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Histoires allgoriques dans les Stras 1 Nous souhaitons renatre au pays de la Suprme Flicit, Les neuf calices de lotus seront nos parents, Une fois les fleurs ouvertes, nous verrons le Bouddha et nous atteindrons le stade de non renaissance. Les Bodhisattvas non rtrogradables seront nos amis. Histoires allgoriques dans les Stras 2 Le Dharma possde une signification trs profonde et transcendante. Il est si prcieux et tellement rare quil nous faut passer des centaines et de milliers de kalpas pour le rencontrer. Nous lavons retrouv maintenant. Nous lcoutons, nous y rflchissons, nous lacceptons et nous le pratiquons. Nous nous promettons de chercher bien comprendre le Vrai Sens des enseignements de Bouddha. Namo Amitbha Bouddha Histoires allgoriques dans les Stras 3 PHT LCH - 2519 (1975) Histoires Allgoriques dans les Stras Kinh n D De THCH HNG O PAGODE (CHA) QUI-SN VNG TU Histoires allgoriques dans les Stras 4 Nous nous prosternons respectueusement devant tous les Bouddhas des dix directions, Nous nous prosternons respectueusement devant tous les Dharmas des dix directions, Nous nous prosternons respectueusement devant toutes les Saghas des dix directions, Pour vous demander de prendre acte de la profonde sincrit de nos voeux. Namo Amitbha Buddha Histoires allgoriques dans les Stras 5 AVANT-PROPOS Dans le Bouddhisme, il existe beaucoup dhistoires mtaphoriques dissmines dans les diffrents stras pour illustrer des penses profondes, afin de faciliter la comprhension du dharma pour les lecteurs. Cest pourquoi, nous souhaitons faire connatre et apprcier cette Voie de la dlivrance pour chaque personne. Nous nous aventurons donc dans la recherche et le rassemblement des exemples allgoriques qui figurent dans les stras : le Saddharmapuarka stra, sc. (Kinh Php Hoa, vn.), le Avatasakastra, sc. (Kinh Hoa Nghim, vn.), le MilindaPahastra (Kinh Na Tin T Kheo, vn.), le Dharmapdastra (Kinh Php C, vn.), le stra aux quarante-deux chapitres (Kinh T Thp Nh Chng, vn.). Il y a en tout 205 histoires rassembles sous le titre de Histoires allgoriques dans les Stras. Des ides mtaphysiques trs profondes et extrmement subtiles sont exprimes pourtant dans un langage trs simple, facile comprendre. Tout lecteur peut en prendre connaissance aisment. Nous souhaitons que ce recueil dextraits de stras puisse tre diffus largement pour aider chacun de nous sur le chemin de la recherche de la vrit. Nous prions aussi les savants, les connaisseurs en la matire de bien vouloir enrichir ce recueil par dautres histoires non rpertories par nous-mmes. Nous les remercions sincrement davance. Vnrable THCH HNG O ******* En collaboration avec le comit de traduction de la Congrgation Linh-Son Internationale dirige par la responsable bhiksuni Su Co Linh Hao, lquipe Amitabha Terre Pure a choisi dditer gratuitement ce livre traduit du vietnamien en franais selon le souhait originel de lauteur. Source Internet : www.amitabha-terre-pure.net Hommage aux Trois Joyauxhttp://www.amitabha-terre-pure.net/ Histoires allgoriques dans les Stras 6 Histoires allgoriques dans les Stras 7 HISTOIRES ALLGORIQUES DANS LES STRAS Chapitre 1 Stra du Lotus (Saddharmapuarka stra, sc. - Kinh Php Hoa, vn.) Histoire n 1 La maison en feu Un trs riche vieillard, au dclin de sa vie, possdait une grande demeure qui abritait sa nombreuse progniture ainsi que sa domesticit. Mais cette maison tait dlabre et remplie danimaux venimeux. Un jour, un incendie se dclara, mais la maison ne possdait quune troite issue. Le vieillard se trouvait ce moment-l lextrieur de la maison, il sinquita pour ses enfants. Il voulut entrer pour les sauver. Se rappelant que la porte tait troite, il ne pouvait pas les faire sortir tous sils se mettaient se dbattre. Malgr le danger imminent, ses enfants continuaient samuser sans crainte, ils ne dsiraient pas, non plus, sortir de l. Ils ignoraient le danger du feu et le fait de mourir calcins. Le vieillard pensa une ruse et scria : Allons mes enfants, jai de trs beaux jouets ici. Il y a des voitures tires par des chvres, par des chevreuils, par des buffles. Tous ces vhicules sont aussi beaux les uns que les autres. Je vais les donner ceux qui sortent de la maison . Ayant entendu cela, les enfants se prcipitrent vers lextrieur. Le pre donna alors chacun de ses enfants un seul et unique modle, une grande voiture trs belle et non les trois varits comme promises dont la taille et la qualit taient diffrentes. Le vhicule offert tait trs grand et trs beau car la richesse du vieillard tait immense. Bouddha demanda Sriputra : Le vieillard a promis ses enfants trois sortes de vhicules mais nen a donn en ralit quun mais trs beau, a-t-il alors menti ? . Sriputra rpondit : Honor du Monde, mme sil ne sagissait que dune petite voiture pas trs belle, le vieillard naurai pas menti, mais en plus il leur a offert la plus grande et belle voiture. En effet, cette promesse nest quun moyen pour sauver ses enfants de lincendie . Bouddha flicita Sriputra : Cest exactement cela ! . Bouddha est le pre de tous, mme sil est dgag du monde. En se souciant des intrts des tres sensibles, il cherche revenir dans cette maison en feu constitue par ces trois mondes pourris, pour les sauver de ce gros incendie : la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ainsi que la Histoires allgoriques dans les Stras 8 souffrance, lignorance, la cupidit et la colre. La maison est en feu, mais les tres sensibles continuent de samuser sans se rendre compte quils sont en train dtre brls vifs. Ils nont pas peur, ni ne sen lassent, ni nont lenvie de sen sortir. Bouddha a trs piti deux et rflchit au moyen de les sauver. Quil leur dmontre le danger par des explications spirituelles ? Ce ne serait pas possible car les tres sensibles sont en train de souffrir de leurs brlures, ils ne pourraient pas comprendre. Cest pourquoi il faut trouver nimporte quel moyen pour les sauver de cette vie de souffrance. Bouddha a propos alors les trois vhicules suivants : - Le vhicule de lAuditeur : (ravakayna, sc. - Thanh Vn Tha, vn.) - Le vhicule du Bouddha par soi : (Pratyekayna, - sc. Duyn Gic Tha, vn.) - Le vhicule de ltre veill : (Bodhisattvayna, - sc. B Tt Tha, vn.) pour sadapter aux diffrentes capacits des tres sensibles. Tout comme ce riche vieillard qui a propos dabord trois vhicules, mais par la suite na donn chacun de ses enfants que le mme Grand Vhicule lorsquils sont sortis de cette maison en feu. Il en est de mme pour Bouddha, il veut sauver les tres sensibles par nimporte quel vhicule : ravaka, PratyekaBouddha, Bodhisattva. Il leur offre le plus beau cadeau dune trs grande utilit : la mditation et la dlivrance. Ce sont des vhicules qui les conduiront vers le plus haut degr de lEveil : SamyakSabuddha. Tout comme ce riche vieillard, Bouddha na pas menti . Histoire n 2 Le fils fugueur Un jeune garon avait fugu de la demeure familiale. Aprs plusieurs dizaines dannes de vie aventureuse, lenfant tait devenu un homme mr mais trs pauvre. Il vivait alors de mendicit et derrance. Un jour, le hasard de ses pas le ramena dans sa ville natale. Pendant tout ce temps-l son pre lavait recherch partout sans succs. Ce pre tait un homme trs riche, ses coffres dbordaient de richesses et sa maison de domestiques. Il avait acquis une rputation la fois nationale et internationale. Il navait jamais voqu la fugue de son fils avec quiconque. Souvent il rflchissait : Je suis un homme trs riche mais sans hritier. Lorsque je mourrai, toute ma fortune sera disperse et perdue. Si je pouvais retrouver mon fils, mme si je devais mourir, jaurais le cur en paix . Ce fils fugueur, un jour par hasard, arriva devant la demeure de son pre. Il jeta un coup dil lintrieur et vit un vieillard richement vtu, assis majestueusement dans un fauteuil, entour de serviteurs. Cette maison Histoires allgoriques dans les Stras 9 tait richement dcore avec une multitude dobjets et de pierres prcieuses. Le fils affol crt quil stait gar dans un palais princier. Craignant dtre pris pour un voleur, il senfuit vers un quartier pauvre correspondant plus sa situation. Il partit la recherche dun travail pour survivre. Le pre reconnut tout de suite son fils en cet homme. Il envoya ses serviteurs le rattraper. Une fois pris, le fils les supplia de le relcher, mais sans succs. Trop effray, il tomba et perdit connaissance. Le pre dit alors ses serviteurs : Je nai pas besoin de cet homme. Jetez de leau sur lui pour le faire revenir lui et laissez le repartir . Sachant que son fils tait habitu vivre dans la misre, sil lui rvlait inopinment quil tait le fils dun homme trs trs riche, son fils ne le croirait srement pas et il serait encore plus effray. Il valait mieux le laisser partir et trouver ensuite un autre stratagme pour le convaincre. Ctait cela la pense secrte du pre. Il envoya alors deux de ses hommes de confiance dguiss en clochards vers le quartier o vivait son fils pour essayer de le persuader de lengager comme domestique. Convaincu de pouvoir gagner un bon salaire, le fils accepta loffre. Tous les trois devinrent alors boueurs chez le riche vieillard. Voyant laspect misrable et poussireux de son fils, le pre fut profondment mu. Il changea ses riches vtements contre de vieux habits, plus simples et uss. Il sapprocha lentement du groupe des boueurs et sadressa son fils : Restez travailler ici. Vous aurez un salaire un peu plus important. Quand vous aurez besoin de quelque chose, adressez-vous moi et considrez moi comme votre pre . Le fils fut enchant mais noublia pas son rang trs modeste. Un jour le pre tomba malade. Il appela son fils et lui confia le plein pouvoir de la gestion de sa fortune. Il lui permit dentrer et sortir librement, mme le droit dhabiter chez lui. Mais le fils remplit strictement ses responsabilits sans oser trop dpenser. Il habitait au mme endroit sans jamais sapprocher de la demeure de son patron. Au bout dune courte priode, le riche vieillard sentant approcher la fin de sa vie, runit toute sa parent, invita mme le Roi et ses mandarins cette runion. Il dsigna alors son fils-serviteur et dit : Voici mon fils unique qui ma quitt lors dune fugue quand il tait enfant. Aujourdhui heureusement nous sommes runis. Je vais lui transmettre toute ma fortune quil a dj gre. Il est au courant de toutes mes affaires . En entendant cela le fils fut trs heureux pensant que ctait un vrai miracle. Car sans y avoir rv, il reut ce cadeau. Comme conclusion de cette illustration, les quatre grands disciples de Bouddha lui dirent respectueusement : Ce riche vieillard serait par exemple Vous, notre Seigneur et le fils serait nous. Bouddha a le rang de Histoires allgoriques dans les Stras 10 pre et nous sommes les enfants de Bouddha. A cause des Trois Souffrances , nous nous sommes enferms dans le cycle de morts et de renaissances. Nous devons supporter les passions, les soucis et lignorance. Nous prfrons les petites croyances comme le fait de ramasser les ordures ou les croyances de pacotille et nous nous en contentons comme quivalents du Nirva. Bouddha noblige pas tout le monde suivre le mme chemin car chacun a droit sa part de Connaissance. Bouddha nous laisse libre de suivre nos petites ambitions. Selon les circonstances, les aptitudes personnelles, Bouddha nous duque par la suite. Nous sommes les enfants de Bouddha mais nous ignorons ce fait. Cest pourquoi nous navons pas espr recevoir cet inestimable hritage de notre pre le Bouddha. Nous nous contentons avec le dharma des deux Vhicules. Ce fait est d ce que nous ne nous considrons pas comme des enfants de Bouddha, cest pourquoi Bouddha ne peut pas nous reconnatre. Nous pensons que nous sommes comme ce pauvre fils qui a rencontr son pre mais na pu le reconnatre. Ensuite, grce au stratagme du pre qui la dabord engag comme domestique pour le former ensuite en homme comptent capable de grer lhritage avant de le reconnatre et lui confier le plein pouvoir de la jouissance. Nous sommes comme ce fils, nous sommes reconnus par Bouddha qui nous offre le prcieux Dharma que nous navons jamais espr, mais que nous obtenons maintenant de faon inopine . Histoire n 3 Une averse Bouddha est la Connaissance. Il domine toutes les connaissances. Il diversifie ses mthodes denseignement selon les circonstances. Mais si les discours sont diffrents, ils mnent tous au mme but ultime : lVEIL. Prenons lexemple dune averse. Toute la vgtation, depuis lherbe jusquaux arbres, y compris les plantes mdicinales, malgr leurs diffrences de tailles, a pu recevoir cette eau. Cependant, selon la vitalit de chaque genre, et la capacit dabsorption, les temps de floraison et de fructification ne sont pas les mmes, malgr le mme terrain qui les reoit et la mme pluie qui les arrose. La prsence de Bouddha en ce bas-monde est comparable un nuage et son enseignement une averse. Elle arrose tous les tres sensibles. Semblable la vgtation, chaque tre reoit sa part de pluie selon ses propres capacits dabsorption et en bnficie. Tout comme la pluie nest pas privative, Bouddha est juste de la mme faon et dispense son Enseignement tous. Grce cela, toute la vgtation : Histoires allgoriques dans les Stras 11 petite, moyenne et grande peut profiter des bienfaits selon ses propres possibilits. Histoire n 4 La lumire du soleil Mahkyapa posa respectueusement cette question Bouddha : Le dharma peut tre compar la lumire du Soleil et de la Lune. Il claire quitablement tous les lieux. Pourquoi y a-t-il alors trois vhicules ? . Bouddha rpondit : Il y a un seul type dargile mais les modes dutilisation sont diffrents. Par exemple, pour contenir le sucre, lhuile, le lait, il faut faire des pots de diffrentes tailles. De mme, il ny a quun seul vhicule du Bouddha (Buddhayna). Il ny en a ni deux, ni trois . Histoire n 5 Laveugle Mahkyapa posa ensuite une autre question : Sil ny a que le vhicule du Bouddha, combien y a t-il alors de Nirva ? . Bouddha rpondit : Il ny en a quun seul . Ecoutez attentivement cet exemple : Il y avait un aveugle de naissance. Pour cet homme priv de la vue, il nexistait ni forme, ni couleur, ni ciel, ni toile, ni personne pour admirer le paysage et regarder les toiles. Si quelquun lui disait que tout cela existe, il ne voulait absolument pas le croire. Heureusement il y avait un mdecin capable de gurir toutes les maladies. Ayant piti de cet homme aveugle il rflchit la mthode pour le gurir. Cest sur la montagne seulement quon peut trouver les quatre types de plantes mdicinales susceptibles de gurir la ccit : cest lherbe qui a tous les gots et toutes les couleurs, lherbe qui gurit toutes les maladies, lherbe antipoison et lherbe qui apporte le calme en toutes circonstances. Aprs mre rflexion, le mdecin se rendit la montagne pour cueillir ces plantes mdicinales. La potion une fois prise, laveugle retrouva la vue. Il vit le paysage extrieur et ce quil y avait en lui, il vit de loin et de prs, le ciel et la terre. Il se rendit compte que jadis il tait stupide. Il se dit alors : Maintenant je vois tout, jai chapp la ccit, jai retrouv la clairvoyance. Qui peut encore me surpasser ? . Un immortel ayant acquis les cinq dons de la vue vint alors lui dire : Vous ne savez rien encore, alors ne soyez pas si satisfait de vous- Histoires allgoriques dans les Stras 12 mme ! Assis lintrieur de la maison, vous ne pouvez pas voir ce qui se passe dans la rue. Les autres personnes vous aiment, vous dtestent. Sils ne disaient rien, que pourriez-vous en savoir ? Quant loue, le son des tam-tams, des sirnes dans le lointain, les voix qui sinterpellent une certaine distance de vous, vous ne pouvez pas les percevoir. Pour marcher, vous utilisez vos jambes. Si vous ne les utilisiez pas pour avancer vous vous serviriez de vos coudes. Vous ne pourriez progresser que sur quatre cents coudes. Quand vous tiez dans le ventre de votre mre, lespace intra-utrin tait trop troit. Actuellement vous rappelez-vous de cette troitesse ? Et que connaissez-vous pour prtendre : je vois tout ? Vous devez vous rendre compte que la lumire, votre avis, est en ralit de lobscurit. Ce que vous nommez lobscurit est en ralit la lumire . Ayant cout ce discours, lhomme demanda : Oh, Grand Sage, pourriez-vous menseigner comment faire pour tout savoir ? . Limmortel lui rpondit : Il suffit de chercher un endroit tranquille, dans la fort ou sur la montagne par exemple, pour rflchir toutes les choses et pour vous dlivrer de toute tentation. Une fois la srnit acquise, vous aurez la clairvoyance . Lhomme suivit ces conseils, et il acquit alors les cinq dons de la vue. A ce moment-l, il se rendit compte alors quauparavant, il tait aveugle tout en ayant des yeux sains. Bouddha dit alors Mahkyapa : Il faut comprendre le sens de cet exemple comme ceci : ltat daveugle de naissance dsigne le fait que les tres humains sont encore emprisonns dans le cycle de naissances/morts et la rincarnation (sasra, sc.). Ils ne connaissent pas toutes les choses, ils accumulent les effets ngatifs provenant de toutes les tentations. Aveugls par lignorance (avidy, sc.), ils laissent les passions et les mauvais jugements les rendre malheureux indfiniment. Bouddha doit tre considr comme un grand mdecin. Les quatre plantes mdicinales sont : la vacuit, la non-forme, le non-dsir ajouts au Nirva. Les Arhats et les Pratyekabouddhas sont comparables des aveugles ayant retrouv la vue, aux tres dlivrs des chanes de la souffrance et de la perptuit des cycles du sasra ; ils ont quitt les trois mondes. Ils pensent que cest suffisant. La vue de ces deux grades nest pas comparable la connaissance du Bouddha. Bouddha enseigne alors le dharma de Bouddha, pour leur ouvrir la Bodhicitta . Histoires allgoriques dans les Stras 13 Histoire n 6 Lendroit qui contient beaucoup de trsors Sur le chemin de la recherche de lEveil, les disciples de Bouddha de bonne volont ont besoin des diffrents moyens proposs par leurs matres et guides pour parvenir bien comprendre le Dharma. Dans sa compassion infinie pour tous les tres sensibles, Bouddha a fait cette comparaison : un groupe de voyageurs bien dtermins se lance la recherche de trsors. Pour arriver en ce lieu tant convoit, le trajet est sem de dangers, trs long et peu frquent. Il faut traverser des rgions dsertiques et inhospitalires. Pour pouvoir semparer de ce trsor, ce groupe de voyageurs demande laide dun guide intelligent et courageux. Malgr cela, cause de la longueur du trajet, les voyageurs sont fatigus, angoisss et dcourags. Ils manifestent alors le dsir de rebrousser chemin. Ayant piti de ces voyageurs dcourags qui veulent abandonner leur qute du trsor, le guide imagine un stratagme : Grce mon pouvoir dillusionniste, je vais crer un refuge. Je vais dire aux voyageurs dy entrer pour se reposer. Une fois quon aura rcupr, il sera toujours possible de continuer jusquau lieu du trsor . Les voyageurs sont tous daccord et acceptent cette proposition. Voyant quils ont retrouv leurs forces, le guide leur dit : Ce refuge a t cr par moi pour que vous puissiez vous reposer. Mais vous ntes pas encore arrivs au but. Vous devez faire encore un effort pour parvenir au lieu o il y a le trsor. Il nest plus trs loin . Bouddha connat la mentalit des tres sensibles qui redoutent leffort fournir et les difficults franchir pour parvenir lEveil. Bouddha, comme ce guide des voyageurs, nous explique : Il y a deux sortes de Nirva : un pour les Arhats, un autre pour les Pratyeka. Mais lhomme a mal compris en croyant que ces deux Nirvas constituent son but ultime. Bouddha explique alors la Vrit : Si vous pratiquez de cette faon, vos efforts ne seront pas encore termins. Il faut avancer encore et encore pour parvenir au but final . Histoire n 7 Un homme pauvre A lpoque o Bouddha enseignait le Stra Saddharmapuarka, il y avait mille deux cent Arhats qui pensaient dans leur for intrieur : Si Bouddha nous donnait, nous tous, sa bndiction comme il la fait pour ses grands disciples, nous serions trs satisfaits ! . Histoires allgoriques dans les Stras 14 Bouddha devina ce souhait. Il donna sa bndiction tour de rle, aux cinq cents Arhats. Pour commencer, ce fut pour Kaudinya (Kiu Trn Nh, vn.). Tous deviendront alors Bouddhas sous le nom de Samantaprabhsa (Ph Minh, vn.). Trs heureux, les cinq cents Arhats se prosternrent devant Bouddha et dirent : Honor du Monde, depuis toujours nous avons cru que nous avions atteint le Nirva, nous tions vraiment inconscients. Nous croyions que notre petit acquis tait suffisant, comparable la grande connaissance des Bouddhas . Ils citrent alors un exemple pour Bouddha : Dans limmense trsor du Dharma, nous navons acquis quune infime partie que nous croyons suffisante. Nous ressemblons ce misrable qui rendit visite un ami qui tait trs riche. Aprs avoir particip au festin, il sendormi, ayant bien bu. Press, son ami riche sen alla, pour faire un cadeau son ami pauvre, il cacha dans un coin de son habit une pierre prcieuse dune valeur inestimable. Une fois dsenivr, le pauvre sen alla son tour sans savoir quil avait en sa possession une pierre prcieuse. Il alla stablir dans un autre pays. Il y travaillait pniblement et avait acquis un peu de biens quil estimait dj suffisant pour lui. Il navait pas os esprer une vie meilleure. Un jour, il rencontra de nouveau son ancien ami riche. Ce dernier ayant vu sa pauvret, lui demanda pourquoi il navait pas utilis la pierre prcieuse cache dans ses vtements pour senrichir ? Cest ce moment-l seulement que le pauvre homme se rendit compte quil tait aussi riche que les autres. Il employa alors cet avoir pour faire du commerce et devint riche . Ces Arhats concluaient ainsi : Nous sommes semblables ce pauvre homme. Depuis trs longtemps, Bouddha nous a enseign et sem dans notre esprit le grand dsir de devenir Eveill. Mais nous ne nous en rendions pas compte. Nayant acquis quune infime partie du Nirva nous nous en contentions en croyant que ctait suffisant. Mais maintenant, vous nous avez rvl que : parvenir lultime Eveil est le Vrai Nirva . Histoire n 8 Creuser un puits pour tancher la soif Sadressant au Bodhisattva Bhaichadyaradja, Bouddha dit : Que ce soit un bouddhiste lac ou un moine, celui qui est parvenu ltat de Bodhisattva mais qui na pas la capacit de voir, dcouter, de rciter, de noter ou de comprendre, dhonorer le Stra Saddharmapuarka, on sait alors que cette personne na pas encore pratiqu les prceptes des Bodhisattvas. Celui qui a eu loccasion dcouter Vous dsirez lire la suite ? Les 206 Histoires ? - Table des matires dun clic.... - Faites une demande motive en vous prsentant sur la page : Contact - Devenez membre Espace Restreint Amitabha Terre Pure (bientt) http://www.amitabha-terre-pure.net/contact_amitabha_terre_pure.phpHistoires allgoriques dans les Stras 15 ce stra, peut par la suite appliquer les prceptes des Bodhisattvas. En effet, une fois entendu, il peut les comprendre, les assimiler, les accepter et les pratiquer. On peut alors dire que cette personne sapproche de lEveil. Par exemple, quelquun a soif, il entreprend de creuser un puits. Sil voit que la terre est encore sche, il doit savoir que leau est encore loin. Il doit alors continuer creuser sans relche. Quand il verra que la terre est humide, quapparat ensuite la vase, il saura alors que leau est proximit. Le Bodhisattva qui na pas encore compris le Stra Saddharmapuarka, il est encore loin de lEveil. Celui qui a tudi, rflchi, pratiqu lenseignement de ce stra, il sapproche alors de lEveil . Histoire n 9 Le prcieux Joyau Sadressant au Bodhisattva Majuri, Bouddha dit : Aprs la rintgration de Bouddha au Nirva, les Bodhisattvas qui ont atteint la srnit, ne pourront pas commettre derreurs en enseignant le Stra Saddharmapuarka. Ils seront respects par les souverains, les mandarins, jusquau peuple. Les Devas les protgeront toujours parce que le Stra Saddharmapuarka tait, est, et sera soutenu par les Bouddhas des trois temps. Bodhisattva Majuri ! Dans tous les pays, le nombre de personnes ayant eu loccasion dcouter le Stra Saddharmapuarka est inexistant, alors que dire de celui des personnes qui ont lu, tudi et rcit ce stra. Prenons un exemple, un Roi ayant pacifi son pays, a voulu rcompenser ses officiers et ses soldats. Il peut leur attribuer des terres, des vtements, des pierres prcieuses, des voitures, des domestiques. Mais il ne donne jamais le prcieux joyau qui orne le sommet de sa coiffe. Il en est de mme pour Bouddha. Grce son nergie illimite due la mditation et la sagesse, Bouddha est le Roi de la Loi qui rgne sur les Trois Mondes. Mais Mra 1 ne veut pas se soumettre la Loi de Bouddha. Alors Bouddha a envoy les Sages comme gnraux pour le combattre. Vis--vis de ces combattants pleins de mrites, Bouddha, en tant que Roi de la Loi a distribu beaucoup de rcompenses : les mditations, les dlivrances, lextinction des passions ainsi que les fondations du Nirva. 1 Mra : est le Roi du royaume Pranirmit-vasavartin, sixime Ciel du monde du Dsir. Histoires allgoriques dans les Stras 16 Toutes ces perspectives peuvent tre considres comme celles de la libration, de la non-renaissance pour les guider, pour leur donner de lenthousiasme, mais Bouddha ne leur a pas encore enseign le Stra Saddharmapuarka. Les souverains humains, aprs la victoire sur les rebelles, pour rcompenser les combattants les plus mritants, vont leur donner leurs inestimables et prcieux joyaux. Il en est de mme pour le Bouddha. Quand il a vu que ses armes de Sages ont remport la grande victoire sur les cinq dfauts, les souffrances, la mort, ont teint les trois pulsions dangereuses, sont sorties des trois mondes, ont combattu tous les piges tendus par les dmons, Il leur enseigna le Stra Saddharmapuarka, le suprme enseignement de Bouddha . Histoire n 10 Le bon mdecin expriment Sadressant aux Bhikkhus le Bouddha dit : Vous devez savoir quil est trs difficile de rencontrer des Bouddhas qui font acte de prsence en ce bas-monde. Durant des ternits, les humains qui sont des tres ayant peu de mrites, pourraient ventuellement les apercevoir de rares fois ou pas du tout. Cest pourquoi je vous dis quil est trs difficile de rencontrer des Bouddhas . En entendant ces paroles et en prenant conscience de cette difficult, les tres sensibles pourraient se mettre les vnrer et essayer de faire de bonnes actions pour pouvoir recueillir des mrites dans le futur. Cest pourquoi, les Bouddhas nont pas rellement disparu tout en ntant plus dans ce bas-monde. Il en est de mme pour lenseignement des Bouddhas. Ils sont sincres, vridiques et non mensongers. Ils nont quun seul objectif, celui de secourir tous les tres sensibles. Comme ce bon mdecin trs expriment, intelligent et clair qui savait prescrire des mdicaments adapts, trs efficaces pouvant gurir tous les malades. Il avait une famille trs nombreuse. Lors dune occasion o il devait sabsenter de chez lui, ses enfants, la maison avaient absorb des produits toxiques. Ils taient devenus fous et taient tombs inanims par terre. Heureusement ce moment-l le pre tait de retour de son voyage et saperut que certains de ses enfants avaient encore leur esprit, par contre dautres ne lavaient plus. Mais en voyant leur pre rentrer de son voyage, Histoires allgoriques dans les Stras 17 ils furent tous trs contents et heureux. Ils lui souhaitrent trs respectueusement la bienvenue et lui dirent : Par mconnaissance, nous avons bu des mdicaments toxiques, nous vous prions de nous sauver de la mort . Prenant piti de la souffrance de ses enfants, il leur prpara, selon ses expriences, des mdicaments agrables voir et odorants. Il leur dit : Voici des mdicaments doux et apptissants, buvez-les. Ils vous dbarrasseront de la souffrance et limineront tous les dangers . Les enfants qui taient encore sains desprit, les burent tout de suite et furent guris immdiatement. Ceux qui avaient perdu lesprit, taient contents de voir leur pre, souhaitaient avoir des mdicaments mais ne voulaient pas les boire malgr leurs aspects apptissants et odorants. Ils redoutaient leur mauvais got. Le pre rflchit : Ces enfants font piti. Ils veulent tre sauvs par leur pre mais ne veulent pas prendre les mdicaments. Leur esprit est perturb par la prise des produits toxiques. Il me faudrait donc utiliser la ruse . Il leur dit : Je suis g et affaibli. Je vais mourir bientt. Il me reste des mdicaments trs efficaces, je vous les laisse. Gardez-les pour les prendre en cas de besoin. Ainsi, vous ne pourrez pas les confondre avec les mauvais mdicaments . Aprs ces recommandations, le pre sen alla vivre dans un autre pays et envoya un messager pour annoncer sa mort ses enfants. En apprenant cette nouvelle, les enfants qui avaient perdu lesprit, pensrent : Notre bon pre est dcd, il ny aura plus personne pour nous sauver ! Ces regrets persistants finirent par leur ouvrir les yeux. Ils se rendirent compte enfin que les mdicaments laisss par leur pre taient vraiment efficaces. Ils les burent immdiatement et tous les effets toxiques furent enfin dfinitivement limins. En apprenant cela, le pre revint chez lui et se montra ses enfants. Bhikkhus, que pensez-vous de cette histoire, le mensonge de ce mdecin constitue t-il une faute ? - Seigneur, non. Le Bouddha dit alors : Il en est de mme pour moi. Depuis que jai atteint lEveil durant de multiples ternits, pour secourir les tres sensibles, jai d dire que je regagnerai le Nirva. Par rapport la vrit, on ne peut pas dire que jai commis la faute de mentir . Histoires allgoriques dans les Stras 18 Histoire n 11 Le jeune pre et ses enfants plus gs que lui Bodhisattva Maitreya demanda respectueusement Bouddha : Seigneur, lespace de temps qui spare votre Eveil sous larbre Bodhi jusqu lheure actuelle nest pas encore trs long, pourtant vous avez dj reu lhommage de plusieurs Bouddhas ainsi quun grand nombre de Bodhisattvas ayant dj pass de multiples kalpas de perfectionnement. Vous tes comparable un vieillard ayant dj 100 ans dge et qui sadresse ainsi un jeune homme : Vous tes mon pre . Un pre plus jeune que son fils est un fait peu vraisemblable pour le commun des mortels. Nous prions notre Seigneur de bien vouloir claircir ce doute pour les gnrations futures . Le Bouddha rpondit : Bodhisattvas, depuis mon Eveil jusqu prsent, une infinit de kalpas ainsi que des milliards et des milliards dannes se sont coules. Mais durant tout ce temps-l, jtais et je suis toujours en ce bas-monde pour duquer ltre humain, comme dans plusieurs autres mondes pour rendre service tous les tres sensibles. Bodhisattvas, coutez-moi bien : Pendant tout ce temps-l jai toujours accompli mon sacerdoce tout en proclamant ma rintgration au Nirva. Mais ce nest quun stratagme, un moyen pour aider les humains en fonction de leur niveau de comprhension. Jai utilis des paroles contradictoires, tantt je dis que je rintgre le Nirva, tantt je dis que je suis encore en ce monde. Les tres sensibles aiment les petites explications. Cest pourquoi jai expliqu comme ceci : quand je me suis fait moine, jtais encore jeune. Aprs la priode de perfectionnement, jai atteint lEveil et le stade de Samyaksabuddha . Mais cet tat de Bouddha je ne lai pas acquis en cette vie seulement. Ce nest quun moyen utilis pour duquer les tres sensibles. Je reviens en ce monde selon les circonstances et les besoins pour renforcer leur croyance, pour quils sengagent dans la voie menant vers lEveil. A cause de cela, jexplique maintenant cette habile stratgie . Bodhisattvas, coutez attentivement ceci : Les Bouddhas propagent leurs enseignements pour sauver tous les tres sensibles. Tantt ils parlent deux-mmes, tantt des autres, tantt ils racontent leurs propres histoires, tantt celles des autres. Leurs enseignements sont sincres. Selon les connaissances des Bouddhas, les trois mondes nont pas leur existence propre. Comme il ny a pas de trpas ni de naissance, ni de changement de forme, ni dtres vivants rsidant en ce bas-monde, ni de mort, ni de vrit, ni dillusion, ni dgalit, ni de diffrences. Rien ne correspond ce que les habitants des trois mondes ont vu et compris. Ils sont encore Histoires allgoriques dans les Stras 19 enferms dans le systme de la diffrenciation des phnomnes. Les Bouddhas connaissent tout cela et ne se trompent jamais. Les tres sensibles sont conditionns par leurs dsirs cest pourquoi ils ont mis au point leur systme de diffrenciations. Cest pourquoi les Bouddhas doivent leur parler beaucoup propos des causes et effets pour les encourager faire du bien. Le Tathgata est devenu Bouddha depuis une multitude de kalpas et renat en ce monde durant dinnombrables vies. Pourtant Il y rside de faon permanente sans disparition ni renaissance. Cest pour secourir les tres sensibles quune stratgie est mise en place en proclamant la rintgration du Bouddha au Nirva . A ce moment-l, une question fut pose : Alors pourquoi ne pas dire que Bouddha est omniprsent, que Bouddha est immortel ? . Cest parce que les gens qui ont peu de mrites ne veulent pas faire de bonnes actions pour recueillir de bons effets. Sils savaient que Bouddha tait toujours prsent en ce monde, ils deviendraient dpendants et cupides. Ils se condamneraient vivre toujours dans lillusion. A cause de cela, Bouddha utilise le stratagme : naissance et rintgration au Nirva, pour avoir loccasion de dire : il est trs difficile pour les Bouddhas de renatre en ce monde, par consquent les occasions pour les rencontrer sont trs rares. Il faut attendre des milliers et des milliers de Kalpas pour larrive dun Bouddha. Cest pourquoi rencontrer un Bouddha est chose extrmement rare. En entendant ces paroles, les tres sensibles pensent que lopportunit pour rencontrer Bouddha est rare. De ce fait, ils prouveront lardent dsir de le voir. Grce ce dsir, ils sappliqueront faire de bonnes actions pour recueillir des mrites. Cest pourquoi, tout en tant omniprsent en ce monde, Bouddha proclama : je vais rintgrer le Nirva . ******* Histoires allgoriques dans les Stras 20 Chapitre 2 Stra Milindapahas 2 (Les questions du Roi Milinda, fr. - Kinh Na Tin T Kheo, vn.) Histoire n 12 Une prire adresse Bouddha est comparable une barque Le Roi Milinda posa une question au Bhikkhu Ngasena : Q. Une certaine personne a cr beaucoup de mauvais karmas durant sa vie. Cent ans aprs, arrive lheure de sa mort, si cette personne sait faire une fervente prire Bouddha, elle renatra dans le monde cleste. Il mest trs difficile de croire ce fait . Il y a encore dautres personnes qui disent : Si on tue, ne serait-ce quune seule fois, on sera condamn aller en enfer aprs la mort. Je nen suis pas convaincu, non plus . Q. Bhikkhu Ngasena questionna le Roi son tour : Si quelquun pose une pierre sur leau. Cette pierre flottera t- elle ou senfoncera t- elle dans leau ? . R. Le Roi rpondit : Elle senfoncera . Q. Bhikkhu Ngasena reprit : Si on empile cent grosses pierres sur une barque, ces pierres senfonceront-elles dans leau ? . R. Le Roi dit : Non . Bhikkhu Ngasena expliqua alors : Grce la barque, les cent grosses pierres ne senfonceront pas, en effet, dans leau. Celui qui a fait de trs mauvaises actions mais qui sait se repentir sincrement et prie Bouddha, le Tathgata le sauvera de lenfer et il renatra dans le monde cleste. Ceci est clair, pourquoi ne pas laccepter ? Une petite pierre qui senfonce dans leau est semblable une personne qui a fait une mauvaise action et qui ne sait pas se repentir ni prier Bouddha. Il sera condamn en enfer. Pourquoi ne pas accepter cette vidence ? . R. Le Roi Milinda flicita le Bhikkhu Ngasena en ces termes : Cest trs trs juste. Vous expliquez trs trs bien . 2 Texte sous forme dun dialogue entre le Bhikkhu Ngasena et le roi grec Menandre (Milinda en pli), souverain du Penjab (160-140 avant J.C), Philippe Cornu : Dictionnaire encyclopdique du bouddhisme, p.367, Seuil, 2001. Histoires allgoriques dans les Stras 21 Histoire n 13 Le moine et son corps Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Un moine aime t-il sa propre personne ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Une fois devenu moine on ne saime plus . Q. Le Roi Milinda poursuivit : Si vous ne teniez pas votre personne, pourquoi faut-il vivre dans une maison pour avoir chaud et manger de bons plats pour la protger ? . Q. Bhikkhu Ngasena demanda alors au Roi : Votre Majest, vous tes-vous dj engag dans des batailles ? R. Oui, plusieurs fois, rpondit le Roi. Q. Etiez-vous bless ? Combien de fois ? Comment faisiez-vous pour gurir blessures ? R. Je me soignais avec des mdicaments et des pansements. Q. Est-ce parce que vous aimiez ces blessures que vous en preniez soin ? R. Non ce nest pas par amour pour ces blessures. Q. Alors pourquoi vous soigniez-vous ? R. Mais pour quelles gurissent vite . R. Bhikkhu Ngasena expliqua alors : Il en est de mme pour les moines. Ils ne tiennent pas compte de leur corps. Cest pourquoi ils ne shabillent pas richement ni ne mangent pas de bons plats. Cest juste pour maintenir le corps en bonne sant pour pratiquer et promulguer les enseignements de Bouddha. Cest pourquoi, les stras expliquent que le corps humain possde neuf trous qui ne laissent sortir que des choses malodorantes et sales . R. Le Roi Milinda flicita le Bhikkhu Ngasena : Cest trs trs bien. Cest une brillante dmonstration . Histoire n 14 Tel arbre, tel fruit Le Roi Milinda posa une question au Bhikkhu Ngasena : Q. En ce bas-monde, tout tre humain a un corps : la tte, le visage, les yeux, le nez, ainsi quun corps et les membres, etc. Cependant, certaines personnes vivent longtemps, dautres meurent jeunes. Les uns ont beaucoup de maladies, dautres trs peu. Ils sont pauvres ou riches, nobles ou roturiers, beaux ou laids. Histoires allgoriques dans les Stras 22 Certains obtiennent la confiance de leurs semblables, dautres par contre, sont suspects. Les uns sont trs intelligents, les autres sont dbiles. Pourquoi toutes ces ingalits, Vnrable ? . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Prenons lexemple de tous les fruits de ces diffrents arbres. Certains sont piquants, acides, dautres sucrs . Bhikkhu Ngasena posa son tour une question au Roi : Q. Votre Majest, pourquoi sont ils diffrents ? . R. Le Roi rpondit : Parce quon a plant plusieurs arbres qui sont de diffrents genres . R. Bhikkhu Ngasena dit alors : Il en est de mme, semblables ceux qui plantent ces arbres, les tres humains, cause de la faon dagir diffrente de chacun, aucun nest comparable un autre. Cest pourquoi, les consquences de leurs actes sont diverses comme Votre Majest a fait remarquer ci-dessus. De plus, tous les humains ont une bouche, pourquoi certaines personnes peuvent-elles parler alors que dautres sont muettes ? Les enseignements de Bouddha expliquent ce phnomne comme suit : les riches, les pauvres, les bons, les mchants sont les produits de leurs actes commis dans les vies antrieures. Cest ainsi que le bnfique, la mchancet, la bont, la laideur prennent forme. Telles causes, tels effets . Histoire n 15 La moisson du riz Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Nous prions le Vnrable de nous expliquer ce quest la concentration et comment est la sagesse ? . R : La concentration est la comprhension. La sagesse est la rupture dfinitive . Q : Nous vous prions, grce votre grande compassion, de nous faire la comparaison pour que nous puissions comprendre . R : Votre Majest a certainement dj vu comment les moissonneurs travaillent ? Avec la main gauche ils rassemblent un certain nombre de tiges de riz, avec la main droite ils coupent ces tiges. De la mme faon, celui qui pratique le perfectionnement, grce lesprit, rassemble ses ides, puis il utilise son intelligence pour exterminer les souffrances. Cest pourquoi on dit : la concentration est la comprhension et la Sagesse est la rupture dfinitive . Histoires allgoriques dans les Stras 23 Histoire n 16 La pierre prcieuse qui purifie leau Le Roi Milinda questionna Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, voulez-vous, sil vous plat, mexpliquer ce quest la foi ? R. Croire cest devenir pur et progresser, jusqu parvenir lveil. Q. Devenir pur cest quoi ? R. Celui qui croit, ne doute pas et nhsite pas. Croire, cest faire confiance Bouddha, au Dharma et au Sagha. Cest accepter quil y a la possibilit de parvenir au stade dArhat, quil y a le cycle des renaissances, quil y a de bonnes et mauvaises consquences pour les bonnes et mauvaises actions. Grce cette foi juste, le cur est purifi et les cinq mfaits sont extermins. Ces cinq mfaits sont : la luxure et la colre, la paresse et le penchant pour le sommeil, la prodigalit, lamour des plaisirs, la suspicion. Si ces cinq mfaits ne sont pas encore extirps, le cur restera impur. Une fois ces mauvaises actions limines, les sentiments deviendront purs. Q. Sil vous plat, donnez des exemples pour que je puisse comprendre. R. Prenons lexemple dun Roi qui traverse une rivire. Il a emmen avec lui ses voitures, ses attelages et son arme. De ce fait leau de la rivire est devenue trouble. Une fois la traverse accomplie, le Roi a soif. Supposons que le Roi a en sa possession une pierre prcieuse qui a le pouvoir de purifier leau. Il va jeter cette pierre prcieuse dans leau trouble, immdiatement leau de la rivire redeviendra limpide et pure. Le Roi aura ainsi de leau pour se dsaltrer. A cause des cinq mfaits, lme de ltre humain est semblable leau trouble. Le bouddhiste parvenu lveil, chappe au cycle de morts et de renaissances et son me est devenue sereine comme la pierre prcieuse qui a purifi leau trouble. Celui qui a limin tous ses mfaits, sa foi est limpide comme lclat de la pierre prcieuse, comme la clart de la pleine lune . Histoire 17 Lhomme qui traverse la rivire Le Roi Milinda questionna Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, vous avez dit que la foi aide progresser. Quest ce que cela signifie ? R. Tous les disciples de Bouddha se connaissent bien. Ils ont vu leurs matres extirper les impurets de leur me et atteindre la premire, la Histoires allgoriques dans les Stras 24 deuxime, la troisime tape de la Noble Voie ainsi que le stade dArhat. Ils sefforcent donc de progresser dans leur foi afin datteindre lveil et chapper ainsi la souffrance. Tout comme pour ces religieux, la foi constitue la stimulation la persvrance. Q. Vnrable, donnez des exemples pour que je puisse comprendre. R. Cest comme une grosse pluie qui tombe au dessus dune montagne. Leau de pluie descend et dborde des bords de la rivire. Un groupe dhommes savance. Ne pouvant pas estimer la profondeur de leau, ces hommes sarrtent et nosent pas traverser la rivire. Il y a un homme qui arrive de loin. Il regarde leau et peut deviner sa profondeur. Connaissant ses propres capacits, il sengage immdiatement dans leau et traverse la rivire. Voyant cela, le groupe dhommes hsitants suit son exemple. De la mme faon, les disciples de Bouddha, en suivant lexemple de leurs matres qui ont pu atteindre lveil grce la puret de leur me, mobilisent leur nergie pour obtenir les mmes rsultats . Histoire n 18 La terre Le Roi Milinda questionna le Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, quel est le sens de lexpression pit et obissance ? R. Pit et obissance constituent la base de toutes les vertus. Les trente sept rquisits dveil sont aussi issus de l. Q. Que signifient ces trente sept rquisits dveil (Bodhipkika, sc.- 37 phm tr o, vn.) ? R. Ce sont les : I. Quatre volonts de rompre (smti-upasthna, sc. - T nim x, vn.) II. Quatre volonts de cesser (pradhna, sc. - T chnh cn, vn.) III. Quatre pouvoirs surnaturels (ddhpd, sc. T thn tc, vn.) IV. Cinq organes des sens (pancendriya, sc. - ng cn, vn.) V. Cinq forces mentales (paca bala, sc. ng lc, vn.) VI. Sept tats desprit constitutifs de lveil (sapta-Bodhyga, sc. Tht b phn, vn.). VII. Huit manires justes de pratiquer le dharma ou le sentier octuple (rygikamrga, sc. Bt chnh o, vn.). I. Q. Quels sont les quatre volonts de rompre (smti- upasthna) ? R. Le Bouddha nous a enseign que : 1. Quand nous mditons propos de limpuret du corps, alors nous nous dtachons du corps ; Histoires allgoriques dans les Stras 25 2. Quand nous mditons sur les maladies, les souffrances, alors nous nous dtachons de ces maux ; 3. Quand nous mditons sur limpermanence (anitya) de la pense, alors nous nous dtachons de la pense ; 4. Quand nous mditons sur le non-moi (antman) alors nous nous dtachons du non-moi. Voil les quatre volonts de rompre . II. Q. Quelles sont les quatre ncessits de cesser (prabhna) ? . R. Elles sont dsignes aussi comme les quatre ncessits principales (prabhna). Cest--dire : 1. Une fois une faute commise, il faut sappliquer ne plus en commettre dautres ; 2. Abandonner toutes les fautes prcdentes ; 3. Faire toutes les bonnes actions que nous navons pas encore faites jusqu prsent ; 4. Augmenter les bonnes actions que nous avons dj faites . III.Q. Quels sont les quatre pouvoirs surnaturels de base (ddhipda) ? R. Ceux-ci sont : 1. Le perfectionnement de lacuit visuelle pour tre capable de voir toutes choses existantes ; 2. Le perfectionnement de lacuit auditive pour pouvoir capter toutes sortes de sons ; 3. Le perfectionnement de la perspicacit intellectuelle pour comprendre les ides, les penses, les cogitations non exprimes par les interlocuteurs ; 4. Le perfectionnement du corps pour pouvoir se dplacer dans lespace. Voil le sens des quatre pouvoirs surnaturels . IV. Q. Quels sont les cinq sens fondamentaux (paca indriya) ? R. 1. La pense ne prte pas attention aux formes belles ou laides perues par lil. Cest le premier sens ; 2. La pense ne prte pas attention aux paroles douces ou agressives ou gentilles ou mchantes que loreille a pu capter. Cest le deuxime sens ; 3. La pense ne prte pas attention aux odeurs bonnes ou puantes senties par le nez. Cest le troisime sens ; 4. La pense ne prte pas attention aux gots doux ou amers que la langue a pu goter. Cest le quatrime sens ; 5. La pense ne jouit pas des plaisirs procurs par le frottement du corps contre des choses souples et douces, ni ne scarte Histoires allgoriques dans les Stras 26 avec rpugnance quand le corps est en contact avec des choses laides et sales. Voil les cinq sens fondamentaux au complet . V. Q. Quelles sont les cinq forces mentales (paca bala) ? . R. 1. Avoir la force de rfrner notre il ; 2. Avoir la force de rfrner notre oreille ; 3. Avoir la force de rfrner notre nez ; 4. Avoir la force de rfrner notre bouche ; 5. Avoir a force de rfrner notre corps et par la mme occasion contrler notre pense pour quelle ne succombe pas la tentation. Voil les cinq force mentales . VI. Q. Quels sont les sept Etat dEsprit constitutifs de lEveil (sapta bodhyaga) ? R. 1. La capacit de choisir la Bonne Loi (Saddharma) ; 2. La force de persvrer dans le perfectionnement et la pratique de cette Loi ; 3. La joie dobtenir la Vraie Loi ; 4. La clairvoyance indispensable pour rompre avec les passions ; 5. La persvrance dans le perfectionnement de la concentration transcendantale ; 6. Lobtention de la srnit suprme que rien ne pourra plus perturber ; 7. La capacit de quitter toutes les fausses lois ainsi que toutes les fautes dj commises. Voil les sept tats desprits constitutifs de lEveil. VII. Q. Et quelles sont les huit voies justes ou le Noble Sentier octuple (Aa ryamargaga) ? R. Celles-ci sont : 1. La comprhension juste (Samm ditthi) ; 2. La pense ou rflexion juste (Samm Sankappa) ; 3. La parole juste (Samm vc) ; 4. Le comportement juste (Samm Kammanta) ; 5. Les moyens dexistence justes (Samm jiva) ; 6. Leffort juste (Samm vyma) ; 7. Lattention juste (Samm sati) ; 8. La concentration juste (Samm Samdhi). Voil les huit voies justes ou le Noble sentier octuple. Histoires allgoriques dans les Stras 27 Ces trente sept rquisits dEveil (Bodhipkika-dharma) proviennent tous de la pit et de lobissance . Q. Vnrable, je vous prie de bien vouloir me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Prenons lexemple dun homme qui fait un long voyage en portant de lourds bagages. Sil peut se tenir bien en quilibre, cest grce la terre qui le supporte. De mme, le riz, les arbres qui dressent leurs ttes vers le ciel, cest grce aussi la terre qui les supporte. La terre est la pit et lobissance. Tout comme ce dmonstrateur darts martiaux qui veut faire une dmonstration devant son public. Il va ramasser dabord les cailloux, les dbris de verre qui jonchent le sol, avant de pouvoir excuter des mouvements sur ce morceau de terrain propre et plat. De la mme faon, sans aucune diffrence, les disciples de Bouddha doivent dabord simplanter solidement sur cette base constitue par la pit et lobissance avant de pratiquer le perfectionnement, tudier, observer les prceptes et mditer pour anantir les attachements et les passions. Q. Comment pouvons-nous nous dfaire des attachements et des passions ? R. Il faut mditer avec une concentration maximale sur les enseignements de Bouddha. De cette faon, les attachements et les passions seront dissips immdiatement . Histoire n 19 Le soutien dune maison en ruine Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Comment est lnergie ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Il y a deux sortes dnergie : 1. lnergie mentale qui permet de maintenir solidement les bonnes intentions afin de les aider progresser, 2. lnergie physique qui correspond lendurance. Grce cela, les bonnes intentions ne peuvent pas seffondrer. Q. Le Roi insista : Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Le Bhikkhu rpondit : Cest comme un mur qui penche et cause de cela la maison risque de seffondrer. Sil y a quelquun qui sait comment la soutenir, alors tout va bien. Cest cela lnergie. Prenons le cas dune guerre dclare. Le Roi envoie son arme pour combattre, mais la bataille risque dtre perdue cause de linfriorit en nombre de soldats. Le Roi envoie du renfort et son arme a vaincu lennemi. Histoires allgoriques dans les Stras 28 Il faut maintenir solidement les bonnes penses, alors nous pourrons liminer les mauvaises. Tout comme le Roi qui a renforc son arme et qui a vaincu ses ennemis. Nous devons garder fermement notre nergie pour aider les bonnes actions progresser . Histoire n 20 Le Roi et ses dignitaires Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Comment sont les ides positives ? . R. Le Bhikkhu rpondit : Ce sont lanalyse et la synthse. Prenons lexemple dun cueilleur de fleurs. Il rassemble les fleurs en bouquets, alors quand le vent souffle, elles ne peuvent pas tre disperses. Tout comme le gardien du trsor royal, il divise, il additionne et il connat le contenu du trsor en or, argent, pierres prcieuses et diamants. De la mme faon, pour parvenir ltat dEveil suprme, il faut mditer sans cesse propos des trente sept rquisits (Bodhipkika). Cest seulement de cette manire-l quon peut parler de lesprit, de penses et mditations saines, positives. Il faut mditer propos de lenseignement des Bouddhas, sy appuyer pour pouvoir distinguer clairement quelles sont les bonnes et les mauvaises actions, pour savoir ce quil faut accomplir et ce quil faut viter de faire, pour pouvoir dissocier nettement le noir du blanc. Aprs cette mditation, cette analyse, nous pourrons quitter le mal pour suivre le bien . Q. Le Roi Milinda insista : Vnrable, je vous prie de bien vouloir me donner un exemple pour que je puisse mieux comprendre . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Parmi les dignitaires qui vous entourent, vous connaissez bien ceux qui ont votre confiance et ceux qui ne lont pas, ceux qui vous sont utiles et ceux qui ne le sont pas. Ceux qui ont vos faveurs et qui sont utiles, vos gardes les invitent entrer, ceux qui nont pas vos faveurs et qui sont inutiles, ils ne les laissent pas entrer. Il en est de mme pour les tres qui gardent leurs penses, leurs rflexions concentres sur les bonnes intentions et imprgnent leur esprit, quant aux mauvaises ides, ils les laissent dehors. Lesprit doit rester matre et ne mdite que sur les penses positives et bonnes . Histoires allgoriques dans les Stras 29 Histoire n 21 Le Roi est le Matre Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Que signifie tre concentr ? R. Etre concentr cest tre en mditation. Cest aussi un acte spirituel. Celui qui a acquis cette concentration voit la base de toutes ses vertus se dvelopper pleinement. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Cest comme une maison qui a un toit pointu. Les lattes de bois montent vers le toit puis descendent vers le bas. Le toit est le point culminant. Cest comme un Roi qui sen va faire la guerre. Il emmne avec lui une arme compose de 4 divisions : une division de soldats montant sur des lphants, une division de cavaliers, une division de chars et une division avec des soldats qui marchent pied. Le Roi est le matre. Cela est une concentration. De mme, tous les prceptes et toutes les bonnes actions suivent la concentration . Histoire n 22 Une personne avec une lampe allume la main entre dans une salle obscure Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Quest-ce que la Sagesse (Praj) ? R. Cest la rupture avec les illusions. Le perfectionnement mne laccession la Sagesse. Cest la rupture avec le doute, elle va clairer le Bien. Cela est la sagesse. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Une personne tient dans sa main une lampe allume et entre dans une salle obscure. Lobscurit est dissipe immdiatement et la salle est claire. Cest exactement la mme chose. La sagesse dun homme clair nest pas diffrente de la lumire de cette lampe. Pour les humains, la sagesse est au premier rang. Le perfectionnement mne la sagesse qui permet ensuite dchapper au cycle des renaissances et des morts . Histoire n 23 Les armes du Roi Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Histoires allgoriques dans les Stras 30 Q. Les bonnes actions sont diffrentes, leurs efficacits sont-elles les mmes ? R. Leurs efficacits sont les mmes. Les bonnes actions rivalisent pour radiquer les souffrances. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Par exemple, dans larme royale, les divisions sont diffrentes les unes des autres ; il y a une division de soldats montant sur des lphants, une division de cavaliers, une division de chars et une division avec des soldats qui marchent pied, mais elles poursuivent un seul objectif : vaincre lennemi. Cest exactement la mme chose. Les bonnes penses dans lesprit que jai dj expliques, elles sont diffrentes mais nont quun seul but : elles rivalisent pour radiquer les souffrances . Histoire n 24 La lampe qui reste allume toute la nuit Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. La personne dcde qui renat, est-ce la mme personne ou une autre ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Ce nest pas lancienne mais ce nest pas non plus une nouvelle. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. Q. Vous, quand vous tiez un enfant et vous maintenant en tant quadulte, est-ce la mme personne ou une autre ? R. Cest diffrent ce nest pas la mme. R. Alors, vos parents de votre enfance, ce ne sont plus les mmes que maintenant et vous navez aucun matre pour vous enseigner actuellement car ces matres enseignaient le prince hritier de lpoque et non vous, le Roi actuel. Q. Vnrable, je nai pas bien compris votre rponse. Si quelquun dautre vous posait cette question, comment lui rpondriez-vous ? R. Moi en tant quenfant et moi lheure actuelle est la mme personne. Les priodes de ma vie sont diffrentes mais mon corps reste le mme ainsi que mon esprit. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour mieux comprendre. Q. Cest comme quelquun qui a allum une lampe. Cette lampe peut-elle brler jusquau matin ou non ? R. Cest tout fait possible. Q. Cette lampe du dbut de la nuit, celle du milieu de la nuit et celle de laube se ressemblent-elles ou non ? Histoires allgoriques dans les Stras 31 R. Vnrable, elles ne se ressemblent pas. Q. Dans ces trois priodes de la mme nuit, y a-t-il quelquun qui a allum une autre lampe ou est-ce la mme ? R. Il ny a quune seule lampe, une mme mche et une mme huile. Grce cela, elle a pu brler du dbut de la nuit jusquau matin. R. Cest la mme chose, ce nest pas diffrent. La continuit des phnomnes perdure ainsi. Un phnomne est dj parti, un autre va arriver. Le mental de lhomme est ternel. Mais quand il entre dans un ftus, il va natre et se dvelopper. Le corps va vieillir et mourir. Le mental va renatre et entrer dans un autre ftus. Cest pourquoi on dit que ce nest pas lancienne personne mais ce nest pas non plus une autre personne. Q. Vnrable, donnez-moi un autre exemple. R. Tout comme quelquun qui trait du lait. Il le laisse se reposer un certain temps. Le lait va se couvrir alors dune couche de crme. A partir de l, le beurre va tre fabriqu et ce beurre va devenir le beurre pur. Maintenant on ne peut pas dire que le lait est le beurre pur, mais on ne peut pas non plus dire que la matire de ce beurre pur nest pas du lait. Du fait que le lait est devenu beurre pur, alors le beurre nest pas autre chose que du lait. Ainsi, il est difficile de diffrencier le beurre du lait. De la mme faon, grce au mental, lhumain est n, il va grandir, vieillir, puis mourir. Une fois que le corps est mort, le mental va sortir, entrer et rendre vivant un autre corps et de nouveau va renatre encore et encore, indfiniment Cest pourquoi, il est impossible de dire que celui qui renat et celui qui est mort sont le mme, tout comme dire quils sont totalement diffrents. Histoire n 25 Le cultivateur Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Ceux qui ont pu finir avec le cycle de morts et de renaissances, savent-ils quils ne renatront plus ? R. Plusieurs religieux peuvent connatre leur cessation de renaissances. Q. Comment font-ils pour le savoir ? R. Ces religieux savent quils ont cess de sattacher, de dsirer, davoir des passions (Klea), sources de souffrances. Grce cela, ils savent que quand ils quitteront ce corps, ils ne renatront jamais. Q. Vnrable, je vous prie de me donner un exemple. Q. Cest comme le cultivateur qui laboure et qui sme les semences. Aprs avoir rcolt beaucoup de riz, il le sche et le met dans le rservoir. Histoires allgoriques dans les Stras 32 Lanne suivante il ne labourera plus et ne smera plus, il se contentera de consommer le riz contenu dans le rservoir. Alors le cultivateur saura t-il quil naura plus la moisson faire ? R. Oui, Vnrable, il le sait trs bien. Q. Comment fait-il pour le savoir ? R. Parce que sil ne laboure pas, sil ne sme pas, alors normalement il naura pas de moisson faire. R. Cest la mme chose, ce nest pas diffrent. Le religieux qui a atteint lEveil, a pu radiquer tout attachement, toute souffrance et tout plaisir. Il na plus de dsirs alors naturellement, il sait quil ne reviendra plus jamais en ce bas-monde . Histoire n 26 La lampe et la lettre Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Le Sage qui a atteint lveil est-il diffrent de lhomme moyen ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Les personnes qui ont acquis la sagesse sont diffrentes du commun des mortels. Q. La Sagesse et lintelligence se ressemblent-elles ? R. Cest la mme chose sans aucune diffrence. Q. Ceux qui ont acquis la sagesse et lintelligence ont-ils compris de faon exhaustive tous les phnomnes de la vie ou y a-t-il encore des sujets qui restent incomprhensibles pour eux ? R. Il y a des phnomnes dont lintelligence peut tout comprendre et il y a aussi des choses quelle ne peut expliquer. Q. Quels sont les phnomnes dont lintelligence peut percevoir toutes les significations et ceux quelle ne peut pas ? R. Ce sont les matires que lhomme na pas encore apprises, les pays quil na pas encore visits, les significations quil na pas encore entendues, alors il ne peut pas les comprendre de faon exhaustive. Les choses quil a apprises, visites et entendues, alors il peut les comprendre. Q. Que deviennent lignorance, la mconnaissance chez les tres qui ont acquis la sagesse ? R. Elles ont toutes disparues. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour mieux comprendre. R. Un homme entre dans une pice obscure en tenant dans sa main une lampe allume. Alors la pice est immdiatement claire et lobscurit a disparu. De mme, quand quelquun a acquis la sagesse, alors son ignorance et ses mconnaissances ont disparu. Histoires allgoriques dans les Stras 33 Q. Alors que devient cette autre intelligence ? R. Une fois la mission accomplie, cette intelligence steint. Cependant, ce quelle a russi comme la comprhension exhaustive des phnomnes illusoires, la souffrance et lgocentrisme persistent. En effet, tout ce qui est illusoire perdure. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour mieux comprendre. R. Par exemple, en pleine nuit, un homme veut crire une lettre. Il appelle son secrtaire lui demandant de venir le voir en apportant en mme temps une lampe. Il dicte sa lettre. Une fois la lettre termine, il teint cette lampe et va se reposer. La lampe est teinte mais la lettre reste. Tout comme cette intelligence qui est teinte mais tous les phnomnes quelle a pu pntrer perdurent. Q. Elle a cr, puis elle disparat. Quelle est la signification de cette situation ? Je vous prie de me donner un exemple. R. Supposons que des gens veulent se protger contre les incendies. Ils accumulent cinq barriques deau devant chez eux, par prcaution. Un incendie est survenu. Ces habitants ont utilis les barriques deau pour matriser le feu. Leau a teint le feu, les habitants nont plus besoin de ces barriques, ils les rangent derrire leur maison. Quant au pratiquant bouddhiste, il utilise les cinq qualits fondamentales pour radiquer les motions perturbatrices de base, tout comme ces gens qui ont utilis leau pour teindre le feu. Ces cinq qualits sont : la foi respectueuse et lnergie, les penses vertueuses, la dtermination et lintelligence en dernier lieu. Le pratiquant qui a acquis la sagesse est celui qui a pu liminer toutes les motions perturbatrices. Une fois radiques, elles ne renatront plus. La mission une fois accomplie, lintelligence steint, cependant les comprhensions acquises par elles perdurent indfiniment. R. Cest trs trs bien ! Cest excellent . Histoire n 27 Ne pas cueillir les fruits verts mais cueillir seulement les fruits mrs Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Le pratiquant qui a atteint lveil et qui est sorti dfinitivement du cycle des morts et renaissances prouve-t-il encore de la souffrance ? R. Des fois il souffre encore, des fois non. Il peut encore prouver de la souffrance en provenance de son corps. Mais il en a fini avec celle de son esprit. Q. Pourquoi cela Vnrable ? Histoires allgoriques dans les Stras 34 R. Les causes de la formation du corps sont lorigine de la souffrance. Cest pourquoi cette souffrance-l reste, tandis que celles de la formation du mental sont dj ananties. En effet, les motions perturbatrices sont limines ainsi que les convoitises. Cest pourquoi la souffrance mentale nexiste plus. Le Bouddha a enseign ceci : Lveill nprouve plus que quelques souffrances en provenance de son corps et rien par rapport son mental . Q. Pourquoi lveill nentre t-il pas au Nirva pour ne plus souffrir, pourquoi sattarde t-il encore en ce bas-monde pour subir les souffrances corporelles ? R. Les Arhats ne prfrent ni dtester ni aimer ni en avoir assez. Ils vivent paisiblement. Ils ne cueillent pas les fruits verts, ils cueillent seulement les fruits mrs. Pour justifier ce fait, jadis, riptra, un des disciples de Bouddha kyamuni, a dit ceci : Je ne veux pas mteindre paisiblement, ni ne veux vivre ternellement. Jattends loccasion dentrer au Nirva tout comme un travailleur qui attend le jour de la paie . Histoire n 28 Le voleur des mangues Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Une personne dcde qui renat en ce bas-monde portera-t-elle le mme nom 3 et le mme corps que dans sa prcdente vie ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Non, cest avec le nom et le corps actuels. En effet, un individu qui vit en ce monde commet des bonnes et des mauvaises actions. De l rsultent des mauvaises et des mritantes consquences. Une fois mort, un autre nom, un autre corps renaissent et prennent succession . Q. Supposons que dans cette vie nous ayons commis beaucoup de mauvaises actions. Si ctait le mme nom et le mme corps qui renaissaient alors dans la vie suivante nous nhriterions pas des 3 Le mot nom ici ne dsignerait pas le nom de famille ou le prnom dune personne car dans le bouddhisme il y a le principe selon lequel les bonnes et mauvaises consquences de nos actes dans cette prsente vie, dtermineront notre renaissance dans une prochaine vie aprs la mort. Ce nom pourrait tre compris dans le sens de la dsignation ou la catgorisation dun tre sensible, par exemple : un humain, un animal, un arbre, etc. due la capacit de diffrenciation de la pense. (Note du traducteur). Histoires allgoriques dans les Stras 35 mauvaises consquences et ne subirions pas les lois du cycle des renaissances (Sasra). R. Celui qui ne fait que de bonnes actions, qui ne succombe pas aux passions alinantes, en quittant le corps actuel, peut ne plus jamais renatre une nouvelle fois. Cependant, ordinairement une personne peut faire beaucoup de bien autour delle tout en commettant aussi de mauvaises actions. Cest pourquoi, en suivant ce raisonnement, sa renaissance est probable. Une fois rincarne, elle doit payer obligatoirement ses fautes commises dans la vie prcdente. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour mieux comprendre. R. Il y avait un homme qui volait des mangues. Le propritaire du manguier avait pu lattraper et lemmener devant le Roi pour le jugement et lui dit : Cet homme cueillait en cachette mes mangues . Le voleur riposta : Je nai pas vol ses mangues parce que quand il a plant ce manguier, larbre tait petit, quant aux fruits que jai cueillis, ils sont sur un grand manguier. Je nai donc pas commis de vol. Comment notre Roi va-t-il juger ce fait ? . Le Roi rpondit : Le planteur du manguier gagne le procs parce quil a plant larbre. Le manguier a grandi et donne des fruits. Le voleur peut nier son forfait mais ne peut pas chapper sa condamnation . Il en est de mme pour celui qui renat. Avec son nom et son corps, lhomme vit en ce monde et fait de bonnes et de mauvaises actions. Avec ses mrites et ses mauvaises consquences, dans la vie suivante, un autre nom et un autre corps reprennent sens et il en hrite. Ainsi grce aux efforts et aux soins apports par le planteur, un manguier est n et porte ses fruits. Quand nous faisons de bonnes ou de mauvaises actions dans cette prsente vie, cest comme si nous semions des graines dans la terre. Cest pourquoi dans notre prochaine vie, nous devrons invitablement payer nos dettes contractes dans cette prsente vie . Histoire n 29 La semence et luf Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Vous venez dexpliquer propos du nom (ou dsignation) et du corps. Alors, quoi correspond le nom et quoi correspond le corps ? . R. Le Bhikkhu Ngasena rpondit : Ce qui a un rapport avec la matire est le corps ; ce qui a un rapport avec le mental, les sensations et la pense, la rflexion et lanalyse est le nom, cest--dire : - lagrgat des SENSATIONS (vedanskandha) - lagrgat des PERCEPTIONS (sajskandha) Histoires allgoriques dans les Stras 36 - lagrgat des FONCTIONS MENTALES (saskra- skandha). - lagrgat de la CONSCIENCE (vijnaskandha) . Q. Pourquoi le nom et le corps sont-ils toujours associs et ne peuvent-ils tre dissocis ? R. Cest parce que la matire et le mental doivent toujours sappuyer lun sur lautre et ne peuvent tre spars. Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Prenons comme exemple luf dune poule. Sil ntait pas fcond, comment pourrait-il clore ? La fcondation et luf dpendent lun de lautre. Ils sont ns ensemble. Il en est de mme pour le nom et le corps. Ils dpendent lun de lautre, sont ns ensemble et ne peuvent pas tre dissocis. Cest pourquoi lhomme subit indfiniment le cycle des morts et des renaissances au cours despaces de temps trs longs, sans fin . Histoire n 30 Semer une graine dans la terre Le Roi Milinda demanda au Bhikkhu Ngasena : Q. Vous disiez que vous ne connaissez pas lorigine du temps. Pourriez-vous me donner un exemple ? . R. Le Bhikkhu Ngasena rpondit : Quand vous semez une graine dans la terre, une pousse va sortir de la graine, avec des racines et grandit. Larbre va porter des fleurs qui vont donner des fruits et le cycle de reproduction va recommencer encore et encore. Est-ce que cette continuit va sarrter ? . R. Certainement pas. R. Il en est de mme pour le temps. Il se poursuit indfiniment et il est impossible de connatre le commencement, lorigine du temps. Q. Je vous prie de me donner une autre comparaison. R. Prenons lexemple dune poule qui pond un uf. Luf clos donne naissance un poussin. Ce poussin donnera plus tard dautres ufs et ce cycle va continuer indfiniment. Il en est de mme pour la vie dun homme. Aprs la naissance arrive la mort, aprs la mort ce sera une nouvelle naissance et ainsi de suite. De ce fait, peut-on savoir o est le commencement ? Q. Je vous prie de me donner une autre comparaison. Q. Le Bhikkhu Ngasena dessina sur le sol le dessin dune roue et questionna le Roi : Sur ce dessin, votre majest peut-elle dire o est le dbut ? R. Cest impossible de savoir. Histoires allgoriques dans les Stras 37 R. Il en est de mme pour le cycle du Sasra, on ne peut pas dterminer le commencement. Lhomme nat puis meurt en subissant des souffrances sans fin. Le Bouddha a dit : Cest parce quil y a lil et des formes qui se trouvent en face de lui quest ne la vue. Ces trois lments mis ensembles sappellent la sensation. La sensation produit des sentiments qui leur tour engendrent lamour, lattachement. De cet attachement nat le dsir ardent qui motive tout acte et pour pouvoir agir lhomme a besoin de lil. De mme loreille face aux sons donne naissance loue. Ces trois lments associs sappellent la sensation. Cest parce quil y a une langue ainsi que des saveurs quest n le got. Ces trois lments mis ensemble sappellent la sensation. Cest parce quil y a un corps au contact avec des objets fins ou rugueux quil donne naissance au toucher. Les trois lments mis ensemble sappellent la sensation. De mme, la pense lie aux diffrentes ides engendre la rflexion. Les trois lments associs sappellent la sensation. La sensation produit les sentiments et lattachement, le dsir ardent et les actes qui ont besoin leur tour des six sens pour vivre dans cette vie. Il faut avoir au complet les six sens pour percevoir les phnomnes afin dobtenir des sensations et cela continue ainsi indfiniment. Il en est de mme pour le temps qui se droule continuellement. On ne peut pas dterminer o est son commencement. Si nos sens, les phnomnes, leurs identifications ne sont pas runies, il ny aura pas de sensations, de sentiments, daffection ni de dsirs. Sans action, sans joie, sans tristesse, sans plaisir, sans souffrance, sans vieillesse, sans mourir, sans renatre, cela signifie lradication du cycle des morts et des renaissances, cest--dire avoir atteint lEveil et entrer au Nirva . Histoire n 31 Le Palais Royal Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, en ce monde y a-t-il quelque chose qui nat naturellement ? R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Il ny a jamais eu de choses, dtres qui soient ns spontanment. La naissance de toutes les choses, de tous les tres est due une cause, une vie dj existante associe plusieurs autres lments runis. Q. Je vous prie de me donner un exemple. Histoires allgoriques dans les Stras 38 Q. Ce somptueux palais o vous rsidez est-il l de faon naturelle ou bien est-il construit par les hommes ? R. Ce sont des hommes qui lont cr. R. Il en est de mme pour ltre humain, il nest pas n de faon spontane. Q. Je vous prie de me donner un autre exemple. R. Par exemple, vous semez une graine dans la terre. Elle germe, souvre, se dveloppe de jour en jour. Elle devient un grand arbre, se couvre de fleurs qui vont donner des fruits. Tous ces arbres nexistent pas de faon spontane. Tout dabord ils ont dj une origine, une vie, cest la graine. Ensuite, grce aux efforts du cultivateur qui met lengrais, qui arrose, larbre acquiert une bonne sant, donne des fleurs et des fruits. Il en est de mme pour ltre humain et toutes choses de la nature. R. Vous expliquez trs trs bien, Vnrable . Histoire n 32 Lhomme qui a accompli des actes mritants pour le Roi Le Roi Milinda demanda Vnrable Ngasena : Q. Quelle est la signification de lexpression recevoir - tre sensible ? R. Cela veut dire prendre conscience et jouir. Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Prenons lexemple dun homme qui a accompli des actes mritants pour le Roi. Le Roi est trs satisfait et le rcompense avec de lor, de largent, des biens et le nomme un haut rang de la hirarchie. Cet homme est trs heureux et jouit pleinement de cette richesse et de cet honneur. Ensuite il rflchit ceci : cest grce mes efforts pour aider le Roi quaujourdhui je suis devenu riche, honor et peux profiter de beaucoup de plaisirs. Supposons que cet homme sait utiliser ses rflexions pour sorienter vers de bonnes actions ; sait utiliser sa langue pour de bonnes paroles ; sait employer son corps pour de bons comportements. Grce cette faon de vivre avec bont et sagesse dans cette vie dici-bas, une fois dcd, il renat dans lheureux monde cleste. L, il est totalement satisfait, par la jouissance de tous les plaisirs. Il rflchit et sest rendu compte : Cest grce ma vie vertueuse dans le monde des humains que maintenant je peux jouir de tous ces plaisirs. - Recevoir - tre sensible signifie donc prendre conscience des actes et jouir des consquences . Histoires allgoriques dans les Stras 39 Histoire n 33 Le mandarin qui surveille le trsor royal Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Que signifie tre conscient ? R. Etre conscient veut dire connatre. Pour toutes choses on connat comment sont leurs formes, leurs couleurs. Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Prenons lexemple dun mandarin qui a pour fonction de surveiller le trsor royal. Il entre dans la rserve et dun seul coup dil, il peut se rendre compte immdiatement de la quantit de lor, de largent, des objets prcieux, des bijoux, des soieries, des toffes de qualit ainsi que de leur tat de conservation, de leurs couleurs, de leurs emplacements. Cest cela quon appelle conscience et connaissance . Histoire n 34 Celui qui prpare le poison Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Que signifie lintention personnelle ? . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Cela dsigne la faon de rflchir, dorganiser les choses de quelquun. Cest partir de l que ltre humain fait de bonnes ou de mauvaises actions . Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Cest comme celui qui prpare un poison. Il le boit et demande ensuite aux autres de faire comme lui. Par la suite il tombe malade et les autres aussi. Il en est de mme pour celui qui a des penses ngatives, qui ne rflchit qu de mauvaises actions, il commettra invitablement des actes nuisibles. A lheure de sa mort, il tombera en enfer. Quand on a des penses cruelles, on rflchit et on norganise que des choses nuisibles alors srement on va commettre de mauvaises actions. Au contraire si quelquun prpare une boisson compose de lait, de sucre, de miel, en la buvant il la trouvera succulente et invitera les autres la boire aussi. Tout le monde sera content. Il en est de mme pour celui qui a des penses saines, qui rflchit des choses positives et qui ne fait que de bonnes actions. A lheure de sa mort, il renatra dans le monde des immortels. Ceux qui ont suivi son exemple profiteront des mmes bonheurs que lui. Avoir des intentions positives signifie rflchir et norganiser que de bonnes actions alors certainement les consquences seront positives aussi . Histoires allgoriques dans les Stras 40 Histoire n 35 Le son de la grande cloche Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Que signifie lagitation interne ? R. Cela dsigne un dsir espr qui donne naissance des ides. Cest ce moment-l que lon ressent de lagitation dans lesprit. Cest pourquoi on appelle cet tat, lagitation interne. Q. Depuis la naissance de cette agitation jusqu le passage lacte, comment va se passer le droulement ? Je vous prie de me donner un exemple pour que je puisse comprendre. R. Cest comme la grande cloche, quand on la sonne avec rythme, nous entendons une sonorit trs pure. Quand on arrte de la sonner, la vibration se prolonge encore. Tout comme une marmite en train de bouillir, quand on lenlve hors du feu, lcume continue toujours de dborder. Il en est de mme chez ltre humain. Un dsir ardent agite notre esprit et notre pense se met en action. La vibration dune cloche et leau en train de bouillir reprsentent lagitation interne. Quand on arrte de sonner la cloche, la vibration continue, quand on arrte de faire bouillir, lcume continue de dborder, cest le moment de la mise en action du dsir souhait . Histoire n 36 Le chef cuisinier du Roi Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Une fois quun tat desprit est structur, est-ce quon pourrait lanalyser, le dcomposer ? R. Si lon voulait dire : voici lmotion, la perception, le sentiment, le dsir qui causent la perturbation interne. Ils sont maintenant bien mlangs, ils ne peuvent plus tre dcomposs. Q. Je vous prie de me donner un exemple pour mieux comprendre. R. Cest comme le chef cuisinier du Roi. Il a ralis un plat o il a mis du lait, du sel, du gingembre et dautres condiments. Il le prsente au Roi. Le Roi lui dit alors : Vous fates sortir de ce plat le lait, le sel, etc. pour me les montrer . Alors que pensez-vous, votre Majest, est-ce quil lui est possible de le faire ? R. Le Roi Milinda rpondit : Ce nest plus possible parce que tous ces composants sont mlangs dans le plat. R. Il en est de mme pour les sentiments . Histoires allgoriques dans les Stras 41 Histoire n 37 Semer cinq types de graines Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Les cinq sens de ltre humain lui permettent de percevoir. Cela serait d des causes et effets diffrents ou dune seule source ? R. Cela est d des causes et effets diffrents. Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Sur un champ, on a sem cinq types de graines. Ces graines poussent et donneront des fruits. Tous ces fruits sont-ils diffrents les uns des autres ? R. Tous ces fruits sont diffrents. Il en est de mme pour les cinq sens de ltre humain. Ils peuvent percevoir, reconnatre et distinguer. Cela est d des causes et effets diffrents . Histoire 38 Les fruits sur les arbres Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena: Q. Vnrable, tous les tres humains ont le mme type de corps, pourquoi certains vivent longtemps, dautres meurent trs jeunes; certains ont une bonne sant, dautres sont malades; certains sont riches, dautres sont pauvres; certains sont nobles, dautres sont humbles; certains sont intelligents, dautres sont peu intelligents. Pourquoi sont-ils si dissemblables ? . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Cest comme les fruits sur les arbres, certains sont sucrs, dautres sont acides, acres, amers; certains sont bons manger, dautres sont immangeables. Ils sont tous des fruits pourquoi ils ne se ressemblent pas ? R. Parce que leurs graines de semence sont diffrentes. R. Il en est de mme pour les tres humains. Cest cause de leurs karmas spcifiques, cause de leurs propres connaissances, de leurs propres comportements qui taient diffrents depuis toujours. Cest pourquoi la position du caractre original de chaque tre est diffrente de lautre. De l vient leur dissemblance. Bouddha nous avait enseign : cest partir des bons et des mauvais agissements de chaque tre, depuis trs longtemps auparavant, que proviennent les consquences par la suite. Quand antrieurement on a fait des bonnes actions, maintenant on peut vivre longtemps, avoir la sant et la prestance, le pouvoir et la noblesse, Histoires allgoriques dans les Stras 42 lintelligence et la sagesse. Si antrieurement on a fait de mauvaises actions, maintenant on peut mourir prmaturment, on est souvent malade, on a un physique laid, un rang social dfavoris et de basse condition, un niveau dintelligence peu lev et idiot. Ces consquences sont sans erreur possible. Dans le cycle de morts et de renaissances, les consquences de nos actes nous grent, nous protgent, nous rcompensent et nous punissent. Tout vient de nous : nous crons les causes et nous rcoltons les consquences. R. Cest trs bien, cest excellent . Histoire n 39 Creuser un puits Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Si une personne voulait faire du bien, il devrait le faire dans le pass ou dans le futur ? R. Il devrait faire dj dans le pass pour pouvoir recueillir des bonnes consquences maintenant. Il ne faut pas attendre pour les faire plus tard, il ny aura pas deffets. Par exemple, votre Majest, si vous ne commenciez creuser un puits que lorsque vous avez soif, auriez-vous temps de leau pour boire ? R. Non, Vnrable, je mourrais de soif. Il faut creuser davance le puits. R. Il en est de mme, il ny a pas de diffrence. Il faut faire du bien, se perfectionner durant plusieurs vies antrieures pour pouvoir recevoir des bonnes consquences dans cette vie. Il ne faut pas attendre pour le faire dans le futur, il ny aura pas deffets. Bouddha nous a enseign : Quand vous constatez que cest une bonne action faire, il faut laccomplir tout de suite pour pouvoir prendre le chemin de la Sagesse. Ne faites pas comme le cocher qui quitte le grand chemin pour prendre un sentier tortueux et qui pleurera ensuite lorsque sa voiture sera casse . Il en est de mme, sans aucune diffrence, pour celui qui, aveugl par lignorance, est sorti du bon chemin. Il est gar dans les mauvaises voies. Quand il verra la mort sapprocher, il se mettra se lamenter tout comme le cocher qui a sa voiture casse . Histoire n 40 Le crocodile, la tortue, le paon, le pigeon Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Histoires allgoriques dans les Stras 43 Q. Les Vnrables nous enseignaient : Le feu de lenfer dgage une chaleur nettement plus brlante que celle du feu normal. Si lon jetait un petit caillou dans le feu, il resterait encore en entier toute une journe. Si lon jetait une grosse pierre dans le feu de lenfer, elle disparatrait en un clin doeil . Je doute car il mest impossible de croire cela ! Les Vnrables avaient encore dit ceci : Les tres qui sont condamns en enfer, sont brls vifs durant des milliers dannes mais ils ne sont pas rduits en cendres. Face ce raisonnement, je doute encore plus. Q. Rflchissez ceci : Les crocodiles, les tortues, les paons, les pigeons femelles mangent-ils des graviers ? R. Oui, ils les mangent. Q. Ces graviers sont-ils digrs ? R. Oui, ils sont tous digrs. Q. Et les oeufs dans leurs ventres sont-ils digrs ou non ? R. Non, les oeufs ne sont pas digrs. Pourquoi ? R. Cest parce quils sont influencs par le karma. Il en est de mme pour lhomme. Celui qui est condamn en enfer, il y sera brl durant des milliers dannes sans tre rduit en cendres, cest cause de linfluence de son karma. Bouddha avait enseign : Tant que le karma nest pas puis, lhomme ne peut pas mourir . R. Trs bien, cest excellent. Histoire n 41 Leau supporte la terre Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Les Matres avaient enseign ceci : La terre sappuie sur leau ; leau sappuie sur lair, lair sappuie sur lespace. Il mest difficile de le croire . R. Bhikkhu Ngasena souleva le vase servant filtrer leau et sadressa au roi : Majest, regardez ceci. Cest bien clair que leau sappuie sur lair nest-ce pas ? . Histoire n 42 Le Nirva est la srnit absolue Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, le Nirva est vraiment la srnit absolue ou est-ce la fin dfinitive ? . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Oui, cest exact . Q. Voulez-vous mexpliquer plus clairement sil vous plat. Histoires allgoriques dans les Stras 44 R. Celui qui est voil par lignorance, dhabitude aime les plaisirs, sattache aux sens, la forme et aux phnomnes, il drive au fil de leau du fleuve de lignorance. Il est ballott sur locan de la souffrance et ne pourra jamais chapper au cycle de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Les tres qui ont acquis la sagesse ne sadonnent plus leurs passions, ne sattachent plus leurs sens, la forme et tous les phnomnes. Grce cela, ils peuvent radiquer leurs dsirs ardents, leurs attachements, toutes les souffrances dues la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ainsi que toutes les douleurs ou les tristesses de ce bas-monde. Cest pourquoi le Nirva est considr comme la srnit parfaite, lextinction totale. Q. Est-ce que tous les pratiquants bouddhistes pourront atteindre le Nirva ? R. Cela ne serait pas possible de cette faon. Ceux qui sont capables de se diriger directement vers la voie de la sagesse, dapprendre les choses claires et justes, de pratiquer les mthodes dignes dintrts, de dlaisser celles qui sont peu intressantes, dradiquer les choses qui mritent dtre limines, ce sont ces pratiquants-l qui atteindront le Nirva. Histoire n 43 Le Nirva est un lieu de bien-tre Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Tout tre qui na pas encore atteint le Nirva, pourrait-il savoir que le Nirva est un lieu de bien-tre ? R. Cest possible quil puisse le savoir. Q. Comment pourrait-il le savoir ? Q. Celui qui na pas encore un bras amput pourrait-il connatre la souffrance engendre par lamputation dun bras ? R. Il pourrait, Vnrable. Q. Comment le pourrait-il ? R. Bien quil nait pas encore un bras amput, il a loccasion de voir et entendre les gmissements, les plaintes et les pleurs des amputs. Cest pourquoi il connat leurs souffrances. R. Cest la mme chose, il ny a pas de diffrence. Celui qui na pas encore atteint le Nirva peut savoir aussi que le Nirva est vraiment un lieu paisible parce quil a entendu ceux qui avaient atteint le Nirva dcrire la paix et la srnit de ce lieu . Histoires allgoriques dans les Stras 45 Histoire n 44 Le Bouddha est venu en ce bas-monde Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Avez-vous vu le Bouddha ? R. Non, le Bouddha a rintgr le Nirva depuis des milliers dannes. Q. Vos Matres ont-ils vu le Bouddha ? R. Eux non plus. R. Selon le raisonnement ci-dessus, le Bouddha nest pas venu en ce bas-monde parce que ni vous ni vos Matres, personne ne la vu. Q. Est-ce que votre Majest a vu le fleuve U Ha sur lHimalaya ? R. Je ne lai jamais vu. R. Vos anctres lont-ils vu ? R. Mes anctres non plus. Q. Alors ce fleuve nexiste pas parce que ni vous ni vos anctres ne lavez vu. R. Mme si moi et mes anctres ne lavons pas vu, pourtant ce fleuve existe sur lHimalaya. R. Votre Majest, il en est de mme, moi et mes Matres nous navons pas vu le Bouddha, mais il est venu en ce bas-monde . Histoire n 45 Le Bouddha est le plus noble de tous Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Est-ce que le Bouddha est le plus noble de tous en ce monde ? R. Oui, cest exact. Q. Comment le savez-vous puisque vous ne lavez pas vu ? R. Une personne na jamais encore vu la mer mais elle a vu les cinq grands fleuves tels que : le Gange, le Dumuna, lAxirawati, le Sarabu, le Mahi qui coulent vers la mer ; la surface de la mer nest ni basse ni haute, cette personne sait-elle que la mer est grande et profonde, impossible mesurer ? R. Cette personne peut le savoir. R. Il en est de mme. Ayant vu les grands disciples de Bouddha rintgrer le Nirva, jai su alors que Bouddha est le meilleur de tous. Q. Je vous prie de me donner un autre exemple. R. Autrefois, il y avait un enseignant, le Vnrable Tyxa. Q. Il est dcd depuis longtemps, comment savez-vous quil a exist ? Histoires allgoriques dans les Stras 46 R. Je le sais parce quil a laiss ses critures. De la mme faon, celui qui a pu faire connaissance avec le Dharma, a dcouvert le Bouddha, parce que cest Bouddha qui a laiss son enseignement ses disciples, et ses croyants. Lenseignement laiss par Bouddha est merveilleux, transcendant, impensable. En faisant connaissance avec le Dharma, on sait que Bouddha tait le meilleur de tous. R. Cest trs bien, trs trs bien ! Q. Connaissez-vous lenseignement de Bouddha ? Le Dharma contient toutes les matires enseignes par Bouddha, les prceptes que Bouddha a laisss, ctait pour que ses disciples les observent, les tudient et les pratiquent. Histoire n 46 Allumer une torche Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Un tre humain meurt, quitte son corps, est-ce quil va renatre ? . R. Bhikkhu Ngasena rpondit : Un mort reoit un nouveau corps en quittant lancien . Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Cest tout comme quand on allume une torche, dune torche une autre. Le feu de lancienne torche continue brler sur la nouvelle. Il en est de mme pour lhomme, il ne peut pas garder son ancien corps quand il en a reu un nouveau. Q. Je vous prie de me donner un autre exemple. R. Votre Majest, quand vous tiez jeune, avez vous tudi les stras avec un Matre quelconque ? R. Oui, et maintenant je men rappelle encore. Q. Les stras que vous avez tudis, votre Matre sen rappelle-t-il encore, les a-t-il conservs encore ou est-ce quune fois que vous les avez tudis, tout vous est revenu ? R. Une fois lenseignement transmis, mon Matre conserve toujours son savoir. R. Il en est de mme pour lhomme, il quitte son ancien corps et reoit un nouveau corps. Q. Alors lme existe-t-elle rellement ? R. Selon les thories extrmistes, elle nexiste pas . Histoires allgoriques dans les Stras 47 Histoire n 47 Larbre qui na pas encore donn de fruits Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Serait-il possible de dmontrer clairement les consquences de chaque bonne ou chaque mauvaise action et de dire o elles se manifesteront ? R. Cela est impossible faire. Q. Pourquoi ? Pourriez-vous me donner un exemple ? Q. Pour un arbre qui na pas encore donn de fruits, Votre Majest peut-elle dire fermement que sur cette branche-ci il y aura des fruits tel endroit et sur cette branche l, tel autre endroit ? R. Cest impossible de prvoir cela. R. Cest la mme chose, il ny a pas de diffrence. Le cycle de morts et de renaissances est interminable, il est impossible de dire que telle consquence aura lieu tel moment et telle autre consquence aura lieu tel autre moment . Histoire n 48 Lagriculteur laboure et sme Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Lhomme qui doit encore renatre sait-il quil devra renatre ? R. Il pourrait le savoir. Q. Comment fait-il pour le savoir ? Je vous prie de me donner un exemple ? R. Cest comme un agriculteur qui laboure, sme. Sil pleut suffisamment, sait-il quil y aura du riz rcolter ? R. Oui Vnrable, il le sait. R. Il en est de mme, il ny a pas de diffrence, lhomme qui doit encore renatre, sait quil devra le faire . Histoire n 49 Allumer un grand feu Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Comment pouvons nous faire pour savoir o rside Bouddha au Nirva ? R. Bouddha a rintgr le Grand Nirva, il est impossible de savoir o est le lieu de sa rsidence. Histoires allgoriques dans les Stras 48 Q. Je vous prie de me donner un exemple ? R. Par exemple, quelquun a allum un grand incendie, ensuite il la teint. Avons-nous les moyens de montrer o se trouve la flamme ? R. Cest impossible de la montrer parce que cette flamme est dtruite. R. Cest la mme chose. On ne peut pas montrer le lieu de rsidence de Bouddha. Cependant nous pouvons connatre son corps de la Loi (Dharmakya, sc.) cest--dire son enseignement quil a laiss en ce bas-monde . Histoire n 50 Le mdecin Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Bouddha connaissait-il tout et voyait-il tout ? R. Oui, Il connaissait et voyait tout. Q. Pourquoi attendait-il loccasion pour mettre en vigueur les prceptes et non tous en une seule fois ? Q. Y a-t-il un mdecin quelconque qui connat tous les mdicaments du monde entier ? R. Oui Vnrable, il y en a un qui connat tout. Q. Alors ce mdecin conseille-t-il ses malades de prendre les mdicaments quand ils en ont besoin ou leur dit-il den prendre avant le moment indispensable ? R. Il doit leur dire den prendre quand ils en ont besoin. R. De mme, Bouddha attendait loccasion favorable pour mettre en vigueur les prceptes pour ses disciples. Ces derniers sen rappelleront toute leur vie pour se comporter de faon vertueuse . Histoire n 51 Le lotus aux cent ptales Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Bouddha possdait-il au complet les trente deux trs beaux traits physiques et les quatre-vingt autres supplmentaires ? Le teint de sa peau avait-il la couleur jaune dor comme de lor pur ? Son aurole avait-elle la grosseur dune brasse ? R. Bouddha possdait toutes ces caractristiques. Q. Ses parents avaient-ils les mmes traits ? R. Ses parents ne possdaient pas ces bienheureuses caractristiques. Q. Normalement les enfants ressemblent leurs parents nest-ce pas ? R. Votre Majest connat-elle le lotus aux cent ptales ? Histoires allgoriques dans les Stras 49 R. Je connais ce type de lotus. Q. O pousse t-il ? R. Il nat dans la boue et grandit dans leau. Q. La couleur et lodeur du lotus ressemblent-elles celles de la boue et de leau ? R. Elles ny ressemblent pas. R. Il en est de mme pour le cas de Bouddha. Ses parents navaient pas les bienheureuses caractristiques de Bouddha parce que seul Bouddha possdait les bienheureuses caractristiques de tous les Bouddhas (Tathgatha, sc.). Il est n au monde et a grandi dans cette vie terrestre, mais Il ne ressemblait pas aux habitants de ce bas-monde . Histoire n 52 Deux personnes pleurent Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Il y a deux personnes qui pleurent, lune est malheureuse et pleure parce que sa mre vient de mourir ; lautre, aprs avoir cout lenseignement de Bouddha, sest rendu compte de son ignorance, elle est admirative, trs mue et pleure. Dans ce cas-l, les pleurs de laquelle des deux personnes sont doux et fastes ? R. La personne qui pleure cause de la tristesse, de lignorance, de la colre, verse des larmes ayant un got amer. Celle qui pleure cause du bien-tre, de la srnit, verse des larmes pures. Ce sont toujours des larmes mais celles de la premire personne sont irrites tandis que celles de la deuxime personne sont fraches. Lirritation cause des dgts, le calme engendre la srnit . Histoire n 53 Lignorance et la clairvoyance Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Quelle est la diffrence entre un homme ignorant et un homme clairvoyant ? R. Lun a encore des attachements, lautre nen a plus. Q. Ce qui veut dire ? R. Cest--dire lun a encore des dsirs, lautre nen a plus. Q. Cependant jai toujours vu, que ce soit un moine ou un lac, quil ait Histoires allgoriques dans les Stras 50 atteint lveil ou soit encore voil par lignorance, tous les deux ne se proccupent que de leur confort et du remplissage de leur estomac. R. Votre Majest doit prter votre attention ceci : Lignorant prouve du plaisir quand il mange. Il espre avoir de bons plats exotiques pour satisfaire ses dsirs. Celui qui a atteint lveil, en mangeant, il ne fait plus attention si cest un bon ou un mauvais plat, si cest savoureux ou non. Il ne cherche pas son plaisir dans le fait de manger un bon plat exotique car la nourriture ne sert qu le maintenir en bonne sant pour quil puisse secourir ses semblables. R. Cest trs trs bien . Histoire n 54 O se trouve le vent ? Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. O se trouve la sagesse ? R. Elle nest nulle part. Q. Alors, elle nexiste pas ? Q. O se trouve le vent daprs vous ? R. Il nest nulle part. Q. Alors, le vent existe-il ? . Histoire n 55 Prendre leau de la mer dans la paume des deux mains pour la goter Le Roi Milinda demanda Bhikkhu Ngasena : Q. Vnrable, vous avez dit que Bouddha avait ralis quelque chose de trs difficile. Quavait-Il fait de si difficile ? R. Parce quIl a pu diffrencier les phnomnes sans forme, sans caractristiques dans chaque organe des sens des humains, depuis le contact, la prise de conscience, lmotion et la rflexion jusqu lanalyse des signes distinctifs. Q. Je vous prie de me donner un exemple. R. Cest comme quelquun qui prend dans la paume de ses mains runies, leau de la mer pour goter. Serait-il capable dy distinguer la part de leau du Gange, celle du fleuve Du Mu Na, celle du fleuve A Xi Ra Hoa Ti, celle Histoires allgoriques dans les Stras 51 du fleuve Xa Ra Bu et celle du fleuve Ma Hi ? R. Cest trs difficile faire. R. LHonor du Monde a pu tout reconnatre, diffrencier tous les phnomnes sans forme, les phnomnes sans caractristiques. A partir de cette constatation, jai dit quIl a ralis quelque chose de trs difficile. R. Cest trs bien, cest excellent . ******* Chapitre 3 Stra des Stances du Dharma (Le Stra Dharmapda, sc. - Kinh Php C, vn.) Histoire n 56 Avoir un corps cest recevoir la souffrance Bouddha avait racont cette histoire : Autrefois il y avait un Bhikkhu appel La Force de lEnergie qui pratiquait son perfectionnement sur une montagne. En ce lieu, il y avait quatre animaux : un mouchet, un corbeau, un serpent, un cerf qui cohabitaient avec lui. Un soir, ils se posrent cette question : Parmi les souffrances de cette vie, laquelle est la plus lourde supporter ? Le corbeau avec son bec pointu, prit en premier la parole : La faim et la soif sont les plus dures supporter. Quand on est affam, assoiff, le corps est amaigri, loeil ne voit plus clair, lesprit nest pas tranquille. Parfois cause de la nourriture, nous sommes pris au pige et nous mourons cause de la faim . Lmouchet continua : La luxure est la pire des souffrances. Quand le dsir sexuel est pressant nous ne pensons plus au danger et cause de cela nous pourrions succomber la mort. Le plaisir sexuel est le plus dangereux . Ce fut ensuite le tour du serpent de dire Pour moi en particulier, la colre est la souffrance la plus dangereuse. Une fois que la colre se lve, nous ne faisons plus la diffrence entre les tres chers et les simples connaissances. Des fois, nous causons du tort nous-mme et autrui . A la fin, le cerf exprima son opinion : La peur est la souffrance la plus dure. Mon coeur palpite et je tremble continuellement comme quand jai peur des chasseurs avec leurs chiens, ainsi que des loups. Ds que jentends un bruit, je menfuis toute allure, au risque de la mort, les Histoires allgoriques dans les Stras 52 viscres contracts, abandonnant les parents et les enfants, parfois on peut tomber dans les fosss au risque de perdre la vie . Aprs avoir entendu leur discussion, le Bhikkhu rectifia comme ceci : Tous les points de vue exprims l ne sont que des souffrances secondaires, ce ne sont pas encore les racines. La souffrance des tres de ce monde provient du corps. Le corps nest quun rceptacle pour contenir toutes sortes de souffrances. Cest pourquoi je quitte le monde pour devenir religieux et pratiquer le perfectionnement. Je voudrais exterminer les ides perturbatrices, je ne veux plus ce corps illusoire, dans le but dradiquer toutes les causes de la souffrance . Histoire n 57 Le papier et la ficelle Bouddha vit un vieux papier sur le sol. Il demanda un Bhikkhu de le ramasser, ce dernier, obissant, le ramassa. Bouddha demanda : Quest-ce que ce papier ? - Matre, cest une enveloppe dencens. Elle est jete depuis longtemps mais elle conserve encore le parfum de lencens . Le Matre et llve continurent leur chemin et ils rencontrrent un bout de ficelle. Bouddha demanda au Bhikkhu de le ramasser. - Bouddha demanda : Quelle sorte de ficelle est-ce ? - Matre, je ne sais pas quel genre de ficelle cest mais on la employe pour ficeler du poisson, cest pourquoi elle garde encore lodeur du poisson . Bouddha dit : Ces deux objets taient propres auparavant et ne portaient aucune odeur. Maintenant par la loi de causalit, ils dgagent ces odeurs agrables et dsagrables. Quand on frquente des sages, on peut simprgner des principes moraux. Quand on frquente des ignorants, alors les malheurs arrivent comme pour ces deux objets : le papier et la ficelle. Le papier a envelopp lencens, il en garde le parfum, la ficelle entourant le poisson en garde la mauvaise odeur. Ils en sont imprgns petit petit sans pouvoir sen rendre compte . Histoire n 58 La tortue et le phoque Quand Bouddha tait encore en ce bas-monde, il y avait un religieux qui Histoires allgoriques dans les Stras 53 tudiait au pied dun arbre. Durant environ douze ans, il navait pas encore pu radiquer ses passions et les permanentes perturbations de son esprit. Il pensait toujours ses cinq passions sensorielles : ses yeux voulaient voir les formes et ses oreilles entendre les sons et son nez sentir les odeurs, sa bouche goter les saveurs et son corps toucher aux choses, ses facults mentales suivre tous les phnomnes. Quand son corps bougeait, ses penses se dispersaient en tous sens continuellement. Quand Bouddha jugea que le moment favorable pour aider ce religieux tait arriv, il vint le voir et passer une nuit. Prs de l, il y eut une tortue qui sortit de leau et un phoque arriva l pour chercher sa nourriture. Il vit la tortue et voulu la manger. Immdiatement, la tortue rentra rapidement sa tte, sa queue et ses pattes dans sa carapace. Le phoque ne pouvait donc pas la tuer et sloigna de l. La tortue sortit sa tte et sen alla tranquillement. Le phoque tait vaincu et la tortue avait chapp au danger. Le religieux demanda Bouddha : Nest-ce pas grce sa carapace que la tortue na pas t attaque par le phoque ? . - Bouddha rpondit : Oui , et il continua : En rflchissant bien, ltre humain est moins intelligent que cette tortue ; il ne connat pas limpermanence, cest pourquoi il lche la bride ses six passions, de ce fait, il est attaqu par des dmons de lextrieur. Quand le corps est dgrad, lme doit le quitter. Prise dans ce cycle de morts et de renaissances qui na pas de limites, elle sen va la drive dans les cinq voies, elle souffre cent mille fois. Toutes ces causes proviennent de lesprit, cest pourquoi il faut prier ardemment pour avoir la paix ternelle . A cette occasion, Bouddha dit ce gth. Il faut cacher les sens comme cette tortue, protger lesprit (le 6me sens) comme cette fortification, lutter contre les redoutables ennemis, ne plus craindre la dfaite . Histoire n 59 Une branche darbre faible prise dans un tourbillon de vent fort Bouddha enseigna aux bhikkhus : Celui qui vit dans le plaisir sans protger ses sens, en mangeant, en buvant sans modration, paresseux, ne faisant aucun effort, est trs facilement domin par les dmons. Il est semblable une branche darbre faible prise dans un tourbillon de vent fort . Histoires allgoriques dans les Stras 54 Histoire n 60 Le vent souffle sur une montagne rocheuse Bouddha enseigna aux bhikkhus : Celui qui fait le voeu de parvenir au pays de la Terre de Flicit, ne laisse pas dvelopper le moindre plaisir, sait protger ses sens, boit, mange avec modration, est ferme dans sa foi et appliqu. Les dmons ne peuvent pas le dominer, comme le vent qui souffle sur une montagne rocheuse . Histoire n 61 La pure fleur lotus Bouddha enseigna aux bhikkhus : Tout comme partir dun tas de boue, apparat un lotus pur, odorant, pouvant plaire tout le monde, de la mme faon, quelques endroits seulement dans ce monde dtres voils par lignorance, il y a certaines personnes qui se rveillent brusquement, dveloppent leur vraie foi, sorientent vers la Voie de lEveil parfait, pratiquent le perfectionnement de la srnit, utilisent la sagesse pour clairer ce bas-monde . Histoire n 62 Le voyageur fatigu Bouddha enseigna : La nuit est longue pour quelquun qui a perdu le sommeil ; la route est trs longue pour le voyageur fatigu. De la mme faon, le cycle de morts et de renaissances continue indfiniment pour ceux qui sont trop stupides, incapables de comprendre la Vraie Loi . Histoire n 63 La cuillre de mdicament Bouddha enseigna aux bhikkhus : Un tre stupide, mme sil frquente durant toute sa vie un tre intelligent, ne pourra pas comprendre quoique ce soit de la Vraie Loi de Bouddha. Tout comme la cuillre servant puiser les mdicaments, elle est utilise tous les jours, mais elle ne connatra jamais le got des mdicaments . Histoires allgoriques dans les Stras 55 Histoire n 64 La langue et les mdicaments Bouddha enseigna la grande communaut (Sagha, sc.) : Celui qui est intelligent, mme sil ne ctoie un autre tre intelligent quun bref instant, il peut comprendre tout de suite la Vraie Loi de Bouddha. Tout comme la langue, au contact avec un mdicament, peut reconnatre tout de suite son got . Histoire n 65 La protection des fortifications Bouddha enseigna aux bhikkhus : Comme la protection des fortifications, il faut protger notre personne de la mme faon. Mme ne serait-ce quun instant, il ne faut pas relcher notre vigilance, car une petite seconde de ngligence suffit pour provoquer la chute . Histoire n 66 Llphant sur le champ de bataille Bouddha enseigna aux bhikkhus : En regardant comment les lphants sur un champ de bataille, affrontent, supportent les flches de lennemi, nous pouvons penser que nous supportons, de la mme faon, toutes les diffamations venant de notre entourage. Cela est vrai, dans cette vie, ceux qui ne pratiquent pas suffisamment le perfectionnement de la patience, nobserveront plus les prceptes. Une fois les prceptes interrompus, ils tomberont immdiatement dans la dchance . Histoire n 67 Le dressage des lphants Bouddha enseigna aux bhikkhus : Celui qui sait faire faire des exercices aux lphants pour les reprsentations loccasion des ftes, pour lusage des rois, mrite dtre flicit pour ses talents. Mais celui qui peut prparer son me la patience devant les critiques dautrui, est une personne talentueuse, plus exprimente que tous ses semblables . Histoires allgoriques dans les Stras 56 Histoire n 68 Les cochons Bouddha enseigna aux bhikkhus : Les cochons aiment dormir et en plus sont trs gourmands. Il en est de mme pour le commun des mortels, cest parce quil aime manger et dormir quil tourne indfiniment dans le cycle des morts et des renaissances . Histoire n 69 Le cornac talentueux Bouddha enseigna aux bhikkhus : Dans les vies antrieures, nous avions lhabitude de suivre nos diffrents plaisirs sensuels, nos passions et nos agrables errances. Actuellement nous avons pu assagir notre pense depuis longtemps tout comme un lphant bien dress par son cornac. Histoire n 70 Llphant qui a pu sortir de son embourbement Bouddha enseigna ses bhikkhus : Vous devez tre joyeux, diligents, pour prendre soin de votre esprit afin de pouvoir vous sauver vous-mmes hors de tous lieux dangereux. Cest comme cet lphant qui sefforce de sortir de son embourbement . Histoire N 71 Llphant seul au milieu de la fort Bouddha enseigna la grande communaut : Il vaut mieux rester seul que dtre en compagnie dun tre ignorant. Quand vous vivez seuls, vous tes libres, librs de toutes passions, comme cet lphant en libert absolue au milieu de la fort . Histoire n 72 Laraigne tisse sa toile Bouddha enseigna aux bhikkhus : Un tre envot par ses passions, se jette dans un filet comme une araigne qui tisse sa toile. Une fois dbarrasss de toutes entraves, les souffrances sloigneront et vous vous dplacerez librement . Histoires allgoriques dans les Stras 57 Histoire n 73 Lherbe nuit aux cultures Bouddha enseigna aux bhikkhus : Lherbe nuit aux cultures, la convoitise a dj fait le malheur de beaucoup dhommes importants. Cest pourquoi, il faut tre gnreux pour que lhomme sloigne de lavidit. Celui qui pratique la gnrosit, recevra beaucoup de mrites. Lherbe nuit aux cultures, la colre a dj fait le malheur de beaucoup dhommes importants. Cest pourquoi il faut tre gnreux pour que lhomme se spare de la colre. Celui qui pratique la gnrosit, recevra beaucoup de mrites. Lherbe nuit aux cultures, lignorance a dj fait le malheur de beaucoup dhommes importants. Cest pourquoi, il faut tre gnreux pour que lhomme sloigne de lignorance. Celui qui pratique la gnrosit recevra beaucoup de mrites. Lherbe nuit aux cultures, les passions sensuelles ont dj fait le malheur de beaucoup dhommes importants. Cest pourquoi, il faut tre gnreux pour que lhomme se dbarrasse de ses dsirs. Celui qui pratique la gnrosit recevra beaucoup de mrites. Histoire n 74 Vider leau dune barque Bouddha enseigna aux bhikkhus : Les bhikkhus vident leau dune barque. Quand leau est vide, la barque devient lgre et avance plus vite. Celui qui a pu se dbarrasser dfinitivement des passions et de la colre atteindra immdiatement le Nirva . Histoire n 75 Le commerant dresse son cheval Bouddha enseigna aux bhikkhus : Cest vous-mme qui tes celui qui vous protge. Cest vous-mme qui tes votre propre refuge. Vous devez faire des efforts pour vous dominer comme ce commerant qui soccupe dresser son propre cheval . Histoire n 76 La lune dgage des nuages Bouddha enseigna aux bhikkhus : Les jeunes bhikkhus qui sappliquent srieusement la pratique du perfectionnement selon les Histoires allgoriques dans les Stras 58 rgles enseignes par lEveill, constituent la lumire qui claire ce bas-monde, comme la lune qui est dgage des nuages . Histoire n 77 Le Matre dresseur dlphants Bouddha demanda au Matre dresseur dlphants : Vous avez combien de mthodes pour dresser les lphants ? . Le Matre dresseur rpondit : Honor du Monde, jen ai trois : 1. Accrocher un anneau en fer sur leur museau, y passer une corde pour les mener ; 2. les affamer ; 3. les frapper fort avec un bton. Grce lanneau accroch au museau je peux temprer lagressivit vocale ; la faim affaiblit la violence corporelle ; la correction physique modre la fougue de lesprit . Bouddha lui dit : Moi aussi jai trois mthodes pour conqurir les tres anims, les aider se contrler pour acqurir le principe du non conditionn (asaskta, sc. - v vi, vn.) : ce sera dutiliser : 1. la sincrit pour matriser les fautes verbales ; 2. la bont pour temprer les mfaits du corps ; 3. lintelligence pour radiquer lignorance. Celui qui possde ces trois qualits pourra aider ses semblables sloigner des trois mauvaises voies. Histoire n 78 Sonner les cloches, les gongs Quand les querelles, les insultes, lorgueil se manifestent, le mpris dautrui et la jalousie, la haine et la rancune naissent en mme temps. La modestie, le respect dautrui, la patience, loubli de la vengeance font arrter tout de suite la haine. Ceux qui utilisent la parole pour combattre, alors les deux adversaires ne sont pas sereins. Il ne faut pas dire des mots vulgaires, il faut craindre les consquences ; les mchantes paroles apportent des malheurs, il sera difficile dviter les armes. Quand on prononce les paroles bienfaisantes, cest comme si on sonnait les cloches, les gongs. Quand on ne discute pas propos des opinions contradictoires, alors on aura la paix toute sa vie. Histoires allgoriques dans les Stras 59 Histoire n 79 La bote contenant des mdicaments Quand Bouddha rsidait dans la ville de rvasti, il y avait un homme appartenant la caste Brhmaa. Ctait un homme trs riche, g de 80 ans. Mais il raisonnait de faon errone parce quil ntait pas trs intelligent, alors, il tait trs difficile de lduquer. Il ne savait pas faire du bien, il navait donc pas pu acqurir des mrites. Il naimait pas beaucoup rflchir, par consquent il ne savait pas ce qutait limpermanence. Il ne savait que senrichir et avoir de belles maisons. Il avait des maisons en faade, par derrire, des maisons fraches, des maisons chaudes, des maisons lest, louest, des ranges longitudinales et transversales. Il possdait ainsi quelques dizaines de toits. Mais la faade du devant tait trs loigne de celle du derrire, ce qui constituait un inconvnient en cas de mauvais temps. Il achetait donc des matriaux et dirigeait des ouvriers pour rsoudre ce problme. A ce moment l, lHonor du Monde, avec son pouvoir surnaturel de la vue, savait que ce vieillard navait plus que quelques jours vivre, mais ce dernier ne le savait pas. Ctait pourquoi il saffairait, sagitait, puisait ses forces pour faire des choses inutiles. Cela faisait vraiment piti. Le Bouddha et nanda se rendirent chez ce vieillard. Bouddha lui demanda gentiment : Que faites-vous l ? Etes-vous fatigu ? Vous construisez cette maison dans quel but ? . Le vieillard lui rpondit et expliqua tout en dtail : La maison du devant sert de salon pour recevoir les visiteurs et de lieu de culte des anctres. Celle par derrire sert de lieu de vie, les ranges lest, louest sont rserves mes enfants et petits-enfants. En t, nous montons dans les tages suprieurs pour profiter de lair frais, en hiver nous descendons au rez-de-chausse pour nous rchauffer. Jai tout expliqu avec prcision, avez-vous tout compris ? . Aprs avoir cout cela, Bouddha lui dit : Je connais votre rputation, cest pourquoi je voudrais vous rencontrer pour discuter amicalement avec vous. Jai un gth contenant des paroles trs importantes, la fois utiles pour la srnit et aussi pour viter les dangers. Je voudrais vous loffrir immdiatement. Je vous prie darrter de travailler un moment pour mcouter et ensuite nous en discuterons . Le vieillard lui rpondit immdiatement. Jai beaucoup de travail en ce moment, je ne peux pas marrter longtemps ni pour vous recevoir ni pour discuter. Je vous prie de revenir une autre fois, mais vous pouvez me le lire, je vous coute tout en travaillant . Bouddha suivit son conseil et lut Histoires allgoriques dans les Stras 60 le sens du gth : Avoir des enfants et aussi de la richesse, lhomme ignorant est toujours occup. Il ne sait pas quil nexiste pas rellement, ni ses enfants. La chaleur finit par sarrter, il en est de mme pour le froid. Celui qui est ignorant veut tout prvoir et ne pense pas aux dangers qui pourront survenir. Lignorant obscurcit lui-mme son esprit, tout en se croyant intelligent. Lignorant qui se prtend intelligent est quelquun de trs stupide . Aprs avoir cout ce gth, le vieillard se flicita : Votre gth est excellent, mais je suis trs occup. Revenez demain et nous en discuterons . Bouddha eut trs piti de lui, mais fut oblig de repartir parce quil navait pas pu convaincre cet homme. Bouddha peine parti, pas encore trs loin de cette maison, ce vieillard, en transmettant une poutre un ouvrier, fit un faux mouvement, cette poutre retomba directement sur sa tte, il fut mort sur le coup. Ses proches se lamentrent bruyamment, mettant tout le village sous le choc. Sur le chemin menant vers un autre village, Bouddha rencontra dix Brahmanes (Phm Ch, vn.) qui lui demandrent respectueusement : Do venez-vous ? . Bouddha leur rpondit : Je viens de rendre visite un vieillard dans ce quartier avec lintention de lui expliquer la Loi pour le secourir. Mais il manqua de confiance et refusa mes conseils. Il ne connaissait pas les dangers, les changements, limpermanence. Il vient de mourir cause de la chute dune poutre . Pour ces Brahmanes, Bouddha redit le gth aux significations trs importantes quil venait de rciter pour ce vieillard. Aprs avoir cout ce gth, ces Brahmanes furent trs heureux parce quils comprirent le vrai sens de la loi. Bouddha dit un autre gth pour duquer ces Brahmanes : Lignorant qui frquente les Sages est comparable un vase qui contient des mdicaments depuis longtemps mais qui ne connat toujours pas leurs saveurs. Celui qui est intelligent, en frquentant les Sages, est comparable la langue gotant quelque chose mis sur son extrmit, qui en reconnat tout de suite les saveurs. Lignorant, cause de son corps, provoque des dangers, est oblig de continuer faire du mal aux autres et se cre ainsi des fautes graves. Une fois repenti, il doit subir la loi de Causalit en pleurant . Une fois entendu ce gth, les Brahmanes furent convertis avec une foi consolide. Trs contents, ils se prosternrent respectueusement devant Bouddha en promettant de croire et de pratiquer. Histoires allgoriques dans les Stras 61 ******* Chapitre 4 Stra des Quarante Deux Chapitres (Dvchatvimatkndha Stra, sc.- Kinh T Thp Nh Chng, vn.) Histoire n 80 Une seule personne luttant contre dix mille autres Tous ces pratiquants religieux sont comparables une seule personne luttant contre dix mille autres personnes. Ds quils ont fini de mettre leur cuirasse, de sortir hors du palais, leur esprit est soit effray, soit ils rebroussent chemin, soit meurent sur le champ de bataille, soit gagnent la bataille et reviennent au palais. moine, pour tudier le dharma, il faut tre trs opinitre, garder fermement son esprit dans lnergie, la vaillance, navoir peur de rien, liminer tous les dmons pour recueillir les bonnes consquences, cest--dire parvenir lveil. Histoire n 81 Lombre suit lobjet Le Bouddha enseigna ses bhikkhus Un homme mchant qui agresse un autre plus gentil, cest comme sil renversait sa tte en arrire, ouvrait sa bouche et crachait vers le haut. Le crachat ne monte pas trs haut et retombe sur lui. Cest comme celui qui se met au dbut dun courant dair et samuse remuer la poussire avec son pied. Ces poussires ne salissent pas les autres personnes mais son propre corps. Un tre bon ne peut pas tre atteint, le mchant se fait mal tout seul . Un homme a entendu dire que Bouddha pratiquait le principe de la grande compassion. Il est venu le voir exprs pour linsulter. Le Bouddha resta silencieux. Aprs lavoir bien insult, cet homme sest tu. Bouddha lui demanda : Quand vous apportez un cadeau quelquun mais que ce dernier ne laccepte pas, ce cadeau vous revient nest-ce pas ? Lhomme lui rpondit : Oui ! . Bouddha lui expliqua : Vous venez de profrer des insultes mon gard mais je ne les ai pas acceptes. Vous allez les ramener sur votre Histoires allgoriques dans les Stras 62 personne. Cest tout comme lcho rpond au son, comme lombre suit lobjet. Cest exactement comme cela. Attention, ne faites pas de mauvaises actions ! . Histoire n 82 Lencens brle Le Bouddha enseignait ses bhikkhus : Celui qui court aprs les passions charnelles, recherche la rputation, et ds que celle-ci survient, la vie quitte cette personne. Celui qui est avide de renommes de ce bas-monde en oubliant de suivre la bonne voie, perdra ses efforts et sa sant. Tout comme une baguette dencens allume qui dgage un dlicieux parfum dont tout le monde profite, mais lencens une fois consum, il est dj rduit en cendres . Histoire n 83 Essuyer les poussires du miroir Un moine demanda Bouddha : Honor du Monde ! Grce quels moyens nous pourrons connatre nos vies antrieures ? . Le Bouddha rpondit : Un religieux qui pratique consciencieusement, doit garder son esprit serein et perfectionner sa conduite. Dans ces conditions, son esprit comprendra les merveilleux principes fondamentaux. Cest comme sil essuyait les poussires sur la face dun miroir, quand toutes les poussires seront enleves, le miroir brillera. Il en est de mme pour le pratiquant religieux, quand il aura radiqu toutes ses passions, il pourra connatre ses vies antrieures . Histoire n 84 Leau limpide devenue trouble Le Bouddha enseignait la grande assemble des moines : Quand les passions pointent dans lesprit dun individu, ce dernier ne peut pas trouver la Voie. Cest comme leau devenue limpide en ayant dpos la lie, qui redevient trouble parce quune main la remue. Les personnes qui viennent sy mirer, ne peuvent plus voir leurs reflets. Il en est de mme pour le pratiquant religieux qui poursuit encore ses passions, son esprit restant toujours trouble, ne pourra pas trouver la vritable bonne Loi. moines, vous devez radiquer toutes vos passions. Histoires allgoriques dans les Stras 63 Vous ne pourrez comprendre la Loi que quand ces passions auront disparu . Histoire n 85 Une torche la main un homme entre dans une maison non claire Le Bouddha enseignait ses bhikkhus : Celui qui tudie sincrement la bonne Loi et la bien comprise, est semblable quelquun qui tient une torche la main en entrant dans une maison non claire. Lobscurit nexiste plus, il ny a plus que la lumire. Celui qui a bien compris le sens de la bonne Loi, son esprit nest plus obscurci mais bien clair et la vraie sagesse perdure . Histoire n 86 Le miel coll sur la lame dun couteau Le Bouddha enseignait la grande assemble des moines : Celui qui convoite la richesse, la beaut et la renomme recueillera des malheurs. La beaut, le talent et la renomme sont semblables au miel coll sur la lame dun couteau. Le miel nest pas aussi bon que cela mais les jeunes enfants nafs le lchent et se coupent srement la langue . Histoire n 87 Vivre en prison Le Bouddha enseignait la grande assemble des moines : Celui qui est enferm en prison, se considre comme trs malheureux. Mais cette souffrance subie en prison nest pas comparable aux souffrances contraignantes lies la famille. Celui qui vit en prison, a encore du temps de repos et parfois peut tre libr, celui qui a une famille doit se consacrer constamment aux affaires de famille, ses moyens de subsistance, cest pourquoi il est trs malheureux. De la forme nat lamour, de lamour nat la passion, de la passion naissent des contraintes continuellement. Mme si lhomme est en plein danger comme sur le point de mourir ou patauger dans la boue, il accepte toujours de tout supporter. Celui qui est pris dans le filet de la passion charnelle peut difficilement schapper de ce bas-monde. Les Saints grce leurs semences de Histoires allgoriques dans les Stras 64 libration, peuvent viter lignorance. Ils reprsentent de brillants exemples extra mondains, ils sont vnrs par tous . Histoire n 88 Un sac en peau contenant des salets Un gnie du ciel envoya une desse dguise en belle jeune fille au lieu de rsidence de Bouddha, avec lintention de perturber les rsultats obtenus par sa pratique de perfectionnement. Bouddha lui dit : Que vient faire ici ce sac en peau rempli de salets ? Disparaissez, je ne vous dsire pas . Ayant entendu cela, le gnie du ciel commena prouver du respect pour Bouddha. Il lui posa toutes sortes de questions concernant la doctrine. Bouddha lui rpondit de faon trs complte. Aprs avoir reu cette explication, le gnie pu atteindre la premire tape de la Sainte voie (rotpanna, sc.). Histoire n 89 Etre en ce bas-monde sans tre contamin Bouddha enseigna ses bhikkhus : Prenez garde, ne regardez pas la beaut et ne lui parlez pas. Si vous vous adressez elle, il faut vous rappeler ceci : Je suis un moine, je vis dans un monde sale et trouble comme un lotus qui pousse dans la boue mais sans tre imprgn de lodeur de la boue . Il faut considrer la personne ge comme votre mre, lan comme votre frre ou soeur an(e), le plus jeune que vous comme votre frre cadet ou soeur cadette, lenfant comme votre fils ou fille. Il faut dvelopper le sentiment de la compassion pour les aider parvenir la libration. Ainsi vous pourrez teindre les ides malsaines pouvant vous amener commettre des mauvaises actions. Histoire n 90 Le combattant Le Bouddha enseigna ses bhikkhus : Ceux qui pratiquent sincrement, de tout cur, la religion sont comparables aux soldats qui combattent contre une arme ennemie. Quand ils sont sur le champ de bataille : ou ils font demi-tour, ou ils se battent jusqu la mort, ou ils sont vainqueurs. Il en est de mme pour les moines bouddhistes. Ils doivent avancer avec dtermination, audace et courage pour affronter tous les Histoires allgoriques dans les Stras 65 dangers. Ils doivent exterminer tous les dmons pour conqurir le rsultat final : lEveil . Histoire n 91 Eliminer toutes les rouilles Le Bouddha enseigna la grande assemble : Le forgeron doit enlever toute la rouille pour que le fer devienne un bel objet. Il en est de mme pour le pratiquant bouddhiste, il doit enlever toutes les impurets de son esprit, alors la qualit de son perfectionnement deviendra pure . Histoire n 92 Manger le miel dans un bol Le Bouddha enseigna la grande assemble : Les pratiquants de la Loi doivent avoir confiance en mes enseignements. Ils sont prsents dans tous les stras. Leurs significations profondes ou superficielles y sont toutes runies et sont trs profitables. Cela aide tous les tres anims sen imprgner. Cest comme si vous mangiez du miel contenu dans un bol. Quil se trouve au fond du bol, ou sur les bords, le miel est toujours dlicieux . Histoire n 93 Le buffle qui transporte du miel Le Bouddha enseigna ses bhikkhus : Les pratiquants du dharma ne doivent pas travailler comme un buffle qui transporte du miel, cest--dire que leur corps pratique la Loi mais leur esprit ne suit pas le mme chemin. O se trouve donc lutilit ? Si lesprit pratique la Loi, alors, le corps na plus besoin de le faire . Histoire no. 94 Un buffle porteur dun lourd fardeau traverse un espace boueux Le Bouddha enseigna ses bhikkhus : Mes disciples sont comparables des buffles chargs dun lourd fardeau qui traversent un espace boueux. Malgr leur fatigue ils nosent pas se retourner, regarder droite, gauche. Quand ils seront sortis de cette fange, alors ils pourront se reposer. Il en est de mme pour les moines. Ceux-ci doivent se protger des dsirs charnels plus dangereux encore que la boue. Ils doivent se Histoires allgoriques dans les Stras 66 concentrer pour rflchir, toujours orients vers la Voie afin de pouvoir se dbarrasser de leurs souffrances . Histoire n 95 Lor, les pierres prcieuses considres comme des tuiles, des cailloux Le Bouddha enseigna la grande assemble: Je considre le trne des Rois, les siges des mandarins comme des poussires qui passent travers les interstices, lor et les pierres prcieuses comme des tuiles, des cailloux, les tissus luxueux comme des toiles grossires, les mondes des Grands Etres clestes (Mahdeva, sc.) comme des semences vgtales, leau de ltang A NC comme des gouttes dhuile pour masser les pieds, les diffrents moyens comme des consquences trompeuses, les religions suprmes comme de lor, de la soie prcieuse, du rve, le bouddhisme transcendant comme les blouissements des yeux, les mthodes de mditation comme les supports du Mont Mru, le Nirva librateur comme le rveil du matin, les opinions fausses, les opinions justes comme les six dragons qui montent, qui descendent, les principes galitaires comme un monde de vrit absolue, les russites, les checs comme les arbres durant les quatre saisons . Histoire n 96 Comprendre la Loi (dharma) Le Bouddha interrogea ses disciples : La vie dun tre humain dure combien de temps ? . - Honor du monde, seulement quelques jours . Le Bouddha dit : Vous navez pas encore compris . Il questionna un autre : La vie dun tre humain dure combien de temps ? . - Honor du monde : Le temps dun repas . Bouddha dit : Vous navez pas encore compris Il sadressa un autre encore : La vie dun tre humain dure combien de temps ? . - Honor du monde : Le temps dun souffle . Le Bouddha le flicita : Vous avez bien compris . Histoires allgoriques dans les Stras 67 Histoire N 97 Le corps est une illusion Le Bouddha enseigna ses bhikkhus : Mditez propos des quatre lments4 du corps. Ils ont chacun un nom spcifique. Ils nont rien du moi . Cest certain que le moi nexiste pas. De ce fait, le corps est une illusion . Histoire n 98 Leau va vers la mer Ltre humain a commis beaucoup de mfaits et ne veut pas faire le repentir pour mettre fin son mauvais karma. Les fautes saccumulent sur lui-mme comme leau qui coule vers la mer. Celle-ci devient de plus en plus large et profonde. Si celui qui a commis des mauvaises actions sait se repentir et se corriger en abandonnant le mal et en faisant du bien, alors le mauvais karma diminuera au fur et mesure. Tout comme un malade qui transpire, petit petit il se rtablira. ******* Chapitre 5 Stra de la Guirlande du Bouddha (Buddhva-tamsaka Stra, sc. - Kinh Hoa Nghim, vn.) Histoire n 99 Etudier beaucoup Bouddhistes pratiquants, coutez bien ceci ! Ce nest pas parce que vous tudiez beaucoup que vous pouvez dcouvrir la vrit du Tathgata. Etudier beaucoup est comme tre emport par un courant deau : par peur dtre noy, vous vous laissez mourir de soif. De mme, en tudiant beaucoup, vous ne pourrez pas pratiquer selon les rgles. Cest comme si 4 Les quatre lments (caturmahadhtu, sc. - t i, vn.) sont : 1- lment solide (pahav-dhtu, sc.- a i, vn.) 2- lment liquide (po-dhtu, sc. - thy i, vn.) 3- lment calorique (tejo-dhtu, sc. - ha i, vn.) 4- lment du vent (vjo-dhtu, sc. - phong i, vn.) Histoires allgoriques dans les Stras 68 vous vous trouviez devant plusieurs plats qui sont tous de bons plats. Mais si vous ne voulez rien manger alors vous mourrez de faim. Etudier beaucoup est comparable un trs bon mdecin qui connat bien tous les mdicaments mais il ne peut pas gurir ses propres maladies. Etudier beaucoup est comparable un homme trs pauvre qui compte jour et nuit largent des autres, alors quil ne possde mme pas la moiti dun sou. Etudier beaucoup est comparable un sourd qui joue trs bien de la musique. Les autres aiment bien lcouter, mais lui-mme ne peut pas profiter de sa propre musique. Etudier beaucoup est comparable un non voyant qui avait bien appris autrefois, maintenant il dessine trs bien. Les autres admirent ses uvres, mais lui-mme ne voit rien. Etudier beaucoup est comparable un guide des expditions dangereuses. Il a pu secourir beaucoup de monde, mais ne peut pas se sauver lui-mme. Etudier beaucoup est comparable quelquun qui peut raconter des choses miraculeuses devant une grande assemble. Mais lui-mme ne possde pas les qualits relles. Il en est de mme pour celui qui tudie beaucoup . Histoire n 100 Les arbres qui flottent sur le fleuve Le Bouddha enseigna ses bhikkhus : Les pratiquants religieux sont comme des arbres qui flottent sur un fleuve. Ils cherchent tre au milieu du courant. L, ils ne peuvent pas tre repchs par les humains, ni ennuys par les dmons ou par les tourbillons deau qui les arrtent. Ils ne peuvent pas tre pourris non plus. Je peux garantir que ces arbres parviendront tous la mer. Il en est de mme pour les personnes qui pratiquent la Loi. Ils ne doivent pas se laisser ensorceler par les passions charnelles, perturber lesprit par des thories hrtiques. Ils doivent toujours avancer courageusement vers la vacuit. Je peux garantir que ces pratiquants atteindront lEveil . Histoire n 101 Les vers nichs dans un tas dexcrments Les tres anims se laissent aller et sadonnent passionnment aux cinq Histoires allgoriques dans les Stras 69 types de dsirs5. De ce comportement est n ce monde malsain. Parce quils sont stupides, voils par lignorance, alors les dsirs charnels ont pu obscurcir leur esprit, et ils sy perdent. Tout comme un vtement blanc qui absorbe facilement les couleurs de la teinture, ils sont comparables aux vers nichs dans ce tas dexcrments, ils les trouvent trs bon manger. Tout comme les condamns qui ont subi plusieurs peines demprisonnement, sils ont port prjudice leurs bons karmas, ils perdront tous leurs mrites. Sils sloignent des bonnes consquences des prceptes, ils porteront atteinte leur Sagesse. Les individus de ce type sont tous des idiots. Cest pourquoi ils sont obnubils par leurs passions qui les dirigent, leur donnent des ordres comme aux domestiques. Histoire n. 102 Lapparition du soleil Lorsque le soleil apparu en ce bas-monde (Jambudvipa, sc.), il claira dabord le Mont Mru et les autres hautes montagnes. Aprs vint le tour du Mont Sc Sn, ensuite les collines et en dernier, tous ces grands continents. Mais le soleil navait jamais eu lide de discrimination en prfrant clairer tel endroit dabord et tel autre lieu ensuite. Mais parce que sur cette Terre il y a des hauteurs ingales de l proviennent les dabord et les ensuite . Il en est de mme pour les enseignements de Bouddha. Dabord ils concernent les Bodhisattvas qui sont des Rois Grandes Montagnes (i Sn Vng, vn.) aprs pour les Pratyeka bouddhas (Auditeur fr.- Duyn Gic, vn.), ensuite pour les Arhats (A-la-hn, vn.), enfin pour les pratiquants ayant de bonnes bases dterminantes. Selon le degr de leurs capacits mentales, apparatra la grande sagesse. En dernier lieu, les enseignements de Bouddha clairent tous les tres anims jusquaux gars qui pratiquent les doctrines hrtiques. 5 Les cinq types de dsirs : 1) Les dsirs charnels (sc dc, vn.) 2) Aimer les sons harmonieux (thanh dc, vn.) 3) Aimer les parfums, les bonnes odeurs. (hng dc, vn.) 4) Aimer les gots dlicieux, les bons plats. (v dc, vn.) 5) Aimer les doux contacts au toucher, sur le corps. (xc dc, vn.) on Trung Cn : Dictionnaire des termes bouddhiques. Histoires allgoriques dans les Stras 70 Mais jamais la Grande Sagesse Lumire du Soleil de Bouddha na fait la distinction entre les tres. Ses enseignements mettent une lumire uniforme pour clairer partout sans rticence. Cest parce que lesprit des tres anims comporte des niveaux diffrents, de l proviennent simplement cette distinction dabord et ensuite . Histoire n 103 Lenseignement de Bouddha est comparable la Terre, au Feu, lEau. Il y a une question comme ceci : Lenseignement du Bouddha lEveill Parfait est unique. Pourquoi y a t il ces multitudes de mondes, ces incommensurables tres vivants duquer dans dinnombrables langues sous de multiples formes physiques diffrentes ? . Rponse : Parce que la nature de la terre est unique comme une seule maison, les tres anims y vivent parpills partout. Cette terre ne faite pas de discrimination entre semblables ou diffrents. - Il en est de mme concernant la nature du feu. Elle est aussi unique et capable de tout brler, tres comme choses sans distinction. - Tout comme leau des ocans. Elle est unique aussi, mais elle peut se prsenter sous la forme de milliers de vagues diffrentes. Leau na jamais fait la diffrence. - Tout comme la nature du vent qui est toujours unique, mais il peut souffler sur les tres et les choses et na jamais pens souffler spcifiquement sur tel ou tel type. De mme, quand le soleil nest pas cach par des nuages, il claire les dix directions mais la nature de la lumire nest jamais diffrente . Il en est de mme pour les enseignements des Bouddhas, Eveills Parfaits. Histoire n 104 La pierre prcieuse ltat brut Lessence du corps de la Loi (dharmakya, sc. Php thn, vn.) de Bouddha et celui du Bodhisattva sont semblables mais du point de vue des mrites, leurs forces sont ingales. Toutes les caractristiques concernant le fond et la forme sont galit. Il en est de mme pour leur nature fondamentale. Humain-Saint et aveugl-veill, impuret-puret et cause-effet, aller-retour et avance-retour, ainsi tous ont le mme aspect. Cest comme cette pierre prcieuse Mani qui nest pas encore taille, Histoires allgoriques dans les Stras 71 nettoye, elle ne peut pas se permettre de dire que le corps de la Loi du Bodhisattva est galit avec le corps de la Loi de Bouddha. Histoire n 105 La grande Voie Quand lesprit de Sagesse (Bodhicitta, sc. - Tm b , vn.) est trs large, il est comparable une route principale toute droite qui peut aider les tres raliser toutes les semences contenues dans leur esprit. Quand lEsprit de Sagesse brille, il peut clairer toutes les doctrines et faire connatre les vraies et les fausses. Quand lEsprit de Sagesse est limpide, il peut montrer les Lois sereines et parfaitement accomplies. Quand lEsprit de Sagesse est pur, il peut liminer toutes les salets et radiquer toutes les souffrances. LEsprit de Sagesse est une rizire fertile, capable de nourrir tous les tres anims et leur donner la sant et le bonheur. LEsprit de Sagesse est la bonne semence des dix directions6. Il donne naissance tous les phnomnes et parvient raliser la Sagesse de Bouddha. Histoire n 106 Le rcipient deau Quand la foi nat dans la joie, sans soupon ni doute chez un pratiquant qui a cout lenseignement de la Loi (Dharma, sc.) celui-ci parviendra vite au stade insurpassable de lveil. Il sera au mme rang que tous les Bouddhas. Quand le coeur de lhomme est limpide, pur, il est comparable un rcipient deau qui reflte limage relle. Quand le coeur de lhomme est impur, il est comparable au rcipient fl, il ne peut pas reflter limage du Corps de la Loi (dharmakya, sc. - Php thn, vn.) de Bouddha. Si nous savons liminer notre orgueil, nous verrons immdiatement Bouddha. Si la flatterie obscurcit notre esprit, durant de multiples kalpas, nous ne pourrons pas le rencontrer. 6 Dix rgions de lEspace. : lEst, lOuest, le Sud, le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, le Sud-Est, le Sud-Ouest, le Haut et le Bas. Dictionnaire des termes bouddhiques. on Trung Cn : op. cit. p. 1181 Histoires allgoriques dans les Stras 72 Histoire n 107 Les Grandes Positions 6 Les Bodhisattvas pratiquent la patience face tous les mauvais karmas. Vis--vis des tres anims, leur esprit reste toujours gal, ils ne se laissent pas mouvoir, semblable ltat du monde des Grandes Positions. Histoire n 108 La fleur Ba Li Cht a (Paricitra, scr.) Cette fleur Ba Li Cht a ne peut enfumer un vtement que durant un seul jour, les fleurs Chim B B S (Varsika, scr.) peuvent enfumer durant mille annes sans pouvoir lgaler. Quant la fleur Esprit de Sagesse (Bodhicitta, sc. - B Tm, vn.) elle peut faire une action mritoire pour enfumer pendant une seule journe, son parfum envahira tous les mondes des Bouddhas. Les Arhats, les Pratyeka-Bouddhas utilisent leur Sagesse Sans Souillure (anrva, sc. - Tr v lu, vn.) pour enfumer durant cent mille kalpas, la valeur de leurs actes ne peut pas tre compare. Histoire n 109 Loiseau Klavinka 7 Loiseau Klavinka, quand il est encore dans loeuf, possde dj un grand pouvoir quaucune autre race doiseaux ne peut galer. Il en est de mme pour les Grands Bodhisattvas. Quand ils sont encore dans l'uf de vie et de mort, leur esprit de Sagesse est dj trs dvelopp, celui des Arhats et des Pratyeka Bouddhas ne peut lgaler. Histoire n 110 Lor du fleuve Jambu La valeur de lor du fleuve Jambu nest battue que par celle de la pierre prcieuse Joyau de la pense (cintmai, sc. - Nh chu, vn.) qui dpasse son tour toutes les autres gemmes. Il en est de mme pour 6 Les Grandes Positions ici correspondent aux dix terres des Bodhisattvas. on Trung Cn : op. cit. p. 484 7 Loiseau Klavinka (Chim Ca Lng Tn Gi, vn.) est un oiseau qui a un chant mlodieux - Correspondances les termes bouddhiques) p. 37. Histoires allgoriques dans les Stras 73 lesprit de Sagesse (Bodhicitta, sc.). Comme lor du fleuve Jambu, il ne cde la premire place qu lomniscience (Sarvaj, sc. Nht thit tr, vn.). Cette dernire dpasse tous les autres actes mritoires. Histoire n 111 Lhomme et ses mains Ltre humain a des mains. Pour chercher des pierres prcieuses, il saventure dans les montagnes pour les chercher et les dcouvrir tout prix. Il peut alors les trier, les choisir en toute libert. Il en est de mme pour le pratiquant qui a la foi. Il peut entrer dans les trsors du Bouddhisme pour chercher les joyaux prcieux, en toute libert. Il faut choisir celui qui est sans souillure (anrva, sc. - v lu, vn.). ******* Chapitre 6 gama des textes classs numriquement (Stra Ekottarikgama, sc. - Kinh Tng Nht A-Hm, vn. ) Histoire n 112 Les six brigands Essayons de compter et de bien diffrencier : lil, loreille, le nez, la langue, la pense... la forme, le son, lodeur, le got, le contact... Ce sont tous des faux noms. Si le cur ne se laisse pas aller dans lattachement passionn, srement nous ne serons pas condamns renatre dans les mauvaises voies. Lil distingue la beaut et la laideur, il aime le beau et dteste le laid. Loreille entend des sons mlodieux ou mauvais. Quand ils sont bons, gais, il les aime, et les dteste quand ils ne lui plaisent pas. Il en est de mme pour le nez, la langue, le corps. Par exemple, si quelquun attrape six types danimaux diffrents qui nont pas les mmes tempraments : un chien, un renard, un singe, un serpent, un oiseau, une anguille et les attache un mme endroit, puis les relche ensuite. Alors chaque animal senfuit dans une direction diffrente : le chien court sans but dans le village ; le singe monte sur un arbre dans la fort ; le renard se rfugie dans une tanire ; languille glisse vers une Histoires allgoriques dans les Stras 74 rigole ; le serpent file vers un buisson ; loiseau senvole vers le ciel. Ces six animaux ont des caractres diffrents. C'est pourquoi ils ont des dsirs non convergents. Une autre personne attrape ces six animaux ; les ligote et les couche dans un mme endroit en les empchant de bouger. Malgr leurs agitations, on les empche de quitter leurs couches. Il en est de mme pour les six sens des humains, leurs ides et leurs observations sont diffrentes, il y a toujours des bonnes et des mauvaises raisons. Les bhikkhus ligotent bien fort leurs six sens ensemble. Les bhikkhus nergiques ne laissent pas leur esprit sagiter ni les dmons (Mra sc.- Ba Tun vn.) les perturber. Ces sens forment un seul bloc, cest pourquoi les fausses vues ne peuvent pas se former. Grce la pratique du perfectionnement nergique les actes mritoires peuvent russir. Histoire n 113 Lhomme pur sans passion Le Bouddha ouvrait son coeur plein de compassion pour propager son enseignement insurpassable. Il dnouait le noeud du cycle des morts et des renaissances pour aider les tres anims se librer. Vis--vis des Saints, Il leur enseignait la mthode dobservation qui leur permettait de trouver la joie et la srnit dans ce quils voyaient ou entendaient. Le Bouddha est un Matre religieux, un Saint, un Dcideur et un Homme Pur, sans passion. Il connaissait tout concernant le corps et la dure de vie (jva, sc. - thn mnh, vn.). Il avait atteint le stade de Grand Etre et Il avait la Sagesse Suprme. Histoire n 114 Les six forces habituelles Bouddha enseigna ses Bhikkhus : Les forces dans la vie courante ont habituellement six espces : 1. Un enfant crie trs fort, cest la force de la demande ; 2. La colre dune femme est la force de la parole; 3. La patience est la force des moines et des brahmanes qui sont modestes, non orgueilleux et qui savent sexpliquer par la suite ; 4. Les Rois sont habituellement orgueilleux, ils utilisent leur pouvoir pour Histoires allgoriques dans les Stras 75 donner des ordres ; 5. Les Arhats utilisent la mditation comme force pour propager leurs enseignements ; 6. Les Bouddhas ont acquis la Grande Compassion. La misricorde constitue leur force pour aider les tres anims . Les Bhikkhus pratiquants doivent suivre la mthode de Grande Misricorde pour parvenir au stade de Bouddha accompli. ******* Chapitre 7 gama Stra, sc. (Kinh A-Hm, vn.) Histoire n 115 Un mari et ses quatre femmes Un homme a quatre femmes : - La Premire femme est adore par son mari qui est aux petits soins pour elle. Dans la vie quotidienne, debout, assis, au travail, au repos ils ne se quittent pas. Les vtements, la nourriture, cest le mari qui sen occupe, selon les dsirs de sa femme. Ils nont jamais loccasion de se disputer. - La Deuxime pouse est aime par son mari. Ils sont habituellement proches lun de lautre. Ils sont heureux quand ils se voient, ils sont tristes quand ils son spars. - La Troisime femme nest pas trs proche de son mari. Elle le rencontre de temps en temps, chaque fois quelle le voit, leurs relations manquent de chaleur. - La Quatrime femme est mprise par son mari qui lui ordonne de faire toutes sortes de choses. Quand il a besoin, il vient la voir, mais il ne la jamais aide. Elle est souvent oublie par son mari. Au moment o le mari sapproche de la mort, il appela la premire femme et lui dit : Vous devez me suivre . Sa femme lui rpond : Ce nest pas possible ! Le mari lui dit : Je vous adorais, vous dorlotais sans cesse. Vous aviez tout ce que vous vouliez, pourquoi ne venez-vous pas avec moi ? . La premire femme rpond : Vous tiez trs bon avec moi, vous madoriez, mais je ne peux pas vous suivre ! . Le mari appela sa Deuxime femme : Vous devez me suivre ! . Sa Deuxime femme lui rpond : Vous adorez votre premire femme, vous devez lobliger vous suivre. Je ne peux pas vous suivre ! . Le mari est forc de dire : Jai eu du mal pour vous trouver, jai d affronter la faim, le froid, pourquoi maintenant refusez-vous de me suivre ? . Sa deuxime femme lui rplique immdiatement : Ctait parce que vous recherchiez Histoires allgoriques dans les Stras 76 les dsirs sensuels cest pourquoi vous vous efforciez de me trouver. Moi je nai pas besoin de vous, pourquoi vous plaignez-vous moi ? . Le mari appelle sa Troisime femme et lui dit : Vous devez me suivre ! . La Troisime femme rpond : Je vous suis trs reconnaissante, maintenant vous devez partir. Je vous accompagne un bout de chemin, jusqu la citadelle et je reviendrai, je ne peux pas aller plus loin ! . Le mari appelle sa Quatrime femme et lui dit : Assez ! Cest vous qui viendrez avec moi ! . La Quatrime femme rpond : Mes parents et ma famille vous ont offert ma personne pour vous servir. Nous devons tre ensemble pour le pire, le meilleur, la vie comme la mort. Maintenant je vous suivrai jusqu votre lieu de repos pour accomplir mon devoir dpouse . Les trois premires pouses ont eu les faveurs du mari, mais elles ont refus de laccompagner au moment o ce dernier va quitter ce monde. La quatrime pouse est malheureuse et a beaucoup souffert de lindiffrence du mari son gard, mais elle accepte de le suivre pour le servir. Bouddha a donn cet exemple pour dmontrer ceci : La premire femme sert de symbole du corps humain qui est toujours ador. Au moment de la mort il gt raide sous la terre, dans les champs, ne pourra certainement pas le suivre. La deuxime pouse reprsente les biens. Lhumain est heureux quand ils sont l, triste quand ils sont absents. Une fois mort, lhomme les rend la vie. Jamais ils ne le suivront. La troisime femme reprsente les parents, la femme, les enfants et la fratrie. Quand lhomme est vivant il utilise laffection pour remplir ses devoirs filiaux et fraternels. Au moment du dcs, toute la famille est triste, pleure, se lamente et accompagne le corps jusquau cimetire. Ensuite, la tristesse au cur, tout le monde retourne la maison. Mme si on aime beaucoup celui qui vient de partir, cela ne durera que quelques jours, loubli efface la tristesse et les runions amicales recommenceront. La quatrime femme reprsente lme. Tout le monde la possde et la protge ; cause des dsirs passionnels, lhomme se laisse aller selon les circonstances pour manifester la colre, lignorance ou la passion et ne croit plus la Voie Juste. A lheure de la mort, lme lentrane vers les mauvaises voies pour subir toutes les souffrances. Cest pourquoi en tant qutre vivant, vous devez porter votre attention votre me parce quelle ne vous quitte jamais dans la joie comme dans la souffrance. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 77 Chapitre 8 gama Stra des textes moyens (Mdhyamgama, sc. - Trung A-Hm, vn) Histoire n 116 Les cordes dun instrument de musique A une poque o Bouddha rsidait au monastre Jetavana, il y avait un disciple nomm Deux Cent Mille, trs appliqu dans ses tudes en passant des nuits blanches et trs assidu dans ses pratiques de perfectionnement. Mais parfois, il se mettait rflchir : Vis--vis des prceptes, je pourrais tre le premier de la classe, mais en ce qui concerne les mauvaises penses, je ne peux pas encore men dbarrasser. Mes parents sont riches, je voudrais bien me dfroquer. En revenant chez moi, je pourrais faire seulement de bonnes actions et tre gnreux pour avoir des mrites simplement . Le Bouddha pu deviner les penses de ce disciple Deux Cent Mille, il demanda alors son disciple-assistant daller le chercher et lamener devant lui. Il lui dit : Ecoutez-moi Deux Cent Mille. Jai su que quand vous tiez chez vous, vous jouiez trs bien des instruments de musique, nest-ce pas ? Quand les cordes sont trop tendues, les sons sont-ils agrables entendre ? - Honor du Monde, ce nest pas agrable du tout. Le Bouddha posa une autre question : Quand les cordes ne sont pas bien tendues est-ce que les sons sont justes, nets ? - Honor du Monde, les sons ne sont pas justes. Le Bouddha continua son interrogation : Et si les cordes ne sont ni trop tendues ni pas assez, alors comment seront les sons ? - Honor du Monde, dans ce cas l, la musique est trs mlodieuse. Profitant de cette rponse, Bouddha dit : Deux Cent Mille, coutez bien ceci, quand vous tes trop persvrant, votre esprit sera perturb, mais quand vous ntes plus persvrant, la paresse apparatra dans votre esprit. Quand vous tes dans le juste milieu, vous parviendrez certainement au stade de la libration . ******* Histoires allgoriques dans les Stras 78 Chapitre 9 gama Stra des textes groups (Samyuktgama, sc. - Kinh Tp A-Hm, vn.) Histoire n 117 La tortue aveugle Bouddha enseigna ses bhikkhus: Quand ce grand monde deviendra un grand ocan, il y aura alors une tortue aveugle qui aura une vie indfiniment longue. Aprs cent mille ans, elle sortira de leau. Sur locan, flotteront des troncs darbre pousss par de grosses vagues dans toutes les directions. Ces troncs darbre ont un trou. Quand la tortue aveugle sortira sa tte de leau, elle cherchera un tronc pour entrer dans le trou. Est-ce possible pour elle de le trouver facilement ? . Son disciple nanda rpondit : Honor du Monde, ce sera trs difficile parce que la tortue est aveugle, locan de lEst est immense, les troncs darbre flotteront dans nimporte quelle direction, selon la pousse du vent, ils ne pourront pas rester dans un endroit fixe. Cest pourquoi la tortue aura du mal en trouver un . Bouddha enseigna aux bhikkhus : La tortue est aveugle et les troncs darbre flottent, mais malgr cette difficult, il y a toujours un espoir. Pour les tres voils par lignorance, aprs avoir drivs dans les cinq voies 7 de rincarnation (sasra), sils retrouvent le monde des humains, ce retour, compar la rencontre de la tortue avec un tronc darbre, est vraiment encore plus difficile. Alors, faites des efforts pour avancer sans vous traner. Il faut trouver tous les moyens pour dvelopper votre envie de plus en plus forte pour progresser dans la voie . Histoire n 118 Ma Gi Thin T Autrefois il y avait un homme appel Ma Gi Thin T. Il interrogea le Bouddha en citant ce gth : Il faut tuer qui, quoi pour pouvoir dormir tranquille ? Il faut tuer qui, quoi pour tre joyeux ? Il faut tuer quel type dhomme pour tre flicit par vous ? . 7 Les cinq voies de rincarnation (sasra) sont : 1. les gnies, 2. les humains, 3. les dmons affams, 4. lenfer, 5. les animaux. Histoires allgoriques dans les Stras 79 Le Bouddha lui rpondit aussi sous forme de gth : Si vous tuez la colre vous dormirez tranquille. Si vous tuez souvent la colre, vous aurez la joie. Si vous tuez la racine empoisonne de la colre je vous fliciterai. Celui qui a tu la grande colre, naura jamais plus peur durant la grande nuit . Histoire n 119 Le Lotus dans la boue Nous savons que les doctrines naissent et disparaissent. Quand nous connaissons celles qui mritent dtre pratiques, alors il faut le faire assidment et de tout cur. Quand il faut les supprimer, nous le faisons avec dtermination. Cest ainsi que nous pourrons tre un Bouddha. Quand Bouddha Sakyamuni tait encore en ce monde, il tait comme un lotus qui pousse dans la boue mais sans tre entach. Il tait dans la vie sans tre contamin par la vie. Il avait radiqu tous les facteurs motionnels perturbateurs et il avait quitt dfinitivement le cycle de morts et de renaissances. Ainsi il tait digne dtre Bouddha. Histoire n 120 Le marteau est dans la bouche Ltre humain de ce bas-monde a un marteau dans la bouche qui se retourne pour blesser son propre corps. Cest parce quil dit des mchantes paroles. Quand il faut critiquer, il fait des compliments ; quand il faut fliciter, il blme. Les pchs naissent de la bouche, au moment de la mort, il descendra en Enfer. ******* Chapitre 10 Traductions exceptionnelles des textes groups dgama Stra (Samyuktgama, sc. Bit Dch Tp A Hm, vn.) Histoire n 121 Les quatre varits de chevaux Bouddha enseigna ses bhikkhus : Il y a quatre varits de bons chevaux que les hommes vertueux doivent monter. - Premirement, ce sont les chevaux qui, ds quils voient lombre du fouet de leur matre, se dirigent dans la direction voulue par ce dernier. Histoires allgoriques dans les Stras 80 - Deuximement, il y a des chevaux qui, ds que le fouet touche leurs poils, excutent la volont de leur matre. - Troisimement, il y a des chevaux qui marchent selon le dsir de leur matre quand le fouet frappe leur peau et leur fait peur. - Quatrimement, il y a des chevaux qui ne prennent peur que quand le fouet de leur matre les frappe trs trs fort. Pour aider les hommes vertueux parvenir jusquaux rives de la libration il y a aussi quatre types de personnes. - Premirement, il suffit certaines personnes dentendre parler de la mort prochaine de quelquun pour se rendre compte du ct peu intressant de toutes les choses de ce monde. Alors elles se mettent, de tout cur, pratiquer le perfectionnement. Cest la catgorie des hommes vertueux qui savent sorienter vers le bon chemin pour parvenir lveil. Tout comme le cheval qui suit le dsir de son matre ds quil voit lombre de son fouet. - Deuximement, il y a des gens qui voient, de leurs propres yeux, des malades gravement atteints, lagonie. A partir de l, ils se dsintressent des choses de la vie et sappliquent pratiquer le perfectionnement. Cest la catgorie des hommes vertueux qui savent se dominer pour parvenir lveil. Tout comme le cheval qui ne suit lordre de son matre que quand le fouet touche ses poils. - Troisimement, il y a des gens qui, mme sils voient de leurs propres yeux des malades en train de mourir, ne se dsintressent pas des choses de la vie, jusquau moment o ils voient les membres de leurs propres familles dans la mme situation. Alors seulement ces hommes vertueux commencent se dsintresser de toutes les choses de la vie et sappliquent pratiquer assidment le perfectionnement. Cest comme le cheval qui ne se dirige dans la direction voulue par son matre que quand le fouet touche sa peau. - Quatrimement, il y a des gens qui, mme sils voient de leurs propres yeux la mort de certains membres de leurs familles, ne se dsintressent pas encore des choses de la vie. Ce nest que quand ils sont eux-mmes trs gravement malades quils commencent se dsintresser des choses du monde pour sorienter vers la pratique assidue des vertus. Cest la catgorie des hommes vertueux qui ont besoin de plusieurs mthodes pour sassagir. Cest comme le cheval qui a besoin dtre frapp trs fort, dtre bless jusquau sang, pour satisfaire lordre de son matre. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 81 Chapitre 11 Stra de la Perfection de la Sagesse (Prajpramit Stra, sc. - Bt Nh Ba La Mt a Tm Kinh, vn.) Histoire n 122 Un bateau endommag sombre au milieu de locan Bouddha enseigna ses Bhikkhus : Supposons quun bateau endommag sombre au milieu de locan. Si dans le bateau il y a des hommes qui ne saccrochent ni une boue, ni un arbre ou une planche, ceux-l ne pourront jamais atteindre la rive et seront morts noys. Ceux qui ont pu attraper une boue, un arbre, une planche ne seront pas morts noys et aborderont le rivage en toute scurit. De mme, les disciples lacs (upsaka, upsika, sc.) qui nont que la foi mais qui ne suivent pas le Stra de la Perfection de la Sagesse (prajpramit Stra), ny prennent pas de notes, ne le pratiquent pas, ne le lisent pas, ne lenseignent pas, ny prtent pas lattention juste, au milieu de leur parcours certainement, ils spuiseront et natteindront jamais la voie de lomniscience (nht thit chng tr, vn). Ils deviendront Arhat, Pratyeka Bouddha. Les bouddhistes hommes et femmes qui souhaitent atteindre ltat de Bouddha, qui ont la foi, la patience, la srnit au plus profond de leur cur, des vux et leurs ralisations, le sacrifice, la persvrance, appliquent et suivent les conseils de la Prajpramit, les notent et les pratiquent en tant que prires, expliquent leurs sens pour initier les autres et en plus ont lattention juste, alors ils auront la protection de lomniscience et de la grande sagesse. Grce cette protection, ils ne spuiseront pas dans leur parcours et dpasseront le grade dArhat et Pratyeka Bouddha ou la rsidence en Terre de Bouddhit et ils atteindront lIllumination suprme et parfaite (V Thng B , vn. Anuttara-Samyak-Sabodhi, sc.) Histoire n 123 Une personne ge centenaire Bouddha enseigna ses bhikkhus : Supposons quil y a un centenaire trs affaibli et porteur de plusieurs maladies. Cet homme est grabataire, il ne peut plus se lever. Mme sil peut se lever et marcher, il ne pourra pas faire dix ou vingt lieues. Histoires allgoriques dans les Stras 82 Il en est de mme pour les disciples lacs, mme sils ont lesprit de la sagesse, la foi et la patience, la srnit au plus profond de leur cur, la ralisation de leurs vux, les sacrifices, toutes les qualits de la persvrance, mais sil leur manque la protection de la Grande Sagesse et de lomniscience, tous ces disciples lacs, au milieu de leur parcours tomberont dans le grade dArhat et Pratyeka Bouddha. Si le centenaire trs affaibli et porteur de plusieurs maladies veut se mettre debout et marcher, sil y a deux hommes robustes qui lencadrent pour laider, grce cela le vieillard pourra marcher jusqu son but. Il en est de mme pour les disciples lacs qui souhaitent atteindre ltat de Bouddha, qui ont la foi, la patience, la srnit au plus profond de leur cur, les vux et leurs ralisations, les sacrifices, la persvrance, qui ont aussi la protection de la grande sagesse et de lomniscience, alors ces disciples lacs ne sarrteront pas aux stades des Arhats et des Pratyeka Bouddha et atteindront le but dsir cest--dire lIllumination suprme et parfaite. ******* Chapitre 12 Stra de la libration totale (Nirva Stra, sc. - Kinh Nit Bn, vn.) Histoire n 124 Llphant mchant et lintellectuel cruel Les Grands Bodhisattvas considrent les intellectuels cruels comme les lphants mchants. Tous les deux dtruisent notre corps. Ils expliquent : face llphant mchant, notre esprit na jamais eu peur, mais face un intellectuel cruel, notre esprit prend peur immdiatement. Mme si llphant est trs mchant, il ne fait que nuire notre corps et il lui est impossible de nuire notre esprit. Quant lintellectuel cruel, il fait mal jusqu nos vertus. Llphant mchant nest nuisible que pour un corps alors que lintellectuel cruel est nuisible pour dinnombrables corps sains et esprits sains. Llphant mchant ne dtruit que ce corps malsain alors que lintellectuel cruel dtruit le corps sain et aussi lesprit sain. Llphant mchant ne dtruit que ce corps en chair et en os, quant lintellectuel cruel il dtruit notre corps de la Loi. Histoires allgoriques dans les Stras 83 Si nous sommes tus par llphant mchant nous ne serons pas condamns dans les trois mauvaises voies. Si nous sommes tus par lintellectuel cruel nous serons certainement condamns dans les trois mauvaises voies. Llphant mchant est lennemi de notre corps, lintellectuel cruel est lennemi de nos bonnes actions. Cest pourquoi les Bodhisattvas doivent sloigner dfinitivement de leurs amis intellectuels cruels. Histoire n 125 Les quatre grandes montagnes dans les quatre directions Le Bouddha sadressa au Roi Prasenajit : Si une personne qui a toute votre confiance vient vous dire : Votre Majest, les quatre grandes montagnes dans les quatre directions sont en train de se fissurer, de seffondrer. Elles seront trs dangereuses pour le peuple. Votre Majest aurait-elle un moyen, dabord pour neutraliser cette catastrophe, ensuite pour viter ce malheur ? . Le Roi Prasenajit rpondit Bouddha : Honor du Monde, si cette catastrophe avait lieu, ce serait trs difficile de lviter. Il ne nous reste plus qu observer trs strictement les prceptes et pratiquer la gnrosit (dna, sc. - b th, vn.) . Bouddha le flicita : Ce que votre Majest a dit est trs bien. Quand je parlais des quatre montagnes je voulais dsigner les quatre souffrances cest--dire : la naissance, la vieillesse, les maladies, la mort. Elles semparent de la vie des humains cest pourquoi il faut pratiquer la gnrosit . Le Roi demanda Bouddha : Honor du Monde, si nous observons les prceptes, pratiquons la gnrosit, que pourrions-nous rcolter comme mrites ? . Bouddha lui rpondit : Celui qui observe les prceptes et pratique la gnrosit, aprs sa mort, il reviendra dans le monde des humains ou renatra dans le monde des dieux et aura beaucoup de joie. Histoire n 126 Des fleurs de couleur jaune et lor pur Supposons quil y a un tas de fleurs de couleur jaune, dont le poids pse jusqu mille livres, mais leur valeur nest pas comparable une once Histoires allgoriques dans les Stras 84 dor pur. Nous commettons beaucoup de fautes, mais elles ne sont pas comparables un peu de mrites. Compars Bouddha, nous commettons beaucoup dactes malhonntes, tout comme un homme aveugle qui ne voit rien et pense que tous les autres ne voient pas non plus les mauvaises actions. Cest pourquoi quand nous faisons le repentir devant Bouddha et le Sagha, cest une occasion trs favorable, comme nos fautes nont pas de nature propre, elles seront certainement radiques. Histoire n 127 Llphant trs mchant Notre esprit est trs agile et lger dans ses mouvements. Il nous est difficile de le saisir, de le soumettre. Il court dans tous les sens comme un lphant trs mchant. Il passe trs rapidement comme un clair. Il bondit sans arrt comme un singe. Cest l, la racine de tous nos actes malveillants. Histoire n 128 La personne qui a sept enfants Une famille a sept enfants, lun dentre eux est malade. Linquitude de la mre nest pas injuste, mais elle doit se pencher vers lenfant malade. Vis--vis des tres anims, Bouddha nest pas inquitable, mais sa compassion doit se pencher vers celui qui a commis beaucoup de fautes. Histoire n 129 Lathlte Il est prfrable de nous ouvrir le ventre, de fendre nos os que de suivre nos mauvaises ides. Lathlte doit tre invincible pour pouvoir vaincre la force. Celui qui pratique le perfectionnement de son esprit, dpassera cet athlte. Bouddha a toujours combattu durant plusieurs vies, plusieurs kalpas, il na jamais suivi le dsir de faire du mal, il sest perfectionn de toutes ses forces. Cest pourquoi il est devenu Bouddha accompli. Histoires allgoriques dans les Stras 85 Histoire n 130 Laveugle soigne ses yeux Bouddha sadressa Mahkyapa, son disciple : La nature de Bouddha est trs profonde, subtile, cest trs difficile de la voir et de la comprendre. Par exemple, il y a cent aveugles qui veulent faire soigner leurs yeux. Ils arrivent en groupe chez un ophtalmologue renomm. Le mdecin prend un couteau en or pour enlever le voile de leurs yeux. Il lve ensuite un doigt et demande au groupe : Voyez-vous quelque chose ? . Tout le groupe rpond : Nous ne voyons rien . Le mdecin montre deux, trois doigts, le groupe rpond : Nous les voyons faiblement . Comme dinnombrables Bodhisattvas qui ont obtenu tous les Praj-Pramit (Ba La Mt, vn.) ils ont atteint les Dix Terres, mais ils ne sont pas encore Tathgata (Nh Lai, vn.). Quand on leur enseigne la Nature de Bouddha ils ne la voient pas encore. Les Bodhisattvas des Dix Terres, ne peuvent pas encore la voir, que dire de ceux du Petit Vhicule. Quand Bouddha leur a parl de la nature de Bouddha, ce moment-l ils peuvent la voir un petit peu. Tout comme cet homme qui marche dans la campagne, il a trs soif et cherche leau. Tout coup, apparat une grue blanche dans les arbres. Celui qui a soif, cause de son ignorance, a confondu la grue blanche avec leau. Une fois arriv plus prs, il a pu mieux regarder, alors il a vu que ctait une grue . Histoire n 131 Le malade et les mdicaments Il y a quatre mthodescauses qui permettent de sapprocher du Grand Nirva (i Nit Bn, vn.) : 1. Frquenter de bons amis 2. Ecouter assidment les enseignements de Bouddha 3. Rflchir et mditer assidment 4. Pratiquer le perfectionnement selon les rgles En effet, si nous coutons passivement les enseignements, nous natteindrons jamais le Grand Nirva. Cest comme un malade qui a cout son mdecin lui donner les noms des mdicaments, mais la maladie na pas disparu. Pour tre guri, il faut prendre les mdicaments. Histoires allgoriques dans les Stras 86 Histoire n 132 Une maison dlabre Les cycles de vies et de morts sont ininterrompus. Ils coulent continuellement, plus rapides que les chutes deau. Aujourdhui, nous existons mais demain cest difficile den tre sr. Les tres humains commettent sans cesse des mauvaises actions, ne pensent jamais la dure de leur vie. Comme une maison dlabre tout prs de son effondrement, la vie ne dure pas encore longtemps. Histoire n 133 La goutte deau Le roi Jvaka sadressa respectueusement Bouddha : Honor du Monde, vous avez enseign souvent : Si vous russissez avoir une bonne pense, vous aurez radiqu cent mauvaises actions . Bouddha lui rpondit : Votre Majest, celui qui possde une pierre prcieuse comme le diamant, il pourra dtruire le mont Sumeru, de mme, si vous avez un peu de feu, vous pourrez tout dtruire, et si vous avez un peu de poison vous pourrez tuer les tres vivants. Un petit peu de bons mrites, mme sils sont petits, leurs capacits sont trs importantes parce quelles peuvent vaincre les grandes cruauts. Il ne faut pas, non plus, mpriser les petites cruauts en disant quelles ne produiront pas de dlits. Une goutte deau est minuscule, mais petit petit elle peut remplir une jarre . ******* Chapitre 13 Mahparinibba Stta (Mahparinirva Stra, sc. - Kinh i Bt Nit Bn, vn.) Histoire n 134 La lune Bouddha sadressa Kyapa : Certaines personnes en voyant la lune se coucher pensent quelle a disparu. Mais elle na pas disparu car elle est en train dapparatre dans un autre lieu. Les habitants de cet autre endroit disent : Voil la lune qui se lve ! En ralit, la lune ne se lve pas. Cest parce quelle est cache quon dit quelle a disparu. Histoires allgoriques dans les Stras 87 Le Tathgata, SamyakSabuddha qui apparat dans le monde Mahdeva (monde des Devas) ou en ce bas-monde avait toujours au complet pre et mre. Les tres anims disaient : Bouddha est n en ce bas-monde . Sil apparat au Nirva, les tres anims disaient : Bouddha retourne au Nirva . Mais la nature du Tathgata est immuable, elle ne nat, ni disparat. De mme la lune nest ni ronde ni dforme, mais chaque endroit elle est vue diffremment, tel endroit on la voit ronde, tel autre endroit elle est vue comme dforme ; ou encore quand nous la voyons apparatre la premire fois, nous disons que cest le dbut du mois, ou quand elle est bien ronde, bien lumineuse, nous disons que cest la pleine lune. A cause des entraves, les nominations sont diffrentes, tantt nous disons quelle est ronde tantt nous disons quelle a la forme dune faucille. En ralit la Lune nest ni ronde ni incomplte. Comme en ce bas-monde, nous disons : Bouddha est n ou il retourne au Nirva. Sa naissance correspondait la lune du dbut du mois. Quand il a fait les sept pas : la lune du deuxime jour. Quand il a fait ses tudes : la lune du troisime jour. Quand il est devenu moine : la lune du huitime jour. Quand sa lumire claira lunivers, radiquant dinnombrables Maras ctait la pleine lune. Il possdait les trente deux signes de prestance avec quatre vingt caractristiques prestigieuses, ensuite il est retourn au Nirva, ctait la disparition de la lune la fin du mois. Les tres anims voient de faon errone, ou en faucille, ou rond, ou disparu, mais la lune est toujours constante, ni augmente ni diminue, la lune est immuablement ronde. Laspect physique du Tathgata est toujours constant, sans transformation. La vraie Nature du Tathgata est son corps de la Loi (dharmakya, sc. Php thn, vn.), elle est ternelle. Ce corps sert de moyen pour sauver les tres anims. Selon les circonstances favorables, il renat en ce bas-monde, ses capacits daides sont illimites. Il peut apparatre dans nimporte quel lieu, tout comme la lune qui est visible dans tout lunivers. Cest pourquoi on dit que Tathgata est toujours prsent, permanent, sans modification. Dans les moments o le soleil et la lune ne brillent pas, le commun des mortels dit quils ont disparu. En ralit, le soleil et la lune sont toujours prsents, parce quils sont voils, cest pourquoi ils sont invisibles. Quand la Vraie Loi disparatra, quand les Trois Joyaux nexisteront plus, ils ne seront pas compltement perdus car comme le Soleil et la Lune, ils seront seulement cachs. Histoires allgoriques dans les Stras 88 Ainsi, quand on sait que Tathgata existe toujours sans modification, que la Vraie Nature des Trois Joyaux nest pas contamine, sale, les bouddhistes pratiquants doivent croire que la Vraie Loi et le Sagha ne disparatront jamais. Il ny a que les possibilits de revenir en ce bas-monde pour aider les tres vivants qui doivent suivre la loi des naissances et des morts. ******* Chapitre 14 Le Stra des Cent Exemples (Kinh Bch D, vn.) Histoire n 135 Conserver le lait dans les pis de la vache Il y a un homme qui va faire une fte. Il a invit un certain nombre de personnes pour leur offrir du lait de vache. Puis il se met penser : Si je trais les vaches tous les jours o vais-je mettre toute cette quantit de lait ? Et dici au jour de la fte, ce lait ne sera plus bon consommer. Il vaut mieux laisser le lait dans les mamelles des vaches et le jour o les invits viendront, je vais traire une seule fois . Aprs avoir eu cette ide, il loigna les veaux de leurs mres. Un mois a pass, il invite ses amis venir et il amne les vaches pour les traire. Mais il ny a plus de lait, il na pas pu obtenir une seule goutte ! Celui qui attend dtre enfin trs riche pour pratiquer le Grand Don alors que dans son quotidien il naide personne, quand il voudrait le faire, il na plus rien parce que les bandits ont vol toute sa fortune. Ceci ressemble lhistoire de laisser le lait dans les pis de vache. Histoire n 136 Un homme assoiff Un homme assoiff cherche de leau pour boire. Il est arriv un endroit o il y a beaucoup deau. Il la regarde mais ne la boit pas. Quelquun lui demande : Vous avez soif, vous avez trouv de leau aprs beaucoup de difficults. Maintenant vous avez leau pourquoi vous ne la buvez-vous pas ? . Lhomme assoiff rpond : Si je pouvais tout boire, je la boirais. Mais l, il y a beaucoup deau, je ne pourrais pas tout boire, cest pourquoi je ne bois pas . En entendant cela, les autres, en riant, le traitent dimbcile. Histoires allgoriques dans les Stras 89 Il y a beaucoup de personnes qui savent que les enseignements de Bouddha sont innombrables et transcendants, pensant alors quils ne peuvent pas les lire et tout comprendre. Cest pourquoi ils ne veulent pas les tudier, rflchir et pratiquer le perfectionnement. ******* Chapitre 15 Stra des exemples mlangs (Kinh Tp Th D, vn.) Histoire n 137 Faire des offrandes Bouddha Bouddha alla mendier la nourriture dans les rues, arriv devant une maison, la femme du propritaire lui apporta le riz, le mit dans sa calebasse et fit les rites de loffrande. Bouddha enseigna : Quand on plante une graine de semence, elle va en donner dix, on en plante dix, elles vont en donner cent, on en plante cent, elles vont en donner mille, on en plante mille, elles vont en donner dix mille, on en plante dix mille, elles vont en donner cent mille. Celui qui pratique la gnrosit, loffrande, est comme celui qui plante une graine de semence, la cause est petite mais les consquences sont importantes. Celui qui sme les semences de la Vraie Loi parviendra srement lEveil . Le mari de cette femme, ne croyant pas ces paroles, dit : Comment loffrande dun bol de riz, pourrait donner tant de mrites ? Bouddha lui expliqua : Voyez-vous ce grand arbre Nyagroddha (larbre qui na pas dentre-nuds, explication chinoise) l-bas ? Il est trs haut, florissant, visible jusqu 45 lieues dici. Chaque anne, il donne quelques milliers de boisseaux de fruits. Ses graines sont petites comme des haricots, la terre sur laquelle il pousse ne sait pas quil peut donner tant de rsultats. Mais la terre appartient la catgorie des sans conscience , quant ltre humain, il a la conscience. Parce que son cur est joyeux, il offre respectueusement un bol de riz Bouddha, il obtiendra des mrites impensables . Alors, lesprit de ce couple mari et femme fut clair et ils firent partie des saints et atteignirent le stade des rota-panna (Tu Hon, vn.). Histoires allgoriques dans les Stras 90 Histoire n 138 Le serpent Jadis, il y avait lhistoire de ce serpent : sa tte et sa queue se disputaient de leur supriorit. La tte disait : Jai les oreilles pour couter, les yeux pour voir et la bouche pour manger. Pour avancer, cest moi qui pars en premier. Quant toi, tu nas jamais les capacits cites ci-dessus pour dire que tu es meilleure que moi ! Cest pourquoi je suis sre que je te dpasse nettement . La queue essayait de rfuter : Mme si tu veux tre comme cela, mais si je ne te permets pas, tu ne pourras pas avancer . Immdiatement, la queue senroula trois fois autour dun tronc darbre et resta l pendant trois jours, dcidant de ne jamais relcher. La tte voulait aller chercher manger mais elle ne pouvait pas avancer. Elle avait trs faim. Trs affaiblie, elle tait oblige de cder en disant : Daccord, je suis vaincue, tu es meilleure que moi. Alors relche le corps . La queue accepta de librer le corps. La tte lui dit : Tu es meilleure que moi, alors avance la premire . La queue, ayant gagn la bataille, devana la tte. Peu de temps aprs, elle tomba dans un foyer de feu et le serpent fut mort calcin. Bouddha expliqua ses bhikkhus : Lexemple cit ci-dessus montre que lhomme voil par lignorance, pour ses propres intrts entre en conflit avec autrui. Tous les deux se mettent en colre et ils tomberont dans les trois mauvaises voies de renaissances (lenfer, les animaux, les dmons) . Histoire n 139 Le musicien qumande un buffle Jadis, il y avait lhistoire de ce musicien qui savait jouer plusieurs types de musique. Il alla voir un bourgeois pour qumander un buffle. Le bourgeois ne voulant pas satisfaire la demande du musicien, lui dit : Si vous pouvez jouer de la musique continuellement jour et nuit, sans vous arrter pendant un an, alors je vous donnerai un buffle Le musicien rpondit : Je pourrai jouer la musique, je vous prie de mcouter aussi . Le bourgeois dit : Bien sr, je vous couterai . Le musicien trs content, joua de tout cur, sans sarrter durant trois jours et trois nuits. Le bourgeois sennuyait ferme et ne pouvait plus lcouter. Il demanda alors ses domestiques de donner un buffle au musicien. Les bhikkhus pratiquants doivent tre aussi trs persvrants. Ils rcolteront de bons rsultats. Ils nauront pas besoin dy passer plusieurs Histoires allgoriques dans les Stras 91 vies ou plusieurs kalpas. Plus la persvrance est forte plus les bons rsultats arriveront vite. Histoire n 140 Trois pratiquants parvenus lEveil Jadis, il y avait trois pratiquants qui se posaient la question : Grce quoi tes-vous parvenus lEveil ? . Lun dentre eux rpondit : Un jour, laube jai vu une tonnelle de raisin avec de trs belles grappes. Dans laprs-midi, des gens sont venus les cueillir toutes sans laisser un seul grain et ont abm les branches et fltri les feuilles. Jai vu ce triste spectacle et je me suis rendu compte de limpermanence des phnomnes. Grce cela je suis parvenu lveil . Le deuxime rpondit la suite : Un jour au bord dun bassin deau, jai vu une femme en train de laver la vaisselle. Les deux bracelets en or sur ses avant-bras, se frottaient et produisaient des sons. Jai dcouvert alors que grce lassociation des causes, des sons sont mis. Grce cette constatation, je suis parvenu lveil . Le troisime pratiquant rpondit : Jtais au bord dun lac. Sur ce lac il y avait beaucoup de magnifiques lotus. Dans laprs-midi de ce jour-l, quelques dizaines de voitures arrivrent. Les gens sont alls se baigner dans ce lac. Ils ont abm toutes ces trs belles fleurs. Je me suis rendu compte alors de limpermanence des phnomnes. Grce cela je suis parvenu lveil . Histoire n 141 Ils se battent pour des ombres Jadis, il y avait le fils dun bourgeois. Il tait mari et les poux saimaient tendrement. Le mari demanda sa femme daller dans la cuisine chercher du vin pour boire ensemble. Le couvercle de la jarre peine soulev, la femme y vit soudain une ombre. Elle pensa quil y avait quelquun cach dedans. En colre, elle sen alla vers le mari et lui dit : Vous avez cach une femme dans la jarre, pourquoi mavez-vous pouse ? . Le mari trs offens, alla regarder dans la jarre, il y vit son ombre. Furieux, il revint vers sa femme en criant : Vous avez cach un homme dedans et vous dites que cest moi qui y avais mis une femme ? . Tous les deux sinsultrent, en vinrent aux mains bruyamment, chacun disant avoir raison. Histoires allgoriques dans les Stras 92 Soudain, un bhikkhu passant par l, entendit la raison de cette dispute. Il entra dans la maison pour regarder dans la jarre. Il compris donc que ce couple avait pris leur ombre pour des vraies personnes et cest pourquoi ils se battaient. Il pensa tristement : Les tres humains sont vraiment btes, ils prennent le faux pour du vrai . Il interpella alors les poux pour leur dire : Je vais vous aider attraper la personne cache dans la jarre . Il prit alors une grosse pierre et cassa la jarre. Le vin sen chappa et lombre disparut immdiatement. Le couple se rendit compte de son erreur avec honte. Le bhikkhu leur expliqua le dharma. Le mari et la femme lcoutrent attentivement et parvinrent lveil. Le Bouddha a voqu cet exemple parce quil sait que les tres humains ne savent pas que la souffrance prend sa source partir des cinq agrgats et des quatre lments1. Les cycles de vies et de morts se suivent indfiniment. ******* Chapitre 16 Le Stra des anciens mlanges dexemples (Kinh Cu Tp Th D, vn.) Histoire n 142 La Tortue de rivire Jadis, il y avait une tortue de rivire qui vivait dans un tang assch par une priode de grande scheresse. Toute seule, elle ne pouvait pas se dplacer vers un autre tang ayant encore de leau. A ce moment-l, une grue se posa prs de la tortue de rivire. Cette dernire la supplia de la sauver. La grue, par compassion, accepta de laider. Elle prit la tortue avec son bec et senvola. Au bout dun moment, elles survolrent une zone habite. La tortue demanda : O sommes-nous ? Pourquoi ne nous arrtons-nous pas ici ? . Pour rpondre la tortue, la grue ouvrit son bec, alors la tortue de rivire tomba par terre et fut capture par des humains qui la mangeront. 1 - Les cinq agrgats (pacaskandha, sc.) sont : agrgat de la matire, des sensations, des perceptions, des fonctions mentales et de la conscience. - Les quatre lments sont : lment solide, liquide, calorique et llment air. Histoires allgoriques dans les Stras 93 Les tres qui sont trop stupides et qui ne prennent pas de prcautions en parlant, il leur arrivera le mme malheur. ******* Chapitre 17 Le Stra de lHroque (uragama stra, sc. Th Lng Nghim Kinh, vn.) Histoire n 143 La folie du jeune Din Nh t a et celle des enfants qui voulaient attraper la lune dans une cuvette deau. Le Bouddha saperu que Prna, son principal disciple, en se posant des questions continuellement contradictoires entre lEveil et lignorance, se mit douter : Si notre nature originelle est voile par lignorance, alors nous ne pourrons jamais atteindre lveil ; si votre nature originelle est veille pourquoi est-elle devenue stupide ? . A cette occasion, Bouddha se servit de lexemple du jeune Din Nh t a de la ville Pht La Phit, devenu fou subitement, comme moyen dexplication pour dissiper le doute de son disciple Prna. Le jeune Din Nh, en se regardant dans un miroir, y vit nettement son visage, et il cru quil navait plus de tte comme les dmons, alors trs effray il est devint subitement fou et prit la fuite. A cause de cette grosse frayeur, cet homme devint fou, tout simplement, il ny a pas dautres causes. Rflchissons bien ensemble, la folie de Din Nh et lacte quil a fait, tout le monde a aussi lhabitude de le faire. En effet, tout le monde se mire dans le miroir et y voit aussi sa propre tte. Il ny a que Din Nh qui est pris par la folie et qui senfuit. Cet acte erron a aussi un autre exemple : Les enfants qui cherchent attraper la lune dans les cuvettes deau. Les nuits o la lune brille, elle se reflte toujours dans les bassines deau. Il ny a aucune cause susceptible de provoquer la rue des enfants qui rivalisent pour attraper la lune. Cette ide errone, en ralit, na pas de cause relle. Quand ces enfants seront grands, ils se rendront compte eux-mmes, que dans ces cuvettes il ny avait que les reflets de la lune et non la vraie lune et naturellement ces jeunes ne mobiliseront plus leur force pour attraper cette lune-reflet. Revenons lhistoire errone cre par Din Nh. Quand il ne sera plus fou, il verra que sa propre tte est toujours la mme place et non revenue de quelque part. Mais mme quand Din Nh tait encore fou, sa tte tait Histoires allgoriques dans les Stras 94 toujours l. Cest parce quil pensait quil lavait perdue quil tait devenu fou et en pensant quil navait plus de tte il senfuyait sous lemprise dune grande frayeur. Tous les tres vivants ont toujours commis ce genre derreurs de jugement. Tout comme la folie de Din Nh qui nest pas provoque par une cause relle, nos fausses opinions sont dues lesprit de diffrenciation. Depuis notre nature de Bouddha, sont nes des penses errones qui sattachent la distinction dun ceci et dun cela. Le monde et les tres anims ont cr, ensemble, des actes distinguant le moi et les autres. A partir de ce mode de pense, les tres anims sont voils par lignorance et continuent diviser, diffrencier. A cause de ces comportements ils sont pris dans la loi des causes et effets et ils tournent indfiniment dans le cycle de morts et de renaissances. Si les tres anims ont pu atteindre lveil ils sauront que tous les phnomnes conditionns sont produits par lesprit. Ds lors ils ne feront plus de discriminations. Grce cela, ils pourront transformer leurs actes errons et mettront fin leur ignorance. Ils pourront se rendre compte que tous les phnomnes conditionns sont illusoires. Sils se rendent compte que tous les phnomnes sont conditionns, illusoires, que la folie est issue aussi de lesprit cest--dire lignorance, alors elle disparatra immdiatement. Une fois le voile de lignorance dchir, selon la dsignation dans les stras, la srnit fondamentale de lesprit rapparatra avec le monde . Cette srnit fondamentale, tout le monde la possde, ce nest pas grce lveil personnel. Tout comme ce pauvre homme malheureux qui possde dans un coin de son vtement une pierre prcieuse sacre, mais il ne le sait pas et continue de subir sa vie misrable. Quand son ami a pu lui dire quil possde cette pierre prcieuse qui lui permettra de raliser tous ses vux, alors il est devenu trs riche. Ltre humain possde en lui cette pierre prcieuse, sacre, mais ne connat pas son existence, cest pourquoi il doit subir sa misre. Ce joyau sacr nest pas venu de lextrieur. Il en est de mme pour les tres anims, ils possdent en eux la mme prcieuse bouddhit, mais ils ne se rendent pas compte deux-mmes cest pourquoi ils subissent toutes les souffrances. Grce lenseignement de Bouddha, ils ont pu en prendre conscience. Ils ne suivent plus le monde illusoire, nappliquent plus la distinction, nont plus de prises de conscience errones, alors ils peuvent avoir une conscience prcise de leur joyau-sacr cach, trs efficace, que tout le monde possde. Histoires allgoriques dans les Stras 95 Il nous suffit de prendre conscience : Je serai un Bouddha , de ce fait nous ne sommes pas diffrents de Bouddha. Cest pourquoi, il faut savoir prcisment que lesprit, Bouddha et les tres anims sont les trois phnomnes qui nont pas de diffrences entre eux. Histoire n 144 Une bulle dair sur locan Quand nous examinons notre corps qui est une production de nos parents, il ressemble un grain de poussire qui est souffl dans lespace des dix directions. Tantt il est l, tantt il disparat. Il est aussi comme une bulle dair qui flotte la surface de locan. Tantt elle est l, tantt elle disparat. Il en est de mme de la naissance ou de la disparition, elles ne proviennent de nulle part. ******* Chapitre 19 Stra des derniers enseignements du Bouddha kyamuni (Kinh Di Gio, vn.) Histoire n 145 Le got du mdicament Bouddha enseigna ses bhikkhus : Quand vous recevez des produits alimentaires offerts, vous devez les considrez comme des mdicaments. Sils sont apptissants, ne laissez pas votre gourmandise se rveiller. Sils ne sont pas bons, ne vous mettez pas en colre. Ils ne sont l que pour aider notre corps car ils gurissent la faim et la soif. Tout comme les abeilles qui butinent les fleurs, ils ne font que sucer le got sans endommager la beaut et le parfum des fleurs. Il en est de mme pour les bhikkhus, ils nacceptent les diverses offrandes que pour radiquer les facteurs motionnels perturbateurs (Kleas, sc). Il ne faut pas en rclamer beaucoup trop pour ne pas diminuer la bonne volont des donneurs. Tout comme les tres intelligents qui doivent savoir mnager leur sant. Ils utilisent leurs forces selon les circonstances favorables et le type de travail. Ils ne dpassent pas les limites pour ne pas les puiser . Histoires allgoriques dans les Stras 96 Histoire n 146 Une hache bien tranchante Bouddha enseigna ses bhikkhus : Vous devez savoir que les tres humains qui ont en eux les germes de la sagesse, ne sont pas possds par leurs passions. Ils sont habituellement clairvoyants. Ils sont toujours dans lattention juste (Samyak smti, sc. Chnh nim, vn.), dans la Vraie Loi. Ils pratiquent pour parvenir au stade de la libration. Ils ne perdent pas de vue la Sagesse, parce que ceux qui oublient la Sagesse ne sont pas des tres qui sengagent dans la Vraie Voie, ni ceux qui sont des profanes. - Les tres qui possdent les germes de la Sagesse, sont comme une barque solide qui peut traverser locan des naissances, des morts, des maladies, de la vieillesse. - Les tres qui ont en eux les germes de la Sagesse ressemblent une lampe grandiose qui peut clairer tout lespace de lignorance. - Les tres qui possdent les germes de la Sagesse sont comparables un bon mdicament qui gurit toutes les maladies. - Les tres qui ont les germes de la Sagesse sont comparables des haches bien tranchantes qui peuvent abattre toute la fort des facteurs motionnels perturbateurs. Cest pourquoi, bhikkhus, vous devez utiliser les trois Sagesses : lcoute, la rflexion, la pratique, et vous appuyer sur elles pour russir. Les tres qui possdent les germes de la Sagesse, mme sil leur manque encore lil divin (divycaku, sc. Thin nhn thng, vn.), leur esprit est clairvoyant, et ils mritent des flicitations. Ils ont acquis la vision clairvoyante (vidy, sc - Minh kin, vn.) . Histoire n 147 Lagriculteur qui construit des digues pour retenir leau Bouddha enseigna ses bhikkhus : Bhikkhus, celui qui sait bien se concentrer, son esprit atteindra la srnit juste (Samyak samdhi, sc. Chnh nh, vn.). Quand lesprit humain aura obtenu cette srnit juste, il pourra alors bien connatre le cycle de vies et de morts de tous les phnomnes. Dans ce cas, vous tous, les Bhikkhus, vous devrez tre continuellement persvrants dans la pratique de la mditation. Celui qui obtiendra la srnit juste, son esprit ne sera plus jamais perturb. Tout comme lagriculteur qui construit des digues pour retenir leau. Vous devrez faire comme lui, il faut savoir conomiser leau de la Sagesse, Histoires allgoriques dans les Stras 97 cest--dire bien pratiquer la mditation. Ne laissez pas perdre votre sagesse, ce serait trs dommage . Histoire n 148 La vipre noire Bouddha enseigna ses bhikkhus : , Bhikkhus, dans la journe, il faut assidment pratiquer le perfectionnement en faisant toutes les bonnes actions dans des circonstances adaptes. Au dbut de la nuit et la fin de la nuit, il faut faire des efforts sans relche. Au milieu de la nuit, il faut rciter les prires, les stras. Il faut pratiquer dans les justes limites. Ne laissez pas le repos, le sommeil, gcher toute votre vie, sans obtenir aucun mrite. Noubliez pas que le feu de limpermanence peut brler tout ce bas-monde. Dpchez-vous de persvrer pour vous sauver vous-mmes, nabusez pas du repos. Les facteurs motionnels perturbateurs, trs cruels, pient continuellement les tres humains pour les tuer, beaucoup plus souvent que leurs ennemis. Celui qui aime dormir et qui ne sait pas en prendre conscience, cest comme si le serpent venimeux des facteurs motionnels perturbateurs dormait encore dans son esprit ; tout comme la vipre noire dort encore dans votre maison. Prenez le crochet de lapplication des prceptes pour lliminer le plus vite possible. Une fois le serpent venimeux parti, alors vous pourrez vous reposer tranquillement. Si la vipre nest pas encore sortie de votre maison et si vous continuez dormir, vous tes alors une personne trs stupide. Il vous sera trs difficile dviter les malheurs . Histoire n 149 Le ptre (gardien de buffle) Lesprit est le matre des cinq sens. Lesprit voil par lignorance est le plus craindre. Il est pire que les btes sauvages, les bandits de grands chemins et les incendies ravageurs. Bouddha enseigna ses bhikkhus : Une fois les prceptes bien appris, vous devez vous prserver vos cinq sens. Cest comme un gardien de buffles qui doit bien les surveiller pour quils naillent pas manger les semis des voisins. Tout comme un cheval froce, si vous nutilisez pas les rnes pour le maintenir, il pourra renverser son cavalier dans les fosss. Il en est de mme avec les brigands qui vous dpouillent. Mais l, les victimes ne souffrent que dans une vie. Quant aux cinq sens, ils peuvent occasionner des malheurs durant plusieurs vies, cest pourquoi il faut tre trs trs prudent. Histoires allgoriques dans les Stras 98 Celui qui est intelligent, il sait se protger, il ne se laisse pas entraner par les cinq sens. Cest comme si on se protgeait contre les brigands : si on les laissait agir librement, ne serait-ce que quelques minutes, on verrait tout de suite lampleur des dgts. Lesprit est le matre des cinq sens, par consquent, mes disciples, vous devez bien matriser votre esprit . ******* Chapitre 20 Stra de la nature de lesprit (Kinh Tm a Qun, vn.) Histoire n 150 Le soleil et les aveugles Il y avait cinq cents bourgeois qui demandrent Bouddha : Lenseignement de Bouddha est trs utile pour lhumanit, pourquoi y a-t-il encore beaucoup de gens qui nont jamais pu apercevoir Bouddha, et pourquoi beaucoup de personnes sont toujours malheureuses ? . Bouddha leur rpondit : Comme ce soleil, mme sil claire le monde entier, il y a des aveugles qui nont pas pu voir la lumire ; il y a beaucoup dtres anims qui ont souvent commis de mauvaises actions, mais ils ne sen rendent pas compte et nont pas honte deux-mmes. Ils ne frquentent pas non plus les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma, le Sagha. Sil y a des tres anims qui savent vnrer les Trois Joyaux, les mauvaises consquences de leurs actes seront radiques, leurs mrites seront augments. Quand les bonnes semences seront bien acquises, ils pourront quitter le cycle des vies et de morts et parvenir lveil. Histoire n 151 Le cycle du feu qui va dtruire le monde Quand nous pratiquons le repentir selon les rgles, les facteurs motionnels perturbateurs sont radiqus. Le cycle du feu dtruit le monde, le mont Mru, les Grands Ocans nexisteront plus. Le repentir est capable dincendier la fort des impurets (Klea, sc.). Le repentir est capable de nous donner la joie de quatre degrs de mditation. Le repentir est capable de faire tomber la pluie de pierres prcieuses. Histoires allgoriques dans les Stras 99 Le repentir est capable de nous donner une longue vie durable. Le repentir est capable de nous faire entrer dans le palais de la joie continue. Le repentir est capable de nous faire sortir de la prison des Trois mondes. Le repentir est capable de faire panouir la fleur de lEveil. Le repentir est capable de nous faire voir le jardin fleuri des Bouddhas. Le repentir est capable daider lhomme parvenir jusquau monde prcieux. Histoire n 152 Lhomme sans main Celui qui na pas de main, mme sil arrive dans une montagne qui contient des choses prcieuses, il ne pourra rien prendre. Celui qui na pas la foi, mme sil rencontre les Trois Joyaux, ce fait ne lui est nullement utile. ******* Chapitre 21 Le Stra Transcendantal (Kinh Xut Diu, vn.) Histoire n 153 Les poissons pris dans une zone o il y a peu deau Un jour dans la mer du Sud, une trs grosse et redoutable vague a pouss trois grands poissons dans un endroit peu profond. Ils se disent : Nous sommes en grand danger ! Actuellement le niveau de leau na pas encore baiss et leau peut encore entrer. Nous devons sortir vite de ce lieu . Malheureusement, une barque de pche arrive et bloque lentre de leau et les poissons ne peuvent plus schapper. Le premier poisson mobilise toutes ses forces et a pu dpasser la barque. Le deuxime poisson a pu schapper aussi grce un endroit o la vgtation nest pas dense. Il ny a que le troisime poisson, trs affaibli, qui est attrap par le pcheur. Bouddha ayant pris connaissance de cet vnement, a prononc ce gtha : Ce jour va finir, la longueur de notre vie diminue aussi, comme ces poissons pris dans un endroit o il y a peu deau. Il ny a rien de rjouissant ! Les poissons ont besoin deau pour vivre. Ils vont mourir Histoires allgoriques dans les Stras 100 quand il ny aura plus deau. Ltre humain dpend de son nergie vitale. Il vit quand il possde encore cette nergie, quand celle-ci diminue, il va mourir. Les jours passent, la vitalit diminue, limpermanence, la vieillesse, les maladies ne permettent pas lhomme de proposer des dates dchance, tout comme ces poissons pris au pige, il ny a rien de rjouissant cela ! . Histoire n 154 Fuir la mort Jadis, il y avait quatre frres appartenant la classe des Grands Brahmcrin (sc.). Ils avaient tous des pouvoirs surnaturels. Ils savaient quils allaient mourir, alors ils discutaient ensemble : Quand la mort arrive, ltre humain ne peut pas schapper, mais nous, nous pourrons en allant nous cacher . Le premier senvola trs haut dans lespace obscurci. Lautre sen alla vers le large du grand ocan. Le troisime se cacha dans les hautes montagnes. Le dernier se rfugia dans les grands marchs, se dissimula parmi la foule ; mais le jour de la mort arriva et tous les quatre rendirent leur me, parce que tout se rsume : IMPERMANENCE, (SOUFFRANCE), VACUITE, NON-SOI . Celui qui sait rflchir propos de cette loi trs raliste, sortira dfinitivement du cycle de la naissance, la vieillesse, les maladies, la mort et lanxit, la tristesse, la douleur. Il pourra atteindre la srnit du Nirva. Histoire n 155 Purifier lor Lhomme sage doit apprendre purifier son me. Il examine souvent ses dfauts. Tout comme lor, quand il est encore minerai il faut le purifier cent fois pour quil devienne de lor pur. De mme, les ocans doivent tre bouillants pour produire des pierres, des perles prcieuses. De mme, les religieux doivent se perfectionner jour et nuit sans interruption, tre persvrants dans leurs pratiques. Ils pourront, la fin, atteindre la Noble Voie. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 101 Chapitre 22 Stra Guirlande des contes relatifs au Roi Aoka (Kinh A Dc Vng Th D, vn.) Histoire n 156 Elever des buffles pour vendre leur viande Jadis, un boucher levait mille buffles qui taient tous gros et gras. Chaque jour, lleveur tuait un buffle pour vendre sa viande au march. Il avait dj tu cinq cents buffles. Il en restait encore cinq cents. Ceux qui taient encore vivants continuaient se bagarrer, samuser. Le Bouddha, en passant par ce village, vit ces buffles inconscients. Trs mu, il regarda ses disciples qui le suivaient et leur dit : Ces buffles sont trs stupides. Leurs semblables vont mourir et ils continuent de samuser ! Chaque jour qui passe, la vie dun tre diminue. Cest pourquoi dans la vie de ce monde, ltre humain doit se concentrer et rflchir, il doit rechercher la loi de libration pour pouvoir viter la souffrance ! ******* Chapitre 23 Stra Grand recueil (Kinh i Tp, vn.) Histoire n 157 Le Sauveur Celui qui coute un enseignement doit penser que le matre explique la Vraie Loi comme un bon mdecin, comme un sauveur, ou le got du Nectar , du trs bon plat au fromage ( h,vn.) Par contre, le matre vis--vis de celui qui lcoute, doit penser que lui-mme a les meilleures capacits pour pouvoir gurir le malade. Si celui qui parle et celui qui coute ont des ides justes alors lenseignement de Bouddha et la Voie indique par Bouddha pourront continuer dexister. Ils renatront souvent pour retrouver Bouddha. Histoire n 158 Un vtement sale depuis cent ans Tout comme un vtement sale depuis cent ans, si on le trempe pendant un jour, on peut le laver et le rendre de nouveau propre. Il en est de mme, Histoires allgoriques dans les Stras 102 il ny a pas de diffrence, le mauvais karma, mme sil a dur depuis cent mille kalpas, grce la force de la doctrine de Bouddha, si nous rflchissons de faon juste, convenable, ne serait-ce quune fois par jour, toutes nos fautes seront effaces. ******* Chapitre 24 Stra : Les significations du Bouddhisme Mahyna (Kinh i Tha Ngha, vn.) Histoire n 159 Prendre refuge Revenir pour sappuyer sur sappelle prendre refuge. La forme de ce refuge est comme : - Celle des enfants auprs des parents pour compter sur eux et leur obir, - Celle du peuple auprs des rois, - Celle dun tre faible auprs de quelquun de plus fort que lui. Considrer Bouddha comme Son Matre sappelle prendre refuge auprs de Bouddha. Considrer ses enseignements comme le mdicament sappelle prendre refuge auprs du Dharma. Considrer la Sagha comme des amis sappelle prendre refuge auprs du Sagha. ******* Chapitre 25 Stra : Les quatre Auto-perfectionnements (Kinh T T Xm, vn.) Histoire n 160 Les gnraux valeureux Quand on regarde une arme sur un champ de bataille, elle est compose de plusieurs milliers dhommes. Grce des gnraux valeureux cette arme vaincra lennemi. Quant aux religieux qui modlent leur esprit, vnrent le dharma, Histoires allgoriques dans les Stras 103 observent les prceptes, leurs corps et leurs penses sont purifis. Sils ouvrent leur cur pour aider autrui, sils peuvent liminer la colre, lorgueil, les disputes, sils concentrent leur esprit sur la pratique selon la doctrine, alors ils ressembleront ces gnraux valeureux qui dirigent bien leurs hommes de larme. ******* Chapitre 26 Stra : Les quatre points mditer sur la Vraie Loi (Kinh Chnh Php Nim X, vn.) Histoire n 161 La barque de la parole vraie Celui qui ne ment pas, il est respect par tout le monde. Mme sil est un homme trs pauvre, il est honor comme un Roi. Parmi tous les genres humains, ceux qui sexpriment avec des paroles vraies, qui respectent la vrit, occupent le rang le plus haut. Ils sont comparables la lumire clairante de la lune qui est plus lumineuse que celle des toiles. Parmi toutes les pierres prcieuses, la pierre de la parole vraie est la plus noble. Parmi toutes les barques qui aident les tres sortir du cycle des morts et des renaissances, la barque de la parole vraie est la plus efficace. Pour sloigner du mal, de la cruaut, il faut quitter les mensonges. Parmi toutes sortes de lampes, la lampe de la parole vraie est la plus clairante. Parmi les guides des mes dans les Trois mauvaises voies, celui qui mne vers la voie de la parole vraie est le meilleur de tous. Parmi toutes les choses de ce monde, celles qui sont vraies sont les meilleures. Parmi tous les mdicaments, ceux qui sont authentiques sont les meilleurs. Parmi tous les pouvoirs, la puissance de la sincrit est la meilleure. Parmi tous les refuges, se rfugier dans la sincrit est le meilleur moyen. Parmi tous les bons amis, celui qui sexprime avec des paroles vraies est le meilleur. Si tous les tres savent recueillir tous les trsors de la parole vraie, alors dans ce bas-monde il ny aura plus dtres dchus dans la pauvret et la cruaut, ils renatront dans le monde quivalent des dieux. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 104 Chapitre 27 Stra : Les Conseils des sages (Kinh Tin , vn.) Histoire n 162 Le balai Pour les religieux bouddhistes, la patience doit tre leur premire qualit. Elle doit tre comme leau ultra-limpide ne contenant plus aucune trace de salet. Leau nettoie proprement les cadavres et les excrments, mais elle reste toujours pure. Nous devons maintenir notre esprit comme si nous prenions un balai pour rendre propre le sol jonch de dchets. Si quelquun veut nous faire du mal, nous ne devons pas nous mettre en colre ou sil se moque de nous, ne nous fchons pas. Nous devons avoir de la bont, des ides justes, alors nos fautes seront ananties et les mrites apparatront. ******* Chapitre 28 Stra : Bodhisattva Lumire du Soleil (Nht Minh B Tt, vn.) Histoire n 163 Les chanes de la vie Les passions matrielles de lexistence sont des chanes de ce monde. Le commun des mortels plong dans ses passions, ne peut pas se sauver. Les passions matrielles constituent la maladie la plus grave de ce monde. Le commun des mortels est trs malheureux jusqu sa mort sans pouvoir tre guri. Les passions matrielles sont des malheurs de ce monde. Si le commun des mortels les rencontre, il sera en grand danger car il ne pourra pas les viter. Le pratiquant bouddhiste, sil peut dj les abandonner mais pense encore vaguement elles, il sera comme un prisonnier qui vient dtre libr mais qui veut encore y retourner ; il sera comme un malade qui est guri mais qui veut tre malade de nouveau ; cest pourquoi il est considr comme un fou par les sages. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 105 Chapitre 29 Stra : nanda questionna Bouddha propos des faits bnfiques et malfiques (Kinh A-Nan Vn Pht S Ct Hung, vn.) Histoire n 164 Larc pesant cent mille kilos nanda demanda Bouddha : Le commun des mortels et les disciples mprisent leurs matres ainsi que les personnes vertueuses. Ensuite, ils nourrissent des ides mchantes envers eux. Quelles seront leurs fautes ? . Bouddha rpondit : Tout tre humain doit respecter les qualits des autres, fliciter leurs bonnes actions, mais il ne doit pas prouver de la jalousie. Quant avoir des ides malveillantes vis--vis de nos matres et des personnes vertueuses, cest comme sil avait les mmes ides mchantes vis--vis de Bouddha. Cest comme sil prenait un arc pesant cent mille kilos et tirait une flche sur son propre corps. Cette blessure fait-elle mal ou non ? . Ananda rpondit respectueusement Bouddha : Cela fait trs mal, trs trs mal ! . Bouddha dit aux bhikkus : Ceux qui nourrissent des penses malveillantes envers les personnes vertueuses ainsi que leurs matres, prouveront plusieurs milliers de douleurs de plus que ce que provoque la flche sur le corps. En tant que disciples de Bouddha, vous ne devez pas mpriser vos matres ni avoir des ides mchantes envers les personnes vertueuses. Il faut les respecter comme vous vnrez Bouddha. Il ne faut pas prouver de la jalousie car vous commettrez la faute de la mdisance. Celui qui possde toutes les vertus, meut tous les Dieux, les Dragons ainsi que tous les gnies. Chacun deux le vnre de tout cur. Il vaut mieux sauter dans un brasier quprouver de la jalousie et mdire des tres vertueux. Cette faute nest pas minime. Cest pourquoi il faut faire trs attention . ******* Histoires allgoriques dans les Stras 106 Chapitre 30 Stra La farine (Kinh Bt, vn.) Histoire n 165 Les amis Bouddha enseignait souvent : Il y a quatre types damis : - Il y a des amis comparables aux fleurs - Il y a des amis comparables aux poids sur une balance. - Il y a des amis comparables aux montagnes - Il y a des amis comparables au sol Quappelle-t-on des amis comparables aux fleurs ? Quand elles sont encore fraches on les met sur la tte, Quand elles sont fanes, on les jette tout de suite. Quand les amis sont riches, on les accompagne. Quand ils sont devenus pauvres, on sloigne deux. Ce sont l des amis comparables aux fleurs. Quappelle-t-on des amis comparables aux poids sur une balance ? Quand ils psent lourds, ils restent en bas, Quand ils sont lgers, ils sont ports vers le haut. Ce sont les amis comparables aux poids. Quappelle-t-on des amis comparables aux montagnes ? Semblables aux oiseaux et animaux qui se runissent sur une montagne dor, leur plumage et leur pelage prennent un reflet dor, brillant. Il en est de mme, il ny a pas de diffrence, quand les amis deviennent illustres, nous-mmes, nous bnficions aussi de cette gloire ; ce sont l des amis comparables aux montagnes. Quappelle-t-on des amis comparables la terre ? Ce sont des amis qui nous fournissent de multiples semences, des trsors. Ils nous les donnent trs chaleureusement, avec amour. Ce sont l des amis comparables la terre. Histoire n 166 Les grains de sable dans locan Les grains de sable dans locan sont tellement nombreux quil est impossible de les compter. Cest tout comme les consquences cres par ltre humain avec ses bonnes et mauvaises actions commises par lui depuis la nuit des temps. Elles sont aussi innombrables. Quand lheure de la mort arrive, les tres qui ont commis de mauvaises actions renatront dans les mauvaises voies. Ceux qui ont fait de bonnes Histoires allgoriques dans les Stras 107 actions renatront dans des mondes sereins, paisibles. Cest parce que les mrites et les malheurs proviennent des consquences de nos actes, c'est--dire notre karma. ******* Chapitre 31 Stra : Le Sage et lIgnorant (Kinh Hin Ngu, vn.) Histoire n 167 La lampe qui ne steindra jamais Jadis au pays rvasti, il y avait une trs pauvre jeune fille. Son nom tait Nanda. Elle vivait toute seule et demandait laumne pour vivre. Alors, en ce temps-l, elle voyait des rois, des seigneurs ainsi que des mandarins et des bourgeois venir prsenter des offrandes Bouddha et au Sangha. Elle se mit rflchir : Quais-je fais comme fautes graves dans mes vies antrieures pour renatre maintenant dans la misre ? De ce fait, je ne peux mme pas faire une offrande celui qui a beaucoup de mrites et qui est vnr ? Ainsi se reprochait-elle. Mais le lendemain, ayant pu obtenir un sou daumne, elle alla acheter lhuile pour faire une offrande Bouddha. Le marchand dhuile lui demanda : Pourquoi vous nachetez quun sou ? Une trop petite quantit dhuile sera inutilisable. Pourquoi achetez-vous si peu ? . Elle lui expliqua sa situation ainsi que son vu. Le marchand eut piti delle et lui donna une double dose dhuile. Nanda, trs heureuse, lemporta directement au jardin du Prince Jeta pour loffrir Bouddha, juste au moment de la fte de lumire. Alors, elle exprima ce vu solennel : Je vous offre de lhuile pour allumer cette humble petite lampe, en souhaitant sincrement pouvoir obtenir dans ma prochaine vie, une grande sagesse pour que je puisse dissiper tous les voiles de lignorance de tous les tres anims . Elle fit des prosternations devant Bouddha et rentra chez elle. Ce jour-l, la fin de la fte, selon les habitudes, toutes les lampes du Jardin Jeta devaient tre teintes. Mais il resta encore une seule lampe toujours allume. Le Noble Maudgalyyana (un des grands disciples de Bouddha) avait dj essay trois fois de lteindre, mais elle restait toujours allume. Ayant vu cela, Bouddha dit : Maudgalyyana, coutez moi ! Cette lampe est offerte par une croyante, avec son Esprit de Sagesse (bodhicitta, sc.), Histoires allgoriques dans les Stras 108 Bouddha. Elle ne steindra jamais, mme si on lui verse dessus toute leau des quatre ocans . ******* Chapitre 32 Stra : Vimalakirtinirdea, sc. (Kinh Duy Ma, vn.) Histoire n 168 La lune et les aveugles Bouddha dit Ratnakuta Bodhisattva (Bo Tch B Tt, vn.) : Les Bodhisattvas ont voulu rendre service tous les tres vivants. Cest pourquoi ils enseignent la Loi pure, sereine. Grce lcoute de cette Loi sereine, leurs discernements, leurs connaissances (praj, sc.) deviendront pures. Grce la puret du praj, leur esprit deviendra serein. Quand lesprit est serein, tout deviendra serein, leurs bonnes actions seront pures. Parce que les bonnes actions sont pures, le pays sera tout fait en paix. Pour que le pays soit paisible, il faut tout dabord faire de telle sorte que lesprit soit serein. Grce la Srnit de lesprit, le monde de Bouddha deviendra pur aussi . A ce moment-l, le doute naquit dans lesprit de riputra (un disciple de Bouddha). Il sadressa Bouddha : Honor du Monde, si lesprit des Bodhisattvas est serein, alors le monde de Bouddha le sera aussi, comme vous venez de le dire. Quand vous tiez Bodhisattva, votre esprit ntait-il pas calme, parfaitement serein ? Car ce bas-monde actuel est si impur ! . Bouddha rpondit : riputra ! Le soleil, la lune sont l. Ils sont toujours calmes et brillants, pourquoi les aveugles ne les voient pas ? Alors, la faute est due au soleil, la lune ou aux aveugles ? . riputra rpondit : Ce ne sont pas le soleil, la lune qui ne permettent pas aux aveugles de les voir, mais ce sont les aveugles eux-mmes qui ne peuvent pas les voir . Alors Bouddha conclut : Dans ce cas, ce bas-monde, depuis la nuit des temps, est toujours pur, serein. Ce sont vous-mmes qui ne pouvez pas le voir, parce que votre il de sagesse, ne sest pas encore ouvert de lui-mme . ******* Histoires allgoriques dans les Stras 109 Chapitre 33 Stra : Les trois types de Sagesse (Praj, sc. 2 - Kinh Tam Hu, vn.) Histoire n 169 Bon comme le riz, mchant comme lherbe Le corps humain est comparable la terre fertile, la bont dans lesprit est comparable au riz, la mchancet dans lesprit est comparable lherbe. Si nous nliminons pas les herbes folles, le riz aura beaucoup de difficults pour pousser, pour donner des graines. Celui qui ne cherche pas liminer la mchancet dans son esprit, ne pourra pas atteindre la Voie, malgr ses efforts de perfectionnement. Celui qui se met en colre est comme la terre qui laisse pousser lherbe. Quand les mauvaises penses sont dj nes comment pourrons nous trouver la Loi . ******* Chapitre 34 Lakvatra Stra, sc. - (Lng Gi Kinh, vn.) Histoire n 170 La naissance et la mort sont concomitantes Jadis, sur la montagne Lakvatra, le Roi des Yaksa demanda Bouddha : Honor du Monde, quand ltre vivant meurt, alors que son futur corps nest pas encore n, o se trouve donc son me ? . Bouddha rpondit : Sire, tout comme une graine de semence qui a un bourgeon. Est-ce que cette graine doit mourir avant et le bourgeon sortira aprs ? Ou le bourgeon pousse dabord et la graine de semence mourra 2 Les trois types de Sagesse sont : 1. Praj : Sagesse que tous les tres vivants possdent. 2. Vibhshana : Sagesse des grands Saints des deux Vhicules (des Arhats et des Pratyekabuddha). 3. Djn : Sagesse des Bouddhas et Bodhisattvas. on Trung Cn : Dictionnaire des termes bouddhiques, tome 2, p. 797 Histoires allgoriques dans les Stras 110 aprs ? Ou la graine est en train de mourir, au mme moment le bourgeon sort ? . Le Roi rpondit tout de suite Bouddha : Au moment o la graine meurt, le bourgeon sort immdiatement . Bouddha lui expliqua alors : La naissance et la mort sont concomitantes. Il ny a pas davant et aprs. Ainsi, quand la conscience davant steint, immdiatement lautre conscience sveille . ******* Chapitre 35 Stra : La patience, vertu cardinale (Kinh Nhn Nhc, vn.) Histoire n 171 La cuirasse divine La lumire de la patience est plus forte que la force du soleil et de la lune. Le dragon et llphant sont trs forts, mais compars la force de la patience, ils sont mille fois moins forts. Lclat des Sept pierres prcieuses est trs apprci par les humains. Mais ces pierres apportent la souffrance parce quelles attirent les malheurs. La patience est prcieuse parce quelle napporte que la joie. Faire laumne dans les dix directions apporte beaucoup de mrites mais cela nest pas comparable la patience. Se concentrer sur le perfectionnement de la patience, cest ne pas provoquer des haines durant toute sa vie, alors lesprit obtiendra la srnit et ne laissera pas renatre la mchancet. Dans la vie, la patience est la seule qualit que nous devons prendre comme refuge, cest la maison paisible qui inspire la scurit et non le malheur. La patience est une cuirasse divine qui nous sauve des souffrances de la guerre. Elle est un grand bateau qui nous fait traverser la mer des souffrances. La patience est un bon mdicament qui a sauv dinnombrables vies humaines. Celui qui pratique la patience de toutes ses forces, peut raliser tous ses dsirs. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 111 Chapitre 36 Stra : La concentration mentale sur Bouddha (Qun Pht Tam Mui, vn.) Histoire n 172 Le Santal (Gandhra, sc. - Cy Chin n) Un jour le Roi udhoddana, pre de Bouddha, lui posa cette question : Quelles sont les caractristiques des mrites de lvocation des noms de Bouddha ? . Bouddha lui rpondit : Dans la fort des Y-Lan2, dune superficie de quarante do tun 3, il ny pousse quun seul arbre Santal. Cet arbre a dj des bourgeons de racines mais qui ne sont pas encore sortis de la terre. Larbre Y-Lan dgage de trs mauvaises odeurs, celui qui mange ses fleurs, ses fruits, deviendra fou. Une fois que les racines de larbre Santal ont pouss, larbre devient grand et dgage un parfum trs capiteux qui touffe la puanteur des fleurs dY-Lan. Ce parfum se rpand partout. Les personnes qui lont senti le trouvent trs rare . Bouddha sadressa son pre : Tous les tres vivants qui sont encore dans le cycle de morts et de renaissances et qui concentrent leur esprit sur lvocation des noms de Bouddha, ils peuvent tre comme larbre Santal. Il leur suffit de faire cette vocation assidment pour pouvoir renatre dans le monde de Bouddha. Une fois la non-renaissance acquise, ils peuvent transformer toutes leurs mauvaises actions en grande misricorde comme le parfum du bois de Santal qui peut transformer la putrfaction de la fort dY-Lan . ******* 2 Y-Lan : Un arbre ayant de trs belles fleurs mais qui dgagent de trs mauvaises odeurs. Cette odeur peut empester les environs jusqu 40 lieues. 3 Un do tun : Unit de longueur correspondant une journe de marche : 15 k 30 Dictionnaire des termes bouddhique op. cit. Tome 2, p. 91 Histoires allgoriques dans les Stras 112 Chapitre 37 Stra : Les Six Vertus Cardinales (Kinh Lc Tp, vn.) Histoire n 173 Emmener le buffle labattoir La situation de vie, de mort de ltre humain ressemble au parcours dun buffle vers labattoir. Chaque pas du buffle lapproche de la mort. Il en est de mme pour lhomme. Chaque jour qui passe, son esprance de vie diminue petit petit, exactement comme ce buffle qui sapproche pas pas de labattoir. ******* Chapitre 38 Stra : La concentration mentale sur les petits mondes (Kinh Tiu a Qun, vn.) Histoire n 174 Le grand matre dun bateau Les bienfaits des Trois Joyaux sont impensables, immenses, trs profitables pour les tres vivants. Les corps des Bouddhas reprsentent le Bien. En effet, pendant une trs trs longue dure, ils ont pratiqu la charit et ont recueilli des mrites. Leurs karmas dans les trois mondes4 ont t radiqus dfinitivement. Les mrites des Bouddhas sont aussi grands que des montagnes dor que les tres vivants ne peuvent pas imaginer. Leurs vertus sont aussi immenses que les grands ocans. Leur sagesse se rpand dans tout lunivers, leur lumire claire partout. A cause de leurs facteurs motionnels perturbateurs et les consquences de leurs mauvaises actions qui voilent leur vue, les tres vivants sont plongs dans locan des souffrances et roulent indfiniment dans le cycle de morts et de renaissances. 4 Les Trois Mondes sont : 1. Le monde du Dsir (Kmadhtu, sc. Dc Gii, vn). 2. Le Monde de la Forme (Rpadhtu, sc. Sc Gii, vn.). 3. Le Monde Sans Forme (Arpadhtu, sc. V Sc Gii, vn.), op. on Trung Cn, tome 2, p. 792-793. Histoires allgoriques dans les Stras 113 Les Trois Joyaux de ce bas-monde reprsentent le Grand Matre dun bateau qui dpasse le courant de la soif des dsirs pour arriver jusqu lautre rive (rive de la libration). Ceux qui ont la sagesse, les vnrent. ******* Chapitre 39 Stra : La Reconnaissance (Kinh Bo n, vn.) Histoire n 175 La bouche est un couteau, un marteau Bouddha enseigna nanda : Les malheurs des tres vivants de ce bas-monde proviennent de leur bouche. Cest pourquoi il faut faire trs attention cela, plus que la protection contre un important incendie. Les calamits naissent de la bouche, cest pourquoi celle-ci est le couteau, le marteau qui tue la personne, qui nuit son existence. ******* Chapitre 40 Stra : La Conduite de base dun bouddhiste (Mahvastustra, sc. - Kinh Pht Bn Hnh, vn.) Histoire n 176 Le corps est comme du bois, de la pierre Les comportements du corps sont programms par lesprit. Le pratiquant bouddhiste doit, en premier lieu, savoir coordonner ses penses et ne pas perfectionner son corps. Le corps na pas de perception, il est comme du bois, de la pierre. Un homme clairvoyant doit bien savoir que lesprit est lorigine de mille causes. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 114 Chapitre 41 Stra : Le recueil des divers trsors (Kinh Tp Bo Tng, vn.) Histoire n 177 Les fruits mrs Les mrites issus des bonnes actions sont comme les fruits mrs. Nous navons pas besoin de faire des offrandes aux gnies pour recevoir ces mrites. Celui qui pratique lobservation des prceptes, renatra dans le monde cleste. Nous devons savoir que toutes les choses entreprises ncessitent des efforts pour les russir et non grce aux offrandes aux gnies. ******* Chapitre 42 Stra : Mditation propos du Bodhisattva Bont Universelle (Kinh Qun Ph Hin, vn.) Histoire n 178 Le brouillard Les consquences des mauvaises actions peuvent remplir des ocans. Elles sont nes des penses illusoires. Les pratiquants qui font de sincres repentirs, redeviendront sereins pour prendre conscience des vraies caractristiques des phnomnes. Les mauvaises actions sont comme le brouillard qui est dissip par les rayons du soleil. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 115 Chapitre 43 Stra : Les diffrences entre les consquences des actes (Kinh Nghip Bo Sai Bit, vn.) Histoire n 179 Draciner les fautes commises Une personne a commis une faute trs grave. Immdiatement elle sadresse des reproches et se promet de ne plus recommettre le mme acte. Elle a alors enlev toutes les racines de sa faute. ******* Chapitre 44 Stra : Les merveilleux phnomnes qui nont jamais exist (Adbhutadharma stra, sc. - Kinh V Tng Hu, vn.) Histoire n 180 Une torche allume supprime les ombres La premire pense cre une mauvaise action. Elle est comme un nuage qui cache le soleil. La deuxime pense donne naissance une bonne action. Elle est comme une torche allume qui supprime lobscurit. La bont est comme une torche allume. La mchancet est comme lobscurit. ******* Chapitre 45 Stra : Les bhikkhus vitent les femmes de mauvaise rputation (Kinh T Kheo T N Danh, vn.) Histoire n 181 Le lapin sauvage Bouddha enseigna ses bhikkhus : Mme si vous entendez beaucoup de diffamations, les pratiquants doivent tre trs patients. Il ne faut pas les prouver comme de la souffrance et ne devenez pas tristes, non plus. Histoires allgoriques dans les Stras 116 Quand vous prenez peur en entendant les diffamations, vous tes comme les lapins sauvages dans la fort, vous manquez de srnit, donc vous navez pas le bon comportement dun moine. Mme si vous entendez plusieurs diffamations, vous devez toujours garder lesprit calme et rsign, sans manifester de la tristesse, de la peur. Cest comme cela que vous remplissez votre rle de moine. Celui qui est clairvoyant, il comprend les causes des commentaires de lopinion publique, il nest pas fascin par la vie, cest pourquoi il est en scurit dans son refuge. Les Sages ncoutent pas ce que disent les autres parce que leurs paroles ne peuvent pas les pousser devenir des brigands. Et aussi leurs paroles ne peuvent pas les aider atteindre le stade des Arhats. Si vous savez qui vous tes, les dieux vous reconnaissent aussi. ******* Chapitre 46 Stra : Le monde des Bouddhas (Kinh Pht Cnh Gii, vn.) Histoire n 182 Le reflet dans le miroir Le Corps de la Loi (dharmakya, sc. Php Thn, vn.) est fondamentalement silencieux. Il nest pas n, il ne plaisante pas, il nest pas mobile, il ne fait pas de distinction, il ne voit pas, il nentend pas, il ne peut pas sentir ni goter, il ne peut pas toucher. Toutes les diffrences des phnomnes proviennent de lesprit des tres anims qui sait comprendre et reprsenter. Cest comme le reflet dans le miroir. ******* Chapitre 47 Stra : Les prceptes des disciples lacs (Upsakala, sc. - u B Tc Gii, vn.) Histoire n 183 Les Bodhisattvas duquent les humains En premier lieu il faut radiquer la mchancet en soi-mme, ensuite Histoires allgoriques dans les Stras 117 enseigner aux autres de le faire. Si nous ne le faisons pas pour nous-mmes, il ny a pas de raison de dire aux autres de le faire ! Cest pourquoi les Bodhisattvas doivent faire les dons par eux-mmes, observer les prceptes et savoir se contenter du ncessaire, tre diligents dans la pratique et tre nergiques, ensuite, le Bodhisattvas peuvent alors aller duquer les autres. ******* Chapitre 48 Stra : Lveil accompli (Kinh Vin Gic, vn.) Histoire n 184 Lhomme qui a mal aux yeux Depuis toujours, tous les tres anims ont cr beaucoup de choses perturbantes. Ils se trompent en acceptant ce corps compos de quatre lments de base (terre, eau, air, feu) comme les caractristiques de leur propre corps, ainsi que les six organes des sens (lil, loreille, le nez, la langue, la peau, le mental) qui suivent les phnomnes du monde extrieur comme les caractristiques de leur propre esprit. Ils sont comparables aux malades des yeux qui voient des taches noires qui se dplacent dans lespace, ou qui regardent la lune et en voient deux. Mais dans lespace, il ny a pas de taches noires. Cest parce que leurs yeux sont malades quils voient de faon errone, cest ainsi quils sont pris dans le cycle de naissances et de morts. Cest ce quon appelle laveuglement. ******* Chapitre 49 Stra : Le placage des ides (Kinh M , vn.) Histoire n 185 Les quatre tmoins Ltre humain fait de bonnes ou de mauvaises actions. Il y a quatre types Histoires allgoriques dans les Stras 118 de tmoins : Un : Le Ciel Deux : La Terre. Trois : Les proches. Quatre : Nos propres penses. ******* Chapitre 50 Stra : La grande dignit (Mahyna stra Lamkra, sc - i Trang Nghim Kinh, vn.) Histoire n 186 Il faut tre enchan pour pouvoir tre libr Il y avait un Brahman nomm Thn Giao. Un jour, il demanda lIndra Kauika (sc.) : Seigneur, Bouddha a dit que tous les phnomnes nont pas leur propre nature. Je ne comprends pas cette ide, je vous prie de bien vouloir mexpliquer cela . LIndra Kauika rpondit : Jai compris que dans cet enseignement, la vie et la mort nont pas de limite, parce que tous les phnomnes nont pas de caractristiques en soi. Celui qui pense quil a un soi propre, il ne pourra pas obtenir facilement sa libration. Quand nous savons quil ny a pas de Soi, alors nous naurons plus de dsirs sensuels, aprs cela nous serons librs . Le Brahman Thn Giao discuta ; Il faut tre enchan pour pouvoir tre libr ensuite. Vous dites quil ny a pas de Soi, donc personne nest enchan, alors qui est libr ? . LIndra Kauika rpondit : Mme si nous savons que tout est non-soi cest--dire ni enchan ni libr, il y a cependant des facteurs motionnels perturbateurs qui cachent la vrit, cest pourquoi nous nous considrons comme enchans . Celui qui a pu radiquer tous ses facteurs motionnels perturbateurs, il sera libr. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 119 Chapitre 51 Stra : Les prcieux trsors (Stra : RatnaKta, sc. Kinh Bo Tch, vn.) Histoire n 187 La statue en bois, en pierre Il y a des tres qui ne sont pas intelligents, ils vivent dans une longue nuit en gaspillant toute leur vie. Leur corps est comme une statue en bois, en pierre sculpte. Elle ressemble extrieurement un tre humain mais il lui manque la connaissance. ******* Chapitre 52 Stra : Infinit de significations (Anantanirde apratihna, sc. - Kinh V Lng Ngha, vn.) Histoire n 188 Les quatre caractristiques de base Depuis que Bouddha avait atteint lEveil accompli jusqu maintenant, il y avait plus de 40 annes. Pour le bien des tres anims, il avait enseign, expliqu les caractristiques des phnomnes. Il y en a quatre fondamentales qui sont : 1. LA SOUFFRANCE et LA VACUITE 2. LIMPERMANENCE et LE NON-SOI LA SANS GRANDEUR et LA SANS PETITESSE LA NON-NAISSANCE et LA NON-DISPARITION. 3. LUNIQUE CARACTERISTIQUE et LE SANS CARACTERISTQUE DES PHNOMNES. 4. LA NATURE DES PHENOMENES et LES CARACTERISTIQUES DES PHENOMENES. Depuis toujours elles sont silencieuses. Elles narrivent pas, elles ne partent pas. Elles ne sortent pas, elles nentrent pas. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 120 Chapitre 53 Stra : Des Dix Terres des Bodhisattvas Kinh Thp Tr, vn.) Histoire n 189 Lignorant qui confond lEst et lOuest Il y avait un homme ignorant qui montrait lEst en disant que cest lOuest, et dit ensuite que lOuest est lEst. Il en fait de mme pour le Nord et le Sud. Ltre humain, voil par lignorance, agit exactement de la mme faon. Dans la vie il y a trois types dtres humains : Un, ce sont les fous ; deux, ce sont les gens stupides ; trois, ce sont les malades dsquilibrs. Les tres cits, ci-dessus tiennent chacun une pe dans la main. Ils ont lintention de frapper un coup vers lEst, mais cest vers lOuest que le coup est donn. Ils font de mme pour le Sud et le Nord. Tous ces gens qui ont des ides errones, critiquent les enseignements de Bouddha de la mme faon. Ils considrent la Vraie Loi comme une hrsie et lhrsie comme la Vraie Loi. Ils pensent que les phnomnes permanents sont impermanents et vice-versa. Ils disent encore que la joie est la souffrance. La souffrance est la joie, limpuret est la puret et vice-versa. Sils ont des opinions errones comme cela, cest parce quils ont perdu leur quilibre mental. Bouddha, par misricorde, proposa : vis--vis de lignorance, il faut utiliser la lumire de la Sagesse pour les clairer. Pour pouvoir les guider, il faut ouvrir toutes les portes ; pour les tres voils par lignorance, il faut les clairer avec la lumire de la Sagesse ; pour les gars dans les ddales, il faut leur montrer la Vraie Voie ; pour les aider dpasser les difficults, il faut leur donner des ponts, des barques. Pour aider les tres anims, il faut ouvrir toute grande la porte de la misricorde afin de les recevoir et les aimer comme les parents avec leurs enfants, comme les frres et surs ans avec leurs cadets lis par le mme lien de sang, la mme affection. Rien ne peut les sparer. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 121 Chapitre 54 Stra : Les premiers questionnements du Brahma T ch Histoire n 190 Lhomme qui craint le nant et celui qui le recherche Bouddha dit T ch: Je ne subis pas le cycle de naissances et de morts, et je nobtiens pas non plus le Nirva . Il y avait dans lassistance cinq cents bhikkhus qui, ayant entendu ces paroles, de leur place se levrent et demandrent respectueusement Bouddha : Honor du Monde, ainsi nous pratiquons inutilement la bonne conduite de la religion ? Et si le Nirva nexiste pas, pourquoi faudrait-il chercher acqurir la Sagesse. O est lutilit ? Le Brahman T ch expliqua, la place de Bouddha aux bhikkhus : Cest semblable des personnes ignorantes qui ont trs peur du nant, le quittent et senfuient. Mais partout o ils vont, ils ne rencontrent que du nant. Par contre, il y a un homme qui veut chercher le nant, court partout et dit : Je mefforce de trouver le nant . Cet homme-ci ne connat que le nom du phnomne nant mais il ne connat pas du tout ses caractristiques ! De la mme faon, il ny a pas de diffrence, le pratiquant qui veut atteindre le Nirva, le croise trs souvent mais ne connat pas ses caractristiques. Cest pourquoi il vit au Nirva, mais il croit que cest la souffrance, cest parce quil ne connat que lappellation Nirva et ne connat pas de faon prcise la Vraie nature du Nirva . ******* Chapitre 55 Stra : Mditation sans limite de la nature des phnomnes (Vipayan ananta Stra, sc. Kinh Qun V Lng, vn.) Histoire n 191 Le prcieux lotus dans le genre humain Bouddha sadressa nanda et dame rmldevi (Vi Hy, vn.) : Tous les Tathgata utilisent le Monde de la Loi (dharmadhtu, sc.) pour en faire leur corps. Cest pourquoi ils peuvent tre dans la pense de tous les tres anims. Cest pourquoi vous autres, chaque fois que vous pensez Histoires allgoriques dans les Stras 122 Bouddha, cette pense se rfre ses trente deux signes de prestance et ses quatre vingt traits de beaut. Cette pense doit devenir Bouddha, parce quelle est Bouddha. Tous les Tathgata sont des Samyak-sabuddha (ceux qui ont la connaissance de tout) issus de leur concentration. Celui qui voque constamment Bouddha, nous devons savoir quil est le prcieux lotus dans le genre humain. Avalokitevara Bodhisattva, Mahsthmaprpta Bodhisattva sont les meilleurs amis des personnes qui voquent continuellement Bouddha, ils sont constamment prsents dans le lieu Saint, ils sont ns dans la demeure des Bouddhas . ******* Chapitre 56 Stra : La Grande Misricorde (Krunik, sc. - Kinh i Bi, vn.) Histoire n 192 Le poisson pris par lhameon Bouddha sadressa nanda : Le pcheur qui veut attraper des poissons, accroche lappt lhameon, le jette ensuite dans ltang ou la mare et essaie damorcer le poisson. Ce dernier est pris par lhameon et bien quil soit encore dans ltang il sera pris par la suite. O ! nanda, coutez-moi bien ! Vis--vis des Bouddhas, tous les tres anims qui ont la foi, cultivent des semences de mrites et pratiquent laumne. Mais ds quune petite mauvaise intention nat, cause de leurs mauvais karmas, ils sont condamns dans les trois mauvaises voies : lenfer, les dmons affams, les animaux. Tous les Bouddhas honors du monde, grce leur vue surnaturelle, savent que les tres cits ci-dessus, ont eu dexcellentes ides. Ils les aident alors sortir de lenfer. Une fois sauvs, ils les guident ensuite jusquaux rives du Nirva . ******* Histoires allgoriques dans les Stras 123 Chapitre 57 Les Stras groups du Nikaya (Sayuttanikya, pali - Tng ng B, vn.) Histoire n 193 Section : Le roseau Bouddha enseigna aux bhikkhus : Il ne faut pas se plaindre des choses du pass, il ne faut pas esprer des choses dans lavenir, il faut vivre dans le prsent, grce cela, vous avez une bonne forme. Les tres ignorants qui esprent des choses dans lavenir, qui se plaignent des choses du pass, ils sont fltris comme le roseau dtach des branches . Histoire n 194 Lveil Parfait est la Suprme Russite (Section : Le Jardin de la joie) Bouddha enseigna aux bhikkhus : Parmi les tres qui ont deux jambes, atteindre lveil parfait est la suprme russite. Parmi les tres qui ont quatre jambes avoir de lintelligence est le meilleur atout. Dans la catgorie des pouses, des concubines, la douceur et lobissance sont les meilleures qualits. Dans la catgorie des fils, la pit et lobissance sont les meilleures qualits . Histoire n 195 La Suprme Lumire (Section : Il faut chercher) Bouddha enseigna aux bhikkhus : Il y a quatre phnomnes qui clairent la vie. Il ny a pas de cinquime phnomne. Dans la journe, le soleil est blouissant ; La nuit, la lune brille ; Le feu brle jour et nuit, il peut clairer partout. LEVEIL PARFAIT est la meilleure lumire ! Cette lumire est Suprme . Histoires allgoriques dans les Stras 124 Histoire n 196 La destruction par le feu (Section : Incendie) Bouddha enseigna aux bhikkhus : Dans une maison prise par le feu, il vaut mieux dmnager les meubles vers lextrieur pour quils ne soient pas brls . De la mme faon, lhomme, dans sa vie, est consum par la vieillesse, la mort. Pour viter cette destruction lente, il faut utiliser les mrites obtenus en faisant des dons. Les humains, cause de leur amour de l'argent, le donnent trs difficilement. Mais en faisant laumne, nous recueillons des mrites et nous jouissons dagrables rsultats. Si nous ne faisons pas des dons, nous ne recueillerons pas de bonnes consquences. Bouddha enseigna souvent aussi : Vous gardez difficilement vos propres biens dans cette vie. Il y a cinq autres forces qui ont droit sur eux : les bandits peuvent sen emparer, les enfants ingrats envers les parents les gaspillent. Il y a aussi le feu qui les brle et leau qui les emporte. A lheure de la mort, le corps et les biens sont laisss au monde. Le Sage a bien compris cela, alors il les utilise et fait des dons. Les dons et la consommation sont des actes que personne ne peut critiquer. Cette personne natra dans le monde des Saints . Histoire n 197 Le chemin de la Souffrance et le chemin de la Libration (Section : Vieillesse) Bouddha enseigna ses bhikkhus : 1. VIEILLIR Quel est le phnomne qui reste bon jusqu la vieillesse ? Quel est le phnomne qui reste bon malgr la dure ? Quel est le phnomne qui est trs prcieux pour lhomme ? Quel est le phnomne que les bandits ne peuvent pas voler ? LES PRECEPTES restent bons jusqu la vieillesse. LA FOI perdure dans le temps. LA SAGESSE est le BIEN trs prcieux pour lhomme. LES MERITES ne peuvent pas tre vols par les bandits. 2. NE PAS VIEILLIR Quel est le phnomne qui ne vieillit jamais ? Histoires allgoriques dans les Stras 125 Quel est le phnomne qui reste bon ternellement ? Quel est le phnomne qui est le bien prcieux de lhomme ? Quel est le phnomne que les bandits ne volent pas ? LES PRECEPTES ne vieillissent jamais. LA FOI perdure dans le temps. LA SAGESSE est le bien le plus prcieux de lhomme. LES MERITES ne peuvent pas tre vols par les bandits. 3. LES AMIS Qui sont nos compagnons de route ? Qui sont les amis qui cohabitent avec nous la maison ? Qui sont nos amis indispensables ? Qui sont nos amis dans la prochaine vie ? LES PASSANTS sont des compagnons de route. NOTRE MERE est lamie la maison. LES AMIS qui nous aident sont des amis permanents. LES MERITES issus de nos propres actes sont des amis dans la prochaine vie. 4. LA FORMATION DE LHOMME (1) Quest-ce qui engendre lhomme ? Quest-ce qui court continuellement ? Quest-ce qui subit le cycle des renaissances (samsra) ? Quest-ce qui effraie lhomme ? LES DESIRS SENSUELS engendrent lhomme. LESPRIT DE LHOMME ORDINAIRE court continuellement. LES ETRES VIVANTS subissent le cycle des renaissances. LA SOUFFRANCE effraie lhomme. 5. FORMATION DE LHOMME (2) Quest-ce qui en engendre lhomme ? Quest-ce qui court continuellement ? Quest-ce qui subit le cycle des renaissances ? A cause de quoi lhomme ne peut pas se librer ? LES DESIRS SENSUELS engendrent lhomme. LESPRIT DE lHOMME ORDINAIRE court continuellement. LES ETRES VIVANTS subissent le cycle des renaissances. A CAUSE DE LA SOUFFRANCE lhomme ne peut pas se librer. 6. FORMATION DE LHOMME (3) Quest-ce qui engendre lhomme ? Quest-ce qui court continuellement ? Quest-ce qui subit le cycle des renaissances ? Histoires allgoriques dans les Stras 126 Sur quoi lhomme peut sy appuyer ? LES DESIRS SENSUELS engendrent lhomme. LESPRIT DE lHOMME ORDINAIRE court continuellement. LES ETRES VIVANTS subissent le cycle des renaissances. LIGNORANCE sert dappui lhomme. 7. LA MAUVAISE VOIE Quappelle ton une mauvaise voie ? Quest-ce qui peut steindre jour comme nuit ? Quest-ce qui peut souiller la bonne conduite dun pratiquant ? Quest-ce quun bain sans eau ? LES DESIRS SENSUELS constituent la mauvaise Voie. LAGE peut steindre jour comme nuit LA FEMME peut souiller la vie religieuse dun pratiquant. LA VIE ASCTIQUE et LA VIE RELIGIEUSE sont des bains qui nont pas besoin deau. 8. LAMI Quest-ce quun ami ? Quest-ce qui duque lhomme ? Quest-ce que lhomme peut aimer avec joie ? Quest-ce qui engendre la souffrance ? LA FOI SINCERE est lamie de lhomme. LA SAGESSE duque lhomme. LE NIRVANA est ce que lhomme aime avec joie. LA LIBERATION met fin la souffrance. Histoire 198 Lorigine de la Souffrance et la Souffrance (Section : Victoire) Bouddha enseigna aux Bhikkhus : 1. LA RENOMMEE Quest-ce qui peut tout vaincre ? Quest-ce qui na pas un nombre ou un chiffre au-dessus de lui ? Et y a-t-il un phnomne quelconque dont toutes les autres choses dpendent ? LA RENOMMEE peut vaincre toutes les autres choses. LA RENOMMEE na pas un nombre ou un chiffre au-dessus delle. Histoires allgoriques dans les Stras 127 LA RENOMMEE est le phnomne dont toutes les autres choses dpendent. 2. LESPRIT Quest-ce qui nous guide dans la vie ? Quest-ce qui nous fait souffrir ? Et y a-t-il un phnomne quelconque dont toutes les autres choses dpendent ? Cest LESPRIT qui nous guide dans la vie. Cest LESPRIT qui nous fait souffrir. Cest LESPRIT qui est le phnomne dont toutes les autres choses dpendent. 3. LES DESIRS SENSUELS Quest-ce qui nous guide dans la vie ? Quest-ce qui nous fait souffrir ? Et y a-t-il un phnomne quelconque dont toutes les autres choses dpendent ? LES DESIRS SENSUELS nous guident dans la vie. LES DESIRS SENSUELS nous font souffrir. Cest LAMOUR qui est le phnomne dont toutes les choses dpendent. 4. LE COMMANDEMENT Quest-ce qui enchane lhomme ? Quest-ce qui mne lhomme ? Quel est le phnomne quil faut radiquer pour atteindre le Nirva ? Cest la JOIE qui enchane lhomme. Cest LE DESIR qui mne lhomme. Il faut radiquer les DESIRS SENSUELS pour pouvoir atteindre le Nirva. 5. LES ENTRAVES Quest-ce qui enchane lhomme ? Quest-ce qui mne lhomme ? Quel est le phnomne quil faut radiquer pour mettre fin toutes les entraves ? Cest justement la JOIE qui enchane lhomme. Cest le DESIR qui mne lhomme. Cest lradication de tous les DESIRS SENSUELS qui peut mettre fin toutes les entraves. Histoires allgoriques dans les Stras 128 6. ETRE RENVERS - Quelle chose peut renverser lhomme ? - Quelle chose peut recouvrir, envelopper lhomme ? - Quelle flche peut atteindre lhomme ? - Quelle cause peut provoquer ce renversement ? LA MORT peut renverser lhomme. LA VIEILLESSE peut recouvrir, envelopper lhomme. LA FLECHE DE LAMOUR peut atteindre lhomme. LA LUXURE peut provoquer ce renversement. 7. ETRE PENDU Quest-ce qui fait pendre lhomme ? Quest-ce qui enveloppe lhomme ? Quest-ce qui enferme lhomme ? Sur quoi lhomme peut se rfugier ? LES DESIRS SENSUELS font pendre lhomme. LA VIEILLESSE enveloppe lhomme. LA MORT enferme lhomme. LA SOUFFRANCE est le lieu o lhomme prend refuge. 8. ETRE ENFERME Quest-ce qui enferme lhomme ? Sur quoi lhomme peut se rfugier ? Quest-ce qui fait pendre lhomme ? Quest-ce qui enveloppe lhomme ? LA MORT enferme lhomme. LA SOUFFRANCE est le lieu o lhomme prend refuge. LES DESIRS SENSUELS font pendre lhomme. LA VIEILLESSE enveloppe lhomme. 9. LES DESIRS Quest-ce qui enchane lhomme ? Que faut-il assagir pour parvenir la libration ? Quels sont les lments liminer pour mettre fin toutes contraintes ? LES DESIRS enchanent lhomme LA VICTOIRE SUR LES CONVOITISES conduira la libration. LES DESIRS ERADIQUES mettront fin toutes les entraves. 10. LE MONDE Sur quelles bases le monde est-il n ? Sur quelles bases nous pouvons entrer en relation avec le monde ? A quoi le monde sattache-t-il de faon irraisonnable ? Histoires allgoriques dans les Stras 129 Sur quoi sont bases les souffrances de la vie ? Le monde est n grce aux SIX FACULTS. La mise en relation est base sur les SIX FACULTS. Le monde sattache de faon irraisonnable aux SIX FACULTS. Lhomme souffre cause de ses SIX FACULTS. Histoire n 199 La richesse suprme (Section : Eradication) Bouddha enseigna aux bhikkhus : Dans cette vie, la foi est la richesse suprme. Quand vous pratiquez de faon intelligente la Vraie Loi, elle vous conduira vers la relle srnit. La vrit est la douceur suprme au-dessus de toutes les douceurs. Vivre dans la sagesse est considr comme la meilleure faon de vivre. Histoire n 200 Loiseau pris au pige (Section : Eradication) Bouddha enseigna aux bhikkhus : LA FOI est comparable la nourriture. LE GENIE DE LARGENT enrichit la fortune. LES PASSIONS SENSUELLES emportent lhomme. Dans la vie, il est difficile dabandonner LES DESIRS. LA SOIF DES PASSIONS attache le commun des mortels comme un oiseau pris au pige . ******* Chapitre 58 Discussion propos du Grand Homme Vertueux Histoire n 201 Deux hommes : un riche et un pauvre Chez ltre humain, celui qui a lesprit cupide, est souvent goste, la moindre petite chose comme la boue sale est considre par lui comme de lor, des pierres prcieuses. Il nen fait pas don autrui parce quil a peur de perdre ses biens. Histoires allgoriques dans les Stras 130 Celui qui a de la compassion, mme sil fait don de lor, des pierres prcieuses, il les considre comme plus lgers encore que lherbe. Celui qui est avare, si par malchance, il a perdu un petit peu de ses biens, il est trs trs malheureux. Celui qui est altruiste, fait laumne, ce geste provoque chez celui qui reoit cette aubaine, de la joie davoir un peu de bien. Le donneur est aussi trs content. Supposons que vous ayez de bons plats, si vous ne les donnez pas aux autres et les gardez pour manger tout seul, vous ne les trouverez pas trs bons. Mais si vous avez des plats pas trs bons, que vous les donnez dabord aux autres et vous les mangez ensuite aprs eux, vous serez trs heureux et vous les trouverez trs bons. Ou bien, si aprs avoir fait l'aumne, vous mangez les restes, vous serez le Grand Homme Vertueux ayant toujours de la joie dans l'me comme si vous aviez atteint le Nirva. Celui qui na pas la foi, ne peut pas croire aux prcieuses paroles ci-dessus ! Celui qui na pas la foi, mme quand il est en train de manger des plats pas trs bons, et sil y avait des gens pauvres venus lui demander un peu de partage, il nen donnera pas. Dautant plus sil sagissait de belles choses, il ne les donnerait jamais. Tout comme ces deux hommes, lun est riche et lautre est pauvre, tout dun coup, il y a un mendiant qui arrive vers eux. Tous les deux sont inquiets : le riche a peur de perdre ses biens, le pauvre sinquite de ne pas avoir de largent pour lui donner. Les deux tats dme sont quivalents mais les consquences sont diffrentes. Le pauvre, par compassion, en pensant la possibilit daider autrui, renatra au Ciel et il jouira de la richesse, de la joie indfiniment. Le riche avare, ne faisant pas de bonnes actions, sera condamn renatre dans le monde des dmons affams et souffrira continuellement. ******* Chapitre 59 Discussion T B Ta (Vibhsa sstra, sc.) Histoire n 202 Les deux cavaliers Deux hommes sapprtent se rendre un endroit prcis. Lun monte sur un bon cheval, lautre sur un cheval pas trs performant. Mais malgr le Histoires allgoriques dans les Stras 131 handicap de son cheval, ce cavalier est arriv le premier au but fix. Cest parce quil a fait partir son cheval avant lautre cavalier. Les personnes qui croient, comprennent vite, et pratiquent assidment le perfectionnement, arriveront au Nirva avant les autres. ******* Chapitre 60 Discussion propos de la perfection de la Sagesse (Praj-pramit, sc. Lun Tr , vn.) Histoire n 203 Latmosphre du rve Dans cette atmosphre du rve, il ny a pas de choses fastes, mais le rveur les considre comme fastes ; il y a des propos qui ne mritent pas la grande colre, mais le rveur se met en colre ; il y a des choses qui ne sont pas effrayantes mais le rveur tremble de peur. Il en est de mme pour les tres anims dans les trois mondes1. A cause de laveuglement qui dort dans leur cur, ils se mettent en colre pour des choses qui ne le mritent pas ; ils saffligent pour des choses qui ne le mritent pas. Cest pourquoi il faut savoir quen dehors de lesprit il ny a aucune diffrence entre les phnomnes ; cest cause de laveuglement ou de la clairvoyance que nous pouvons distinguer les diffrences. Celui qui est voil par lignorance, est influenc par le milieu extrieur, celui qui est clairvoyant, son esprit est serein. Cest pourquoi en dehors de lesprit, il ny a pas de caractristiques de lenfer. Quand toutes les consquences des mauvaises actions sont rassembles, alors nous subissons la souffrance. ******* 1 Les trois mondes sont : Voir Chapitre 38. Histoires allgoriques dans les Stras 132 Chapitre 61 Discussion propos des douze facteurs de la production conditionne (Pratityasamutpda, sc. Mi Hai Nhn Duyn, vn.) Histoire n 204 La roue qui tourne en rond Quappelle-t-on les douze facteurs de la production conditionne ? Les facteurs motionnels perturbateurs (klea, sc.), les consquences des actes (karma, sc.) et la souffrance (dukha, sc.), ces trois lments changent constamment et constituent des causes, des effets entre eux indfiniment. Pour commencer cest lignorance ; le dsir (, sc. - i, vn.), et la saisie (updna, sc. - th, vn.), sont des facteurs motionnels perturbateurs ; les actions volitionnelles (sasra, sc. - hnh, vn.) et les processus du devenir (bhava, sc. - hu, vn.), constituent le karma. Les sept autres lments restants sont : la conscience (vija, sc. - thc, vn.), les phnomnes mentaux et physiques (nmarupa, sc. - danh sc, vn.), les six facults (sadyatana, sc. - lc cn, vn.), le contact (spara, sc. - xc, vn.), et la sensation (vedan, sc. - th, vn.), la naissance (jti, sc. sanh, vn.) la vieillesse et la mort (jar maraa, sc. - lo t, vn.), ils constituent la souffrance. Les facteurs motionnels perturbateurs produisent le karma, ce karma donne naissance la souffrance et cette souffrance provoque les facteurs motionnels perturbateurs. Les facteurs motionnels perturbateurs, le karma et la souffrance, ces trois lments sont des facteurs de la production conditionne. Ils sont constamment en interaction comme une roue qui tourne en rond. ******* Chapitre 62 Discussion propos de lesprit hrtique Histoire n 205 Larbre qui penche Le Grand Ma-Ha demanda Bouddha : Honor du Monde, au moment o jai rencontr des voitures, des chevaux, des lphants enrags et des Histoires allgoriques dans les Stras 133 hommes qui se disputaient, se battaient, jai perdu la concentration dans mon vocation des Bouddhas. Si ces occasions je mourrais par accident, dans quel monde je renatrais ? . Bouddha rpondit : A ces malheureuses occasions, vous renatriez dans le monde sain et non dans les mauvaises voies. Nayez pas peur ! Cest comme cet arbre, ordinairement il penche vers lest, sil doit tomber, il tombera srement vers lest. Il en de mme pour un homme qui est bon. Si le corps est mort, grce la force des bonnes penses accumules depuis longtemps, comme pratiquer assidment les prceptes, tudier, faire des dons, cet homme aura obtenu beaucoup de mrites, il renatra au Ciel . ******* Chapitre 63 Trait des Stras exceptionnellement srieux du Mahyna (Mhaynastra lamkra stra, sc. - Lun i Trang Nghim Kinh, vn.) Histoire n 206 Le lion et le chien enrag Si un lion est maltrait par un homme, il cherchera tout prix ce mchant homme pour se venger. Quant au chien enrag qui est aussi maltrait par lhomme, il ne saura pas se venger. Le lion est compar lhomme sage qui sait rechercher les racines des facteurs motionnels perturbateurs pour les radiquer. Le chien enrag est compar lhomme hrtique qui utilise habituellement les cinq feux pour se dtruire, sans connatre sa propre nature. En tant quhommes ordinaires, la majorit dentre eux ignorent la Voie juste. Ils ne savent pas discerner que leur corps et leur esprit nont pas de nature propre, ils sengagent dans de mauvaises pratiques en pensant que cest la Voie juste. Alors, ils ont des comportements errons comme les pratiques hrtiques. Ils acceptent le faux pour du vrai et se crent du mauvais karma. ******* Histoires allgoriques dans les Stras 134 APPENDICE Nous ne savons pas dans quels Sutras se trouvent les histoires cites ci-dessous, cest pourquoi nous les rangeons dans cette partie Appendice. Histoire n 1 Lhomme bless par une flche Bouddha avait la connaissance de tous les phnomnes mais Il nenseignait aux humains que les Quatre Nobles Vrits. Une fois, Bouddha rsida dans la ville Kaumb dans la fort Sinh-sa-na, Il cueillit une poigne de feuilles et sadressa aux bhikkhus : Les feuilles contenues dans ma main sont-elles nombreuses ou les feuilles de la fort sont-elles nombreuses ? . Les bhikkhus rpondirent Bouddha : Les feuilles dans votre main sont en petite quantit et les feuilles de la fort sont plus nombreuses . Bouddha dit : Les phnomnes que je connais sont comparables la quantit de feuilles de la fort. Ce sont des choses que je ne vous enseignerai pas ; celles que je vous ai enseignes sont comparables aux feuilles contenues dans ma main. Pourquoi je ne vous enseignerai pas les significations de tous les phnomnes ? Parce quils nont pas une utilit directe concernant la voie de la libration qui vous mnera vers le but ultime : le Nirva. Cest pourquoi, je ne vous en parlerai pas. Je ne vous expliquerai que les causes des souffrances, les huit voies justes pour radiquer toutes les souffrances afin de parvenir la Libration . Bouddha donna immdiatement un exemple : Un homme est bless par une flche empoisonne. Il ne veut pas se faire soigner par un mdecin. Il veut dabord savoir quelle tribu appartient le tireur de la flche, et avec quoi la flche est faite... Exactement comme cet exemple, si quelquun disait : Je ne prendrais pas refuge auprs de Bouddha, si Bouddha ne me disait pas exactement si lunivers existera ternellement ? Cet homme mourra avant que je ne puisse lui ouvrir lesprit. Histoire n 2 Bouddha laboure et sme aussi A une poque, Bouddha rsidait E-ka-na-la, dans un village brahman du pays Ma-ga-da (Magadha, sc.), il y avait cinq cents agriculteurs qui travaillaient tous pour le Brahmane nomm Kasi-bara-va-za. Ils sapprtaient aller travailler aux champs. Bouddha dans sa robe de moine, portant son bol, se rendit lendroit o ils sapprtrent distribuer Histoires allgoriques dans les Stras 135 les provisions. Bouddha se rangea sur le ct. Le Brahmane vit Bouddha et lui dit : Vnrable, vous devez savoir que je dois labourer et semer pour avoir de quoi manger aprs. Vous devez labourer, semer et aprs vous pourrez manger . - ! Brahmane, le Tathgata a aussi labour et sem. Il a dj labour et sem, Il peut manger maintenant . - Mais je nai pas vu la charrue, le joug, ni les boeufs, le fouet, vos instruments, Vnrable Gautama, mme si vous venez de dire que le Tathgata a aussi labour et sem . - Le Tathgata a aussi labour et sem. Il a dj labour et sem. Il peut manger maintenant . - Vnrable, vous vous considrez comme un laboureur, mais nous navons pas vu vos sillons. Pourriez vous me dire o vous avez labour ? . Bouddha lui rpondit : La foi est la semence, la discipline est la pluie, la sagesse est la charrue et aussi le joug, la modestie est le manche de la charrue, lesprit est la corde, la concentration est le soc de la charrue et aussi le fouet. Le Tathgata vit en permanence avec les six sens rprims. Les paroles, la consommation sont toujours trs modres. Le Tathgata utilise la sincrit pour tondre les herbes folles. Quand il atteindra le stade ultime dArhat, il enlvera les cordes pour librer les bufs. La persvrance est un type danimal qui transporte des charges trs lourdes. Elle a aid le Tathgata parvenir un tat merveilleux, celui dtre indpendant et serein, cest le Nirva. La persvrance avance toujours, ne recule jamais, elle nest pas gne par les facteurs motionnels perturbateurs. Voil mon sillon ralis de cette faon. Il a apport un trs bon rsultat, cest ltat de lImmortalit. Quand le sillon labour est achev, il ny a plus de facteurs motionnels perturbateurs . Aprs avoir entendu les paroles de Bouddha, le Brahmane remplit un bol de riz mlang avec du lait pour offrir respectueusement Bouddha en disant : Je prie le Vnrable Gautama daccepter ce bol de riz mlang avec du lait. Vous tes un vrai agriculteur parce que vous avez plant larbre Immortel . Aprs avoir entendu ces paroles, Bouddha refusa ce bol de riz et lui dit ceci : Accepter un aliment au moyen dun enseignement nest pas une chose convenable pour le Tathgata. , Brahman cest la rgle gnrale des Grands Eveills. Celui qui a la connaissance de tout (Samyak-Sabuddha, sc. Chnh Bin Tri, vn.) naccepte pas ce genre dalimentation. Quand cette tradition sera respecte pour toujours, ce sera alors le Vrai Moyen dExistence (Samyak-jiva, sc. Chnh Mng, vn.). Histoires allgoriques dans les Stras 136 Histoire n 3 La pluie de la compassion arrose partout Si la pluie ne fait pas de diffrence, la compassion de Bouddha pour les humains ne fait pas de distinction non plus. Ci-dessous, voici une histoire au temps o Bouddha tait encore en ce monde : A lextrieur de la ville Srvasti, il y avait la petite paillote dun Intouchable (caste Cala, sc.). Ses parents taient dcds et il exerait le mtier de transporteur des matires fcales. Ctait un dur mtier et mpris par les autres. Mais il avait le cur serein. Un jour, il entendit une rumeur : Il y a un prince qui a abandonn son trne pour entrer en religion. Il est parvenu lEveil pour sauver tous les humains sans exception . Ayant entendu cela, lintouchable nosait pas esprer pouvoir rencontrer cette noble personne. Mais il put rencontrer Bouddha, drap de sa robe jaune, portant son bol, marchant sur la route avec un grand nombre de disciples. Il se cacha derrire un buisson pour cder le passage Bouddha. Il entendit quelquun lappeler par son propre nom. Bouddha lui fit signe de sapprocher. Il resta immobile sa place. Bouddha lappela encore une fois, il hsita et dit : Je suis un transporteur dexcrments, mon corps est sale et humble, je nose pas mapprocher prs de vous . Bouddha lui dit gentiment : Il ny a rien de vil dans les muscles de lhomme ou dans son sang qui est en train de circuler dans le corps, venez prs de moi . Il sapprocha en hsitant et se prosterna aux pieds de Bouddha. Bouddha toucha sa tte et lui dit : Jai trs bien compris votre inquitude, je voudrais vous aider . Il fut trs heureux, pensant que tous les bonheurs lui tombaient dessus. Bouddha laccompagna personnellement jusquau fleuve Gange pour quil prenne son bain. Il lemmena ensuite jusqu son Monastre Jetvana (Tnh X K Hon, vn.) pour quil y prenne refuge et devienne moine. Il mit sa robe jaune et sengagea dans une nouvelle vie. Bouddha lui enseignait. Grce ce travail douverture de lesprit par Bouddha et ses propres efforts de perfectionnement, au quinzime jour de ce mois, ce nouveau moine parvint au stade dArhat, acquit une vaste connaissance et des pouvoirs surnaturels extraordinaires. La nouvelle que Bouddha avait dlivre un intouchable sest rpandu partout. Les pauvres le glorifirent, les riches et les nobles pensrent le contraire. Le Roi fut mcontent en disant que ce geste dshonorera les moines et causera des difficults pour les Rois dans les clbrations religieuses. Le Roi se rendit au Monastre. Dans la cour, il remarqua un moine entrain de faire la mditation sur une grande plaque de pierre. De ce moine Histoires allgoriques dans les Stras 137 se dgageaient des pouvoirs surnaturels extraordinaires, le Roi ladmira infiniment. Le Roi alla saluer Bouddha et lui dit respectueusement : Honor du Monde, pouvez-vous me donner le nom de ce moine ? Comment peut-il avoir tant de pouvoirs surnaturels ? . Bouddha rpondit : Cest lintouchable qui exerait auparavant le mtier de transporteur dexcrments. Grce sa persvrance dans la pratique du perfectionnement, il vient datteindre le stade dArhat . Le Roi trs effray, ne sut pas quoi dire. Bouddha ajouta : Souvent dans la boue, poussent de beaux lotus . Ensuite il demanda au Roi : Supposant que vous y voyiez de beaux lotus parfums, votre Majest, avez-vous envie de les cueillir ? . Le Roi rpondit immdiatement : Les fleurs poussent dans la boue, mais leurs parfums sont agrables, utilisables pour la solennit, quant la sale boue, nous devons la considrer comme lutrus de la mre. Depuis cet utrus naissent ces fleurs, les mrites sont impensables . Bouddha satisfait, acquiesa. Le Roi admira encore plus la clairvoyance de Bouddha, se promit de lui faire plus doffrandes encore. Ds lors, le Roi soccupa srieusement et davantage encore de la vie des gens pauvres de son peuple. Histoire n 4 La rose Dans ce bas-monde o il y a toujours des diffrences, rien nest parfaitement beau comme cette rose la fois parfume, frache et belle. Mais larbre qui lui donne naissance, a son tronc couvert dpines. La fleur a sa part, les pines ont les leurs. Nous ne devons pas, cause de la fleur, nous jeter sur les pines, mais nous ne devons pas nous loigner de la rose afin dviter les pines. Pour les personnes optimistes, le monde est beau comme la rose, pour les pessimistes ils le voient recouvert dpines. Pour les ralistes, le monde nest pas absolument beau ni parfaitement laid. Histoire n 5 Le cribleur de paddy et le tamis Le cribleur de paddy ventile les poussires et les ftus et garde tous les grains de riz. Le tamis garde au contraire les rsidus grossiers et laisse filtrer tous les jus succulents des fruits. Histoires allgoriques dans les Stras 138 Il en est de mme, il ny a pas de diffrence, les intellectuels cultivent le ct subtil des choses et rejettent les parties grossires. Les tres voils par lignorance, ne gardent que les lments grossiers, impurs et rejettent, critiquent les choses fines et subtiles. Histoire n 6 Etre comme un aveugle, un sourd, un muet Quand nous ne voulons pas voir les fautes de toutes les autres personnes, nous faisons comme si nous tions aveugles. Quand nous ne voulons pas entendre les critiques des autres, nous faisons comme si nous tions sourds. Quand nous ne voulons pas dire du mal des autres, nous faisons comme si nous tions muets. Histoire n 7 Les pines et les pierres pointues En ce bas-monde, il y a beaucoup dpines et de pierres pointues, nous ne pourrons pas les enlever toutes. Si nous devions marcher dessus, au lieu de les dplacer vers un autre endroit, ce que nous sommes incapables de faire, alors pour dpasser les difficults, au mieux nous devrions porter des chaussures solides, marcher prudemment chaque pas et nous serions en scurit. De la mme faon, au milieu des russites, des checs, des encensements et des critiques, des louanges et des mdisances, des rcompenses et des punitions, du bonheur et de la souffrance, notre esprit doit rester toujours serein, imperturbable. Histoire n 8 Le lion, le courant dair, le lotus Nous devons ressembler aux lions qui ne tremblent jamais de peur devant tous les bruits. Nous devons tre comme un courant dair qui nest jamais empch par tous les rideaux. Nous devons tre comme les lotus qui poussent partir de la boue, mais qui ne sont pas salis par elle. Nous devons marcher fermement tout seul, lesprit serein et matre de nous-mmes comme les rhinocros (t gic, vn.). Histoires allgoriques dans les Stras 139 Histoire n 9 Vivre dans la boue sale et dans leau trouble Nous vivons dans la boue sale et dans leau trouble comme ces beaux lotus qui se dressent partir de l sans tre clabousss par elles. Nous devons vivre heureux dans une vie trs pure. Comme ces lotus, nous devons accepter de bon cur, les boules de boue sale lances vers nous, au lieu dattendre les belles fleurs quon nous offre, de cette faon nous ne serons pas dus. Fin du livre : Histoires Allgoriques dans les Stras ******* Traduction du Kinh n D du vitnamien en franais par upsika Diu Tnh est publie depuis 1989 dans la Revue Hong Php du Monastre Linh-Sn - 94340 - Joinville-le-Pont Histoires allgoriques dans les Stras 140 Ddicace des mrites Nous souhaitons ddicacer ces mrites pour la paix dans ce monde et celle de tous les tres vivants. Quils vivent heureux avec leurs bons karmas pour viter les guerres et chapper toutes les souffrances. Que leurs corps, paroles et penses soient toujours sereins. Quils sorientent directement vers lveil, quils atteignent le stade des Sages, obtiennent la non-renaissance et russissent lveil Parfait. Que tous les mrites de la propagation de ce compendium dextraits de Stras reviennent tous les pratiquants qui le rcitent et toutes les personnes qui ont particip financirement et techniquement son impression et diffusion ainsi qu leurs familles et leurs anctres de sept gnrations. Namo Bodhisattva de la Fort des Mrites. Namo Grand Bodhisattva Matre des Tmoignages. Histoires allgoriques dans les Stras 141 Les dix mrites de rditer des Stras ou de reproduire des statues de Bouddha : 1/ Les fautes commises dans le pass, celles qui ntaient pas graves, seront effaces, celles qui taient graves, seront allges en consquences. 2/ Les bons gnies protgent les bienfaiteurs des malheurs, des dangers de la peste, des incendies, des inondations, des vols, des guerres, et des emprisonnements. 3/ Les consquences des mauvaises actions, des souffrances, des rancunes, des dettes contractes dans les vies antrieures et actuellement seront radiques dfinitivement. 4/ La protection des gnies loignera les dmons, les serpents venimeux, les fauves froces. 5/ Lesprit sera serein, la vie diurne sans frayeurs et la vie nocturne sans cauchemars. Les bienfaiteurs auront la physionomie lumineuse, une bonne sant, un travail sans histoires et avec de bons rsultats. 6/ Le soutien fidle et dsintress au Dharma procurera le bien-tre quotidien, la bonne entente dans la famille et du bonheur sans fin. 7/ La parole et le comportement du bienfaiteur procureront de la joie aux hommes et aux dieux. Partout o il ira, il sera accueilli avec respect et flicitation. 8/ Sa non-clairvoyance deviendra lintelligence parfaite, ses maladies disparatront laissant la place la bonne sant, la pauvret laissant la place la prosprit. Une femme qui naime pas sa condition fminine, lheure de sa mort, elle renatra dans un corps masculin. 9/ Le bienfaiteur quittera dfinitivement les voies malfiques et renatra dans les voies du bien, aura une belle prestance, une haute intelligence et beaucoup de bonheur. 10/ Il se consacrera la compassion pour aider tous les tres anims cultiver de bonnes semences. Les aspirations dautrui lui serviront de champs des bienfaits. Grce tous ces mrites, il recueillera de trs bonnes consquences. Quel que soit lendroit o il renatra, il rencontrera toujours les Bouddhas, entendra le Dharma, aura une grande intelligence, obtiendra les six pouvoirs surnaturels et atteindra lveil accompli. Histoires allgoriques dans les Stras 142 Histoires allgoriques dans les Stras 143 TABLE DES MATIRES Histoire Pages N AVANT-PROPOS 5 STRA SADDHARMAPUNDARIKA (Kinh Php Hoa, vn.) 7 1. La maison en feu 7 2. Le fils fugueur 8 3. Une averse 10 4. La lumire du Soleil 11 5. Laveugle 11 6. Lendroit qui contient beaucoup de trsor 13 7. Un homme pauvre 13 8. Creuser un puits pour tancher la soif 14 9. Le prcieux joyau 15 10. Le bon mdecin expriment 16 11. Le jeune pre et ses enfants plus gs que lui 18 STRA MILINDAPANHA - (Kinh Na Tin T Kheo,vn.) 20 12. Une prire adresse Bouddha est comparable une Barque 20 13. Le moine et son corps 21 14. Tel arbre, tel fruit 21 15. La moisson du riz 22 16. La pierre prcieuse qui purifie leau 23 17. Lhomme qui traverse la rivire 23 18. La terre 24 19. Le soutien dune maison en ruine 27 20. Le Roi et ses dignitaires 28 21. Le Roi est le Matre 29 22. Une personne avec une lampe allume la main entre dans une salle obscure 29 23. Les armes du Roi 29 24. La lampe qui reste allume toute la nuit 30 Histoires allgoriques dans les Stras 144 25. Le cultivateur 31 26. La lampe et la lettre 32 27. Ne pas cueillir les fruits verts mais cueillir seulement les fruits mrs 33 28. Le voleur des mangues 34 29. La semence et luf 35 30. Semer une graine dans la terre 36 31. Le Palais Royal 37 32. Lhomme qui a accompli des actes mritants pour le Roi 38 33. Le mandarin qui surveille le trsor royal 39 34. Celui qui prpare le poison 39 35. Le son de la grande cloche 40 36. Le chef cuisinier du Roi 40 37. Semer cinq types de graines 41 38. Les fruits sur les arbres 41 39. Creuser un puits 42 40. Le crocodile, la tortue, le paon, le pigeon 42 41. Leau supporte la terre 43 42. Le Nirvana est la srnit absolue 43 43. Le Nirvana est un lieu de bien-tre 44 44. Le Bouddha est venu en ce bas-monde 45 45. Le Bouddha est le plus noble de tous 45 46. Allumer une torche 46 47. Larbre qui na pas encore donn de fruits 47 48. Lagriculteur laboure et sme 47 49. Allumer un grand feu 47 50. Le mdecin 48 51. Le lotus aux cent ptales 48 52. Deux personnes pleurent 49 53. Lignorance et la clairvoyance 49 54. O se trouve le vent ? 50 55. Prendre leau de la mer dans la paume des deux Histoires allgoriques dans les Stras 145 mains pour la goter 50 STRA DHARMAPADA (Kinh Php C, vn.) 51 56. Avoir un corps cest recevoir la souffrance 51 57. Le papier et la ficelle 52 58. La tortue et le phoque 52 59. Une branche darbre faible prise dans un tourbillon de vent fort 53 60. Le vent souffle sur une montagne rocheuse 54 61. La pure fleur lotus 54 62. Un voyageur fatigu 54 63. La cuillre de mdicament 54 64. La langue et les mdicaments 55 65. La protection des fortifications 55 66. Llphant sur le champ de bataille 55 67. Le dressage des lphants 55 68. Les cochons 56 69. Le cornac talentueux 56 70. Llphant qui a pu sortir de son embourbement 56 71. Llphant seul au milieu de la fort 56 72. Laraigne tisse sa toile 56 73. Lherbe nuit aux cultures 57 74. Vider leau dune barque 57 75. Le commerant dresse son cheval 57 76. La lune dgage des nuages 57 77. Le matre dresseur dlphants 58 78. Sonner les cloches, les gongs 58 79. La bote contenant des mdicaments 59 STRA DES 42 CHAPITRES (Kinh 42 Chng,vn.) 61 80. Une personne luttant contre dix mille autres 61 81. Lhomme suit lobjet 61 82. Lencens brle 62 83. Essuyer les poussires du miroir 62 84. Leau limpide devenue trouble 62 Histoires allgoriques dans les Stras 146 85. Une torche la main un homme entre dans une maison non claire 63 86. Le miel coll sur la lame dun couteau 63 87. Vivre en prison 63 88. Un sac en peau contenant des salets 64 89. tre en ce bas-monde sans tre contamin 64 90. Le combattant 64 91. liminer toutes les rouilles 65 92. Manger le miel dans un bol 65 93. Le buffle qui transporte du miel 65 94. Un buffle porteur dun lourd fardeau traverse un espace boueux 65 95. Lor, les pierres prcieuses considres comme des tuiles, des cailloux 66 96. Comprendre la Loi (Dharma) 66 97. Le corps est une illusion 67 98. Leau va vers la mer 67 STRA DE LA GUIRLANDE DU BOUDDHA 67 (Kinh Hoa Nghim, vn.) 99. tudier beaucoup 67 100. Les arbres qui flottent sur le fleuve 68 101. Les vers nichs dans un tas dexcrments 68 102. Lapparition du Soleil 69 103. Lenseignement de Bouddha est comparable la terre, au feu, leau 70 104. La pierre prcieuse ltat brut 70 105. La grande Voie 71 106. Le rcipient deau 71 107 Les grandes positions 72 108. Le fleur Ba Li Cht a 72 109. Loiseau Kalavinka 72 110. Lor du fleuve Jambu 72 111. Lhomme et ses mains 73 Histoires allgoriques dans les Stras 147 STRA EKOTTARIKGAMA - (Kinh Tng Nht A-Hm, vn.) 73 112. Les six brigands 73 113. Lhomme pur sans passion 74 114. Les six forces habituelles 74 STRA AGAMA - (Kinh A-Hm, vn.) 75 115. Un mari et ses quatre femmes 75 STRA MADHYAMAGAMA (Kinh Trung A-Hm, vn.) 77 116. Les cordes dun instrument de musique 77 STRA SAMYUKTAGAMA (Kinh Tp A-Hm, vn.) 78 117. La tortue aveugle 78 118. Ma Gi Thin T 78 119. Le lotus dans la boue 79 120. Le marteau est dans la bouche 79 STRA SAMYUKTAGAMA (Kinh Bit Dch Tp A-Hm, vn.) 79 121. Les quatre varits de chevaux 79 STRA MAHA PRAJA PARAMITA 81 (Tm Kinh Bt Nh Ba La Mt a, vn.) 122. Le bateau endommag sombre au milieu de locan 81 123. Une personne ge centenaire 81 STRA NIRVANA - (Kinh Nit Bn, vn.) 82 124. Llphant mchant et lintellectuel cruel 82 125. Les quatre grandes montagnes dans les quatre directions 83 126. Des fleurs de couleur jaune et lor pur 83 127. Llphant trs mchant 84 128. La personne qui a sept enfants 84 129. Lathlte 84 130. Laveugle soigne ses yeux 85 131. Le malade et les mdicaments 85 132. Une maison dlabre 86 133. La goutte deau 86 STRA MAHAPARINIRVANA - (Kinh i Bt Nit Bn, vn) 86 Histoires allgoriques dans les Stras 148 134. La lune 86 STRA DES CENT EXEMPLES - (Kinh Bch D, vn.) 88 135. Conserver le lait dans les pis de la vache 88 136. Un homme assoiff 88 STRA DES EXEMPLES MELANGES (Kinh Tp Th D,vn.)89 137. Faire des offrandes Bouddha 89 138. Le serpent 90 139. Le musicien qumande un buffle 90 140. Trois pratiquants parvenus lveil 91 141. Ils se battent pour des ombres 91 LE STRA DES ANCIENS MELANGES DEXEMPLES 92 (Kinh Cu Tp Th D, vn.) 142. La tortue de rivire 92 LE STRA DE LHEROQUE 93 (STRA SURAMGAMA, sc. Kinh Th Lng Nghim, vn.) 143. La folie du jeune Din Nh t Ca et celle des enfants qui voulaient attraper la lune dans une cuvette deau 93 144. Une bulle dair sur locan 95 STRA DES DERNIERS ENSEIGNEMENTS DU 95 BOUDDHA SAKYA MUNI (Kinh Di Gio, vn.) 145. Le got du mdicament 95 146. Une hache bien tranchante 96 147. Lagriculteur qui construit des digues pour retenir leau 96 148. La vipre noire 97 149. Le ptre (gardien de buffle) 97 STRA DE LA NATURE DE LESPRIT 98 (Kinh Tm a Qun, vn.) 150. Le soleil et les aveugles 98 151. Le cycle du feu qui va dtruire le monde 98 152. Lhomme sans main 99 LE STRA TRANSCENDENTAL (Kinh Xut Diu, vn.) 99 153. Les poissons pris dans une zone o il y a peu deau 99 154. Fuir la mort 100 Histoires allgoriques dans les Stras 149 155. Purifier lor 100 STRA GUIRLANDE DES CONTES RELATIFS AU 101 ROI ASOKA - (Kinh A Dc Vng, vn.) 156. lever des buffles pour vendre leur viande 101 STRA GRAND RECUEIL - (Kinh i Tp, vn.) 101 157. Le sauveur 101 158. Un vtement sale depuis cent ans 101 STRA LES SIGNIFICATIONS DU BOUDDHISME MAHAYANA (Kinh i Tha Ngha, vn.) 102 159. Prendre refuge 102 STRA : LES QUATRE AUTO-PERFECTIONNEMENTS 102 (Kinh T T Xm, vn.) 160. Les gnraux valeureux 102 STRA : LES QUATRE POINTS A MEDITER SUR LA VRAIE LOI (Kinh Chnh Php Nim X, vn.) 103 161. La barque de la parole vraie 103 STRA : LES CONSEILS DES SAGES - (Kinh Tin , vn.) 104 162. Le balai 104 STRA BODHISATTVA LUMIERE DU SOLEIL - 104 (Kinh Nht Minh B Tt, vn.) 163. Les chanes de la vie 104 STRA : ANANDA QUESTIONNA BOUDDHA 105 A PROPOS DES FAITS BENEFIQUES ET MALEFIQUES (Kinh A-Nan Vn Pht S Kit Hung, vn.) 164. Larc pesant cent mille kilos 105 STRA : LA FARINE - (Kinh Bt, vn.) 106 165. Les amis 106 166. Les grains de sable dans locan 106 STRA : LE SAGE ET LIGNORANT 106 (Kinh Hin Ngu, vn.) 167. La lampe qui ne steindra jamais 107 STRA VIMALAKIRTINIRDESA, sc. (Kinh Duy Ma, vn.) 108 168. La lune et les aveugles 108 Histoires allgoriques dans les Stras 150 STRA DES TROIS TYPES DE SAGESSES - 109 (Kinh Tam Hu, vn.) 169. Bon comme le riz, mchant comme lherbe 109 STRA LANKAVATARA, sc. (Kinh Lng Gi, vn.) 109 170. La naissance et la mort sont concomitantes 109 STRA : LA PATIENCE, VERTU CARDINALE 109 (Kinh Nhn Nhc, vn.) 171. La cuirasse divine 110 STRA : LA CONCENTRATION MENTALE SUR 111 BOUDDHA (Kinh Qun Pht Tam Mui, vn.) 172. Le santal 111 STRA LES SIX VERTUS CARDINALES 111 (Kinh Lc Tp, vn.) 173. Emmener le buffle labattoir 112 SUTRA : LA CONCENTRATION MENTALE SUR 112 LES PETITS MONDES - (Kinh Tiu a Qun, vn.) 174. Le grand matre dun bateau 112 STRA : LA RECONNAISSANCE - (Kinh Bo n, vn.) 113 175. La bouche est un couteau, un marteau 113 STRA : LA CONDUITE DE BASE DUN BOUDHISTE 113 (Kinh Pht Bn Hnh, vn.) 176. Le corps est comme du bois, de la pierre 113 STRA : LE RECUEIL DES DIVERS TRESORS - 113 (Kinh Tp Bo Tng, vn.) 177. Le fruit mr 114 STRA : MEDITATION A PROPOS DU BODHISATTVA 114 BONTE UNIVERSELLE SUTRAMAHAVASTU, sc. - (Kinh Qun Ph Hin, vn.) 178. Le brouillard 114 STRA : LES DIFFERENCES ENTRE LES 114 CONSEQUENCES DES ACTES -(Kinh Nghip Bo Sai Bit, vn.) 179. Draciner les fautes commises 114 STRA : LES MERVEILLEUX PHENOMENES QUI NONT Histoires allgoriques dans les Stras 151 JAMAIS EXISTE SUTRA ADBHUTADHARMA, sc. (Kinh V Tng Hu, vn.) 115 180. Une torche allume supprime les ombres 115 STRA : LES BHIKKHUS EVITENT LES FEMMES DE 124 MAUVAISES REPUTATION - (Kinh T Kheo T N Danh,vn.) 181. Le lapin sauvage 115 STRA : LE MONDE DES BOUDDHAS 116 (Kinh Pht Cnh Gii, vn.) 182. Le reflet dans le miroir 116 STRA : LES PRECEPTES DES DISCIPLES LACS 116 UPAKASILA, sc. - (Kinh u B Tc Gii, vn.) 183. Les Bodhisattvas duquent les humains 116 STRA : LEVEIL ACCOMPLI - (Kinh Vin Gic, vn.) 117 184. Lhomme qui a mal aux yeux 117 STRA : LE PLACAGE DES IDEES - (Kinh M , vn.) 117 185. Les quatre tmoins 117 STRA : LA GRANDE DIGNITE 118 (Kinh i Trang Nghim, vn.) 186. Il faut tre enchan pour pouvoir tre libr 118 STRA : LES PRECIEUX TRESORS - 118 (Kinh Bo Tch, vn.) 187. La statue en bois, en pierre 119 STRA : INFINITE DE SIGNIFICATIONS- 119 ANANTANIRDE SAPRATISTHNA, sc. - (Kinh V Lng Ngha, vn.) 188. Les quatre caractristiques de base 119 STRA : DES DIX TERRES DES BODHISATTVAS - 119 (Kinh Thp Tr, vn.) 189. Lignorant qui confond lEst et lOuest 120 STRA : LES PREMIERS QUESTIONNEMENTS DU BRAHMA T CH 120 190. Lhomme qui craint le nant et celui qui le recherche 121 STRA : MEDITATION SANS LIMITE DE LA NATURE 121 DES PHENOMENES (VIPASYANA ANANTA, sc. Histoires allgoriques dans les Stras 152 (Kinh V Lng, vn.) 191. Le prcieux lotus dans le genre humain 121 STRA : LA GRANDE MISERICORDE 22 (Kinh i Bi, vn.) 192. Le poisson pris par lhameon 122 LES STRAS GROUPES DU NIKAYA 122 (Kinh Tng ng B, vn) 193. Section : Le roseau 123 194. Lveil parfait est la Suprme russite 123 (Section : Le jardin de la joie) 195. La suprme lumire (Section : Il faut chercher) 123 196. La destruction par le feu (Section : Incendie) 124 197. Le chemin de la Souffrance et le chemin de la 124 Libration (Section : Vieillesse) 198. Lorigine de la Souffrance et la Souffrance 126 (Section : Victoire) 199. La richesse suprme (Section : radication) 129 200. Loiseau pris au pige (Section : radication) 129 201 DISCUSSION A PROPOS DU GRAND HOMME 129 Deux hommes : un riche et un pauvre 202 DISCUSSION T B Ta - VIBHASASASTRA, sc. 130 Les deux cavaliers 203. DISCUSSION A PROPOS DE LA PERFECTION DE LA 131 SAGESSE (PRAJNA-PARAMITA, sc. - Lun Tr , vn.) Latmosphre du rve. 204. DISCUSSION A PROPOS DES 12 FACTEURS 132 DE LA PRODUCTION CONDITIONNEE (PRATITYASAMUTPADA, sc. (Kinh Thp Nh Nhn Duyn, vn.) La roue qui tourne en rond 205. DISCUSSION A PROPOS DE LESPRIT HERETIQUE 132 Larbre qui penche 206. TRAITE DES SUTRAS EXCEPTIONNELLEMENT 133 SERIEUX DU MAHAYANA - (MAHAYANASUTRA LAMKARA, sc. Lun i Trang Nghim,vn.) Le lion et le chien enrag Histoires allgoriques dans les Stras 153 APPENDICE 134 1. Lhomme bless par une flche 134 2. Bouddha laboure et sme aussi 134 3. La pluie de la compassion arrose partout 136 4. La rose 137 5. Le cribleur de paddy et le tamis 137 6. tre comme un aveugle, un sourd, un muet 138 7. Les pines et les pierres pointues 138 8. Le lion, le courant dair, le lotus 138 9. Vivre dans la boue sale et dans leau trouble 139 Ddicace des mrites. 140 Les dix mrites de rditer des Stras ou 141 de reproduire des statues de Bouddha. Table des Matires. 143 Histoires allgoriques dans les Stras 154 Histoires allgoriques dans les Stras 155 Histoires allgoriques dans les Stras 156

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