revue d'histoire et de littérature religieuses

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Revue d'histoire et de littrature religieuses. Anne et tome V. 1914.Paris. mile Nourry diteur.

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  • Revue d'histoire et delittrature religieuses

    Source gallica.bnf.fr / Bibliothque nationale de France

  • Revue d'histoire et de littrature religieuses. 1896-1922.

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  • REVUE

    D'HISTOIRE ET DE LITTRATURE

    RELIGIEUSES

    ANNE ET TOME V

    (Nouvelle Srie)

    EMILE NOURRY, DITEUR

    62, HUE DES COLES, 62 (v)

    PARIS

    1914

  • D'HISTOIRE ET DE LITTRATURE

    REVUE

    RELIGIEUSES

  • EN VENTE A LA MME LIBRAIRIE

    ~e('Me d'Histoire et de ~K

  • D'HISTOIRE ET DE LITTRATURE

    RELIGIEUSES

    EMILE -NOURRY, DITEUR

    62, Bt)B DES ECOLES, 62 (v*)

    REVUE

    ANNE ET TOME V

    ~OMpeMe Srie)

    PARIS

    19i4

  • 1UN NOUVEAU BIOGRAPHE

    DE SAINT AUGUSTIN 1

    A premire vue, rien ne semblait prdestiner M. Louis Ber-

    trand devenir le biographe du Docteur de la grce. Jusqu'icison uvre ne comprenait que des essais de critique littraire,des romans et des rcits de voyages. Et, travers tous ces

    crits, il s'tait rvl comme un esthte trs dlicat, non

    -comme un historien.

    Dj en 1889, dans une publication posthume des Essais de

    -son ami Pierre Blerzy, il expliquait que l'tude du pass r-

    pugne nos instincts et reste, d'ailleurs, trangement prcaire;

    puis, il montrait une prfrence trs marque pour le travail

    artistique, qui, uniquement soucieux du prsent, entre en

    rapports directs avec la nature afin d'en dgager l'ternelle

    beaut. Quelques annes plus tard, dans La fin du classicisme

    et dans La renaissance classique, il s'appliquait prouver quenotre littrature, ne d'une imitation de l'antique, est morte

    un certain moment de cette mme imitation, et que seul le con-

    tact de la ralit a pu la faire vivre et la ressusciter. Ds cette

    poque, il se sentait beaucoup moins attir vers Renan ou vers

    Taine que vers Flaubert, dont il ditait peu aprs La premire

    confession de saint Antoine, et a qui il a trs rcemment con-

    sacr une tude trs pntrante et trs sympathique, en sou-

    venir, dit-il, de tout ce qu'il lui doit.

    Aussi la plus grande partie de son uvre est faite de romans.

    Et ceux-ci n'ont rien d'archaque. Ils se droulent notre

    poque, prs de nous. Ils ngligent mme de parti pris les l-

    ments vieillis de notre monde moderne, pour ne considrer

    t. Louis BERTRAXD Saint ~Mgttsfut, Paris (Fayard) 1913, in-16, 462 pages.

    Revue d'Histoire e< de Littrature feKgMMses. V. N* 1

  • PROSPER ALFARIC2

    que les plus jeunes, ceux qui portent en eux l'espoir de l'ave-

    nir. M. Bertrand montre une prdilection spciale pour les

    socits qui s'bauchent, pour celles. o le sang des races se

    mlange, parce qu'il y dcouvre les promesses d'une vie nou-

    velle et plus intense. Il aime surtout dcrire les natures

    robustes et passionnes, la Cina, une belle et ardente amou-

    reuse, Henri Mautoucher, le rival de don Juan, ou encore Ppte

    le bien-aim, un pcheur vigoureux dont raffolent les femmes.

    Enfin, sans voir dans l'individu un produit du milieu, il

    s'intresse beaucoup au thtre sur lequel ses personnages

    voluent. Il possde une me de peintre prise de formes et

    de couleurs. Aussi ses romans trahissent-ils un souci grandis-

    sant du dcor. 11 n'a eu qu' en extraire un certain nombre de

    descriptions pour former un volume trs dense qu'il a pu inti-

    tuler ~e livre de la Mec~er~Mee. Pour lui, cette mer int-

    rieure , qui relie les trois plus vieilles parties du monde, est

    comme le berceau de notre civilisation. Il en a pieusement

    explor les contours. Mais il a surtout dcrit avec un relief

    saisissant les abords du Sahara, le jardin de la mort, et la

    Grce dHso

  • UN NOUVEAU BIOGRAPHE DE SAINT AUGUSTIN 3

    marbres , qui lui donna l'tre une seconde fois en faon-

    nant ses sens encore dbiles en lui enseignant le culte

    salutaire de la force, de la sant, de l'nergie virile H, en rat-

    tachant sa raison gare au solide appui de la tradition .

    Comment, aprs cela, n'et-il pas t attir vers l'vque

    d'Hippone ? Celui-ci, en effet, est le grand Africain Plus

    qu'aucun autre il a exprim le temprament et le gnie de son

    pays. Cette Afrique bariole, avec son mlange ternel de races

    rfractaires les unes aux autres, son particularisme jaloux, les

    contradictions de ses aspects et de son climaLt, la violence de

    ses sensations et de ses passions, la gravit de son caractre et

    la mobilit de son humeur, son esprit positif et frivole, sa ma-

    trialit et son mysticisme, son austrit et sa luxure, sa rsi-

    gnation la servitude et ses instincts d'indpendance, son

    apptit de l'empire, tout cela se rvle en traits saisissants dans

    l'oeuvre d'Augustin.

    D'autre part, l'auteur de la Cina a toujours eu un got trs

    marqu pour le roman psychologique. 11 loue Flaubert de

    n'avoir pas tout sacrifi au dcor et de s'tre avant tout appli-

    qu faire agir ses personnages selon les vraisemblances,

    leur donner une me. Il le flicite aussi de ne s'tre pas can-

    tonn dans la description des murs contemporaines, mais

    d'avoir plutt entrepris de faire revivre l'antiquit dans ce

    qu'elle a de romantique, de passionn, et de dcoratif a. A son

    avis, l'auteur d'un roman, pour ne nous donner que des

    motions reprsentatives, devrait, peut-tre, se reculer fort loin

    dans le pass , car.la ralit n'a de valeur reprsentative

    que si elle se situe dans une poque depuis longtemps disparue, o elle se dpouille de toutes ses contingences pour ne plus

    manifester que ses caractres essentiels et permanents Il

    admire et il a voulu imiter -Sa/a/n~ci. Dans ces conditions, nul

    sujet ne pouvait mieux lui convenir que celui qu'il a choisi.

    Quoi de romanesque, en effet, comme cette existence errante

    de rhteur et d'tudiant que le jeune Augustin promena de

    Thagaste Carthage, Milan et Rome, et qui, commence

  • PROSPER ALFARIC4

    dans les plaisirs et le tumulte des grandes villes, s'acheva dans

    la pnitence, le silence et le recueillement d'un monastre?

    Et, d'autre part, quel drame plus haut en couleur et plus utile

    mditer que cette agonie de l'Empire laquelle Augustinassista et que, de tout cur fidle Rome, il et voulu con-

    jurer ? Quelle tragdie enfin plus mouvante et plus doulou-

    reuse que cette crise d'me et de conscience qui dchira sa

    vie? A l'envisager dans son ensemble, on peut dire que la vie

    d'Augustin ne fut qu'une lutte spirituelle, un combat d'me.

    C'est le combatde tous les instants, l'incessante psychomachie,

    que dramatisaient les potes d'alors et qui est l'histoire du

    chrtien de tous les temps.

    Enfin, ne manquons pas d'observer qu'en M. Bertrand l'es-

    thte est toujours doubl d'un croyant. Dj l'cole normale

    suprieure, sous l'influence de Pierre Blerzy, il se dit que,

    pour faire une uvre d'art, on doit avoir une ide directrice

    et possder par consquent une certaine foi. Il rprouve le

    scepticisme de Renan, qui marivaude avec impertinence sur

    les contradictions apparentes des choses , au lieu de chercher

    les concilier, et il prend trs nettement parti pour la tradi-

    tion catholique, dont il estime que les fondements demeurent

    inbranlables malgr tous les assauts de la critique. Ds cette

    poque, il s'attache mme, d'une faon spciale, Augustin et

    il le voit avec les y