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  • ATELIER DECRITURE SUR LA MICROFINANCE AU SENEGAL

    " Ecrire pour partager les expriences et innovations

    dans le secteur de la microfinance au Sngal"

    Le scoring en microfinance : un outil de gestion du risque de crdit

    Khadidiatou NDIAYE, Statisticienne, Spcialiste en Dveloppement Local

    Janvier 2012

  • Programme dAppui la Microfinance (PAMIF 1) Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES)

    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 1/10

    Sommaire

    INTRODUCTION 2

    DIAGNOSTIC DES FACTEURS ET ANALYSE DE LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT DANS LES SFD SENEGALAIS 3

    Les facteurs de risque de crdit 3

    Lasymtrie de linformation 4

    Labsence dun SIG fiable 4

    Les outils ou approches mis en place et leurs limites 4

    Lapproche du crdit solidaire 4

    La progressivit du crdit individuel 5

    LA TECHNIQUE DU SCORING: METHODOLOGIE ET MISE EN PLACE 5

    Prsentation du scoring 5

    Fonctionnement du scoring 6

    Avantages de la mthode et apport pour les SFD 6

    Ecueils rendant difficile lapplication du scoring 7

    Les conditions pralables la mise en uvre du scoring 7

    La prparation de la culture organisationnelle au niveau de lentreprise 7

    La collecte de donnes et choix du modle 7

    Les implications dans le fonctionnement interne de linstitution 8

    Sur lquipement technique et le SIG de linstitution 8

    Sur les ressources humaines 8

    CONCLUSION 8

    BIBLIOGRAPHIE 9

    ANNEXE : LARBRE A QUATRE FEUILLES (SCHREINER) 10

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    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 2/10

    Introduction Le secteur de la microfinance en Afrique de louest a connu, ces deux dernires dcennies, une expansion sans prcdent. Au Sngal, avec lessor de la dynamique associative et de la lutte contre la pauvret, le nombre dinstitutions est pass de 37 558 entre 1995 et 2009 (dont 353 SFD agrs et 205 GEC qui devront ltre avec lentre en vigueur de la nouvelle loi) ; le total actif tait 258 milliards FCFA ; et lencours de crdit 141 milliards de FCFA au 31 dcembre 20091.

    Cette volution fulgurante et continue est accompagne par des mutations marques par la volont de tous les acteurs (Etat, Institutions, ONG, bailleurs, associations, etc.) de crer un environnement favorable pour le dveloppement du secteur.

    Cette volont sest traduite, au niveau de lEtat, par la dfinition de la Lettre de Politique Sectorielle (LPS) ; la mise en place dun ministre charg de la Microfinance et dorganes (Direction de la Microfinance (DMF), Centre de Ressource et de Documentation (DRS), etc.) pour la promotion du secteur.

    Au niveau des Systmes Financiers Dcentraliss (SFD), linnovation (dveloppement de nouveaux produits et/ou de nouvelles techniques, utilisations des NTIC dans les relations avec leurs clients, etc.) et la recherche de la viabilit est au cur de leurs actions.

    Ainsi, au stade final de sa consolidation, le secteur de la microfinance au Sngal progresse vers une intgration dans le systme financier classique. Cette phase est domine par la recherche effrne de la viabilit et de la prennit, mais surtout par la recherche dun quilibre entre les missions sociale et financire, principal dfi des SFD.

    Relever ce dfi passe ncessairement par la combinaison de diffrents facteurs : la viabilit institutionnelle, lefficacit dans lallocation des ressources, la bonne gouvernance, et particulirement la viabilit financire, consquence de lefficacit oprationnelle. Cette dernire repose principalement sur un systme de gestion des risques oprationnels (risque de crdit, risque de fraude, risque de scurit, etc.) efficace.

    Le crdit constituant la principale source de revenu des SFD, de sa russite dpend, en grande partie, la viabilit de linstitution. Le plus grand risque en matire de microfinance est doctroyer un crdit et ne pas se faire rembourser.

    Linstitution, avant de sengager dans loctroi de crdit, se doit de dfinir des mesures de contrle prventif lui permettant de rduire les problmes dincertitude et dasymtrie de linformation, trs difficiles grer dans les octrois de prts petit montant. En effet, le caractre trs lev du risque de crdit est lorigine de lexclusion bancaire des populations pauvres, cible de la microfinance, et caractrises par une trs grande vulnrabilit.

    Dans cette optique, nous nous intressons, dans ce prsente texte, lanalyse des outils de la gestion du risque de crdit des SFD sngalais et, particulirement, la mthode du crdit scoring comme une innovation (dans le secteur de la microfinance au Sngal) et un instrument efficace pour la rationalisation du crdit et loptimisation du taux de remboursement pour assurer la viabilit et la prennit de linstitution et laccs durable des pauvres des produits et services financiers adapts.

    Il sagit de mettre en place dans linstitution, une mthode base sur une valuation statistique qui permettra de quantifier , au pralable, la solvabilit du micro emprunteur (ou le risque li lemprunteur) en plus des approches traditionnelles comme la responsabilit conjointe au sein dun groupe, ou encore le jugement subjectif de la demande par lagent de crdit.

    1 Source : la microfinance au Sngal, www.microfinance.sn

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    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 3/10

    Lutilisation de cette mthode dans les SFD trouve sa justification dans la nouvelle loi en ce sens quelle vient rpondre aux proccupations souleves dans le troisime objectif poursuivi par ladite loi, notamment lamlioration de lefficience des SFD en favorisant la modernisation de leurs instruments de gestion afin quils contribuent davantage lapprofondissement du secteur financier et subsquemment, au dveloppement conomique des Etats de lUnion 2.

    Par ailleurs, cette mthode, applique un chantillon de 269 emprunteurs lIMF Nysigiso au Mali, a montr limportance de la relation de long terme, du taux dintrt, des cots de transactions et du rationnement dans la prdiction du dfaut de remboursement 3.

    Un test effectu en Bolivie avec des donnes historiques a montr que le fait de rejeter les 12% des prts les plus risqus qui avaient t dcaisses en 2000 aurait rduit de 28% le nombre de prts en retard de plus 30 jours4.

    Ainsi, ce texte se propose daborder la technique du scoring comme outil de gestion du risque de crdit dans les SFD sngalais. En effet, il ne sagit pas dune capitalisation ou vulgarisation de la mthode scoring comme exprience vcue dans une Institution de Microfinance au Sngal, mais dune recherche prospective dans loptique de contribuer la diversification des outils utiliss par les SFD pour une meilleure gestion du risque de crdit.

    Pour ce faire, le thme sera abord en trois grandes sections. La premire analyse les diffrents facteurs de risque auxquels sont confronts les SFD avant daborder les outils et approches traditionnels que ces derniers ont mis en place pour grer le risque (et tudier leur lien avec une valuation quantitative du risque de crdit). La deuxime section prsente la technique du scoring - mthodologie et processus de mise en uvre -. Enfin, la troisime formule quelques recommandations pour une utilisation efficace de la technique scoring dans le contexte spcifique de la microfinance sngalaise.

    Diagnostic des facteurs et analyse de la gestion du risque de crdit dans les SFD sngalais Les SFD sngalais, comme toute institution financire, sont confronts quatre grandes catgories de risques : les risques institutionnels, les risques oprationnels, les risques de gestion financire et les risques externes.

    Nous nous intressons aux risques de type oprationnel, particulirement au risque de crdit, le plus connu et le plus important dans les SFD. En effet, cest le risque li lincapacit du client honorer les termes du contrat et qui peut entraner la dtrioration de la qualit du portefeuille de crdit.

    Cette section a pour objet de dfinir dabord le risque de crdit, danalyser ensuite les diffrents facteurs de risque, les approches classiques de gestion des risques et leur lien avec le scoring.

    Les facteurs de risque de crdit Le crdit peut tre considr comme un contrat liant deux individus, le prteur qui sengage mettre la disposition dun autre individu une somme dargent moyennant le payement dun taux dintrt, fix au pralable, sur une priode bien dtermine.

    2 Loi n2008-47 du 3 septembre 2008 portant rglementation des Systmes Financiers Dcentraliss 3 Un modle de Crdit scoring pour une institution de microfinance africaine : le cas de NYESIGISO au Mali, Boubacar DIALLO (2006) 4 Mark SCHREINER, Un Sistema de Scoring del Riesgo de Crditos de FIE en Bolivia (rapport prsent au Fomento de Iniciativas Econmicas, La Paz, Bolivia, 2001).

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    Cette relation entre deux individus donne naissance des risques divers que le prteur doit grer pour garantir un bon fonctionnement et la prennit de ses activits. Le risque de crdit pour les SFD est la probabilit de non remboursement du crdit octroy un client. Minimiser ce risque est primordial dans la dfinition des programmes et stratgies du prteur et le processus doit tre matris par son personnel technique. Pour ce faire, les institutions doivent, en plus des approches classiques de gestion du crdit, intgrer des techniques plus scientifiques dans lvaluation du risque pour plus defficience dans le contexte actuel de normalisation et de formalisation du secteur de la microfinance au Sngal.

    Globalement, le risque de crdit chez les SFD au Sngal est li plusieurs types de facteurs dont les plus saillants sont : lasymtrie de linformation, labsence dun SIG fiable, le surendettement, labsence de garantie, etc.

    Lasymtrie de linformation

    Lemprunteur peut cacher au prteur un certain nombre dinformations capitales dans le processus doctroi de crdit qui peut impacter sur le bon droulement des remboursements. Ce phnomne, plus connu sous le nom de la slection adverse, et lala moral (o lemprunteur cherche cacher un phnomne survenu aprs la signature du contrat de prt et qui peut influer ngativement sur les remboursements) peuvt biaiser lvaluation de la qualit du demandeur et la dcision doctroi de crdit.

    Lasymtrie de linformation constitue un facteur de risque majeur dans la mesure o la cible des SFD est caractrise par une activit informelle, labsence doutils fiables pour une information financire de qualit, etc.

    Toutefois, la mise en place du scoring dans un SFD implique au pralable la constitution dune base de donnes de qualit sur les caractristiques des clients (activit, caractristiques socio dmographique, etc.) et peut donc rduire considrablement lasymtrie de linformation par un meilleur SIG.

    Labsence dun SIG fiable

    Avant doctroyer le crdit, le prteur doit disposer dun certain nombre dinformations fiables sur le demandeur, sur son activit (rentabilit, viabilit, etc.), sur lobjet du crdit et toute autre information ncessaire pour une bonne valuation du prt. Le processus de collecte dinformations fiables est difficile mettre en uvre en termes de cot, de temps, et de disponibilit des donnes.

    Par ailleurs, la mthode dvaluation par le score se basant en amont, sur une importante base de donnes fiable sur lhistorique du client et de son activit, son adoption implique la mise en place, dans linstitution, dun SIG fiable et rduit ainsi le risque de crdit.

    En plus de ces facteurs, nous avons le phnomne de surendettement des emprunteurs et surtout labsence de garantie. Pour grer ces risques, les institutions ont dfini divers outils et approches.

    Les outils ou approches mis en place et leurs limites Les SFD ne sengagent pas dans un processus doctroi de crdit sans dfinir au pralable des outils leur permettant de prvenir les dfauts de payement des clients et de rduire les problmes dincertitude et dasymtrie dinformation lis aux prts. Ainsi, pour rduire le risque de crdit, les SFD utilisent gnralement deux approches, notamment lapproche du crdit solidaire et lapproche par les incitations du prt progressif pour le crdit individuel.

    Lapproche du crdit solidaire

    Cette approche se base sur le principe de la responsabilit conjointe des emprunteurs. Ainsi, on distingue les groupes de caution solidaire et les banques villageoises.

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    Les prts de groupe de caution solidaire ou prt collectif responsabilit conjointe sont destins des personnes qui nont gnralement pas de garanties matrielles. Ici, le SFD sappuie sur le principe dautocontrle du groupe et la pression sociale pour rduire le risque de dfaillance dans le remboursement du prt. La technique des banques villageoises encore appele groupe dauto assistance aux pauvres qui consiste octroyer du crdit un groupe beaucoup plus largi, responsabilise davantage les membres du groupe surtout dans la gestion financire et l empowerment . Toutefois, cette approche nest pas sans limites. Le groupe constitu pour solliciter le crdit peut tre fictif et, dans ce cas, il ny a pas dautocontrle et le problme de la pression sociale ne se pose pas. Aussi, un mauvais payeur dans un groupe peut entraner lexclusion de tous les membres et conduire linstitution passer ct dune bonne clientle, ce qui peut rduire sa part de march. Par ailleurs, lapproche du crdit solidaire est peu approprie lvaluation par le scoring. En effet, ce type dvaluation a plus de chance de fonctionner avec la mthodologie des crdits individuels.

    La progressivit du crdit individuel

    Dans cette approche, chacun assume ses responsabilits, les crdits sont personnels et individuels et le prteur traite chaque client en fonction de sa solvabilit et non en fonction dun groupe. Ici, la pression sociale nest pas le moyen privilgi par linstitution pour inciter lemprunteur rembourser le prt, cependant il bnficie dun nouveau prt dun montant plus lev sil parvient bien rembourser le premier prt dans les dlais.

    La mthode du scoring est beaucoup plus adapte au systme de prt individuel et permet aux institutions dune certaine taille, bien gres et possdant une base de donnes adquate, damliorer leur efficacit et daccrotre ainsi leur porte. Dans le cas du Sngal par exemple, les grands rseaux et les rseaux mergents gagneraient intgrer cette mthode dans leur dispositif de gestion du risque surtout pour les crdits PME. Cette mthode est prsente dans la section suivante.

    La technique du scoring: mthodologie et mise en place La dcision de loctroi du crdit dans un SFD repose sur lvaluation pralable de lagent de crdit. En effet, ce dernier, en fonction de son exprience, de lvaluation de la solvabilit du client et de son historique de remboursement, parvient distinguer intuitivement le bon client du mauvais avant de prsenter le dossier au comit de crdit.

    Bien que cette valuation base sur la subjectivit reste efficace, elle comporte nanmoins certains biais. En effet, comme le stipule Mark Schreiner, lagent de crdit doit prendre son temps pour tirer de ses expriences un sixime sens lui permettant de distinguer les bons clients des mauvais. En mme temps, son humeur du jour, son degr daversion pour le risque, etc. peuvent influer sur sa dcision pouvant le conduire passer ct du bon client ou bien slectionner le mauvais .

    Cette section prsente une mthode de lvaluation du risque de crdit par la technique des scores et analyse la mthodologie et la dmarche pour la mettre en place dans le cas du Sngal.

    Prsentation du scoring Le terme Crdit Scoring dsigne un ensemble d'outils d'aide la dcision utiliss par les organismes financiers pour valuer le risque de non remboursement des prts. Un score est une note de risque, ou une probabilit de dfaut 5. Selon Mark Schreiner Lvaluation statistique est lutilisation de connaissances quantitatives des rsultats de

    5 Credit scoring, statistique et apprentissage, Gilbert Saporta Conservatoire National des Arts et Mtiers, Paris

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    remboursement et des caractristiques des prts rembourss dans le pass et enregistrs dans une base de donnes lectronique afin de pronostiquer les rsultats de remboursement des futurs prts 6 Cette technique consiste attribuer une note chaque information collecte que lon compare une fiche de rfrence pralablement tablie. Ensuite le total des notes de chaque information collecte donne une apprciation sur la nature bon ou mauvais , risqu ou non du client considr.

    En effet, cette technique consiste dterminer les profils de risque des clients travers les connaissances du pass. Le but ici recherch est de dterminer les liens entre le taux de remboursement (ou le risque de non remboursement ou de mauvais remboursement du crdit) et un certain nombre de caractristiques les dterminant. Le type de risque est dfini en fonction des priorits de linstitution. On distingue le scoring avant dcaissement, le scoring aprs dcaissement, le scoring du recouvrement, le scoring du risque de dpart du client, etc. Toutefois, nous nous intressons, ici, au scoring avant dcaissement qui semble plus pertinent, car il permet de distinguer en amont les bons clients des mauvais.

    La dmarche du scoring est trs utilise par les banques commerciales, cependant son utilisation par les institutions de microfinance dans les pays en dveloppement est relativement rcente. Ainsi, le bon fonctionnement de cet outil scientifique requiert plusieurs tapes pour sa mise en place.

    Fonctionnement du scoring

    La thorie du scoring part du principe selon lequel le pass est le meilleur estimateur du futur. En effet, un fonctionnement efficace de lutilisation de cette technique statistique requiert une dmarche base sur plusieurs tapes essentielles:

    - La collecte et lexploitation des donnes ;

    - La dfinition de la fiche dvaluation statistique ou fiche de notation (un exemple de fiche dvaluation est prsent en annexe) ;

    - La classification du risque ou cotation

    - Le test avec donnes historiques ;

    - La validation de la fiche de notation

    Avantages de la mthode et apport pour les SFD

    Comparativement lvaluation subjective du risque de crdit, la mthode des scores quantifie le risque et procure plusieurs avantages dans le domaine de la gestion du crdit particulirement :

    - Une meilleure organisation du processus de crdit, la rduction du biais humain et lamlioration de la productivit des demandes de crdit ;

    - La rduction des impays et du temps mis par les agents de crdit pour le recouvrement ;

    - La dlgation de la dcision doctroi ou non du crdit ;

    - Le renforcement du sentiment de scurit de lagent de crdit et lhomognit dans les dcisions de crdit ;

    - La prise en compte de plusieurs facteurs de risques et une meilleure allocation des ressources ;

    6 Les Vertus et Faiblesses de Lvaluation Statistique (Credit Scoring) en Microfinance, 2003.

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    Ecueils rendant difficile lapplication du scoring

    Les implications techniques de sa mise en place sont nombreuses. Cette dmarche ne peut russir que lorsque les procdures doctroi de prt sont formalises et que linstitution dispose dune base de donnes fournie sur lhistorique des prts surtout individuels.

    Elle est beaucoup plus adapte aux prts de type individuel. En effet, il est beaucoup plus facile de prendre en compte les caractristiques dun individu lors de lvaluation que de considrer les caractristiques de tous les individus dun groupe (dans le cas des prts de groupe) pour octroyer le prt ou non. Cest une dmarche se basant sur le pass pour prdire le futur. Or ce dernier est parfois imprvisible. Un changement, par exemple, de lenvironnement socioconomique peut faire varier les dterminants retenus au pralable pour construire le modle scoring. Ainsi :

    - La mthode implique de disposer dune importante base de donnes fiable sur lhistorique des clients pour llaboration de la fiche dvaluation et beaucoup de donnes pour chaque prt;

    - Les donnes utilises dans lvaluation statistique doivent tre dune qualit suffisante ;

    - La mise en place de cette mthode ncessite lintervention dun expert dans le domaine des statistiques et implique donc des cots de gestion supplmentaires ;

    - Le systme dvaluation statistique doit tre intgr dans le Systme dInformation et de Gestion do la ncessit davoir un systme automatis ;

    - Lvaluation statistique est base sur le pass, i.e. lhistorique de remboursement des clients pour prdire le futur.

    Enfin, cette dmarche permet uniquement de mesurer le risque futur li un prt et ne dit pas comment le grer en cas doccurrence. Ainsi, la dcision finale doctroyer ou non le crdit appartient aux managers. Il leur incombe galement la dfinition dune politique de la gestion des risques efficaces axs sur la vision et les objectifs de dpart quils se sont fixs.

    Les conditions pralables la mise en uvre du scoring

    La prparation de la culture organisationnelle au niveau de lentreprise

    La difficult de mise en place dun projet de scoring rside prioritairement dans la qualit des ressources humaines et organisationnelles de linstitution. Ainsi la russite de lutilisation de cette mthode dpend de la simplicit de son utilisation, la ralit de ses avantages pour linstitution, de limplication de tous dans llaboration de la technique, de sa mise en place et du test de performance du modle.

    La collecte de donnes et choix du modle

    La dfinition de la fiche dvaluation se base sur la collecte des donnes qui peuvent influencer le comportement du remboursement de lemprunteur. Ces donnes collectes sur le pass doivent renseigner les caractristiques de lemprunteur, du prt et du prteur. Ainsi, les donnes de lemprunteur concernent ses caractristiques dmographiques, ses coordonnes, son activit professionnelle, le mnage auquel il appartient et les avoirs de la famille, les flux financiers du mnage et de son entreprise, ses antcdents de remboursement (arrirs de payement, exprience de lemprunteur), etc.

    Pour les caractristiques du prt, il sagit du montant demand, le montant dcaiss, le taux dintrt, du dlai de remboursement, du montant des remboursements, du diffr et, le cas chant, des types de garantie et leur valeur, etc.

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    Les caractristiques du prteur concernent lagent de crdit. Pour chaque prt octroy, linstitution doit disposer des informations concernant lagent de crdit qui a suivi le dossier ; c'est--dire ses caractristique socio dmographiques, sa situation familiale, son niveau dtude, etc.

    Toutes ces informations doivent tre disponibles dans la base de donnes de linstitution afin que le scoring puisse en tenir compte lors de llaboration de la fiche dvaluation.

    Les implications dans le fonctionnement interne de linstitution La mise en place de la technique du scoring dans le dispositif de gestion du risque de crdit implique des changements dans la structure organisationnelle du processus de crdit, au niveau de lquipement technique, des ressources humaines et du SIG.

    Sur lquipement technique et le SIG de linstitution

    La mthode dvaluation par les scores ne peut russir que lorsque le systme de gestion est informatis. Ainsi, linstitution doit tre imprativement quipe de matriel informatique adapt et dun SIG fiable avant dadopter cette mthode. Cela peut impliquer de nouveaux investissements si linstitution nest pas dote dun quipement informatique adapt, et donc une augmentation des cots de gestion.

    Sur les ressources humaines

    La connaissance thorique du mode fonctionnement du scoring est insuffisante. Pour que le modle russisse, il faut que les utilisateurs soient convaincus de son efficacit. Une sensibilisation et une formation des ressources humaines est donc indispensable pour les agents concerns.

    Au Sngal, le secteur de la microfinance est essentiellement caractris par des activits de linformel. Le scoring semble avoir de meilleures chances de russite dans les rseaux dune certaine taille ayant atteint la maturit. Et mme dans ce type dinstitutions le scoring ne peut tre appliqu tous les types de clients. Ntant pas encore expriment, cette mthode mconnue par la plupart des acteurs concerns, est parfois perue, par ces derniers, comme du travail supplmentaire .

    Ainsi, le scoring ne prsente pas une nouvelle rvolution dans le microcrdit mais fait partie des innovations comme ladaptation des produits la demande, la prise en compte des questions de gouvernance ou encore lamlioration de lorganisation commerciale qui laissent esprer, dans le contexte de normalisation du secteur, une amlioration dans la professionnalisation et la porte sur la cible des SFD.

    Conclusion La russite de la mise uvre de la mthode scoring, dans les SFD sngalais repose essentiellement sur des mesures et amnagements techniques notamment :

    Limplantation informatique de la mthode ;

    La formation des utilisateurs sur le nouveau modle retenu et le suivi rgulier par des valuations cycliques ;

    Le suivi rgulier des tableaux de bord de linstitution et de lvolution des objectifs en matire de crdit.

    Au terme de cette analyse, il convient de mettre en vidence les questions actuelles qui se posent sur le devenir des Systmes Financiers Dcentraliss au Sngal. Les risques oprationnels demeurent les plus cruciaux prendre en compte pour relever le dfi de la rentabilit et de la viabilit. Parmi ces risques, le risque de crdit constitue le plus pressant grer. Pour ce faire, les

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    SFD ont dvelopp des outils et approches efficaces pour maintenir le taux de non remboursement du crdit au niveau le plus faible possible.

    Cependant, au stade actuel de consolidation du secteur de la microfinance au Sngal, lenjeu majeur est de dfinir, en sus des approches et outils de gestion du risque de crdit dj existants dans linstitution, dautres outils scientifiques beaucoup plus objectifs qui permettraient de prdire le risque de non remboursement li chaque prt. Ainsi, si lvolution actuelle du secteur limpose, il est judicieux de recourir des techniques dvaluation scientifique du risque de non remboursement du crdit comme le crdit scoring pour amliorer le dispositif de crdit.

    En conclusion, compte tenu de la crise financire mondiale et de ses origines, on peut sinterroger si cette technique sera rellement profitable aux institutions de microfinance au Sngal ?

    Bibliographie DIALLO (Boubacar) ; Un modle de Crdit scoring pour une institution de microfinance africaine le cas de NYESIGISO au Mali , Laboratoire d'Economie d'Orlans, 2006 SCHREINER (Mark), Un Sistema de Scoring del Riesgo de Crditos de FIE en Bolivia , 2001. SCHREINER (Mark), Les Vertus et Faiblesses de Lvaluation Statistique (Credit Scoring) en Microfinance , 2003. SAPORTA (Gilbert), Credit scoring, statistique et apprentissage , Conservatoire National des Arts et Mtiers, Paris. DE SOUSA-SANTOS (Frdric) Le scoring est-il la nouvelle rvolution du microcrdit ? ,2002, GUERIN (Isabelle), Ala moral et asymtrie d'information : le prt collectif responsabilit conjointe , Centre Walras (CNRS - Universit Lyon 2) SCHREINER (Mark), Mettre en place des services financiers pour les pauvres scoring : un grand pas en avant pour le microcrdit ? , CGAP 2003. CGAP, La gestion des risques oprationnels ; aide-mmoire - 2003 Le march de la micro finance, novembre 2010 ; Donnes MIX Market (2005-2009) Performance des IMF, novembre 2010 ; Donnes MIX Market (2005-2009) Loffre et la demande en micro finance en 2010 ; Donnes MIX Market (2005-2009) Rapport annuel 2008 de la commission bancaire ; Direction de la Micro finance Loi n2008-47 du 3 septembre 2008 portant rglementation des Systmes Financiers Dcentraliss

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    Annexe : Larbre quatre feuilles (Schreiner)

    Cet arbre quatre feuilles comprend deux niveaux : le type de prt (nouveaux ou renouvels) et le sexe de lemprunteur (homme ou femme). Se basant sur des donnes historiques, cet arbre nous donne des informations qui peuvent tre exploites pour des projections.

    Ainsi, pour un sexe donn, les nouveaux prts sont plus risqus que ceux en renouvellement et pour les deux types de prt, financer les hommes est plus risqus que les femmes. Le principe de fonctionnement suppose que le risque historique associ une catgorie donne reprsente le risque prvu pour cette catgorie. Ainsi, le risque associ une premire demande crdit dun homme est de 22,3%.

    TOTAL PRTS Prts problme/solds

    = 31 964/200 181 = 16 %

    NOUVEAUX Prts

    problme/solds = 14 670/76 182

    = 19,3 %

    RENOUVELS Prts

    problme/solds = 17 294/123 999

    = 13,9 %

    HOMMES Prts problme/solds

    = 5 316/23 787 = 22,3 %

    FEMMES Prts

    problme/solds = 9 354/52 395

    = 17,9 %

    FEMMES Prts

    problme/solds = 11 426/89 246

    = 12,8 %

    HOMMES Prts

    problme/solds = 5 868/34 753

    = 16,9 %

  • UN ATELIER DECRITURE EN MICROFINANCE, POURQUOI ET COMMENT ? Contexte Malgr les expriences riches et varies qui ont marqu son volution, les textes de capitalisation sur la microfinance dans bien des pays du sud, et notamment au Sngal sont rares et souvent produits par des chercheurs du Nord. Face ce constat, le Projet dAppui la microfinance Volet 1 (PAMIF1) a invit les acteurs sngalais de la microfinance capitaliser leurs expriences. Cest lobjet de lAtelier dcriture qui sest tenu Saly Portudal du 18 au 21 octobre 2011, en partenariat avec le Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES) et avec laccompagnement de lInstitut de Recherches et d'Applications des Mthodes de dveloppement (IRAM).

    Au-del dun simple sminaire rassemblant dix experts et praticiens de la microfinance au Sngal., lAtelier est le produit dun processus daccompagnement lcriture. La dynamique a t lance dbut 2011 avec le lancement dun appel propositions dans la presse et sur le portail sngalais de la microfinance. Le processus a compris trois phases : une premire priode dchanges entre les auteurs et les animateurs pour retravailler la problmatique et le plan, quatre jours datelier et un temps consacr la relecture et la publication des textes. Le texte propos rsulte de cette dynamique.

    crire pour partager les expriences et les savoir-faire : Des regards croiss sur la microfinance Latelier a rassembl dix participants, institutionnels, cadres de mutuelles et dinvestisseurs, experts, chercheurs et tudiants travaillant en lien avec le secteur de la microfinance. Fait remarquable, le groupe tait compos de cinq femmes et de cinq hommes.

    Des lectures croises ont t organises entre les participants et des entretiens individuels ont t tenus avec les animateurs de lAtelier. Les animateurs du processus ont t : Mansa OUALY (Expert microfinance, Co-responsable du PAMIF-1), Franois Seck FALL (Matre de Confrences lUniversit de Toulouse 2-Le Mirail, chercheur au LAREPS-Universit deToulouse 1 et chercheur associ au CRES) et Franois DOLIGEZ (Agro-conomiste lIRAM, Professeur associ lUniversit de Rennes 1 et appui technique auprs du PAMIF-1).

    Des runions collectives et confrences ont permis des changes pour resituer les textes dans la problmatique plus large du secteur de la microfinance au Sngal. Une volont forte de promouvoir la capitalisation dexpriences : partenariat entre le secteur de la microfinance et le milieu de la recherche Cette initiative a t mene conjointement entre le PAMIF-1 et le Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES). Le CRES est une association qui a t cre en 2004 par un groupe d'enseignants-chercheurs de diverses disciplines (Economie, Droit, Techniques quantitatives, Sociologie) de lUniversit Cheikh Anta DIOP de Dakar (UCAD) qui ont voulu mettre sur pied une institution de recherche indpendante, spcialise dans le domaine conomique et social, et capable de rpondre aux besoins du march africain en comptences de haut niveau sur les questions relatives aux politiques nationales et aux grands programmes en cours dlaboration.

    Ce partenariat a permis dapporter un regard critique et constructif de la recherche sur les expriences de capitalisation en microfinance.

    Coordonnes/Contacts des partenaires - Direction de la microfinance (DMF) : Sotrac Mermoz Lot n90 Dakar, Tl : (221) 33 860 26 52, Fax : (221) 33 860 29 03, E-

    mail : directionmicrofinance@yahoo.fr, Site portail de la microfinance du Sngal : www.microfinance.sn - CRES : Rue 10 Prolonge, Cit Iba Ndiaye Djadji, lots n 1 et 2 - Sacr-Coeur Pyrotechnique, Dakar (Sngal),

    BP : 7988 Dakar-Mdina, Tl : (221) 864 77 57, Fax : (221) 864 77 58, E-mail : cres@cres-sn.org, Site web : www.cres-sn.org - Agence Belge de Dveloppement CTB : 121 Sotrac Mermoz Route de Ouakam, Dakar, Tl : (221) 33 860 01 25/26, Fax :

    (221) 33 864 01 27, SITE WEB : www.btcctb.org

    REPUBLIQUE DU SENEGAL UN PEUPLE - UN BUT - UNE FOI

    ---------------------- MINISTERE DE L'ENTREPRENARIAT FEMININ

    ET DE LA MICROFINANCE ---------------------- DIRECTION DE LA MICROFINANCE

    ------------------------ PROGRAMME DAPPUI A LA MICROFINANCE

    VOLET 1 (PAMIF1)

    En partenariat avec

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