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  • ATELIER DECRITURE SUR LA MICROFINANCE AU SENEGAL

    " Ecrire pour partager les expriences et innovations

    dans le secteur de la microfinance au Sngal"

    Le scoring en microfinance : un outil de gestion du risque de crdit

    Khadidiatou NDIAYE, Statisticienne, Spcialiste en Dveloppement Local

    Janvier 2012

  • Programme dAppui la Microfinance (PAMIF 1) Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES)

    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 1/10

    Sommaire

    INTRODUCTION 2

    DIAGNOSTIC DES FACTEURS ET ANALYSE DE LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT DANS LES SFD SENEGALAIS 3

    Les facteurs de risque de crdit 3

    Lasymtrie de linformation 4

    Labsence dun SIG fiable 4

    Les outils ou approches mis en place et leurs limites 4

    Lapproche du crdit solidaire 4

    La progressivit du crdit individuel 5

    LA TECHNIQUE DU SCORING: METHODOLOGIE ET MISE EN PLACE 5

    Prsentation du scoring 5

    Fonctionnement du scoring 6

    Avantages de la mthode et apport pour les SFD 6

    Ecueils rendant difficile lapplication du scoring 7

    Les conditions pralables la mise en uvre du scoring 7

    La prparation de la culture organisationnelle au niveau de lentreprise 7

    La collecte de donnes et choix du modle 7

    Les implications dans le fonctionnement interne de linstitution 8

    Sur lquipement technique et le SIG de linstitution 8

    Sur les ressources humaines 8

    CONCLUSION 8

    BIBLIOGRAPHIE 9

    ANNEXE : LARBRE A QUATRE FEUILLES (SCHREINER) 10

  • Programme dAppui la Microfinance (PAMIF 1) Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES)

    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 2/10

    Introduction Le secteur de la microfinance en Afrique de louest a connu, ces deux dernires dcennies, une expansion sans prcdent. Au Sngal, avec lessor de la dynamique associative et de la lutte contre la pauvret, le nombre dinstitutions est pass de 37 558 entre 1995 et 2009 (dont 353 SFD agrs et 205 GEC qui devront ltre avec lentre en vigueur de la nouvelle loi) ; le total actif tait 258 milliards FCFA ; et lencours de crdit 141 milliards de FCFA au 31 dcembre 20091.

    Cette volution fulgurante et continue est accompagne par des mutations marques par la volont de tous les acteurs (Etat, Institutions, ONG, bailleurs, associations, etc.) de crer un environnement favorable pour le dveloppement du secteur.

    Cette volont sest traduite, au niveau de lEtat, par la dfinition de la Lettre de Politique Sectorielle (LPS) ; la mise en place dun ministre charg de la Microfinance et dorganes (Direction de la Microfinance (DMF), Centre de Ressource et de Documentation (DRS), etc.) pour la promotion du secteur.

    Au niveau des Systmes Financiers Dcentraliss (SFD), linnovation (dveloppement de nouveaux produits et/ou de nouvelles techniques, utilisations des NTIC dans les relations avec leurs clients, etc.) et la recherche de la viabilit est au cur de leurs actions.

    Ainsi, au stade final de sa consolidation, le secteur de la microfinance au Sngal progresse vers une intgration dans le systme financier classique. Cette phase est domine par la recherche effrne de la viabilit et de la prennit, mais surtout par la recherche dun quilibre entre les missions sociale et financire, principal dfi des SFD.

    Relever ce dfi passe ncessairement par la combinaison de diffrents facteurs : la viabilit institutionnelle, lefficacit dans lallocation des ressources, la bonne gouvernance, et particulirement la viabilit financire, consquence de lefficacit oprationnelle. Cette dernire repose principalement sur un systme de gestion des risques oprationnels (risque de crdit, risque de fraude, risque de scurit, etc.) efficace.

    Le crdit constituant la principale source de revenu des SFD, de sa russite dpend, en grande partie, la viabilit de linstitution. Le plus grand risque en matire de microfinance est doctroyer un crdit et ne pas se faire rembourser.

    Linstitution, avant de sengager dans loctroi de crdit, se doit de dfinir des mesures de contrle prventif lui permettant de rduire les problmes dincertitude et dasymtrie de linformation, trs difficiles grer dans les octrois de prts petit montant. En effet, le caractre trs lev du risque de crdit est lorigine de lexclusion bancaire des populations pauvres, cible de la microfinance, et caractrises par une trs grande vulnrabilit.

    Dans cette optique, nous nous intressons, dans ce prsente texte, lanalyse des outils de la gestion du risque de crdit des SFD sngalais et, particulirement, la mthode du crdit scoring comme une innovation (dans le secteur de la microfinance au Sngal) et un instrument efficace pour la rationalisation du crdit et loptimisation du taux de remboursement pour assurer la viabilit et la prennit de linstitution et laccs durable des pauvres des produits et services financiers adapts.

    Il sagit de mettre en place dans linstitution, une mthode base sur une valuation statistique qui permettra de quantifier , au pralable, la solvabilit du micro emprunteur (ou le risque li lemprunteur) en plus des approches traditionnelles comme la responsabilit conjointe au sein dun groupe, ou encore le jugement subjectif de la demande par lagent de crdit.

    1 Source : la microfinance au Sngal, www.microfinance.sn

  • Programme dAppui la Microfinance (PAMIF 1) Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES)

    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 3/10

    Lutilisation de cette mthode dans les SFD trouve sa justification dans la nouvelle loi en ce sens quelle vient rpondre aux proccupations souleves dans le troisime objectif poursuivi par ladite loi, notamment lamlioration de lefficience des SFD en favorisant la modernisation de leurs instruments de gestion afin quils contribuent davantage lapprofondissement du secteur financier et subsquemment, au dveloppement conomique des Etats de lUnion 2.

    Par ailleurs, cette mthode, applique un chantillon de 269 emprunteurs lIMF Nysigiso au Mali, a montr limportance de la relation de long terme, du taux dintrt, des cots de transactions et du rationnement dans la prdiction du dfaut de remboursement 3.

    Un test effectu en Bolivie avec des donnes historiques a montr que le fait de rejeter les 12% des prts les plus risqus qui avaient t dcaisses en 2000 aurait rduit de 28% le nombre de prts en retard de plus 30 jours4.

    Ainsi, ce texte se propose daborder la technique du scoring comme outil de gestion du risque de crdit dans les SFD sngalais. En effet, il ne sagit pas dune capitalisation ou vulgarisation de la mthode scoring comme exprience vcue dans une Institution de Microfinance au Sngal, mais dune recherche prospective dans loptique de contribuer la diversification des outils utiliss par les SFD pour une meilleure gestion du risque de crdit.

    Pour ce faire, le thme sera abord en trois grandes sections. La premire analyse les diffrents facteurs de risque auxquels sont confronts les SFD avant daborder les outils et approches traditionnels que ces derniers ont mis en place pour grer le risque (et tudier leur lien avec une valuation quantitative du risque de crdit). La deuxime section prsente la technique du scoring - mthodologie et processus de mise en uvre -. Enfin, la troisime formule quelques recommandations pour une utilisation efficace de la technique scoring dans le contexte spcifique de la microfinance sngalaise.

    Diagnostic des facteurs et analyse de la gestion du risque de crdit dans les SFD sngalais Les SFD sngalais, comme toute institution financire, sont confronts quatre grandes catgories de risques : les risques institutionnels, les risques oprationnels, les risques de gestion financire et les risques externes.

    Nous nous intressons aux risques de type oprationnel, particulirement au risque de crdit, le plus connu et le plus important dans les SFD. En effet, cest le risque li lincapacit du client honorer les termes du contrat et qui peut entraner la dtrioration de la qualit du portefeuille de crdit.

    Cette section a pour objet de dfinir dabord le risque de crdit, danalyser ensuite les diffrents facteurs de risque, les approches classiques de gestion des risques et leur lien avec le scoring.

    Les facteurs de risque de crdit Le crdit peut tre considr comme un contrat liant deux individus, le prteur qui sengage mettre la disposition dun autre individu une somme dargent moyennant le payement dun taux dintrt, fix au pralable, sur une priode bien dtermine.

    2 Loi n2008-47 du 3 septembre 2008 portant rglementation des Systmes Financiers Dcentraliss 3 Un modle de Crdit scoring pour une institution de microfinance africaine : le cas de NYESIGISO au Mali, Boubacar DIALLO (2006) 4 Mark SCHREINER, Un Sistema de Scoring del Riesgo de Crditos de FIE en Bolivia (rapport prsent au Fomento de Iniciativas Econmicas, La Paz, Bolivia, 2001).

  • Programme dAppui la Microfinance (PAMIF 1) Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES)

    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 4/10

    Cette relation entre deux individus donne naissance des risques divers que le prteur doit grer pour garantir un bon fonctionnement et la prennit de ses activits. Le risque de crdit pour les SFD est la probabilit de non remboursement du crdit octroy un client. Minimiser ce risque est primordial dans la dfinition des programmes et stratgies du prteur et le processus doit tre matris par son personnel technique. Pour ce faire, les institutions doivent, en plus des approches classiques de gestion du crdit, intgrer des techniques plus scientifiques dans lvaluation du risque pour plus defficience dans le contexte actuel de normalisation et de formalisation du secteur de la microfinance au Sngal.

    Globalement, le risque de crdit chez les SFD au Sngal est li plusieurs types de facteurs dont les plus saillants sont : lasymtrie de linformation, labsence dun SIG fiable, le surendettement, labsence de garantie, etc.

    Lasymtrie de linformation

    Lemprunteur peut cacher au prteur un certain nombre dinformations capitales dans le processus doctroi de crdit qui peut impacter sur le bon droulement des remboursements. Ce phnomne, plus connu sous le nom de la slection adverse, et lala moral (o lemprunteur cherche cacher un phnomne survenu aprs la signature du contrat de prt et qui peut influer ngativement sur les remboursements) peuvt biaiser lvaluation de la qualit du demandeur et la dcision doctroi de crdit.

    Lasymtrie de linformation constitue un facteur de risque majeur dans la mesure o la cible des SFD est caractrise par une activit informelle, labsence doutils fiables pour une information financire de qualit, etc.

    Toutefois, la mise en place du scoring dans un SFD implique au pralable la constitution dune base de donnes de qualit sur les caractristiques des clients (activit, caractristiques socio dmographique, etc.) et peut donc rduire considrablement lasymtrie de linformation par un meilleur SIG.

    Labsence dun SIG fiable

    Avant doctroyer le crdit, le prteur doit disposer dun certain nombre dinformations fiables sur le demandeur, sur son activit (rentabilit, viabilit, etc.), sur lobjet du crdit et toute autre information ncessaire pour une bonne valuation du prt. Le processus de collecte dinformations fiables est difficile mettre en uvre en termes de cot, de temps, et de disponibilit des donnes.

    Par ailleurs, la mthode dvaluation par le score se basant en amont, sur une importante base de donnes fiable sur lhistorique du client et de son activit, son adoption implique la mise en place, dans linstitution, dun SIG fiable et rduit ainsi le risque de crdit.

    En plus de ces facteurs, nous avons le phnomne de surendettement des emprunteurs et surtout labsence de garantie. Pour grer ces risques, les institutions ont dfini divers outils et approches.

    Les outils ou approches mis en place et leurs limites Les SFD ne sengagent pas dans un processus doctroi de crdit sans dfinir au pralable des outils leur permettant de prvenir les dfauts de payement des clients et de rduire les problmes dincertitude et dasymtrie dinformation lis aux prts. Ainsi, pour rduire le risque de crdit, les SFD utilisent gnralement deux approches, notamment lapproche du crdit solidaire et lapproche par les incitations du prt progressif pour le crdit individuel.

    Lapproche du crdit solidaire

    Cette approche se base sur le principe de la responsabilit conjointe des emprunteurs. Ainsi, on distingue les groupes de caution solidaire et les banques villageoises.

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    Atelier dcriture sur la microfinance au Sngal - Page 5/10

    Les prts de groupe de caution solidaire ou prt collectif responsabilit conjointe sont destins des personnes qui nont gnralement pas de garanties matrielles. Ici, le SFD sappuie sur le principe dautocontrle du groupe et la pression sociale pour rduire le risque de dfaillance dans le remboursement du prt. La technique des banques villageoises encore appele groupe dauto assistance aux pauvres qui consiste octroyer du crdit un groupe beaucoup plus largi, responsabilise davantage les membres du groupe surtout dans la gestion financire et l empowerment . Toutefois, cette approche nest pas sans limites. Le groupe constitu pour solliciter le crdit peut tre fictif et, dans ce cas, il ny a pas dautocontrle et le problme de la pression sociale ne se pose pas. Aussi, un mauvais payeur dans un groupe peut entraner lexclusion de tous les membres et conduire linstitution passer ct dune bonne clientle, ce qui peut rduire sa part de march. Par ailleurs, lapproche du crdit solidaire est peu approprie lvaluation par le scoring. En effet, ce type dvaluation a plus de chance de fonctionner avec la mthodologie des crdits individuels.

    La progressivit du crdit individuel

    Dans cette approche, chacun assume ses responsabilits, les crdits sont personnels et individuels et le prteur traite chaque client en fonction de sa solvabilit et non en fonction dun groupe. Ici, la pression sociale nest pas le moyen privilgi par linstitution pour inciter lemprunteur rembourser le prt, cependant il bnficie dun nouveau prt dun montant plus lev sil parvient bien rembourser le premier prt dans les dlais.

    La mthode du scoring est beaucoup plus adapte au systme de prt individuel et permet aux institutions dune certaine taille, bien gres et possdant une base de donnes adquate, damliorer leur efficacit et daccrotre ainsi leur porte. Dans le cas du Sngal par exemple, les grands rseaux et les rseaux mergents gagneraient intgrer cette mthode dans leur dispositif de gestion du risque surtout pour les crdits PME. Cette mthode est prsente dans la section suivante.

    La technique du scoring: mthodologie et mise en place La dcision de loctroi du crdit dans un SFD repose sur lvaluation pralable de lagent de crdit. En effet, ce dernier, en fonction de son exprience, de lvaluation de la solvabilit du client et de son histor...

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