caSite web: http://pages.infinit.net/sociojmt

    Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

    Une collection dveloppe en collaboration avec la BibliothquePaul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi

    Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm

  • Karl Marx, et Friedrich Engels, La social-dmocratie allemande (1871) 2

    Cette dition lectronique a t ralise par Jean-Marie Tremblay, professeur desociologie au Cgep de Chicoutimi partir de :

    LASOCIAL-DMOCRATIEALLEMANDE

    PAR

    Friedrich ENGELS ET Karl MARX (1871)

    Une dition lectronique ralise partir du livre de Karl Marx et Friedrich Engels,La social-dmocratie allemande. (1871)

    Polices de caractres utilise :

    Pour le texte: Times, 12 points.Pour les citations : Comic Sans 10 points.Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.

    dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2001pour Macintosh.

    Mise en page sur papier formatLETTRE (US letter), 8.5 x 11)

    dition complte le 9 avril 2002 Chicoutimi, Qubec.

  • Karl Marx, et Friedrich Engels, La social-dmocratie allemande (1871) 3

    Table des matiresINTRODUCTION

    Force et organisationDmocratie et stades historiquesOrganisation et rpressionIdologie petite-bourgeoise et tat fortForce et lgalitPolitique social-dmocrate et communisteTactique dEngelsLa contribution ineffaable du proltariat allemandLa lutte thorique

    I. FORMATION DU PARTI OUVRIER SOCIAL-DMOCRATEBase conomique et sociale de son action politiqueL'Association gnrale des ouvriers allemands et les sociaux-dmocratesPremire Internationale et Parti allemandFusion du Parti social-dmocrateBilan politique aprs les lections allemandes de 1877

    Il. SOUS LE RGIME DE LA LOI ANTI-SOCIALISTE.Dhring, Bismarck et la droite sociale-dmocrateLa social-dmocratie, Bismarck et la loi anti-socialisteCommentaire juridique sur la mise hors la loi des socialistes et de la rvolutionRaction la loi anti-socialisteBismarck et le parti ouvrier allemandLa cration d'un organe rvolutionnaire - le Sozialdemokrat Petits bourgeois socialistes de droite et de gaucheCration de l'organe illgal, Der Sozialdemokrat Le Sozialdemokrat et la tactique sous l'illgalit

    I. Les ngociations avec C. HirschII. Lorientation prvue du journalIII. Le manifeste des trois Zurichois

    Le socialisme de Monsieur Bismarck

    I. Le tarif douanierII. Les chemins de fer dtat

    III. PNTRATION PETITE-BOURGEOISE DE LA SOCIAL-DMOCRATIEStagnation politique et essor conomiqueMasses et chefs

  • Karl Marx, et Friedrich Engels, La social-dmocratie allemande (1871) 4

    Influence petite-bourgeoise dans la fraction parlementaireUn parti dans le partiRformisme social-dmocrate et socialisme d'tat bismarckienFraction parlementaire et question agrairePolmiques autour du vote de la subvention pour la navigation vapeurVers la scission ?Problmes de la violenceLa future guerre mondiale et la rvolutionVictoires lectorales ?

    IV. SUCCS DE LA SOCIAL-DMOCRATIE ALLEMANDEFondation de la Ile InternationaleVers l'abolition de la loi anti-socialisteLes lections allemandes de 1890Et maintenant ?L'opposition des Jeunes , extrmisme de littrateursContre le culte de la personnalitLettre d'adieu aux lecteurs du journal Der Sozialdemokrat

    V. CRITIQUE DU PROGRAMME SOCIAL-DMOCRATE D'ERFURT DE 1891Prlude au Programme d'Erfurt : la publication de la critique de GothaLa rdaction du Programme d'Erfurt.Lutte contre les squelles du lassallanismeSur le congrs de Bruxelles et la situation en Europe

    VI. VIOLENCE ET QUESTION PAYSANNELgalit et rvolution violenteLa social-dmocratie allemande et son caractre rvolutionnaireUne nouvelle loi contre la subversion socialiste ?Le programme agraire de 1894 de la social-dmocratieLa question paysanne en France et en Allemagne (conclusion)

  • Karl Marx, et Friedrich Engels, La social-dmocratie allemande (1871) 5

    Dans tous ces crits, je ne me qualifie jamais de social-dmocrate, niais de communiste. Pour Marx, comme pour moi, ilest absolument impossible d'employer une expression aussilastique pour dsigner notre conception propre. (Fr. Engels,Prface la brochure du Volksstaat de 1871-1875.)

    INTRODUCTION

    Force et organisation

    Retour la table des matires

    Marx attendait beaucoup de la rvolution allemande qui, depuis 1525, se heurtait unersistance intrieure et extrieure telle qu'elle n'tait pas encore acheve au milieu du XIXesicle. La simple comparaison avec les deux autres pays de semblable niveau de civilisationet de population l'y incitait dj : en faisant sa rvolution, l'Angleterre n'avait-elle pas instau-r la moderne industrie productive capitaliste, et inond tous les pays de ses articles indus-triels ? La France n'avait-elle pas diffus sur le continent les formes politiques de l'tat et del'administration moderne, complmentaires de la base conomique bourgeoise, avec lesprincipes de libert, d'galit, etc. et secou l'Europe entire, de la Sicile la Norvge, de laBelgique la Russie ?

    Cependant, au niveau bourgeois, il n'y avait plus esprer de prouesses comparables dela part de l'Allemagne : le monde entier tait partag entre les grandes mtropoles. Lorsque lecentre de gravit s'tait dplac d'Angleterre vers le continent, la France s'tait dj heurte une rsistance farouche de la part des puissances fodales de l'Europe centrale, et surtout dela Russie, dans sa tentative de rvolution de ses structures surannes et avait subi, de plus,l'assaut de la bourgeoisie anglaise qui voulait empcher tout prix l'essor d'une puissancecapitaliste moderne, rivalisant avec elle dans le commerce et l'industrie. Le rsultat en fut la

  • Karl Marx, et Friedrich Engels, La social-dmocratie allemande (1871) 6

    dfaite napolonienne - et la France ne dveloppa de la forme capitaliste que les superstruc-tures politiques, et ne s'industrialisa vraiment qu'au XXe sicle 1.

    Lorsque le centre de gravit rvolutionnaire, se dplaant encore plus vers l'Est, gagnaenfin l'Allemagne, situe gographiquement en plein cur de l'Europe o le fodalismergnait en despote, ce pays se heurta l'alliance des capitalismes dj nantis, anglais etfranais - surtout ce dernier - contre ce nouveau rival, qui ne pouvait manquer de bouleversertout le statu quo tabli. Avec sa population considrable et les normes richesses de son sous-sol en charbon, lignite, minerai de fer, potasse, wolfram, cobalt, zinc, tain, plomb, l'Allema-gne possdait toutes les prmisses ncessaires l'essor d'une grande nation industrielle, dslors que les entraves fodales au dveloppement capitaliste taient abattues. Mais moinsqu'en France encore, la rvolution anti-fodale pouvait y tre pacifique. L'exprience dmon-tra mme qu'elle ne pouvait s'y effectuer par une action spontane des masses populaires,c'est--dire par le bas, sous forme radicale, en soulevant mme les campagnes et les paysans,car la violence contre-rvolutionnaire organise par la coalition entre tats fodaux et tatscapitalistes imprialistes y formait un barrage trop puissant toute tentative de rnovationdes structures politiques, conomiques et sociales.

    Les mouvements de masse, dans leur action spontane, sont certes un moyen nergiquede dissolution des rapports sociaux de production suranns, mais ils, sont absolument impuis-sants contre les armes organises des tats de l'intrieur et de l'tranger qui exploitent lamoindre dfaillance pour porter des coups dcisifs et meurtriers. L'action libre et tumultu-euse, l'nergie dbordante mais incontrle, tait hors d'tat de russir en Allemagne lagrande tche de la rvolution anti-fodale qui, pour vaincre, eut besoin de la poigne de ferd'une dictature sous la direction d'un tat militaire et policier - la Prusse.

    Une leon s'imposait l'Allemagne : non seulement pour tre efficace, mais simplementpour continuer de vivre, non sous le poids du pass, mais dans le prsent et l'avenir, ce paysavait besoin de S'ORGANISER.

    Marx-Engels avaient rpt cent fois que l'Allemagne, divise et impuissante, dfaut depouvoir s'exprimer dans la pratique, en tait, rduite thoriser les grandes ides de sontemps, voire des autres pays. A prsent, qu'elle entrait de nouveau dans l'histoire, elle s'aper-ut qu'elle pouvait utiliser ce, savoir, purement abstrait jusqu'ici, afin d'ORGANISER sa pra-tique conformment ses capacits thoriques -pour en multiplier l'efficacit.

    Au lendemain de la rvolution anti-fodale, qui lui avait assur par sa victoire sur la plusgrande puissance militaire d'Europe - la France bonapartiste - la primaut de la force enEurope, sinon dans le monde, l'Allemagne prussienne trouvait le march mondial engorg demarchandises par l'industrie de ses pairs et anctres capitalistes - l'Angleterre, les tats-Uniset la France -, et c'est encore en S'ORGANISANT que l'Allemagne parvint se doter d'uneindustrie par les moyens les plus rapides. Elle agena et combina ses activits et ses moyensmatriels, utilisa les sciences et techniques les plus modernes pour obtenir une productivitmaximale, donc les prix de production les plus bas afin d'affronter la concurrence de produc-tion plus avances qu'elle, et surtout d'organiser avec ses cartels sa production et ses dbou-chs sur le march mondial, dfaut de la chasse garde d'un Empire colonial. Dans cetteentreprise colossale, c'est encore la main de fer de la dictature de Bismarck, qui permit de

    1 Cf. le chapitre intitul France et Angleterre au dbut du XIXe sicle dans la srie Fil du temps, n 3 d'octo-

    bre 1968 consacr La Crise conomique et soc