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  • Annales Francaises dAnesthesie et de Reanimation 32 (2013) 439443Cas clinique

    Ictere febrile. . . et si cetait une leptospirose. A propos dun cas deL. interrogans Icterohaemorrhagiae dans le Nord de la France

    Fever and jaundice. . . and if it was a leptospirosis. About a case of L. interrogans

    Icterohaemorrhagiae in Northern France

    N. Assez *, P. Mauriaucourt, J. Cuny, P. Goldstein, E. Wiel

    Pole de lurgence, Samu regional de Lille, 5, avenue Oscar-Lambret, 59037 Lille cedex, France

    I N F O A R T I C L E

    Historique de larticle :

    Recu le 13 mars 2013

    Accepte le 18 mars 2013

    Mots cles :

    Ictere

    Leptospirose

    Contamination

    Serologie

    France metropolitaine

    Keywords:

    Jaundice

    Leptospirosis

    Contamination

    Serology

    Metropolitan France

    R E S U M E

    La leptospirose est une anthropozoonose cest-a-dire une maladie animale transmissible a lhomme,

    provoquee par un spirochete, du genre Leptospira qui vit essentiellement parmi les rongeurs, mais aussi

    dans les zones humides. Elle sevit dans le monde entier particulierement en Asie, en Amerique latine et

    en Afrique. En Europe, son incidence est modeste (sauf en France et en Grande-Bretagne ou sa frequence

    sest accrue ces dernieres annees) mais la frequence peut etre sous-estimee. Certaines regions doutre-

    mer sont particulierement touchees. En France, le potentiel epidemique de la leptospirose est soumis aux

    variations climatiques, justifiant dune surveillance constante de la maladie assuree par le Centre

    national de reference (CNR) des leptospires. La transmission a lhomme se fait surtout par contact avec

    les milieux souilles par les urines danimaux infectes. La maladie peut atteindre le foie et les reins

    (hepatonephrite) sous forme de cytolyse, cholestase et dinsuffisance renale associee a la fievre. Une

    coagulopathie accompagne generalement le tableau. Son diagnostic est difficile en raison du

    polymorphisme clinique. Un diagnostic precoce de la leptospirose permet une prise en charge medicale

    efficace, ameliorant le pronostic du patient. Ce dernier repose actuellement sur amplification genique

    (PCR) ou par une serologie positive par le microscopic agglutination test (MAT) qui est la methode de

    reference. Son evolution est generalement favorable sous traitement antibiotique adapte (aminopenicil-

    line). Mais 5 a 10 % des patients symptomatiques presentent une forme severe multiviscerale. Pres dun

    siecle apres la decouverte de lagent causal, cette zoonose reste un probleme de sante publique, zoonose

    prioritaire, sur le plan de la virulence, sa declaration est obligatoire dans notre pays. Nous rapportons le

    cas dune forme dhepatonephrite severe par contamination deau contaminee par leptospire observee

    dans le Nord de la France.

    2013 Societe francaise danesthesie et de reanimation (Sfar). Publie par Elsevier Masson SAS. Tousdroits reserves.

    A B S T R A C T

    Leptospirosis is an anthropozoonose, an animal disease transmissible to humans, caused by a

    spirochete of the genus Leptospira that lives mainly among rodents but also in wetlands. It occurs

    worldwide, particularly in Asia, Latin America and Africa. In Europe, the incidence is small (except in

    France and Great Britain, where its frequency has increased in recent years) but the frequency may be

    underestimated. Some areas overseas are particularly affected. In France, the potential epidemic of

    leptospirosis is subject to climatic variations, justifying a constant monitoring of the disease provided

    by the National Reference Centre (CNR) of leptospires. Transmission to humans primarily occurs

    through contact with environments contaminated by the urine of infected animals. The disease can

    affect the liver and kidneys (hepatonephritis) as cytolysis, cholestasis and renal failure associated with

    fever. A coagulopathy usually accompanies the clinical table. Its diagnosis is difficult because of the

    clinical polymorphism. Early diagnosis of leptospirosis allows effective medical care, improving

    patient outcomes. This is currently based on gene amplification (PCR) or serology positive by the

    microscopic agglutination test (MAT), which is the reference method. Its evolution is usually favorable* Auteur correspondant.

    Adresse e-mail : natassez@yahoo.fr, n-assez@chru-lille.fr (N. Assez).

    0750-7658/$ see front matter 2013 Societe francaise danesthesie et de reanimation (Sfar). Publie par Elsevier Masson SAS. Tous droits reserves.http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2013.03.010

    http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2013.03.010http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2013.03.010mailto:natassez@yahoo.frmailto:n-assez@chru-lille.frhttp://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2013.03.010

  • N. Assez et al. / Annales Francaises dAnesthesie et de Reanimation 32 (2013) 439443440with appropriate antibiotic treatment (aminopenicillin). However 510% of symptomatic patients

    have a severe multisystem defaillance. Nearly a century after the discovery of the causative agent, this

    zoonosis remains a public health problem, zoonosis priority in terms of virulence, its reporting is

    mandatory in our country. We report the case of a severe form of hepatonephritis due to water

    contaminated with Leptospira observed in Northern France.

    2013 Societe francaise danesthesie et de reanimation (Sfar). Published by Elsevier Masson SAS. Allrights reserved.1. Introduction

    La leptospirose est une anthropozoonose mondiale qui toucheune grande variete despeces animales. Cette maladie infectieuserare est due a une bacterie de lordre des Spirochetes, du genreLeptospira de lespece pathogene interrogans constituee denombreuses especes ou serotypes (300) regroupes selon leursparentes antigeniques en serogroupes (30) et responsables desdifferentes formes de la maladie [1]. Le tableau clinique decritinitialement par Weil et Mathieu en 1886 est polymorphe allantdes formes asymptomatiques a des formes icteriques multi-viscerales gravissimes (45 % sous nos latitudes) [2]. Lesdiagnostics differentiels sont nombreux et peuvent egarer leclinicien. Cette affection plus specifique des pays tropicaux chaudset humides [3] se rencontre aussi dans les pays temperes [4,5]. EnFrance, on compte pres de 600 cas diagnostiques par an [6] dont lamoitie dans les departements et territoires doutre-mer (DOM-TOM) [7,8]. En France metropolitaine, lincidence varie selon lesregions (entre 2006 et 2010 : 0,45 cas/100 000 en moyenne) [2].Elle reste relativement elevee dans le Nord Pas-de-Calais (0,55/100 000 habitants, soit 22 cas declares au Centre national dereference en 2010). Parmi 300 serovars L. interrogans Icterohae-morrhagiae est la plus souvent incriminee (30 %) avec,L. Grippotyphosa, L. Canicola, L. Australis, L. Pomona, L. Ballum(selon le bilan du CNR, 2007). La forme ictero-hemorragiquedevolution biphasique represente 20 % des cas. Nous rapportonsici une forme grave de leptospirose observee au service desurgences dun centre hospitalier general du Nord de la France etprise en charge au service de reanimation du centre hospitalieruniversitaire de Lille.

    2. Observation

    En janvier 2010, un homme, age de 38 ans, eleveur de bergersallemands sans aucun antecedent medicochirurgical ni allergique,sans intoxication alcoolo-tabagique etait adresse par son medecintraitant au service des urgences de lhopital de proximite.

    Lhistoire clinique a debute debut janvier, une semaine avantson hospitalisation avec lapparition de myalgies diffuses dans uncontexte de fievre (3838,5 8C), frissons et sueurs, avec alterationde letat general (asthenie, anorexie) sans cephalee, ni nausee, nivomissement, ni trouble du transit. En cette periode de lannee, lepatient attribuait ces symptomes a un etat grippal et na pasconsulte de medecin. Devant la persistance des symptomes, ilconsultait son medecin traitant dix jours apres les premierssymptomes. Celui-ci, apres avoir constate un ictere febrile ainsique des demes bilateraux des mollets, ne prenant pas le godet,ladressait aux urgences. A son arrivee, le patient etait conscient(score de Glasgow a 15), avec une pression arterielle a 132/77 mmHg, une frequence cardiaque a 100 b/min, une SpO2 a 97 %en air ambiant avec une frequence respiratoire de 16 c/min, ilnexistait ni marbrure, ni cyanose, la temperature etait a 37,6 8C.Lexamen cardiopulmonaire etait normal, a lexception de bruits ducur rapides. Il nexistait aucun syndrome meninge. Labdomenetait souple et indolore, sans hepatomegalie, ni splenomegalie. Lesaires ganglionnaires etaient libres. Le patient etait oligurique(< 500 mL/24 h). On observait un discret purpura petechial desmembres inferieurs sans syndrome hemorragique. Le patient etaitalors rapidement transfere par le Samu vers le CHU en reanimation.Le lendemain, lapparition dun syndrome meninge conduisait arealiser une ponction lombaire retrouvant un liquide eau de roche,a polynucleaires, sans germe, temoignant dune meningiteaseptique. La reprise de lanamnese nous apprenait que le patientvivait a la campagne, elevait des chiens dans une ferme, etpossedait trois vaches et un cochon. Par ailleurs, il avait lhabitudede consommer leau de son puits quil buvait sans la filtrer ni lafaire bouillir. Le bilan biologique mettait en evidence uneinsuffisance renale aigue oligoanurique (creatinine a 68 mg/L,uree a 1,83 g/L), associee a un ictere febrile, une cytolyse hepatique(aspartate aminotransferase [ASAT] a 744 UI/L, alanine amino-transferase [ALAT] a 230 UI/L) et une cholestase (bilirubine a81 mg/L, phosphates alcalines a 416 UI/L et gamma GT a 208 UI/L).Il existait une augmentation de la proteine C reactive (CRP)superieure a 200 mg/L. La creatine phosphokinase (CPK) eta

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