proudhon,pierre-joseph - théorie de la propriété

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Proudhon,Pierre-Joseph - Theorie de la propriete

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Thorie de la proprit (1862)

Pierre-Joseph Proudhon (1862), Thorie de la proprit16

Pierre-Joseph Proudhon (1862)

THORIE DELA PROPRITUn document produit en version numrique par Mme Gemma Paquet,

bnvole et professeure la retraite du Cgep de Chicoutimi

Courriel: mgpaquet@videotron.ca

Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.htmlUne collection fonde et dirigepar Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi

et dveloppe en collaboration avec la Bibliothque

Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi

Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm

Cette dition lectronique a t ralise par Mme Gemma Paquet, bnvole, professeur la retraite du Cgep de Chicoutimi partir de:

Pierre-Joseph Proudhon (1862)

Thorie de la proprit.

Une dition lectronique ralise du livre de Pierre-Joseph Proudhon, Thorie de la proprit (1862).

A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, diteurs, 1866

Montral-Paris: ditions lHarmattan, 1997, 246 pages. Collection Les Introuvables.

Polices de caractres utilise:

Pour le texte: Times, 12 points.

Pour les citations: Times 10 points.

Pour les notes de bas de page: Times, 10 points.

dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2001 pour Macintosh.

Mise en page sur papier format

LETTRE (US letter), 8.5 x 11)

dition complte le 24 juin 2002 Chicoutimi, Qubec.

Table des matiresAvertissement au lecteur, par P.-J. Proudhon

Thorie de la propritChapitre I:Introduction 1er -Des diverses acceptions du mot proprit.

2. -Rsum de mes travaux antrieurs sur la proprit.

Chapitre II:Que la proprit est absolue : prjug dfavorable l'absolutisme.

Chapitre III:Diffrentes manires de possder la terre : en communaut, en fodalit, en souverainet ou proprit. - Examen des deux premires modes : rejet.

Chapitre IV:Opinion des juristes sur l'origine et le principe de la proprit: rfutation de ces opinions.

Chapitre V:Coup d'il historique sur la proprit : causes de ses incertitudes, de ses variations, de ses abus et de ses dchances; elle n'a nulle part exist dans sa vrit et sa plnitude, conformment au vu social et avec une parfaite intelligence d'elle-mme.

Chapitre VI:Thorie nouvelle: que les motifs, par suite la lgitimit de la proprit, doivent tre cherchs, non dans son principe ou son origine, mais dans ses fins. Expos de ces motifs.

1.-Ncessit, aprs avoir organis l'tat, de crer l'tat un contre-poids dans la libert de chaque citoyen. Caractre fdraliste et rpublicain de la proprit. Observations sur le cens lectoral et la confiscation.

2. -Abstention de toute loi rglementaire en ce qui concerne la possession, la production, la circulation et la consommation des choses. Analogies de l'amour et de l'art. Mobilisation de l'immeuble. Caractre du vrai propritaire.

Chapitre VII:quilibration de la proprit. Systme de garanties.

1er -Action de la proprit sur elle-mme.

2. -Systme de garanties; influence des institutions.

Chapitre VIII:La critique de l'auteur justifie.

Chapitre IX:Rsum de ce livre.

P.-J. PROUDHON

THORIE DE LA PROPRIT

L'Harmattan

Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc

Montral (Qc)

A. Lacroix, Verhoeckhoven Ce diteurs, 1866

ditions l'Harmattan, 1997

ISBN : 2-7384-5525-5

THORIE DE LA PROPRIT

Aprs avoir lanc son clbre cri "La Proprit, c'est le vol" en 1840, Proudhon n'a pas cess, tout au long de sa vie mouvemente, de repenser ce problme de la proprit qu'il considrait comme la clef du monde futur.

Dans ses dernires annes, aprs la rvolution de 1848, les preuves de la prison et de l'exil, il formule, en un court volume inachev, ses ultimes rflexions sous le titre Thorie de la proprit. On y retrouve ses interrogations permanentes : comment chapper la fois au capitalisme sauvage, crateur d'ingalits et d'exploitation, et au communisme, crateur d'oppression et de misre ? Comment lutter contre l'emprise de l'tat prdateur, toujours menaant pour les liberts des citoyens?

Il n'est pas de rponse simpliste ces questions, mais il faut rechercher de meilleurs quilibres conomiques et sociaux : le fdralisme socio-conomique, l'autogestion, le mutuellisme et un vritable droit conomique peuvent raliser l'anarchie positive, condition des liberts et de la justice.

Retour la table des matiresAvertissementau lecteur

Retour la table des matiresDans la prface place en tte dit livre de l'Art, nous avons pris l'engagement de dire au public en quel tat se trouve le manuscrit de chacune des uvres posthumes de Proudhon.

Celui que nous publions aujourd'hui contenait deux notes ainsi conues :

I. Avertir le lecteur de bien distinguer cette forme de possder (la possession) que tout le monde, savants et ignorants, mme des lgistes, confond avec la PROPRIT, donnant le nom de celle-ci l'autre.

II. PROPRIT. Donner une analyse exacte et ferme de toutes mes critiques :

1er Mmoire (1840);

2e Mmoire (1841); 3e Mmoire (1842); Cration de l'ordre (1843)

Contradictions conomiques (1846) ;

Le Peuple, etc. (1848- 1852) ;

De la Justice (1858);

De l'Impt (1860);

De la Proprit littraire (1862) .

Proudhon ne voulait pis faire paratre, sa Thorie de la Proprit, bien qu'elle ft prte, ds 1862, ainsi qu'il l'annonait, dans ses Majorats littraires, avant que le programme trac dans les deux notes prcdentes, et surtout dans la seconde, ft rempli. L'auteur n'ayant pas eu le temps de faire lui-mme ce travail, nous avons cru, dans l'intrt de si mmoire, qu'il nous incombait de le suppler. il s'agissait principalement pour lui de montrer que ses ides sur la proprit s'taient dveloppes suivant une srie rationnelle dont le dernier terme avait toujours son point de dpart dans le terme prcdent, et que sa conclusion actuelle n'a rien de contradictoire avec ses prmisses.

Ce rsum forme les soixante-deux premires pages de l'Introduction. Nous y avons pris la forme Je, comme si Proudhon parlait lui-mme : 1 parce que l'ide de cette analyse lui appartient; 2 parce que ce travail trac d'avance ne, constitue pas de notre part une production personnelle, originale; 3 parce qu'il se compose en grande partie de citations textuelles de l'auteur; 4 parce que nous y avons intercal quelques-unes de ses notes indites; 5 enfin parce que, dans les dernires ages du chapitre, Proudhon prend la parole comme s'il avait fait lui-mme ce rsum.

Le lecteur ainsi averti, nous n'avons pas hsit a citer, l'appui des ides de l'auteur, un fait judiciaire qui s'est pass depuis sa mort, et qui a inspir .M. Eugne Paignon un de ses meilleurs articles (voir Introduction, page 10).

Dans le reste de l'ouvrage nous n'avons fait , comme dans le livre de l'Art, que de l'agencement, de la mise en ordre ; choisissant, entre plusieurs expressions d'une mme ide, la plus lucide, la plus complte ; reportant aux chapitres qu'elles concernent les notes parses, complmentaires, explicatives, dont la place tait naturellement indique par leur contenu.

Ajoutons enfin que les divisions par chapitres n'taient pas faites, mais que les titres se trouvent tout entiers en forme de sommaire la premire page dit manuscrit.

J. A. LANGLOIS,

F.G. BERGMANN.

G. DUCHNE

F. DELHASSE.

THORIE

DE LA

PROPRIT

Par Pierre-Joseph Proudhon, 1862.

Retour la table des matiresThorie de la proprit

Chapitre I

Introduction

1er - Des diverses acceptions du mot proprit.

Retour la table des matiresJ'ai promis en 1840, j'ai renouvel ma promesse en 1846, de donner une solution du problme de proprit; je tiens parole aujourd'hui. A mon tour de la dfendre, cette proprit, non contre les phalanstriens, les communistes et les partageux, qui ne sont plus, mais contre ceux qui l'ont sauve en juin 1848, en juin 1849, en mai 1850, en dcembre 1851, et qui la perdent depuis.

La proprit, question formidable par les intrts qu'elle met en jeu, les convoitises qu'elle veille, les terreurs qu'elle fait natre. La proprit, mot terrible par les nombreuses acceptions que notre langue lui attribue, les quivoques qu'il permet, les amphigouris qu'il tolre. Quel homme, soit ignorance, soit mauvaise foi, m'a jamais suivi sur le terrain mme o je l'appelais? Que faire, qu'esprer, lorsque je vois des juristes, des professeurs de droit, des laurats de l'institut, confondre la PROPRIT avec toutes les formes de la possession, loyer, fermage, emphytose, usufruit, jouissance des choses qui se consomment par l'usage? - Quoi, dit l'un, je ne serais pas propritaire de mon mobilier, de mon paletot, de mon chapeau, que j'ai bien et dment pays! - On me contesterait, dit l'autre, la proprit de mon salaire, que j'ai gagn la sueur de mon front ! - J'invente une machine, crie celui-ci; j'y ai mis vingt ans d'tudes, de recherches et d'essais, et l'on me prendrait, on nie volerait ma dcouverte ! - J'ai , reprend celui-l, produit un livre, fruit de longues et patientes mditations ; j'y ai mis mon style, mes ides, mon me, ce qu'il y a de plus personnel dans l'homme, et je n'aurais pas droit une rmunration !

C'est aux logiciens de cette force que, poussant jusqu' l'absurde la confusion des divers sens dit mot proprit, je rpondais, en 1863, d'ans mes Majorats littraires : Ce mot est sujet des acceptions fort diffrentes) et ce serait raisonner d'une manire bouffonne que de passer, sans autre transition, d'une acception l'autre, comme s'il s'agissait toujours de la chose. Que di