M Maget - Guide d'étude des comportaments culturels.pdf

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Guia de investigación para la etnografía rigurosa

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  • E T H N O G R A PH I E MÃTROPOLITAINE GUIDE D'ÃTUDE DIRECTE DES COMPORTEMENTS CUlTURElS par M. MAGET CONSERVATEUR ET DIRECTEUR DU LABORATOIRE D'ETHNOGRAPHIE FRAN
  • ⢠UIILI: DEI M.I.'I' l h .ES
  • N. B. - Ainsi que dans le te:.vte, les numéros entre parenlheses designeni les paragraphes. TADLF: DES UA.TIERES AVANT-PROPOS A, - MÃTHODES DE REGHERGHE f, - CARACTERES GÃNÃRAUX DE LA Dà MARCHE : Découpage ¡nUial : enquétes élémentaire el systémaLi- que (1). Limitation du champ dans la perspecU,'e psychoso- malique (2). Limitation da~s les perspectives sociale el his- torique (3). Catégorie el spécimen rcpl'ésentatif : monogra- phies individ uelle eL calégorielle (4). Etude morphologique (5). Elude fonctionneIle (6). Exhaustivité, précision (?j. Schéma VII ">X de principe el approximations succcssives (8). . . . .. 3 2, - SCHÃMAS D'ÃTUDES ÃLÃMENTAIRES : i. Matériels . 17 Témoins matériels d'une culture (9), catégories ~10). Fabricabon industrielle (U). . .. 17 Description pllysique : genéralités (12). ComposiLion matérielle (13). Principc de l'analyse parcellaire (14). Défini- tion de la forme d'une piece (15). Structure des matériels complexes (16). Décors el inscriptions (17~. Stylc et origines. AssimilaLion et inlégration (18). Marques. d'usage el d'entre- "m(l~""""""""", W Situation (20) . 27 INVENTAIRE SYSTÃMATlQUE 28 Généralités et aspects (21), avantages (22), méthode d'établissement (23) . ⢠. . â¢. ....... 28
  • x . - TABLE DES MATlimES 2. Matieres . . Calégorics (24), idclltification (25), invenLnire (26) 3. Matériel Vlvant . Catégories (27), Identification (28) . 4. Activités. . DESCRIPTlON MORPIIOLOGIQUE, Articulations pl'incipales an schéma d'étude (29). Loca:"" lisation externe (30). Chl'onologie externe (3l). Situations el dispositifs initiaux (32). Personnel (33). Cad,'c instrumen- tal (34). Complexilé relative du cadl'c (35). Equipement ma- tériel et éncrgie (36). Matieres premieres (37). . . Mise en place du dispositif (38). Aualysc pal'cellail'e (39). Temps de tral1sformation, ll'ansport el conLróle (40). Poly- valenc~de l'outil el de la main (41). Geste élémcnLaire (42;. Séquences homogt'mes eL ryLhmes (43). Stiml1]ations el am- biances (4.4.). Heconstitulion du processus (45) . . . . . Prutique de l'élllde des_criplive: reconstitution préalable du t( seénurio 11 (46). Connaissance théorique générale (-17). Examen des traces matérielles (48), Information discursive, ses insuffisances (49). Décalage entre 1'agí, le représeillé el le formulé (50). úémonstl'ation (51 l. Avantages du scéna- rio (52). ConslituLion a vue (53) . . . . . . Représentations graphiques (54.). Géomélrio et nuances stylistiques (55) ⢠Quelques applicalions (56). APPROXIMAl'IONS ÃCONOMIQUES Difficullés d\m bilan unitaire (57) Plan rnalériel (58), psychosomatique (5!:l); social (60) Rendement (61) APPROXIMAl'IONS SOCIOI.OGIQUES Aspecls socio-technique (62), socio-économique (63), socio-j uridique (64) INVENl'AlRE DES ACTIVIl'ÃS El' RESTITUTION DES CADRES SPATIO-TEMPORELS CONCRETS, Généralites (65) ⢠Emploi du temps eL c1asses d'age (66), el elasses so- ciales t67), Discriminalion des modes de vie régionaux (68). Aclivités el sysleme de valeUfS (69). Evotulion des modes de vie (70) ⢠Action el représentation (71) . 32 32 3& 36, 48 41} 53 53 5'< 57 57 57 59 59 60 62 l'AllLE DES l\IATIERES 5. ReprésenlaUons et Intérets luformat;on et sOlldage du mental eL elo l'aITeetif (72). Difficulté de ce sondage (73). . . . . . Schema d'étude des l"opréselltalions eoncernant une pl'(üique (14.). Connaissanees empiriques 011 seientifiques (75), métaphysiqlles (76). Caracteres téléologiques el valeurs mo- rales (77),- eslhéliques (78), symboliques (79). Application a di verses activités (80) . D'iversité des inlérets el groupes d'intéret (81). Rapport fonction-forme et opillion critique tS2). Divcl'sité des profils fonctionnels (83). Extension des représentations, intérels elopinions (84). Indico de durée et évolution récenle (85). Différenls aspects de l'informalion (86) 6. Modas d'existence des normas élémenlaires (87) . . . . . lnl.erdépendance des acLivités el role tolal (88), Dc l'élément a l'ensemble solidail'e (89). . . 3, - SCHÃMAS D'ÃTUDES SYSTÃMAl'IQUES 1. Biographie Généralilés (90). Róle de la formaHon culturelle (91) . DiITérenciation de classe (92), Différenciation individuelle : lol congénital et hisloil'e biographic{ue (93) ⢠. Utilité de la biographie (94). Points d'application préfé- rentielle (95). . . SCI/li.llA DE BIOGIIM'lIlE Rappel des limites (96). Etat civil (97), Caracteres psychosomatiques acces- si bIes (98). Généalogie el situatioll de famiUe (99). Forma- tions el curricnlum professionnel(lOO}. Niveau cuIturel(101). Niveau de vie (102). . . . . ⢠. Conlacts sociaux el groupes de contad (103). Staluls ct roles soeiaux (104.). Tableau viager (105) , Opinions (106). XI 63 63- 65 71 7Z 78 79 79 81 81 83- 8. 84 84 87 87 87
  • XII TABLE DES MATlrmES GROUPES SOCIAUX. Calégodes, cO'eclifs, classes, groupes (107). GrOU!leS choisis comme exemples (108). Articulations principales d'une étude de gl'oupe (109). . ⢠. ⢠. 2. Gronpe domestique ou ménage Caracteres généraux (110) . SCHÃMA n·ÃTUnE. . ⢠. Nom et compositioll (111). Résidence, lieux pel'manents et temporaires d'activilé 89 89 90 90 92 92 (112). Equipemenl(1l3) . . . .. 92 Entretien des pel'sonnes (1l4), de J'habitatlOn et de l'équi- peOlent (115). ActiviLés religieuses (116). Contacts sociaux (117). Repl'oduction cl éducation des enfanls (118). Calendrier annuel et hOI'air.e quo~idien (119) 94 ECOllomi.c el budgel (120) 97 Struclul'es sociales (121) 98 Idéologic domestique (122). 99 HisLoil'e el évolution (123). 100 .3. Groupe d'activité ⢠A. - TECHNOLOGIE El" ÃCONOMIE. EXPLOITA nON AGRlCOLE Introduction (124). Dénominatioll (125) Inventaire techníque (126). Terres (127). Bátiments, sois et acces (128). Equipementmobiliel' (129). Sources d'énergic et cheptel vif (130). Personnel (131). Aire de contact techni- que (132) . . . ⢠. . . . . . Actívités, généralilés (L33). Répel'toil'o des techniques : cultures (134), élevage (l35), utilisation des ::l.nimallX (136). Transformations (L37). Eoll'eticn. de l'équipemcn t (138). Tech- lliques commerciales (139). Locomotion (140). Calendricl' .annuel ct hOl'ail'e joumalier (Hl). Tableau des cil'culatiolls (142). Utilis'atioIl de l'énel'gie (143). Bilan technique annueL (144). Ses variations (145) 100 100 100 100 101 101 109 TABLE DES MATlrmES Economie : l'égime de pl"opriété (46). Molle de faire- valoir (147). Syslemcs d'échanf{cll (14~). l\'IodaliLés d'échan- ge¡; \11i9). Aire d'échange el de renommée (150). FlucLuaLion de]a conjoncLUl'C el des reserves (151). Bilan (152). Abrégé XIII d'un tilan (153) . 120 Niveau de vio (154) . . . Tcchnique, écollomie et mcnLal¡té (155) ENTHEPnISE AnTISANALE . 127 128 129 Génél'alités (1~5) . 129 Dénomination (1515) 129 hlYcntail"e Lechnique : lieux d'activité (L5H). Equipe- ment mobilier (159). SOUl"ces d'éne"gie (160). Matieres pre- mieres(161 J. Pel'sonnel (162;. Aire de conLact technique (163). 129 Acti.vités: Extracti.on, producti.on de matieres premifH'es (164). TrallSfol'maliollS (165). Entretien de l'éqllipement(166). Techniques commcrciales (167). Locomolion, LransporLs, charrois (168). Essais. analyse, éluclc de produits (169). Hygicne et SéCUl'ité (170). Adminislration (171). Calendriel' annuel et hOl'aire journalicl' (172). TabIcan des circulalions et alieclation de I'énergie (173) . 130 Economie (174). Schéma de hilan annuel (175). Aire d'échangc et de renommée (li6) 132 Niyeau de vie (177) . . . B. - STRUCTURE llT II.APPOIl.TS SOCIAUX . .. Rocrnlem.ent (178). Stmctul'cs socio-technil¡UeS (179). Appl'enlissage el promolion technique (180). Rapports sociaux internes (181). Fetes el cérémonics (182). Organisalion pl~ofessíonnelle (183) . . . . . . . . StatuL de I'entl'eprisc daos la corpol'ation (184), de ]a cOl'poration dans la loca~ité et la régiol!. (185). Statut de c1asse el slralification locale (186) C. - MENTALlTà ET IDÃOLOGIE (187). 134 134 136 137
  • XIV TABLE DES' MATIERES D. -- EXTENSION ET ÃVOLUTION. 138 ExLension eL lypologie locale des cxploitations llgl'lcolcs (188), des entrcrl"ises al'lisanales (L8!J).IIistoil'c el évoluLion contemporainc (190) 138 4. Groupe territorial. 142 La cornrnunc rumIe \(191) . 142 SCfiÃMA D'ÃTUDE 143 Milieu physique (102). Milieu am6nagé eL équipemellt immobilier : parcellemenL (193). lléseau de circulations tà staLionnements (194). Domaine bfiti et équipement immo- bilier (195). Régime de la pl'opl'iété fondere (196). Equipe- ment mohilier. Cheptel d COl'CC motl'ice (191). Réseaui des relations extérieul'cs (198). Personnel : démogl'aphie (199). Composition eL sLructure socio-technique (200). . 143 Actiyités de production (201). Niveam:: de vie el condi- tions huma in es (202). FOl'mation et developpement (203). MysLiquc, religion, philosophie (204). Loisil's et eslhétique (205). Calend¡'ier annuel (200). . . 156 Budgel communal comme reflct des aclh'ités locales (207) 158 Structures el rapports sociaux: internes (208;' intel'com- rnunaux, intl'a-régionaux (209). ConfiiLs, chronique judi- ~im~lm· . . . . l. Contriblltion R une élhologie communalc el régiollale ~11). . 1M Evolution recente de la vie communalo (212) 165 4. - CONCLUSION : Choix de l'objet d'élude en fonction des buts et moyens immédiats(213). Insertion néccssairedans un systflIp.e général de recherchcs (214). Ol'ganisation des possibilités acluelles (215). . . . . 1fii .. . TABLE DES I1IATIERES XV B. - ADAPTATION DES TECHNIQUES AUXILIAIRES 1. - CONTACTS t. Relations directes entre enqueteur et informateur 171 Prise de contad (216) . 171 Parler le melllc lallgago (217;. Amor¡;age de la mé· Illoire (218). Inhibition Oll défol'lllation des faits (219j. Spon- lanéité dil'igée. Opportunité (22U). . . . 173 Sitl1ation: informatelll' ¡solé ou g¡'oupe (221) 175 Recollpement des témoignages (222) . . 2. Questionnaires ⢠Emploi du qllestionnail'e dans l'enquete dil'ecte; prin- cipal1x aspeots (223). Etablissem42nt dll questiorulail'e (224) . 176 176 Envoi de l'emel'ciements el additifs (225). . . 176 2. - PRODUCTION OU GOLLECTE DU MATÃRIEL DOCUMENTAIRE t. Notations et Graphiques'. 181 NOTES D'OBSEllVATION ET D'INFORMATlON . 181 DiITerenl!'; cas (226). ReClloils de notos: maLériels (2~7). Tenue do reclIeil (228). Journal de l'oule ou d'üctivité (22B). 181 STATlSTlQUES. 184 Relevés statistiques (230), CaracLél'isliquos utiles d'une serie (231). ' 184
  • XVI TAnLE DES MATIERES DESSIN TECHNIQUE . 18& Modes de représentation : géométral (232), schémas (233). . . . . 18& Niveau d'analyse (234). . Quelques applications (235) Technique graphique : croquis el relevé (236). Mise au net (297) . . . . . .' ....... . . . CARTOGHAPHlE GénéraliLés (238). Catégoáes de carles (239) Niveau d'analyse (240). Utilisa'!ion de la documentation 188 18!) 191 19, 194 (2
  • XVIII TABLE DES MATIERES Prise de contad avec la commune (286) . Plan de travail el hilan Cjllolidieu (287) Bilan de campagne (288) Mise en forme (289) . .6. - PERSONNES ET ORGANISMES : 230 231 232 232 Eehelon universitail'c, départemenlal, communalJ,(290). 235 INDICATIONS BIBLIOanAPUIQUES PLANCHES. ⢠241 253 AVANT-PROPOS
  • , .:¡ ! " l' I l I 1, '1 e e guide pratique a essentiellement pour but de donne,. des recettes de lravail, ce lZ'esl pas un traité de la natlll'C des choses ni meme un manuel génél'al de la discipline oiI s'illscrivcnl les activités considérées icí. Dans la mesure précisément oú les développemcnts lhéoriques y 80nt réduits au minim.um, il n'esl pl'obablemenl pas inutile de souligncl', dan}} llll avant-propos, quclques-unes des pl'éoccupations sous-jacenles, de justifier conlellu el [acunes (celles aa moins qui sont per9ues par l'au- teur) et, ¡Jllisque le tout est fonctian de l'époque, de donner un apc['(;u de son histoil'e. . * ** Pas plus qu'aucunc Quipe, la recherche ethnogl'aphiquc n'cst a ['abrí des sollicitatiolls affeclivcs. Le besoin d'évasion est d: ['origine de quelqucs vocations; éuasion vers d'autres peuples, d' autres nlilicllx ou la campagne, vers le bOll vieux lemps oLà la stabilité illrzsoire d'ren áge d'or contrasle auee la déroutanle turbulence des temps modernes. On IZote é.qalemenl l'attirance esthétique pour l' exotiqlle Oll le rustique, les intentiolls éthiques ou poli tiques de divers lraditionnismes el régionalismes, le ver- lige mélaphysiqae el la hantise de retrouvel' oa de découvril' l'humanité réelle dans son essence, l'attachement filial a la mémoil'e des arrcétres el aux vestiges des gen res de uie qui furent leurs el exprimaienf leul' étre. Enfin, les formes variées de snobisme a l' égard da clll'ieux, du rare : les l'etours d' explo- ration le dispulent aux tests psychanalytiques dans les ueillées model'nes. En l'absence de mobiles plus proches d'une déterniination rationnelle, les résultats de' telles impulsions ne sont pus a reje- ter globalement et sallS examen. Le snobisme devient parfois m·écénat. La réduction de conflits intél'iélll'S oa la cUl'iosité donnent liell, en se disciplinan!, a des tl'avaux s'élevant au-des- sus de l'impl'ovisation. La conjonciion de ces iendances aide a la création d'un COUl'ant d'opinion favorable a des adivités plus ordonnées. Nlais tant que ces impulsions n'ont pas élé canalisées el orcJzestrées dans un programm.e d'actlon cohérellte, la prédo- 2
  • XXII AVANT-PROPOS minance de l'alfeclif fausse l'observalion par l'cmploi de cri- leres mal définis (quand l'indéfinissable, l'inellable ne sonl pas relellUS comme seuls altracti{s); elle suscite le rejel arbitraire de ce qui est jugé répugnant ou sacré et les inlerprétations el explications inconsidérées; les caprices de la nlOde cmpeclwnt d'aulre parlle's essais d'intégration de tentatives hétéroclites et sallS lendemain. Le recours exagéré sinon exclusi{ d: l'infuition est égalemenl redoulable. La participation a une cérémonie, le fait de se trou- ver dans /'atmosphere d'une partie de pelote basque ou d'un pardon suggerent au spectateur qu'il esl en cOlncidence avee les pI'atiquants. VivJ"e leuI' vie, « se mettre dans lenr peau » donne l' espoir que cette mise en situation l"estituera automatiquemenl l'organisation psyclziquc du groupe et cerlains m'tistes ou- ins- pirés sembleut y atleindre d' emblée. De {ait, l'intuitíon peat etre considérée comme Hne aclívilé incessante de tOlll sujel s' efforc;anl de cOlnprendre le m.onde el de discemer, a partir du perceptible actuel, les significalions et relations latentes. La fonclion de communication y fai! appel lorsqu'il faut !ire « entre les lignes ». Le rOle de /'inluilion a élé mis en évidenee jusque dans le donlaíne des lnatlzémaliques. Il n'y a pas de raisons, dans les essais de reslilulions de systelnes culturels, de se prive/' radical eme ni des bénéfices de l'immer- sion dans le milieu et des stimulations du mimétisme, de l' « Ein- {ülzlung» ou de l'empathie. Encore faut-il en contriJlel' les pro- duíts, n' en pas considérer les données imnlé.diales COlnme des connaissances irrévocablement adéquates mais comme des lzypotheses a vérifier. Il est '¡'ailleurs douteux que, par le fai! meme des díffél'ences de cultures, l'obsel'valeur puisse atteindre une cOlncidenee absolue. La démarche intuilfonnisle présente les memes ineonvénienls que .l'introspection en général. Sans vérifieation (en l'occurrence, chaque {ois que {aire se pel].t, cri- tique par les patien!s du résultat des investigations), que de malentendus chroniques dans la vie eouranle, que d' erreul'S anthropomorphiques, ethnocentriques ou plus simplement égo- cenlriques dans l'eaplzorie des C01TIlnUnions apparentes. La spécialisalion étI'oile, {el'mée a loute suggestion exté- rieure, est une source d'errellrs non moíns souvent dénon¡;ée. Telle branche de la technologie, des al'ts régionaux: le coslume, l'architeclure sonl étudiés pour eax-memes sallS considération de /'ensemble dont ils font partie; le rural ['est indépendamment de ses relations avee le monde urbain contemporain el inuerse- AVANT-l'HOPOS XXIII mento Ceci n' esl pas tres grave lant que l' oa s' en lienl aux des- criplions lno/"pllOlogiques. Une recherche, meme animée des lueilleures intentions el souciellse de ne pas mécollnailre les c~nnexions auee les plans uoisins, pourra etre empechée- par des' clJ'conslances extl'a-scienlitiqlles de renlplir son progl'amme. Des· répertoires ont été ainsi dres.(jés qui sont les seu/s docllments dis- ponibles SUl" les époques passées el sont a porte/" ti ['aetif de ces recherclzes cOllfinées, si lronqllée que soit l'image qu'ils pro- posent. Ce cloisollnelnenl esl beaucoup plus nuisible ({llX lentaUves· d'explication se canlonnant exclnsivemenl dans le domaine clwisi. Cerles, dans chaque ordl'e de plzénolllenes pelluenl se définír des ol'ganisatiolls, des slnLCtUl'eS acluelle,,, el des pro- cessus de IransfoJ'lnation spécifiques. La linguistique a, des pre- mieres, renda faJniliere la nolion de solidarité interne a propos des systemes phonétiques Oll séll1antiques. 1I1ais elle a en mem.e lemps lnonlré que leul' évolution ne peul e[re expliqué e sans référence . aux ([utres plans de la culture et á la conjoncture sociale. AlllunOlnie l'elative n'esl pas indépendance absolue. La lendanee aa lnonopole de l'explicatioiz est vivace ainsi que l'espoir de trouver Hne caractél'istique nniverselle. Des· déleJ'minislnes exelusifs prétendent á l'hégémonie et personne n'esl absolument iInmunisé conlre leul" séduction: géograplzisme, biologisme, diffusionnisme, fonctionnalisnze ... , y compris ethno- graplzisme, ainsi que les altitudes trop strictemenl antithétiques qui deviennent aussi fauUves et ctécevantes lorsque, de positio118 polémiques telnporail'es d l'égard d'mz exces, elles lendenf d se stabiliser en une négation catégorique des réalités donl seules le.(j interprélalions défectueuses éfaient en cause. En rappelant les généralisatiolls hátives au-delá. des don- nées acquises, les présollzptiollS d'exclusivilé Ol! d'universalité, l'hypostase des concepts et leur .mbstalltificatioll métaphysique, llOllS aurons fail le lour des principaux dangers que font eourlr it: nos invesligations les spécialisalions aveugles, les lacunes de la documentation el le besoin de uérilés absollles, immédiate- ment aeeessibles. La réalité prend rapidenient sa revanche et, á: son eontacl, cxplicalions sclzématiqaes, délernlinismes unilatérallx et exclu- si/s, extrapolalions hasardeuses, cloisOllS étanclzes s'écrolllent lour ti ,tour. De meme qu' Oll a VH apparaltre une physico-chimie, une bioehimie, une biogéographie ... , géographie hll1naine, psy-
  • XXIV AVANT-PROl'OS clzosOlnalique, psyclzologie sociale, psyc/wlogie génélique - pour ne citer que celles-ld - s'installent sur les frontieres qui séparaient naguere humanité el milieu, COl'pS et esprit, indiuidu et société, biologique et culturel. L'étude des cultures progresse dans la mesure oil l'on connalt mieux le biologique et les pl'O- cessus de modelage formateur de ceUe « cire malléable ». Elle ne se cons;oit plus, par exemple. dans l'ignorance des tl'auaux de psychologie génétique de H. Wallon et J. Piaget, alors que ceux-ci insistent sur la nécessité pour la psycllOlogie de tenir eompte des earactéristiques du milieu. Nouuelle uenue, la eyber- nétique jeUe, a partir de modeles méeaniques infiniment plus complexes que les aulomates contemporains de l'association- nisme el du sensualisme du Xl'Ille siecle. des lwniél'es nOlluclles sur les rapporls entre fonctionnement du systCme nerveux cell- fral, physiologie interne el communicalion sociale. Il est clll'ieux de constate!' la pel'sévél'atiolZ d'opposifions tlzéoriques eÃ1.tl'e l'histoire el une anthropologie qui serait censé e ignorer les plzé- nomenes d'évolution. La science de ['espece humaine est insépa- rabIe de l'histoire de ceUe espece sinon par déerets méthodolo- giques prouisoil'es définissanl des spécialisations orgaiziques. Comme elle sut s'anncr des notions de biocoenose. d'association biologique, de géotype, etc ... rnanifestant sa recolllZaisiance des phéllomenes d'interaction entre especes el milicux, la biologie a fait de bonne heure une place de clzoix aux transformations de ces especes, ce qui fut pour elle l'occasion d'un complet I'CnOll- ueau. A plus forle raisoll, l'allthmpologie cultureUe doil-elle tenir compte de la dimension diachl'oniqu-e des plzénomenes qu' elle étudie, des conjonctures dans lesquelles ils apparaissent, mutent ou disparaissenl. Ce retollr a une conceptioll plus riche de la complexité des choses humaines ei ce foisonnement de disciplines de liaison, d'hypotheses et de découuertes ne vont pas sans jeter, a leur lour, que/que trouble. Pasiwns sur la tendanee, sigllalée plus haut, a la schématisation des concepls el des théories,' tétichislne verbal et simplificatiolls hasal'deuses ont dé jd honoré abon- damment les tlzéories l'écentes des « cerveaux » électroniques et des communications, malgré la circonspection gardée par les promoteurs. Plus prudent maís grisé par ce lnouvement de convergence et ceite multiplicilé d'aclívités diverses, le cherclleur pourra se croire obligé de tout connaitl'e, depuis les dernieres découuertes de l'électronique jusqu'a celles de la psy- ehosomatique ou de la phonologie. Si la constatation de l'inler- dépendanee glisse a l'aflirmation que tout est dans tout, une AVANT-PROPOS xxv l1wnadologie contuse esl en passe de s'inslaller, allssi stérili- sanie que pouvait l' étl'e le compal'timentage. Elle risque de pro- voquer une stupeul' inllibitrice en contestant le draft de pro- eédcl' par plans el étapes successives dalls l' élude de cette tota- lité donl íl est posé qll' elle doil élre saísíe toute cntiére, el celui de se réfél'er aux discontinuités el discrúninations les plus évi- dentes par cl'ainte de laissel' échappel' les relations entre plans el phénomenes distincts. Il est sans doule plus que jarnais nécessail'e de l'ésister a ces vel'tiges exaltants ou inhibiteurs et de s'assigner des taches pré- cises en liaison auee les autres disciplines scientifiques, l'hisioire el la situation actueIle de chacune pOllvant fournir d'utiles ensei- gnelnents el des points d'appui d toutes les autres. La nécessité de rclduire « l'équalion personnelle », de béné- fieiel' des indispensables suggestiolls de l'intuition tout en les controlant sans complaisance, de conjugller induciion et déduc- tion, analyse el sytzihese, l'importance de la slalistique soil lnélhodique - qu'i[ s'agisse d'électl'ons el de system.es station- nüíres ou d'indivújus et de cOlljonctUl'e sociale - soit implicile dans la vie quotidienne, l' évolution dialectique de la connais- sanee en extension el en comprébension, de la discl'iInination el de l'assimilalion, des classifieations el des typologies en fonction des découvertes, la révision nécessaire des concepts a la lurniel'e de l' expél'ience ... , ces pl'obIemes ne sont pas nouveaux. Les sciences les plus aguen'ies ont eu ti les résoudl'e et tl'availlent sans cesse au pel'fectionIlement des réponses a y donnel'. Elles ont eu également a se défaire de la prétention a la uérilé absolue et déflnitiue, alors meme qu' elles obtenaient, dans le plan pra- tique, les résultats les moins contestables. De meme, les sciences de l'homme peuvent d leur tour se déclzargel' de la mission accablante de dire ce que sont I'lz0mn-w 011 la société en soi, et se consacrel' d leúr étude pl'ogressive. Au moins quant aux pro- blemes fondamentaux, l'unilé de la science s'aflirme, de la phy- sique il la psychologie, des scienees de la nature a eelles de l' lWl1une. D'une discipline a l'aulre se transposent les altitudes fonda- mentales vis-a-vis de l'objet, les notions de base, les essais d'or- ganisation. Le behaviorisme '--- indépendammenl des postulats ontologiques qu' on lui préte - donne l' exemple du refus de cédel' sans controle aux suggestions de l'introspection et aux prestiges des fulgurations inluitiues. Les notions d'ensemble soli- daire el de contexte sont, depuis longtemps, familieres a la psy-
  • XXVI A VANT-PROPOS e/LOlogie de la [arme el d la lingLlistique; celle de l'interdépen_ dance organisme-milieu, a la biologie el a la psyclwlogie géné- tique. La linguistique a conlribué a expliciter les rapporls entre perspectives synchronique el diachronique el la notion de slruc- ture, dont el. Levi-Strauss s' est {ait le hardi pmmoleur dans le domaine des systemes sociaux. Ces lranspositions ne doivenl éui- delnl11ent pas s'effeetaer sans une sévere -critique des conditions de validation particulieres au donwine ou l' on se pro pose de les opérer. Si l'on admet, par exemple, que la définition des géotypes peul proposer des modeles utilisables pou/' celle des groupes eulturels relativement homoge,zes (que l'on peut par analogie appeler ethnotypes), la disponibilité el la sociabilité spécifiques de l'lwmanité en empechent une applicalion rigide et obligent- sans lnéconnailre la permanenee de eerlaines suggestions ou con- trainles du milieu - ti desserrer les relations entre /wmme el milieu (déterminisme géographique) au profit du milieu social et de la riguear de la transmission clllllll'elle de génération d: génération. On se méfiera égalelnent de certaine chimie oa éner- uétique sociales sans pour cela re{usel' a jamais le bénéfice d'analogies valables. Il n'est pas absolumellt nécessairc de redé- cOlwrir, a frais nouveallX, ,des probtemes dé jii connas, alors que des solaUons y out été données, qui ne demandent parfois qu'un minimum d'adaplation critique el de vigilanee poar devenir d'uliles instruments de travail dans un nouveau domaine. De lnel11e que la sépal'atiolZ entre scÃences de la nature et sciences de l'homlne se fai! plus perméable aux échanges, on voi! s' eslomper la trop fameuse dieholomie « littéraires- matheux » en verlu de quoi des étudiants formés d'abord dans l'indifférence sinon le mépris vis-J.-vis des activités scientifiques, se trollvaient qllelques années plus tard dans une situation fausse a l' égard de disciplines s' érigeant en science au moins sur quelqu'un de leurs aspects. Formation épistémologique de base, information et contacts permanents ne peuvent que faciliter la spécialisation indispen- sable dans lllZ concours de disciplines d'antant plus conscientes de leur solidarité organique qu'elles ont défini avec plus de pré- clsion leurs taches spécifiques el sont allégées de la préoccupa- /ion ou de la prétention de tout connaítre ou de tout expliquer, Gomme de la crainle d'errer en solitaires. ⢠⢠⢠C' est dans ces préoccupations d' ordre général qu' a été rédigé ce guide. Le but en esl de définir : l' un champ d'aetivité, AVANT-PROPOS XXVII eelui -des a$pecls el comportelnenls lmmains doués de signi(ica- tiOllS pour une population donnée; 2 0 des démarcJzes et des iec/z- niques aa plan de l'observalion el de l'l~nformalion co~ra1Ztes, appuyées pl'incipalement par les ~nl'eglstremenls opllqu,es el sonores; 3 0 de$ urticlllatiolls souhaztables avec d'autres demal'- ches coniemporaines. Une premiére partie esl" cOllsacl'ée aux méthodes d'ap- proche. Le systeme du questionnaire a été évité. Si no~breu.s~s que soienl en effet les questions proposées, les part~culaI"ltes locales mettent généralement en échec ce genl'e d~ denombre- ment. Pour la France, de gros vol ames n'y suffirment l!a~. Il a été jugé préférable d'indiqller des cadres, d~s .perspectw.cs, des « filieres » permettant de constituer des senes /lOmog~nes el d' établir des invcnlaires : série des activités de producfLOn, d.e formation, de loisir, ensemble des activités annuelles, ~iographze el série des áges et de lellrs staluts, etc ... ~ur ce~ selzclnas l!eu~ vent d'aillears etre organisés les qaeslLOnnazres adaptes a e/wque sujet concret, ainsi que les ques~ionna.ires d' en~uele par cOl"l"espondancc avec l'aide des queslwnnazres el denombre- ments antériellrement ulilisés el publiés. Les pl"oportions des dilférents cJzapitres peuvent étonner, en particulier la brievelé relative du $clzéma conce.rna~l la COlnmune rarale prise cornnlC exemple de groupe terrzlorzal. A cela trois raisons : 1') l'objet principal, ce sont les eomporte- mer:ts cullurels el [eur groupement en syste~~s l?caux, el :zon ['étude totale de la vie de la commune; 2') II s aglt de pratlqlle et pour donner des reeetle: de tr~vail i! .cs~ préférable de ~e~ avoir expérimentées soi-meme, or 1usqu lCI, zl ne n?us .a pa~ ete possible de mener llne enquéle c?mmunale au mOZflS Jusqu aux limites que nous lui assignons; ti nous a donc fallu nous con- tenter d'indiquer les perspectives principales d'un programme qui n'a été exécuté que partiellement. D'ailleurs, pluszeurs ~ono­ graphies publiées récemment sont plus utfles que le f!md.~ le pllls attentif, au moins pollr les aspects qm y sont partlc~lz~re~ ment développés et la synthese de leurs contenus fourmra~t ~ elle seule la substanee d'lln volume plus vas te que ce/m-cI, 3') l'étude des gl"OllpeS domestiqlles et d'activités fait apparaltre la plupart des phénomenes observ~bles da~~ le cadre d~ la com- Dlune ei du systeme de ses relatLOns exterzeures. Il n est done pas indispensable de reprendre par le menu la substance des exposés précédents. Le vocabulaire ne participe pas des nombreux enrichisse~
  • XXVUI AVANT-PllOPOS lnents constatés au cours de ces deJ'JzÃeres allnées. La littératllre llnglo-sa;r;olllle a fait, entre autres, r acqllisition de deux vocables comlnodes formes sur le lnot culture: clllturation et accultura- [ion. POUI' le premier, les mots formation et éducation peu- vent encore servir d' équivalents sans que la clal'té en souflre gravement. Le second désigne l{l notion conzplexe de contad de cultures et peut etre employé dans le donzaille lnétl'opolitain lo1's de.s rencontres régionales avee la culture centrale ou des élénzcnts de cultures étrangeres, lorsqu'il y a emprunt auec assi- milation oa accomnwdation plus ou nwins profondes. La nolion de personnalilé de base da pas été introdllite CaJ' elle da qu'une carrih'e assez courte et son emploi demeure encare incel'laiJl en adnzeltanl qu'il ne suscite pas les mbnes embarras qlle lelles acceptions de la conscience colleclive. Pas non plus de classifi- cations systématiques. Un manllel de dissection ne comporte pas obligatoirement un tableau classificatoiJ'e des especes animales ou vegétales sur lesquelles peuvent porter les activités qu'il décrit. De meme, il n'était pas de notre pro pos de fournir, par exemple, une classification de toutes les techniques. Il s'agit d'ailleurs de recueillir les laminologies, classifications et typo- logies d'usage local. L' essentiel esl de définir avec le maximlllH de précision ce donl il est question dans chaque cas e{ de lnain- l~nir une liaison slricle entre signifiant et signifié, jusqu' ir révi- sion ultérieure dLÃment soulignée. Les lecleurs ayant des con- llaissances approfondies des dernieres nomenclatures et classi- fications en vigueur s'y référeront sans elfor!. Cel/es-ci se modi- fleront d'ailleurs avec les découverles de catégol'ies nouvelles. Il n'a été fai! que rapidemenl al/usion a des méthodes géné- ralement connues el d' emp/oi coul'ant COlnme cel/es de super- position d'aires, ainsi qu'aux phénomelZes d'évollltion (ditJusi.on, empl'unt, assimilation, {lucluations da volmue el de la compo- si/ion d'une population, des rapports de force entre classes, cor- poralions, grozzpes territoriaux, elc ... ), notre but n'étant pas de décrire une étude et/znographique complete comprenanl jus- qu'aux modalités de rencontre de systemes d'habitudes avec les événements qui en provoquent la transfonHalion, mais seule- nient de définir une démarche particllliel'e pOllvanl contribuer a une telle étude par la délermination des cOllstituants relative- ment stabilisés de la conjolZcture. La deuxieme partie concerne les applications de techniques -auxiliaires dans le domaine el au niveau d'analyse -pl'écédem- menl définis. Une large place a été faite a cel/es qui sont le plus AVANT-PROPOS XXIX. courammenl utilisées el définissent la qualification minimum dH pel'sollnel. En prelniel' liea viennent les tec1miques de prise de contact avec le milieu social et [,informateur. La psychologie el la critique du témoignage onl fuil a el/es seules l'objet d'une ample littérature. 11 n'a été retenu que les points les plus sen- sibles dans le domaúze métropo/itain. 11 est bien éuidenl qu'on ne s'improvise pas enqueteul' mais que d'autre part, le succes tient, pOUl' une large part, aux qualités et ir l'expél'ience person- nelles. Le's contre-il1dicatiolls sont plus nombreuses que les con- seils positifs el ne peuvent elles-memes éfre considérées comme des panacées. Viennent ensuife les techniques de production oa de col- lecte, de conservation el d' exploitation du matériel documen- faire. L'accent a été mis sur les documents graphiques indispen- sables méme a [' étude de compor/ements linguistiques ou litté- rail'es el dont une élaboration valable esl accessible apres une préparation relativelnent coarte et constilae une documenlation d'utilisation inte'l'naliollale el tl'avers l' obstacle des diversités de langues. Certains développements paraitront bien longs, sinon inutiles, aux fnifiés. D'(llltres risquent de rcbuter les débatallls. Nous pensons, en particulier, ir la minutie de' tl'avaux obscurs el trop souvenl négligés telle la tenue du carnet de notes, des jour- naux d'acliuité OH des fichiers analytiques. Les chapitres les con- cernant onl été maintenus dans leurs proportions insolites, de nombreux chercJzeurs regreltanl de n' etl'e que trop tardivement initiés ti ces techniques élémentaires. Certaines, par conlre, paraitronl indument négligées " sla- ¡¡stique, notations phonétique, musicale, chorégraphique. Sur la premiere il n' est pas en effet besoin de s' élendre longuement étant donné que les comptages les plus courants n'alteignenf jama!s les proportions jzzstifiant des lraitements compliqués. Les unes et les autres delnandent une formation spédale, sinon leur emploi maladroit esi des plzzs décevants. De simples dénom- brements, des transcriptions dialectales en orthograplze ordi- narre sont préférables, ir erreur égale, ir de sauants índices OH ti des notations richemenl poul'vues de s~gnes diacritiques qui dis- simulent leul' fausse précision sous tappareil trompeur d'une rigueur purement formel/e (de méme pozzr la terminologie). Autre remarque de méme ordre : la place faite a certaines lechniques auxiliaires ne doit pas laisser entendl'e que leurs produits se suffisent ir eux-memes. Fiches, carles, diagrammes".~ ne sont pas des buts en soi, ni des instruments dont ;¡ faille
  • xxx AVANT-PROPOS altendre a coup súr des révélations automatiques. Se souuenir que les documents concrets, plzotos Oll {Ums, nc sont pas objec- .tifs dans le sens absolu du terme : le ehoix en est influeneé par les préoccupations théol'iques de l'opéralcul' au par su sensibi- lité, le doeument fait participer I'objet it sa propre· esthétique; mais, par contre le choix est nécessail'c, les buls doivenl étre précisés. cal' il ne suffil pas de multiplier sans disccl'nClncnt pIlOtos ou jUms pOUl' ql.l'íl sorte nécessairement quelqu~ chose d'utile de eette débauche de pellicule. En général, éviter les lechnomanies qui mettent en rallie des appareils impression- nants pour ne pas alIel' beaucoup plus loin que les constatations de SCllS commllll. Un cel'iain nOlnbre d'indications sont déjiI, heureuselnent, périmées. Le magnétophone it bande s'est perfectionné; 'd'une technique de luxe réservée ir: la musicologie, il deoient instnz- meni eourant de fixation de conversations, intel'views, tests ... Des machines opel'ent directement la transposition grapIzique des sonso Apres les appareils de pholo de petit format, ce sont les caméras légercs et exlra-plales qui, d leur tour, vont servir de « cm·neis de notes ». Les appareils ir: éclal éleclronique bou- leversent la technique de la photo d'intérieur. Photo et cinéma d l'infra-rouge saisissenl les comportemenls el expressions d I'insu des patients. Le fichier allalytique paraft p[¡¡S désuet devant la mécanographie. En derniel' lieu, on trouvcra l'esquiss~ d'un plan d'organi- .satioll d'une enquéte. Bien qu'i[ ne soft pas possible, en ['aison des conditions tres varié es dans lesquelles se déroulenl ces entl'e- prises, de donner des instmctions rigides, I'aftention doil cepen- dant ¿tre attirée sur certains points essentiels : mise en route immédiate des instmments de tmvaa, utilité de faire alterner les eampagnes sur le ierrain avec des pél'iodcs de .mise en ordre provisoire, etc ... En annexe, que/ques doeuments graphiques, t1'Op pen nom- breux it notre gré, viennent illustrer les appUeations essentielles des teehniques auxiliaires. Les graphiques y ont peu de place, leur emploi de plus en plus fréquent dans la vie quotidienne en ·a rendu familieres les formes les plus eourantes, Une eourte bibliographie rappelle les principaux instmments de travail ainsi que que/ques exemples de réaUsation, dont eertains furent nos liVl'es de ehevet. Les possibilités théoriques d'utilisation de ce guide différent AVANT-PHOPOS XXXI Se/O/I qu'il s'agit d'éléments Da de systemes. En ce qui concerne les études éléme1Zta~J'es7 les expériences ¡aites montl'ent que les schéJnas sonl applicables aussi bien a l'étude d'une charrue qu'a celle d'un stylo ou d'un produit que/conque de /'industrie, it celle. d'une teclllzique céramique comme a celle de la récitatioll d'un conte ou a I'habitude de fumer. 11 semble qu'il en soit de meme des groupe.~ a tonciion dOlninanie : erzireprise UJ'tisanale, con- frérie de charitons, équipe lhédlrale, llsine ou corps adnzinis- [ratit, aceite l'éserve pres, qu'llne partie de la monographie est déja réalúée pour les groupes dont l'organisalion et l'aclivité font I'objet de doeuments écrits : statuts, comptabilité, dossier de personnel, etc ... En ce qui concerne les gl'oupes iel'ritoriaux, on ne saurail trop souligner les difficultés lZouvelles qlli appa- raisseI.Zt des qll'on tranchit le seuil d'intércoIlnaissance pOlll' al'river aux agglomél'ations plus vastes el cOlnposiles. Les éléves .de l'Ecole du Lauvre en fant l'expérience, qlli sont inviiés d prendre le re caZ nécessail'e par rappol'l d leul's propres habi- éades el d leuI' milieu el d observer des phéllomenes familiers, en décrivanl leur immellble, leur qllartieI', ZeuI' cercle de con- naissance et en s'efforr;ani de replacer ces ílots dans l'enuiron- llcmenl urbain. Les conlraintes pl'atiques sont séveres, aux deux points de vue de la définitiollqualitative des normes culturelles et de l' éta- blissemenl de leul' extension. La dé(inition qualitative se heude ·d'abord aux frontieres da secrct, du clandeslin ainsi qu'a l'inha- bituel mais J'épondani ti des situations connues. (L'établissemenl ·des nOJ'nles défensives dans le cas des sinislres naluI'cls, de maZa- dies, resle aléatoire). Elle doU s'en remettre it l'histoire pour découvrir les constantes (si elles exislent) de réaction d des situations nouvelles. La nOllveaulé l1islorique ¡ait fonclion de « réactif » pour relever les virtrzalités latentes. D'ou I'utilité de suiure le groupe éludié dans ses rencontres auec ces silua- tions llouvelles, l'évocation de ces sitúatiolls (non-conformilé, carenee, ele ... , cf. 75) étant un pis-al/el' cw' on ne peul multi- pUer les questions it l'infini. A ces lacunes de la définition qua- Utative s'ajoutent les incertitudes concernallt l'utililé et la possi- bilité de déterminer les extensions réelles. Cedaills eomptages pretent it sourire, tel, par exemple, le dénombrement des postes de radio dans Ull vil/age. 01' il est important de savoir s'iln'y en a qu'un nombre réduit ou s'il y a saluration au niveau familial ·avec tendanee a l' équipement individue/o La distribution en est .sans doute en rapport auee les moyens écoIJomiques. Elle suggere la probabilité d'éeoute eollective (cf. télévision) {aisant repa-
  • XXXII AVANT-PROPOS ruitre la coutume des veillées. La saturatioll amenera au con- iraire Ulle llouvelle dislocation de ces groupes d' écoute. La dimeIlsion sociale de droit el la dúnensioIl sllpposée par chaque membre du groupe ne sonl pas toujours en co'incideIlce avec la dimellsion de fait. La seule fafoll d'aboutír a la définitioll rigou- reuse de ceite derniere (en supposant que l'informateul' n' ait pas de raison de céler la vérité) serait l'enquele universelle rarernenl possible; ;¡ faut donc se contentel' de /'enquete l'eprésentatíve auec ses lacunes. Souvent enfin, faute de temps ou de moyells, ;¡ faudra s'ell tenir a un seul aspect, par exemple, la seule lechnologie d'un centre artisanal. ~fais la connaissance du programme total mel en garde conll'e une sécurité illusoire, SUl'to~t au momenl des explicalions fonctionnelles, el impose une suspensioIZ de juge- nunt. Elle permet de lnieux élaborer la critique du travail accompli el d' établir UIl pl'ogl'anlme de contfnuation, comme elle auait fauorisé, des le dépal't, une meilleul'e mise en place (le l'actiuité réduite ti laquelle 'Gn sauait deuoir se limiter. L'enquete que nOllS avons essayé de déflnir, pl'ésenle des intérets diuers de trois ordres pI"incipaux. 10 InlérCt préal'chéologique, son progl'amme d'urgence pOI'- tant sur les éléInenls el systi:.Ines culturels en voie de disparilion ou de transformation, classés sous la rubrique de culture ou civi- lisalion prémachinisle OH préinduslrielle. La peine consacrée par les spécialistes a la restitution des cultures disparllcs, leul' joie a la découverte d'un uestige nlatél'iel confirmenl, au moins sur ce plall, l'utilité du travail descriptíf; ;¡ n'est pas Ilécessaire d'aUendre qu'une culture lle su/,siste plus qu'a l'état de vestíges rouillés pour en ab'ol'der l'étude. 2" Illtéret antlzropologique, puisqu' elle coniribue au recell- sement des différents systemes de re/atíons Ãlwentés par l'espece humaine et a l' étude de leul' transformatíon actuelle. Elle peut ainsi collaborer a l' édificatioll de celte allthl'O po- logie dOlZt Quatl'efages dOlllla, ;¡ y a cellt ans, les premiel's prill- cipes directeurs, que P. Rivet dota d'un illstrument detravail en créant le Musée de l'Homme el en animant, aux cólés de M. Mauss, l'Institut d'Ethllologie de /'Université de Paris, et ell f(tueur de laquelle, L. Pevre lulte pour /a créatíolZ de centres universftaires de sciellces humaines. 3" lntéret pratíqtw, dans la mesure ou elle s'effectue en Uai- " AVANT-PROPOS XXXIII ·son avee des l'echerches (lictées par les problemes de l'heul'e el [ll'omues par des organismes voués a l'arnénagemellt économique et social du pays. Que la táche ait quelque utilité semb/e démontré par l'effort fait de toutes parts pour conllaltre l'humanité actuelle. C'est une constante nécessité que de pouvoir discriminer el assimiler, l'cconncrítre les e/res et les situalions. Si les lechniques sont dif- férenles, les exigences ·sont les memes que celles qui condi- tionnent la uie de C/WCUll dans un groupe d'inlerconnaissance. Au dela, dans Ulle grande ville, l'individu doit s'habituer a cotoyer plus d'élrflllgers que de connaissances, il « calalogue », situe les inconnus a l'illtersection de quelques catégories expri- mées par des manieres de Se lenir oa d'agil'. Son groupe de con- naissance est souvent l'eslreint el pal'adoxalement, l'indice de consangllinité, qui baisse lorsqu' on passe de régiolls isolées, montagnardes Oll insulail'es, aux uilles de moyenne importance, remonte de celles-ci d Paris. On n'a jamais tanl parlé de « pré- sence », de « message ) que depuis que l'augmentatioll el la dis- tension des masses humaines ont multiplié les inlerdépendances tout en l'endant plus difficile' la c0n.naissance de lears termes. Lorsqae le pttblic l'echerche les images (plzotos de jOUl'llaux, d'ocumentail'es et autres documents cOllcl'els), il ne ¡ait qu'obéir a un besoin pl'pfond d'alIier, aux extensiolls approxi- matfves que lui apportenl les slatfstiques, la vision des phéno- ménes qu'e/les évoquent et de restituer a /'échelle de la natíon el du monde, le systeme adaptatíf dont chacull use dalls sa spilere de contacls immédials. Jamais nOIl plus ;¡ n'y a eu tallt d'enquetes el de sOlldage.< mais la lentative n'esi pas nOllvelle. Les travaux .des Eneyclopé- (lisies, les staUstíques des Préfets, se proposaient déjiL de recen- ser les caraÃéristique~ des conjonclures sociales conlemp.o- raines. ⢠⢠⢠Ce guide est /e résumé d'Ulll'eCueil de notes de leclure et de l'eclzerche et d'Ull cours professé a [,Ecole dll Louvre et, plus suc- cillclemellt, a l'Institut d'Ethllologie. Ulle premiere rédaclion date de 1945; des [ragmellts 0/1 schémas en farent utilisés alors, a la demallde de G.-H. Riviére, COllservatellr du Mllsée natíonal des arts et traditiolls popu/aires (mollographie d'objet, fiche alla- lyUque, illstracUons de dessin, remarques sur l' emploidu cinéma). Certaines conditions économiqzzes' onl conlraint a des
  • XXXIV AVANl'-PROPOS réductions massives qui ont porté principalemenl .'mr la biblio- graphie, les notes annexes et les exemples concl'els, ce qui explique en parlie le cal'actel'e abl'upt Oll elUplique de ceJ'laills raccourcis oa énUlnérations. II doit beaucoup aa contact auec les praticiens qui ont besoin de sauoir pour agir, dWIS un domaine partois limité, maís dont les conceptions {ont généralement /'objet d'une fréquente révi- sion imposée par la pratique. Praticiens de la matiere (ingé- niears, artisans, ele ... ) ou de l'}wmme el dll milieu social (méde- cins, psycJwlechniciens, péclagogues, moniteurs sporlifs, organi- sateurs du travai/, agents de pubticité ... ), tous détiennent une monographie des conlportements qu'ils onl ti: exécuter, a diriger, ii enseigner, el l'obseruation de leur mélhode est pleine d'ensei- gnements. L'entl'aznement sporti!, par exemple, confirme, sou- vent péniblement pour /'apprenti, le rO/e des temps de matura- tion, du ryllzme, de la vis ion de soi par la pholo et le cinéma dans la réuision des données proprioceptives el dans la réduction du décalage entre /'agi et le représenté. Dans /'étude d'une acti- vité, les uues des gens de métiel', de cellX qui ont el réflécJzir sur l'acliuité qu'ils exercent, sont d'abord ti: rechercher. Des enqlletes de psychologie sociale so liS la direction df! notre regretté maUre C. BOllglé, puis la parlicipation aux tra- vaux de la Commission des l'echerches colleciives animée par A. Varagnac sous la direction de L. Fevre, furent nos premieres expériences d'enquete direcie OH par correspondance. A cette époque, dans la mission Dakar-Djibouli dirigée par M. Griaule, dans les enque/es de D. Gusti sur les vil/age" J'Oumains et celles de R. Lynd sur « Middlelown », s'élaboraient ou se perfection- naient des méthodes de travail en équipe tandis que se rédui- sait le hiatus entre peuples ethnographes et peuples ethnogra- phiables. En 1937, G.-H. Riviere nOllS appelait a collaborer a l'organi- sation dll nIusée qu'il fondail, lWUS chargeant de l'ol'ganisation de {,Office de docllmentation folklol"Ãque, pui" du service de recherche et documentation et appllyant enfin l'idée d'un labo- ratoire d'ethnographie fran9"i.,e. Ce/te collaboralion eut tieu également sur le terrain OU, des 1937 également, G.~H. Riviere prit l'initialive d'enquéte" {ólldo- riqlles par équipes de spécialistes principalement en Sologne et dans la région avignonnaise, pHis dans la partíeipalion ti la direction de chantiers d' étude da mobilier traditionnel, de /' ar- AVANT-Pl\OPOS XXXV chileclure el l'et/uwgl'aphie régionales. Tl'avail de musée, cnqwHes et clrantiel's furent l'oecasion de précieux échanges de vues, en particuliel' auec nos camal'ades, G.-S. Pison retoul'né depais ti: l'archilecture lnilitante el deuenu arcJzilecie en cherde la Reconstruction, el L. Dumont qui, apres des lravaux sur le domaine métropolitain (donlla remarquable monographie de la Tarasque), s'est lllainlenant spécialisé dans l'indianisme. Les problemes de recherche se tl'ouverenl liés a ceux de la formation du personnel, accélél'ée Da de plus longae haleine. La fréquence observée des abstacles les plus couramment rell- confrés el des quesfions le plus souvent posées par les chercheurs e,l éleves, franfais ou éfl'angel's, a fourni d'Htiles indications sur l'imporfance d leul' accorder l'cspectivemenf ei sur les possibi- lités d'élaguer ce qui était plus facilement admis ou surmonté. Si dOlle cerlaincs positions théol'iques el préeepies tech- iziques ll'cngayent que nofre respollsabilité, le guide esl dans sa forme acluelle le résultal d'~xpériences poul'suivies tI la lumiére de travaux d' éqllipe el des suggeslions apportées par nos cama- rades de trauail, nos collegues el nos éléves auxquels vont nos remerciemenls. Nous ne nwnqllerons pas de remercier spécialemenl ceux de nos collaborateurs qlli 11011S ont apporté le concoars de leurs spé- cialisalions, M. Richet et S. Tardieu dans /'art régional, C.-M. Du- bois et M. Andral dans la mmicolagie, M.-L. Teneze dans la litté- rature régionale, OH ql.li nous ont aidé dans la confeclion de l' Oll- vrage. A J. Barré, 111. Boulin, D. Laillel' et P. Soulier nous auan" cJllprunté ou delnalldé la réalisation de documents graphiques. H. Trémaud a contribué a /'ét"blissement des planches. M. S"r- rabezolles el 1. Chiva onl apporté leul' COllcours éclairé el inlas- sable tanl dans l' établissement du manuscrit et ses refontes .uzc- cessives que dans la réuision et l'amélioration des éprelwes. Nos renwrciemenls vont également a R. Damont poul' le soin qu'il a pris de relire le chapitre consacré el [' exploitation agricole. Nous exprimerons enfiJl notre gratitude a la Commission d'ethnographie du Centre national de la recherche scientifique, présidée par le De H. Vallois, qui a bien voulu honorer ce travail d'zzne subvention indispensable, .et, particulierement a M. G. Ja- matí, Direcleur au Centre, pour la bienveillanle palience avee laquelle i/ a étudié et soutenu les pmjets successifs qui abou- lissent a ce/te pubtiCCLtion.
  • A.- MÃTHODES DE RECHERCHE 3
  • 1. - Caracteres généraux de la démarche.· 1 Découpage initial : enquetes élémentaire et systématique. L'élude des habitudes clllturelles dan s un domaine défini par un territoire nalional et la poplllation qui y habite ne pellt s'oilérer qu'a partir d'un découpage préalable du champ social e.t dn répel'- toi1'e des normes qui y sont observables. Ce découpage pent s'e!fec- tuer sclon deux principes : 1 Parmi les normes, Oil en choisit une Oll un groupe qu'on étudie en extension dans tontes les unités humaines, simples Qil complexes, oú elles s'actllalisenl : e'esl I'enquéte élémcnLail'e exten- sive OU, encore, horizonlale; 2" Dans l'ensemble de la population, on considere un ensemhle particulícr d'individus Oll de gl'Ollpes. présenlanl un Dil plusieurs caracteres cornmuns (aclivilé prindpale, résidence dans une merne région, apparlenance a un meme groupe culturel â¢... ) et l'on s'e1Torce de dégager, dans sa composilion élémentail'c et sa struclllre. le syslcme de normes qlli en caraclérise le mode de vie acluel : e'est l'enquHe systémalique ou globale ou encore verlicalc. dont l'aspccl le plus connu esl l'enquete régionalc ou local e (provillce, «pays », commllne). Ces deux démal'ches sont solidaires. L'enquHe élémcnlaire sud une norme dans ses ll10dalités variables avec les syslemes locallx oú eIJe s'insere; ceBe du mode· el!! vie d'un groupe, aussi restl'cint soit-il, procede par étapes élémentaires; ... elles lendent loutes deux á l'identification des élémenls et structures relativemenl slables d'une conjoncLure. Elles constituent une coupe sync1uonique. d'ailleurs non inslantanée mais s'étentlant snr la durée d'un an. le calendl'ier étant avec la longévité moyenne. l'unité fondamentale de dUl'ée dans l'éludc des cultures. Cette coupe synchronique se raccordc nécessairement a la pel's- pective diachroniql1e 9iL normes et systemes trouvent leurs dimen- sions historiques. Cedains sonl répulés tres ancicns, on n'en connait pas l'époque d'apparition. D'antres viennent de naltre d'une muta- lion partielIe ou globale. A tl'avers ces transrormations, des slruc- tures plus généralcs semblent pel'sévérer. sont présumées inaltérée~ el exaltées cornme des constantes de « mentalité ». de « caractere n, de « génie » dn groupe (268). A moins de s'en tenir a une descriptiolI plIremenl formelle. une mOlIogl'aphie de lIorme 011 de systeme sera d'autant plus valable qu'elle aura mieux saisi leur mode d'insel'tion dans les étrcs, rayonné plus avant dans le réscau des -interadions sociales et remonté plus profondément le COllrs de I'histoire.
  • 4 GUlDE n'ETUDE DIltECTE Ceci suppose un remarquablc conCQurs de compélences el une sornme considerable d'un Lravail pouvant demander plusieurs années. Or les phénomimes n~attendent pas ponr évoluer que soienl réuníes . touLes les conditions necessaires a leuI' élude complete. Cel'Lains se délériorent-tres rapidemcnt :_ ils conslituent notl'C pro- grarnme d''urgence. Ceux qui demcul'cnt OH son! d'émergence récenle se transforment. 11 fant agir vite. Mais si, par méihode, iI esL nécessaire de délimiter un champ d'action immédiale, iI est pl'éférable que eette délimiialion soit opérée de propos délibéré - non évasivement - el en vertu d'une division du lravail consciente qui souligne les Iacunes perltucs, aménage les cantacts avec les disciplines concourantes et les inser- tions les plus probahlement efficaces aux. recherches futures. l/examen de ces limites permettra de définir plus exaclemellt le genre d'enquéle envisagé dans ce gnide. ses plans d'application. ses techniques essentielles -et les qualifications minima de son pcrson- nel, tandis-que son illslallation dans une conjoncture de recherche plus générale sera esquissée en conclusion (213-215). 2 Limitation dans la perspective psychosomatique. Nous envisagerons c-ette perspective en foncHon de deux démarches qui, aussi souvent que possible, se conjuguent étroite- lnent au cours de l'enquctc : l'observation et I'informalion (49, 50- 12). L'obsel'vation COlltante peut atteindre : 10 Des aspects morphologiqucs (taille, corplllence, pigmenta- tion ... ) sur lesquels le sujet ne pent agir sinon, pour certains, par technique interposée et de résuItat diIIéré (régime alimenlaire, thé- rapeutique, culture physique. maquillage ... ); 2° Des -comportements el manifestations incontl"ólés ou répntés tels : comportements pathologiques, réflexes naturels ou condition- nes, comportcmenls emot!fs:< secrétio~~, réacti~ns vascu.laires; ep rnarge, comportements generalement tlutomahques malS contro- lables, posture, allure, rythme respiratolre; 3° Des comportements contrólés parmi lesquels il sllffira, pour notre propos, de -distingller deux catégories principales: a) compor- lements nOI'malisés dont les termes sont connus et les processlls réglés avec une rigueur v~riablc, l'ép~nd?-nL soj t ~ des ~éteFm¡J¡üsmes (compodements el"gologlqu~S. SOUl,!US a des 10ls sCle~hfiqllen"!ent vérifiées, a des recettes emplnques Oil seulement gal'anhes par 1.all- torité de la tradition, y compns ceux qui ont ponr but de suscIter un état incolltrólé : i-vresse, extase, hypnose ... ), soH a un cocle (sym- boliqlle de c01:nmtln~cation, d'informati~)ll), un protocole, un Tit-.;-el OH des regles a apphquer dans une con]oncture fluctuante par defi- nition (jeux); b) comportements orientés do!!t les processus ,sont moins rigoureusemcnt .prévisibles! l~~ terI~es l~ccrtalll,s et le. resyl- tat -aléatoire : exploratlOll et essal d ldellhficahon et d orgamsatlOn d'llne conjoncture fluctuante interne (méthode de méditation, d'exa- men de conscience) ou exlerlle (examen de la situation économique, rliscussions de café. délibération d'organes spécialisés tels que les conseils municipallx ... ); vérificatilOn ou création de l'objet de l'acti- vité ,(d'une hypothese scientifique, d'un systeme philosophiqlle, d'une reuvre d'art, d'un idéal moral). DES COMPORTm-IENTS CULTURELS 5 pour aller plus 10in, l'obsCI"valioll expérimentale fait appel ú diverses méthodes et techniques : mensurations soma tiques, mesure du métalJolisme. détermination des grollpes sanguins, tests psycho- techniques eL psychanalyLiques, techniques d'étude des mouvements el du travail, etc ... Par l'application simultanée de ces deux modes d'observation, 'On pent espérer établir des corrélations tres utiles :entre caractéris- tiques psychosoluatiques et pratiques culturelles : répertoire d'acti- "ités, régime alimentaire.et aspect morphologique; métier et défor- m~tions professionnelles; évolution culturelle et élévation de la taille ou brachycéphalisation progressive, etc ... Tont en demeurant dans le domaine choisi, nous ne nous refuserons pas de consigner des indications approximatives - éventuellement appuyées de documents photographiques - sur la taille, la couleur des yeux et des cheveux, ainsi que sur les symptómes manifestes (embonpoint, misere physiologiqlle. déformation ou disproportion ... ) mais en nous gardant bien d'émettre un diagnostic on de donner a t-ort un nom savant a des phénomenes que nous savons a peine décrire valable- ment. Sauf cas de compétence parallele, la tache que nous tentons ele décrire esL en elIe-meme suffisamment vas le, sans que nomo ayons a déborder dans ·des domaines dont, d'ailIeurs, nous ne devons pour autant rnéconnaitre l'importance. Les points 011 la collabora- hon des deux modes d'observation est particulierement souhaitable., seront indiqués au passage ainsi que les documents et concours possibles (médecins, psychotechniciens. conseilJers d'orientation ... ) Le plan ou nous nous installons en premier Heu, sinon exclusi- vement, est celui des comportements contróJés normalisés. Ils occu- pent en effel la majenre I;artie de l'existence quotidienne. Suscep- tibles d'adáptation intensl"ve (une pression sur la varlope répond aux fluctuations de résistance du bois) ou combinatoire (le détcl'- minisme des tenailles s-e substituant a celui du rabot a l'apparition el'un clou) (45), ils permettent de faire face a une série annuelle ou biographique de situations. lIs ont a la fois ponr condition et pour résultal -global le ·niveau culturel et le potentiel aUeint par le groupe. lIs manifestent les représentaHons et intérets qu'ils sup- posent an minimum el que la pratique contribue a affirmer ou a redifier. Dans leur exercice se trouvent étroitement liés les trois plans de la psychologie classique: action, représentation, affec- tion (87). e'est a leur niveall que s'établit la.commllnication sociale, que se forment les cbrnmunautés fu~aces ou durables et que s'orga- nise la vie sociale concrete. La definition de ces comportements n'est sans donte pas suffisante ponr renrlre compte de l'infinic diver- sité des mondes individuels ni méme de tont ce ql1'ils ont de com- mun, mais leur connaissance fonrnit la base indispensable - l'elati- \Tement nombrable·- des investigalions ultérieures dans la profon- denr des ctres et dans l'épanouissement des interactions sociales. Les constantes que nous pourrons observer dans le plan des comport-ements orienté s y sont liées dans une large mesure. Explo- raleurs, ces derniers tendent a réduire la conjondure a des pro- cessus connns et a trouver une réponse combinant des réactions normalisées. Créateurs, ils s'appuient sur des normes qu'ils trans- forment; les manieres caractéristiques d'aborder un sujet portent le plus SOlivent la .marque des activités dominantes. Spontanément,
  • 6 GUIDE D.'ETUDE DIRECTE on transferc pai' l'écul'l'ence les schemes vérifiés - Oil encore non in Ilrmés - dans :les pl'atiques nOl'malisées, dont la fl'équence carac- lérise un statut. D'oÃ! les explications ou « ralionalisations » vita- IlsLes ch.ez l'agl'iculteur, mecanicistes chcz le garagiste (76, 155, 187 ... ). PUl' éducation, el pendanl des générations~ les aclivités libres. sonl dirigees éledivement - an forum Oll dans le privé - sur' la polilique, l'eslhétigue, le jeu Oil ]a rnédilation. Les compol'le- ments inconll'olés sont egalement" marqués par les techniques de rOl'lllation : l'objet de lá crainle, I'inconnu, le terrible varient avec les groupes. Cependant, cerlaines influences du milieu el, meme, des pra- tiques conscientes de formalion échappenl aux éducateurs (50, 91). Ces effels risquent d'clre -d'untant plus persislants que l'on n'a pas conscience de Ielll's causes, Ce qui n'csl pas rapporté a la transmis- sion cultureIle l'esl a la pél'ennité d'une nature, d'une Tace pal'ti- culiere (91). 01' cet irralionnel n'est pas absolumenl irréductible si, en regard des caracteres cornmuns des comporlemenls. on complete le tableau des caracteres cornmuns de l'apprentissage el du milieu de for1natiol1, el si ron -élablit enlre ces tablcanx ües cOlTélaLiol1s vériHables sur le plus grand nombre de caso La tache a laqueUe nous nons attacherons done en premier fieu, consistel'a a établir aussi completement que possible ce double tablean des enlrées el des sorties. La délerminaUon des caractcris- t.iques inconscientes ou « rationalisées » qui pouna en résulter esl sans dOllle l'activiLé la plus atLrayante et la plus réconde en décoll- verles; mais. pOllr ne p~s mul~ip1ier les « rat.i.on~lisations ~, n.ous éviterons d'mvoquer ['lllconsclenl comme pnnclpe d'exphcahon, nous le considererons comme une zonc de }'inconnu a la réduction duquel nous pouvons conlribuer avec les llloyens d'investigation que nons aurons choisis. Par conlre la notIon de conditionnement est souvent utile, ce mot désignant les organisations inlernes acquises que supposent les comportements culturels. Organisations qUl ne sont considérées ni cornme innées, ni eomme immuables, ni comme indépendanles les unes des autres, mais fonctions de l'évolution biologiqlle (malura- lion, maturilé, sénescence) et des slabilités ou flnctuations du milieu, entr·etenues par 'I'exercice ou s'effa~ant par désuétude, révi- sibles a la lumiere de I'expérience, ces révisions entrainanl généra- lement des modifications plus ou moins profondes des structures de l'ensemble solidaire. L'invention, en tant que phénomtme créateur, inconsCient et imprévisible, nons échappe. On n'a pas encare décou- ved la mach;=ne a inventer. Par contre, l'analogie des conditionne- ments et des situalions explique l'accueil fait a I'invention - refus, adoption, assimilalion plus ou moins déformante - el sa connais- sanee préalable permet dans une cerlaine mesure de prévoir cet accueil. C'est du moins le principe. explkite ou non, qui régit l'ac- tion des propagaleurs de novations -techniqucs, politiques ou autres, sondant ou pr6paranlle terrain. CeHe analogie est également ~ l'ori- gine du phénomene de polygenese pouvant prendre les dimensions d'une prise de conscience massive, L'emprunt, en tant ~ue décou- verte de la valenr, 'est-ell ce sens une forme aUénuée ·de 1 invention. Ayarit défini notre domaine dans l'ensemble des phénom,enes cxtél'ieurement observables ·et par rappol't aux phénorncne-s inlcrnes DES COl\-lPORTEl\-IENTS CULTURELS 7 'que .ces derniers manifestent, il nous Tesle a nous limiter en ce qui -concerne l'informalion. En fait celle-ci intervient des l'abord, dans le tri des phéno- menes locaux et l'établisscmenl d'un pTemier invenlaire des activités et de leurs ·significations altribuées. " Bi-en ql!.e n'utilisa~t pas les techniques de l'observation expé- n~enlale, 1 mte~rogatotre peul se perdre dans la richesse des con- nalssances, utoples et histoiTes inditviduelles. On -peut etre tenté de flxer les caradéri8ti"qu~s de cel'tains processus mentaux : rapidité el,. ~lature des aSSOCIatlOns, pénétration ... De tels diagnostics sont dehcat~. lIs suppose.nl che7; ~'enquet.eur une grande compétence, appuyee par. une soltde e.xpenence, el surtoul un systeme de réfé- l'e:!-1ce .oh.lechf, et l'on s,;u~ .combien la, psych~logie arrivée a l'uge sClenhflque se monlre leglllmement deñante a l'édard des estima- tions basé es sur les intllitions personnelles. b Pour ne pas s'égarer dans une encyclopédioc sans usage local on .dans le roman (72), nolre enquet.e se borne a l'inventaire des notlOns el symboles correspondallt aux activités réeIIes dans le cycle ~nnuel, le~ ~véI1:emenls de p}us longue période et les étapes de la VIe. Cette hmllallOn aux representations en rapporl avec la vie quotidienne indique en rneme temps ceHe de la recherche dans le mil-ieu APhysiqu~ : non le milieu géographiquc, la faune, la flore en eux-mc.~es malS seulem~nl ce que le groupe en connaU et a l'égard de q~Ol Il prend une alhtude défensive Oil appropriative (192). En ce qm concerne I'hornme, si nous nous refusons les incursions dans le soma tique, le nosolo.gique el les aptitudes mentales, nons notons par contre les concephons locales concernant ces sujets les tl'aits de caractere ou d'esprilt que le groupe cultive, ceux que'lui reCOD- naissent les voisins ou qu'ils moquent..., concurrernment a l'étude des pratiques alimenlaires, médicales ou autres auxquelles sont liées ces représentalions. En !'ésumé: 10 ,l'observation .eour~nle a laquclle nous nous tenons s exerce an lllveau des phenomenes, aspects el comporte- ment~ auxguels les ~embres du gl'oupe donnent une signiflcation; elle s appme toutefOls pOlU' l'analyse fine de ces comporlements sur les te~hniques d'eni'egistrement optique el sonore; 2~ l'inforrnation s'en henl a I'invenlaire des significations· et des symboles correspon- dan!s. 3 Limitatiol1 dans les perspectives socialc et historique. . Hormis les ~as ~'extreme urgence, l'enquete n'est jamais entre- prIse sans un depomllement de la documentation accessible sur le sujet choisi. G~ace a quo.i sont localisés et ~atés ,en prem~ere apvroxi'mation les phenomenes a observer : extensIOn d une prabque, aIre ,de recru- tement d'une assemblée cérémonielle, aire technique et économique d'un c~ntre artisanal, ~i~cons~r~ption d:u:ne région relativement homogene par superposItlOn d alfes anleneurement définies (lin- guistiques, économiques, architecturales, etc ... (193). Sur le terrain, - il cst recornmandé de consulter les archives cornmunales a partir de la Révolution. AillSi se trouve défini un eadré spatio-temporel limit-é au territoitre de la" cornmune el. a son systeme -de relations irnmédiates, et a une p"ériode de cent cinquante
  • 8 GUIDE n'ETUDE DIRECTE aDS an c.ours de IaqueI1e se dessinent des courhes d'évofution démo- graphiques, économiques, etc... Ce découpage dans la perspective historique présente }'avantage de cOIncider avec un changement pro- fond .des struclures el avec l'apparitioll d'une nouvelle espece d'ar- chilves. n encadre en outre la période modcl'ne caracterisée par I'accélération des transformations technico-économiqllcs. }'intensi- fication des échanges internationaux et la rapidilé des transfOfma- tians SOcio·clllturelles. - , La connaissance de ces cadres et courbes d'évolution permet. dans le mínimum de temps, de mieux situer el de snsdter avec plus de sureté les informations. A partir de I'actueI, I'information remonte dans le passé proche jusqu'a longueur de mémoirc des plus anciens, a deux échelons : le véeu par I'informateuf, la connaissance du vécu par ceux de ses prédécesseurs avec lesquels il a été en contacto Dans I'espace, limi- tation provisoiTe ti deux zones senslblement analogues : aire de déplacement -et de contact habituels; aire de eonnaissance médiate~ par migrants locaux, aire d'échange de personnel, de marchandise, etc ... ,On s'en tiendra par exemple, :\ l'aire teehnique et économique d'une exploilalion agrieole (132) d'apres ce qu'en connait l'exploi- tant~ remettant a plus tard le soin de préciser les raisons lointaines qui influent sur la demande de beurre normand OH de primeurs du Vaucluse sur le marché anglais. L'essentiel, a ce stade de la rechel'- che, est de pousser aussi loin que possible, a partir du poillt spatio- temporel d'observation, la connaissance du systeme des relations externes d'apres ecHe qu'en ont les informateurs el pl'at~quants (76, 94). " Ceci n'empeche nulIement de procéder au repérage des SOUTees d.ocumentaires, publiques ou privées, dont il serait inadmissible de laisser échapper la référence. Mais quant a lenr utilisaLion immé- diate se pose une nouvelIe limite de compétence. Antériellrement a la fin. du XVIUe siec1e, les archives opposent au profane des résis- tances qui ne font que croltre a mesure qu'on remonte dans le passé : le vocabulaire, la métrologie, les insli'tutions présentent de sérieux pieges a qui n'est pas versé dans l'histoire de ces époques; de plus, les manuscrits deviennent indéchiffrables :\ qni n est pas paléographe. Si done les -connaissances indispensables manquenl, iI y a mi:eux a faire que de se pel'dre en déchifTrements pénibles et en exégeses fautives. On se méfiera meme de fastidieuses copies qui, ·pour.les memes raisons, peuvent etre fausses et que, le cas échéant, le microfilm remplace avantageusement. Il est bien -évident ~ue de lelles lirnitations ne s'imposent qu'a 'une enquete subissant d étroites contraintes exlra-scientifiques. Un chercheur originaire ou résident peut associer, a une observation permanente des faits en évolntion, la déLeclion el le dépouiHemenl 'des archives. On a souvent regretté que les tl'avaux des chercheurs . lo.ca~x soient si curieusement compl.én~entaires de ceux qu~ n~ms decrIvons, en ce sens que partanl gcneralement de la prehlslOlre, ils sont tres discrets pour ne pas dire muets, sur l'époque aduelle. Des monographies récentes manifeslent hCllreusemcnt une oricnta- tion différente. eomme pl'écédemment, ceHe rechel'che de la surface de sépara- tion indique du meme coup celle des contacts a établir entre études I i I DES COl\-lPORTEMENTS CULTUIlELS silllultanées sur un réseau idéalemenl dense OH portant sur les époques anlérieures. ,. Monograpbies individuelle el catégorielle. Posé eS ces- limites qui évitent les l'égl'essions aventul'euses el indéfinies et qu'on pouna d'ailIeurs toujours assouplil' en fonctioIl! des circonstances, quel va étre le cheminement a ]'intérieur des emIres ainsi lracés? Le but général est l'inspection d'un certain nombre de cas d'espece - a la limite rarernent atteinte, la totalité des unités d'un ensemble parent - pour, a la lumiere de ces expé- riences singulieres, dégager une mOllographie catégorielle de I'en- semble. La prerniere opél'ation pratique est le choix d'un objet d'étude- élémenlaire OH syslématique. Mais COlnme ce choix ne peut se faire qu'en fonction de cOIHingences qui ne sonl pas toutes d'ordre scien- t¡lique, nous ne I'envisagerons qu'en conclusion, supposant jusque-Ia le problcme résolu. La seconde est le dénombrement des unités a examiner et I'élablissemenl de leur aire de distri"bulion géographique : ensemble . des armoires de slyle virois, des entreprises céramiques fonction- llant en Puisaye, des hahitations rurales en Bresse, des villages pré- sentant une homogénéité relalive quant a certains lraits fondamen- laux du ll10de de vi~, elc ... Nous avons vu plus haut le role de la documentation préalable drms cette définition de l'aire envelop- pan te. . ,.. d ' l' 'd .. JI arrIve que ~ eLu e s app lque a es cas l'al'es Slllon umques< Unicité OH rareté par l'aréfaction : cas des del'niel's témoins d'ell- sembles alltrefois nombreux ce qui ramíme an cas général avec cette différence qu'on n'a plus l'embarras du choix. Uni'Cité ou rareté par nature : cenlre arUsanal unique mais de diffusion écono- mi"que dépassant la région ou la nation, cérémonie soIennelIe unique dans la l'égion OH la nation, monument terme d'un pelerinage, reUVl'e d'art. eeue ral'eté est d'ordl'e physique; l'importance cultu- rene se mesure a I'ampleur des populations qui ntilisent les pro- dnils du premier, assistent a la seconde, visitent ou admirent les clerniers. La multiplication physique (l'eproductions en pHHre eE :MilIels des calendriers ... ) re.ioint le cas général ~ans qu'il soit per- mis d'assimiler absolument l'original et sa l'epl'oduc.tion si fidele Cfu'elle soil. Unicité de la novation et singularité individuelle : l'in- yention, le protolvne sortent comme tels de noire dornaihe ainsi que ioute singulal'iLé ~ahsollle. Par contre, s'il-s sont connus, les appré- cintions portées sur eux permettent de mieux dégager les normes en vertu desquelIes ils sonl jugés; c'est la regle norme-exception que ROUS retrouverons souvent (73, 95, 106). L'objet peut donc etre uniql1e physiquement : le critere qui justifie .son inscription éven- lnelIe au _programme est la dimension soclale des conditionnements ú sdn égard. An dela des apparences physiques, le phénomime « Napoléon » est la masse de ceux qui connaissent le nom, le yénerent ou le halssent, les categories de bonapartistes, etc ... L'ensemble étant repéré, iI est nécessaire de choisir le ou les cas représentatifs - appelés paríois un peu précipitamment cas-types - a soumettl'e a l'élude intensive individuelIe, dans une série d'ob- jeis fabl'iqués, d'individus de memes métiers, qualification ou condi-
  • 10 GUIDE n'ETUDE DIRECTE ti?nnen~ent, de pl"oupes d'a-clivité, elc ... Ce choix est d'autant plus nccessalre que 1 ensemhle est plus llombreux ou que chaque unité, plus c?l1lplc~e, demamle 1,m travail ,d'idenliiicati0!I plus long. . L operatlOll est l'elahvement sImple IOl'squ'Il s'agit de maté- riels. Le producleur indi'que lui-meme le spécimen se rapprochant le plus de· la nOrlllC. ReIativcmcnt simple égalcmcnt,. le choix des exploitations dans un viIlage : si, par cxemplc, la cOUl'he de distl'i- butioll selon la surface pl'ésente deux modes Oil dominantes. iI y a chance pOBI' que nous ayons afIail'e a deux catégol'ies parmi Ies- qllelle-s le choix se précisera. Dans une catégorie d'onvricl's spécia- Iisés. on recherchera, celui' donl le conditionncment se rappl'oche le plus de la norme, en l'encadrant évenlueIlement entre le meilleuT et le moins habile, au-dessus et en-dessous u-esquels on passe dans une autre catégorie. . S'il s'agit de ehoisir un village représentatif d'une région. un préjugé favorable va aux points remarquahles de l'aire : la parti'e cent~'ale el les frontieres. La pr-emiere préscllte, en principe, le l11aXlmUm -de caracteres discriminants, ceux-ci s'atténnanl vers la pél'iphél'ie. Mais ce principe, comme tant d'antres ad~l1et son eOll- traire : les centres sont plus vi-te aUeints pal' l'influence externe que les ~arges réplltées plus c~nsel:vatrlces .. Donc pas d'a priori dog- mahque. Apres une approxllnabon sur documents, une ·reconnais- sanee dirccle de l'ensemble s'impose, préparée, éventuelIement, par une enqllete .par questionnaires : a) reeherche de la ligne de part et d'autre de laquelIe les habitants revendiquent l'appartenance ou la déclinenL. Opinions des fl'ontaliers sur les caracteres dislinciifs des dellx régions, sur les relalions frontalieres ou de centre a centre; b) détermination des sous-régions et de leurs centres (lignes de par- tage économique. sons-aires linguistiques ... ); e) enquete d'opinion sur le ou les vil1ages eonsidérés par les ressortissants comme les plus représentatifs de la régi-on; Opinion confrontée, il va sans dire, ave{" eelle -de résidents atLachés a l'étllde de ces problemes. et eompte tenll des. réactions affeclives. conditi-onnement antHhétique, etc ...⢠pou- vant nuir-e a l'ob.iectivité dll jllgement. Le choix n'est pas méca- niqui!, il est toujours révisible. Mllltiplier les indications a ce sujet neo servirait pas a grand'chose. La démarche peut se résumer comme smt: recherche des sOlls-catégories et de leur discriminants, abOll- tissant a une esquisse de typologie interne paríois affirmée avee force et passion par les habitallts et leurs voisins; encadrement d'un cas-type médian entre deux extremes. Ponr un chercheur résidant, originaire ou non, du e'n cas de découverte fortuite, la perspective s'inverse. Son ehoix est fait ipso facto mais ~l u'est pas inutile qu'il ~ffect~e. pouy mettre en place sa monograplue locale dans une SUlLe d lncluslOlls successives, la démarche inverse po:ur revenir a son point de départ. L'enquete peut alors s'exercer sur les premiers échantillons choisis. Puis. les constalations faites sur ces jalons provoquent une' nouvelle inspedion plus minutieuse de l'ensemble et le ehoix d'~utres spécimens soumis a leuT tour a une analyse com.I?:lete, -éven- .t~ell.ement le r-e~our SUl' les premiers jalons rour. vénfication de detal1s apen;us aiHeu-rs. De proche en proche 1 entr~prise tend vers une monographire catégorielle de plus en plus précise. comportant la l'évision de la typologie initia-le, la mise en place des différents -cas DES CO.MPOBTEl\IENTS CULTUnELS 11 par rapport a des normes typiques u'exlension plus restrcinle, la définition des lolérances au dela desquelles l'écart se sunclionne loealement par le reclassement ascelldant ou descendalll, la dis- qualification, le rejet de la c01l1l11unauté. etc ... En meme lemps, l'histoire récenle apporte.l.es élémcnts d'une typologie génélique, la luUe des :r;t0rmes LI:adlbonnelles avec les llormes nouveHes, les Lransformahons parLleIles ou globales des strllcLures sociales ... Il n'y a pas de' différence irréductible entre I'enquete par échanUHonnage a l'éehelon national el l'enquete intensive a l'éche- Ion de la catégorie el'aire l'estreinte. Elles appliquent les mémes principes et te'ndent a se rejoindre a mesure que l'ulle gagne en comprehension el l'autre en extensiou. La fil"lere monographiqlle ne va pas sans danger de papillonncr d'anccdotes en a~ecdotes a tr3- vers les singnlarités individuelles. La rnonographie de eatégorie ou de type petà s'en préserver si elle garde le double sOllei. théorique, de l'extension des phénomenes étudiés -et pratique, de l'accord des buts irnmédials avec les moyens disponibles, ce qui n'est qu'en apparence coniradidoire avec eelui de l'cxhallstivité immédiatement accessible (7). 5 Elude morphologique. L'étude mOllographique ~ deux aspects cla.ssiques : des~ril?tion morphologique et étude fonchonnelle des relaLtons el des slgmfica- tions. Des deux.,la description morphologique est la plus simple. e'est d'elle qu'on part généralement. a elle qll'on s'arrete souvent. en par- ticulier. lorsqlle les cireonslances ne permcUent pas d'aller plus loin. . La démarchc est la rneme que ceHe qui nous a menés jusqu'ici : une analyse de I'objet en ses éléments constitlltifs et une synthese repIacant les élcments dans la stl'ucture d'ensemble. Le matériel est démonté an moins rnentalemcnt pUÃs remonté. L'activité décou- pée en acles, phases, gestes élérnentaires et recomposée dans sa structure spatio-temporeIle totale. Les groupes d'a-ciivité ou terri- toriaux décomposés en classes, catégories, eomrullnautés partieIles, etc ... Nous n'insisterons pas sur ces opél'ations dont la description est un des ob.iectifs principaux des chapitres suivants et qui d'ail- lenrs suppose une préoccupation simultanée de la discrimination des formes et de l'aperception des fonctions. 6 Elude fonclionneIle. La notion de fonclion ne manque pas d'arnhiguité et ceci reten- tit sur la conception que l'on se fait de l'-étude fonctionnelle. Une des incidences de cette ambiguité est parfois l'exclusion a priori de certains phénomenes. Pour qui croit aux forces surnatu- relles. celles-ci n'ont pas moins de réalité que les rayons gamma, pourtant les aclivi Lés se fondant sur de telles conceptions cos-molo- giques peuvent etre rejetées comme survivanees sans intéret. De meme, une activité sera prise ,en considération ou rejetée selon son mode de validation : expérimentation, empirisme ou anlorité de la tradition (75). Le classement pele-méle sons le nom de routine de tont ce qui ne répond pas aux exigences dé la validation expérirnen-
  • 12 GUIDE nJETUDE DIRECTF. tal;e laisse de ca,té d~s phénomenes pOll'.:.ant avoir en réalité un grane! pOld~ dan~ la yle d ';In g:roupe et, peut-etre, une váleur que vérifiel'U' une InvestIgahan sClentIfique plus avertie. _ Décidé, a ne ~ien évincer a priori, ~ ~inon ponr des l'aisons pra-t~ques - 1 obsel vatenr est salivent vlcbme d erreurs d'interpréta- hon. Les membres du groupe n'en sont pas a l'abri (alnsi que le p!,ouvent les 1!Ialentendus. Iocaux et leu!' corollaire pratique, la tech- DIque hypocnte), par sude du -décalage entre profils fonctionne]s (83. poly.valenee loeale). Les qui-pro-quo sont a la base de nOlll- breuses c?médleS et his toires -dróles ~insi que de quelques théories. plus ansteres. A !-me forme e~t aUnbuée une signification et une seule (7?). Cas freque~t, par exemple, I'observateur substitue son propre Jugen~ent esthéhqlle a eelui du producteur (17, 19, 78). Inver- seme~t, de l absence de certaines formes on conclut a ceHe de la fonchon. . La mépr,i~e ~i~nt, du coté de I'ob~~rvateur, a l'application spon-l~nee ou d~hberee de schemes d mterprétation valables dans d autres system~s - culture proprc (ethnocentrisme) OH autres _ dont la ~omp.araIson a ~onné lien a des conclusions qu'on transfere sans preca,ution. Ellle ~l~nt, dn cóté du réel, a la poIyvalence des formes et a son corollmre, le polymorphisme des fonctions. . Entrons a l'intérieur des significations attribnées. par le groupe. L,a polyv~I~1!-ce local~ .interdit les simplifications. Sur l'ensemble d une actIvIte normahsee et an dela de son terme immédiat I'intéret d~ , l'ag~nt pent s~ fixer sur des points différents d'nne séquence t~Ieologlque for! eten?ue (77? : faire .. dn sport pour réta~lir l'équi- hbre humoral, ga!del la « IIgne », etre en bonne sante, avoir de b~aux enfa~ts qm feront la force du pays ... II ne manque pas de p~ospectus etal~nt e.n faveur de la techmque préconisée. une série d arl¡luments ~xlOloglques .IIant de la réglllation du J'H au progres de, 1 hUJ;namte. ~ar e.ontre le but de certames activltés n'est plus tres. clalr d!lTIS I esprIt du pratiquant. On fail cela paree qu'on l'a touJours ~alt ,s:;tns au~re r~ison pel:ceptible. Cedes, iI faut compter ay~c la, dlscrehon qm abnte certames coutumes, mais cette indé- cIsI~n ~ est pas o~s.ervable seulement dans les milieux apparernment voues a la _ tradlhon ora le. Il est des regles d'action, des lois d?nt on a perdu de vue les motifs initiaux, les attendus et les consi- d.erants. La conscience s'est assoupie, l'habitude continue par iner- he dans le mouvement (75). ~ Cette tache d'identification, hnmble et minutieuse, restitue le monde pe~~c;u, ses .etr~s et notions eonstitutives et le systCme de ~enrs relahons attnbuees. Restent des relalions inapcrcues qui son!" a ch~rche~· dan~ I'e~se.mble du syst~m~ et dans son évolution (57). PhysIOlogw e~ Imgmshque .ont appns a eonsidérer les phénomâ¬mes de leur ,domame dans lenr lnterd~pendance. La possibilité de saisir un syste~e cuaurel dans ses lrmts sLrllcturaux essentiels est sans doule IDmns assurée alJ.sein d'une vaste population 01.1 s'observe un ~ombre ~randissant ~'échanges de toutes sortes et une transforma- hon raplde des. habltud~s, que dans les groupes de plus faible volume et relahvement lsolés et -slables. L'espoir de trouver le « b~au e.as », Otl rien n'aurai~ bougé de.pnis des générations est vain. Cela obhge a beaucoup de cIrconspechon, non an renoncement. DES COMPOItTEI\1ENTS CULTURELS 13 On pouna distinguer, par ordre de diLIieulté croissante, les éehelons suivants : 1" Elablissem-cnt des relaLions per/(ues localement, en distin- guant pour chaque phénomene les différenls profils fonctionnels et ¡eur extension (83); 2° ApPI·oximation des relalions slructurale1:i implicites en eon- sidération de l'ensemble des aetivités. L'invenlaire ponderé des activités, dont l'illventaire matériel donne une connaissance appro- ehée (21. sqq.), est un- ensemble fini quant a ses. dimensions tempo- reHes et aux especes qui le composent. Il fourm 1 également le sys- teme des rapports sociaux concrets tant internes qu'cxternes (65 et sq.q.); S" Multip1ieation des études eomparatives dans l'espace et le temps. Trois échelons qui peuvent etre assimilés a des étapes sans qu'on en fasse un ordre chronologique nécessaire. L'enquCtelll" se présente devant le cas concret avec au moins guelques hypotheses sur sa structure génerale, fondées SUr la connalssance d'autres caso L'op,ération dé~js~ve est l'i~ser,tion du monde ,connu loea~ ~a?-s un systeme plus general d'explIcabons et de problemes et la reV1SlOn de celui-ci a la ravenr de cette in~ertion. 7 Exhaustivité. Précision. Un systeme culturel se présente done comme un tout dont seule la connaissance totale garantit ceHe de la fonction de chaque élé- ment et du fonclionnement d'ensemble. Ce vceu d'exhaushvité se heurte a deux sorles d'objections. Objections d'ordre pratique - les moyens manquent pour étudie~' tout, i.1 fa,ut sér~er les ql~es~ions - qui seront abordé.es en c0I!~IUSlO~. ObJ.ect~ons d ordre, theo~'I(Iue, se référant les unes a la hlerarchle ob.lechve des phenomenes, les autres aux limites subjectives de la science a ehaque moment de son développement. La considératioll de la hiérarchie des phénomenes amene a les classer selon lenr importancc, leur poids dans la conjoncture. Sur ce classement s'établissent les programmes d'urgence qui- repoussent ou rejettent les faits 011 détails jug~s ~e peu d~ P?ids .. Or, a part le singulier absolu, il n'y a pas de detall sans slgmficatlOn. Prenons un exemple dans un domalne réputé parmi les plus futiles, celui de la ll1ode. n est évident qu'U e~t des questions p'lu~ graves 51~~ ceHe de la forme d'un.bouton OH d une eeluÃlue. Mms 11 est precIsement frappant que, malgré la gravité d-e certains événements, de parei~les préoccupations ~rouvent place. Le ~hé:.;tom?ne a un~ al!1P~eur.soctale variable avec les groupes et par la alde·~ leuI: dlscnmlna.tlO~. Le rythme de renouvelIemenl - anuue}, smsonmer on deml-salson- nier, - caraclérise les classes sociales, marque leur volonté d'assi- milation intracIasse -et de discrimi:¡;tatioll intercIasse. Le lancement d'nne nouvcaute constituc une sorte de « réadif » vérifiant la stabi- lité de certaine.s nappes de difIusl0n isochrone : « ¡;~ pr~nd ou ¡;~ ne prend pas )J. Les changemenls de mode entr~lnent p~rfOls d~s .re~on­ versions importantes du personnel et des lw¡tallabons ~pectahsés. Si -nous prenons une série de forme~ ~de bOllt,on~, de celntur,es OH autres accessoires) nous aurons les elemenls lnchspensables a une analyse de ce qui peut caradériser. a travers la diversilé des formes
  • 14 GUIDE n'ETUDE DIREeTE successiv~~, un slyIe, uD: gout nalional, .et expliquer son sucees aux yeux de 1 etranger (sucees dont les pCl'Slstances DU iluctnations pl'é- sentent des implications d'ol'dre social el économique non négli- geablcs). CeL excmple Be IlOUS fait pas sortil' du monde -des significations locales el l'on pourra nous soup«onner d'avoir choisi a dessein un phénomime dO,nt l'ampleur l'~elle n'en rend que plus facilemcnt con~ testa~l~ le reJet COlime obJet valable de recherche. On pourrait ll;lUI~lf'he~' les cxemples pour mOlltrer
  • 16 GUIDE n'ETuDE DIRECTE .activHés sont étuuiées dans leuI' forme, les nOl'Illes cosmologiques, morales. esthétiques, etc., qui les l'égissent. A vec elles apparaissent les calégories de ceux qui ont la capacité, le droit, l'obligatlOll, exclu- sifs Oil non, de produire, de disfribuel', de vendre, d'utiliser l'olJjet. Ces l'elatiolls stalutaires donnent a l'objet le pouvoir de symboliser lesdifes catégol'ies (9). L'examen de I'ensernbfe des formes cantem- pOl'aines permettra la dasslfication, sous un type générique, de plu- sieurs especes el sous-especes avec la définition concomitante de sous-caiégories spécialisées de pl'Oductelll'S, distl'ibnleurs el d'utili- sat~urs, el de leuI' répartition sociale. Suivant l'histoire du spécimen -de sa fabrication a son utilisation ou sa remise aduelle, nous pas- serons en revue ses avatars cornmerciaux, ses pnssages d'un utilisa- teur a l'autre par vente.' don, troe, héritage, ses changements de foncti~n .(un cha~dron ou une PC!terie ~e~ou
  • 18 GUIDE D'ETUDE DIRECTE rément dans son individualité, son autonomie physique. Maís 1
  • 20 GUIDE D'ETUDE DIRECTE Ceci esL valalJIe d'ailleul's pour Loule dcscript.ion physique, mais rest davanLage encore lorsqu'il s'agit u'une aclivHe dont on n'esl pas 56l' qti'elle s'cxercera encare longtemps. L'enquetcnr doiL etre pret a donner une bonne description physique de lout phénomenc qui lui tombe sons les yeux. 13 Composition matérielle. L'identification rigoureuse de la maLiel'c minérale OH ol'ganiquc danne des indications sur: lOSa pl"ouenance : 2° ,Les l'aisons ¡lec/migue.') de son cmploi préférenticl : élan- ehéité du gres el an contralre pOI:osité des lerres des vascs a l'afl'ai- chir, souplesse de l'osier, dUl'cté et élaslicité de l'acier trempé, malléabilité de }'éLain el du ploll1b. l'ésislance a l'oxydation de l'éLain, dure té du chene ou du buis ulilisés dans les pü~ces travail- lantes, etc ... ; 3" Le degré d'autonomie du groupe vis-a-vis de l'extérieur, en ce qui concerne ces._matieres premieres eL les possibilités écono- miqlles d'eehanges, done sur les l"aisons économíqlles de l'emploi. Le fer est une matiere premiere relativement rare dans beaucoup d'équipements agrieoles anciens; il Y a cinquante ans encore, iI nc faisait qu'une timide appariLion sur les socs des charrues du Puy- de-Dóme, et encore sous forme de clous plantés dans le bois. Pl'éparation et fafonnage de la matiere. S'jl est llécessaire de l'ecoul'ir aux analyses de labol'atoil'e pour détermine!" la températLll'e de cuisson d'une poterie ou la formule exade d'un alliage, le procéde de Lannage ou de teintul'e d'une peau, un cerLain nombre de détails de préparation et de fa'tonnage de la matiere apparaissent á l'reil. On distingue assez facilement des 1?ote- ries montées au colombin, tourné es (sillons des doigts a l'inténeur, traces de rotation au fonds) ou monlees (absence des traces de rota- tion mais barbes de moulade, plns visibles encore sur le metal maulé: plomb, étain, cuivre, {onle); le metal martelé, tourné, moulé, limé; le bois fendn (pas ou pell de rupture~ de fU), LravaiIIé á Thel'- minelte ou scié (ex-poser la sllrface en IUlllIere rasanle). iq, Principe de l'analyse parceIlaire. Soit á étudier une exploitation agl'icole compl'enan,t ,Plusieurs bátiments, on opérera" successivement sur chaclln des batlluents et dalls chacun on distingnera : fondations, ll1urs, charpente, couver- ture escaliers, baies, huisseries, etc ... , ponr arriver aux difTél'enb élén~ents coustitutifs d'une seule piece : briqucs, laUes", pierres d'angle, linteanx Otl C;lave~llX, petits bo}s de~. fe~l.
  • 22 GV mE n'ETUDE DIHECTE p~'oporlionnel1e . ~l~ ~.elle des ,~oles. I;e~. é.tudes L~chnologiques sont h~p souvent .alle~ees p~r. IUUpOSsiblhte de fmre de lels calculs, ~nemc aJ?prox~mahfs ; reslsta~ce au flambage d'Ull pilier porteur, a la flexlOn d une poutre, apbtllde a la pénétration d'un soc dans l,e sol, résis~a!l~ a la ~exion ~e l'asselllblage des pieces d'une char- lue, ~ar~cLerlshql~e d un levler, moment d'jnertie d'une roue de 111Ouhl1 a eau ou ~ vent, volume et résistance d'une charpente en rappo~·t avec le pOlds du matérÃau de couverture (chaume ardoise ou tUlle-canaI), ~utant de données primordiales pour l'¿tude - du r~nde!nent d'un ~ns.tl'llment, que le spécialisle peut reconstituer d apres une .de~cl'lpt~on pl'écise, exécutée ~eme par un profane. Les lllesmes exacles sugg;rent, parfOls entre des dimensions, leIles que hauteur .el largenr d une ouverture, porte ou fenetre des l'~.pports rem~rquables qui ~e sont pas forcément le fail du ha;ard. SIl faut. se mefier de la ma~le de voir partout des « nombres d'or » n~ pas Ignorer les proporbons dont la simplicité et la constanc~ Imssent supposer. q~I'elles ne sont pas fortuites (lig. 11 á 14, pI. IV). Enfi!! cotes lmealres ou angulaireg sont l'élément essentiel des comparatsons et des manipulations staListiques. 16 Structure des matériels complexes. Solidarités internes, L~s _ pieces d~cr~Les illdividuelJemcllt sonL rendues solidaires d~s _VOlSJ~eS par (hITe.renLs pl'océdés. Empilage simple des murs de l)lel'r~s sec~~s: des cabancs de bergers OH des maisons de Gordes. Emp~lage d elemen!s s~and~rds modulés (pierres taillées, briqucs ... ), ou s.lluplement cahbres (sllex, moelIons) liés par un mortier; cet empIlage peut 11e pas présenter de zone de diffé¡'enciation ou com- P?rter des Ol:gunisati?l':s (app~l'eil1ages) en Iits, chainages, harpes d. angle .de, meme. ~natenau, mats de modules différents, ou de Illaté- nanx dlfferents. Ire.s~a~e basé sur la résistance de frotlement -mais sans a:semblage, nbhse .dans la vannel'ie et le textiIe. Assemblage des bOIS (tel~on .et mOrlmse, queue d'ar~:mde, .hait de Jupitel', etc .. _, de. la menlllsene et de la charpentel'1e) el des métanx Lels que Clllvre OH fer. Fixation a l'aide d'une piece - cheville, clon, rivet _ venant souvent en renfOl~t des au~res modes de blocage; la couture ct le b~)ULon:nage de~ textIles representent un mode de fixation aila- logue a la nvure. Flxation par soudure ou brasage, se rapprochant du blocage par ciment ou mortier, etc ... Les lllodes de blocage de pj.t~c.?s. sont .Lres caracté,ristiques. Ou él connu Iongtemps les coffres a ]omts vIÃs (sans ramurc ni lan- guetLe~ rél~nis. par ~es ferrures avant d'utiliser les assemblages, el CCUX-CI, Lres ev?lues d,ans les meubles de style des le XVI" sieclc, sont encore rudunent:ures dans la plupart des meubles régiollaux. A~tuellen!ent rextellSiO~l de l'usage des ~atieres plastiques, y com- pus ~e. Clment el ~e b~ton, ~~nne une Importance prépolldérantc aux elements coules d une plece, se combinant avec un retour á l'assemblage des pieces préfabriquées. L'assemblage non bJóqué de parties mobiles a été un grave pro- bleme de la technologie; chaque fois qu'nne découverte a été faite en ce sens la technique a faH un bond. Ligalure souple. des deux DES COMPORTEltlENTS CUL TURELS 23 'padies du fléau, palier de roulemcnt pÃUl' l'axe des roues et nutres
  • 24 GUIDE O'ETUDE DIRECTE mené e á bien qu'en consJdérant l'ensemble instrumental homme- ouLil. la maniere donl s'arUcule l'organe moLeur et dire~teur sur roulil, el dont s'c,,-écute le mouvcmcnt. Ol'donnance. . Tont uc s'cxplülue. pas ~ans I'objet le plus utilitaire par les s~ules contramtes technlques ~nternes et les nécessités d'ordre phy- sIque. Le module, la proportion eL ]a disposition des élérnents d'une a;uvre humain~ subiss~nt des illfluences d'ordre esthétique on l'ltuel, pas. ~ouJours claU'enlcnt f0.rmlllées dans I'esprit des fabri- cants eL uhhsaleurs actuels, DU qm. si elles l'étaient autrefois nons échappent par suite de la dispal'ition des premiers témoin;. Une étude compara ti ve, basée sur de minlltieuses descri ptions, est seule eapabl,e de nou, apporter plus que des hypotheses, Porter, ~me attention particuliere aux points suivants. : 10 Non,lbre d eJe~len~s analogues de f~)I'me : nombre de perles sur un colher, de ral8 d une roue de vOlture, de cHns d'une vannerie 2° Disposition de ces éléments (répétiti?n systématique, di~positio';; par hande o~ surface de fonnes détermmées, opposition de matiere, -et?). : les I~ts, les ch.ain~ges et l
  • :19 26 GUIDE D'ETUDE IJIUECTE a prion a LOllte pl'oduction régionale les qualités d'homogénéité el ·de synthese harmonieuse, qui caradérisent le slyle au, troisieme sens de ce mol. Sur le plan internalionaI, il est assez cornmun de dire qu'il ue pent y avair d'étude ethnographique des civllisations supérieures, el en pal'ticulier de leur production matérielle, celIe-ci étant régie par I'applicatio.n de ~rincipes ratiOl~nels, done universeIs, el échap- pant aux parhcularlsmes, Iocaux all nationaux. Une machine á coudre, un avion ou une boite a conserves sont conlrainles dans leurs formes par des 10is scientifiques valables sons ton tes les lati- ludes géographiques el cultureIles, cependant le rnoindl'c coup d'reil dans la rue, sur un aéroport ou dans un magasin de quincail- lerie, oÃ! se proposent cOte a eóLe autos, avions ou vilebrequins de diverses nalionalités, fait ressortir de notables difTérences de « style industriel ». ~ Ce long propos sur la nolion de style a permis de prendl'e con- tact des le niveau de la morphologie matél'ielle avec des notions essentielIes de- la rechel'ehe ethnographique: l'élément isolé, la sornme des éléments, ]a synthése intégrative des élémcnts. Achaque pas nous retrouverons ces instruments d'identification et de discri- mination eulturel1es et nous aurons a faire la part de leur efficacité dans la description individuaJisante des groulJes. Marques d'usure, d'enlretien. L'llSUl'e d'un senil marque son ancienneté OH la fréquence des passages, a moins que ce ue soil la tendl'eté de la pierrc; comparer avec des marches de meme fonction mais de situation différente. L'usul'e indique en génél'al la fl'équence de l'usage et les modalités de celui-ci : usure inégale de la margel1e d'un puits, de la lame d'une hache, d'un versoir de chanue. . - Les I'éparations le plus salivent discernables, mais certaines peuvent échapper : l'emplacement d'une traverse de meuble (aretes plus vives), du fond d'un chaudron (comparer avee modele courant pour vérifier s'iJ s'agit la d'une technique de fahrication ou d'une réparation), de la lame d'une hache (plus difficUe a discerner). La patine d'llsaqe ou d'entl'etien est également révélatl'ice soit de l'insouciance vis-a-vis de l'objet, soi t de l'ulilisation (un meuble ne vieiIHt pas de la meme fac;on dans une laiterie humide et dans une chambre froide mais seche), soit des mesures .d'entretien (vel'~ nis, circ, ponc;age. etc ... ). - Faire aUention, en particulier dans l'appréciation du style, a I'ceuvre du temps, a la patine des siécIes. II faut savo;r l'ésister au 'snobismc de la « vieillerie », quí porte prfncipalcment sur deux points : la conleur et la forme. La transformation de la couleur n'esl pas un des moindres 'sol'tileges qui jouent en favcur des choses terni-es. Le nettoyage des pcintllres en oITre nn exemple -significatif. Il décoit bien des ama~ teur~~,. qui, habitués aux couleurs cnfumées, au· clair-obseur dli :i l'encrassement, attribués a la « lnaniere » du peintre. ont. dli se rcndre a l'évidence devant les couleurs inconnues qui, par contraste, Jeur paraissent d'une acidité tri vi ale. De meme de-s monuments, des I 20 DES COMPORTEMENTS CUL'I'URELS 27 maisons décapés de leur couche de poussiere Oll de leu!' rcveLemcnl de plantes gl'impantes. Le temps el l'usage modifient également les formes au point d'influer considérablement sur I'aperception du sly]e : angles des meubles quí s'émonssent et inspirenl un style néo-rustique ou le bois prend des aIlures de matiere plasti~ue; mul'S qui f~:)fit le ventre, poutres qui fléchissent et donnent a 1 ensemble, ar~hllectural une doucenr de con tour, une sor le de nonchalance a 1 egal'd des ~on­ traintes physiques que ron oppose trap délib.éréme~t a la r:udesse géométrlque ~es .constructio~s nouv~lles. I~ ~audraIt pouvOlr co~­ templer ces temoms du p~ssc dans ~ ag~·e~slvl.té de leur nou~e~ute. Se méfier dan s le ChOlX de l'obJet a ehuhcl' de eetLe poesl~ de la patine, ce qni n'empechera pas de prendre des photos snggeshvcs. SituatiC?n. Situalion des immobiliers. POUl' la plupart des irnmobiliers, site el situation topographique de grtmpe sont a définir rigoureusement. . Site. 111ise en place d'un moulin an bOl'd d'un cours d'eau On sur une cronpe ventée, d'u"?- :vil.1age sur 1!n sit~ défensif, ~tc ... ~ occu- pation da sol selon caracLel'lshques; C!l'lcntatwn se]0l! dlrectlOn du soleil ou des pluies ou des vents domlllants; adap~atlOll lllorpholo- dique, mesures d'étanchéité des caves ou suppresslOn dans les ter- ~ains humides, dispositif d'utilisation des pentes (rampes d'acces aux granges dans les fermes a flanc de coteau). Situation topogl'aplzique d'une ferme par l'appOl't aux terres exploitées, d'une enlreprise artisanale 'par rapport aux lieux ~'ex­ traction de la matiel'e prellliere ou d'ecoulement des producLlOns, de l'une el l'autre par rapport aux autres maisons du village, aux voies de eommunication. (V. Exploitation agricole). Remarque. Les immobiliel's riluels sont quelquef
  • 21 GUIDE n'ETUDE DIRECTE INVENTAIRE SYSTÃMATIQUE DU MATÃRIEL Géneralilés el aspecls. 11 ¿st rare qu'une entreprise artisanale, une exploitation agri- cole. ou en général un groupe d'activité, ne possede que l'équipe- ment striclement nécessaire a ses activités aclnelles. Dans la plupart des cas, on trouve, en marge de I'équipement en service, d'une part un éqllipernent de réserve ou d'appoint. d'au1re part des matél'iels marginaux. Par mi ces derniel's, les nns ne sont plus en usage ponr cause d'usur-e on par désaffection, les autres sont en attente paree que le reste de l'équipement ne permet pas leur utilisation. . Si 1'0n s'en tenait a la description de l'équipement en service, on risquerait de passer a coté d'éléments d'imporlance capitale, sur- tout lorsqu'on yeut atteindre non seulcinent la vie acluelle mais remonter dans l'his loire au moins réeente. A ce point de vue, la l'echerche de tous les m~tériels présents es1 de premiere imporlance dans l'amor~age de la mémoire des inforrnateul's qui n'ont pas tou- jours pl'ésents a l'esprit les faits anciens, donl le ·témoin malériel git dans leur grenier (218). D'autre part, l'enquéteur ne doit pas, sous prétexte que son programme porte d'urgenee sur les matériels traditionnels, -ignorer les autres matériels qni font partie du sys- teme aduel ou sont sur le point d'y entrer (11). D'ou l'intéret de l'inventaire systéniatique qui prend trois aspects : I. Inventaire simple 00 qualitatif des différentes catégories d'objets. 2. Inventaire numérique Oil pondéré par catégorie. 3. Inventaire topographique qui. sur plan. situe chaque objet a sa place de remise OH d'utilisation. L'inventaire cornprend antant que faire se peut la mOllographie de chaqlle catégorie d objels. Cesl a quoi on devra aboutir dans une monographie de groupe d'activité. Mais, avant d'avolr aUeint ce point de perfedion, l'inventaire ·pent rendre des ser vices soit comme préliminaire an choix, soH cornme sondage rapíde destiné a établir des comparaisons avec d'autres entreprises étudiées plus completement. On ohíient de bons résultats en dressant une liste comportant les indications suivantes : 1. Nom du type d'objet. Il y a intérílt it grouper les objets par catégorie, puis par matiéres. Par exemple. dans une exploitation agricole on groupera les instruments araloires, le ma1ériel vinaire, le matériel laitier, a I'intérieur de celui~ci, les récipients de métaI (fer, cnivre), de bois, de terreo 2. Nombre d'objets de meme type. 3. Líeu de dépot habitnel. Ponr les objets qlli ne sont plus en activité, e'est tout simplement l'endroit ou ils sont remisés. Ponr ¡ , ~ I DES COMPonTEJ'¡{ENTS CULTUUELS 2H ceux qui sonl en activ.ité, le lieu d'utilis.ution apparait lors de l'élude dynamique des techmqucs; po~r ~el'tams, lel~ que m~u~le, bane de menllisier, tour de pober, il cOlllclde avec le heu de depot. 4 a 7. Utilisation. 4 : Utilisation courante. 5 : Utilisal~on d'ap- point OH de secom:s. Par exemple, anciens olllils .snpp~antes par l.a nlachine mais qui sont repris en cas de panne, phenome.ne qm ava~t pris une grande ellvergure ~ans les dOI!laines les plus d!vers du f~rt de la gaerre et de l'oecapahon (astensIles de c0!1servahon .des }JIO.- duits alimenlaires employés de nouveall par smte de la desorf{~llI­ sation de la production- et de la -distriblllion, etc ... ). 6 : Matenels désaffec1és. 7 : Matériels hors d'usage. 8 a 10. Origine de fabricat:on. 8 : familiale. 9 : artisanale. 10 : indllstrielle. On peut y joindre une colonne renvoyant aux monographies du spécimen. jC'" exemple., Li~te ~uU1érique .. des outils de chaudronnerie de l'entreprise X ... a VIlledlCu-lcs-Poeles. UTlLISATlON , l'ABRlCATIOX I,SPECE 1'< DÃE>QT e A II U F A 2 6 7 S 9 10 - - - iUadeaux de poclier ........ 2 Ralelicr 2 2 a ha LlI·c â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢ 4 2 2 4 a ]'etreindre 5 2 3 5 ...... 3 II a plano)' .......... 11 o" H a border .. ~ ....... 3 d" I 2 3 á chavor .......... 2 o" 2 2 a fait'e rent rer .... 3 1 2 3 Maillels . " d" 3 " .............. .. --, Commentaire. 10 Un examen rapide de ceHe lisle montr.c d'ahord la multi,Pli- cité des outils de meme typc, tous en utilisahon .couran~e ~l~ d ap- poinl ce qui incite l'enque!eur a pousser plus 1010 la de~llltlOt;: de chac~n. Cornme il n'y .a plus qll'un exécut~nt _dan~ l'~telter, meme si cette riche panoplie est l'hérltage d'une eg~lI?c ]adlS non~h.re~se, le fait que l'arlisan actuel conserve en aehvIte t,a~t .de l11alteal~X laisse a penser qile ehaeUll présente des caractel'lSl~qlles par~01s infimes mais qui le font préf~rer pour tel ou tel tra-yall l~arheu~le~·. L'é1nde doit done eLre pOllssee plus avant afm de oecelel ces dJIe- Terrees. 2° Les col. rl el 7 ne comportent que 3 ou~iIs, il11_~tili.sés ~lIr 33, ee qlli indique que I'at-elier n'cst pas encombre d ouhls lnuhles. 3° La col. 6 présenle 2 outils tombés en qésafIec~ion e,t q~.Ii sont précisément les ~erniers ~émoins d.'une teehmque aUJollrd hUI ahan- . donnée ; l'étirage des lopms de CUlvre an marteau. 4° Tous les outils son1 de fabrication artisanale.
  • 30 GUIDE DJETUDE DIRECTE 2e e:xcmple. Equipement dDmestique de la ferme X ... a Brecey (Manche). ESPECI, N DÃPO'l' ⢠3 MaLeriel'ailie,. : Ecrémeuse ............. . Laitel'ie Canne (cuivre) ......... . Ridon éLamé ..........â¢. d" 2 d" Crémier ............... . d" Pots a creme ......... . 4 d" S. commuue Grcuicl' BaraUe a maiu ...... . Lailel'ie !'Ola thc .... . d" Commentaire. e 4 2 l' I1TILI!iATION A 5 - II 6 _. 1 2 U 7 I'AlIlIICATION lo" A 9 1 4 10 2 .1 Colonne d'a~point vi~e. Pas de matériel de secours. On achete quand le besOIn s'en falà sentir. . 2," Col. des o~jets d~~aff~ctés. Abandan de l'ancien maLériel de lalte~l.eJ supplan~e par 1 ecremeuse et les récipients de métal. La ferml~re ne se debarrasse p~s d.e ses éq-uipements désaffectés. . , 3 Pas de traces de fa~ncatlOn famIliale, ce qui lend a prouver, et~nt -don.née la tendance a la co?-servation indiquée par la col. 6. (desafI~chon) q~e ~e g~nl'e de ~ab~Ication n'existe pas on plus depuis an mOll~s une generabon. IndlCabon que confirme l'enqnete aupres des h~blÃants de ~a ferme .et de la, ré~ion en général 4 Intr~duc~lOn parbelle d'~qll1pement d'origine industrielle>- a~~ontant d, ab~l-d u.n ensemble Important d'objets de fabrication al bsanale redmt mamtenant, dans la zone d'utilisation courante a la senle baraUe rotative. ' (1 ' 3)" exemple. Matériel agricole de la ferme X ... , Villard-de-Lans sere . lJTlLlSATIO/\ FAIlIIlCATI(lN ESl'ECE N DRPOT e AID u .M F A l 1 2 3 ⢠-"--"-I~ 8 9 10 Ji -- - - - - -- Joug ................. 2 Elablc 2 2 01.9 Tmineau ............. 2 llemise 2 I 2 M.2 Chal'. 4 rOlles ......â¢. I d" 1 1 M 3 ChalTue ............. 1 COIl!' 1 1 M.l I Commentaire. . 10 Tont l'équipement observable se trouvc dans la zone d'utili- saho,n coura~lte. I':~xploitation n'est pas encomhrée d'outils inem- ployes par desaITech~n.?u usur.e. 11 n'y. a pas, ue .m~tériel d'appoillt 0!l de s~co,urs, ce qm llsq~eraIt de nlllre an fonctlOnnement tech- nIque,o SI l on ne.-s~ trouv~nt dans. nn cas de production familiale. 2 En efIet, a 1 excepbon des Jougs, le reste du matériel est de DES COl\lPORTEMENTS CULTURELS 31 fabrication familiale, ce qui signifie que le fermier prévoit I'époque oil il luí faudra entreprendre la construction d'un ínstrument des- line a remplacer celui qui s'annonce défaillant, et qu'il est capable" e:p cas d'accident, de procéder lui-meme aux réparations nécessaires. L'exploitation est en réalité a décúuvert au point de vue équipement, mais ceci est compensé par la faculté de produire et de réparer sUl~ place. Alol's que 1 exemple précédent est pris dans une région large- ment ouverte aux échanges techniques et économiques, nous nous trouvons an c'.mtraire ici dans un pays relativement, isolé, ou les. - voies de communication et 'd'échanges pénClrent plus tardivement; ]e fel'mier est encore dans un état voisin de ]'économie fermée, on }'on doit se suffire it soÃ-meme, ce qu'indique ce tablean en premiere approximation. 22 Avantages de l'inventaire systématiqne. Ces exemples confil'menl les avantages auxqnels il a été fait allusion plus haut. L'invenlaire obligeant a un dénombrement, s'n ne l'ésoud pas tout, met sur la voie de problémes. Quatre armoires dans une llleme falllille normande font pl'ésumel' l'aisance et Ul1:C certaine stabilité a travers les transmissions successorales. TrOls- tonlbereaux de méme modele en service témoignent de I'importance d'une exploitation et incitent a en rechercher 1'affectation précise (eL plus haut, syecialisation des marteaux). Deux matériels différents pOUI' une meme fonction peuvent correspondl'e a une spécialisatjon saisonnierc (cuisiniere en été, atre en hiver) Oll de cIasse d'ftge (bollgeoir et lampe a pétrole). D'une génération a l'autre, soit a la passation des ponvoirs, soit an déces, s'operent des mutations, une partie de l'équipement de ]a génération descendanle étant retiréc de l'usage. La dépendance a l'égard du mi]ieu exlérieur se lit dans la répartition d'apres l'origine de fabrication. Dans un pays de pro- ducHon laitiere, la raréfaclion ou ¡'absence de matérie] laitier (con- servation ou transformation) est en rapporl avec le Tamassage a domiciIe; cene du malériel de conservation des produits alimen- 1aires avec la distribution a domiciIe par ]e boucher, l'épicier, pas- sant en voiture, etc ... Ccci, avec les qualités instrumentales de l'inventaire, montre ega]ement la nécessité de ue pas s'en tenir a une simple énumération mais de bien dégager la situation acluelle de chaque élément (ser- vice, appoint, rencart). L'invcntaire systématique peut etre app]iqué a tont ensemble inatériel quelle que soH sa fonction ou l'ordre de grandeur et de C'omplexité du gronpe hnmain qui en dispose. II pent s'appliquer a un groupement lechnique (entreprise arti- snnale, exploitation agricole); a un groupelllent familial (équipe- ment domeslique); a un groupemenl artistique (groupe de théAtre. danse) ou Teligieux (confrérie). Quant a la grandeur el a la comp]exité des groupes, géographes, slatisticiens, économisles et producteurs s'emploicnt a étabJir des invenlaires de ce gCllre a l'échelon régional et national, les travanx des uns el des autres devant tendre a donner une apPl'oximation aussi satisfaisante que possible de l'importance numérique et de I.a valeur de réquipement du pays tout entier ainsi que de sa réparh- tion topographique.
  • 32 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 23 Méthode a suivre pour établir l'inventaire systématique. Une regle essentiellc consiste ú faire soi-méme cel invenlaire en ~onstatant l,a présenc~ de chaque objet a son lieu hab~tuel d'cm- pl~l Oll de rell~lse. II est llnpl'udenL de se baser sur les énnmérations faltes pa~' les Inform~Leurs .. La mémoire est SQlIVent en défaut (21) e~ de tres I?onne. fOl, un Informa,tenr peut affil'mer na pas pas- seder un ob]ct qm se. trouve elfechvement SQUS son toit mais donL il a perdu le souven.ir. I:a néce~~ité PO,Uf l'enqueLeur de pénétrer dans fous les locaux ImplIque qu Il passede la 'parfaite cantianee de leurs habitant~. Celle-el ne, I,l0urra. etre !lcqmse de but en blanco 9u~lIes que SOlcnt le~ quahtes de 1 enquetenr et la sociabililé des mfor~ateurs .. JI co~vlept de procéder par étapes, dont la condusion sera I'lnventatre lm-mellie. Commencer par I'étude des objeLs traditionnels de fabl'ication familia.le oll.ar~isana!e. qui se t~'ouvent da~s le logis, salle COllnllune 011 ateher, QU 1 enql1eteur est d abord admIs. Au COUl'S de l'élabora- tiOD d~s fiches et documen.ts gl'aphiques ex-éculés sur place, la COIl- versatwn permet une pl'ernIere approximation de l'ensemble a in\'ell- lo riel'. Lorsque quelques fiches sont faites, demander ~l YO ir lous les objets. de la meme' catégol'ie a leur emplacemenl d'utilisaLion (armOll'eS dans les chambres, poteries a la laiterie ou á la cave, etc ... ). Celle inspection permet de jeter un coup d'reil sur l'environne- lp.ent ~t de passel' a .l'~lu~e ~es objets voisi~s .. De proche en pruehe, 1 enqueleur esl adnns a penetrer dans les dIfIcrents locaux et a eXLl- ~iner le contenu des mellbles. C'esL alors qu'il ~eut élaQlir, en réca- pItulant toutes ses ohservaLions anlérieures, 1 illventaire sysléma- tigue. 2. MATIERES 24 Catégories. Pal'mi les malieres pl'emiel'es llUlisées, se disLinduenl ; , 1; ~elles gui .s.ont utili~é~s poul' leu,rs propriété~ chimiques et energe.hques. MatIeres nut!'~tIv~s (enlrehen du corps humain; res- taurahon des forces; moblhsahon des réserves et actioa indil'cctE' sur le systeme sympathique,: exc~ta?-ts, toxiques, eLc ... ) . .Matieres do~l)a tr?nsformah~n, phy.SICO-,?lulllIque, pl'ovoql1ée dans eles dis- posIÃtfs dument condlhonnes, degage une énergie thermique (hois, , ch~rbon, huile, et~ ... ), lu.mine~se: mé~anique (machine ú "apenr, moleur ... ), converhe en enel'gle electnque. Comme tenne le plus récenL les substances radioadives ou « atomiqucs ». 2. Celles que leurs propri.éLés physiques et lllécaniques pcr- mettelll de modeler et d'Ol'galllser en vue de fabriquer des lllaté- riels. Dans ceHe catégol'ie entrent également le sol, l'eau, comrne s~PP?rts de stabilisation (stabilisaLion simple ou par ancl'age : par pllohs ou autre) ou de rnouvement (roulement, navigation). et le sol cultivé - un champ pauvant étre considéré comme un matériel défini par ses caractéristiques formelles mais égalcment. et SUl'tout, par les propri-élés des matériaux qui le composenl (minéraux, matiel'es chimico-ol'ganiques ... ). _ Du painl de vue de la composilion, on peut distinguer les matiel'es pures -(de formules chimiques simples ou complexes), les DES COMPOHTElIlENTS CULTURELS 33 alHages, les mélanges agglomél'és ou non (sol cultivé héton torchis elc ... ), J.es dHfél'entes com,~inais0!1~ 'pl'ovisoires qiü 'vont d~s ou d~ la maLlere brute aux matIeres uhIIsables pour une aetivilé donuée. 25 Identüication des matiéres premiéres. B~au~oup . d~ matieres premieres employées par les arLisans sonl bIen ldenhfiees par eux et ne posent pas de probleme. L'enqué- teur p'eul souvent vérifiel' leurs dires a la lumiere de ses propl'es C{)l1umssances . . Se l1léfie~', c.ependanl, de la simrlicité appal'ente de ces identifi- catu)fis,. UUSSI ~)Ien dans le minéra que dan s l'organique. JI n'est pas touJol~rs s~mple de l'~connai~Fe une cssenee d'arbl'c, OH la. pro- venance d un fragment d os, el llnfol'mateul' ne sl1iIit pas touJours a redressel' les erreul'S de I'enquCteul'. . Il esL ~es cal'aclél'istiques de la matiel'c que seale une analyse tres poussee pennet de deceler. Dans le domaine alimentaire les illllications d'espcccs ne suílisent pas a donncl' la valeur nutritive d'~m alimcn!: blé, seigI~, lait peuvenl présenler a I'analyse chi- uuqae dc tres grandes dlfférences, el déja Oil ne se contente plus d'évaluer la valeur d'une subsLance nutritive en ealories; les ana- lyses sont de plus en plus poussées en vue de découvrir leul' teneur en vitamines et leul' adion biologique. . D~ meme,. le d~gré ~l'élasti.cit~ d'un métal, le~ .carad.éri.stiques 1l1ec~mques d une Cel'allllqu~, amSl que la composIllOll clllllnque de sa pate, nc sont pus a-ccesslbles a la seute observation directe. Un examen dilatoméll'ique détennine sa tempél'ature de cuisson. .. POlIr l'id~nLiH,cation des matiel'es premieres au dela de la pl'C- mlet:e approxllnahon due a J'informateuT ou a l'enquéteur, faire prabquer par les labol'atoires spécialisés les analyses nécessail'es sur des échantillons pl'élevés avec soin. 26 Inventaire des matiéres premiéres utilisées par un groupe. Il varie considérablemenl avec les pays, el SUl'tout avec les époques. Il y a les pays a riz, les pays a blé. n est encore possible de distingllel' en France les pays mangeul's de seigle el en tout cas les régions a -vin, it hiere, a eidre, ceHes oil I'on utilise le beurre, le saindoux Oll l'huile d'olive cornme fonds de cuisine, etc ... Depllis l'époque gaHo-romaine, le catalogue des matieres nutri- tives s'esl considérablement enl'ichi, non seulement an· niveau des classes les ]Jrcmieres aUeintes par l'exoUsme alimentaire mais de proche en ]Jl'oche dans les milieux l'Ul'al1X, ou les frnits et denrées les plus diverses sont conllUS au moins aux fétes solennelles. Quant aux matieres premieres destinées a la transfol'mation, le catalogue ~'e~ est enl'ichi de fa90n plus marquéc encore. Dans telle ferrue, on clnquante ans auparavant on ne connaissait que les bois du pays et oú seuls le fer, le cnivre et l'argent étaient d'impol'- tation plus ou moins loinlaine, l'acajou pénetl'e sur les meubles de serie. les aciel's spéciaux sur les machines, ainsi que les matieres plastiqlles. Des eres out pu etl'e définics par la maliere : áge de la pierre, du bronze, du fer et la nótre, ere des matieres synLhéLiques (plastiques et tout l'écernment silicones). Les listes de matieres utilisées sont diffél'entiatrices des sys- temes culturels.
  • 34 GUIDE n'ETUDE DIllECTE Mais cet invenLaire gagne en pouvoir discriminant si I'on évalue les quantités utilisée~ Qil produitcs el les rapports de consommation lacale et de produdlOn. La se lisent les impérieuses nécessités de quete lointaine, d'échanges, la dépendance vis-u-vis d'autres groupes (e'esL la dépendance majeure d'un groupe vis-a-vis des autres groupes, cornme vis-A-vis de la natul'c), I'indépendance relative ou économie fermée, DU I'organisation d'une solidal'ité entre groupes productenrs spécialisés. A I'intérieur IDeme d'un pays. la répartition topographique de productions des matieres premieres, est un clérnen! essentlel des fixafions de grou~es artisanaux Oil indusLriels, des cireulations entre régions spécialisees. Sans exagérer les relations que l'on voudrait parfois vérifier entre l'exploitation, la consommation ou la produdion de telle matiere premiere et les mentaIités (
  • 36 GUInE n'ETUDE DIllECTE d'études JUonographiques qui en donnent l'cxtension, I'histoire, les modcs de pl'odllction et d'llfilisafion. 3. L'invenlaire en est également signifIcatif. Ex.emple : régions a ehevaux ou hovins de tralt, répertoire de production d'élevage, etc ... 4. ACTIVITÃS 29 Articulatiolls principales du schéma d'étude. Quelques soient lcul' domaine d'applicalion el leur lllode d'action dominan!. techniques matéricIles, b¡ologiques, techniques sociales, rites Oil jeux, peuvent etre étudiés formcllcment selon un plan analogue, dont les prillcipaux points son! les suivanls : 1. Lieu d'excl'cice : fixe ou variable. 2. Chronologie exferllC du terme inifiaI. Date exade. Chl'ono- Iogie calendaire ftxe ou mobile ... 3. Situation ou dispositif initial. Préparation eL mise en place, rites inauguraux, etc ... Cadre instrumental, équipenlent matériel, persollnel (agenL seul, -équipe, COl'pS constitué, public, assistanee). 4. StrllcLure spatio-tempol'elle interne. « Scénario ». Séquence technique. Cérémonial. Protocole. Séquence homogble. Rythme et polyrythmie, etc ... 5. Dispositif final. Retour au dispositif initial. Insel'tion rIans un sysLeme d'activité plus vaste : chaine de fabrication; cil'cuit compleL prodllction - distribution - consommation; année lilur- gique ... Dispersion, Dislocation. Remise des éléments matériels du d-ispositif, etc ... L'application de déLail de ce plan de descripLion mOl'pholo- gique est développée el-apres de préfél'ence a propos des techni- qnes de la matiere avec quclqües incidentes sur les techniques bio- logiques. Elle est suivie de q.uelques exemples d'application a d'anti'es activités. 30 Localisation externe. Cool'données géodésiques, l'éférences aux circonscriptions adminisLratiyes, connnune, adl'essc. Précise l)our le cadre fixe, zonal e pOllr l'exercice itinél'ant. 31 Chronologie externe. 1. DaLation précise a"ec millésirne : act~~lisati?ns l:a~'es (fet~s non périodiques : cf. la Tarasque), appantlOn, dlSpal'ltlOll, aCCl- dents imporLants. Ponr mémoire, datation précise des obserYaLiOl~s. 2. Chronologie calendaire (dans les unités de temps ; an, mOIS, semaine, jour, heure). A. Fixe : heure du jour, jour de la se~naine. du mois". Périodicité al1nuelIe (fétes fixes, féte patronale, fOIre .... ), mensuel1e hebdomadaire (marché le 3" samedi du mois, tous les samedis .. .), joul'naliel'e (heures des repas, de travail, posologie ... ) B. Mobile. Saisonniel'e : surLollt dans les Lechniques biologiques, culture, élevage, chasse ... ; rnais également, dans une potcl'ie, fabri- cation de. terrines a laver en été paree que le séchage est plys rapide, fluctuation de la dem~nde .en rapport ayec le .calendner technique agricole, rythmes saISOnmel'S dans la Vle urbame, etc. 3. Chronologie accidentelle ou occasionnclle. Application de DES COllIPOIlTEMEl\'TS CULTUllELS 37 Lechlliques défensives a l'occasion d'un sinistre (feu, inondation, cpizootie.,,). Techniques sociales a ]'occasion d'unc rencontre, Périoues oil ces occasions sont plus aUendues. NoLer l'époque ú partir de laquel1e a été installée une parade permanente : mesures contre l'incendi~, barrage ... 32 Situations et dispositifs iniUaux. La situation se définit par la l'encontre d'une personne (con- joncLul'e organique individuelle) avec une conjoncture physique extel'ne et éventuellement d'autres personnes, constituant avec la pl'emiel'e une conjoncture sociale irnmédiate. Le dispositif est une conjonctul'e aménagée d'ou sont exclus le plus possible l'inattendu, le hasard (sinon recherché dans les limites définies du jeu), les facteurs pouvant perturben' l'acLion.'Par exemple, les ouvriers qualifiés connaissant l'activité a exercer et ayant le poLentiel nécessaire ponl' la maintenir pendant un laps de temps déterminé (conjonctures psychosomatiques normalisées pré- sentant un conditionnement statutaire) forment une conjonclure socio-tec.hnique aménagée par I'identité on la complémentarité des conditionnements. Ceci dans la conjonctul'e physique arnénagée et stahilisée du cadre d'activité : l'atelier. D'une fa¡;on générale, l'activité humaine s'exel'ce dans une relative sLabiJité des conjonctures (controle forrnaLeur et crercitif, création et entretien d'un milieu arnénagé ... ), L'activité défensive part d'une situation ou les variations ou fluctuations de la conjoncture externe (catastrophe naturelle OH agression) prennent le dessus sur l'habituel dispositif individuel 011 social. Elle a pour buL de rétablir ce dispositif OH d'en freiner la destruction. A cette résel've pl'es, les memes procédés descriptifs sont applicables aux activités défensives et appropriatives. 33 Personnel. Le personnel peut ne comporter qu'un individu isolé, un ensemble d'individus reuvrant ensemble (équipe de travail, équipe spol'tive, groupe théfttl'al...} et un public participant passivement ou activement. Ce personnel forme une unité d'activite. simple ou complexe. Dans un meme atelier, on distingue autant d'unités qu'il y a d'individus Oil de groupes coactifs voués a des taches distinctes. meme si ces taches sont coordonnées dans un plan de travail général. Condition d'admission. QuaIification professionnelIe (v. recrll- tement des grQupes d'activités), qllalification sociale. Conditions d'age, de sexe .. , Tenue : décence ou propreté du corps ou du vete- ment, état physiologique. Signes de reconnaissance, mots de passe, cartes d'entrée .. , En résumé, criteres sur lesquels s'opere la discl'i- mination du pc·rsollnel admis a participer. Aire de p .... ovenance du personnel. Lieux d'ou viennenL les pal'- ticipants pour.l'ejoindre un atelier, une cél'émonie, etc ... Moyens de transport. 3~ Cadre instrumental. Ensemble des lieux oil. se déroulent les dillé- rentes phases d'une activité. Fonction. 1. Support de stabilisatíon (d'opél'ateul' 01l de rnaté-
  • 3"8 GUIDE n'ETUDE DIRECTE rieO, de fixatioll (fondalions de maison, ancrage de machine, plan- tation des végélaux), de locomotioll (hmuaillc, animale, mécanique; piste, chemin, rante; piste d'cuvol, plan d'can navigable, rampe de ronlemcnt, de glissemcnt...), de choc (sol d'afelier de murlineur, aire a battl'e ... ). 2. Ambiallce el enveloppe. Les facleul's d'ambiallce (Iumiere, chaleur, prcssion atmosphérique (pIaine. monlagne), hygl'omélrie, COlllposition de I'air ... ) connaissent des flucluations locales el pél'iodiques qui l'etcntissent sur la vie organique de l'hommc el des especes vivanfes 1'il1téressant. Certains sont favo- rables et recherchés (v. migrations estivales, activités de nuit chasse, peche), d'autres nuisibles surtout au dela de cerlains seuils, qu'on cherchera a évalue~' (v .. e::c~loitation artisanale el habitat). Les tisserands cherchent 11uunldIte des caves Oil locaux en contre- bas, d'aillellrs plus favorables a leur technique qu'a lelu: san té. Certaines usines ne comportent pas de fenCtres et fonctlOnnent exclusivement a la lumierc artificiellc et en atmosphere climatisée. 3. Ol'ganisation de l'espace. a) Circonscription d'un ,es pace réservé oú l'activité peut ctre exercée sans rencontre Oil coniht avec d'autres activités (dans un territoire comffiunal, aires réservées a la culture, n la circulation, aux terrains de jeux). b) Organisalion a l'intérieur de eet espaee réservé (disposition d~s machines et ?e l'on~illage dans un atelier permeltant un raCCOUl'ClSSemellL des clrculahons el des trajectoires). Complexité relative des cadres instrumentaux. Extl'éme 'simpliciLé : pour le vannier, UDe surface horizontal e suffisaUllnent résistante pour soutenir une chaise el limiLée aux lrajectoires d'un brin d'osier. Exignité de beaucoup d'é~hoppes (plilS grandes, elles ~ontie?~cnt g~r:té~'aleme;nt des I?-achlues ou constitllent un lnagasln), D ou moblhte : selller, vanmer allant de ferme en ferme et s'installant dans un coin de grange ou meme, par heau temps, dehors. , .. Cadre instrumental du fa~onnage et du trempage d u~e plece de fer dans une forge artisanale: une surface plane, hOrIzontale, assez vaste poür perm-etLre différents, ~éplacem~nt,s (ten ir con:~te des dimensions d'encombrement des pleces travmIlees), assez reSlS- tante pour la fixation des machines et instl'Umellts, une organisa- tion de l'espace en vue de simplifier les déplacements, une env~­ ¡oppe, cal' il s'agit d'un cadre fixe" 011 l'~ctivit~ s'e~er,ce ep tout~ sa~­ -'Ion et oÃl matériel. stock el prodmts, dOlvenl etre a 1 abrI des depre- dalions. Avec le camion-atelier et le cirquc, un micro-mDien (sur- face portante, enveloppe, c~pace ,organisé) se. déplace de. fUljon autollome et ne l'equierL du ~Ite qu un plan senslblement hOl'lzo~tal (et encore singoli, cale~, venllS perm,ettellt le rattrapage du n;he~) el de dimensions défillles, Le cadte Instrumental est devenu eqm- pemenl Illobilier,.. , '. , . Contraction, dlsLenslOn el dlsconÃInmte du eadre. Cas du bIe depuis la production j llsqu'a la ~onsomm~tion familiale, en pa~sa~t par la menllcrie -el la boula~gene domeshq~le : tont le cycIe d ,actI- vité, production-transform~tlOn-con~ommahon, s,e sera referme sur place en un cadre conLracte an maXIIDum el contInuo , Ex. : cadre de fabrication el de distribution d'une potene de La 36 37 38 39 DES' COl\lPÃfiTEIHENTS CULTUHELS 39 Borne: galerie d'extraction de l~ l~r~'e et fOl:et ,de coup~ du ,c~m~ bustible, chanlier de slockage sllue a une dlzame de }ulomehe.s, dans une aire de 20 a 25 ares, atdier de faljonnage, four, lnagasm de sLockage des produits fabriques. , ' , . Conlraction et distension influenL de fa
  • 40 GUIDE O'ETUDE DIUReTE d'un « personna~c ». ~~ms le dr?-me techniql~e. chaque scene ou phase est marquee par 1 mtroduchon ou la sorbe d'un Oil plusicurs élémenls du dispositif global: maticre, outil (cuiller succédant a la tariere dans le Cl'CUX d'un sabot), opé~'ateur (le frappeur intcl'vcnant dans le dégrossissage d'une piece). Oil déplacement des opél'aLeurs verS un élémenl irnmobllisé, par exemple le forgeron quittant l'en- clllme pour alIer a la fOl'ge. Dans la fahrication d'un objet qui comporte pIusieul's pieecs, on aura avanLage a traiter eh acune des pieces comrnc un objet dis- tind, donl on suivra les opérations de fabrication de hant en hont jusqu'au mament on elles SCl'ont assemblées (ex. : dessus, fond" col, anse d'un réeipient de euivre). Le déeoupage de cinéma est une opéI'ation de ce genre, et le rOle majenr de la script-girl consiste précisément a vérifier composition et structnre des différents dispositifs (mobilier, coslume des per- sonnages ... ), C'est une opération analogue qui assure notre travail de dis- eernement. Dans une meme entreprise ,de poterle, exLraction, séchage, broyage, tournage, vernissage, elc ... s'o,perenl clans des chantiers Oil des locaux dilTérents. Vl1es de I'exterieur, des dilIé- rences dans les activités se signalent par les différences du dispositif~ l!1eme si celui-ci ne suffit pas a -renseigner sur la nature exade des aetivités (ef. la discrimination des techniques : par la mntiere, objet de l'opél'ation; par l'outil. martelage, sciage; par l'opérateur~ main ou machine). Nous retrouvons sons un nutre angle la propl'iété discriminante de ce qui est observable physiquement. S'il ne peut a lui seul révéler toutes les activités d'une nation, le dispositif généraI (composition et répal'tition de la population, du pare matél'iel, du cheplel animal, etc.,,) en indique déjá quelql1es grands traits di5- . tinclifs. 40 Temps de transformation, transportJ controle. Distinguer trois catégories de mouvements dan s une techniquC' matérieIIe : 1. Altératlon physique de la matiere traitée : déformation sans modification de la texture interne (clivage, burinage, limage, fell- dage, etc ... ), Oil avec (écrouissage, compressage, pilage. broyage ... ), etc ... 2. Transport d'éléments du dispositif sans aUél'ation. Matiel'e : piece de fer de la forge a l'enclume, ébauche pOl'tée a hauteur d'reil ·pOÃl' bornoyage. Outils : d'un poste de travail a un autre, remise en place úu re tour en posiiion de dépal't dll mm'leau ou de la varIope- apres coup. Déplacement des opérateurs. 3. Contróle : a) D'un l'ésultat provisoire : controle vi su el : vérl- fication du gauche d'une sUTÃace par référence· au rayon vislleI (bornoyage), a une regle. a un plan (marbre), de la perpendicularité ou de l'horizontalité (plomb. niveau), de la co'incidence avec une dimensión (metre, .lauge) ou avec une forme (gaharit, piece témoin, forme humaine pour le vetement sur mesures). Tactile : explol'ation manueIle. Sonore : par percussion. b) D'llne activité ou }'opératellr n'inlervient pas directement comme agcnt de déformation, comme moteul' Oil gníde de mouvement. Contróle d'un agent mécanique : machine au travail. Controle de I'aclion d'un agent physique Oil chi- DES COMPOllT.ElUENTS CULTUHELS 41 mique ; action dy feu sur ~n. n~élal a foncIre, u.ne poLerie en COUl'S de cuisson (la clllsson est SUlVlC a la transformahon des « montres », estimée a l'reíl). CeUe distinction est importante: 10 du point de vue rendement. l'efTorl d'organisation du travail porte principalelllent sur les temps morLs de lransport, de mise en place ou de rappel; 2° les activités de controle sont tres souvent laissées de coté par l'observatellr bien gu'elles cal'actérisent les niveaux techniques et la fines se sensori- motl'ice de l'agent. Cel'tains opérateurs ne sentent pas le broutage d'Ull rabot ou ie supportent sans y apporter de remede et He savent guere mettre an point un tranchanL.. 41 Polyvalence de l'outil el de la maín. Dialogues. Les divers « personnages », recensés sur le chaml) d'opération, risC(.uent. dans le dialoguc qui s'eng.age c.n~re ell~ de changer de role, de fonchon, tOtIt en gardant Ieur ldenhte physrf{ue. An creuset du four, ou les constituants du verre viennent de s alIier, le souffIeur armé de sa sCllle canne produit en quelques secondes l'objet fmi. Contraction exemplaire ou se retl'onvent : prépal'ation, le verre se tronve a la sorUe du foul' a son état d'utilisation (la distindion des deux temps s'observe dans les machines a fabriquer les ampoules, la masse de verre' solidifié est rarncnée par chauffage a cet état d'uti- 1isation); débilage : la quantité de rnatiere premiere nécessaire, esti- mée a l'reil et au poids par le souffieur, est prélevée a l'aide de la canne; tra~age et fa~onnage sont télescopés~ mais cepelldant la forme est estimée a I'ceil ou assurée par un moule. Les pires déboires nous viennent de la main-outil, la main du potier par exemple, tour a tour inslrument a compTimer, a étirer, a COllpel'. La polyvalcnce fOlldionnelle, importante chez les matél'iels (autils a tautes fins), est incompal'ablcment plus grande chez l'opé- rateul' huma in. En pal'ticulier dans le dialogue avec les matieres (verre, pate céramique, etc ... ), dont la disponibilité plastique exige et favorise á la fois la gyrnnastique polyvalente et rapide de l'outil ou de la main. La technique de fa~onnage manuel des matieres plas- tiques est de fait une des plus difficiles a observer. La cliscrimination descend donc au niveau de l'aptitude parti- culiere qu'une activité met en jeu. A l'intérieur du dispositif phy- sigue, défini par ses composants habituels, apparaissent plus ou moins fugitivement des dispositifs fonetionnels, ou .chaque COffi- posant n'intervient que pou!' jouer un role délerminé, faisant partie de ses vocations virlueIles. ~2 Geste élémentaire. Nous atteignons le geste élémentaire. cornme dans l'analyse de la machine com-plexe nous étions parvenus a la piece d'une seule matiere. Cornme cellc-ci il est d'un seul tenant. La démonstration peut etre ralenlie, parfois meme arretée en un point quelconque. Mais dans son ex-écutlon normale, il est, sauf accident, ininterrompu. Pas, saut, coup de rabot, de lime sont donnés d'une seule venlle, sallS repcntir. L'intégrité foneiere du geste élémentaire est plus sen- sible encare dans les mouvements en équilibre instable ou détachés du sol. L'impulsion initiale donne -le pas en -entier, en envetgurc et
  • 42 GUIDE D'ETUDE DIRECTE en íntensilé; seul un obslacle le modifiera. Le geste élémentaire est en quelque sode un alome d'action. Descriplion du geste élémentairc. - Position initiale. 1. Des divers élémenls du dispositif. des ·opél'aleurs, matiere. outils par rapport an cadre; position des vete- mcnts spéciaux el appareils de protection (le gilet de talles du fen- dClll" est un autil porté qUÃ. en meme temps, protege), 2. Posture des opéraleurs. Debant : pieds de front ponl' un eJIort symélrique, -en fenie (rabolage). Assise Oil accro~pie. sur le ventre (menIage) ... 3. Prise de l'outil. Généralement par la poignée OH les points de préhension prévus morphologiquement, mais lllultiples fa~ons de tenir un coutean, quí en font autan! d'Olltils diITérents. 4. Position de l'outil par rapport á la matiere. Mise en place du « páton » a tourner par jet vigoureux sur la girelIe du tour. .- Tra.tectoire. Dans un plan: recliligne (lime, rabot, scie), Cllr- viligne généralement circulaire (marteau, hermineUe, hache), sinlleux (gouge), suivant le contoul' de la forme (planage d'une potel'ie, polissage, grattage, ciselur,e, etc ... ). Matiere mobile : trajec- toil'e linéaire (raboteuse), circulaire (tour). Combinaison des monve- Inents de la maLiere et de l'outil : lirnage 011 polissage au tonr, po!e- rie, etc ... - Pnint d'arrivée. Elongation utile des bras (rabot, varlope). Limite de course de l'outil (scie, crochet de toul'ne.ur). Point pl'écis a viser (madeau, hache) : la trajedoire n'es! pas guidée par le sup- port de la ma!iere travaillée, mais seulement par I'impulsion ini- Hale qui demande une adaptation sensori-motrice plus précise. - Retour a la position initiale. Rappel glissé des rabots, var- Iopes, limes; propulsion aniere des rnarteaux, haches. etc ... - Amplitude de la trajectoire. La distance entre points de départ et d'arrivée définit l'amplitude dll geste. Ces deux points suffisent pour déterminer une tl'ajectoire l'cctiligne. La trajedoire Cllrviligne impose la déterrnination des points d'cncombrement. - DUl'ée. Obtenue difficilement par Hne observation unitaire, mais possible pOUI" un geste lent; grossierement, par une moyenne statistique, IOl'squ'il s'agit de gestes se répétanl en séqllence homo- gene ou semi·IlOIDOgene; mécaniquernent, sur film a vitesse normale ou accélérée. Distinguer la durée de la trajectoire utile de celIe de la trajedoire de rappel. génél'alement plus lente. La dUl'ée de l.a trajedoire utile d'un coup de marteau pe~met d'en calculer a~prox~­ mativement la force vive an choc, connalssant sa lllasse et 1 amph- ~dedu~~~~. . i3 Séquences homogénes et rythme composés d'une série de ffiemes gestes ou opérations élémentaires. Exemples (hormis !flarche e~ co~rse).: l'épétiti(;ms .des C?,:ps ~e martean rabot, lime, fleau, semal1le a mmn ... Observahons, ICI facI- litées, sl~r la dllrée de chaque geste, le temps élémentaire, la varia· Lion du rythme dne a la fatigue (chronométrage-au commencement et a la fin d'une matinée de semaille). Plusieurs individus marchanL ensemble tendenL EL accorder leur rylhme. Ce penchant naturel est lltiIlsé, ou tolit au mojns imposé, lorsque plusieurs opérateurs exercent simultanément les memes DES COl'lIPORTEMENTS CULTURELS 43 gestes élémenlaires sur un memc point d'application : marfelage a deux, baHage a trois, quatre, an fleau. Le l"ytlune produit des effets stimulanis, l'impossibili té d'y aLLcindre rend le travail plll:::; fati- guant. Un trait du travail a la chaine est de sllbstituer a la séquence hétérogene, que l'm·tisan parCOlll't en totalité ou en grande pal'tie, une division de la séquencc en postesde travaiI, ou chaque opérateur n'a plus qu'a cITccluer une séquence d'O¡)él'ations idcnliques. (Evolu- tion mnol'cée depuis longtemps dans la (ivision du travail, par exem- pIe enLr-e malaxeur, iOUl'llenr, vcrnisscur ... ). - Séqucnces semi-homogenes et rythmes complexes. Le martelage débute ?"énéralement par un coup léger d'appel, par lequel l'opéraleur vériflc la prisc de son oul.il et le contact avec la matiere, puis une sél'le de coups vifs vraiment utíles amenent la déformatíon voulue, puis de nOllveau un appel pour reprendrc une .série (v. pI. XIII, lig. 43). Le montage d'lIll pot ne pl'ésente pas Jui-lllcme de rythme. e'est une séqucnce hétérogene d e gestes de durée inégaIe. Cependant, au moins ponr les pe tites el ll10yenncs pieces fabriquées en séric, le l'etour de moment ana[ogues, d'une piece a l'autre. est suffisarnmnt fréquent :pour qu'il s'organise sur un rythme. A La Borne Oll tonrne des pots a lait en deux minutes et demi. Bien que la période soit longue, l'opéraLem' sent le l'ythme el seS fléchissements. '" Stimulations et ambiance. Sonore : par sonorité propl'e du cadre (les aires a battre dont le sol contient des corps creux - poteries, chaudrons, cranes d'ani- maux -). par émission de signaux sanores rythmés (chansons de travail, appels rythmés, conptj de simet, de gong - cf. horlaior des galcres romaincs, musique dans les aieliers modernes - applau- dissements cadencés. Opligne ~ propriétés du cadre, de l'outillage, leul's couleul's (ef. rechcrches contemporaines sur la cOlllelll' dn papiel' a machine OH des mul'S d'un ateliel'). Sensori-motrice : mdre du dispositif, organisation de l'espace comme image de la chose l'énssie qni ll1al'-che, qlli « tourne rond ». Socialc : composihon des équipes de travail, synchronisme des motlvements -- martelage, hattage all fléau - (d. la psychologie sociale dans les milieux indus- triels, et ci-apres égalenlcnt, ambiance). 45 Reconstitution du processus. Organ!sation temporelle. A. Séquences inflividucIles dans une activité isolée ou de grollpe. 1. Al'ticnlations générales. Préparation : mise en place des costllmes Oil attl'ibuts spéciaux, mise en train physique avant l'adion, rites inauguraux (adion de grace). Adivité proprement dite : période de mise en route (a muscle t'ro-irl, « seconc1 sOllffic »), évenluellcmenL pause, repos (collation, mi·temps, enlr'acle). Sorbe'; l'etour au calme (gymnastique, sport), soins du corps, douche, l'h.angement de vete- ments, riles de sortie. 2. Séquerices actives propl'ement dites d'une iechriique matérielle. Ordre chronologique et duréc des phases (mar- quées par des changements partiels de dispositifs) eL des opérations. Noter les opél'ations nécessitant généralement une adaptation inten- sive (augmenter ou diminucr la puissance d'un COllp de rabot ou de mal'teall selon les inégalités de la matiere ti'aitée), Oil combinatoire
  • 46 (,9 44 GUIDE D'ETUDE DrfinCTE (
  • 46 GUIDE n'ETUDE DIHECTE DES COI\IPünTEMENTS CULTUHELS 47 aux possibilités du langage. 4. eorome il rencontrel'a pour la trans~ mission des phénomenes étudiés sensiblement les memes difficultés- qu'il a l'encontl'ées a se les faire iransmettre, bien que ses possibi- , ~ Vl W (!) Q);j.. ¡:: """ > ~. .('Ij~~ ~ g~ ~'8~~ ~ ~ ~ ~ ⢠~.g ⢠sans meme importuner I'infol'mateur. Cas fréquents dans les étndes ⢠~ > ~ DO-de céramique : un pot est monté en deux Oil trois minutes. On peut ~ ~. - ~ ;:, done assister a l'opération une cinquantaine de fois dans une mat~- née. L'essentiel est de ne pas perdre son sang-froid devant la rapl- dité et la diversité des gestes des deux mains et des transformations
  • 48 GUIDE D'ETUDE DIRECTE de la matiere. Séricr les obscl'vaLions en suivant tour a Lour chacun des protago~üsLcs. Par exemI;le, ú la fabl'icalion a'un prcmier 'pol, obscrver umquernent, sans s occuper dn mouvement des maills, la déformalion de la páte (centrage, mise an diametre, prellliere lUOll- Lé~, l'cconcenb:ation, et~ ... ). ~n no~el' les. di1fére.nts 5tades par une slI!le de croqms sornmaucs (lIspases en lIgue (pIste a des distances correspondant appl'oximativement aux dllrées et en y insérant les Jancées du batan). Vérifier au besoin eeUe premiere piste, an cours de la monLée d'un second poL Puis, aux suivantes, suivl'e sncccssive- lllent la main droite puis ]a main gauchc, en établissant Ieur « piste» respective. Vérifier le synchronisme des t1'ois pistes an COUl'S d'une derniere mo?tée; ]~ ~cénario est prcl pOUI' le déeoupage en vue, par exemple, d une serIe de photos prises aux moments earac!éristiques (v. pI. XII et XIII). !i~ Modes de représentationsgraphiques (v. technique). 1: Plans donnant l.a réparLition topographiqne aux moments les plus ll!Iportants, les cIrculations. Indispensables pour les activités collechves nombreuses : y reporter éventuellcment le nombre d'in- dividus passant dans un tenlps déterminé. 2. Photos, élévations. perspectives de ces moments. 3. Graphiques diachroniques (pI. XIII) 011 les gestes sonl figurés plus on moms, sc~éma~Hlueme~t, a,msi que les activités advenLices, par exemple. r~achon ~ un pubhc. Stop film (-- d" -). Graphiques Gant,t : les dIfferents r~les y sont reporlés par des signes on hachnrcs repl:esentant c.o~ventlOn.nellement la qualité des actions et lenr duree. La partrbon musIcal e donnant plnsieul's padies insLnunen- tales présente beaucoup d'analogies avec eelui-ei. . Activités ~Iternativ~s (forme fréquente dans les jeux). S'ins- pIrer des notahons classlqlles, par exemple brid-ge, échecs, les recrIe,; et les « coups » ayant été préalablement décrits. b .:55 Géométrie et nnances styIistiques. Dans la description d'une fiorme, manuels on rltuels ue des- oendent pas au-dela de cerlaines limites de précision. au-dclá des- 9:uelles le geste devient ineffieace, incompréhcllsible, voire sacri- lege. Mais a l'intérienr de ces marges chaque individu installe sa pro.pre rigl!e:,.lr, sa ~a~iere. son ~tyle. ~lui-ci pellt passer inaper
  • 50 GUmE n'ETUDE DInECTE Marche : simple, sur échasses ... Sant; sans appal'eil (pieds joinLs, cisean, roulcan californieu,. san! périlIeux, etc ... ), a la perche, cheval d'arc;on. Nage ; « de ehien », bl'asse, sfrudgeon, cl'uwl, brasse papillon. Grlmper el rétablissemenl (gymllastiqlle d'agres). LuUe QU immobilisation d'un animé. Attaqne-défense. Ani-· mal: prise d,e téte des jcunes bovins pOUI' la fenade. HOllllue: prises, defs de luUe gréco-romaine, br-eionne, de judo; boxe fran- c;aise, anglaise, catch, etc ... (v. les rnaullcls et catégol'ies élabol'és par les spécialistes). . Pratiquer l'analyse en gestes élémelltaires ponl' fixcl' les mau- vemenls rapides. le style. Jeu. Dispositif. - eadre instrumental: eadre naturel, utilisation des obstacles (chat perché, cacheUe); surface gl'OSSierelnellt plane pon!" jeu de bille, terrain de $"olf, court de tennis, fronton de pelote basque, arenes; plan d'ean (Joutes, water polo). Dimensions, cons- titution physique. - MatérieI ; billes, ballon, bou]es, quilles; tam- bourin, tamis, chis lera; arc et flâ¬~che, costumes spéciaux (lutte bre- tonne). - Animaux porleurs: chevaux; de combat: coqs, tan- reanx, vaches. - P-ersonnel : sexe, áge, composition de l'équipe par role. - Plan topographique en commencemenl de padic. AIialyse élémentaire ; « conps » de picd (foot-ball, rugby), d'instrllll1Cnts (raquette, tambourin, balle, chistera ... ); prises: prises de lutte, placage. Tactique : W. M. de foot-ball, jeu de filel, jeu de fondo Regles inlernes du jeu, orales ou éCl'ites, locales, nationales, internationales. Durée de la partie. Pauses. Prescr.iptions positives (atteiJ;1dre le centre de la cible, placer un hallon á tel endroit du terrain, rellverscr les quilles ... ), « coups » permiso Prescriptions Ilégatives, « coups » défendus, pénalités. Stimulation du jeu. Cris, appels, applaudissements, annonces chantécs des coups gagnants (pelote basque). Séries de parties combinées en poules, tourlloi, championnaL Répartition dans le calendrier : heures de la journée, diman- ches, jours fériés, saisons. JUl'idiclion officielle (illterdiction de cOlllbats d'animaux) ou eoutumiere : interd-idion, pres-cription, exdusivilé quant aux per h sonncs (age, sexe, état), temps et lieu. .' Remarque: dans les activités de jen, iI est indis pensahle de connaitre les regles, cal' les difficnltés dues·a lenl""cal'actere conven- iionnel et an nombre des acteurs (v. supra) s'aggravent du fait que la par tic ne se dérouIe pas selon un ordre défilli Jllais selon le hasard. On peut ainsi assister a plusieurs parLies d'un meme jeu, sans pouvoir démeler exactement les regles. Quiconque a suivi un jeu inconnu de lui en a faH I'expérience. Meme un simple jeu de- billes peul elre déroutant. Au foot-ball. le bul poursuivi peul Otre compris, mais an rugby la chose ,est beaucoup plus complexe. L'in- tcrdiction de se servir des mains serait relativement évidente, mais que de recoupements ponr saisir la regle du hors-jeu. Memes diffi- cultés, sinon accrncs, pour découvrir par la seule observation 'les DES COi\lPOllTEi'IlENTS CULTUImLS regles du jeu d'échec. Seule la lllulliplicaLion des obsel"vn!ions permetLrait de faire apparaiLre les réguJarités. Techniques de présenlation. , Hitu~l -personnel e.t d'état. Comme toute activilé symboliCfue, la p~'e~entaho,n ~'adre~se a une personne ou a un assimiJé, la persollne dlvme. ,Il s agJt moms du personnage individue} que du personnade statutall'e,: bourg~ois, sold~t (l86~. De fait, dans la vi-e, chacun e~L tenu de rep.ondre a la ~'eprcsentah~n de son éLat. Il s'agit d'etre OH tout au IUOlns de par~utre, de rnamfester un Mal, une essence : on e~t bourg~ois, Quvri~r, officier, .yr?fesseur., « ~lre, comme il faul »., c est « faI~e! se telllr comme 1 !aut», e est-a-due agir selon des normes precIses; peuser aux photos de groupe, individuelles (allure 1900, 1925, « Zazo u »). Le boheme ou l'anarchiste ne se manifestent COrnl!le tels qu'en adoptant ll~ autre llniforme. Le personnagc peul. r~pI:es~nte~' ab~olurnent un etal on se modelel' á une situation: VIs-a-VLS d un lnconnu, d'une personne de sexe. de niveau social hiérarchique, différents. < , 011 peut définir un cadre plus ou rooins vaste, a l'exlérienl' d~HIuel J.~ pe.rs~nnage se disloque paree qu'il y est déplacé (les lieux ou un dIgmtmre ne se commet pas), une situation (l'aUitudc ú pren~re. varie avec l.e stalut ~es, inLerlocuteurs, des speclaLcurs.,), np. eqmpement (ulll.fonllc, . hvree, ou tout simplement uniforme CIVIl de class·e, de Salson, gl'lmage, maquilIage, cosmétique, gort de la barbe, de la moustache ... ), ~ln régime alimenfaire, une alIure, une posture (port de tete, de VOIX, garde-a-vous, attitlld-e déférenle. condes~en~aI.lt~ _ ou désin:rolle, a~titu~c orante .. .), un registre géllé· l'uI.de 1 achvl.te (vocabulall'c de .sItuabon variable sclon les rapports SOCIaUX des Interlocllteurs) qm définissent les « manieres» UIle fl~éque:.:ce (le p~rsonn~ge du dimanche, des heuyes de travalI: ser. "ltude a pen pres contmue des personnages officIels) une économie (repr~sentee pr~saiquc.ment par les .Ie~o~s . de ffi!linhen et par les « frals de representatlOu ») un dl'Olt qm InlerdIt Oil pr-escrit teIs apparence, geste, posture OH les réserve, stalutairement, a une caté- gorie sociale (16). - Gestes de prise de contact et de séparation : « coup » de chapean, poignée de main, baise-main, saluL. La description Pl'otocolaire du geste est tres souvenl impllis- sanLe à lloter toutes nnances, qui font d'un meme geste un signe de profond~.révére.nce OH d'irúnie. Lt;, cinéma aide a fixer ce style
  • 52 GUIDE n'ETUDE DIRECTE public, comme c'est le cas de beaucoup d'artisans de viUage. (CeUe démonstration en pubJic jouait un grand rOle dans la connaiss
  • 54 GUIDE n'ETUDE lHHECTE variable de réitéi'ations. La scconde esL l'intcrdépendance des acLi- vités cxercées, a la méme époque, par l'individu : les cffets d'une acliviLé oc sont pas indépendanls de ceux des mItres qui pcuvent avoir des inlluencc& compensatrices. inlübiL-rices ou accéléraLl'ices; (l'ou l'importance des dosages dans un l'égime alimentaire, des alter- nances lravail - repos, etc ... , ainsi que des facLeul's u'arnhiance (climat el micromilicu). La tl'oisieme est l'interacLion sociale; l'exa- Illea précédent a mis sans cesse en pl'ésence de ce Caetenr a l'inté- l'ieur mcmc de l'actualisation, mais -il est bien connn que les effets psycho-physiologiques sont différenls seIcn les résultats d'ordre social que l'opéraleur peut atlendl'e de son activité. Dans le plan hiologique, il faut sOllvent se contenter des approximations globales l)orLant sur le résultat d'cnsemble pOUI' un jnctividu et sur les stalis- tiques hiogl'aphiques du plus grand nomhre possible d'indivic1us excreant la meme activité. -11 est indispensable d'étahlir ce bilan tcchnique, au rooins glo- hal,
  • 56 GUIDE D'ETUDE DIUEeTE Inversement : développement adaptatif des m'ganes effecteurs (musculatures), perceptifs (abaissement des seuils sensoriels, acuité de la vue, -de rodoral, du toucher ... ). Instauralion el amélioralion des aulomatismes mentaux. Raccollfcissement des délais de répa- raLion. Enll'ainemenl a l'efforl prolongé ... Amélioralion générale du conditionnement. 4. Relalivilé du C31'actcl'e positif ou négatif de ces modi:ficalions, sur ton! en ce qui concerne les lllodificalions tempol'aires. Certaines s~nt recherchées systématiquement dans la culture physique, le sport (oxygénation. éliminahon ... ), mais également dans le 11'3vail. Des déformations permanentes perdenl de leur caractere négatif absolu par la valorisation sociale qni en résulte : métiers ou occu- paLions prestigieuses, aspect rubicond ou replet qui manifeste un genre de vie. D'nne fa¡;on générale, les conséquences psycho-physio- logiques d'une activité varient avec les conditions sociales dansJes- quelles elle s'exerce : travail contraint, forcé, activité marquée par l'approbalion publique. collaboralion enthousiaste a une reuvre. 5. Performances moyennes et maximums. EfTort prolongé. Temps pendant lequel on peut tenir, maintenir la cadence. Distin- guer les lcmps jusqu'a la limite d'élasticité (modificalion reversible, - fatigue récupérable) et au dela jusqll'a l'épuisement (le coureur de Marathon). Le premier est variable avec les individus, dont il mesure le potentiel ou le rayon d'action. Noter la moyenne et les « records » mémorables (celui qui a abaUu le plus rl'hectares de blé d'une traite, records gastronomiqnes, « paris stnpides » ... ), souvenirs parfois marqués de la constatation d'nn accident ou d'un dépassement imprudenl de la límite d'élasLicité. Délai de réparation (( récupéra- tion des sportifs »). Nécessllé absollle ou tempérée rles pauses (les collations de moissonne~rs). Période viagere : les métiers qui usenl ou qui « conservent ». Limite d'ftge initiale (entrée en apprentissage, déformations dnes a un exercice précoce) et finale (retraite). 6. Activité motrice et régime alimentaire. Variété des réglmes définis en qnalité, en quantité et en périodicité, en rapport avec les activit-és dominantes. Régime du travailleur de force (ratio n alimen- taire d'un taillenr assis : 2.500 calories, d'un onvrier métalIllrgiste : 3.200; d'un dockeT : 6.000). Métiers qui font boire. Hation de sucre des sportifs. Consommation de laU cornme antidote par les anciens martineurs de cuivre. En agriculture, différence entre régime de saison-morte et régime des gros travaux. 7. Conditionnement et temps d'acquisition. Les lllodifications psycho-physiologiques cnmulatives, négatives ou positives, consti- tuent le conditionnement de l'agent a l'activité : sa qualifi-cation. Ce condilionnement comporte des éléments conscients, négatifs Oil positifs, et des éléments inconscients échappant a l'agent et sali- vent également a la eollectiviLé (eas des névroses collectives). L'apprentissage porte sur l'acquisition des Cléments positifs cons- cienls (les autres s'imposant de surcroit) et la réduction des élé- ments négatifs. L'économie de cette acquisition se mesure gIobalement par le temps moyen néc~ssaire dans ~n milicu s?cial áonné : il ~aut t~nt de jours, de semaInes ou d'annees ponr faIre un manutenhonnaIre, un tourneur de pot,. un mécanicien de précision ... DES COMPüUTElI1ENTS CULTUllEJ.S 60 Plan social. Valeur-Lravail (v. § précédent). Valeur d'échange, évaluation monétaire de ce qui a été.vu pré-· crdemment au chapitre matériel et personnel. Prix de reVIent, de- vente, d'occasion des équipemenls, des matieres premieres, des pro- iJuils. Valenr locative des bitiments, des équipements. Salaues â¢. honoraires, traitemenls : a la piece, journalier, mensuel, anuuel; en especes, en nature. Frais. ~'apprentissage. rre~t~ti,on de service enlre voisins, etc ... (pour le detall, v. groupe d act~vlÃe). . . Les modes d'échange, de diffusion commercmle, de dlstnbu-- lion, de Pllblicité (vente a la cornmande, sur catalogue, sur stock, ambulante, colporlage, par intermédiaire, grossiste, délaillant...) sont a traiter sous la rubrique teehnique. 61 Rendemenl. La notion de rendement fait tache d'huile depuis le déve~op­ pement de techniques donf les probabilités de réussitc sq~t SOUIDlses- ~l un controle sl"alistique. Elle désigne le rapport du resul!a.t au~ dépenses engagées. Elle lend de plus en plus, par transposlÃlOn, a désigner le rapport du résultat espéré a la somme des efforLs 0t;L des, pertes consenhs. Les activités rituéliques ne semblent pas aVOlr de bul définissable (sauf lorsgu'eIles sont persuasives a l'égard des divinités techniques, prQpibatoires), autre que l'affirmation, l'exal- tation de la collectlvilé (75). De fait, ce n'est que lorsqu'elles s'élei- gnent que l'on COllllllence a se poser la question de l'intéret des aclivités désintéressées. Dans une certaine mesure, on peut évaluer le rendement d'un !'ile par le rapport de ceux qui le pratiqllent a ccux qui devralent,_ par spontanéité cultnrelle, le pratiquer. APPROXIMATIONS SOCIOLOGIQUES 62 Aspect socio.technique. L'étllde précédellle a défini la structure socio-te-chniqlle. ~e­ l"unité active. JI -est importanL de connaltre le nombre ?-cs umt~s simples agissanl selon la I?em~ norme : nombr~ de pohers fabrI- quanL le meme g.~nre de ce~·aImque.' de .braconmers se servant du meme genre de p1ege (ce qm est mOlns simple!), etc... . Cette mesure donne l'indice d'extension de la prahque efIec- ti ve, différente de eeHe des connaissances et des besoins : univer- salité ponr une population donnéc, particularité des p~a~iques de groupes d'activit~ spé,ciali.s,és, singularité d? se.ul spécIah~te. l.!ne population pent etre etudlee quant aux categorIes de quahficatlOn Lerlmique (200). Celte connaissance approchée de l'extension de la prati~ue' eITective facilite la délermination des solidarités et structures SOCIO- teehniques sur lesquelles s'articule l'unlté active considérée : divi-- síon du travail, hiérarchie techniq:ue, aire d'expan~ion, variatioll' de la demande d'équipement agncole selon la sal son, etc... (v .. groupes d'activiLé).
  • 58 GUIDE n'ETUOE DInECTE ;3 Aspec! socio-économique_ ~égillle de proprieLé des moyens de production. Variafions sai- S~H~llIereS ue la deJ~lande en foncLion de la venLe de la réeolte. Acti- vlÃe de consommatwll et pouvoir d'achat. . Seuils économiques conditionnant I'acees a la pratique ou y obhgeant. Le banage de qualift.cation technique est souvcnt le l'ésuf- t~t d'un barrage ~conomique : impossibilité d'acquérir la quaIifica- hon par appren.h~s?-ge, de disposer de I'équipement nécessaire. Invcl'semcnt, ~~tnl11es auxqueI1es 80nt rivés ceux (lui ne peUvcllt changer de mehcr. i4 Aspect socio-juridique. Distingu,er. le d1:oit o,fficieI (code, ~rretés préfecloraux, usages locaux SOUllllS a codIficaLlOn) el le drOIt local ou coutume. . Dé.ter!ll~ner ponr la noúne d'activité envisagée les caractérifi- tIques Jurldlques suivantes : . 1. Norm.e .c?utumier~ ql~ant a l'~gent (ohligütion, permission, dr.OIt, ?XC~uslvlÃe statutaIre, llüeI'dlchon), a la forme (maniere de faIre, eqmpcment et malériaux employés, qualité du produit), aux ternJ?s (ban de velldange) el lieux (propriété privée ou colleclive perhnence de situation, etc ... ). ., 2. Alltorité involTuée : loi coulume locale tradition, loi mOl'ale, droit naturel, droit dÃvin... ' , 3. Agent de controle. Controle universel diffas par tous les n~~rn~res dn ~l:oupe. Contr?le particulier :. u~ client ne pent t.:011- holel la ~uahte d un prodmt que ~~ns.l~ lImIte de sa compétence; chaque gIOupe ou sous groupe s!)ecmhse a sa coutume et ses ins- truments de controle, le conlróle professiollnel ne peul Ctre exereé gne par des gens ~e rnétier, d'ou possibiJité de ségrégation corpol':1- hve et technocrahgue. Contróle par délégation : conseil de famille, des anciens, de discipline, jury d'honneur, experts ... . 4. Nah~r~ de la sancLion. Scandale, moquerie, ridicule. Pénali- sat~ons, chah~nents ~orporels, brimades. Déclassement, disqualifi- cahon, ,excluslOn : ml~e au han, « quarantaine », disqualification professlOnnelle, excluslOll de la cornmunauté a temps ou définitive, etc ... Inversement. sanct~ons positives : éloges, récompenses, prix, honneurs, promohon soclale ... 5. Agent de la sancUon. Univcrsel : administration du ridicllle quar,antaine, .r~trait de la, cli.e~t~le .. Organes spécialisés: a.gent~ pubhc~ ou prIves, groupe d acllvlÃe aglssant sur un de ses membres (conseIl de l'ordre), clas'Ses d'age (administrant le charivari), etc ... 6. Nombre ,d~s écarls par rap~ol't.au. dyoit officicl ou a la cou- tun~e locale. Dehnquance : caractere IndIvIduel ou collectif. Anta- gomsmes de la coutume eL du droit officiel (cf. la « vendetta»' le charivari, drame récent dans les Basses-Pyrénées). Ecal'ts tenda~t a la normalisation de fait. Coutume et droit naissant en particuller dans le domai!l-e socl~-économique par le jeu des rapports de force entre classes ecollOImques. DES COi\IPORTEl\lENTS CUJ .. TURELS 59 INVENTAIHE DES ACTIVITltS ET RESTlTUTlON DES CADI\ES TEMPOHELS CONCllETS 65 Generalités . L'inveniaire des acLivilés des memhres d'un grollp~ presente COffime instrument de recherche des avanlages analogues a cellX que nOlls avons reconnllS il l'invenlail'c tIll matériel. A la limite - d'ailleurs jamais aLLeinte - il donne l?ut ce que le groupe a vécll dans ses relatlom¡ actives avec son envlronnement et nou~ ras- sure donc par cette exhaustivite l'elallvement a?cessible. Son impor- tance n'a pas échappé a cel,Ix qui, dans la prallque, out a organiser des activités (tablean d'enlrcprise on emploi du tcmps familial) ou a comprendre un comporlemenl présenl el (llli, pouI' cela, se rercrent aux aclivi lés passées (cf. recours a la hiographic dans l'étude el'un cas médical, pétlagogique, d'orienlalion professionnelle, jlldiciaire, etc ... ). ecHe I'éférence aux activités ex ternes esl également notre appuí le plus sur. Avant de faire la psychologie des penples et ponr avoir ql1elques chances de ne pas errer clans ce domaine si conve- nablement ponrvu de picges tendlls a l'imagination, noLre objectif est de dl'esser le réperloire de lenrs activilés et d'en pl'écisel' la strllcture. Comme celui du matérjel, l'inventairc eles adiviiés présente trois degrés : 1. l/inventaire qualitatif éUllmératif des différentes activilés, décril~s formellement comme indiqué ci-dessLls. 2. L'inventaire qllantitatif ou poncléré donnant pon!' chaque activité les fl'éqllences et temps d'exercice et, éventuellement, les indices numériques gil'on aura pu l'elever, soit unitairement soH globalement. D'ou un classement des activités val' ordre de pondé- ration, ce qui ne pl'éjuge d'ailleurs pas de la sabsfaction des besoins exprimés et du syslcme des ValellT~, mais prépare l,eur étnde. 3. L'invenlail'e chronograpluque, OLl emplOl du temps, qui re place chaque activité dans son ordre temporel et aboutirait ponr une population donnée a un graphique Gantt genéralisé. Po nI' une populalion donnée, l'inventaire chronographique Oll emploi da temps établit : a) Les synchronismes OlJ les décalages: simuUanéité des dépal'ts aux champs, a l'école, des repas, de l'écoulc ú la radio ... Sur ces synchl'onismes généraux, s'établit un cadre temporel social. .on en connait une manifeslation particulierement importante' dans les milieux dtadins : les heures de pointe rcdoutées des services de tl'ansporl el de la circulation. L'instauration de l'hem'e d'été est une opération destinée a aSSUl'er une conc?rdance économique du cadre sidéral el du eadre social par translahon globale de ce dernier. Par eontrc, groupes décalés des travailleurs de nuit ou des jours fériés. b) Les co-activités, réunions plus OH moins nombreuscs ; équipe de travail, classe scolalre, cercles il'hommes (( Café du Commerce » et généralement autre póle antagoniste), conversatión de seuil, groupe a la porte d'uu atelier arUsanal, réunions poli tiques, syndi- cales, fetes communales, etc ... On y releve les contad!? effectifs, les convergences partielles, gélléralisées ou totales, la consistance et la solidité de ces groupcmcnts périodiqllCS. la proportion des-temps
  • 60 GUIDE n'ETUDE DIRECTE de s~lbol'dination, de collahol'ation, de communication libre, d'allto- nOillle, etc ... Cas particulier de I'écoute généralisée d'une meme émission radiophoniq:ue : syn~hroni~me ou l'?ll peut distinguer des groupe- ments parhels (famIlIe, chenteIe d un café ... ), la formation uIté- fleure de groupes de cornmentateurs, occasionnels ou concertés. e) Les ségrégations et aliénations. DifIérence entre activités. publiq;ue, privée. secrete. Exclusion du ptoducteur de l'usage des. prodmts de son travail qui se uaduit par leur absence an réper- toire des activités de consommation, etc ... d) Les.migrations pél'iodiques (Journalieres, hebdomadaires Oll saisonnieres) d'envergure di verse (usine voisine transhumance migration -des travailleuÃ's saisonniers ancienneme~t moissonneurs~ actuellement encore vendangeurs dans les régions de monoculture- vi~.r;ter?nne, marchés, pele!ina~es, congres, ~tc ... ). Des mouvements ~enodlqu~s, t~ls que celm qUl bascule plusleurs centaines de mil-- hers de cltadms vers la campagne pendant les mois de juilIet el aotH - autre phénomene de pointe, - obligent a recherchel' les moyens d'étaler en échelonnanl les synchronismes. Nous ne reviendrons pas sur les qllalités méthodologiqlles : effet inducteur sur la mémoire de I'informateur, utilité des dénom- bremenls (y.. i~ventaire mat~~ri~I) .. H n'est s~ns do~te pas nécessaire- non plus d IllsIster sur les hmItatIOns pl'ahques d u.n tel invenlaire donl l'établissement peut se buler aux frontieres du discret, du secret ou du clandestin, dans des proportions variables avec les groupes. Par contre, il n'est pas inutile de faire le poinl sur les dif- férents progrés qu'¡¡ perme! a I'enquete. . 66 Emploi du lemps el classes d':lge. Biologiquement, la vie d'un individu se divise en époques : enfance, adolescence, maturité, sénescence, -entre les termes de la naissance et de la moyt. Epoques que l'on caradérise par différentes rne~ures et conslatahons sur la morphologie, le potentiel physique et mtelIectuel, les performances psychosomatiques, les maladies, e.te ... Mais ces performances, ees c31'actérisliques, la longueur rela- hve ,f}-e chaq~e époque ~t ,c~lle deja ,!,ie méme ne sont pas separables de Ilnventmre des aehvltes. Pour etre complet, un tableau viager doit comporter en regard caractéristiques psyehophysiologiques el ~aractéristiques de la vie de relation. Ces inventaires poursuivis le long d'une séquence individuelIe,. précisent les systemes de comportement aux différents :1ges de la ,'ie. Ces ages culturels, dont quelques-uns sont marqués par des cérémonies, des « riles de passage », se caractérisenl en eITet par des modifications dans la composition du systeme d'activités (les ~hoses qu'on ne fait plus, ceHes qu'on est admis a faire), dans la fréquenee (l'apprenti devenant ouvrier exécute désormais pendant plusieurs heures par jour les gestes que jusque-Ia iI ne pratiquait qu'a titre d'exercices plus DU moins sporadiques) el dans l'ordon- nance (l'écolier, qui entre en apprentissage, continuera des aetivités de développement culturel en dehors des heures qu'il y consacrait jusque-Ia). Ces ages cuIturels ne sont pas forcément en concordance étroite avec les degrés de maturation physiologique, et }'efIort dt. la psychologie génétique, de la pédagogie el de la médecine du travail , 1 ¡ DES COMPORTEMENTS CULTURELS 61 se porte sur la recherche d'une concordanee plus rationneHe des tacnes cnlturelles el des capacités physiologiques. '07 Inventaire des aclivités et classes sociales. D'aprcs le~ activites ~e d~stinguent :populations scolaire, activ~, oisive, en retralte, les eategones professlOnnelles, etc ... La composl- lion et la structul'e des emplois du temps sont probab~ement un critere essentiel, sinon le plus significatif, de.s .clas~es sOCl~les. EHes sont en effel en élroit rapport avee la condlhon economlque. dont elles sont le reflet. Il esl possible de eulti~er le flou en p;éte!l~anl que des salariés sont également propriéta1res, que des rneeamClens peuvent aller au concert, que des ollvrie;rs s'habill~nt comme de~ patrons et inversement et qu'il y a des pell~.tres du ~lma~ch~ parIDI les dOllaniers, direcleurs ou prép.osés. Ceel est vral. Mals Iobscur- eissernent vient de ce que l'on considere seuleme~t 9.ue~ques analo- aies partielles el relativement anecdotiques. La dlshnctlOn est plus ~ette Iorsqu'on compare des ensembles aussi complets que possible et non des détails. ,68 Discrimination de modes de vie régionaux. . Nous avons VLl que le procédé le plus courant de discrimi?-ation repose sur une constatation. de pl:ésence-absence d'un !Talt ~ul­ turel, sOlIvenl menu quant a son II1l:portance locale. malS qm se recornmande a l'observation superficleIle pa~' son ~Itt~resque. Il arrive qu'un villaae se singularise par- des trmts aUSSI rnlllces (sur- noros et eomporte~enl antithétique). . .. Une discrimination plus solide s'établil sur la ou les achvües dominantes par leur volllme au calendrier et par le ~ombre ~e par- ticipants : classement des ré~lons par leur produchon domma~t~, céréales, vin, !aH, etc ... Au dela, ~ mesure,que ~'?n va,. vers des ~n,lte~ territoriales de plus en plus pehtes, la neeessIte c;-rol~ de c~nsldereI plus de termes de, comparaison e~ ~e!1r org~lllsatlOn. e,est, par exemple, sur des decalages des achvItes d~ reeoIte que l ~n peut discernel" dans des régions de vocation senslblement homoqene des sous-régions ou des zones, ce qui a, entre autres, pour eonsequence, la possibilité d'entr'aide d'un village ou d'un pays a I'auh'e; . La connaissance, an moins approchée. que chacun a de 1 emplol du temps de ses sem~lab!es est.le critere que ~ous avons ;eten~ P?ur définir le groupe terntonaI qm nous servu'a d exemple d apphcatlOn de l'enquéte monographique. II y a en effet beaueoup de ~ommunes ou chaque habitant _connalt tous les autres et l~ur ~~pIOl_dll temps habituel (aux incidences historlques pres~ et s~là ou 11 pourra ~rou­ ver tel ou tel a un rnoment donné de la ]ournee (191). Il Y ~ la un systeme de relations sociales tres caractérlstiques qui e.x~hque l~ prégnance particuliere du contróle diffus dans c~s locahtes el qm disparait a partir d'un certain volume de populatiOn. 09 Aclivités el sysleme de valeurs. . . L'emploi du temps donne une premiere approximatio~ du sys- teme de valeurs : 1 0 dans la mesure ou les activités prof~sslO.nneIIes ont été choisies et donnent satisfaclion; 2~ par la distnbuhon d~s heures de loisir entre différentes activités (compte non tenu des aeh- vités économiques d'appoinl). -', La répartition et l'importanee données a -chaque poste du bud-
  • ~2 GUlDE n'ETUDE DIRECTE gel en donnent une autre : }@gement. nourritur~1 fOl'mation, 10i5irs ... ~ais l'irn,age n'es! ~alab~e ·qu'en cas ~e -b~dget. iIlimité, sinan i] y a deformahan par reduc[¡on des besoms msahsfaits. TOlliefais la satis.faction d:ensemble ~e~t. faire .o~bHer les carences que 'les 'dis- cnSSlOns, 90leances, achvItes pohhques et sociales manffestenL Enfin. les adaptrrtions ame. ffluduafions de ]a conjoncture son! révé- Ia,tr,ices -: en période ,di~~i1f~~ .c~ s,ont les ,'postes s,,!crifiés ~~a:b.ord·; en perlO de ,de plus :grande ·famhte -econonnque, soclale ou Jundique : acti·vités. qui se -développent, -prennent Je ·dessus, compte tenu .du COllp -de feu initial. 70 Evolution des modes de vie. , L'inventaire pon~éré des activité~ mesure, d'une époque a Lautre, ;Ia transfOl'matIon -du liode de VIe. n y a cent ans, les hahi- tant.s ,d~ Bar~e~t~ne (Bo~ches-d~-Rhóne) faisaient 'de 1a polyculture~ cu.ltIvaI~nt 1 ~hvler .et l-amandler sur la mont~gnette. Puis .ils se -!llU'ent.a cultIver la _gal'ance dans -le fond de]a vallé e de la Durance .. jusqu'au moment (1880) ou la découverle de }'alizarine ruina eette culture. En 1937, la montagnette était deserte et dans la vallee on cl1ltivait les primeurs que l'on envoyait sur les marchés -de :Paris. ainsi :que - a eeUe époque - sur-ceux d'Angleterre et d'Allemagne. Si nous comparons le calendri-er de deux enfants de meme age a un sicc1e d~intervalle, -dans les 'memes localités, nous voyons que l'école a remplacé la garde des befes ou le travail,de bkheron .en manu- facture. :Cornme précédernment, ce .seul inventaire montre l'évolu- tion des relations a I'intérieur du groupe et avec les groupes voisins : de la polycultur.e a la monoculture c'est le passage d'Ãln .systeme d'échanges restreint a l'ouverlnre sur le marché natioual et inter- naUona1. 71 Aetion el représentation. L'évolution ne se fait pas mécaniquement et nous ne pouvons :assimiler nos répertoires d activités .a des tableaux donnant d'épo- .que en _époque .les situations d'un systeme physiqu-e ou chimique. Dans un group.e, les .iransformations s'o.perent sous l'impulsion des uns rnalgré ,la 'résistanc-e des autres. Les uns e.t les autres jugent de l'utilité úu du danger de la transf-ormation -soit ,dans l'absolu, soit l'elativement a des intére.fs plus 'Oil moins coIledifs. n s'agit, en -tout cas, d'un débat portant sur les repl'ésentations des moyens, des inlé- rets, des 'fius. Il faut done savoir queIle connaissance l-es agents orrt de leur activité et de ceHe des autres, -sur quels criteres reposent l'.idenlification des siluatlons et des etres, les jugements de valenr,.. l'opinion. L'inventaire des activités ·ne prouve pas que tous les besoins saient satisfaits, les drconstances sociales et économiques y opposant leur barriere, Ces d¿calages entre l'cpréscntations, voli- tians et actions -apparaitraient d'ailIeurs si nous pouvions, dans l'emploi du temps lui-meme, suivre les activités par lesquelIes les memhres du groupe confrontent leuI' point de -vue, cherchen't une adaptation,a la .conjonctul'e, que ce csoit an marché, a la forge ou an café (comportements orientés, 2), Nous ne manquerons opas d'y assister, lorsque -naus y serons admis (86) .. C'est .en tout cas ce que nous :allons es'-sayel' d'atteindr-e, au JlIToin-s .-a propos des activités dont nons avons aper
  • GUIDE D'ETUDE DIRECTE informateur, sont l'appelées an chapitre consacré a la psychologie de l'enqnete (216) et procedent d'ailleurs, dans une large mesure, de ceBes que nous avons plus particulierement en vue ici, dont les principales sont: ¡o la noyade dans les savoirs encycIopédiqnes individuels; 2 0 la difliculté de s'assurer de l'authenticité des mobiles ,et des motivations et. surtout, de I'intensité d'une affection; 3° le décala~e entre I'expérience sensorl-motrice, I'expérience aff-ective et le syst~me d'évocation symbolique et, plus génél'alement, le déca- lage entre monde per((u et monáe subi. Tolalité des sarlOirs el vaUdité locale. La premiere difficulté est accrue par I'interférence de deux 'Ãrdl'es de connaissances : la tTadition locale et les connaissances provenant de l'enseignement -officiel, de l'inf-ormation externe par les spécialistes et les techniques de diffusion (presse, radio, etc ... ). Faire l'inventaire complet de toutes les connaissances que 1'0n peut trouver dans toutes les tetes d'un village serait un travail de béné- dictin absolument hors de propos. Inutile de refaire une encyclo- pédie avec les connaissances genérales du médecin, du vétérinaire {)u de l'instituteur, qui renverraient probablement aux manuels, .avec toutes les connaissances accllmulées par tel ou tel habitant, tant qu'elles demeurent a usage strictement individuel. Par contl'e, imtre que nous aurons besoin des uns et des autres _pour leur COll- naissance du milieu, il sera tres important : 10 de définir et leur role comme spécialistes et les occasions dans lesquelles ón fait appel a lenr saVOlr en dehors· des services qui caraclérisent leur profession; 2° de préciser les difficuHés que ces spécialistes rencontrent a se fenir au courant et a s'équiper. J.lfotivations. individuelles ei valeurs sociales. Ce sont les motifs de leur aclivité que les informateurs celent .Qu transforment le plus volontiers. Quant aux mobiles profonds, ils restent. tres sonvent une énigme pour le sujet lui-meme. Tout a l'heure nous risquions de nous perdl'e dans le foisonnement des savoirs, ¡ci le risque n'est pas moins grand de nous enfoncer dans les arcanes et les pieges de l'affectivité, de l'intért!t. Ici comme la, le· danger est le meme : prendre l'individuel pUl' comme seul sys- teme' de références; meme est le remede: considérer pensées ou affections dans lenr extensioll, lenr socialité. On est paríois tenté d'al1er plus avant dans l'investigation du .singulier, 1orsqu'un informateur semble étre un novateur, soít dans la critique qu'il fait des normes régnantes, soit par les solu- tions pratiques qu'íl envisage on simplement par ses inventions .affectives. Ne passe-t-ún pas a coté d'une norme naissante, qui dans dix ans fera flores, ce quí marg,uera que I'innovation individuelle -corresponqait a un besoin coIlectlf? QU'a cela ne tienne, le novatelll' - ou qui se croit te! ~ connait la singularité ou }'extension ROs, sible de sa conception ou de son sentiment, S'U en faH part a 1 en- queteur, il est rare qu'il ne l'aie déja fait a d'antres personnes de la localité. On pouna done s'informer aupres d'eIles de leur opinion et du statut qu'elles reconnaissent en général au novateur : forte personnalité dont efl'ectivement on attend de· bons conseils (v. plus hauO o.n original, fou, maniaque, etc ... Ne pas se laisser ab~orher 1 DES CÃMPÃRTEMENTS CULTURELS 65 par les singularités, a. moins qu'elles ne permettent, par contraste, de cerner les phénomenes collectifs. Sensibilités sensoJ'.ielle el affecfive et insuffisance discursive.· La morphologie de l'adion met en évidence le décalage entre l'action, la représentation qu'en ont le sujet ou le spectateur, et la possibilité d'évocation discursive (55). On constate un décalage de cet ordre dans maints autres aspects de la sensibilité sensol'ielle ou affective. Les descriptions des vins antiques sont plus que défi- dentes, mais, beaucoup plus pres de nous, des crus ont disparu OU, au dire des connaisseurs, changé de bouquet sans que la preuve en puisse etre adrninistl'ée maIgré des efforts terminologiques méri- toires. Des matieres pl'emieres, et plus particulierement d'origlne vegétale OH anirnalc, sont identifiées avec une sftreLé étonnante sans ~ue l'expert puisse expliciter exacternent les criteres sur lesqllels s ap);"tuie la discrimination. Dans certaines branches, des individus parhculierement doués et exercés jouent le róle de « pierre de touche », de « dégustateurs », d.'experts, etc ... , rnais leur savoir, qui est jncontestable et vél'ifiable, n'cst guel'e transmissible sinon par conditionnernent direcL Ces rnaticl'es, ces styles délicatement difl'é- l'enciés, servent de reperes aux initiés pOUl' des c01:nparaisons, des « a la maniere de » ... D'ou, pour la fixation de ces valeul's coI1ec- tives, l'utilité des échantillons (malheurensemellt beaucoup sont périssables), des objets (en particulier, en ce qui concerne la sensi- bilité esthétique) el des enl'egistl'ements saisissant le coueret que nous n'avons pas encore les moyens d'analyser l'igoureusement (7). 74 Schéma d'étude des représentations concernant une praUque. Une bonne part vient d'en etl'e vue a propos de la description morphologique et des caractéristiqucs sociales et économiques ~e son aduaIisation. A la limite, un infol'mateur pourrait dresser IUl- meme la monogl'aphie (senl reste accesslble des normes tom- hées en désafTection), c'est-a-dire que le chapitre connaissance pour- rait inclure le plan complet de l'enquMe (8, 213). Nons donnerons quelques exemples de ce qui peut étre groupe dans le cadre clas- si que des catégories générales du vrai, du hien et ~u beau, en rap- pelant préalablement la solidarité étroiLe de ces dlfférents aspects. En effet, pour quí adhere a une fin, c~ll~-ci f.ai! pa,rtíe d,u monde, qui est impensable sans elle; elle es~ moms un l~eal a attemdre qu nn.e nécessité vifale. Certaines affectlOns ne se dIscutent pas; des sentI- ments inculqués des ¡'enfance sont ressentis comme instindifs et rapportés a la natu.r~' ils font partie ~u syste~ne. cosmolo.gique du su,let. D'autres adhesIOns se fixe~t ~01ns ,sur 1 o.bJet en SOl que sur le statut social dont son appropnatIOn fml partle. Pour la commo- dité de l'exposé et ecHe de l'enquele, l'extension et la durée sont provisoirement sépa~'ées de la.représcntatio~ de l'objet on de l~ pl'a- tique, ~lors qu'en fmt, au mOIl~s.pOUl' certalnes, enes en conshtuent une raIson suffisante. A condllIon de ne pas pcrdre de vue ceUe intel'dépendance des pratiques, des repl'ésentations, des sentiments, des attitudes critiques et de la dimension synchronique et diachro- nique des unes et des autres, on pourra envi~ager successivement les points suivants. . .. -. 7
  • 66 GUIDE n'ETUDE DlRECTE 75 Connaissances empiriques ou scientifiques. Cl'iteres qui permettent d'identifier matiel'e, materiel, auxi- liaires végétaux el animaux, pel'sonnels, soif en général, soH prin- cipalement en ce qui concerne leur utilisation ou leur collaboration dans l'activité envisagée. Cette connaissance est généralement empirique. Une matiere s'ideniifie par ses propriétés les plus apparentes (couleur, orlenr, son au choc ... ). La qua1ité est jugee par les expériences anférieures sur des échanfillons de meme origine. En ce qui concerne les pro- duits locaux, l'arUsan connait les gisements, les plantatíons, les érevages qui luí out donné les meilIeurs résultats_ pOUl' tel emploi déterminé. ' POUl' les produifs d'origine lointaine, le principe d'autorité, de la recomrnandation, de la renommée fondionne ponr la premiere cornmande, mais les prodllits sont jugés a l'usage~ On aura noté les moyens empiriques employés dans l'essai des nouveaux matériaux et I'association qui s'établit entre l'aspect. les propriétés directe- ment perceptibles et les résultats vérifiés, ainsi que Tusage de tous les auxiliaires matéricls de la connaissance : almanachs, manuels, livres de l'ecettes ... Cel'tains artisans ont fait des stages dans des usines, se sont inforrnés des moyens scientifiqucs d'identiftcation el d'analyse, ainsi que des réactions ehimi ques qui régissent la transformation d'une páte soumise a raclion du feu. En ce qui concerne le personnel, s'enquérir égaIement des cri- teres sur lesquels on juge d'apres I'aspect extérieur, puiso' sur essai, de la qualifi-cation a un poste de. travail détel'rniné. A ce niveau s'operent une sélection et une orientation professionneIles, dont on cherchera les manifesbtions non seulement chez le « eonnaisseur d'hommes » mais chez tous les pratiquants du métier. De meme l'examen de l'économie psychosomatique (59) fournit les éléments d'une psychophysiologie du travail, de l'alimentation, elc ... oú se melent connaissanees empiriques et scientifiqllcs plus ou moins intégrées. S'cfforcel' de ·définir les causes auxqueIles sont attribués le suc- ces OH l'échec. Chez cel'tains, l'esiimation technique des résultats reste sornmaire. chez d'autres, elle fail l'objet de mesures Oll de comptages exacts et d'une comparaison systématique avec les con- ditions de l'opération, ou s'amorce une Mude expérimentale. On peut done discel'ner deux attitudes : l'une qui tend vers la rnéthode systématique des essais et des eneurs, l'autre qui, s'en remettant a l'autol'ité de la tradilion, aUribue les fluctuations des l'ésultats an hasard, a la fablité. Nous avons entendu parler d'un taillandier renornmé pOUl' la qualité de ses haches et Qui se livrait a de nOID- breuses expél'ienees de trempe, telles celIes-ci : ayant porté une lame au blanc soudant, il était parti sur une carriole, au gl'and galop, dans le but d'essayel' l'effet de l'air brumeux du _pays comme bain de trempe. Nous n'avons pas eu la possibilité de vérifiel' la chose. Il se pent que ce He histoire soit l'reuvl'e d'un rnystificateul', mais il y a teIlement d'histoil'es de trempe que celle-ci pourrait etre authentique et rnanifestel'ait, en tout cas, meme sons forme DES COMPOllTEllfENTS CULTURELS 67 paroc1ique, un 1rait essenliel ue I'aclivité de cet ~u·tisan aux yeux de; ses coneitoyens. Définition des objels, des etres, des sitnations, moyens de les idenlifiel', de veriflel' le dispositif, raison et justiftcation des manieres d'operer, probabilité d'atleindre le résuHat irnmédiat, eonstituent le systcme descriptif et explicatif de la struclure interne de l'activité, les raisons positives de faire cornme cela et non autrement. Ponr préciser ceIles-c¡, recourir a la contrc-épreuve, a laqnelle l'informa- leur fait d'ailleul's souvenL appel spontanément. Examen critique: 10 de variantes connnes dans la localité ou la région et raison de la préfél'ence donnée a la norme mise en application; 2° de variations au eours du temps : les essais malheul'eux faits par une génération ou le l'empla-cement d'une technique plus ancienne. La norme est ainsi eneadrée dans l'espaee et le temps par les variantes ou les nOl'mes concurrentes. L'examen des conséquences attribuées aux éearts, aux vices de forme "et a la carence fait apparaitre avec plus de nelte1é: la fonction de la conformité et permet de mieux départager ce qui est, de fa¡;.on pl'édominante, ergologiqne, eommunieatif, commémoratif. Le erenr -a aUiré l'attention sur le caractere ambivalent du technique an sens étroit et du ritueI, et sur le danger des cxplications scientistes, natu- ralistes (exemple, souvent cité, de I'intel'diction religieuse de boil'e dn vin rapportée a un souei d'hygiene dans les pays chauds) ou utilitaires de gesles qui n'ont pas de buts malériels extérielll'S a cllx-rnérncs. La con11'e-éprCllve met en l'elief les trois fonclions de la conformité: sur le phm de I'adion physiqne, la confol'mité, la pllrelé du dispositif assul'ent le résultat d'un détel'minisme vérifié OH garanti par l'autorité; sur le plan de la comrnllnication, de la persuasion, la conformité est la condition sine ~lla non de la com- préhension (je dois employer les mots dans 1 acception requise, faire les gestes de mon
  • 68 GUIDE n'E'tuDE nInECTE symboliques de leur~ imI?lic~tion.s attribuées. Ergologie et symbo- hque teudent a la ntuahsatlOll a mesure qu'elles se cristallisent dans des formes dont le systinflc fonclionnel ne l'épond plus a la conjoncture (77), Ra~s~n d~ plus pOlil' s~l'rer de pl'es les « pourquois » aclueIs par la cOIlSlderatlOn des consequences aUribuées él la non-conformité partielle 00 globale, a l'omission, a la carence. l' ' .. Cornme la causali~é. le~ représenLations du temps et de l'espace sont SOUl'ces de « rahonahsallOlls » savantes et il convient de les éludier en fon~tion de l'expél'ience pl'atique de l'informateul'. Géné- ralement le 8uJet ue se repere pas selon un systeme de cool'données rectapgulaires ou _géo~ésiques. ma~s plutót de coordonnées polaires : un glsement ou dlrechon el une dlstance ou un ordre de succession topologique (devant, derrH:re). Inutile d'insister sur le role des poin~s car.dinan~ po~r le rep.érage en direct!o~. La ~istance peut etre evalnee en lnlometres malS souvent par reference a une activité de déplacement ou autre (a u:qe portée de fusil). Le mode de loco~ motion influe sur ce~te estimation des distanees eL selon le role joné pa~ ehaeun : le postIllon, le ehauffeur n'ont pas la meme représen~ tahon. des p~~c0.u~·s que les personnes ,:éhiculées et ~'ayanl jamais corrdmt. A 1 mteneur de la zorre de deplacement habituelle (132) l'espace coneret comporte des zones d'inégale résistance. Au deIa il s'écrase, les ~istances !ont pla~e a .I'0rdr~ topologique. La radio e~t vc::nue modIfier la mIse en sItuahon lomtaine par la mise en dlrechon des cadres et par la eomparaison de puissance des postes é!ll~tte~rs. Il-faut ajouter-en ce qui ~oncel'ne I'espace-sociaI, la con- slderatlOn des masses et forces socIales, les limites a partir des- quelIes on ne se sent plus chez soi, centres d'attraction maSses amies ou hostiles se répartissant selon une toyo]ogie dy¿amique. De meme, dans le temps les événemenls se sItuent plus souvent seI-on une succession chronologigue approximative que d'apres leur datation. préci~e (94). ,Les deux. perspectives se aéveloppent en sommc, a partn du pomt de stahonnement (3), selon des échelles logarythmiq"!-les (tou.t,es réserves fait~s s~r la valeur opératoire de cette analogle gl'OSSlerement approXlmatlve) en fondion des acti~ vités dominantes (132). 76 Connaissances métaphysiques, Magie el religion, Apparaissent généralement lorsque l'opérateul' perd le con- trole direct dll pl'ocessus ... L'attitude alchimique ne manque pas dans les arts du feu. Elle n'est pas abso]ument exclue des fonderies ou le travail tend vers une rationalisalion progressive. Nous venons de voir un e.xemple qui est a mi-ehemin de l'expérimentation ration- nepe ~t ~u Jeu a,vec~ le hasar~. 1?ans la fabrication du pain anniver- sall'e a VIllard~d Arene, les petnsseurs tracent d'un seul trait sur la ma~se de pate qll'il~ viennent d~ pétrir, un trene- a quatre f~ui11es; les mformateul's pl'~tendent qu'Il n'y a pas autre chose a y trouver qu'une marque arbsanale sur le travail terminé, mais, selon une i~~or!llation réc,ente, i.!. y a u~e quarant~ine d'années, le signe n etaIt pas un trefle malS une crOlX, POUl' rnemoire, les gestes, signes, DES COMPOrrTEñIENTS CUL TURELS incanlaLions, cél'émonies el rites inallguraux destines a assurer la l'eussite d'une techniqlle de fabrication, la l'ichesse de la récoIte, la fécondité dll hétail, une peche ou une chasse m~racllleuse, etc ... , et les innombrables recetles, remedes pour gllérir hornmes et betes (role des artisans - forgeron - des rebouteux et sorciers), les inlel'- dits de fabrlcation ou d'usage dans certaines conditions et a cer- taines époques (interdit de lessive au mois de mai), etc ... Inverse- ment, lobJet fabriqué peut etl'e considéré pour ses pouvoirs magiques, le] le fer a cheval. S'il n'y a plus de raison apparcnte a ce que l'objet soH un fer a cheval ou autre chose, il ne serait pas exact de prételldre que personne n'y croit plus. La contre-épreuve - par exemple, la proposition de se séparcr de l'ob.iet par don ou vente - permettra de faire le dépal't enh·e l'atlitude magique, le confor- mis me social ou ]'esthétique (fer enrubanné). Souvent, l'attitude plus que réticellte de la mattresse de maison monlre que l'oslension de ce fel' n'a absolllment den de gratuit ou d'excluslvement déco- l'atif. Dans ces deux. premieres perspectives, on peut done ~'ecueilIir des représentations du monde qui vont de la croyance á l'mtel'ven- tion eretres _surnatul'els, a la connaissance révisible dans les champs d'expérience 011 les laboratoires d'essai. n'un cOté, l'appui sur le pl'incipe d'autorité (de la tradition, du eonsensus social, etc ... ), de l'autre, l'acces a la techniquc expérirnenlale. Ainsi l'élude d'une activité quelconque nous livre une zone dll monde per~u, cornpre~ nant des « eLres », objets ou substances (objets physiques ou maté~ ricls; ob.iets sociaux: profession, classe sociale, gl'oupe cornmunal OH nationaI...; objels surnatllrels : eriteres essentiels el existentiels, preuve a contengenlia IDundi, mirac1e, expéricnce mystique, ele ... ), lellrs propriétés et pouvoirs réciproqlles, leur situation dans I'en- semble cosmologique ainsi que de précieuses indicalions sur des catégories fondamentales telles que ceHes d'espace, de temps, de causalité, etc ... Et du meme eonp les menlalités, dans la mesure ou ellcs sont marquées par la pl'épundérance d'un systeme de référence dans l'ordre de la cansalité (animisme, chimisme, mécanicisme ... ) du repéragc spatio-temporel (ol'thogonal, polaire, etc ... ), etc ... 77 Caracteres téléologiques. Des producLeurs peuvent ceuVl'cr pOUl' un salaire ou ~n profIt. C'est la un but immédiat, qui leur devient moyen d'atlemdre un cerlain nivcau de vie. lIs peuvent veilIer a la qualité pour luiter contrc la concurrence et garder leur clientele : ce qui revient au pre- miel' dessein. Mais sonvent ils s'aHachent a leur ouvrage ponr le l'enom de lcur atelier, de leur entreprise, de leur eorps de métier. lIs ont la Herté de leur état. et le maintien de sa renommée est le but de leur eITort de perfeclionnement. La fabrication du pain anniver~ saire a Villard-d'Arene tombe devant I'amélioration du niveau de vie; on n'en fait plus que ponr les besoins loc~ux, de plus en plus minces, mais une padie est destinée aux émigres de Lyon et de Paris, eomme un lien a la communallté natale: pl'ocessus de l'itnulisation par quoi des activités primitivement ergologiqlles deviennent symbole et affil'malion d'une c~rtaine maniere d'etre, d'ot't procede, entre autres, le conformisme"traditionniste. ,
  • 70 GUlDE D'ETUDE DIREeTE '18 Caracteres esthétiques. Des objets utilitaires sont répufés heaux non seulement en eux- memes. mais le plus salivent en fondion des activités d'utilísatlon : allure d~s femmes qui portent ~es paniers Oil des poteries sur la tete, IO,como~lOn a,vec talan (Sabla,lses) ou avec espadrille (Basques), L on dIt « e est un beI -Quvner » comme on dit « e'est un be! athlete », ceci non pas seulement en considération de leur seuI aspect physique mais de la perfedion de leurs gestes. Ceux qui émettent cet avis sentent tres fiien la différence qu'ils font entre han et beau, meme s'lIs ne peuvent pas toujours l'expliciter clairement. Le ban ouvl'ier est celui qui, quelIe que Boit sa maniere, faH de hons outils; le bOIl COUl'enr, celui qui acomplit des performances hon- netes. L'un et rautre sont plus jugés d'apres les résuItats que u'apres la maniere de leur activité. (Le résultat matériel pouvant, en ee qui concerne le premier, etre réputé beau, v. style de l'objet). A résultat égal,,le bel. ouvri,;r com~le le bel at~U~te sont ceux qui semblent le mOll1S pemer. etre moms contractes, manifester l'ai- sanee la plns parfaite. « Le coup est heau » paree que le résultat est aUeint sans eITort apparent ou dísproportionné. Le principe de l'économie de l'effort .tone icí intuitivement. Le rapport entre les représenlations de l'effet et de l'effort tend vers l'infini, la minimi- sation appal'ente dll dernier transfigurant l'image de l'autre. L'in- verse donne l'índice de loul'deur. eeluí qui manifestement peine ponr arriver an résultat, quí se « désunit » sons l'effet de la fatigue, ue vole pas son résultat mais il ne I'enleve pas avec élégance. Le jugement porte sur la maniere et non sllr le résultat brút, et parti- cipe du sentiment de libération vis-A-vis des contraintes matérieIles 011 physiques. Une intuition de ce ~enre est sans doute pour une grande part dan s la diffusion de « I'aerodynamismc », symbole d'nne réussite technique ou I'homme semble l'emporter sur la nature d'uue fac;on telIe que l'énorme effort social nécessaire a la construction du moindre avion s'efface {sa représentation tend ver~ zéro) a101's que le résultat atteint an pl'odige. Des groupes sont tres sensibles a cette styUstique de l'activité, d'autres peu ou pas du tout. Ici se trouvent les élérnents d'une esthétique de la vie quotidienne. Relever ces appréciations esthé- tiques sans y substituer ses pl'opres jugemcnts, que J'on pourra d'ailleurs exprimer mais distinctemcnt des jugements locaux. 79 Caracteres symboliques. Deux aspects a considérer : 1. L'évocation de l'activité par un systeme de signes verb::lUx ou gestuels qu'on a relevé an cours de l' étude morl?hologique. 2. La valeur symbolique de tout ou partie de ceHe aChvité, des situations ou elle s'exerce et des objets qui font partie de ces situations, symboJisme dont il s'agit plus parti- culierement icL Une premiere perspective est ceHe de la contiguité. Les exemples les plus connus sont les blasons de corporaLions ou d~entreprises, Oll cel1e-cà sont évoquées par leur activité dominante -('enseignes, girouettes, etc ... Le laboureur aux breufs devient ana- chronique). Une activité caraetérise la catégorie soeiale (le village, la région) qui en a l'agréable ou pénible exclusivité, c'est un syrn- Dole statutaire. L'aulre perspective, celle de l'analogie, de la l'es- 80 DES COMPOllTEMENTS CULTURELS 71 semhlance. Les métaphores. empruntées aux techniques s.ont légion tant dans la langue llttérall'e Ql'ale ou autre, la langue -coll1mun~, que dans l'argot de métier qui alimente l'une et l'autre (comp~rm­ son au tranchant d'une faux, a la masse d'une ~nclume, galv~mse~, chromer~ faire la pige ... ) .. L'~xt~nsion d.e c~rtalnes ~ormes he~t a la valeur symbolique attnbuee a une reussI.te t~chmql}e. (cí. aero~ dynamisme). Par la, on r~join! le~ .al!-~logles plus generales qm font transférer d'un domame d actlvl~e. a u~ aut~'e ~es .structures cosmologiques, des systemes ~e ca.usahte ~t d e~pl~cahon, (aper
  • 72 GUIDE n'ETUDE DIllECTE exercice che:l les pl'atiquants el chez ceux qui, a des titres divers, y col1aborellt. 81 Diversité des intéréts el groupes d'inténlt. La pratiqu~ d'une activité peut correspondre a des buls diffé- rents, done socmlement a la constitution de cornmunautés d'inté- ret convergcI?-tes ou antagonisfes. Le cadre théorique dont nous venOlls d'cnvlsagel' ]'ap'plication est "destiné a rappelcl' et a classer l'ensemble des concomItants repl'ésentatifs et affecLifs d'une acti- vité. Mais iJ naus faut mesurer d'une part la nature et les dimen- sion~ sociales. des différenfs intére~s qui ~'at!achent a la .pratique. el d autre palt le rapport des besollls sahsfaIts aux hesoms expri- més mais non safisfaits. y~lC féte vilIage~ise réuui~ une portion importante sinon la Lotabte de la populatlOll. Les fItes sont observés avec une exadi- tu~e f?rmel}c é,di?ante, et, aye~ ce ?I!nim~m d'exaltation apparente q,llI fad crOlre a 1 unamrnlte d adheslOn, a la cornmunion des parti- clpants, Cependant, consuHés lour a tour, les vieux dirollt peut-etre que I.(a n'a plus I'entrain d'antan, que ron ue reconnait plus la cornmune, que ce n'est plus cela (le rite manque a sa fonction d'exaltation de la permanence de « I'Ctl'e social »), les anciens q,n'i,ls font ,cela pO,ur les jeunes .oet cenx-ci, que I.(a n~ vant pas l~ cmema mars que c cst tout de meme une bonne occasion de s'amu- ser. Certaiil notables ou étr~ngel's a la commune pourront partici- per aITectivement a la célébration, d'autres en étre détachés mais considérer l'utilité sociale et politique de telles manifestations col- ledives (panero et ,circenses). Les traiteurs et marchands fOl'ains y trouvent un débouché commercial' (intérét économique qui aura peut-iHrc tonché les organisations locales on nationales de tou- risme, ele ... ). Il Y aura aussi les curieux et les e Lhnographes, qui représentent un intéret relativement récent. Parmi les absents,- i1 fau.dra. compter ceux qui, tronv~nt un i!ltéret a I~ fé~e, n'out'pu le sabsfall'e pou~ des r:,llsons soclo-Lechmques (oblIgabon de garder les befes) ou econOllllques. Enfm, en marge, les indifférents et les réfradaires que non s vel'rons ci-apres. Le tablean des intérets se rencontrant sur une partie de cham- pi?nnat de fool-hall pl'o~ess.iop.n~1 pour~'ait eomport.er le.s r?~riques SUlvantes : 1 .. Joueul's : lnteret econoIDlqne, le salau·e; lnteret psv- cho-physiologique, la santé; iniére! social, le statut social qui pei'- mct entre autres par la sulte d'etre admis comme entrallleur ou d'ouvrir un magasin de sport. 2. Public : intérét Indique ou délas- sement, exaHation de Vesprit de groupe (les supporters), intéret natio.nal, etc ... , et éventuellement pari. 3. Propriétaire du terrain, commel''tants des envlrons : recette, ce qui n exclue pas l'intére! a la partie eIle-mcme. 4. Exclus : retenus par leul's occupations et leur impécuniosité. Tont un public a -distance, qui peut présenler les memes nature et distribntion d'intél'ets qu-e le Pllblic direcL (andition a la radio, .félévision, journal sportif, paris, etc ... ). I1 y él cinquante ans, les foot-baIleurs ue songeaient qu'a leur développe- ment physique; il y en a cent cinquante, les courenrs de sonIe sacrifiaienl a un rile qui coutait parfois la vie a quelques partici- parrts. On fera de meme le tableau des inlérets dominants concerllant DES CÃMPORTEMENTS CULTURELS une activité de production. Produdeur : salaire on profit, satisfac- tion éprouvée dans l'exercice d'une aclivité bien intégrée et sensa- tion d'un progres; stalut social. Intermédiaire : profit, mais pl·éfé- rence ponr tel article. UtilisaLeur : intéret pour les caracteres utili- taires, esthétiques, symboliques (
  • 74 GUlDE D'ETUDE DIRECTE changer quoi que ce soit. Mais. le plus sauvent, le fermier ef plus encare son fils voudraient la moderniser, la jeune fiBe renanee a a11er chercher le sean d'ean au puits, l'ouvriel' agrieole n'aceepte plus de ooucher dans I'écune. 01' les fonctions d'habitation ef ,d'exploitation subissent la contrainte du domaine bAtí, qui conti- une a leuI' imposer les anciennes formes d'activité. Au paragraphe précédent, des intérets différenfs convergeaient vers une meme narme. lei, des normes -différentes sont en concurrence ponr lá safisfaction d'une meme fonction. II n'es! plus jugé normal de vivre a huit dans une meme piece, de pratiquer 1'élevage dans des locaux humid-es et sans aération, efc... On n'a plus les memes notions sur la fal(on d'élever les animaux et d'entretenir les humains. 01', si certains sont réticents a l'égardde normes technÃ- ques dont ils n'ont pas vu faire l'expérience autonr d'-eux ou qui choquent leurs conceptions biologiques ou métaphysiques. d'autres ne sont arretés que par le manque de disponibilités économiques. L'on pourrait, a bon droit, acenser l'ethnographe de n'etre qu'un coIlectionneur d'objets, de mots Oil de gestes, s'il ne recueH- lait en meme temps les opinions de ses informafeurs sur les pra- tiques et les reJ?résentations, ainsi que les raisons d'ordr-e technique, économlque, idéologiqu-e, esthétique, qui les incitent a les conserver on a les remplace1'. L'enquete d'opinion confribue a définir les Taisons des hésitations, des refus, on -des absfentions involontaires. -83 Diversité des profils fonctionnels contemporains. En résumé: 1. L'exercice d'une activité normalisée safisfait généralement un besúin dominant et répond subsidiairement a un nombre variable d'autres hesoins, moyennant des conditions ou inconvé- nients (outre les -effets induits inaper~us, qui ne sont accessibles que par l'étude d'-cnsemble). A une meme fúrme cOl'respond un ensemble de fonctions, caractérisé en composition et en strncture (dominantes et accessoires), qui constitne son profil fonctionneI. 2. Ce profil fonctionnel nJest pas universel, mais comporte des variantes tant dans sa composition d'ensemble que dans sa struc- ture, des profils analogues étant constatables chez les membres de différents gl'oupes partieIs, cIasses d'age, catégories profession- nenes et principalement classes sociales, qui constituent par Tap- port a l'activité envisagée des gronpes de connaissance et d'intérets plus ou moins stables (polyvalence locale). La différence enlTe les profils fonctionnels explique le déca- lage qui se produit au remplacement d'une norme par une autre. Elles ne coincident que par leur role dominant. 3. L'adéquation de la norme pent &tre contestée formel1ement par une partie de la population qui s' abstient ou, dans certains cas de contrainte, continue d'exel'cer la pratique tout en en faisant l' examen critique. . :84 Extension des représentations, des intérets, des opinions. Chez 1'informateul', chaque connai-ssance, chaque intéret est doté d'un indice d' extension. Extension continue sur une certaine aire: lous .les Normands boivent du calvados, en Bresse la plupart DES COMPORTEMENTS CULTURELS 75 '" J .... o "le rvck corul:rr/cboll " ⢠o /\ ~/h~r
  • 76 GUIDE n'ETUDE DIRECTE des ~~isons so!.lt en pan de bois, en Sologne Oil utiIise ]a charl'ue symetnque « tete de vache ». Exlension a un état, a une classe : les la~oureurs « savent lous ce qu'est un cheval », les charpentiers connaIss~?t lous.]~ ~racé ... Cet i~d.ice nJa .!1ouvent de valenr que l~caleJ n etant yerIfie que pOUl' 1 aire géographique el sociale oír l'.lllformate~l' VIt ou a }'occasion de se déplacer. Au deIa de eeHe mr~J les ~mts sopt ;mal c~n~lUs ou completement ignorés. D'ou les p,r,esomphons J d un~versahte ou ~e parlicularité: te] laboul'eur" s etonn~r~ qu on 1m pose des queshons sur sa maniere de labollrer J la consld~rant. eorome ~aturelle; les Bressans peuvent croil'e étre les se~I~ a aVOlr ,des malsons en pan de bois. La présomption d'uni- ve~sahtc peut s. aeeompagner de la présomption de supériorité : plllsq~e ,mon faIre, mon penser est authentiquement humain, tont e.e qm .n,Y resse~mble pa.s ~st abcnant, anormal inhumain. La par- heulante pcut etre eulhvee eomme une exclusivité : exclusivité de sa~o!r .réservé aux .i~it,iés. a un~ catégol'ie professionnelle, a des specmhstes; excluslvlte de prahque, de eostume réservé a une' classe ... La découverte de l'humanité dans sa tolalité fait tombel' de ~o~b~eu~es présomptio~s d'universalité ou de partieularité sur. qUOl s edIfiaIent les concephons et les théories de « l'homme blane . adulte, eivilisé », ou du savant pal'isien, homme de cabineL L'inves~ tigation au deIa de l'aire d'aetivité individuelIe ou de groupe fait passer de 1'extension continue a l'extension discolltinue. Un Bres- san voyageur retrouvcra du pan de bois en Champagne, Normandie, dans les Landes, etc ... , et au del a des frolltieres. ,Par contl'e, le laboureur a~pl'endl:a que non seulement l'usage de tel modele de ehal'l'ue, maIS celm de la charrne, eomme type général d'instru- ment, n'est pas universel dans la culture des soIs. L'in~ice d'ext~nsion fa.U partie intégrante de l'apprentissage. L.es ma.meres ?e due, de faI~e,_ de peuser sont inculquées avec lenr dlrnenslOll socwle, leur aUnbution a une condition, un état, une clas~e, u~e apparte~~pce p~ovincíale OH nalionale. Tout précepte est enonee en extenslOn, qm va de la famillc a l'humanité en pas- sant p~r les différentes catég~ries : un Durand, un Savoyard, un Franl(aIs, un homme ... , un o.uvner, un charpentier ... , fait, pense, sent de telle fa¡;on ou non, le dOlt, se le permet, n'en a pas le droit, etc ... e'est le conditionnement statutaire. L'extension d'une opinion est généralement moins clairemenf aperc;ue, surtont IOl'sque les doutes cornmencent seulement a poin~re a -l',ég~rd .d'une no.rm? soli~e~e,nt assise sur l'expérience de ~ulhple~.&en~rahons ~~ su~· 1 autorlte d une longue tradition. L'indi- vldu extenonse ce qu 11 saIt ou suppose devoir -reneontrer la com- pl'éhe~sion: l'appl'ob~tion ou au moins un écho chez un groupe plus Oil mo~ns etend~,. \e~lstant ou ~irtuel. ,C'es.t précisément a ceux qui appar~lennent dCJa a un~ certame categone, un groupe, une classe, ou qm se trouvent senslblement dans la meme situation que lui q~'il fera part de ses préoccupations. L'expansion individuelle s~ falt dans les plans de perméabilité soeiale que font présumer les cornmunautés vérifiées antérieurement. 85 . Indice de durée el évolulion récenle.
  • 78 GUIDE D'ETUDE DIRECTE précis~ment qll~ possi~le c~s processus : modes de diffusion de la connaIss.al!ce, role ~es lmmlg~a~ts. Oil des émigrants revenant dans la l,?cahte,. des .mIgranls perlOdlques (marchands de bestiaux,. ouv~lers salsonmers), argu~nents pour ou contre la techni9:ue a~~lenne el nOllve,lle, formahon de groupes de connaissance el d'lll- terets, etc .... L~ decalage. en~re la date de premiere informafion el ceHe de pre!TII~re a~.hJah~ahon est important. Loin d'etre exclusi- vemeu.t un mdICe d,lllerhe des routines, il constitue un avertisse- ment a serre~ de p~us, pre~ l'ana~yse des facteurs en présence; si les facteurs. d ~)fdre ldeologlque, d· aUachement a un roode de vie ue sOJ?-t pas neghgeables, les résistances économiques el sociales ne dOlvenl pas po!.!r aut!lnt ctre sous-estimées, alors qu'elles sont le plus souvent preponderantes. 86 Dillérents aspee!s de l'inforruation. 1. Enq~ete univers~~le el échantillonnage par calégorie. Pour- une. populatlOn de p~u d etendue, on peut espérer interroger chaque ha?ltant ~ur les prahq~e.s~ l~s-représentations et les intérets. Quelles ';Iu en .sOlent les posslbI11tCS ultérieures, on cornmeIicera par un ech!lnhllonn~ge com,portan~ des représenlants des différentes calé- gorles techmque~, econ0I!uques, biologiques, etc... Par exemple. dans une entrep~'lse, on s'ln~ormera aupres du rnaitre-mtisan, d'un compagnon ,et ~ J.u~ apprent!. Dans une ferme, les opinions sur la vale~r de 1 habllahon ou d une fa':{on culturale seront recueillies aupres des gran~s-pal'~nts, par~nts, enfanls, domestiques et ouvriers. agneoles .. A partIr de la, au moms sur les questions qui apparaitront les plus lmp0.rt~~tes, ,~es plus .brulantes. on pourra établir des recoupement~ a l.aIde d lnformahons aupres des personnes signalées. par les prernlers mformateurs cornme étant de meme avis ou d'avis opposé. . L'enquete aupres des spécialistes et techniciens fournit deux. especes d'informations. tres ~tlles : d'une part, la description des f~Ils ~ocaux et, de leur evol~hon, d'autre parlo leur examen critique- d ,al?res le sys,te;me de connals~ance du specialiste. Par exemple, !'m- gemeur dll gellle rural connad souvent a fond l'architeclure rurale -de .Ia région et en f~it la critiqne en fonction des données biogéogra- phlqu.es. Co!"me dlt plus haut (75). chaque spécialiste peut contri- buer a la defimtlOn des queshons les plus couramment posées des problemes les plus urgents. ' 2. Assisfap-ce. a des séances d'information ot{ a des débats col- lectifs. Réunions de famille, au café, au marché débats dll conseil !llunicip.al, réunions syndic;ales, coopérahves, etc ... , sont des plus mstruchves;- elles mettent en relief, sur un fond de lieux communs et de v~leurs étab!les: !es points d'achoppement oil s'affrontent les concephons el les mterets-dans le mainti,en otl'la transformation des activit~s locales. De, semblables réunions penvent étre suscitées par l'enq~eteu~' pour P!~senter le,s résultats de ses premÃeres recherches, e~ faIre fmte la Cfl~H]Ue, on etlldier avec le plus grand nombre d'au- dlteurs de la locahte des yroblemes qui se posent dans toutes les campagnes tels que celm de l'habitation on du remembrement A partir des données ainsi recueillies, on s'efforcera de déter: miner les dom?nantes statistiqu-es de l'0l?inion, les corrélations entre statut professlOnnel, de classe ... et les ldées et opinions. I ¡ 1 1 ¡ ¡ r DES COltlPORTEMENTS CULTURELS 79· 87 MODES D'EXISTEN"CE DES NORMES ÃLÃMENTAIRES ET CONDITIONNEMENTS. A la limite théorique. nous devrions. dans 1e cadre de la popula-· hon examinée, connaitre a propos de l'objet de notre étude : lOSes modes d'existence. Existence externe des matériels en cause. Existence dans les Sujets : a) De connalssanc-es d'ordre cosmologique, de no}'mes morales· ou esthétiques, d'analogies transversales sitllées dans un systerne de réaIité et de. vaI-eurs; d'opinions critiques a l'égard des, normes; d'instruments de -communication symbolique de ces connaissances et opinions; des indices d'extensio.n et de durée global1x on partiels. b) D'habitudes sensori-motrices (acuité des analyseurs senso- rjels, finesse, puissance des mOllvements, résistance a la fatigue ... ). e) D'habitudes affeclives (attraction, l'épulsion, indifférence). : intéréts, sentiments, émotions fixés a l'objet, a telIes de ses impli- cations attribuées (y compris a ses llniversalité ou particularHé, pérennité ou nouveauté présumées, son exclusivlté statutaire, v. infra, art-. 2), a son évocation verbale, etc ... ,. le rappel en étant élcctif suivant les situations (cf. habitudes verbales,_ manuelles, viscérales des behavioristes). 2'0 L'organisation de ces modes d'existcnce interne en condition- nements slatutaires (8, 84) théoriquement identiques ct exigibles. qui c.lasserit les individus en catégories de formation ou d'exercice complémentaires par rapport a l'objet -considéré. 3 0 Les extension et dllrée réelles des conditionllements et les écarts individuels ou colleclifs par rapport aux conditionnements statntaires en distribution normale ou a tendance dissymétrique (amélioration ou détériorations généralisées des connaissances, des habitudes sensori-motrices, intensification ou régression des pra- tiques, renforcement de l'adhésion Oil désaffedion plus on moins masquée par le conformisme ... ) indiquant un glisserncnt généralisé. 40 La coincidence ou le décalage entre indiees d'extension et de durée attribués et extension et durée réelles, la cOIllcidence se mani- festant par le maintien on la formation de groupes de connaissance, de controle, d'intérels dont chaquc membre a conscience de reffedif total; le décalage, particulihement sensible au plan de l'opinion cri- tique- naissante, donnant la supériorité an groupe le plus conseient sur la masse de memes conditionnernent et situation mais dont -chaque membre ignore l'effedif réel (d'ou conformisme d'aUente). La considération de cette limite théorique rend plus sensible la distance qui nous sépare pratiquement d'une connaissance com- plete du role histOl"ique tolal d'Ulle narme élémenbire. Dans la détcrmination de ce role, l'apparition ou la disparition de la norme nous placent, toutes proportions gardées, dans la situation de l'expé- rimentateur appliquant la méthode de différence par isolement de facteur. 88 Interdépendanee des aelivités et role total. Dans un mode de vie en relativc stabilité, l'importance d'une activité est mesurée approxirnativemellt par ~a fréquence d'adua- lisation, avec les réserves qu'imposent les colítraintes économiques,. JNV.ESl, ... · .... ¡.)l'If:ii IOCIALES
  • 89 80 GUIDE n'ETUDE DIRECTE juridiques ou autres. Mais son rOle local devient plus évident a la lumiere de l'.évolution .. La révolution de l'agriculture depuis cent allS en fourmt de mulhples exemplcs. La substilution de la mois- sonneuse et de la balleuse a la faux el an fléau entl'aine la rédudion du personneI de I'exploitation agricole, la dispal'ition généralisée des migrations saisonnieres des moissonneurs el de cérémonies cornme ceHe du repas de rnoisson, done, dans la perspective psycho- physíologique, de condiLionnernenls ~ensori-moteurs l'ythmés el, dans la pel'spective sociale, la lransformalion de groupements tern- pOl'aires de voisins el d'étrangers. L'intensification des circulations, des transports de personnes el de marchandises multiplient les rap- parts, les ínformalions, élargissent les aires de contad et déplacenl leur centre, ele ... , el réciproquement. Une norme en remplace une autre en ce quí concerne la ou les fonctions dominantes qui lui sonl attribuées par tout ou partie de la papulaiion, el non dans tonl le systeme de ses implicalions aUri- buées ou réeIles. C'est lorsqu'une fiorme dísparaít et qu'une llorme nonvelle entre en prat~que, que leurs roles respectifs apparaissent mieux par la constatabon des répercussions previsibles ou inatten- dues de Ieur disparition et apparition. Le mélier Jacquard fi'est pas maudil en tanl qu'amélioration technique mais en fondion des répercussions sociq-économiques prévisibles dans un systcme sodal donné. On comprend lnieux ce gui pent s'opposer a la promotion d'une nouveauté. Une norme défail1ante peul toujOUl'S etre considérée comme un idéal qui n'a pas encore dégagé ton tes ses possibiliMs ou eomme un moindre mal el dont en tout cas, le remplacement risque d'entrainer dans ses conséquences marginales des inconvénienls mal compensés par les avantages assurés dans la seule zone focal e ou sont confrontées les normes en concurrence. De l'élémenl á l'ensemble solidaire. L'étude d'une activité ne se borne pas a sa description morpho- logique. mais s'étend de proche en proche a l'étnde de ses conditions el conséquences dans les t1'ois perspectives psyehosomatique, sociale et historique. Ceci sera tOlljours sous-entendu dans les guides d'en- quete de groupes donnés ci-apres. Les- techniques de 1about', d' é1e- vage, etc ... , seront énumérées dans ces guides, sans qu'il soit néces- saire de rappeler ponr chacune la nécessité de relever les idécs,- cl'oyances, émolions justifiant ou accompagnant leul' exercice. Tou- tefois, un chapitre pourra etre consacl'é sons le llom de mentalité ou d'idéologie a la description de tralts caractéristiques el de l'évo- lution des conceptions et des sentiments sons l'influence des situa- tions nouvelles. On ne pent espérer définir - par approximations suceessives - le role total d'une aetivité qu'en eonsidératioll du mode de vie local ou elle s'insere, par comparaison des -dilférents systemes locaux Oll l'égionaux ou elle appara1t simuItanément, et dans son évolu- Hon. Il est done impl'ud-ent de conclure définitivement sur l'o~-5er­ vation d'un seul caso Mais l'étude monographique poussée rigourcu- sement dans ses difIérentes perspectives est une étape nécessaire de !'élude de l'ensemble local dont, en retour, elle re¡;.oit les lumieres. ,l· \ 90 91 3. - Schérnas d'études systérnatiques. Généralilés. 1. BIOGRAPHIE II a été beaueoup éerit ponr et contre l'utilisation des documents biographiques et auto-biographiques. Un des plus importants griefs letenus contre eux est le -danger du recours exclusif a J'introspec- hon et au témoignage individuel. Il a été évoqué pl'écédemment (73) ainsi que le moyen de l'évit~l' : la compal'aison statistique du plus grand, nombre de eas : comparaison empirique qui, dans la vie quo- tidienne, permet a ehacun de classcr autrui, de le « cataloguer », de le déterminer a l'intersection d'un systeme de catégories sociales avec un minimum d'erreur et ainsi de pl'évoil' su conduÃte et de pré- parer la conduite a tenir a son égard; comparaison scientifique sol- licitée de plus en plus par l'étude de problemes pratiques. Pédagogues, rééducaleurs, orienteurs et sélcctionneurs profes- sionnels, étudient l'acquisition des normes, le réajustcment d'aduItes en chómage ou diminués, les l'appol'ts entre un étal psycho-soma- tique donné el la serie des conduites caractérisant l'exer-cice d'une profession; psychiaLres et juges recherchenl les causes des proees- sus mOl'bides ou cl'iminels. Et cela non a part.ir de la-l'eprésentation de l'enfant ou de l'adulte standard, mais de l'examen de cas indi- viduels ou sont relevés avec les caractéristiques physiques el généa- logiques, les antécédents sociaux du sujet, les earactél'istiques du GU des milieux dans lesquels iI vit ou a véeu. ou done iI u été formé et peut-elre déformé. C'est sur la multiplication de ces éludes indi- viduelles concretes, suivies jusqu'aux l'ésultats pratiques obtenus, que s'établissent les décilages, que s'affirme Oil se discute la validité. des tests, et que, finalement, s organise une psychologie objectiye. Le rappel préliminaire de quelques données essentielles mettr~ en lmuiere les raisons qni militent en fa,¡eur de ce gcnre de ~~~. . Róle de la forrnation culturelle. Les normes culturelles influent sur la procrcabon : délai imposé par la nécessité d'uvoir une situation, endogarnie relative, crainte de mésalliance, malthusianisme ... ; dUl'ant la gesl-aLion, eontinlla- tion ou arret du travail. régime alimentail'e; accouchcment a la cliniqne, etc... . A sa naissance le jeune humain pl'end contad, non avec la nature brute, mais avec un rnilicn humain particularisé qui influe sur ses activités végétatives en leuI' imposant un .régime et fac;onne son afIeclivité vis-a-vis des objets extérjeul's et des personncs de son entourage, qu'il apprend a nommer. Plus tard, an milieu d'u':le fonle insolite ou se fondent les siens, il déconvre les syrnboles eollectifs.
  • 82 GUIDE D'ETUDE DIRECTE Un lravail de formation plus Oil moins systématisé le met pl'O- gre"ssivement en possession du bagage culturel qui permettra son integration dans le groupe; Une part importante de eette formation a lieu par contagion affective et impregnation sensol'Ã-motrice. L'inconscience de ce genre de conditionnement el des automatismes bien montés faH COll- fondre spontanéité aequise (en pal'ticulier dans le domaine affedif des émotions, des attractions Gil répulsions « héréditaires ») et ins- tinet. Ce qui est profondément enraciné dans les automatismes est réputé normal, instinctif, na-tul'el, inné, a]o1'8 qu'il est le resultat (2) inaper¡;u de l'influence du milien. 92 nlllérencialionde classe. Un aspect fondamental de la formation est la différentiation de classe. ;Classes sexueIles : l'-éducation des gar~ons et des filIes n'est généralement pas confiée aux memes personnes. Classes profession- nelles : l'enfant de cultivateur évolue des son jeune age dans une ambiance professionnelle, ses premiers essais s'apvliquent a d~s techniqlles différentes de ceHes que connait son camarade, fils d'arb- san ... Classes sociales: a l'époqne ou se modelent les traits essentiels de la per-sonnalité, les contacts sont réduits a une aire restreinte cir- eonscrite dans une cIasse sociale déterminée. La représentation du monde social est influencée de fa~on décisive par la ·perspeclive -habi- tuelle. Fils de mélayer et fils de propriétail'e ne participent ,pa~ au meme genre d'éducatíon : l'un eom-mence de )Jonne heure a alder ses parents, alors que l'autre va passer quelques années au lycée. Gn se trouve a l'origine de la différencialion qui maintient on dUl'cit la disparité socíale. 93 Dillérenciation individuelle : 101 initial el histoire hiographique. Cependant, les individus ne sont pas' standard. Chacun a m·eme l'impression - cultivée par l'individualisme - de constituer un monde absolument -singulier. eette singularité tient, au départ, ~ ceHe du lot psycho-somatique, a ce qu'on appelle les dons, les ,aptI- tudes Oll d-éficienees eongénitales. D'une part des « demeures ~, de l'autre des prodíges. Dans la zone médiane, des écarts d'amph- tude variables situent les autres sujets en delta ou au deIa d'une norme idéale. Ces aptitudes sont des disponibilités ouvertes: .~lli ~'actualisent d'autant plus facilement, que l'en~a!1t les trouve deja mises en exer- eice dans son propre mlheu famIllal., . Sa vie -dul'ant, l'individu aura l'occaswll de parfalre sa culture par le contact avec d'autres milieux, évcntuellement ~'a~tres pays, de l'expérimenter au cours de rencontres plus ou m~lns lmpl'e~-Ues avee des situations historiques diverses, ~~ reeh~er certaI~es normes, d'inventer des réponses plus appropl'lees. Il n est plus ~slm­ plement un produit de la c~l1tu~e rnais ~n transfor~~teur, un l-nte- gra'teuT, remettant en questlOn, a la lumlere d.es expel'lenees, tout ou partie d~ son héritage c~ltu~_~l. Cet, accomphssem~nt, personnel, ce reconditlOnnement, parfoIs pl'ofondement novate.UI.' n est cepen~~nt possible qu'a partir des élérnents de -base recuellhs dans le -mlhe",! social; de plus, il ~'a ch~nce de se répandre que dans la mesure ou il rencontrera l'attente d un grollpe. DES CO~IPonTEMENTS CULTUUEI.S 83 94 Ulilité de la hiographie. Sans considél'er l'individu comme une rnachine standard el ~ans, no~ plus~ se l~iss.e~' prendre. aux pl'~stiges de la vie romancée, JI est necessmre d ubhser la blOgraphle comme instrument de travail. Suivre une vie, e'est courÃl' la meilleure chancc de -rencontrer une grande parlie d.es phénomimes collectifs que l'on veut saisil'. Lc_r-appel de s.ouvemrs personnels - cet inventaire du vécu ,...- a le meme ·effel de stimulation de la mémoire que eelui que nous avons déja décelé a propos des inventaires de matériels. e'est saisir sur le vif !es p~'ocessus de fo~m~tion, complétés, pour la partie restant dans loubh, par la.descl'lphon dc ce que l'intOl'maWllr a vu appli- quer a ses freres et sreurs plus jeunes, de ce qu'il applique lui-meme a ses enfants et par tout ·ce qui pouna etre recueilli dans les groupes (groupe domestique, d'age, d'activité professionnel1e ... ) sur l'initia- hon, l'app'rentissage, éventueIlement les examens et les rites néces- saíres a 1 incor:poration d'un nouveau membre. Ainsi l'indlviduo racontant sa vie, amene au jour une masse de _phénomenes collectifs, passés ou meme présents, ([ui ne viendraient pas, ou moins·facilement, a sa:eonscience en dehors de cette filiere du vécu (22-218). C'est également une maniere de les sitller dans le lemps. Cedes, les grande~ dates de la vi.e ·collective servent de repel'es principaux dans la mise en perspechve du passé. Mais eeHe échelle ehronolo- gi9"ue présente de vas Les intervalles, entre lesquels vieiment s'ins- cnre les dates-marquanles de la vie familiale et individuelle (
  • 84 (iUIDE D'ETUDE DlRECTE social. etc ... ). Ainsi se précise. une fois de plus par référence nu cas concret, la catégorie du bon cultivateur, menuisiel', pere de fami1le, Bourguignon, ctc ... 95 Poinls d'applicalion prélérenlielle. La monographie de personne porte d'extreme urgcnce, sur les pel'sonnes les plus agées et réputées pÃUl" leur connaissance des coutumcs du pays et de son histoire (e'est dans l'information des personnes agées que l'on constate ayec le plus de neUeté le secours que ]a chronologic par contiguité peut appol'tel' a la localisation dans le temps). Elle- porte expressément sur les informateurs pl'incipaux qui. d'ailleurs. se rangent le plus souvent dans les catégories précitees. Mais i1 sera bon également de recueillir une biographie minimum sur les,informateurs épisodiques ou accidentels. Les l'enseignements les plus impodants peuvent etre pris sur les listes de recensement quinquennaI. La monographie d'individus exceptionnels, ou considéréS' comme tels pa~ leur ,groupe, n'est pas a repousser. -Dans la mesure ou ils sont des héros, ils incarnent on font surgir un idéal, et l'on notera les raisons ponr lesquelles-ils sont-tenus ponr exceptionnels. Si l'aberrance a l'égard de la norme est une déficience vraie ou sup- posée. ce sera l'occasion d'étudier quel genre de -« monstre » iI représente. La plu-part des biographies connnes sont celles des hommes et des femmes célebres en bien ou en mal. Leur sucd~s OH leur condamnation sont dus a une attitllde collective, qui renseigne sur la mentalité de l'époque. Indirectement, ils rcnseignent sur l'hom~e réputé normal, .CJui jusqu'a mai~l~nant a été bie,n ~él~issé. De meme que la chaurnlere bretonne a ele longtcmps delalssee au profit des chAteaux, l'homme moyen, spécimen de groupe plus ou moins nombrellx, est passé inapen;u. Id comme la, le grollpe humain tend a négliger ses produits courants pour ne ret-enir que ses produits d'exception : une hagiographie et une tératologie. SCHÃMA DE BIOGRAPHIE 96 Rappel de limites. A dessei-n, nous nous en- teno-ns a l' essentiel, en renouvelant notre renonccment el mesurer les « facnltés » de l'informateur et son développement mental, en dehors de ce qui peut en étre cons- taté dans les conduites collectives et leurs critiques. Le reste appal'- tient el la psychologic el aux psychotechniciens. 97 Etat civil. Nom, prénoms (souligner pl'énoms usuels). Surnoms. L~s citer dans leur ordre chronologique s'il y a licu, el le milieu ou lIs sont employés : atelier, bourg, etc ... Allusion a un trait physique ou de caractere, el la catégorie pl:ofessionnelle, origine de ~eaucoup de noms de famille. - Date et lieu de naissance. Indiquent la période du passé jus- qu'a laquelle on peut espérer remonter et trouver des souvemrs DES COMPüRTmIENTS CULTURELS 85 cL:ürs, el l'appartenancc a la localiLé Ol! l'ol'igine plus OH moins lointaine. 98 Description morphophysiologique, en tant qu'elle marque un état, une classe. - Anthropologie somatique. Les caracléristiques somatiques Televent du domaine de l'antliropologic somatique. Cependant, en l'absence du spécialisle, il n'esl pas inter~it el l'ethnographe de noler les caracteres pl'ineipaux. Photographler. .. Modifications somatiques d'ordl'e culturel: 10 modlficahons rituelles, l'ares. Plus génél'alement, adaptations ~orph?logiques aux vetements sel'l'és (chaussures, ceinture ... ); 2° modlficatlOns due~ allx activites dominantes. Pal'rni ceHes-ei, en premier lieu, cell.es qUl adaptent le corps huma in el une activité physiqu~ de produ~tlO-,?- ~~ de loisil' (59); 30 allure el posture: en relabon ~vee 1 achv!te dominante (d. déformation professionncllc, port d'obJet sur la lete (78) et avec le statut de classe. Cinéma. - Caractéristiques psychologiques. . Certains sujets peuvent avoir subi des examens psychol~chlll­ ques ou d'orientalion professionnelle, On s'efforcera d'pbtemr les résultats de ces examellS et de connaitre l'influence qu'Ils peuvent avoir eu sur l'orientation de l'individu. - Caractéristiques physi?logique~, .a.el,ueUes el via15eres. Pe~'­ fOl'mances cUl'l'iculum samtmre, senslblhte aux maladIes du fad du métier: Maladies héréditaires OH d'état (misere physiologique ou apoplexie). . . . .... On notera evenluellement a propas de ces ca.l acteIls~lques ~sy­ cho-physiologiques, la réputation que peut aVOlr le SI!Jet,. qm le place au-dessus ou au-dessous dc la moyenne de sa categone. 99 Généalogie el situation de famille. Reconstituer l'arbre généalogique en se servant des listes de recensement, des registres d'état civil, el par?i~~i~ux. _ Généa]ogie. Si l'on n'a I!as la p~sslbIlIte ou le temps. de remonter tres haut dans ]e passe (archlvlste), remonter au moms jusqu'aux grands-parents. S'ef!orcer d'acq~.éri~ s~r chacull, ~es ascendants l'état civil (arlo 1, cl-dessus) et 1 mdlcahon des mehers et des principales résidences. Degré d'instruc~ion (écrit:ure, lec- turc ... ). A etablil' avec le plus de soin el d'exaetI!ud~ posslble l?l's- qu'on pellt suivre une continuité dans la spéciahsahon profes~~?~~ nene (agdcuIture, artisana~ ... ), ~a .p~l'I;nanenc,e sur une p~opllete, etc ... Constitution et maladles hcredItaues, nevl'~ses famiha~e~". _ Situation de famille: Date et lieu de, mal'l~ge. E~at ,Cl~rll dn con,loint, ainsi que, professlOll. Tendance d un glou~e, a 1 en?oga- mie ou a l'exogamle (v. Commune) .. Enfan~s. Etat ~lVl1 et pI~fes­ sion Elevade des enfants (v. Groupe domestIque). Memes questlOns ⢠. ⢠tl SI remarmge. .. h· d Dans le cas ou l'on vent dépasser la simple monograp le. e pel'sonne ponr faire une monographie de famIlle, ~n pourra falre sur chacnn des membres de celle-ci une m
  • 86 GUIDE n'ETUDE DmECTE d'éducaLion fréq~;~n.tés. R~gu~arité ~e la !l'éqne~t~tion scolai,re. S?lf-made mano IILIe eL dlplomes. F ormahon l'eltgleuse: confes- Sl?ll, sacr~ments re~us.:. (Ponr la forn,tat,i?ll fa~üliale e~ para-sco- laue. v. gloupe domestIque, eL songer a I educahon des Jeunes par les grands dans les gl'oupes d'age. 118). - Formation professionnelle.· Age d'entl'ée en apprentissage. ~ature de.l'appre~hssage : ~ppre-,?-Lissag~ dirigé ou laissé a l'initia- Llve de 1 appreI;th. CondItlOlls economlques. Fréqucnlation de ... cours de perfechonnernent. . - Séjours a I·extél'iell~·. Tour de Fl'ance. ViIles de séjour. Re~ultats obtcuus: perfecLlOnnement, acquisHion de tOllrs de mam, de recettes. Appartenance actuelIe an compagnonnage. Faits remarqllables retenus. - Service militaire. Garnisons. Occasions d'exercer son métier ou une aclÃvité simUaire au régiment (cavalerie charronnage ajus- lage ... ) -et de s'y perfectionner ou de prendre c¿nnaissance d,'autres ae-tivités professionnelles. ,. - Séjou~s a l'étrangc!. On n'omeUra pas a ce sujet de sonder 1 mfluence qu aura pu aVOlr sur les anciens déportés ·et prisonniers le tl'avail.dans·un pays élranger. . - En,général, s'.~fforce~' d:éla~I~l' au moins les influences p~i~­ Clp~J~S. qu ont .ces sCJours .a 1 extencur sur le comportement, les actlvlt~s techmqlles ~m socIales, etc ... et si possible sur les repré- sentahons : co"!p~r~lsons. d~s ~ormes cultureIles frappantes, effets- CI.l retonr ~ur lopmIOn Vls-a-VIS des normes locales, d'apres l'opi- mon du sUJet et ceHe de ses pairs. :- ~urriculu~ pro:fl~ssionneJ. Diverses professio-ns exercées ou sltuabons. Acces au btre de compagnon, a la maitrise. Exploit~tions, ateliers, entreprises ou organismes -successifs. ~I'OfeSSlOn .acluel!e: qualific~tio1J-, rang, grade; propriétaire expIOltant, fermwr. melayer, ouvner agricoIe; maitre-artisan, COffi- pagnon, manceuvre, etc ... . Récompe;nses, disti~ctions d'ordre professionnel (concours agncoles, al'Ãlsanaux, medIeur ouvrier, etc ... ). Titres, d~plornes, mé~aiIIes (généralement exposés au mur ... ). Date et heu de ces dlfférentes étapes. . , fOi Niveau culture!. A. - Acquis. 1. Acquis profcssionnel : l'éférences aux titres du curri~ulum, qu~F~cation Iocale par rapport a la norme en vigueur, donnee p~u: l'opmlOll des collcgues et l'opinion publique (définition du condlhonnement calégoriel normal, insuflisance, moyenne, ex.celle.nce). 2. Acquis général : danger de digression dans la psy- chologle pers~nnelle; en l:absenc~ de titres et diplómes, qui repré- ?entent 'p~rfOlS ,u~ etat ble.n a~cIen et détérioré depuis, s'en' tenir a des crItere~ ~eneranx faclles a confroler dans les actes ou l'équi- pe~nent m.a~eqel. - Lan~age: patois ou dialecte exclusivement, melange bI1mgue \propol'hon approximative des mots dans la con- versah.on). franC.(31s sans mélange mais avec fautes' de syntaxe,. franc;aJs c?uect; a~ del~. plus de ~ritére net, au moi?-s pour un pro- fane en dlalcc~ologlC, SInon ~a frequence et la pertmence d'emploi d? moLs abstralts et la ~o~nalssance de langues anciennes ou étran- geres. ~ Lecture el ecnture: analphabétisrnc, écriture, lecture I I I DES COMPORTEMENTS CULTURELS 87 péniblc (déchiffrement par mots) ou courante, style de l'écriture (sergent major, « baton de chaise », stylc d'époque ou marque per- sonnelle). Demander a l'iniormaleul' de rédiger quelques pages de ses souvenirs: document graphologique et ling~istique, do~t le cOlltenu est intéressant en lui-merne et peut serVir de ba~ a des developpements ultérieurs. ~ Connaissance extra-professlOunelle ou prolongeant la profession an dela des connaissance~ locales: bolanique chez les agriculteurs, mécanique chez les arttsans ... :-- Divers : pratique sportive, habileté a la chas~e et trop~ées, .arhs- tique. (connaissance du solfege, parlicipa~i~n aux pa.rhculansn,tes familia1, professionnel, de classe, local, reglOnal, natlOnal). Qu en reste-t-il 1 Vérification sons- chapitre suivant. . . . . B. - Pratique aduelle, curiosité, volonte d'acqlllsltlOn, hOl'ffilS pratiques professionnelIcs¡ religieuses, etc ... Po~r. ne pas er~'cl' et s'en- tenil' aux aper'1us, l'echerche des traces matenelles : a!eher de bricolage, production, livres, bibliotheque (se ~éfier des hvres d,u « cosy »), tableaux,. objets d'art (style, fabricahon). Lectures pre- férées. Participation a l'activité de groupes théatraI, musIcal,_ spor- tif, etc ... Improvisateur, conteur ... 102 Niveau de vie. Propriétés immobiliére et mobiliere. Revenus.' s~Iaire, ?or~ire de travai! (v. groupe d'activité, 141), budget : babllatlOll et eqmpe- ment domestique, alimentation, vetement, soins de la personne, loisirs, etc ... (v. grollpe domestique). 103 Contacts sociaux. Groupes de contacto _ Familial et voisinage: v. groupe dom~slique. - I.'r~fes­ sionnel: v. groupe d'activité (syndicat, corporat~on). - Affihahons a orga~lisations ou groupeme!lts ~~vers. horI1!l~ les. g.roupemen~s professlonneIs : mutuelle, parh pohttque. confrcne ~ehglCuse (c.han- tons, pénitents ... ), confrérie de Saint-Eloi : grades, ~Itres, fonchons; dates d'affiliation et d'acces aux dignités. - Relahons de c~asse : p~rties de cartes. des fCrJ;niers, .. des notables ... Fréquence (Journa- liere, hebdomadalre ... , salsonmere, annuelle ... ). 10~ Statuts et róles sociaux. _ Es qualités : (v. groupe d'activité), cOffime représentant d'une profession (par exemple role social du forgero.n) cornm.e . digl1itaire de groupement ou asso~iation, ~omme .conselller .TIlUm- Cipal ou maire. - Personnel : pmssance economlq~e, prestIge .de la, réussite, de la valenr profcssionnelle, de l~ honte, de pouvOlrs -occultes (guérisseur, devin ... ), ascendant phys~que. My.the pe~son- nel, : ses composantes. Role de conseiller techmque ou econonuquc. Activit.é sociale ou politiqueo 105 Tableau viager. Ages de la vie ou « du berceau a ]a tombe » (pour les généra- lites, v. groupe domestique et groupe d'activité). Chronologie indi- viduelIe. 106 Opinions. Les opinions de la personne sur son 'sort ou d'autrui sur la
  • 88 GUIDE n'ETUDE DIRECTE personne n'auraient que peu d'intéret si elles consistaient en juge- ments de valenr globaux. Distinguer d'abord ce qui releve de I'anecdote, de I'événement. ~~ ]:;t « e,hance ». La chance est plus géIiéralement invoquée par 1 mt~resse ~a,ns le cas de revers, ] événement heureux mais fortuit est ,1I~terprete com~e un dfr, l'aboutissement légitime d'un elfort antene~.r. I,tapport Inve~s~ l~rsque cJ~st autrui. qui juge. Cepen- dant,. s 11 ~ Y a pas solhcltahon abuslve des fads hisloriques. ]a re~resentatlO!l ~e la chanc~ et.p~rfois les présages. qui y sont atta- ches a posterIOrl, peuvent eclau'cll' la notion locale diI hasard. D'~u~re p,3rt, n~ ,pas . se ,con ten ter de jugements globaux teIs que « J al touJours .ete sahsfalt de mon 'sort », ou « Jamais rien n'a marché pour. m?i, ~e n'ai eu qu'une vie de chien ». Exprimés sous eeHe forme, lIs IndIquent probablement un trait de caractere mais s.i "fond~s qu'i1s soient, ils n'apportent allcune donnée v~lable. Meme SI la plupart des personnes de merne état en arrivent a une meme appréciation de leur vie, satisfaction ou mécontelltement unani~les ne S0;tt p~s exp1iqué~. , A .S efIoreer. d aLtem~r~ les raISOl~s. de e~s jn~ements eL de con- naIhe le systeme de references ChOlSI. Sahsfachon d'avoir en sen- sibJement la vie de tont le monde, d'avoir pll accéder a la maitrise avec ~rois ans d'avance sur l'ige habituel, regrets d'avoir dÃL quit- ter .recole, avan~ le~ autl'e~, de. n'avoir pu recueillir que tres tard le capItal necessaIre a son etablIssement. De telIes explications don- nent la cOlncidence, l'écal't posHif ou néO'ahf par rapport a la nOl'lne, et livr:ent do~c ~me approximation de ceBe-cL . ?n l'eeueIllera .amsI des deea]ages favorables,. ou non, par rap- port a !a ,chronol~gle. normale d'une car~ierc, des glissements d'une cIa~se a l autre defimssant le statllt de ] une et de I'autre (I'ouvrier agncoJe devenu petit propriétaire et qui s'étonne et se félicite a la fois d'avoir réussi cette ascension peu commune, la filIe du vigne- ron mariée a un ouvrier et qui passe ponr mésalIiée). De ~eme ,c~ux qn~ l'informateur a~er4(oi~ entre la norme, a ~a quelle ,I1 ,a ~te soumlS, et les. eondmtes repandues. parmi les Jeunes generahons. Il est rare qu un exemple de I'histOlre pel'son- nc]]e ne vienne pas.a l'appui (,« AiJ}si, moi qui vous parle ... »). selon une tendance bien connue a maJOl'er ]a valeur du « hon vieux temps » et des performances -personnelles. Par contre l'egl'ets de n'avoir pu faire mieux faute de moyens matérieIs ou de prépara- lion et ambition d·e mieux arrner et doter les enfants. Inutile de multiplier les exemples de cette mise en place de la norme par rapport an vécu individuel et de critique de la norme par comparaison a des -systemes nouveanx, locaux, empruntés ou personnels, grace aux opinions de l'informateur sur les points. remal'qllables de sa propre trajectoir·e. L'opinion personnelle sera vérifiée par eeHe de mernhrcs de la famiIle, de l'~ntre1!rise,. de la meme cl~sse et de classes ditIérenles. La consultahon s elarglra le plus possIble en vue de dégager de la rnythologic personnelle la représenlation commune du type d'homme en question. ⢠107 108 DES COfllPORTEMENTS CULTURELS 81) GROUPES Catégorie statistique, classes, groupes. On peut classer l~s .individus d'une population donn~e e~. caté- gol"ies ou classes stahsh9"ues, ,en r~leyant .chez, chacun la "pIesence ou l'absence d'un caracLere deternune : blOlol;{Ique (sexe, ~g~, cou- leurs de la peau ... ), géographique (lieu de nmssance, de reslde~,ce, de travail ... ), technique (catégorie professionnelle selon la m~heL'e travail1ée, fer, bois, verre; la qualification : II,Iaitre, co~pagnon. appl'enti), éC?ll?miq:ue (d'apres .Ie revenu, les SIgnes ?~terteur~ de la richesse), ldeologlque (connmssance, croyaJ}ce~ ~dhesIOn. IDOIale .. esthétique ... ), etc.). Le comptage de tous les In~l~ldus, pr.ese?Ita~t, dans une population el ,,!n t~mp.s ~on"?-és,. le entere ChOISI, c est-a-. dire entrant dalls la categone alllSl defime, nous donne la masse ~atégorielle, ou effec~if. Du point de ,V,ue cul~urel, on reconnait dan s l'effectif l'extenslOn de la norme elem-entatre. . On a vn plus hant I'importan
  • 90 GUIDE n'ETUDE DIRECTE grarnme de pro~uction al'tisanal, calendl'ier agricole, elc ... ) selún un plan c:on~.u SOlt par ll~ ~he! de ~r~llpe (~Jentl'eprise. de famille ... ), un,conseIl, (bureau, cC!mIte), 1 adrnmlstratlOll publique ou une régu- lahon soclale concel'tee ou automatique. 4 o Par ~Ille, aptonomie rela~ive vis-a-vis des aub'es gl'oupes, auxquels le he d allleufs un systeme de relations de complexité el d'intensité val'iables. - ~'étude de ces &fOUpeS touchera en illellie temps les, cornmu- nautes- Qll cIasses sociales- auxquelles appartiennent les memb.re-s de ces groupes. 109 ArUculations principales d'une étude de groupe. Ces articulations sont les suivantes: 1-. Cadre el équipement malériel. 2. Personnel. 3. Activités considél'ées sons l'angle techno- log~que et économique. 4. Sociologie interne et exlerne. 5. Idéo- logle' c011~pren~nt. les connaissances et valeurs propres au groupe. ceHes qm le d~shnguent des autres et ses participations globales ou par classes a- d'autr~s idéologies de groupes inclusifs, ainsi que les- mstruments symbohques de cette idéologie. e.es différents poínts serant envisagés- dans la perspective dia- chromque. Lorsque le groupe est tres différencié et nombreux comme le groupe territorial, iI est pratique de suivre l'évolution récente par- chapitre, ce qui ne préjuge en rien de 1'01'donl1ance de la synthese ultérleure. 2. GROUPE DOMESTIQUE OU MENAGE 110 earactéres généraux. , , Parenté biolog~que, Le groupe domestique comporte une majo- nte d,e m~mbres ums par les liens de parente biologique. Mais, d'une pa;t Il n l~clut ras tous les descendants d'un meme couple, d'une meme- farnllle, d autre part il compl'end des personnes étrangeres a ce lien biologique. Cornmunauté d'habitation. Le recensement groupe, sous le llom de « ~é~agc », les individus vivant a une certaine époque sous un meme tOll, ou dans un mcrne logement, sous, l'autorité officielle - sinon inco~testée - d'un eh~f de rnénage. Dans les maisons basques, landmses ou franc-comtOlses, deux gl'oupes de meme ascen- dance familiale peuvent faire ménage á part. Communauté' d~utilisation d'un équipement domestique, Dans la plup~rt des cas,. utilisation en cornmun d'un certain équipement domestIque; ce qm n'e-xclut pas : 1" la priorité ou, l'exclusivité d'uti- lisation par un membre du groupe (affectalion du matériel culinaire a la· ménagere" des places a lable ... ), mais selon des regles admises' 2" l'u~age par cha~~1!- d'un é,quipe~en.t sll'ictement-,individuel, quí peut elre sa pl'opraete exclusIVe. L. anClenne expresslOn de recense- ment « feux » exprime la eornmunauté fondamentale du feu (cuis- son, ehauffage). La eornmensalité est, liée aux autres, un des eri- teres les plus clairs et les plus généraux, Régime de propriélé et budget. Le chef de ménage est généra- lernent propriétaire de l'habitation el de son équipement, ou sellle- I , I DES COMPORTEMENTS CULTURELS 91 ment de ce dernier. En cas de locatiún, e'esl lui qui discute les baux et les signe, verse les loyers et supporte la responsabi,lité de l'usage des locaux, Co-propriété et co-loeaLion neo sont tOUt-ef01S pas exclues. Le groupe, d'autre part; vil sur- un budget cornmun que les membres alimentent, selon leuI' age et qualité, dans des proportions norma- lisées. Rythmc de vie, Division du travail. Les membres du groupe - saur écarts impasés principalement par l'age ou- l'occupation extérieure (école, métiel') - ont généralemenl le meme emploi du temps, le meme horaire alimentail'e et de ~·epos. parti~ipent au~ memes fetes et cérémonies, cte ... I~es JonctlOns domestiques sont l'éparties en'tre classes d'age et de sexe (direction, exécution,I .. ). ·Composilion. « Ménage » d'individu isolé. Un ménage peut ne comprendre qu'une personne. L'étude de tels cas peut etre intéressante,: 1" lorsqllc l'isolé est le dernier représentant d'un groupe domeshqu'!, dont il -peut décl'ire l'brganis~tion ancienne et ~'évolution; 20 en génél'al, parce que l'isolé prahque un genre de, Vle ~onl la compa- . raison avec eelui d'un groupe de llleme catégone soclale permet de mieux définil' l'un et l'autre, en particulier l'efficacité fondionnelle du second. Groupe proprement dit. Il cOl~prend essentiellemenl,:, 10 le groupe conjugal ou l'un de ses surVlvants exerc;ant l'aut~nte dans la conduitc d,ll ménage (chef de ménage, maitre o,u maltresse de maison); 2" la dcseendanee direde et, par convenhon, les en,fants adoptifs; 3" les ascendants (gl'ands-parcnts); 4" des par~nts a de~ degrés divers, A cOté du noyan pare!ltal : ,1" le personnel etran&e~ a la farnille; 2" des amis ou des penslOnnatreS dans l,a mesure on lIs participent a la vie g~otidi~nne, ,enfants en nournce, En marge : les locataires ou penslOnn31res. '11vanl ou p~·enant l~urs repa~ e!l dehors du reste du gl'oupe, ID31S dont, la presence n est pas negh- geable, en, par~i~uIier, par les novah.on~ q;ue, le?r culture peut apporter (en CUlsme par exemple), M;ms 11 s aglt,la ou de cas for- tuits (affiux d'ouvriers sur un chantrer tempol'atre! ~xode.) ?ont le traitement n'est pas a proprement parl~r n~rmahse,.o~ ,d heber- gement habituel, ce qui l'entre dans la c~legor,le d~s achvües e~tra­ domestiques (Iogeul', restanrateul'). En resllTI?e : 1 l!n noyau blOlo- gique on parental; 2" un ,personnel domestIque; 3 des commen- saux; 4" a la limite, une ehentele. Fonctions dominantes du groupe domestique. Rcpl'oduction de l'espece. Continuation GU gr~upe famil~al, de la classc, du gl'oupe natión,al, et, concurre,mment, reglem~nt~t!on de l'activité sexuelle, du Ch01X des partenall'es selon des, mterets' ou prescriptions sociales {mésallia~ce), économiqu.es (l!lllon de for- tunes, de domaines) et, plus rrcernment, physlOloglques (eontI'e- indicalions rnorphologiques el nosologiques)., ,. Entl'etien de l'espeee. Entretien des adul~_es a un eertam mv~au. de vie. Education des enfants. A notre epoque, dans eel't31ns milieux" s'opere un délestage progI'essif de ee,rép~rtoire de fonctions', domestiques, Le mouvement a eommencé .par 1 abandon des tech- niques de fabl'ication des vetements, puis repas en restaurant, can-,
  • 92 GUIDE n:ETUDE DIRECTE tine ou lunch-room, an moins a midi blanchissage teiniurerie a l'extérieur, édllcation en internal, etc .. .' ⢠Rappol'ls entre gl'Oupe familial el groupe d'aciivité. . Confus!on OH imbricaiion organique. Beallcoup d'exploiiaiions a?nc~les~ d entl'e'prises. al'~isanales, etc ... , sont familiales. 10 Locaux d habltatlO~ et d ~xpIOltahon sont contigus sons le merne toit sinan e,n .l~ca~ umque (echop~ ~u sabotier· a la foís chambre, cuisine, ate- hel) J? l,e gl'ou~e famIllaI,absorbe tout ou partie de sa produciion (explOltahon agncole ~~nctlOnnant en quasi auiarcie, v. ci-dessus). Re~rutement. famIhaI du groupe d'activité. Droit successoral. Dy~ashe professlOnnelle. Hérédité des charges de fai! sinan de drOlt. ' , Corrélatio,?- entre ~profession" et sta~dlng socio-éconornique du gl,oupe ;domesbque, Mem~ lorsqu JI, y a sepal'ation neUe de I'activité pl~fesslOnnelle et de la Vle domestI~ue, et aucune continuité généa- lo,gl9"ue dans la profession, la vie d un groupe domestique s'étahlit g~neral~ment selon le standing ,moyen de la classe et de la catégorie p~ ofesslOnnelle. ~.ettoe standardlsahon, dans une aire régionale dQn- ue:, se, ~~:m~e SOl ,1 le, ~olum~ ~oyen ~es rev~nus; 2 o les exigences calactelI~.hques du, metle~ (reglrne ahmentall'e du tl'availleur de forc~, frms de representatwn des carrieres libél'ales, etc ... ); 3 0 les l'el~bOns ,en,h:e. grOl~pe~ .domestiques de méme classe (H n'est pas llOIrnal ,d aVOll un mteneur, un costume au-dessus ou au-dessous de son elal). SCHÃMA D'ÃTUDE 111 N om el composition du groufle domestique. No~ et surnoms, áge, p~ofe~sion du ,c!tef de ménage, ainsi que des aubes membres par categofle, parente, personnel, étrangers. 112 RésidenceJ lieux pe~manents ou temporaires d'activité. Situation; Nom de la localité, lieu-dit, adresse. -. Rel~ve du cadastre des parcelles báties, dépendances et acces (cour, Ja~'dlll pota&er ou d:agrément, parc, terrains de jeux ... ). - Situaho.n geog~aphlgue pal' r~pport au relief (plateau, cóteau, lhalweg, .marals), onenlatlOn (solell, vent, pluie). Tapis végélal espace nu, forel, cIairiere). . ' -:- M~lieu so.cial. Ha~itat dis~er~é: cO~lage, cité .ouvriere, corono Fumees, emanahon, brmts (proxlmlte usme ou vme de cornmuni- calion). - Aire de travail et des services. Lieux de travail. Réseau de distl'ibution cornmel'ciale (boutique, marché, a domicile). Ecole. I~cendie; D?c~eur. Se:yices publ~cs : poste, assistance .. Lieux de loi- ,- Sl~ : cafe. cmema, th~atre, terram de sport. .. Gare ou halte de che- mIn de. f~r, .route .. D~stances, .moyens e~ temps de cornmunication du domlcll-e a ces dlfferents pOlnts (163 alfe de contacts techniques). L'habitat ambulant (ch'que. roulotte, péniche) ne demande pas de développement spécial. I I 1, i i ¡ J. I DES CüMPOHTEMENTS CULTUHEJ .. S 93 HabitaLion (chalet de monlagne, loge de forel). POli!' la descl'ip- lion physique des batiments, soIs et acces (v. ch. l\blériel). Dans un immeuble colledif, situer le logement sur un plan général et -caradérisel' le type: « deux pieces », « trois pieces », etc ... Loge- ment absolument autonome ou services communs (poste d'eau, buandel'ie ... ). - Dépendances et acces : c-our, jardin d'agrément et potager, pare, terrains de jeux. Ecran végétal, protecteul' du soleil et du vent. . - Eléments de confort: eau (courante, dans les Iocaux, a l'étage, borne publique, puits, dis,tance ... ), gaz, élecfricité, evacua- tion (des eaux usées et ordures, tout-a-l'égout, fosse septique ... ), chauITage eentral, climatisation ... - Nombre et affectation des locaux. Local unique avec cohabi- tation animale (Alpes, Bretagne) ou servant d'atelier. Local unique, mais a seule fondion d'habitation, avec batiment séparé ponr vete- menls el ob.iets de valeur (Alpes). Logement des domestiques et ouvriers agricoles dans les b'átiments d'exploitation (grange, écu- rie ... ). Distinclion entre salle comml1ne et chambl'e de reposo Salle a mangel'. SUl'facc et cnbage par personne. - Arnhiance. 10 thermique. Isolation thermique : épaisseur des mars, l'evetements internes (lamhris), dimensions des volets, des ouvertllres, double-fenf.tl'es, habitations enveloppées dans réserves de bois et fourrage. Accumulation de chaleur animale : concenti'a- lion des humains dans méme piece, cohabitation allimale, étables sous meme toit qu'habitation. Heures de chauffage dans la salle com- mune, en dehors de la pl'éparation culinaire ou autre; tempél'alure aUeinte ainsi que dans les autres pieces (poele, chamhre ... ), corn- pensation par port de vetements chauds ou couvertures; 2° hygro- métrique. Degl'é hygrométrique. EvacuaLion des vapeurs ou buées, ou ruissellement le long des parois (chalets savoyal'ds). Condensa- bon (mul's exposés a la pIuie), Absence de cave, sons-sol humide, rez-dc-chaussée encaissé; 3° respil'atoire. Cube d'air. Fumées el odeurs : chaumiere sans conduit de fumée, évacuation par la porte, ventilation par hotte ... ; 4;e rnagnétique. Champ magnétique, ondes telluriqucs? Dans l'état actnel ·des connaissances scientifiques sur ce sujet, se garder des hypotheses. Cependant les plans constitue- ront d'ntiles données pour Jes chercheul's de l'avenir. Noter egale- ment les croyances ou observations faites sur les maisons mandites, on personne ne veut vivre. Il est difficile de démeler la réalité et la légende; 5° optique. Lumiere naturelle (orientation, grandeur et disposition des onvcrtures, tcmps d'ensoleillement sclon saison). Lnmiere artificielle: ilnture (foyer, chandelle, pétrole OH essence, gaz, électricilé ... ), nombre, temps d'utilisation (travaux domestiques exécutés entre « ('.lIien et toup » a la lueur du foyer, restriction au minimum des nutres moycns d'éclairage), saison (jour solenncl d'allumage el d'extinction des chandelles : les lumes). Couleur des murs et menblants, coulenrs claires ou sombres, mates ou brillantes; 6" acoustique. Transrnission des bruits internes (étables, écuries, atelier ... ) ou externes (ateliers, usines voisins, bl'uits de la circula- tion ... , sonorisation plus ou moins fonctionnelle, fond sonore de la radio en sourdine);- 7° ambiance sociale. Indépendance des issues, « vie de caserne »; 80 pal'asites. Micl'obiologic, insectes (mouches. moustiques ... ), rongeurs... '
  • GUIDE n'ETUDE DIRECTE :1.13 Equipement mobilier. Animaux domestiques. ~eubles, obje.ts domestiques, Jinge de maison, instruments el 111~~hmes, appar~Illage a l'électricité OH au gaz, objets d'al't, de 100SIr, (phono, radIO, etc . ..), vetements et linge personnel. Inventaire n.u~eflque et t?p~graphlque. Monographies des éléments caracté- l'lS~lques. La dIstll~ction e?-tr~ ~bjets de fabrication familiale ou arhsana~e et prodmts fabrIques llldustrieIlernent est ici particulie- rem~nt _~mpo,rta~te cornme ,marque de l'évollltion d-u standing (en partH::llhe,l', eq~lpe1!lent ~ecanique et électrique, fer a repasser, machme a 1.avel. gr~l,le-pam, etc ... ). Ne pas oublier les pieces d'appa- rat ~)U p~rhes de. pleees cons~cl'ées a .l'e~position des souv:enirs de farnllIe, lrnages pIeuses, trophees de chasse - généralement le man- teau de. eheminée (pI. n. , Amma~x domestiques: d'agrément, de garde, de rapport. Leur logement (mehe, p.oularller: etc ... ) est indiqné sur le plan. Eventuel- l~rnen~, les te~hn~ques -~'elevage seront étudiées comme indiqué cl-apres (explOItatIOn agncole). De m~m~ pou~ l.es équipemenls et techniques d'appoint (brico- lage, travaIl a domlcIle). 114 Entretien des personnes. Alirnent.ation. ~épertoi~e .des ~onstituants : pain et alirnents a hase de fanne (c~epe, bomPle, pales, pat!sserle ... ); viande (porc~ b~uf, cheval, vol.aIlle ... ~; pOls.son; reafs, lmtage; pornmes de terre;· legumes secs, fr~ls; ~rUIts fr~ls, s~~s, ex~tiques; épicerie (sucre, sel, café, chocolaL.), b01SS.0~S (vm, blere, lnquette, cidre ... ); confitures, conser.v~s~ fonds de clllsme (beurre, bUlle, saindoux, graisse d'oie ... ). º':lanbte ?H p0l!l'c-entage approximatif : régime végétarien, carné, ~txte ... 'RepertOlre de recettes: Met.s et menus habituels. Composi- h.o~, des ,re'pas s.elon heure .d~ ]oUJ:, .10ur de la semaine, saison, fonrs fenes, ceremomes (~ets ceremomels) .. Ration alimentaire rnoyenne par personne. et par age. R-epas sur le heu de travail. Variation avec l'efIort fourm (59).' ',- Heure~ -et.lie~x des r~pas selon saison. Pl'éséance a tableo Pro- tocole de dlstpbuhon : pam tranché et vin versé par chef de familIe ·0"!-1 doyen d'age, soupe. servie par maitresse de maison ou prise dIrecte an plat. Techmque de consornmalion: usage du conteau ,( ~?ins du corps et cosmétique. Visage, corps, extrémités, ongles, ~cnhho.~, chevelure. Ablution, douehe, bain: Heure OU occasion .1ourn.ahere. ,(lever, coucher, avant ou apres 'les repas), 'hebdomadaire ou SaI,sonmere. Maladies et blessures. Répertoire des rnaladies connues. Identi- I DES COMPORTEMENTS CULTURELS ·Jication des maladies et évalualion de leur gravité. Remedes fami- liaux : -herbe de la Saint-Jean, purgation ... Cas a partir desquejs on fait _appel soit au guérisseur (sorcier, rebouteux), soit au médecin. soit au repl'ésentant de la reJigion. Diététique selon les ages (pour l'enfance et l'adolescence, v. ch. éducation). Vieillards: régime _spécial. Loisirs, ,développement culturel. Répertoire des \'eux et distrac- tions'(cartes, dominos ... ), lectures (1ivres, périodiques . Veillées, réu- nions. Café, spectacle, sports, voyages, camping, etc ... 115 Entretien de I'habitation, de I'équlpement matérie\. Etudié en détail.dans ehaque monographie de chaque catégorie d'objets. Opérel' id le regroupement soit par grande catégorie (bati- ment, mobilier, vaisselle. vétements, linge), soH par matiere (par ex.emple, bois; régions ou tous les bois - rneubles, parquets, lam- hris - sont lavés, d'autres oú ils sont cirés ou 'peints), soit, surtout, chronologiquement (enlretien quotidien, hebdomadaire, l.essive hisannuelle ou annuelle, grand nettoyage de Paques, etc ... ). 116 .AcUvilés -religieuses et _cérémonies. Pratiques re1igieuses, indlviduelles ou en commun : -prU~re indi- viduelle ou en cornmun, assistanee aux offices journnHers ou hebdo- madaires. déplacement au bourg (a pied 'ou en voitul'e). Education religieuse. ·Pour les sacrernents, voir cornmune rurále. Pralique religieuse. Fetes 'et cérémonies : biogl'aphiques ()u viageres. Peuvent se grouper iei toutes les activités marquant les étapes de la vie ,d'un 'individu et, générale- ment, placées sous la rubrique « du herceau a la tombe » : -nais- :Sanee, relevailles, baptéme. cornmunion, « cour », fian¡;ailles, mariage, prornotions scolaires, professionnelles ou honorifiques, etc., anniversaire; noces d'argent, d'or, jubilé, funéraiIles; calendaires, extra-pl'ofessionnelles: -Paques, Toussaint, Noel, Jour de l'An ... Professionnelles (v. groupe d'activité) : houquets de rnoisson, Saint-Eloi, -Saint-'Honoré, Saint-Vincent... Participation aux fetes et cérémonies cornmunales, régionales ou nalionales. 117 Contacts sociaux. Outre les contacts professionnels (affiliation a des groupements . professionnels) el les fétes et cérérnonies : relations d-e voisinage (veillées), de classe ... , hospitalité (aeeueil il un étranger, rituel du seuil, etc ... ). 118 Reproduction. Conception. Evitée : raisons (égoisme individuel, circonstanees économiques ... ), rnoyens (pratiques antt.eonceptionnelles). Incontro- lée (prescriptions -religieuses, r-óle des ·euphories cé-némonieIles ... ). Voulue (délai entre mariage et premier enfant, entre enfants. -époq.ue de l'annéc ... ). Préparée : recherches de la mei1leure condition pny- sique (repos,alimentation ... ). . lndications sur les ~ratiques 'sexuelIes, ~ propos des prahques antieoneeptionnelles, de l'édueation de l'enfan! (puberté)" de oom-
  • 1JG GOlDE n'ETUDE nIRECTE parais~ms ~vec l~s co.mpOl'temen~s animaux, des jugements sur la eon~Ulte d ulltrm. In.lures se refe~'ant a ce genrc d'activités. Fail'c le depar,t en,tre ce qlll est expresslOll publique, voire fanfaronnade, et ce qm dOlt res ter caché. A GestatiOll; ~onditions. et s~:¡jns physiques. régime alimentaire, vetements specJaux. Contllluahon, ralentissement ou cessation d 11 travail extérieur ou domestique. Evitement de certaines situations jugées préjudiciables a la santé de l'enfant el de la mere. Concours apporté par les membres de la famille, le voisinage. . A~couc~ement; ~ignes ann~nciateurs. Préparation. Pl'cmiers 80ms a la mere et a 1 enfant. ASslstance d'une femme de la famille d'une sage-fernme, du doeteur. Exclnsion des-hornmes. Tninsport e~ cliniqu,e: depuis la del'!liere-.guerre et la mise en application des allocahons, dans certams vl1lages proches d'une agl11omération urbaine, beancoup d'enfants naissent a la cJiniqlle et s~nt portés a I'éla! civil de la ville. Educalion des enfants. ' .. Sons cette rubrique se trouvent les techniques -de formation el leur durée d'application, qui est généralement inférienre a la durée de subordination de I'enfant a l'autorité parentale. Distinguer l'édu- cation proprement domestique et I'éducation externe (école,- ateliel', c~asse d'age ... ). Les différents, a,specls de I'éducati.on ne sont pas, bIen entendu, sans rapports reCIproques, souvent etroits. Méthodo- logiquement, se placer íci dans la perspective de I'activité familiale, mais el l'occqsion pOllrsuivre immédiatement le sondage selon les autres perspectives. Selon l'ige. Comparer les représentations des étapes succes- sives du développernent, des ages de 1'enfant indiques par le langaae (nourrisson, bébé, « faraud »; age de raison, gars ... ), a l'écheIle élaborée par la jlsychologie de I'enranee (d. H. Wallon : Origine de la pensée chez I'enfan!, t. r, p. V el 199) : a) premié!"e année; b) deuxieme et lroisieme, acquisition des ~estes el conduites « COlll- mandés par les objets pris pour eux-memes, en meme temps que leur reconnaissance perceptive puis nominative »; e) approche de trois ans, crise de personnalité, dégagement du propre moi; d) qua- trieme et cinquieme, évoIution sentim-entale, fOl'mation de COlll-' plexes divers, refoulement (l'ouvl'age cité se rapporte a la pél'iode de six a huit ou nenf ans). Aspects de la « cnlturation ». 1. Le nourrisson: Modes d'alimen- tation du nourrisson : lait maternel, nourrice, sevrage, lait animal fl'ais, condensé. Alimentation solide. Oxygénation : promenade au grand air, fenetres ouvertes ou fermées. Préhension, pOl'tage, dépla- cemcnt du bébé. Vetements. Repos : berceau, berccmcnt, bel'ceuse. Soins corporels : apprentissage de la propreté. Apprentissage de la station debont, de la marche. Rapports sociaux et fixation affec- tive : manifesLations de tcndresse, de sévérité. Sanctions : pri"a- tious, chatiments corporels. o- 2. Appl'entissag-e du langage ; lan- gagc « bébé » pratiqué par les adultes, onomatopées, ritonrneIIes, contes et légendcs~' role des pcrsonnag-es fantastiques et discipli- naires (Dieu, pere « fouettal'd », diable, gendarme ... ) et assimilalion au pere et inversement; lenr mode spécifiqllC de connaissance et de coorcition (flagellation, « couper » le cou, tirer les oreilles), eITets DES COMPüfiTEMENTS CULTURELS 97 sur la menlnlité el le cnractere cnfanlin. Assimilation a des ani- lIlaux (lapin), attitude minimisante lendrc (hont d'hornme), etc ... Lectnre et écrilure : syIlabaire, boulier, méthode syIlabaire ou globale ... PCl'fectionnement de l'activité motrice : jeux. - 3. Acqui- sition de techniques : pUl'ticipation aux tl'avaux domestiques (sur- tout }lour les filIes), aux travaux de l'entreprise, surtout pOUl' les garcons, dans l'-exploitation ngricole OH I'entreprise artisanale. Aeciuisition des techniques sociales ; politessc, visites, faire les « courses ». Formation du caractere : traits particulierement pri- sés (ténacité, endurance, souplesse, etc ... ), personnages légendaires, histol'iques ou acluels donnés en exemple ou proposés el l'exécration. Educateurs el eondisciples. Adultes. Parents : gl'ands-parents (papa gateau), pel'e (s'occupe surtout des gal'C(ons, et a partir d'un certain age), mere (surtout des bébés et des filIes). Oncle, tuteur, parrain... Etrangers : pel'sonnel de la maison, a,mis et eonllais- sances. Enfants et adolescents (freres et sreurs, ou étl'angel's a la famille) : les aiués, les « grands », « ceux de la classe », les « petits ». ,. _ . . . Rapport entre educatlOIl fanllhale et edneatlOn externe. Edu- 'calion cxtel'ne non officiene : choix des l'elations, des fréquenta- tions; liberté et vagabondage. Education externe Ol-ganiséq : choix de l'école {)u de l'édueateul' (public ou libre, précepteur, répétiteur)~ de l'atelier {)U de la « place» (gronpe d'activité : apprentissage). Indilférence des parents vis-A-vis des méthodes et des résuHats iniermédiaires, sen te -considération des diplómes, du résuIt~t final OH action conccrtée entre lJarents et éducateurs ; confeeholl des devoirs a la maison, carnel dc notes ... 119 Calendrier général et horaire journalier. Horaire jourllalier par classe d'age. Variations de cet.horaire avec les salsons. Mise en place de ces horaires -et calendners par rapport a ceux des personlles t~'av~i1lant au d~hors ,e~ au c.alendriel' général de la localité (en parhcuhel', calendrler eeremomel). 120 Economie. Budget. Le fonetionnemellt écollomiqne du groupe domestique n'est pas absoIument réduclible a u?-e e.xpression monétaire~ L'autocon- sommation joue encore un role uuportant dans la _plupart des -exploitation~ agricoles fal!Iiliales, (124). Le jardinage de l'~rtisa~ OH de l'ouvl'ler oifre des dIfllcultes analogues; eornme lechmque, 11 sera souvent utile de le décrire a part; au point de vue éeonomique, on aura a comptel' av-ee les dépenses de graines, engrais, outina~e.' main-d'reuvre auxiliair-e, mais également avec le temp~ consaere a ce travail, qu'on pouITa estimcr an tarif de l'époq.ue. TOl~tefois, une heul'e de jardinage exécutée par un manouvner apres une Journée harassante ne pcut are absolument coml?arée a une h~ure exécutée, a titre de délassemcllt, par un employe; la comP:=t~aI~on des emplois du temps globaux peut seu~e fo~rlllr une appreclaho?- plus exacte de l'économic psycho--physIOlogIque. Enfm,.I~ _ travaIl non rétribué de la maltresse de rumson t:L- de ses aUXdlall'eS ne figure pas au bilan financier, alors qu'il entre en ligne d-e eompte
  • 121 98 GUlDE n'ETUDE DIRECTE ponr la d~termination. du niveau de vie ,ainsi que le bricolage et les travaux dlvers exécutes par le ou les hommes I Plan dd'!lll b1!-dget alluuel.: 1 o Recettes. Rémunérations princi- pa es ou . appo.l~t du personnel actif ; per-e, mere, enfants ReceUes salsonmeres : vente de pl'oduction jardiniel'e d "yo IeUe, chasse ou ~ech-e ... Contributions financieres dJautre~ ;e~~~~ ~ d,u gro~~ : penslOlls versées par ascendanfs ou cornmensaux Pens Sl~ns. cIvIles ou l!IiIitaires. Rentes, revenllS divers. location'" sous= locaho~ ... AlIo,cahons. familia~es. ReJ?-trées extraordinail'es : J rime a.]a ll31SSa,nce, ponch0!I sur economles {Caisse d'épal'gne, né~ocia­ hons de titres, appeI a l'emprunt), dons, donations. Recettes en natnr.e : dons: ~adeaux. 2" Dépenses : Se reporter aux eha itres desc~lphfs precedents et chiffrer tout ce qui pent l'etre P d l:uh~'lques analogu~s : habitation (acquisition, loyer, ~n~~~tlen)~­ eqlllpeme~t ~ome~hque (d D); ~hauffage, éclairage, eau, gaz, etc ... ; a~ID1enta.ti?n, hahIl.'ement; h~glene, soins du corps, santé; distrac~ hon~, 100sns; .prahques religlcuses (denier, obole)' fetes el '.' ~ mO~les; .rel~hons social~s (réceptions, invitatio~s, cotisafi~l:s. soc.rales dlvelses,. cadeaux mternes Oil extern-es); frais de re résen~ tatlOn et professIOnnels; frais d'éducation ou d'apprentissag~' e-s?~nel ~e maison (salaire~ en especes, en nature, allocations,' sfe~­ nte so~ra.'e); A tr~nspo.rt ~en commun, indi~i~uel, bicyclette, moto, auto ... ), nnpots, cohsahons pour mutuahtes assurances' rem .. boursement de deltes, intéréts. Dans la mesur~ du possible' nllafi- cer ce ~udgel annuel global el~ eonsidér!ltion du sexe et de l'Age des mem~les du g~oupe, des pomts senSIbles du calendrier (fin de semallle,_ de mOlS, de saison), etc ... Structures sociales. Droit domestique et familiaI. !tegl'ouper sous. ce, chapitre les traits essentiels du systeme de relatIOns entre les dilferents membres -du groupe seJon leuI' statul de classe : cJasses sexuelIes qui donnent selon le; cas la pI'éséance aux hommes o,u au~ fe~mes; cIasses d'age : les grands-parents qui ont a~andon~e la dll'ccfIon des affaires, les parents, les enfants et parml ceux-Cl le rang (droits et devoirs particulieTs de l'ainé du cadet); classes s?ciales, marquées surtout entre groupe parent~l et personne] de maISOD. - . Le~ rapports sont a obser~e! ?- l'intérie~r du groupe (rapports l~te~peIsonnel~, quant aux aC~lvItes, quant a la possession et ]'uti- hsahon des b}ens) et avec I extérieur (rapports avec les autres groupes de meme descendanee, ~v,ec, les. autres individus, groupes. clas~es). Le tout. est plus ou mOlDS et~'OltelUent régi par I'esprit de famIlle, par quOl le groupe ou la famIlle -entiere se distingue a ses propres y~ux e~ a eeux de l'opinion. , ,Relahon,s I~.terpersonneI1es. Ma.rque d'affection, de respect, de defer~nce, d ?b~ISSanee, etc ... ,. tutOlement uni-ou bilatéral. Noms 9.?unes aux ~lfferentes catégor!~s : « Dnele » désignant la classe du .pere, « COUSlD », .la classe d age analogue. Attitude vis-a~vis du person~el. : domeshques traités COlll1lle « s'Hs étaient de la famille » ; la symetrle est ral'ement absolue. . . Relations quant aux activités. Autorité du chef de famille con- JOln.te avec sa, responsabi!ité civi~e dans. la gestion général~ des alfalfes dn menage, de I entreprlse, malS également role de la 122 DES COItIPORTEMENTS CULTURELS 99 Ierome comIlle « Ministre des Fillances », etc ... Róle de conseillers de' la mere, des grands-parents ... Répartition des activités : éeono- mie domestique, affaire du groupe féminin sons la direction de la maitresse de maison; édueation l'épal'tie, selon l'age des enfants, entre les hommes -et les felUmes, role des ainés comme suppIéants. Préséance dans la vie quotidienne (place pres de l':\tre, atable. fernme debout a la porte de la cuisine), dans les cérémonies fami~ Hales, -etc ... RelutiollS quant a la possession\des biens. EnLre les conjoints: régime dotal, communauté, séparation ... Acquisition. Transmission: droit d'ainesse, indivision au profit de I'ainé et exode des cadets, ou parlage (et moreellement). etc ... Relations exteI'nes. Recrutemenl du groupe biologique : classe ou région dans lesquelles on recherche un eonjoint, consanguinité (d-egré admis), role des parents ou du conseil de famille dans le choix du conjoint; raisons du choix: économiques (maintenirJ aug~ menter le bien de fami1Ie, « redorer le blason »), biolo~iques (aspect physique, santé, répugnance vis-n-vis de certaines presomptions de maladies héréditaires ou aequises ... ), morales (caraetere, ardeur et constance nu travail...), esthétique (influence surtout dans le cas de choix par I'intéressé, llotion de « eoup de foudre », róle des per- sonnages de cinéma ... ), etc ... ; recherches du conjoint : bals, « asselll- blées », Iimraichinage ... j mésallianees caractérisées; (v. attitude démographique). Aire d'origine du personnel, des eornrnensaux, des clients, des nourrissons, etc ... Relalions avee gI'oupes de meme aseendance ; dans les eéré~ monies famiHales, les eonseils de famille, les échanges épistoIaires périodiques (jour de l'an, anniversaires ... ) ou non; róle du groupe de l'ainé comme « pijote » du groupe de ses freres. Statut du groupe domestique dan s la IocaUté et- la région : distingueI' le sta~ tut de classe économique (propl'iétair-e el importanec de la pro- priété, fel'mier el impodanee de r.exploitation~ manrellvrier), de classe professiollnclle (statut des dlfi'erents artlsans) et le statut particulier d'une famille par rappor~ a ce statut de cIasse. VoiI' en outre les relations de voisinage. Idéologie domestique. Participation a l'idéologie des gl'Oupes de meme aseelldallce. Cote spéciale du patI'onyme, honne.ur du nomo Ses ~ondemellt~ : ancicnncté et stabilité du statut SOCIal, de la rellornmee, expanslOn ou déclin économiques, techniques, démogl'~phiques ... Les familIes, qui « fournissent » des conseillers municipaux, dont les conseils sont recherchés, I'exemple imité. . Participalion a l'idéologie de cl.~sse ou professI~nnelle; .en renforcement réciproque uvec la premlere dans le eas d ms~aIlabon durable a un ccrlain niveau économique, duns une professlOn ... Particularisation du groupe par rapport aux deux premiers plans de réféI'ence. Raisons d~ dée~ochemcnt; ~'él1~sites ou éc?ocs éclatants répétés. Eviter la dIgresslO~ dans l,!:n~tom~ a~lecdohque ou la rnythomanie, par la confrontation de bdeologle mteTn~ du gI'oupe et de l'opinion publique sur lui (rapport norme~excephon). Comme pour l'individu et tout erre socia~«V87, 209, 2!1), ~'est d'ailleul's sur un rapport dmleehque des OpmlOns. des mtel'esses et
  • 100 GUIDE n'ETUDE DIRECTE de l'opini01! publique que s'edifient c.es représentations conver- gentes o,n dlVel'genfes,du groupe dom~sh9.ue. Les particulal'ismes et antagolllsmes de famIlle peuvent avoU' d Importantes répercussions sur la vie cOlluuunale en général. 123 Hisloire el évolution. Histoi!e du, ~f(:HII?e dome~t.iqu~ considéré dans ses relati9ns avec un bIen heredltaue (sfahIllsahon depuis des génél'ations sur un m.em~ fonds), ave? une l'égion. (déplacements d'exploitation en ~xplOltahon ?-a~s le vlllage, la réglOn-.ou d'autres régions; fermiel's euangers : Ifahens, bel~es, hollandrus ... ), etc. Exfension Oil ame- nuisement du groupe blOlogique patrilinéaire. la famille au sens large. . Dates ~e passage . d~s pouvoil's _~e ,génération a génération. Evo- luhon parhelle et ge~eraIe, des dlfferents phénomenes envisagés plus haut, dans leur mterdependance et en relafion avec l'évolu- tion du milieu socia1. Postes sur lesqucls s'-exel"cent les fluctuations éC~~)J:LOmiques posit~,:es ou négatives. Systeme de valeurs reflété par 100Slf, ~ud$et, polI tique. Passage du port du costume régional ou de fabncatlOn locale, au costume de confection, évolution de l'ali- mentation (augmentation de la consornmation de viande surtout a la campagne, divers ... ), évolution des rapports sociaux entre hommes et femmes, paTents -et ellfants, etc ... Sur l'.étude du groupc domestique choisi comme spécimen, grouper. les variantes contem- porailles en vue d'établir le type-moyen, en relation av-ec les phé- . nomenes d'évolntion sociale: promotion d'une clas&:e a l'autre. élévation générale du niveau de vie. prolétarisatioll, ctc ... Documents: état civil, Jiste de recensement, papiers de famille ~~~~~.. ' 12,4 lnlroduclion. 3. GROUPES D'ACTIV1TE A. - TECHNOLOGIE ET ECONOMIE EXPLOITATION AGRICOLE L'exploitation agric-ole est, dans la grande majorité des cas, une exploitation familiale. Ce quJ a un cer1ain nombre de répercus- sions dont les plus importantes sont les suivantes : 1. All point de vue morphologique et technique, ilnbrication des biltimenls d'exploilation el d'habilalion (v. équipemenl 128) qui va jusqu'au groupement sous mi meme toit, juxfaposition de maté- fiel et de tecbniques propres a_ l' exploitation proprement dite et a usage domestique, équipement d'exploitation et équipement domes- tique, le meme cheval pouvant servir a la traction de la charrue (produetion), de la carriole qui va au marché (vente, mais aussi achats familiaux) et aux jeux- hippiques ruraux (loisirs familiaux et en meme temps honneur et de l'expI-oitation et de la famille). 2. Du point de vue économique, une part importante, slnon la DES COltlPORTEMENTS CULTURELS 101 totalité, de la production est ahsorbée par le groupe familial OH domestique (famiIIe et domestiques a }'année), ce qui restreint e1'antant les echanges avec l'extérieur, atténue la nécessité pratique d'une eomptabilisation et rend plus difficile a l'enqueteur l'établis- sement d'un bilan. (ef. cependant les livres de raison. V. Harny). Par contre l'exploitation proprement dite ne suffit pas touJours a faire vivre le groupe domestique, ce qui oblige a des louages de services, compliqués de migrations saisónnieres (commerce ou arti- sana! ambulan! des Alpins, par exemple). Nous sornrnes done en présence de deux organisrnes : un moyen de production agricole, l'exploitation, qui excede, égaJe -ou est infé- rieure a la capacité de travail d'nn groupe familial, et un groupe familiaI auquel la production sumt ou
  • r02 GUIDE n'ETUDE DIRECTE I'aclivité directe sur la maticl'e traitée. En fait la fruitiere doit etre étudi~e cornme un ensemble-coll,1plexe ,d'exploitations soIidaires tech~l.quement. et llC!ll. se~Ilement econo~llquement. a moins que les parbClpants ne se desmteressent completement du fondionnement technique de l'organisme cornmun. 127 Terres (ou alelier extérieur). 1. Topographie et cal'Gctéristiques générales. ~01~nprennent un cerlain .. n?mbre de parcene~J parmi lesquelles on dIstrngue les pal'celles balles, les soIs (cour, abords ... ) et les tel'l'es proprement dites. Relev~, sur la ~atrice cadastrale. de chaqu-e parcelIe, compre- nant numero de sectlOll el de parce~le. nom d u liell-dit ou de la par- ceIIe, nature, (terre lahourable, vIgne, anciennement cheneVIere, sUl'faces ton.lours en herbe on prairies permanentes, bois, étang terre incuHe, landes, etc ... ), étendue, indice de qualité. Tarif de loca~ tion. Récapitulatif donnant les surfaces afI-ectées achaque nature de culture, surface dominante et moyeI;me des parcelIes. Plan des pareelles relevé sur le cadas!re (pI. n, lig. 2). Relevé it l'~~helle pour l'éyal1!-ation des ~irculatio~s d apr~s tableau d'adi- vItes. Courbes prmcIpales de mveau. VOIes d'aeces (chemins vici- naux, ehemins de terre, éventuellement servitudes sur terrains d'au- tn~i) et eours d'eau. (im'por~an.t d~l point d~ vue valenr tec~nique :'. pre de fond de vallee bIen U'l'lguc OH mal'ecageux ... ), pal'fOlS 'Voies d'acd:s (hol'tilIonnages, marais vendéens ... ). Communaux et aITouages dont l'exploitant peut avoir la jouissance partielle. POUl' l'assolement v. 134. 2. Analyse pal'cellaire. 1" Cal'actéJ'istiques pédologiques. Epaissenr de la cOliche arable. Caractéristiques mécaniques (résistance au travail et a la croissance des végétaux) : légere (sablonneuse), lourde (argileuse), proportion de pierres (les vignobles de la MoseIle semblent pousser sur un toit d'ardoise). Cal'actéristiques biochimiques: composition chimique (caleaire, phospha!e, alealinité, .cidi!e). Hydrologie: perméabilité, capillarité. CeHe partie tres importante de I'évaluation technique des terres est difficile a realiser, la pédologie n'a pris qu'assez l'écemmenl l'allure d'une" science. D'autre pati une anaIyse de terre ne pent etre faite que par un spéciaJiste. L'enquCteur fera déja beaucoup en conjuguant les données générales de la géologie. les indications des techniciens locaux (directeur de services agricoles, ingénieurs agro- nomes) et les appréciations des agriculteul's qui Ollt des notions précises, sinon tres élaborées scientifiquement, sur la valeur com- parée des diffél'entes parcelles du terroir. Eventuellement, analyse scientifique par les services compétents comparée aux I'eprésenta- tions et au systeme de valeurs des agriculteurs. 2' Structure pbysique de la parcelle. Forme t;f-dimensions. Champs carrés, oblongs, en ll!nieres. « Mouchoir de poche » des cultures en terrasse, parcelle de quelques ares (vigne, culture maraichere, pré il'Tigué). Pente du terrain . ~. DES COIIIPORTEMENTS CUL TURELS 103 (infl1!-ence sur direclion des siIlons, généralement selon la courhure de filveau, des « l'outes » d-e vignes, généralement selon la pente). Cl6ture, Pare-l'ents, Acces. Champs Ollverts sans clóture. Haies vives, levées de tene généralement couronnées de haies vives (bocage normand : cerlaines parcelles y ressemblent a des poteries an fond desqueIles on ferait pousser des plantes), abris vifs on arti- ficiels (cypl'es et l'oseaux contl'e le vent en Provence), illllrets de sontenement (culture en tel'l'asse) et « clapiers », haies artificielles, palissades. Schéma ave_c les cotes caractéristiques, en pal'ticuliel' des dispositifs de clótul'e. Incidences SU1' la techniqne. L'exiguité des parcelles interdit OH l'end difficile I'utilisalion des machines agl'icoles. LOl'sqn'on prépare a la faux le tour dn champ. la « passée » de la moissonneuse, ce tl'avail est d'antant plus dispendieux que la surface totale est plus petite. Les clótllres r-endent. inutilisable une partie du sol, surtout aux extrémités oú tOUl'ne la charrlle, elles -pl'oduisent des zones d'ombre utiles pour certaines plantes mais nuisibles pour la n1upart. Par contre, les animaux y peuvent paturel' en liberté. AppToximalion du rendemenl pfll'cdlaire, pour une culture don- née, rapportée a I'énergie dépensée (évaluée en heures). POUl' le blé par exemple, établir pon!' chaque catégorie d'agent ou de moteur (homme, animal, motenr) le total des heures d'activité nécessaires a I'obtention du produit bl'llt l'entré a la ferrne (labours, épandage d'engrais, semailles, hel'sage, roulage, l'écolte). Y distinguer pour chaque opération ce qui revient a u, travail utile proprement dit, et a T, Ll'avail aproductif de transpol'ts de personnel, de matél'iel ou de prpdnits (fumier, semences, récoHe) de l'ex.rloitation a la par- cene. Rappor!er la somme U + T á R, quantite de produi! récolté, pour obienir le nombre d'heures-travail qu-e cmite l'unité choisie. Le rapport augmente a mesure - que croit la distance absolue de chaque parcelle au centre et avec la dispersion. Pour passel' de l'nne a l'autr-c de del1x pal'celIes situées dans la meme direction mais a ql1elques dizaines de metres l'une de l'alltre il faut reprendre le disposiLif de transport et parfois faire un long dé tour pOlir trouver les chemins ou scrvitudes d'acces. Si les deux parccIles sont situées a la merne disLance mais dans des dil'ections opposées, au lieu de se tronver cóte a cOte dans l'une OH l'autre direcfion, T passe approxi- mativement du simple au double. On voi t la nécessité de ne pas se baser seulcment sur le rende- llient brut a l'hectare et d'illtroduire des indices rapportant ]a pro- dllction a l'efTol't fourni. Dans « Les le~ons de I'agricuIture améri- cairie » R. Dumont cite quelques chiffres suggestifs concernant les temps de prodllction. M~'is aux ~. S. A. : 21. qllintau~ ~. l'hectax:e pOUI' 60 hellres, soit -enVIron 1 1010 pour 2 mmute~. RlzIere tonIo- noise : 10,5 quintaux de riz pOUl' 1.500 heures, SOlt 70~ gl'am1!les pour 1 heure. Iowa : 48 quintaux de riz ponl' 12 heures, SOlt 400 Inlos pOUl' 1 hem·e. Nam-Dinh: 300 grammes pOllr 1 heure; rapport en~re ces deux derniers rendcments : plus de _1.000 a 1. Franee : 16 qmn- tanx de blé a l'hectare ponr 160 heures, soH 10 kilos pour 1 heure. RemQ1'que impo1'tante. Ce calcul du· rendement pour une par- ceHe et une culture donnée est tres appl'Oxi:q13tif. I~es agronomes ont souvent insisté sur la vanité des effol'ts d'évaluation précise dans ce
  • 104 GUIDE n'ETUDE DIRECTE damaine. Celle-ei p~ut etre tentée avec queIques chances de sucees pour une culture. a de~eure sur une meIDe parcellc, vigne par exemple. Elle est lmposslble dans la rolation des cultures. Le blé su~c~dant a des plantes sal'clées bén~~cie des fa~ons ~t des engrais speclfiques ~e la cultu,re de ces dermeres (a ,quOl s'ajonte }'engrais vert des femIles tombees, betteraves par exemple). 11 est done illn- soire de vouloir fail'c la part de ce qui doit etre débité au blé ou a la culture précédente. On ne pent faire qu'une estimation gIobale a répartir sur l'ensemble des cultures se succédant sur ce terrain. _ Par contre, le compte des heures de lravail fournies ponl' une culture délerminéc. depuis les fat;{ons culturales jusqu'a la récolte, peut etl'e établi plus rigoureusement et donne un ·ordre de grandenr du rendement, c'est-a-dire du rapport de la peine des hommes el de l'énergie dépensée a ce produit brut. 3. Plqntations. Vignes, vergers, pinedes, etc ... , présentent une période de rap- port de plusienrs années. Leur installation comporte des fl'ais par- fois considérables et une période improductive, qui en font des ins- truments de produetion hors du cadre des plantes annnelles on bisannuelIes. lIs font partie de l'éqnipement végétal fonc,er; leur présence valorise les baux a fel'me, et le fermier ne peut générale- menl pas les détruire ou en instal1el' sans le consentement du hailleur. 128 Biitiments, sois el accós (on atelier inténeur). En principe, sons ceUe rubrique ne devraient flgurer !lue les batiments d'exploitation. Ceci est évident lorsque habitahon et exploitation sont disUnetes topographiquement et fondionnelle- mento Dans les entreprises ou exploitations centrées sur le groupe familial, l'imbrication des deux fondions est paI"fois inextricable. Dans une maison-bloc tout se trouve sous le meme toil el fonc- tionnellement juxtaposé; dans des exploitations sur cour, la laite- ríe est contigue a la salle et la fenétre de eette salle est un poste d'obsel'vation' des activités de l'exploitation. Le plus souvent on aura done intéret a relever le tont ensemble, quitle, évid'emment, a intro- dllire dans la description les articuJations sujvantes, d'apres les fonetions dominantes des locallx, batiments, sois ou acces : - Habitation (v. groupe domestique), abris (tonnelles, loge ... ). - Elevage et abri du bétail (écllrie, étable, poreherie, bergerie, poulailIer, niche, enclos ... ). - Remise du matériel (charretterie, hangai', garage ... ). - Resserre des matieres,premieres bu magasin (grange, grenier~ séchoir, fu mi ere', siJos, meules, tas de boü;, etc ... ). - Captation de force motrice (moulin, éolienne ... ). - Traitement, transformation et autres : aire a battre, laiterie, fromagerie, manege, pressoir (cidre, vin ... ), fOllrnil pOUI' préparation des -aliments des animaux, atelier de menuisel'ie, travail pour fer- rage des animaux, four a pain, etc ... - Loeomotion : cour (pavée ou non), terre-plain; acces : che- ruin de terre, cheruin empierré, rampe, pont. .. Distinguer: 10 le réseau des voies d'acces internes; 2 o les sel'vitndes de passage sur voie ou lerrain pl'ivés; 3° les voies publiques (v. aire de contact). DES COltIPORl'EMENTS CULTURELS 105 Hydl'ologie : ravitaillement (mare, souree, fontaine, puits,. citerne, pompe, noria, balanciel' ... ), écolllement. - Clóture : murs, haies, fossés, rembI-ais ... - Note. Pour les doeuments graphiques a produire : descrip- lion individuelle des batiments ou ouvrages d'art et plans d'en- semble (v. ch. matér;el 14 et sqq. dessin 235, pI. n, IlI, IV). 129 Equipamenl mobilier el malióre premiere. Equipement mobilier d'exploitation. Aratoires : charrue, ron- leau, herse, bec, pic, pioche ... Tl'ansporl : charreltes, chariof, car- doles, etc ... Eqllipement domestique (pour mémoire). Eqnipement des activités d'appoint (id.). Pour l'élude de l'éqllipement mobilier, se reporter an chapitre : inventaire. Procéder a la distinction entre matériel de fabrication locale, artisanale on familiale ou industrielIe. Ne pas oublier que les bureaux d'études el commerciaux font en ce qni concerne la diffusion des_ produits industriels ce que nous essayons de recons-· ti~uer -ponr le~ objets ,d~ fabr.icat~on pré-industriell~. Pour les pre- ihlers, mventmf.e numel'lque (mutIle de compter un a un les boulons et les clous) et inventaire topographique des machines et instru- ments principaux. L'inventaire topographique doit marqller les associations spa- Hales, soit d'-emploi soit de remise, et pel'metlre d'étlldier le dérou- lement de toutes les adivités de l'exploitation. En ce qui concel'ne les matériels et hatiments, privés, collectifs ou publies, que l'exploitation utilise périodiquemellt, ind-iquer leuI' nalure et le lieu ou ]'on pellt les utiliser, en prendre possession et les reportero Ne pas omettre les instruments de comptabilité, de la hane a encoches au grand-livl'e éventuellement. Pour les matieres, produits, engrais, etc ... , v. techniques mais ici peut figurer I'emplacement de stockage. 130 Sonrces d'énergie el cheplel vil. Les SOUl'ces d'énergie OH de force motrice compl'ennent : 1. Les motellrs animés. Pel'sonnes et animanx : cheval, hrenf, chien .. , 2. Les moteurs inanimés. Machines de captation de force~ natu- relles (éqnipement irnmobilicr, nlOulin a ean, a vent, éolienne) et les moteurs (a vapenr, a explosion, éledriques. Equipement mobilier). Cheptel vif : . Inventaire par especes : équidés, bovins, ovins, caprins. Inventail'e par foncHon : . 1. Cheptel de service, 1 ° b'ait: chevaI, breuf, vache,-mulet, ane,. ehien ... ; 2° bétail de rente, élevé pour les produits sais~mniers (lait, ceufs, lail1e) ou a l'abattage (viande, peau, plume, polL.) : vaehe, chevre, mouton, porc, basse-coul'. La production du fumier était également une fonchon qui tend, avec I'utilisation des engrais verts Oil chimiqnes, a perdre de son importance. . Les animaux de combat (taurean, coq) et d'élevage spécial (coJombophilie) sont a classer a part.
  • 106 GUIDE D'ETUDE DIRECTE Le cIassement ne peut se faire que sur la fonction dominante a un mament donné de la carriere de l'animal. guí peut entrer snc- -eessivement, ou meme simultanément dans deux catégories diIIé- rentes. Une vache es! reproduclrice el productrice de lait. Elle peut, sirnultanémenl, etre aUelée Oil porteuse (Savoie). Enfin elle est engraissée el abattue ponf la consommation familiale (anciennemenl vache salée des Alpes) Oil vendue. Certains animaux sont d'un usage purement domestique, luxe, a1?parat 00 autre : chat, ehien, animaux de chasse. lis entrent dans l'equipement du groupe domestique, principalement aux techniques d'acquisition (chasse, recherche des truffes). En résumé. ou pourra se l'éférer aux usages locaux qui défi- nissent le cheptel vif considéré comme nécessaire ou exigible (fer- mage ou métayage) ponr le fonctionnement d'nne exploitation et qni constitue avec le cheptel rnort ce qu'oIi appelle encore « train de culture », « montnre de ferme ». En second Hen se présente le hétail de rente a effectif fluctuant, y compl'is bétes louées ou en pensiono Enfin, les animaux utilisés par le groupe domestique en dehors du fonctionnement de l'exploitation proprement dite. .. 131 Personne!. Recenscment numérique par fonction, 'sexe, age, quaIification : chef d'entreprise (celui-ci peut étre maUre a bord on travailler, comme dans le métayage, sons la direclion du propriétaire qui con- serve la décision), eharretier, vacher, berger, bonne, gardeu~e d'oies, etc ... Ordre de hiérar.chie technique. S'inspil'er de la nomenclature Ioeale mais bien définir' an ch. sociologique, le statut de ehaque catégorie. Pel'sonncl : 10 familial; 2 o permanent sur l'econduction de con- trat; 3° temporaire ou saisonnicr (moissonneurs); 4° heures de tra- vail effeduées par les voisins a chal'ge de revanche Oll a titre réci- pl'oque, cal' il ne s'agit pas senlement d'un échange mais de la pos- ~i.biIité, en période de pointe (l'éeolte, battage, vendange ... ), de consti- tuer l'équipe minimum capable de faire le tl'3vail dans les déIais voulus, c'est-a-dire proportionner la puissance inslantanée de l'en- treprlse a la sornmc de travail a foul'nir d'urgence. Equipemenl corporel. Costume de travail. A traiter ici ou sous « adivités » pour les techniques qni exigent des vetements spéciaux: par exemple, sabots, boUes, échasses, masque d'apiculteur, etc ... 132 Aire de contact technique. 1. Caractéristiques. 1. Points de contad avec I'extérieur ou une partie du personnel se déplace pél'iodiquement, ou accidenteIlemcnt, pour les néeessités de I'exploitation et trajets de eornmllnication a ces points. Equipements et sel'vices ~xtél'ieurs : .privés, copectifs oll.publies (moulin, four communal, pmts, abreuvou', pressOlr, ~uvc, sll~. coo- pératif...). équipement privé (empl'unt de machmes agncoIes . .,~ ... .. >.'~ r DES COMPORTEMENTS CULTURELS 107 ~ER50NNEL ACTUEL ~ OEe. JANV. ,(v. I MAR' 'AVRIL MAl ; I JUlL·.IA~ ~ ~ V' '",r9" / // // 1// / / ~/ II'L IL:.L / // V/ // / ~ / // / // t// // / I'"L ILL / V // V"~nr' L / / '// 1// V/ .L LL )/a¡lf,,/, / / / // // V/ V/ :L :L V / 3 ourrilí!YS ele la machim Voísins :.!:. . old . . . " y, ¡" Im .. ¡" PERSONNEl 1880'1890 ~ Par'Hcipan~ a la mQi.Slon .. Parhcipan~ atJ baHo9" Calendriers de jJl'ésence dll personnel -d'une fcrme a Saint-Viátre (Loir- et-Chc,.) en 1938 et 1880, En 1880-90, le personnel 'a l'annéc comprend, outre le patron el la patronne, 6 personnes, soit en tout 8. Pour la fenaison et la moisson, 4 saisonniers sont engagés pour une durée d'cllvÃron deux mois, auxquels se joigllent 3 mcmbres de l'équipe de personnel fixc. Pendant ees deux mois, on compte done 12 persollnes. Le battage se fait en hiver. En 1938, le personnel fixe est rédllit a 5 persollllcs, auxqllelles s'ajoute 1 saiSOlllliel' du l er mai au l er nove'mbre. La fenaison et la moisson se font sans auLre coneours extérieul' qu'nn jonrllalier pOUl' faire les meuIes. Par contre, le battage, exécuté en quelques jours. (8 a 10), l'éunit 11 pcr- sonnes, dont les ouvriers de la maehine et des voisins (a charge de revallche). La fete dn bOllquet de moisson a a pen pres disparu. La batterie se substituc (bl'ievemellt) a l'ancien rassemblerncnt de moisson, 'heaucoup plus long el différellt en eom}losiLion. La structure sociale s'est consi- dérahlcmcnt ~l'ansformée avec l'illtrodllction des machines. (Enquete et .graphique de l'auteur. Mise an net par P. Soulier).
  • 108 GUIDE n'ETUDE DIRECTE mobiles ou fixes), etc ... (L'abreuvoir est a tan! de metres, le char- ron a tant de kilometl'es!). Lieux d'échange. aehat, vente Oil livraison : grossisfe (expédi- teul') détaillant (commer\!ant du bourg); consornmafeurs (porte a porte). Transports Iointains, marchés, faires. Les Savoyards allaient jusqu'au marché aux rnulets- de Sainf-Flour, les fromagers des Vosges descendaient des charrois de fromages jusqu'a __ Lyon. _ Aufres lieux oil ]a présence au moins du chef d'entreprise est exigible: réunion syndicale, gestion coopérative. prestation de ser- vices de voisinage, etc ... 2. Poinfs d'ou víent un personneI apportant un concours pério- dique ou accidenteI au fonctionnement de I'exploitation (services a domicile) : , - Artisans travaillant a domicile. - Vétérinaire. - Concoul'S dn v-oisinage : travail de pointe, accidents, incen- die, maladies végétales ou animales., . - Equipes cornmunales : pompiers. - Di-stribution -ou enlevement de produits a domicile: pre- neurs enIevant la récolte ou le bétail a domicile, commercants ou artisans li:vreurs (épicier, boucher~ boulanger). .- y porter en somme tous les mouvernents soit
  • 110 GUIDE n'ETUDE DIRECTE I'habitalion Oil locaux contigus. Il est géneralement plus clair et plus juste de distingu~r ~ 10 les adivités d'appoint, meme 101'S- qu'elles sont exercées sur l'exploitation; 2" les techniques de h'ans- fonnation des produits locaux orientés vers le marché; 3° les tech- niques d'entretien et de renouvellement de l'équipement; 4" les. techniques a spécialisation domestique. 134 Cultures. t. Techniques générales d'aménagement el d'enlretien des soIs: Mise en culture: défrichement, abattage des arbres, dessou-- chage, défoncement et fouilIage du sol (houe, p~ocheJ sous- soleuses ... ), déblaiement des roches (fardier, trainean), niveIlement, transport de lerre (terrains en pente, hotte). Hydraulique: drainage, irrigation, fossés, « roubines ». Engrais et améliorations. Natllre et mode d'application: écobuage, fumier, engrais verts, feuillages, compost, engrais chi-- miques, marnage ... ). Rotation des cultul'es et assolement : pél'iodicité et ordre de· rolation (bi-tri-quadriennaU, natUl'e des soles (aUentiún particuJiere· :'t la pratique de la jachere qui disparait devant l'emploi des engrais,. aux cultures dérobées), plan de répartition des parceIles entre les différentes soles et les terres non assolées (prairies naturelles, jar- din, verger ... ). 2. Répertoil'e descl'iptif des cullures (alphabétique ou systéma- tique: céréaIes, l'acines, légumes ... ). Etat actuel el passé. Ne pas omettre : 1 a les prés natul'els, bois el foréts qui font tou- jours peu OH pro u l'objet de techniqllcs d'entretien, sinon de plan- tation, el en tous cas de récolte Oil d'utilisation (dl'ainage, irrigation, étaupinage, élagage, entl'etien des sous-bois, etc ... ); 2 a les plantes du jardm potager qui sont souvent négligées dans les inventaires an profit des cultures principales, mais oú l'on trouve les plantes des- tinées a la consornrnation domestique, les plantes aromatiques (thym,_rlaurier, fenouil, persil, lavande), les plantes médicinales (menthe, méIisse.,,) el les plantes décoratives ou porte-bonheur. Ponr chaque plante: Nature ; nom local, nom fl'am;ais, éventuellement nom scienti- fique selon expertise d'un botaniste, surtont lorsqu'il s'agit de dis- tinguer des sous--especes et variétés (eL blé). Recueillir échantillons d'herbiel' et soumettre :'t l'examen des organismes compétents. Facons dónnées á la tene. Lahours : profondeur, forme (aplat .. billon . .,), direetions des siIlons selún courbe de niveau ou pente. Fnmnre. Engrais spéciaux, hersage, roulage, arrosage. Semailles.plantations.Pl.océdés de sélection des graines, bou- ture, greffe. Origine (interne on externe a l'exploitation). Prépara- tion avant mise en terreo Modc de semis, de plantation (volée, foule~ ligne, quinconces ... ). Entretien. Binage, ronlage, sarclage. Arrosage. Taille, pinc;age. Protection contre intempéries (nuages artiflciels, anti-gréle ... ) .. contre animaux (grillage contre lapins et autres rongeurs, épouvan- taiL.), contre insectes et cryptogames. . Récolte. Fourrage. Foin, légumineuses, mais en vert... : coupe (faux, fanchense), séchage (rateau, trépied ... ). DES COMPORTEj\[ENTS CULTURELS 111 Céréales ; coupe (faux, fallcille, hauteur de caupe), machine,. gerbes, meuIe. Racines : arrachage, séchage. nettoyage. Fruits : ramassage, cueille, gaulage ... Cuellletle avant terme en vue du transport ou apres « pourriture noble » (raisin ponl' vinifi- _cation). Nettoyage en vue de la transformatioo, de la consommation ou du stockage. Batlage (fléau, dépiquage an rouleau ou au sabot dans le Sud, chaulage, machine ... Par contre, mais conservé en épis. (panouilles bressanes), haricots conservés dans les cosses et sur les hampes. Emondage, éealage des noix, habillage des légumes et des fruits. ConseJ"uation el s.tockage. Séchage : foin, chataignes, pruneanx .. ~ Stockage : accrochage a I'air (maIs, haricots.,,). Entassage (céréales - pelle pour bl'assage périodique - pomme de terre, etc ... ). Ensi- lage. . Calendriel' de ces opérations et, si possible, pour l'année· de- l'enquéte, situation dans le parcellaire (v. in-texte 4). Statistiques de rendement (moyen et appl'Oximatif 1). Rende- ment unitaire a l'hectare, quantité totaJe annuelle eseomptée, ehiffres moyens et extrémes (minimum et maximum) mémorables. Evaluation par l'appol't :'t la quantité de semences (en montagne, « fail'e scize fois la semence » est considéré cornme prodigieux), par rapport:'t la quantité d'énergie dépensée, au nombre d'heures de lra- vai! (v. supra). Le rendement est au point de rencontre de quatre grúupes de facleurs ; une espece, -un milieu, une technique, qui en sont les élérncnts connus, une hisloire (intempél'ies, épidémies ... ) .. qui en est l'élément aléatoire. 135 EIevage. Répertoire descriplif des élevages pratiqués, acluel et passé, récent (y compris les abeilles, chiens, etc ... , passant souvent inaper- cus) indiquant pour chaque espece : ~ Race et reproduclion, provenance des éleves, du reprodueteur (de l'exploitation, local ou régional), pédigrée, inseription au herd- boolL Insémination artiHcielle. Entretien. POUl' la description du local, v. ci-dessus. Stabnla- lion. Vie en plein air (bovlns en Normandie), abris provisoil'es dans les prés, terrain de parcours (Camargue) : pacage libre OH au piquel. . .A limentation. PaLurage, fOllrrages verts et secs, tOUl'teaux. Sel, breuvage. Régimes spéeiaux de travail ou d'engrais : veaux, pores, gavage des oies. . Il!}giene. Netloyage, pansage. Remedes eontre accidents et maladies. Contrainte physique. Capture. Immobilisation.' cro·chet de . houlelte, rene, bridon, anneau nasal, entraves, « empéehe-téter ». Enclos permanent on mobile ou dy transport (mouton). Cage on cel- lule. Imrnobilisation de ferrage ou de soins. Spécialisation. Produdion de matieres premieres (viande, lait .. fourrure, pean ... ). Force nlOtrice : tractíon,. portage. Reprodudion. Chasse. Garde. Combat (taurean, coq). Divers. Marques de propriétés {ferrade.--de.s taureaux camar- guais, marque d'oreille des moutons ... ). Noms donnés aux betes (sur-
  • 112 GUJDE n'ETUDE DIRECTE f. tolft. JJk .~igkl2/¡. 1. sok. aVO¡I/p ./211. j. JoI" ldurragl's Uoluhamf'" /iI¡. ¡;arof" NOV. ,;, 1--- OEc. .- vom, rk pr,,,kmpl '" JANV. - ~ FE\'. .. .... .. " ....... pvwv. 1--- ' , '" rn ToII"N!lJr~ ..... MAIIS ....... .. ........... a ~ ~ .... o O n AVQll {j t f-- ~ll 'b> f-- JUI" r--/'f_rz f-- " , .--.-o< JUIL. -5_~ /'f r¡~ kJ '" , , , AOUT f-- 5EP[ f-- f'>= ocr. '.'00.'00 ,Calendriers-assolemenl d'une ferme de Saint-Viatre (Loir-et-Cher) en 1938 et aux environs de 1880 (seloll illformatiolls). 4 soles de 12 ha enviran sont soumiscs a l'assolement, La rotation se lit en mettant bant a bon.t ~cs programmes des quatre soles: sur la soJe indiquéc au premier rang succede le prograrnme indiqué ponr la seconde, puis celui de la troisieme,.... La pl'-emierc sole compl'end les « gros ,grains ~, blé et seigle, la seconde les avoines, la troisieme ]cs fourrages, la quatrieme le « champer » et les légumes. Le « champ.er » est une sorte de reliquat de la jachere, la terre y est en 1 epos relatif dcpuis la fenaison des fourrages en juin jusqu'aux Jégumes et aux hlés en avril et juin de l'année suivante. Les principales transformations d'nne époque a l'autre ,sont ': 1 0 l'extension de la culture des légumes et tnberenles, presquc triplée (4° sole), 2° l'introduction des avoines d'hiver (1'"" sole), 3° le remplacement de la faux par la machine pour la fenaison el la moisson, DES COMPORTEMENTS CULTUUELS 113 1.Sk.b1fl . ..J'IW".tlIh. 2.sol".avointl."III. j ⢠.solt. fourr"!l'¡ WOV. ~ r---- oto. f-- vcinf = ............. o o ........... R,¡,oIl,' des /iigumps 5(!madl"s PJanfafions óinagr (onrfrucfion dvs rigoler dv drdinctg~ qui infiuera sur la constitution de 'l'équipe, COlllmc indiqué sur le gra~ phique snivant. (EnqueJe et graphigue de I'auteur, 1938. Mise au net par P. Soulier). Les épandages de fumler el d'engrais ne sont pas illdiqués (fumier au printemps el a l'aulomne, ainsi que"la chaux; sulfat~s d'am~ n\oniaque an printemps). 10
  • 114 GUlDE D'ETUDE DIREGTE tont chevaux, bovins et chiens, parfais pares mais par dérisíon). Attitude ou indifIérence selan especes, spécialisation, état sauvage QU dressé. Calendrier (v. in-texte 5). Rendements. Production saisonmere (mufs, Iait, laine~ fumier ... ). Engl'aissement. POUl' l'énergie v. chapitl'e suivant. 135bisTechniques d'aequisition. Caei/letle ": champignons, rnyrtilles (raIDe it myrtilles). Glanage. Peche: ligne, filet, main ... Chasse: fusil, baUue, piegeage, appeau. 136 Techniques d'ulilisation des .nim.ux. Dressage : chevaux de trait, de selle, chien de garde, de chasse ... Techniques de préLevemenl : traite de laít (horaire), tonte de la laine ... Animal comme fOl'ce motrice : mode d'action de l'animal (atte- lage, manege, ralle a ehien, dépiquage "an saboL.). Ferrage. Ces tech- niques pourront etrc éludiées, dans le délail, dans le cadre d'aulres. techniques particulieres (v. transpol't, chasse) et regroupées ici on inversement. Mode d'actioIl SUl' ['animal,' commande par la voix, les siffie- ments, les gestes, etc ... ; commande physique (renes, guides, bridon) .. caresses, fouet, aiguillon (v. également conlrainte physique). Caractéristiques rnoyennes des especes ainsi utilisées quant a la: puissance de travail, la IJroduction laitiere, la longévité, etc ... , c'est-a-dire tableau viager moyen. 137 Translorm.lions. Lenr description rentre dans le cadre général des techniques de transformation de la matiel'e et s'effeclue selon le schéma proposé ponr l'cntreprise artisanale. Meunnie (moulin a vent) et boulangerie, généralement domes- tiques (avec dans cel'tains cas utilisation d'nn foul' cornmunal, autl'efois banal). Laitel'ie,- beurre; fromage. Vinification. BoissOllS fel'mentées (cidre, hydrornel...). Dístilla- tíon. Boucherie. Peu pratiquée a la fcrme sur le-s chevaux et les bovins. Par eontre l'assomade des pores est un symbole répandu du mo~s de décembre sur les ealendricrs anciens. Le saigneur de pore est SOllvent un spéeialiste, mais la pl'éparation du bOlidin, des sau- cisses et des salaisons est affaire domestique, SOlivent féminine. Furnaison dans l'atre : le « brézi » du Doubs dans la holle de ehe- minée du « tué » ... Textiles,' filage de laine, bl'oyage et filage du lin et dll chanvre, devenus rares pouI' ces deux textiles. Toutefois, dans les Alpes, mage a main et fabricalion de ficeIle, de filets a foin. Bois : dans quelques régions, surtout montagnardes, saboterie, tonnellerie et meme chaI'l'onnage. Assez généralement fabrication et réparation de petits outils, de boiles ou coffrets. Vannerie: surtout vannel'ie en boudins de paille (paniers a DES COMPORTEMENTS CULTunELS 80UR& S'MAURln (SAV"') ""ll~~fT su~ lA ROSIE~E III'~R5Etl.E ~UDET , I ~ ⢠~ , l \ I Q ⢠o I(,."d, ~""' .. ¿, P ... '" l. -n:.,: .... , 11(1. tl5.~ ...... , â¢â¢ d. /¡1~.¡, .. , ~~"1i':t >l>l â¢â¢ r". " .. r·L""~ â¢â¢ r (,~;.i" IIJ ⢠.1,,,,,_ GRWbTiuf 111 .5 .. __ ,¡" .. ,.!. l. ~;Ilnr.~ J.U.: lo;, b ¡¡'l:"" /.(¡.. g;,~ fl."p" ~.~I'- ~.~; ..... t"~""'" l\"'G ~t Mr.u~¡~e JW.; I~.k. G~.PH'QII~ DH O,HEREMTE5 UUUE.!o oy TROOPEAU o( M:~'''UO(T . L' Sá .',!" ~,." 115 Sc/léma des « I'cm/lCS » d'une grosse exploitation d'élevage a Bourg- Saint-Maurice (Savoie). 14 ha, dont 10 en prés et. en paturcs, 80 vaches. «La fin de l'hiver- nage, c'est-a-dire la pl'cmiere· sortw de l'annéc, se produit entre le 1 cr et le 15 mai; "les vaches resLent 8 a 10 jours autour de l'habitation au Vil- larel sur la Rosiere (1.050 m.). Suivant les années, elles pal'tenl entre le 20 mai elle l er_juin pour les .Montagnettes oú elles séjourncllt de 10 a 15 jours a I'Echai1lon (1.600 m.) et aux Orties 1.800 m.). Le 23 juiu, Saint-Jean - date immuable, le troupeau part a la grandc montagne du Pas de la Tovilkc pour l'inalpage qui dure trois mois, jusqu'au 29 sep- temhre-Saint-Michel-a 2.100 m. Enes séjournent ensuite dans les Mon- tagnettes 06 elles restent paturer durant tl'ois semaines cnviron. Elles redescendellt aux hahitations a la Toussaint, oú elles paturent le regain pendant la prem¡ere scmaine de novemhre. Vers le 8 novcmbl'e, elles rentrent définitivement pour l'hiverna~e. Dans- -cedains. cas, 011 remonLe cncore a la Montagnctte pour manger a l'etablc le foin cllgrangé la-haut. Dans tous les cas, les hetes sont redescendues pour NoeJ ». (Enquete d'al'chitecture régiollale et gl'aphlque de R. CoUard, 30 nov,-2 déc. 1942)4
  • 116 GUIDE D'ETUDE DIRECTE usage général, parrier a pain, semoil', « garbi » dauphinois ponr COll- server les grains). Ceci, ponl' ne citer que les techniques ayant été Oil étant encare praliquées courarnment, dont certaines sont en voie de disparition et d'autres an contraire ont une if-Ilportance lelle qu'elles constituent des dominantes (beurrerie. fromagerie), Oil méme des exclusivilés (viniftcatioll, fruiterie ... ). Etudier a part les techniques pratiquées a la ferme et consti- tuant un appoint économique, parfais tres important, mais qui n'out pas un rapport avec la production agrícole, telles que les industries dll jouet, du textile, etc ... 138 Entretien de l'équipement. 1. Bdtiments: réfection des charpentes, toitlll'e, travaux de ma~onnerie. Approche des matériaux (terre, bois, brique, etc ... ) sou- vent effe~tuée par I'exploitant, meme si le travail de construction de la réparation est fait par un spécialiste (ma((on, charpentier ... ). 2. Equipement mobilier: réparation d'outils Oll de machines, menuiserie, fabrication de charrues, charreUes, etc ... 3. Curage des fossés, des étangs. Remise en état des chemins de lerre. Elagage des arbres, des haies _vives. 139 Tecbniques commerciales. Préparation des produits. Présentation (motte de beurre, orne- mentation des paniel's ... ). Parure des animaux a vendre (queue ou criniel'c des chevaux ... ). Marque de fabricalion. ~mbalIage, cageots ... , étiqnette. Comportements commerciaux ; appel, palabres, discussion des prix, paroles ou geste consacl'ant la conclusion d'un marché. Réclame. Pub licité. De Jat;on analogue, comportements sur le marché du travail a la louée: signe de l'econnaissance, arrhes ... Techniques de mesure et métrologie. 14.0 Locomotion. Transports et charrois. Récapitulation des différents modes de tl'ansports apparais- sant dans I'exercice des techniques ci-dessus : traction on pol'tage, hnmain (hoUe, « jouque » normande) et animal. L'ane est souvent afIecté a un véhicule de plus faible' dimension pour charroi de bois, de fourrage ... Charrois spéciaux: approche de matériaux de constrnction, souvent dus au propriétaire selon les. nsages Iocaux. Livraison des prodnits, transport au marché ou ·au village et inversement. Trans- port des pel'sonnes (chal' a banc, carriole, avee la camionnette ou la conduite intérleure). 141 Calendrier annuel et horaire journalier, 1, Calendrier annuel. 1. Calendl'icl' des cultures. Les élémenls de ce calendrier ayant été recueillis dalls l'élude précédenle des difIél'enles techniques, les reporter sur un graphique Gantt d'assemblage. Porter en abcisses les douze mois de l'année, en ordonnées les superficies aff.edées a chaque espece et groupées par .soles el lerres non soumises a l'asso- lement (jardin, « courtil », chenevieres? ... ); a 1'intersection l'opé- ration lechnique est ainsi figurée selon la surface -sur laquelle elle porte et la rlurée en journées de travail (y rappeler le nombre f I ! ¡ DES COIllPORTEMENTS CULTURELS 117 de tl'availleurs, animallx et machines fonclionnanl sumultanémcnl). 2. Calendl'ier d'eleuage. Date des saillies, date des éclosions ou des parturilions, alcvinage des étangs, périodcs de l1ourrice, de dressage, d'engraissement. Slabulation, pacage, évenluellement vaine patul'e, transhuniances ... 3. Calendrier des techniques domestiques, d'acquisition el d'appoinl. Y figurer les activilés domestiques, ainsi que les activités d'appoint (louage de service sur place, métiel's ambulants, mlgra- tions saisonnieres) et d'acquisition. 2. ROl'aire jOUl·nalier. Il peut ne comprendre que les heures de lravaiI, mais iI est pl'éférable de considérel' l'ensemble des vingt-quatre heures, qui s.e répartissent en périodes de tl'avail, coupées de périodes de repos (nocturne, ou diurne: méridienne, sieste) et par les repas (tres souvent cinq: pet.it déjeunel', collation, déjeunel', « mérande », souper). Ponctuatibn majeure imposée généralement par les soins aux animaux (nourl'itul'e, litiére, traite ... ) (v. une tres intéressante réaÃisation de gl'aphique journaliel' -par saison, par L. CUAUMEIL: Les ll'avaux el les jours d'lln paysan auvergnat. Ann. de Géogra- phie, 15 mars 1939, p, 138), Il est different avec les saisons. Etablir au moins deux hOl'aires: l'un en pél'iode mor te, décembrewjanviel', ]'autre en période de pointe, pendant les récoltes principales (foin, moisson, vendange ... ). Etablir un graphique Ganlt, si possible par membre du personncl, avec l'indication de l'activité, de son Heu d'exercice et dll nombre d'allées et venues. Par -exemple : retour a la ferme ponr les repaso 142 Tableau des circulalions, Pent etl'e établi pour chaque membre du pel'sonnel a l'aide des données des deux états précédents. Y dis tinguel' les circulations : 1. A l'intérieur de l'exploitation; . 2. De l'exploitation aux terres exploitées; 3. De l'exploitation aux différents points de contact avec l'exté- rieur : village, marché, client, fournisseur (aire de contact). -Tres important pour' l'étude critique dn rendement de l'exploitation, singnliérement grevé par le morcellement et par I'éloignement des services puhlics, 143 utilisalion et alleclalion de l'énergíe, Difficile a évaluer en kilograrnmetres. Peut l'etre approximatiw vement en heures: homme et force motrice (animal Oil moteur). L'importance prise par les charrois est considérable si l'on songc que la proportion admise pour les exploitations de culture inten- sive, c'est-a-dire représentant un degré d'organisation assez peu répandu, s'étabJit comme suit (T. Ballu. Congrcs du travail dn soL 1936, París, p, 11) : Charrois 45 %, travanx aratoires 40 %, semailles, travaux d'entretien et de récoltes 15 %. La propoition d'énergie dépensée ponr les charrois en pays a relief accidenté et a morceIlement pent aUeindre 50 a 60 %, ce qui explique ]e caracter-e précaire de la culoture dans ces régions, a quoi s'ajoute souvent la pauvl'eté des teríes. .
  • 118 GUIDE D'ETUDE DlRECTE tU Bilan technique annuel, Balance des investissements (matériel et tl'avail) et des résul- tats, sans considérer les échanges socio-économiques Cachat ou emprunt de semences, consommation familiale ou écolllement exté- rienr) et sans chiJIrer en valeurs monélaires. Investissements et résultats sont évalués en quantités de matiére ou de travaiI (ce quí était le cas caneret ponr les exploitations vivant repliées sur eiles- memes el ce qui est le cas pour une bonne partie de la produdion consolluuée sur place et pour le temps consacré a la production: « ~a ne compte pas »). Le hilan technique sed de base an hilan écono- mique proprement dit: De plus, il constitue un moyen de campa- raisan parfais plus cornmode que les évaluations' monétaires, tou- jours sujettes a fluctualiün suivant l'époque et le mineu. 1. Investissements. 1. Enlretien et renouvellement (amOl·tissemenl) de l' équipe- mento La dUl'ée d'usage d'un outil - chal'rue, piache, hel'se - varie avec les caractéristiques mécauiques des soIs et le made de traction. Un cheval de trait fournit généraIement une quinzaine d'années de travail effectif. Des vignerons considerent qu'une vigne 'peut porter fruit 25 a 40 ans. Les bAtimcnts passcnt pour séculaIl'es ou, du moins, on les veut tels. Cependant chaque année emporte le quart d'une charruc, trois ou quail'e ferrages et une part, si minime soit- elle, des hfttiments qu'i} fant d' aiJIeurs réparer périCldiquement. Done pour chaque eatégorie de l'équipcment : durée moyenne, fréquenee et impol'lance des l'éparations. Si fabrication et l'épara- tions sont exécutées par le personnel d'exploitation, quantité de matiel'cs et de travail faurnis. 2. Investissements annuels d'exploitation consacrés aux diffé- rentes techniques dont le répel'toire a été dl'essé plus haut. Matiel'e: Semences, cngl'ais, produits, de conservation, etc ... Enel'gie mécanique et animale. Energie animal e (heures de travail) et motrice. L'utiIisation des forees naturelles - eau ou vent - ne demande que l'entretien et le temps de conduile et de surveillance. 3.' Tl'avail. Energie humaine, temps de lravail. 2. Produits. Ne pas s'en tenir seulement aux quantités sortant de l'exploita- tion, soH vendues contre especes soH pour échanges en natul'e ou pal'amonétaires. S.'efforcer de eompléte~' d'aussi pre~ que possi~le par la consommahon du gl'Oupe domestlque, y compns les prodmts du jardin el de la basse~cour constituant un vorant alimentaire domestique appréciable quoique souvent méeonnu. Pour les cul- tures principales, une approximation grossiel'c csl obtenuc a l'aide des rendements moyens a l'hectare et des surfaces investies. Ponr le jal'din, et la basse-cour, e'est surtout la maitresse de maison qui pourra donncl' des précisions. « On a trop sauvent tendance a ne pas compter les reufs pID' exemple que l'on déniche au poulailler pOUl' le déJcuner, ni le poulet qu on tue le dimanche : surtont lors- qu'on a une famille nombrcuse. C'est une partie importante des l'ecettes qui, échappant au Grand Livre, risque de donner une idée fausse des résultats de fin d'année du poste poulaillel' » (BalIu T. Compt. de la ferme, p. 76), 1 i DES COMPORTEMENTS CUL TURELS 119 145 Variations du bilan technique, 1. Caractcl'e aléatoire des rapporls homme-natUl'e. Une entreprise de tl'ansformation - une usine de chaussures - peut établil', pour une fabricalion donnée, un hilan provisoil'c indi- quant en regard d'invesLisscments matiere-travail définis une guan- tité maxima d'objels fabriqués et un pourcentage de perle egale- ment défini. Dans la productióh- agricole, fondée sur des processus hiolo~ giques s'exel'4(ant a eiel ouvert, lc plafond de pl'oduC'tion peut etre erevé par une récolte inespérée mais la perte peut étre totale. D'oÃl famine, disquaJification sociale de l'exploilant obligé de réaliser son actif matériel el de louer ses services a la vilIe. L'agriculture est en frise dil'ecte avec la eonjondure bio-géo- gl'aphique. L'histoire de 1 a~riculture est ponctuéc par les famines et, moins souvent, par les recoItes « fabule uses ». Ceci est a ne pas perdre de vue dans l'étude des mentalités et de leur évolution (155). On completel'a donc les données de dMail recueillies (maxima et minima mémol'ables, eonservation, stockage ... ) par le rappl'o- chement systématique de toutes les mesures destinées a pallier les fluduations bio-géogl'aphiques de grande amplitude : 1. La pl'éférenee donnée a la polycuIture, ou les pertes sur un -m'licle peuvent etre compensées sur les autres (vulnérabililé de mOlla cultures cornme la vigne Oll la ruine d'une l'écolte est - dans le systeme économique ~ctuel - une. cata,stro,rhe). 1\'I.aiJ:-l~ell de la polycultul'e sur une portIo n du doma me ~JardIll) de~tllle a assurer au molns l'exislence du groupe domestIque en 1m assurant un volant-matiel'e. 2_ Culture de secours. Importalloe des emblavures de prin- temps suppléant les emblavures d'hivel', atteintes par le geL Cul- tures dérobées a eourt terme. 3. Elasticilé du pel'son!,-el. (~'aulre ~olution étant }'exode). Diminution de la ration ahmentaue, abmssement du mveau de vie. Intensification de l'effort sur culture de secours úu louage de sel'vice a l'extérieur. 4. Stockage. A usage .domestique : importanc~ d~s conserves végétales et animales, salmson et fummson. A deslmatlOll du mQl'- ché : silo, cuve, etc_ .. 5. Arnénagement de .micro-miliellx: cou?he, s.erl'~s, pouss~­ nieres, etc ... La spécialisahon des terres les llileux sltuees et abn- tées (cas, souvent, du jardin) pour les c?ltures .i:t,Idispensables a la vie du groupe domestique est une pl'ahque V01sme. 2. Baisse pl'ogl'essive du rendement pal' dé,iél'ioration des sois. Par rapport au transfor~atellr végétal, l~ sol a .de~x fonc- tions : il le porle et le ~ournt..- Con~me nO~l'I'1s~eu~', 11 n est pas inépuisable. Comme les mdustnes- d extrachon epmsent un filon -de chal'bon ou un gisement de pétrole, l' extraction par transfo~'­ mateurs ,légétaux vient a b
  • 120 GUIDE D'ETUDE DIREeTE vent l'ésul.ta~. de l'agricu~t~re destructrice, ou spéculalive, « agri- culture. IUlUlere » (ef. Cepede, o. c. pp. 129 et 599), qui exploite - forets, pacagcs, terres nouveIles - sans se soucier de con~ se,rvel' an ,s,ol ses qualités mécaniques el bio-chimiqucs. d'ou les desel'ts cr~es par les peuples pasteurs et agl'iculteurs ambulants et, plus pres,de nans, par le «dl'y-farming » en Amérique. A ce sUJet, r,assembler tous les procedés techniques envisagés pOlil' la conservaban des soIs et du milieu bio-géographique : 1. Jacheres. Repos des parcelles, pl'évu dans l'assolement. 2. Pl'oduciion du fumier. Jusqu'au siecle del'nier, conception du bétail eornme « mal nécessaire », c'est-a-dire cornm,e produdeur indispensable d'engrais naturel. 3. Engrais ver.ts. Invention de la fin du XVIIlO siE~cle, qui fut une des causes du développement rapide de l'agriculture. 4. Engrais chimiques. 5. Pl"oteciion du tapís végélal {foret, sous-bois, prairies natn- relles: .. ), contl'e raction destructrice des troupeaux excessifs, super- coratlOn ... Certains de ces procédés figurent expressém.ent dans les usages locaux : obligation de maintenir sur le domaine tont Oli partie des fumiers et pailles qui y sonf produits, interdiclion de pacage en foret, etc ... ÃCONOMIE 11,6 Régime de propriété. Pl'opriété individllelle. Cas de la plupart des exploitations en France. Propl'iété collective privée. Plus fl'équente pOUl' l'équipcment immobilier Oil mobiliel' que pour l'équipement foncier : batiment, matériel, cheptel vii (reproducteur, trait) cornmuns a plusieurs exploitants, constitués ou non en coopérative. Propriété de société anonyrne. Cultures induslrielles et trans- formation : sucreries. Propriété communale et nationale. Terres, foréts, étangs com-- munaux. Domaines (foréts, chasse et péche). Réseall viaire ~ che- mins, roules. Mutation des droits de propriété : achat, vente (sur location avec promesse de vente, vente en viager ... ). Régime successoral. Droit d'ainesse o. u partage (répercussion sur la struclure des exploi- tations, morcellement, exode des cadets ... , v. grollpe domestique). 147 Mode de ¡aire'valoir, l. Faire-va/oil' direc! : en 1946, 66 % du nombre des exploita- tions fl'allt;aises. Le propí'iétail'e prend part avec sa famille, avec ou sans l'aide de pel'sonnel extérieur, aux travaux d'exploitation dont il assurne la direction. Une variante rnoins fréquente est la régie, par laquellc le pro- priétair~ garde la direction mais ne participe pas aux h'avaux d'exé- cntion ·qu'il confie a un pel'sonnel salarié: régisseur, prix-faiteurs, maUre yaletage en Ariege, ou une famille est payée a gages fixes ponr fane les travaux d'nne bonne culture. Brassier bazadais, qui DES COMPORTEMENTS CULTURELS 121 exploite une pe tite exploitation adjointe a une métairie importante 01 partage la l'écolte des tenes qll'il cultive abras, c'est-a-dire sans attclage, le métayer se chargeant des transports, laboul's et ense- menccrnents. En l'evanche, il aide aux travaux sur toutes les terres du métayel'). Voir également la bOl'derie (Indl'e-et-Loire), la mamcu- vrerie 011 locature (Sologne), le ménager (Sornme) qui ·peuvent étre· considél'és cornme salal'iés payés principalement en nature et ser- vices (logement), sans participer aux bénéfices. Des propriétaíres ne participent mCl11e pas a la direction des exploitations. 2. Colonat partiail'e ou mélayage : 6.5 % en nombre, 10,-5 % en surface. Le bailleur fOlunit en principe tout l'équipement et con- serVe un droit de regard sur la direction des tr.avaux. Le colon peut étre autorisé a entrctenir sur le domaine quelques betes lui appar- tenant. Les produits sont partagés selon une :groportion variable entre propriétaire et colon. 3. Fermage : 27 % en nombre, 53,6 % en surface. Le bail a ferme est un louage de bien, le bailleur fournissant les terres et l'équipernent irnmobilier, le prenenr apportant avec lui le cheptel vif et rnort. Le fermier a la diredion absolue des travaux, a charge ·pOUl' lui de cultiver la terre en «( bon pere de farnille », c'estHa-dire sans dégl'adation de la chose louée (sallf l'éparations loca~ivcs dues par le bailleur). Durée du bai! : 3, 6, 9 ans avec l'econduction sauf avis contrairc. Monlant du fermage évalué en quantité de denrée mais réglable, -selon convention, en especes ou nature (Loi du 31 déc.1948), especes, .menues faisances, prestation de service. Dates d'exécution de ces clauses: génél'alement apres l'écoltes (Saint ~1ichel, Saint Martin, No;;!...). 4. Baux el confrals divel·s. Baíl a complanl; bail a dornaine con- géable ou bail a convenant (en Bl'etagne, le bailleur ou foncier pos- sede le terrain qu'il lone au ferrniel' ou domanier qui possede les, constructions); hail a cheptel, contrat de betes en pension ou d'en- graissement, etc ... Mutations de biens ruraux. Avertissement préalable et tacite l'econduction. Date de mutation. Etat des lieux: constatation 3: l'entl'ée et a la sorUe pou~ évalu~tion des indemnités ~ues . par le locataire dans le cas de degradahon ou dues au locatall'e (mdem- nités d'état de terre) lorsque sa gestion a appol'té une améliol'ation du domaine. Rappol'ts entre fCl'mier entrant et sortant : activités avant (emblavures) et apros (récoltes) la date de mutation. Obliga- tion pOUl' le sOl'tant de laisser tout OH pal'tie des pai1les el -fumiers,. etc ... (Ponr les questions de baux voir : 10 L. Prault, Les-baux ruranx. 2° Les usages locaux). 4. ExploiiatioR communaulaire. Ancien systeme dont les traces, sont conservées en LOl'l'aine et en Ardennes fl'ancaise,s et belges. Vaine pature, sur les soles libél'ées par la rnoisson (v. § groupe ter- ritorial). Remarque importante. Prendre garde : 10 Qu'un propriétaire exploitant peut posséder plus de terres et méme d'exploitations qu'il n'en exploite lui-méme et se trollve' étl'c propriélaire non exploitant pour une parJie de son domaine. 2° Qu'inversement une méme unité téchniqne d'exploitatiolt
  • 122 GUIDE n'ETUDE DIRECTE peut etl'e eonstituée de tenes 011 batiments appartenant a plusieul's propriétaires. 3 D Que propriété Qil exploitation peuvent etre a cheval sur deux ou plusieul's cornmunes. Ce quí ~eut. dire : 1 a que.Ia :r.natrice cadaslrale ne renseigne pas sur la conshtt.Ihon des explOltatlOlls, encore que génél'alement elle en danne une lmage approchée en région de faire-valoir dil'ect géné- l'alisé; 2° qu'elle n'indique que les lerres possédées dans la com- mUlle. Rappelons en outre qu'une partie de I'équipement foncier Oil mobilier. est propriété collective, privée ou publique, cornmunale on nationale (réseau viaire) dont les droits de jouissance entrent en composition des impóls, centimes el taxes. 1~8 Systeme d'échanges, Du syste~e autarcique cornpleternent clos au systerne eornmer- cialisé completement ouvert sur le marché: 1. lIypotllése du systeme autal'cique absolu. Sur un dornaine qui lui appartient, une famille produit par la J?olyculture el I'éle- vage tout ce quí est nécessaire a son entretien (a un certain niveau de vie). Le circuit production-consornrnation est bouclé sur place sans échange avec l'extérieur. Pas d'exemple eoncret connu de ce systeme théoríque. 2. Autal"cie tempél'ée ou économie dile fermée. Circuit domes- tique a dérivation externe partielle. Jnsqu'au début de ce sif~cle, surtout dans les régions montagneuses ou l'isolement se combine avec le faire-valoir dired (Hautes-Alpes 97 % des sur-faces, Savoie 96 %), e'est le systeme le plus répandu et qui a fait sa réapparition pendant l'oceupation. On trouve encore, par exemple en Savoie (vallée des Arves), en Dauphiné (Romanche, Vercors), des familles donl la population active est capable de mener a bien tous les travaux inhérents el l'exploitation: culture, élevage, entretien et meme fabrication de l'équipement (maison, charrue, iraineau ... ). Pas de personnel exté- rieur, ni meme d'entr'aide de voisinage. L'exploitation produit elIe- meme ses graines, ses reproducteurs, ses engrais. L'autoconsomma- tion domestique absorbe la plus grande part des produits. Les échanges sont caractél'isés: 10 quantitativement, par leur réduction au minimum; 2" qualitativement, par la préférence don- née aux échanges en nature et services plulót qll'aux echanges monétaires. Imports llécessaires. - a) Equipement. Le cultivateur capable de tout faire avec le 1Jois et les matieres vegetales en genéral est cependant tributaire des artisans puis des industries du métal et du feu: ¡o principalement le forgeron-maréchal (elous. jantes, fers ... ), encore que le Mllsee Dauphinois conserve des charreUes et -des avant-trains de charrues a roues cerelées de bois de fabrication strictement domestique. 2 0 Céramique rempla'.(ant a une date rela- tivement récente pour certaines regions la vaisselle de bois. - b) 'substances ·alimentaires et pharmacopée. En premier lieu le sel, tant ·ponr les humains CJue pour les animanx. Pharmacie dans la mesure ou. les herbes n y suffisent pas_. - c) Entl'etien des per- .sonnes. n y a trente ans eIl Savoie : sabots faits par le chef de DES COMPORTEMENTS CULTURELS 123 famille, textiles produits el més el la veillée. vetements confection- nés a la maison, mais tissage par tisserand. aecessoires de couture (aiguilles, dé, ciseaux ... ), bijoux d'or. d'argent acquis au bourg. Sorties nécessaires : redevances, loyers, impOts. Hantise qui marque la menlalilé paysanne surLout lorsque ces sorties sont exigibles en especes. telles les taxes et impOts. 3. Systeme ouvert a autoconsommation domestique. Evolution s'amorl(ant an XVIII" siecle, favorisée ou rendne nécessaÃre par la revolution industrielIe, le mouvement de bascule démographique, I'intensification des échanges nationaux puis internationaux: les exploitations s'ouvrent de plus en plus sur l'extérieur. Imports. Matériel (machinisme). Matieres (graines, engrais ... ). Energie mécanique (électl'icité, motorisation). Energie humaine {ouvrier agricole). La plupart des techniques domestiques. tendent a disparaitre : textiles, partie de l'alimentation (pain, épieerie, conserves ... ), voire chauffage (électricité) viennent de l'extériellr. Expol"ts. L'autoconsomrnat-ion gagne en quantité et en qualite. -surtout depllis la guerre oa la paysannerie a de plus en plus pris l'habitude de rnanger de la viande de boucherie. Mais la majeure partie de la production débouche sur le marché. Voici qllclques pOllrcentages concernant les exploitations agri- -coles suisses ponl" la période 1901-1902 (relevé s par E. Laur, cité par M. Cépéde. Prix de revient, p. 30). SUPEI\1'1C11~ DES EXPI.OITATIONS 3 a 5 hccLa .. es .......... . 5 11 10 hectal'es. _'. 10 u 1¡) hecLaJ'es ...... . 15 a 30 hectarcs .... . plus de 30 hecLarcs. _ . I'OUIICESTAGE UU PHOllU1T lll\UT UTU.ISI¡ POU1\ I:Al) r(l- co-"smDLAT. 33 27 22 20 18 El'\\"Orà AU ~r ,\,IICII~; 67 73 78 80 84 De 1901 a 1937, la moyenne génél'ale d'auloconsommation vade de 28 a 16 %. 4. Exploitations industridlisées. L'aboutissement est l'exploita- tion industrialisée, ou la production tend el etre étroitement spécia- lisée (monocultures, céréales, belteraves, textiles, porcheries ... ) et ne comporte meme plus la coIlection de productions annexes. né~es­ saires a l'alimentation du personn~I-. Dans une telle explOltatlOn, tout se trouve estimé en monnaie et peut etre comptabilisé. Le poste travail ne comporte plus que des salaires annuels, mensuels ou , journaliers, et quelques avantages en nature, eux-memes compta- bilisés. Le poste produdion s'exprlme en montant de vente et en évaluation du rnagasin.
  • 124 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 1~9 Modalités d'échange. Nature et date. 1. Natul'e. Jusqu'i une époque récente, les échanges se font le plus possible en ~at~re. En Bl'esse, d'apres Hevel (L'us~ge de~ pays de Brésse), le « dlXDuer » prend la 12°, 13" Oil 16" gerbe. les mQlsson- neurs I'onzieme (messeures), puis viennent les batteul's; le curé prend deux on trois gerbes sur les gerbiers, le métayer « grangel' » doit en outl'e réserver les « cours », faisances dues an maUre· et le « fargeage », quatl'e ou cinq mesures de blé destinées au maréchaI qui forgera et raccornmodera pend~nt }'année « les socs et les fers de SR charrue; cal" la plupart des gl'angers ... n'ont pas une maille en six mois ». n existe acluellement des traces de cet état de choses y compris -dans la législation actuelle : loi du 31 déc. 1948, paiement des loyers a ferme, loi du 15 mars 1950 autorisanl l'échange blé-pain ou blé-farine c'est-a-dire la rémunération en natUl'e des services du meunier et du boulanger. etc ... (v. Tucat). _ Done ponr chaque catégol'ie d'échanges, ne pas manquer de vérifier la pratique de paiement en ;nature ou service. Trauail. Salaire---des domestiques comprenant essenticllement des avan!ages en naturc : nourritul'e, logement, quelques pieees de vetement, hlanchiment. et une faible somme d'argent vers.ée annuel- lement. Paiement des artisans (seIlier, bourrelier ... ) eomprenant éga- lement des avantages en nature, surtout pOUl' le travail a domicile (nourriture). . Loyel' de biens l'uraux. Le métayer paie en nature sur la réeoIte. Le fermier paie le principal en es peces, mais est encore tenu a quelques menues faisances (beurre, reufs .... prestations de services). Impóls. Anciennes dimes en nature. Aduellement prestations de serviccs sur le territoire des communes. 2. Dates. La plupart des échanges étaient el sont encore effee- tués au moment de la récoIte ou dans les semaines suivantes : Saint Michel, Toussaint. Saint Martin ... , dates également de mutations de biens et de personnel. 150 Aire d'échanges et aire de renommée. Au dela de l'aire de contad technique s'étend l'aire commer- ciale des produdeurs dont l'exploitation est tributairc et ceHe des consornmateurs, sur lesquelles la premiere s'articule par les réseaux intermédiaires de distl'ibution. An dela du quincaille1' chez lequel l'éleveur achete des -Gntils, le sys~eme de distriblltion qui va, par exemple, de la fabrique Révollier-Experton au détaillant. Au dela du magasin de l'expéditeul' de primcurs provenc;aux, l'entrepót des Hanes. la boutique oU la voitlll'ette du détaillant, le garde-manger du consommateur. Enfin. i1- y a l'aire sur laqllelle la produdion pent et1'e connne pour elle-meme. Elle va de soí, lorsque le produit porte une marque de fabTique : marque a froid sur un outil ou étiquette de camern- bert. Pour les autres produits, elle s'éteint vite au dela d'une' pelite sphere de connaisseul's. La renornmée, en efTet, ne suit pas forcé"'" ment le produit. Géneralement elle (arrete en route, a un échelon plus -GU moins éloigné "du l'eseall de· distribntion, a mesure que le mélange se fait avec d'autres produits. L'expéditeur-groupeur connait la production de chaque marai- DES CÃMPORTElI-IENTS CULTURELS 125 cher, le mandatail'e ceHe tonl an plus de telle commnne, le détail- lant ne connait plus que des produits de Pl'ovence; pOli!' le consom- mateur, ce ne sont plus souvent que des primeurs distinguées par leur date d'apparltion sur le marché (loí de cl'oissance de l'anony- mat avec la distance spatíaIe et temporelle), JI es! rare que la l'enommée dépasse l'ail'e de diffusion maté- rielle, sinon pour quelques prodults de marque - Champagne, Bor- deaux, Porto, Gruyere; - c'est d'ailleurs une renornmée plus géné- rique que spécifique. Extensian el complexité des aires cornme indice de solidal'ité. Des exploitations agricoles n'ont eu. pendanl des si{~cles, qu'une aire de contact et dJéchange l'éduile au minimum. Les entreprises de transformation, meme arlisanaIes, ont toujours eu une aire d'échanges plus ouvel'te, cal' elles ne produisent généralement pas lcurs matieres premieres et par nature, elles produisent surtout !)OUl' le marché. La monocultul'e place le cultivateur dans une situation ana- logue d'échanges forcés. Progressivement, dans le monde agricole o.n voit les aires poncluelles ou restl'eintes s'étendre aux limites de la nation et du monde. L'ancien tribut du fer et du sel s'esl étendn a d'autres artides. Le .iardinier de Provence re¡;.oit des semences de pomme de terre de HoHande, et ses produits sont distribués an dela des frontieres. Le vigneron envoie ses produits an dela des mers. L'étude de ces aires, tres importante an point de vue socio-écono- mi que, ne l'est pas moins an point de vue mentalité. 151 Fluctuations de la conjoncture el réserves. La conjoncture a laquelle doit faire face l'exploitation agrícole comporte deux aspects principaux: l'un bio-géographique (145); l'autre économique, c'est-a-dire le marché (hormis la conjondure inte~ne : maladie ou perte de personnel, détérioration accidentelle de 1 éqmpement-, etc ... ).. '.' Trois cas a considérer an hilan de fin de campagne : la produc- tion équilibre les investissements annuels, leur est inférieure ou sllpérieurc. Dans le premier cas. on « boude -». Dans le second, on préleve les investissements annuels el la subsistance domestique sur les l'éserves, matieres (magasin) ou especes (trésOl'erie). Sinon le niveau de vie descend (augmentalion des hcul'CS de travaiJ. res- triction alimentaire et de confort). LOl's,!ue la limite d'élasticlté est dépassée. c'es! la ruine physiologique, a perle du cheptel ou du bien. ' Ponr éviter cette dégradation en cas de perte totale de la pro- duction, le groupe doit d·isposer - sons une forme ou une autre : .produits utilisables ou négociables, o~ trésorerie .- de réserves an moins égales a la dite réeoIte. En cas de destrnctlOn de la vigne. le vigncron doit disposer de la valeul' de réinstallation de ses planta- Hons (y compris la période d'atlente de la productivité rémunéra- trice). D'ou la méfiance de l'a&riculteul' vis-A-vis d'une spécialisation trop poussée. l'attachemenl a un volant en nature fourni par la polycuIture, la prudence vis-a~vi~ des échang~s ouve,r,ts sur rcxté- rieur surtont- sons forme monetaIre et le rep.llc-Vel'S 1 econOlme fer- mée en cas de difficuItés multipliées; ceci dans un systeme econo- .
  • 126 GUIDE n'ETUDE DIRECTE mique q,ui n.'a,ssure gue médiocrement le clearing inlerprofessionneI et la sohdante fonchonneIle. . La bonfIe récoIte .permet au contraire la constitution de reserves qm, .1~rsqu.ell~ attelgnent une ceriaine proportion dépassant les p.rovIslO~S IndIspensables pour pallier les déficits ulténeurs favo- nsent SOlt l'exlension quantitative. saH les améliorations fo~cieres , el le progres de l'équipement. l'élévation du niveau de vle ne 'Verrant ~él!ér~J~men~ qu'en ~~rnje~ lieu. L.'ac
  • 128 GUIDE n'ETUDE DIRECTE Maintlen Oil compression du niveau de vie (élasticité, 145: rédudion des rapports avec le marché, marchandises et travail, etc ... , etc ... ). '155 Technique, économie et e{ mentalité )). n aura fallu des siecles pÃUl' que le progl'es scientifique assure une plus grande pl'obabilité de réussite et de. meilleurs rendements. et perroctte pcn a pen de s'assul'cr un volant économique (magasin, fonds de ronIcment et réserves), libérant de la hantise de la réeoIte. Jusque Hi, la grande majorité des agricuIteurs a altendn une année durant le fruit incertain de ses efIorts. Aussi la périade de réeoIte mal'que-t-elle de fal;on cardinale le calendrier rural. Les fetes de reeoItes (foin, moi'sson, vendange), quoique s'atténuant, sont eneore la manifeslatlon de eette libératlon de la hantise. Termes et gages sont alors payés ainsi que les services des artisans du viI1age. La chose est sr marquante qu'il est diffieile d'étudier la menta- lité rllrale en faisant abslraction de l'aspect local que prend ce puissant facteur économique. 1. L'interprétation psychanalylique de « l'avarice » paysanne ne peut étre valable que lorsqlle les conditions économiques sonL connues. L'économie n'est pas l'avarice 10rsqu'elle a pour bu! de parer a la dégradation sociale - sinon a la mort par la famine - eonséeutlve a une mauvaise récolte. Sa pratiqne désespérée pendant des générations et des siecles peut avoir marqué les ruraux·all p,oint de persévérer au dela des besoins, lorsque la sHllation s'amellol'e eil faut d'ailleurs tenir compte de la dévalorisation .perpétuelle de la monnaie). 2. La hantise de la soudur_e n'est pas pou!' den dans I'attache- ment du paysan an jardin (polycultnre réduite) et aux réserves ali- rnentaires (pain de munition, salaisons ... ) assurant tant bien que mal un volant alimentaire. Corollairement, répugnance a la mono- culture. 3. Le cultivateur passe pour étre plus sotgneux de son équipe- ment et de ses- bétes que de soi-rneme et de ses semblables. LOl'sque le fail est avéré, songer que la confiance en l'élastieité humaine (pri- vation et intensification de l'cffort) a été une des eonditions de pas- ·sage de m~ints évé-nements douloureux. 4. Le cllItivateur parait se défaire rnoins facilernent des -croyances et pratiques magico-reI-igieuses. (Rogations, tour du fumier le l er mai par les vaches auxqlleIles elles assurent la fé-con-- '!lité, etc ... ). En cela. ·il ressemble a tous cellX qui, dans l'exercice d'une activité, sont obli'gés de s'en remettre a une conjoncture qu'ils ne commandenl qu'en partie ou pas du tont (artisans du fen, joueurs, coureurs automobiles, filles souhaitant une postérité, étu- ·diants attendant les résultats d'un examen ... ), qui sont en porte a faux sur l'avenir. L'assurance dli lendemain, l'amélioration de la 'situation économique font plus pOUl' efIacer ces « snperstitiúns » que raiIleries ou sermons. L'on pressent, d'autre part, que sur ce fond cornmUll aient pu se dév-elopper des mentalités difTérentes se Ion, précisérnent" que la situation dans dcs milieux physiques (terres riches ou pauvres, froid 1)ll chaleur ... ) et hurnains (proximité des centres urbains, ouvel'lul'e de ·marchés nationaux et méme internationaux, proximité de bar- 1 I I , DES COMPORTEMENTS CULTURELS 129 rieres douaniel'es ... ) différents, rendait plus lourdes ou plus légeres ces difficultés de balance et de trésorel'ie, selon aussi la catégorie socio-économique de I'exploitation et de l'exploitant. ENTREPRISE ARTISANALE 156 GénéraJilés. I1 arrive qu'un artisan-sabotier, cordonnier, serrurier, iravalIle seuI, le plan d'étude d'entl'eprise peut néanmoins lui ctre appliqllé. De méme que pOllr l'exploitation agricole, on note souvent une imbdcation tres profonde du groupe d-omestique et du groupe de production. Ce qui comporte. les mernes con~équences du poin~.de vue rnorphologique et techmque: un .saboher ou une coutunere excrcent parfois leut' profession dans la salle cornmune. Du point de vue économique, les résultats de l'imbl'ication sont rnoins profonds que dans I'exploitalion agr~cole. L'auloconsomrna- tion est rédllite á peu de choses :. le sabolter ne va pas .chercher . aiIleurs ses 8abots, rnais la pl'oporhon est suffisamment fmble ponr étre négligeable. Le chaufIage et la lumil~re communs a l'atelier ct au logis ne soot pas non plus d'un ordre de grandeur tres élevé. GUIDE PROPOSà 157 Dénomination. Titre exact, s'U -est déposé (registrc de cornrnerce, association déclarée), raison sociale. Adresse postale. Téléphone .. INVENTAIRE TECHNIQUE 158 Lieux d'activité. 1. Lieux ü'extraction, d'enlevement et de rernise des matieres premieres. AbaUage du bois d'reuvre (charpenLier, sabotíer .. ,) Oil de chauffage (potier). Carriere a cieI ouvel't Oll mine (carrier, potier). Eolevernent des malieres premieres sur le carreau de la mine, au maoasÃn fiu grossiste, en gare, sur appontement. .. En~repót : a l'air libl~ (\,ile de bois a sécher), aire de {< pourrissage 1)" de' la terre (potiel'" réserves, magasin: .. 2. LiellX de transforrnation. Chantiers a ci-el ouvel't (nivelIernent du sol. damage, barricades, cloisonnernent). Ateliers et ouvrages d'art: roue hydral1lique (martinet, moulin), éolienne (moulin a vent) , plans incIinés, chemins de roulernent, piste de schlitte. 3. Labol'atoire d'essai et d'analyse (éventuellement). 4. Services administratifs (éventuelIement). . 5. Li-eux de vente ou de livl-aison. Boutique, étal. L'échope est souvent tout a la fois : atelier, l"éserve, magasin de vente. Cas particuliers : 10 du travail ambulant soit chez le client (sel- lier, tonneliel', Téparatellr), soit en lieu publie (étanieul', raccornrno- deur de porcelaine, rempaiIleur, etc ... ); 2 0 du-- travail a dornicile, on maliel'es pl'emiel'es et produits sont apportés el- enlevés par l'em- 11
  • 130 GUlDE n'ETUDE DIRECTE ~loyeul'; 3° ~es. techniques. d'acq,uisitioll, en particulier peche, oú 1 Oll aura a dlstm~uer les heux d entrepAót du matériel, d amarrage des bateaux, des heux et parcoul's de peche, des l¡eux de vente Dil de livraison ~vent~ a la criée, ,en porte a porte ... ). _ Plans. Slh!ahon (selon dl~tances extrémes, échelIe du 1/500 an 1/80.000) de I ensemble des ilcux par rapport : a) au milieu géo- gr~phlque (mo.ntag~e, cou~·s d'e~u, fo~ce motrice DU matiere pl'e- -mler~ : tannerIe! temturene), o~le,ntahon aux pluies, an soleH; b) an, rulhen humam, (p~l' rapP?rt a 1 agglom~l'ation : vine Dil village), VOIes de cornmumcahon, fOIres el marches, etc ... Plan parcellail'e. Plan détaillé de ehaque bil.timent ou ouvrage (au 1/50). Vue cava~ie.r~. C,aract~ristiques : yolume .d'air. luminosité, t-empérature, humldIte necessaJre des atehers de hsserand, subie des ateliel's uti- l~sant la for~e hydraul~qn~, des bains ou pates (tannerie, papete- ne ... ), ponsslere et aspuahon (charbon, poussiere de pi erre taiIIee ou poncée, sciure de bois ... ). 159 Equiperoenl rilObilier. . Inventa1r~ z:tu~érique el.topograp.hique. Monographies des spé- -CIIDens -caractel'lshques. Cas llltermédlaire du bateau de péche a la fois instrument et batiment. 160 Sources d'énergie. Anirnale (-cheval, ehien ... ) el mécanique, moteurs a explosion~ électrique (v. plus hant forces natnreIles). 161 Matiares premiares. Monographies de rnaheres el produits ébauehés. Réperloire. 162 Personne!. . E.ffectif t?t~l, p~l' ept.égories te~ehniques ~l par sexe et age ~ dll'echon, rnmtnse (mgemeurs, ffimtres Ollvners contremaltres) 0.uv~i~rs spécialistes, manreuvres spécialisés Oil no'n, apprcntis spé~ clahses ou non. 163 Aire de contact technique. Points d'appl'ovisionnements en matieres' premiéres, de rési- dence du personnel, de distribution des produits, etc ... ACTIVITÃS 164 Extraction et production des matiéres premiares. Terres céramiques, minerais, sable ... , bois d'reuvre ou de chauf- fage, etc ... 165 TransformaUon. Celle-ei porte sur des matieres extraites ou achetées, OLl sur des pl'Odllits ébauehés (sabots bruts de machine, fils et tissu ... ) et abouLH a des produils soH ébauchés, soil tel'minés préts pour la vente. Catalogue de prodnction comprenant monogmphies de spéci- mens de ~haque type d'objel fabriqué (y compl'is anciennement dans l'entreprlse et ~ont la produdion a été abandonnée), types demandés par chaque chenlele et pour qnelles l'aisons (utilité, esthétique ... , v. 18 style de l'objet matériel). Pour chaque fabrication, chaine DES COJlrIPORTEIlIENTS CULTURELS 131 des opérations (graphique Gantt; SUl'tont en CIlS de chaines paral~ Jeles, on pouna faire un graphique complet de ton te une fournée de polerie, depuis l'exlraction de la terre jusqu'au défournement, un graphique représentanl le chevauchernent des fournées succes- sives, etc ... ). 166 Entretión de I'équipement. Restauration 'des bátiments, des ouvrages d'arL Réparation el entretien du matériel (tl'empe, affiHage des outils ... ). 167 Techniques commerciales. Pl'csentation et conditionnement des objets (ne pas oublier que le décol', l'esthétique voulne, esl un app,at comrnercial). Marque de fabrique. Disposition en magas in, sur 1 étal ou en devanture. Art d~ l'étalage. Publicilé par enseigne, prospectus .... par Cl'is et boni- ments ... Vente en boutique, sur marché et foire, en porte a porte. a grossiste, a colportellr. Prospection du marché. Démarchage, repré- sentant. Techniques comptables: barres a encoches, tableau, ardoise; cal'nets ou livl'es cornptables. 168 . Locomotion. Transport. Charrois. Transport de rnatieres premieres (ronlean, fardier, eiviere ... )~ d'objets en COUl'S de fabrication, d'objets fabriqués. Empilage, ger- bage. Véhicules aménagés ponr la vente itinerante. 169 Essai, analyse, étude de prodnits. Bureau d'études? Idelltification des matieres premieres (pent étre traitée a la monographie de matiere). Elude des caractéris- tiques mécaniques d'une piece. Organisation du travaiL Recherche de forme ou d'agencement. Ce chapitre comprend deux ord-res d'ac- tivités : a eoté de la vérification de conformité, la recherche nova- trice. Ce derniel' point Louche a l'évolution. 170 Hygiime el sécurité. Conditionnement des locaux: aération (ci-dessHs arnhiance), chautTage (bl'asier au rniJieu d'un ateIier de potier). Sécul'ité, incen- die. Traitement des accidents de métier: fractures, intoxication, asphyxie ... Services sociaux (paraissent pour mémoire dans le cadre gélléraI- des activités mais sont a développer a économie et socio- logie). 171 Administralion. (Eventuellemenl). 172 Calendrier allnuel et horaire journalier. Calendrier annuel. Généralement moins sensible que l'exploi- tation agricole au rythrne saisonnier .. en subit cependant l'in~uenee : 10 dÃ'ectement : v31'iaLions des forces naturelles (vent, l'églme des cours d'ean, de la températnre (fabricatlon de poteríes épaisses de pl'éfél'encc,en. été ou le séch~ge esl plus rapide)! et~ ... ; 2" indirect~­ ment : vanatlOns du marche, demande de la clIentele surtout agn- cole et suhissant done eIle-méme direetc~nent les rythmes saison- lliers (demande de fabl'icatioR ou de réparation de matériel pendant la morte-saison OH au printemps, au mon.:umt de, l'amux de tl'éso- rel'ie a la l'écolte). Cas pal'ticulier, ou l'al'tisan suspend- lui-méme
  • 132 GUIDE n'ETUDE DIRECTE une act~vité pou~ une ~utre,- pOUl' pratiquer l'agricultul'e on louer ses se,rVlces (syste~e rnlxte du pay~an artisan : tisserands, jouets ... ). Eta~!lr un c~.l~ndTler :par, fabncat~on ,en indiqnant les quantités de m~heres trmtees et d obJets fabnques, ~u moins allX périodes de pomte Oil de calme. Eventuellement, mIse en place des activités d'appoint. . . ~oraire ,journalier. Cornme précédemment. envisager l'ensemble des ~mgt-quat~'e henres: H.Ol'aire ancien : iI y a cinquante aus, des ouvnel'S du metal travatllalent 10, 12 heures et plus, avec une breve pause sur le « las ». Application des huit heures. Heures supplé- mentail'es. Gl'aphique GanU quotidien. 173 Tableau des circulalions. . C,irculati?ll a l'i~tél'ieur d'un lieu ~e travail ~articulier (chan- her d extrachon, ateher de transformation, ma uasm, manutention) et a Fintérieur de l'aire de contact technique ~(cf. 132). Quantite d'énergie atTectée aux transports. 17~ Economie. Régime de propriété. Porte sur l'équipement matériel (terrain, biUiments, outillage), les immobilisations on aetif ftxe, qU'OD s'cITor- cera d.'évaluer en se reférant éventüellerncnt aux estimations sucees- sorales et au cours aduel. Le fonds comprend les immobilisations et le magasin (matieres premiel'es, produits ébauchés ou termines). La possibilité d'aequérir un fonds ou d'en étabhr est un cap diffiei- lement franehissable. Dans le eas d'entrepl'lses mor tes. dont l'outil- lage reste inutilisé on est vendn ponr « Tien », se référer aux csh- mations de l'époque de pleine actiyité. A partir d'un eertain volume d'affaire et d'ol'ganisation tech- nique et ftnanciere", l'entreprise capitaliste n'entre pas dans le cadre de I'enquéte. sinon dans ses répercnssions sur la vie régionale (en partieulier le drainage de la main-d'ceuvre). Quelques entreprises de moindre volume, constituées soit en soeiété anonyrne, soit en coopérative de production, entrent dans notre domaine immédiat. La néeessité de rendl'e des comptes y oblige a une comptabilité en forme. La catégorie la plus fréqucrnment l'cprésentée est ceHe de l'artisan, étabIi a son eompte, qui possede son instalIation. Entre l'arhsan, propriétalre de ses moyens de production. et l'ouvrier d'usine, se eonstatent les nombreuses cornbinaisons du travail a domieile (tissel'ands. eouturicrc; fabricant de jouets, etc ... ) ou tantót l'employeur, tantó! le fa¡;onnier sont propriétaires de to~t ou }Jartie de l'équipement, fournissent la. totalité ou partie des matieres pre- mie~es (certaines fournitures. telles que le fU, incombent a l'arti- san). Dans une autre combinaison (que les « petites annonees » ont rendue tristement célebre) I'a!Hsan aehete l'équipement a l'em- ployeur. Régime des salaires : aux pieees, a l'hcul'e. a la journée. au mois, a l'année. Primes de rendement. Participations aux bénéfices. En especes. en nalul'e. Tarif par eatégorie : maitrise, ouvriel' qua- lifié, manreuvre, apprenti. Dates de paiement. Mode de paicment des livl'aisons. En especes- a la commande, a la livraison. Anhes. Crédit. Paiement annuel : tres usuel autrefois; les cultivateurs payaient charron, forgcron, sellier, ete ... , a la fin de ~\' DES COltlPORTEMENTS CULTUHELS 133 l'année, généralemenl apres la réeoIte, ce qui parfois donnait lieu a une fete. En nature : serviees, échange eontre des produits agricoles. 175 Schéma de bilan annuel. Les m~~es d~fficult~s .que ~ans l'exploilation agricole se ret.r~u,:eI?-t lel, qU?I9"ue, I arhsan etan.t par nahue un produeteur s'pe~lalIs;! la totahte ou .la grande ma]orité de sa production fasse J obJct d eehange. Les palements en nature se font rares, mais ils ne devront pas -elre négligés; un artisan paye des services (transport, app~'oche ~e,s matériaux) a un cultivateur, IDuni d'un atteIage, par une qua~hte convenue de ses produits (sabots, pots. ferrage ... ). Sou~ vent les mtérets dll capital invcsti dans les irnmobilisations ne sont pas pris en eonsidération par l'artisan, a moins qu'il n'aie dÃl faire appeI a l'emprunt pour s'établ1r ou s'agrandi·r. L'amortissement des bá!iments .et des o~tinages. est génér,alement perdu de vue paree qu on fabnque ou rcpare sOl-ml!me : evaluel' la durée moyenne des éléments et les heures de travail consacrées a la réfeetion ou a la f~brie.at~on. Le bilan ~'est done souvent que tres approximatif et slIDl?hfie par rapport a celui d'une usine. On po una cependant se . serVIl' des cadres généraux utilises dans ce derniel' caso - Frais fixes : 1 B Intérets des immobilisaLions et amortisse- ments ~es batiments et outillages, loyel'; 2" Assurances incendie; 3" Impots. - Fl'ais variables : 1" Matieres premieres ou produils ébau- ehés, énergie; 2 B Salaires (y compris avantages en nature) et char~es sociales (aIloeations familiales, congés payés, assuranees tl'avaIl) .. Dans la comptabihté des grandes entreprises on distingue les salanes du personnel fixe payé au mois et eeux du personneI variable payé a la journée ou a la semaine. On peut distinguer de .meme les frais généraux fixes (chauf)'age. lumiere ... ), qui se mamti~DI~ent. quelque soit le régime. d'adivité de l'entreprise. Ces deux dletmcltons sont beaucoup mOIll6 nettes en ce quí concerne la plupart des entreprises artisanales; 3° Taxe a la produetion. - Recettes. Chiffre d'affaire : vente des produits et des sous- pl'oduits (pour les ressourees d'appoint v. budget domestique). - Pertes et profits. Possibilité de maintenil' le fond de rou- lement (trésúrerie). de constituer des réserves, d'opérer de nou- veanx investissements, d'élever le niveau de vie ou ]·inverse. - Porter attention aux moments critiques : éehéances men- suelles, paiernent des impóts et intéreis, période précédant -les rentrées annue]Jes Oil périodiques (four;nées de pots). 176 Aire économique et de renarnmée. Au dela des synapses de l'aire de contact teehnique (v. supra), elle comprend : 1" Les points d'extraction et de production de matieres, force motrice, outillage .... dont dépend l'entreprise qui ne produit pas tout; 2" La clientete eonsommatrice ; les cuivres de Villedieu-les-PoiUes se répandai~nt dans une grande partie de l~ Bretagne et de la Normandie, les pots d'Henrichemont jusque dans le Puy-de-Dome. . . CeHe aire définit les liens de dépendanee de l'entreprise d'une part e.omme eonsommateur de la prodllcti.oll d'autres entreprises on industries, d'autre part eomme producteur vh--a-vis du mar-
  • 134 GUIDE n'ETUDE DIRECTE cl~é. Elle permet de classcr les entreprises selon les degrés de dependance dans les deux sens. Les chaudl'onniers 'de Villedieu flballdomiant l'élirage un marteau, passent SOllS la dépendanc~ des lamilloirs de cuivl'c. Beaucoup d'arlisanats sont d'utilité stric- tement locale el meme se partagent la clienléle d'un meme village: charron, forg.eron, sellier, cordonnier, sabotier... D'une maniére générale, on voit se l'éduire les aires d'écoulement de la produc- t,i0l?-' ~ll se fixcl' provisoir-t;ment dans des s:pécialités (les gres s-e l~lalJ?-henne?-t cornme arb~l~s de laboratouc .el récipienls de hq\lldes aCldes. Vogue esthehque pour les prodmts « main» rus- tiques, fabricalion de « souvenirs »). ' 1'17 Niveau de vie. ~iveau atteint par la famille de l'employeur el ceHes des sala- riés I?ar catégorie. Obligabon de pratiquer des activités d'appoint, travall de la femme, des enfants. Emploi du temps par catégorie montranl la proportion du temps consacré a des occupations pro~ fessionnelles, de loisir, de développemenl culturel (67). Tablcau viager moyen par calégorie: longévité, l'accourcis:lement de ]a moyenne due aux accidents ou aux maladies professionnels, Mat physiologique moyen. B. - STRUCTURES ET RAPPORTS SOCIAUX DES GROUPES D'ACTIVITE f78 Recrulement. Recl'utcment familia!. Passage de l'entreprise a l'ainé, dynas- ties professionnelles. Recl'utement des étrangers a la familIe. Aire de recrutement: jeunes g·e.ns ou habitants du village, étrangers a la région (saison- niers : Belges, Polonais pOUl' les moissons en Beauce, équipes de vendangeurs' parcoul'ant les régions de grands vignobles). Mode de recrntement: cooptation, échange des enfants entre [amilIes, -enfants de l' Assislance; louée (lieu; date; signes distinc~ tirs : laine des be.rgers, avoine des charr-etiers ...⢠se perdenl ainsi que la louée en généraI); marchandage eL conclusion du pacte; arrhes; bureau de placement et centre de fOl'mation (école de bel'- gers). Privileges et exclusives. Qualités requises. Examen proba~ toire : d'apres l'aspecl pbysique, le comportement social, les aptitudes motrices (force, agilité ... ), sensorielles (vue, ouIe ... ), le caractere; bont d'essai, épreuve de la lime el du marteau, sélec- tion professionnelle empirique. références. Durée du -contrat t~cite ou écrit : journalier, saisonnier, anuueI. Tacite reconduction. Préavis. Congé, expulsion. Indem- nité de congé. 179 Slruclures socio-Iechniques. Pour la composition, voir liste du pers-onnel par ordre de qualification technique. L'analyse des -activités aura mis en évi- dence les structures socio-tech-niques internes: répartition des activités de dir·ection, de décision, d'exécution. Autorité abso]ue , I I I DES COMPORTEMENTS CULTURELS 135 d~ chef ?'entreprise ou ~ction conccrtée, principalement en vue ~ adaptahon aux f1u~tuahons de la cOI~.jonctUl'ie économique. a ] .el1lbau~~e. etc ... , rl'efigur~nt .des ~onsetls d:entl'epl'ise. Préroga- hv~s, dIOl~S et devOlrs parhcuhers achaque echelon de la hiérar- chle techmque. . L'insertio.n socio-Lechnique du groupe sur le milieu social se lIt, dans les aires de contacts techniques, économiques. de renom- mee .et dans la qualité et la. quantité des échanges. 180 Apprentissage el promolion technique. -.. Travaux confiés a l'apprenti : transport de matieres pre- mICres, nettoyagc des lo.caux et ~u matériel... Apprentissage par le ~eul spedac1e des ouvners quahfiés. Conseils des anciens. _Essais a la .sanvette : en. dehors des heures de travail. quand I'outillage es.t, hbre. Apprenhssage s~stémat~s~, tou~ ou partie du temps de wes.~!1ce y et,ant con~acl:e. C.ondlhon.s econo~miques.' v. salaires; 1\ mllve que 1 ~pprenh SOlt pl'lS au pan ou mcme dOlve payer une redevallc:e. ~sslstanc-e ~ -des cours techniques, cours d'aduItcs. Acces a des fonchons techniques supél'ieures : stage d'essai ex~unen, chef~d'ceuvre; jugement prononcé par le che}' d'entl'e~ prIse, le corps d~ la maitrise. des compagnons, un jury corporatif o.u examen pl~bhc (Etat, départemellt...). Temps minimum d'exer- Clce dans un echelon pour passer a un -échelon Supél'ieur, etc ... 18t Rapports sociaux entre les membres de l'entreprise. En~re palron. el personnel; entre maitrise. compagnon, appr.entI; enLre al~~lens, couronnés par le prestige de l'habileté ou d une longue carnere, et llouveaux; entre étrangers el autochtones, mel11br~s ~e. la fample el, é~l'angers a la famille. Marques de l'es- p.ect, d obedle.nce. dlssymetne des rapports entre classes (désigna- llOn.pal' un htre, le prénom, le surnom, un adjectif « fion bon », tutOlement). Ordre ·de préséance a l'atclier a table (le charrelier a cólé du maUre de maison), dans les ré~nions corporatives le~ fetes et cérémonies. ' Ritue1 d'inlronisation de la nouvelle recrlle d'acces a une calégorie supérleul'e, de congé; brimades au nouv~au a l'apprenti· attributi?n _d'un .sobriquet; « co.up a boire », acces soiennel du fil~ d~ f.ernuer au htre de chal'l'eher et au banc des hommes; etc ... Dlsbnguer les rapports au conrs du tl'avail et en dehors : pen- dant. les pauses ou dans la vie courante, en dehors de l'atelier. _ Parhcipation ~ux cérémoni~s viageres de I~ familIe de chaque membre (bapteme, commUlllOll' dans la famll1e d'un membre du pers?nneI). Avec.le ran,g t~chnique et la condition économique, ce systeme de relahons defilllt le statnt de chaqua catégorie de per~ sonnel a l'intérieur de I'entreprise. ·182 Fetes et cérémonies. 10 _ D'ent~epris~ .. Ci.~dessus, rih~el d'in.tronisation el de congé. Egale~cnt, fete penodHlue (SI-ElOl, St-Vmcent, SI-Fiacre ... ), sai- sonmere (bouquet de mOlsson. de vendange ... ), occasionnclle (bou- quet de charpentier, rituel d'inauguration d'une production ou d'introduction d'un nouveau matél'iel : « toul'née » du patron ou du client).
  • 136 GUIDE nJETUDE DIRECTE 2° De corporation. Fetes pél'iodiques et saiSOllllicL'es réunis- sent généralement les membres de plusieurs entreprises ou exploi- tations. Election d'une reine. 3° Inter~rofessionnelles. Le l'epas du charron réunissait la familIe de 1 arUsan et son personneI et les cultivateurs qui v-enaient luí apporter lenr deHe de l'année. Féte du premier mai. ·4.0 Participation aux fétes et cérémonies locales : en costume d'apparat, ordre des corporations dalls les défilés et cOl'tcges (Fé!e-Dieu) . L'étude de ces relations. fetes et cérémonies divel'ses sera }'occasioll de recueillir les chansons, contes, lég.endes, proverhes. histoires dróles, particuliers a l'entl'eprise ou plus généralement an métier, c?mplémentai~e~~nt ayec ce CJ~e l'on .aura }?u recueil- lir lors de l'elude des aCÃlvltes, cns de mehers, sbmulahon sonore (44). Il est des rnétiers chanteurs ou siftleurs (peintres en batiment), « blagueurs » (voyageurs de cornrnerce!). 183 Organisation sociale professionnelle. Entr'aide : dons, conecte, etc., en faveur d'un süiislré (incen- die, inondation ... ), d'un camarade blessc, congédié, en greve ... Coopératives de production (fruitieres), de vente et de consom- mation (fonrniture, matériel, pressoir, silo, cave coopérative). Syn~ dicats. Chambre de métiers. Mutualité : organisatiol) avant I'insti~ tution de la Sécuritc sociale et depuis : Caisses d'assurances~incen­ die, bétail ... Corporation, compagnonnage (le systeme sociologique du compagnonnage est á étudier ponr. soi ~t dans se.s rapports 'lvec celui des membres de la professlOn n appartenant pas au compagnonna&e), conf~érie ... Chac?-n de ces organis~es peut éven- tuellement falfe I'obJet d'une etude monographlque: nombre d'adhérents et en rapport avec celui de la catégorie profe~sio.nnclle intéressée. Orientation et séledion 'pfofesslOnnelIe; ?rgamsat!on de l'apprentissage. Justice d'entrepnse ou ·corporahve : tribunal d'honnenr, cünseil de discipline. Droit coutuIDler, en dehors de la législation en vignenr. 18~ Slalul de l'enlreprise ou de l'exploitation par rappor! a la ca!égorie. Renommée rapportée a la durée, á la cohésion, a l'excellence du personne~ (valenr. T~lative des réf.érence~), a I'exc~llence des rendements, a la quahte de la 'prodnct~on, pnx rempo}·tes dan~ les concours artisanaux, les comlces agncoles, etc ... Role de pIlote dans l'expérimentation technique, l'adaptation économique aux flnctuations du marché; .. 185 Sla!ul du métier dans la localité el la région. Prestige et discrédit particuliers a certains métiers, selon les aptitudes auxqueIles ils sont censés faire appel : métiers deman~ dant de la vigueur, de l'agilité physiqne, des connaissances éten- dues (Qutre les spécialistes « ayant fait des études ») sur les
  • 138 GUlDE n'EnjDE DIRECTE .sons, dont certaines de création ou d'adoption récentes célebrent les joies et les peines du métier, les luUes sociales, caricaturent les rapports sociaux, les classes dominantes, ctc ... VidéoIo,g,ie :prend dan~ -l'espl'it des i!ltéressés plusieurs fOl'm~s ~L s etabht sur plusleurs ,Plans : celm d~ l'~ntreprise ou explOltallOll comme groupe, celm de la professlOll, eeluí de la c~ass.e. Ce derníer est ~ ?bserver. Slll:;out ,~ l'éc.helle du grollpe ter- ntorIal et de la reglOll plllSqU 11 s etabht transversalcmcnt .aux autres groupements. Cependant on pent ¡'observer dans cha~ue ,groupe (121, 122) d'activité et pl'ofessionllcI, en merne temps qu OIl observe les ~tructures ~ociales internes. L'idéologic professionnelle OH corporahve se mamfeste dans l'attachement aux discriminan'ts ex ternes et activites cOl'poratives, a certains traits de caractere cultives p,lus ou moills systématiq1.,lement ~r?le d,e .cer~aines bl'i- mudes), l'amour-propl'c et la fierte du meller, 1 hlslOlre de ses lnltes avec des professions concurrentes, le souvenir d'un cel'tain nombre de « champions » locaux ou l'égionaux, une éthique et une esthétique, etc ... CeHe de l'entreprise s'établit par rapport a l'idéo- Iogie corporative. AppUquer la regle llorme-exceptioll en pl'ati- quant au moins l'enquete-sondage aupres des l'epl'ésentants du groupe, de la corporalion el de la populalion en général. (122, 209- 211). EXTENSION ET TYPOLOGIE LOCALES 188 DES EXPLOITATIONS AGRICOLES La plupart des groupes d'aetivité peuvent etre atteints a l'enregistrement, dans les ehambres de métiel' on d'agrieultul'e. 2.363.715 exploitations agricoles, c'est-a-dire la quasi totalité (a I'exception du Bas el du Haut-Rhin, de la Moselle et de la COl'se), ont été étudiées a différents points de vue par 1'1. N. S. E. E. au niveau national et régionaL n s'agit moins de redécouvrir la ferme du Beaufortin ou dn Pays d'Auge, que d'en décrire les variantes a l'intérieur d'une région préalablemellt circonscrite (v. ci-dessous gl'oupe territol'ial), d'en faire une deserlption plus dche. Dans un village, on aura, par exemple, a dresser un eIassement des exploitations agricoles qui pourra se faire selon les criteres techniques et économiques, sensi-:- blement dans cet ordre. Etablir avec soin les crlteres sur lesquels se fondent les « régionaux ». 1. Catalogue pondéré de pl"oduclion. Polycultul'e, monocuIture (cél'éales, vigne, cultures indus- trielles ... ), élevage (laitage. viande de boucherie, animaux de trait, eLe ... ). Ce critere sert a cIasser les régions d'apres lenl' « vocation » dominante; cependant, localement. dans une région d'élevage on cO,nstate des -spécialisations a usage local ou a débouehé plus vaste. 2. Superficie. Ce critere n'a pas grande valenr discriminante entre régions de vocation difIérente : 10 ha sont la limite inférieure de la grande propriété dans la Montagne Béarllaise~ celle des 'petites dans le Bocage primitif (Allier). Par contre, dans une' réglOn de vocation sensiblement homogene et ponr des exploitations locales de meme catalogue de prodnction. a fOl'tiori pour un meme viHage, 1'étendue DES COMPORTEMENTS CULTURELS 139 de l'exploitation est un critere décisif avec lequel la plupal't des autres sont en corrélation. Dans un village, la statistique des exploi- Lations classées d'aprcs l'étenane fai't génél'alement apparaUre un on deux modes ou dominantes, de part el d'autre desquels s'égail- lent les tres petites et tres grandes propriétés. 3. Equipemenl el cheple/. Nombre de charrues en activiLé, d'atLelages de tl'action, de tracteurs et de machines, e Le ... , dans les l'égions de culture domi- nante; de betes de rente, dans celles d'élevage, ele ... Fabrica'tion de tout ou partie de l'équipement: familiale, artisanale ou indus- trieIle. 4. Personnel. Effectif et eomposition du pcrsonnel. Considéré ici commc caractcl'e technique, s'expl'ime par le calendriel' des heures de tra- vail, ou se distinguent la qualité des travaux par spécialité (heures de labour, de récoIle, de gal'dc des animallx ... ), les pél'iodes de poinle (moissou), le persouuel permanent et saisounier QU journa- Jier. A ne pas confondre avee les criteres d'ordre socio-écanomique du liade de faire valoir. 5. l' olume des échanges. Le catalogue pondéré a douné la proporlion des prodllits, mais, pour un meme catalogue, le volume des échanges cst vadahle selon les exploitations qu'U permet de classer. Dans un cadre géogra- phique el social, les eriteres 2, 3. 4 et 5 sont en étroite corrélalion. Si deux exploitations son't semblables quant a 2, 3 et 4 el que le rendement el les échanges saient tres différents, ce sera l'occasioil de serrer de plus pres les raisons de ce décalage : valeur des terres, distension du eadre, etc. 6. Mode de faire valoir. Il est de premiere importance quant aux structures sociales. La prcdominance de l'un ou de l'autre caractérise de larges régions de France. En Aunis (Chal'ente-Maritime), parmi les exploitations de 1 a 2 ha 99, on -compte 91,75 % du nombre total d'exploitations en faire valoir direct, 0,48 en fel'mage, 7,75 en metayage; de 3 a 9 ha 99; les chitTres respectifs sont 88,75 %,1,83,9,41; de 10 a 39,99: 64,71, 13,99, 21,28; de 40 et plus: 38,36, 34,59, 27,04. 7. Composition familiale Oll, non dll personnel d'exploitation. L'!. N. S. E. E. a utilisé a l'intérieur des régions agl'icoles les critel'eS c1assificatoires suivanis : « tres petites exploitations : ceIIes qui ne nécessitent pas la présence permanente de I'exploitant; petites : ceHes qui n'occupenl en pel'manence que l'exploitant et sa famille; moyennes : dans lesquelles)'exploitant particIpe a l'exécu- tion des travaux et doit, en génétal, faire appel a du personnel per- manent, étranger a la famiIle; grandes: dont l'exploitant est entie- rement absorbé par le travaiI de direction; tres grandes: ou, en principe,Je chef d'en'treprise ne commande pas directement le per- sonnel d'exécution » (v. Structure des explpitations agricoles en Fl'ance). .-
  • 140 GUIDE D'ETUDE DIRECTE Les criteres 6 el 7 ne sont pas confondlls, une petite exploita-. tion famiIiale pent etl'e en faire valoil' direct. fermage OU métayage. La grande et tres grande exploitation représente l'état le plus. avancé de la transformation de I'agricuIture en expIoitation capi- taliste. 189 Exlension el Iypologie des enlreprises artisanales. Parmi celles-ci se distinguent : 1) les auxiliail'es de l'agricul- ture qui participent de ]a différenciation locale de ceHe-ei quant an répertoire d'activités (fabrication ou réparation d'équipement local,. ferrage de brenfs QU de chevaux .. .} et ont généralement une aire de rayonnement économique ne dépassant pas la limite de la coro- mune ou du canton; 2) les entreprises spéciaJisées dans une pro- duction a diffusion régionaIe, teI1es les chaudronneries, poteries, etc ... On trouve généralemerrt dans chaque village une ou plusieul'& entl'eprises de chaque catégorie d'auxiliail'es. D'autres se ~oupent en viI1ages entiel's sur les points d'extl'action de la maÃlél'e pl'e- miére principale ou de captation de forces naturelles: ainsi La Borne était, au début du siécIe, un harnean comptallt presque exclu- sivement des potiers (une qual'antaine d'entrepr¡ses}; a Dudort (Tal'n), village de chaudl'onniets, on compte ,encore 11 martinets a cuivre, sur quelques kilométres, le long du Sor. - On pent appliquer a lenr classement et a leur étude extellsivc- les Cl'iteres _passés en revue ci-dessus a propos des expIoitations agricoles: catalogue de production, caractéristiques techniques~ économiques, socioIogiques. 190 Hisloire conlemporalne el év(}lutlon. A propos de chaque poinf du plan d'étude de l'actuel, on aura recueillí, au moins, I'histoil'e et l'évolntion la plus récente : modi- fication des caractéristiques principales d'nne exploitation agricole,. du catalogue de production, passage de la polyculture a la mono- culture, changement de cu1tures dominantes, introdudion de nou- veI1es especes, engrais, de matérieIs et de machines, transformation concomitante de la strucful'e sociale interne (généralement réduc- tion de l'éqnipe), modification des aires de contact technique. éco- nomique, en relation avec l'ouverture des marchés nationanx ou lnternationaux, la eoncurrence d'antres produits, les fluduations des ·gouts de la cHentele on de son pouvoir d'achat, etc ...⢠modification dn statnt d'entrcprisc, du mótier, opinion des intel'essés, possibilité de recruter parmi les jennes. attitude de ces derniers vis-A-vis du métier, exode rural, releve des entrerrises ou exploif.ations en voie d'abandon par des éh·angers .... POlir 1 agriculture et l'aTtisanat auxi- liaire, eette évolntion s'inscrit dans celle de la localité. Ponr les autres, c'est I'évolution des-besoins dans l'aire de diffusion écono- mi que qui devra etre envisa-gée .. Au dela des mémoires, reehercher, outre les doeuments com- munaux (eadastres et matrices cadastrales), les docnments fami- liaux, les archives notariales, des chambres de métier, .etc ... Les listes de recensement quinqnennaI fournissent une statistique approchée des professions dans la commune. Chaque fois qu'iI sera possible, date de fondation de l'entreprise, de mutation, de change- ment de propriétaire OH d'exploitant. Ponr la Iocalité, établil' an 1 ¡; DES COMPORTEMENTS CULTURELS OPULATION P D e E LA OMMUNE P D OPULATlON U BOURG P OTIE~E5 1991 f-'.!56 14"3;- !\ 1QQQ ~ ~ ~ V 949 1\ 915 . ~ ~ ~ 567 ~ 1'\ 1Q4 70 57 20 1896 1901 1911 19126 19"36 141 9 1943 Amenuisemenl d'un métier arlisanal. . Saint-Jean-Ia-PoLcrie (Morbihan) était. aut!'efois un important. centre -céramiquc, 011 en 1881, 217 potie~~s consl1tuaIcnt p~esque le qual t ~c la populaLion agglomérée et le sepheme de, la p~pul~tlOn, tatale. Depms, l~ pooulation de la commune est en. forte regres~lOn J~lSqu e~ 1926, le b.our ti continue a descendre tandis que la populabon dlspersee remont~, les derniers chiffres pour 1946 sont rcspectiveI?ent- 55? et 10~O. ~c. v~nag~ n'a done presquc pas perdu de sa populabon agr~cole d~spelsee,.'pal contre l'artisanat s'est transforme - il n'{' a p,lus desorm~ls ~e .poberes en activité _ et avCc lui le villagc. (Enquete d ethnograpllle regwnale et graphiqlle de D. Lailler, 1943).
  • 142 GUIDE n'ETUDE DIRECTE moins ~PPl'oximativement le, ~ombl'~ q'enb'eprise~,,le personneI par- catégolle. etc.:., avant el apIes les evenements re~lOnaux ou natio~ llaux fl'?vol.utlOllS,. $uerres, épidémies. épizooties~.). L lustmr,e ~nteneu~e an, XIX~ si
  • 144 GUIDE D'ETUDE DIRECTE :salion industrielle (tannerie, teinturerie ... ), cours d'ean eL évacua- Lion des déchels el eaux usé es. Climat. Tempél'ature: amplilude des variations el biologie; opposition plus ou moins mal'quée entre été eL hiver eL double 1l10l'- phologie de la vie hivernale el de la vie estivale. Précipitations atmosphériques : pluie el cultures, lleige et locomotion (le manque de neige peut etre une catastl'Ophe : ]'épandage du fumier sur 11'al- nean est difficile ou impossible. les pousses découvertes gelent). Vents : abrís de roseallX des cultures pl'oveuc;ales; régime des vents el captation d-e la force éolienne; orientation des maisons, des Tues. Humidité el sanlé humaine, animale el végétale. Composition de l'ail' : slation de montagne, etc ... Sous-sol. Structure et nappe phréatique (en Sologne, la cOliche argileuse -a faible profondeur fait que le sol arable reste fortement imbibé d'eau et impose le labour en billons). Composition : indus- tries extractives, maLériaux de eonstrllction, etc ... Sol. Pédologie. Cmnposition, épaisseur et structllre de la couche arable (v. exploitation agricole). Flore. Forets : especes autochtones et especes importées (pin dans les Landes et en Sologne); :protection _contre le vent, l'érosion, 'Obstacle a la circulation; materiau de conslrnetion, chau1fage. Anciennement, destruction par les trollpeaux. Flore des landes, marais : genet, jone, osier, etc ... Plantes médicinales, odoriféranles, comestibles: lavande, champignon, myrtilIe, etc ... Flore maritime : goemon, varech ... Faune. Volatile, terrestre, aqnatiqu-e. Especes sédentaires et espeees migratoires : hirondelle, eigogne, oie el canard sauvages, palombe, saurnon ... Epeces parasítes oll.dangereuses : destructenrs de récolte (1'on- gellrs), d'especes animales (renard, brochet, poisson chaL.); insectes vecteurs de maladies rnicrobiennes: paludisme... Especes utiles; destructeurs de vermine (oiscaux, hérisson ... ). Chasse a la vipere et prodnction de venin. Plan orienté de la commune. Orographie : courbes de niveau. HydroIogie : points d'eau, sonrees, eours d'eau, eaux mor tes, marais éventuellement; surfaee atteinte par les inondations périodiques Oil memorables; il est cornmode_ d'y faire figurer les voies, canaux et plans d'eau artificiels : canaux de drainage .ou d'ü:rigati.on (syste~.e des « Toubines » proven¡;ales), ca~aux .de cll"CUlatlOn, bIefs de den:- vation (moulin), barrages hydroclectnques, harrages de torrents, etc ... Clirnatologie : roses des venls el pluies, surCa.ces d'enneigement selon la saison (neiges ét-crnelles et glacier). Géologie: carriere, mine, marniere, balastiere. Pédologie: selon composihon de la couche superficl.elle. Biogéographie: reconmene local des especes végétales et ani~a.les, cas spé~ial de la flore ~t faune ,aqua~ique~, fluviales OH manhmes {empOIssonnement, rUlsse3UX a trmtes, a ·éerevisses, lieux de peche, etc ... ). Calendrier donnant le régime des phénomenes variables., hydro- logiques, clim.atologiques et biogéographiqlles. Situation de la COffi- mune dans la r-égion géographique relativement homogene: par exemple, systeme montagnard a plusieurs étages d'alpage, etc ... Evollltion récente du paysage dne a }'évoJution physique, cli- matoIogique {équilibre des saisons?), en relation fréqllente avec l'in- DES COllIPORTEl\-fENTS CULl'UUELS 145 terventi0J?- humaine locale ou régionale: irriO'ation ou drainage co?struch~n de barrage, destruction massive b d'espeees végétale~ (deforestahon, conquéte sur la lande Oll abandon de tenes cult"- yées), d'especes a~imales (vola~iles, rongeurs. renards, loups ... ), o~, lllve~sem~nt, rebOlSeme?t,. alevlll~geJ ~epeuplement en gibler, etc ... , Jt.I0dIficahon des aSSOClatlOns hlOloglques (iníroduction de para- s¡(es). 193 Milieu aménagé et équipement immobilier. ParceIlement. Tissu parceIlaire. Les parceIles d'une meme com- mune se clas~ent généralement en plusieurs types selon leur forme, lenr super~cIe, .leur ouverture Oll cIóture (v. ci-dessns, 127). Ces ~yres ,se repar-hssent par zones. Par exempIe: pareelles de prés u·ngues en rectangles perpendicuIaires aux rives d'un eours d'eau' zon.~ de~ eours et .iar~ins, zone d~s ehamps labourés en Ionglle~ lallIeres, zone des bOlS et terres lllcultes; parcelles parfois tres ,:astes et de forme~ yariées. Fo.rme pa~cellaire et zonage sont en rela- tlO~ avec les condItlOns techmques d exploitation (parcclIes micros- .COPlgU~S des cultures en terrass~s), la valeor des ten·es, le systeme de defnchement (champs allonges· groupés en soles en rapport -avee ¡'anden systeme d'exploitation communautaire), etc... . Plan d~ z?nage. Pour chaque zo-?-e :-~ombre, sllperficie moyenne et natu~'e generale des parcelles. A elabhr d'apres le régistre d'états de. se~tIOns et les plans cadastraux. Po nI' le systeme d'irrigation, vOlr cl-dessus. Evolntion : augmentation ou diminntion des pal'eelles en rap- port avec le régime·successoral, a ne pas confondre avec I~ remem- hre~en~ des propriétés et des e~p.10itations, quoique pouvant etre en cO!Telahon; sur le eadastre revIsé, des parcelles eontigues et de meme nature sont eonfondues sons un meme numéro; inversement 10,tis.sement. Evol~tion de l'affe-ctation des parcelles : déboisement, defn
  • 146 GUIDE D'ETUDE DIRECTE d) Surface de stationnement el carl'efour : place, cours, mail, place de la gare... .. . Plan du réseau á I'intérieur du terrifoire. Cal'actel'lshques des voíes terrestres: nature (terre, pi~rre, a~phaHe)~ I!l'ofil,coté Cchemin creux, chaussée, ~as-cOtés plantes~ ha~esJ trott,Olr, pIste cy~lable. etc ... ); ouvrages do ant : pont de bOlS, pJerre, metal, flxe, tournan~, basculant, etc ... ; dimensions (largeur, longueur ... ), cha~ge ?Iax1- mum - évenluellement relevé Qil tout an moins photo. V Oles d ean : Iarge~r, profondeur, vitesse ~u cour.a~t efc... . . , Plan de raccord sur le reseau general, ,au moms Jusqu aux COID- munes voisines,' an marché, el, de faf¡{on générale. perm~tta~t.l;:t mise ·en place des aires de contad des différents groupes d actIvIte. Echelle: selotl aire enveloppante.. .. . . Nature, volume el vitesse des clrculahons. Resea~ rural.et ViCI- nal, voir aire de contact technique el tableau de. clrcllla~lOn des groupes d'activité Cexploitations agri~oles, eI.1t~epl'lses_ arhsanales~ industrielles, commel'cialesJ- ctc ... ). Reseau VIClll~l, d-é-part~mental, national: distinguer le tl'ansport de marchand1ses (camlOnnette, camion poids-Iourds ... ) etIe trans-po.rt du personnel (a~to, autocar): les transports desservant la Iocahte e~ ceux de. transIto (Re;montel aux stations les plus proches, aux !etes ~e hgues ou 'p(;Hnts de départ : transports rapldes des I?r?dmt.s agncoles de la reglOll pr~­ dudrice a la ville). Réseau ferrovlalfe : lmportance du. trafic, nomble de trains en transit el desserte loca~e, vo~ume du h:ansport p~rson­ nel, marchandises (grande el pehte ':lte.sse). Res~au. flUVIal el canaux : transit el desserte Iocale. Le detall des cat~gOl'leS de .pcr- sonnes (travail~ commerce, loisir ... ) oa de ll1ar~handlses c.machmes,. matieres- premieres, praduits l?cau~) tra,nspol'tees pou~'fa etl'e donne id Oil sOus les rubriques: mlgrahon, echange ... StatlOnnement ou concentration de véhicules, personnes, etc ... , sur les places et carre- fours. Embonteillages.. . . . Documents de base: horane de transports rcgubers, c0l!lptabl- Eté des compagnies ou transporteurs routiers, des compa,gme~ fel:- rovíaires locales, S. N. C. F., comptage de trafic effeciue sm CCI- taines routes par le service des Ponts et Chaussées, taxes locales sur les places de marché, etc... . Evolution: état d'apres le p~emier cad~sLre; construchon ou amélioralion du réseau vicinal (1m du 21 mm 1836); percement. de raute départementale ou nalion-ale; élal'gissement .de ces vmes, déplacement lorsque le domaine bati de l'agglomérabon 0l?pose un gouto! d'étranglement a l~ circulalion; inst~lla~i~n d'une l:gne fer- roviaire, chemin de f-er departemental on d)nteret l?cal, el- une sta- tion (lutles au cours de la deuxieme moitíé du XIX· slecle~ ~ abandon a partir de 1920, des ligues non rentables (eonc~rrence rml ~ routc, déplacement des. march~s, des centres d'~ttrach-on ... ). R~ppOIts a~~c la nature; volume et vltesse des transpor.ts: les ~hemms,.de te~le tl'Op étraits ne cOllviennent pas aux machmes agncoles; 1 m!eJ?sIfi- catiDn du. traftc routiel', l'augmentation du tonnage :r,ar v~hlenle exigent un sol plus ferme et un~ :voie 'plus l,arge, la. mo~~:ficatlOn des ponts, etc ... Inversement, l'amehol'allOll d une VQle .clee un app~~ préférentiel de la circulation~ etc ... Mthne.s eonstatahous .en ,ce q~I eoneerne les earrefours et heux de stahonnement, I!lalches, fOl- rails, etc. (Un exemple menu de l'inflnence de l'évolutlOu des teeh- DES CüMPÃRTEMENTS CULTUUELS 147 niques sur I'économique : avanl le décret du 17 juin 1938, les presta- tions (journées de travail ponr l'entl'etien des chemius vicinaux) étaient acquitables a volonté en nature (ce qui etait généralement préféré, ef. ci-dessus difficultés de trésorerie) ou en argent. La néces- sité de se procurer des matieres premieres et surtout le goudron, d'ulilisel' une main-d'renvre spécialisée dans les techniques routieres model'nes ont amené a exiger le paiement obligaLoire en especes d'une partie an moins des prestations). Report de ces principaux faits d'évolntion sur le plan pl'écédent ou plans annexes, selon complexité. 195 Dornaine biíti el équipement immobilier. Nombre de groupes d'habilation ou de maisons d'apres la liste de recensement quinquennal (tableau récapitulatif). Tablean des bfttimenls d'apl'es l'afIectation : Habitation. PrOdtlclion agricole : exploita tions agricoles, hfttirnents eol1ec- tifs, coopératifs (pressoil', silo, cuve ... ). Abattoir. fl'igorifique. Peche: frígorífique. Production artisanale el industrlelle. Commerce : détail, grossistes, halles, marché couvert... Etablissements bancaires, d'épargne, de erédit. .. Hótell-erie el cafés. Education et culture: école, creche, bibl.iothequc, salle de sport, slade, théAtre, cinérna, patronage, foyer rural... . San té : hópitaI, clinique, dispensaire, centre médical... Cultes : églíses. temples ... Organismes d'aclion sociale : syndicats ... Sel'vices administratifs: mairie, perception, gendarmerie, postes ... Batiments et irnmobiIiel's d'usage public: lavoir, pnits, fan- taine, four. poids public, chateau d'eau ... Cimetiere. Monuments divers ... Transports : gare, slation, installation portuaire (v. ci-desslls). Services publics : évenluellement l'éseau de distribution d'ean sons pression, gaz, électricité; égouts et lienx de décharge; pompe a incendie. Plan de situation d'upres cadastre : chef-lieu, hameal1x, établis- scments isolés; maisolls jointives, séparées par cour, elc ... Zonage d'apres catégories: résidence, proQuction; commerce, ele ... ; généra- Iement groupement église - mairie - haIle - cornmerce sur place principale, on groupement église - cimetiere; abaltoir a l'extérieur, entrcpót, silo a proximité de la station ferrovlaire, rOlIti!~re, ou du port; disposition par rapport au reHef, an réseau hydrogl'aphiquc, "iaire (en longneur, en éloile ... ). Caractéristiques des batiments d'habitation. S'inspirer pour ce tableau d'ensemble de l'enqllete sur la pl'opl'iéLé batie (v. bibliog.). Age moyen, nombre d'immeubles de plus de cent ans, de moins de vingt ans. Matérian; couvel'lure tuile, ardoises, chaume, essentes; mur pierre, brique, pan de bois, etc ... ; sol bois, dal1age, clment, terreo Confort: nul, eau, électricité, eau courante, distance au poiat (l'ean. Struc!~ue : nombre de pieees prindpales par logement; flQmbres de bitiments annexes : é-enries,
  • aUIDE D'ETUDE DIRECTE ⢠® ""f;1, I!":"':' â¢â¢ ,~",~",,~. ':' . K:,-
  • 150 . GUlDE O'ETUDE DIRECTE éLables, porchel'ies, bel'geries, basses-cours, grang-es et remises, cel- liers, laiteries, hangars. Caractérisation statistique, d'aprés les résultats statistiques d'une enqueta sur la propriété bátie dans les communes rurales (l. N. S. E. E.) ~~I ~ 1J;~I~i ~~ ~ ~! ~ ~ ~ I g ~ I ~.~ U ~ ~; 34 37 28 100 1 98 100 98 50 59 H 16 4 28 Mur: piel'l'e .......... . brique ... _ ..... '_ divel'S ........... . Toil: tuile .... _ ........ . 100 79 99 98 58 99 1 30 21 1 1 100 1 1 1 zinc ............. . ardoises ........ _ . Sol: bois ....... - . _. . .. .4% n ~ ~ W 689558 113 1 2 62 1 dallage .... _ ... _ ... tCl'l'e â¢â¢....... ,. _ .. cimenl. ..... _ ..... . 15 2 1 2 m m 7 M 7 W 13 25 28 18 15 18 15 25 Nombl'e de pieces: 1 .... . 2 .... . 3 .... . 20 15 17 ttl 20 25 30 4.. .. . 7 (; 19 5 17 21 15 5 ... . 4. 4. 1\) 2 18 13 12 6 .... . 1 3 8 2 10 5 5 7 .... . 1172733 Eau cOul'an/e â¢..â¢.......⢠1 ¡¡ 2 O 55 12 9 Cette enquete esl un sondage portant sur 1.500 communes, choisies eomme échantillons l'eprésentatifs des 500 régions géogra- phiques définies par 1'1. N. S. E. E. (v. Régions géographiques de la France), Les documenLs utilisés sorrt les déclarations relatives a la derniere l'évlsion foncil~re des propriétés bAtics. Le tablean ci-dessus présente un choix de % régionaux destiné a montrer l'utilisatioIl, qui peut etre faite de leIles statistiques dans la préparation d'une enquete. (Notons que cette enquete a élé réalisée dans un bui pl'a- Lique, a la demande de la Dil'cction générale de l'Urbanisme el de l'Habitation). On remal'quera par excmple : l'opposition des régions a murs de pierre ou de bl'iques, a taits de tuiles Oil d'ardalse, soIs de bois. de dallage, ou de lerre; la discl'imination, d'apres le nombre de pieces, des régions ou domine le systeme de la piece unique (Bresse, Sologne, Monts d'Arrée) et ceHes ou la dominante s'établlt entre 2 et 4. On voit se refléter dans ces quelques chiffres les diffé- l'ences tranchées entre l'habitation des Monls d'Arrée - pierre, ardoise, tene baUue, salle unique - et celle de la Foret landaise - brique (et pan de bois), tuile, dallage, logement de 4 a 5 pieces. 1 I 196 DES COMPORTEMENTS CULTURELS 151 evolulian. ~isto.ire de l'~ccupati~n du soL Gisements préhistoriques et al'cheologlqu~S,. vOle~ rom~me~, teIl~p~es ... Documents graphi
  • 152 GUIDE n'ETUDE DIRECTE indllslrielle, commel'ce. elc .... résidences; selon l'élendue (v. ci-des- sus, exploitation agricole). Catégol'ies : faire-valoir direct artisans a leul' compie, propl'iétaires résidenis non exploitanis, p;opl'iétaires non résid-enis, sociétés anonyrnes, etc ... Plan pal'cellaire pour une propriété de chaque catégol'ie selon I'étendue, plan qui ue coincide pas nécessairemenl avec le parcel- laire d'exploitalion (127). ⢠Prendre ,gal'de q,ue la désignation de la nature des parceIles n est pas touJOUl'S umforme, surtout pOlIr le cadaslre non l'évisé. ,Propriété c?mmunale : bátiments pubIícs (Hótel de Ville, écoJe. IaVOll', etc ... ), bOlS el terres. Propri'été ilépartemeniale el naiionale ~ b:1timents el tefl'es~ foreEs d.~mapjales, étangs! etc ... Plan ~es propri~tés publiques. A DrOlt d usage et servltudes c?lIechves : drmt de parcours, vaine pature, ban de vendange, de lllOlsson, glanage, droit de chasse de peche ... (v. U.age' locaux). .., Evolution récente : du nombre total de propriétaires, de la SUf- face moyenne, déplacement des dominantes (muItiplication des. petites. ~ropriétés o~ regroupement), multiplication de propriétaires non resld~nts, eSSalS de remembrement, etc ... Apres les guerres, achat de bIens rUl'aux COlUme placement de capitaux par des indus- triels ou des sociétés anonymes. 197 Equipement mobilier. Cheplel el'lorce molrice. Les inventaires monographiques permettent de caradériser l'équipernent t~pe selon l'importanc~ de l'entreprise de prodlldion on la c1asse soclale du groupe domeshque. -Les denornbrements d'en- se~ble ne sont utiles .que pour les c~é1!Ients de l'éqnipement, dont la presence a un retenhssement apprcctable sur le rendement écono- mique et le niveau de vie : 1. Machines agricoles : charrue Brabant, cultivateur, faucheuse, moissonneuse, batteuse, pressoir mécanique ... ; animaux de trait (régions a chevaux, régions a bmufs, a mulets); moteurs inanimés : moteurs a explosion, moteurs éledriques, éolienhes, tracteurs, véhi- eules automobiles (camions, camionnettes. auto). Date d'apparition et évolution du nombre total ponr la commune. 2. Equipement de· l'artisanat auxi1iaire: apparition de machines-ouhls et moteurs dans les ateliers de forgeron, chanon, mécanieien ... , pétrin mécanique, four au mazout Oll éledrique, etc ... 3. Equipernent artisanal ou industriel de diffusion extra-com- ~lU:ale, évol~tion i1I!P?r.ta~te lo~qu'il s'agit d'uI1: agglomération spé- cmhsée OH d une achvIle d appOlnt pour les agnculteurs travaillant a domicile on a l'usine; répercussion sur le marché de la main- d'reuvre. 4. Equipement domestique. Introduction et diIIusion du machi- nisme domestique: substitution des cuisinieres (charbon, gaz, élec- tricité) a l'atre, frigidaire, machine a laver. .. Le cas échéant, on pourra faire toute statistique utile sur telle caractéristique de l'hahitat on des bátiments de production, tendant a faire res~ortir des caractéristiques locales ou régionales (dans la morphologle, la structure interne ... ) que les études comparatives anront faH apparaitre comme significative localement ou régionale- ment. DES eOMI'ORTE~IENTS CULTURELS 198 Réseau des relations externes (apparten~nces et services). Appadenance adminisll'atlve : canton, arrondissement. Ressort universitaire, circonscription militaire. 153: Services publics on privés : judiciaire (justice de paix), école,_ assistance social e, hygiene el santé (dodeur, dispensaire). Réseau de distribution (acqnisilion ou écoulement des pro- duits) : commerce en gros Ol! de détail, foires et marchés, placement de la main-d'reuvre (régime de migration temporaire). Lieux de loisir, de développement culturel: théatre, cinéma,. foyer ... En bref. tous les poinls de l'espace social: huts d'un déplace- lllent du personnel local Ou départ d'un personne] externe vers la localité. On pourra y joindre les aires d'audibilité des postes émet- teurs de radio, de diffusion des journaux et autres périodiques. 199 Démographie. Disfribution par sexe, par age. Structure domestique par· menage (proportion des célibataires, veufs ... ), struclnre familiale (com·be de réparLition se Ion le nombre d'enfants; rappod avec la }H'ofession). Distribution selon le lieu d'origine: natifs, aire de recrutement malrimonial, du personnel; selon la nationalité. Age au madage. Nuptialité. Consanguinité. Recherche de l'isolat démo- graphique. Endo~amie de classe, de village, de région; e:adogamie de regle ou de falt. Fécondité. Morlalité infantile, date exacle de la: mort dans le premier mois. Mortinatalilé, anormaux et ínfirmes. Longévité. Densité de la population. Listes de recensement quinquennal. Les registres d'état civil (tables décennales) el-les registres paroissiaux d' Anden Régime permettent de serrer de plus pres les généalogies. Les archives ec-c1ésiastiques fournissent d'itnpor- tantes indications sur la consanguinité, par les demandes de dis- pense (SUTTER). L'anthroponyrnie fournit des aires d'extension et peut contl'ibucr a une élude de la sédentarité. Dans la mesure oú le permet la documentatiQn existante, éta- bUr les pyramides et les courbes d'évolulion depuis le commence- ment du XIX· siecle : population totaJe (agglomérée, éparse), étran- gcrs; sinon rechercher au moins l'époque de population maximum, ¡'influence des guerres. Histoire des familles. Mouvemenls migraLoires,. Centrifuges: journal~er (travail en usine dans une Iocalité voisine), saisollnier (transhumance, ancien- llcment colportage, louage de service a l'extérieur), viager (migra- tiOll des cadets}, définitif (exode rural) ; aire de dispersion et courbes. Centripetes: journalier, saisonnier . (moÃssonneurs; vendangenrs), viager ou définitif (en particulier, ouvriers ou cul_tivateurs étran- gers : itaIiens, belges ... ); aire d'origine. PopulatioIJ mouvante des loisirs hebdomadaires, du tourisme d'été on d'hiver, du therma- lisme; origine régionaIe, nationale, étrangere, nombre se Ion saison. Transit: col, relai, point de vue, transhumant. Corrélation avec l'ouverfure et l'intensification des circulations. Au nivcau choisi, conserver les chiffres -llruts sans calculer des.
  • 154 GVInE n'ETUDE DIRECTE il1dices statistiques dénnés de valeur ponl' d'aussi faíbles popula- tions. On vérifiera cependant si le mouvement démogl'aphique est en cOl'l'élatioll, directe OH inverse, avec les statistiqlles régionale et nationale. "200 Composition et structure sociotechnique. Le but est de déterminer la l'épartition des savoil's, des capa- cj tés. On distingue: la population scolaire. qui apprend et -QU peu- vent se discel'ner les vocations; la population retil'ée, mais quí occupe encore ses· Ioi:sirs et agit dans certaines occasions (vote par exemple) en fonction de l'appartenance professionnelles antérieul'e; la p-Opulation active. Dans la population active, Orr pent distinguer les catégories de fOl'mation (ceux quí sans exercer présentement un métier seraient susceptibles de "le reprendre) et les catégories d'exercice (v. 150): production. distribution, banqme et crédit, san té, enseignement, cuIte, etc ... Dans chaque catégorie profession- nelle, classement par rang de qualification technique dans la pro- fession. Comparer avec les structures d'age. Agents communaux. Bureau de la mairie. Recette municipale (jusqu'all ler janvier 1943), Sapeurs-pompiers. Police. Garde-champeire, fossoyeur, con- scrvateur de cimetiere. Directeur du bureau d'hygiene. V étérinaire préposé a }'inspeclion des marchés, agent de répression des fraudes. Bibliothécaire, Conservateur de musée, Gardien d'immeubles c1as- sés. Octroi. Poids et mesures. Econome de college. Professeurs d'écoles pratiques. Contrernaitres d'écoles cornmerciales el indus- trielles. Fcrnmes de service des école-s. Directellr du burean de pla- cement. Direclenrs et com.ptables des régies municipales. Persoll- nel ouvrier : cantonniers, Jardiniers, patres comrnllnaux. Hornmes de peine. Fontainiers et service des eaux. Entretien des batirnents cornmunaux. Salariés des régies municipales (v. Bertrand, p. 28-29). DES COMPORTEMENTS CULTURELS 155 Recemcme1!t 1946. Premiers résullals, pi. V. Evaluation de la populatlon active en 1936 et 1946 selon l'activité colleotive (en milliera) AC1'IVlTn COLI.EC'fIVE Péche, FodHs, Agt,iclIlture .................. . Hau, Gnz, Elcclt,icité ........................ . Pétl"ole el carbUl'ants ....................... . Com])m,liblcs minérflux solides .............. . Exlraction el pt'éparation des mincl'ais. Maté- riaux de constrllclion et minérallx non eom- busLiblcs ............. _"' ................ . Indnslric exlractive .................. (total) Sidúrul"gie el méLallul"gie génél'alc .......â¢.... MétallUl'g-ie el mécanique. Tonte ll'ansformaLion des méLaux .........â¢....................... Industrie du vene .......................... . lndustl'ies céramiques. MaLél'iaux de consLruc- tion ..................................... . mUiment eL Tl'aVallX puillics ................ . Induslries chimiques el du eaolllchouc ....... . Industries :dimelüaircs .â¢.................... Induslries textiles et annexcs ................ . Habillement cllravail des éloITes ............ . Industries du eui!' el des peanx .............. . IndusLl"ies du bois el de l'amcublemeut ...... . Industries du paple!" el du eadon ............ . Industries polygraphiques. Prcsse. Eclition ... . Luxe. Sports et divers ...................... . Industries de lransfol'maLion .â¢......... (total) Industries ............................ (total) Transmissions, transpol"ls el manulenlions .... Commeree .â¢............â¢................... Gestion el administration irnmobiliel"es el financiet·es. Banque, AssuraIlce ........... . Hygiene el serviccs domestique"s ............. . Speclacles. San té. EducaLion_ Culte. Al'mée et Adminislration générale ................... . Professions libét'ales. Ser\'iccs domestiques. Administralion ........................... . , TOTAl â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢ POPULATION 'fOTALE â¢â¢â¢â¢â¢â¢ ENSEMIlLE DE LA POPULATION ACTIVE 1U36 1946 ----- 7.216,7 7.'183,7 1m,0 '116,0 19,0 16,3 250,9 296,0 105,0 85,3 355,9 381,4 134,0 157,0 1.364,1 1.525,0 . 46,4 4(1,4 132,0 928,5 1.045.3 lB8,7 25ü,1 581,4 478,3 71B,9 513,7 761,8 ()S;:,,2 314,0 ~95.8 219,9 24\1,6 91,4 77,6 203.4 155.4 11~,2 99,2 5.813,7 5.670,3 6.295,6 6.184,0 1-361,0 1.5!2,9 2.422,0 2.138,8 419,0 409,5 g03,8 780,0 l. G4.2/t 2.011,5 2.965,2 3.201,0 20.260,5 20 . .?20,4 4'- 907 40.503 d
  • 156 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 201 Activités de production. Production. distribuLion,COIDmel'Ce. Pour les aclivités de produc- ti!lll et de- transformation,)es monogl'aphies de groupe d'activité four- mssent le détail dans chaque pel'spective. D'apl'es une vue d'ensem- ble ont été choisies les unités d'activilé a monographier. Inverse- ment, les données ~es ét,udes monolJraJ?hiques sont a regroup~l' dans un tableau des phenomenes colLechfs mternes et externes oti appa- raitront-par exemp]e : ⢠. - Les domina~Ites .: I?l'oducti~n agricole (poly-et mono-culture, elevage .. .), produchon arhsanale a usage interne (artisanat rural) on a expansion externe (village artisanal, fa~onnage a domicile ... ). - Le systeme des échanges internes: pret ou location de maté- rieIs, échanges ~e service; rapports économiques entre corps pro- fessionnels (agl'lculteurs et artisans), role des intermédiaires dans la distriblltion des prodllits locaux, etc ... - Le systeme des echanges externes. Imports ; 1 D matieres et matériels ; machines agricoles, engrais, semences, etc.; machines el matériaux ponr différents corps de métier, matériaux de cons- truction, etc ... ; 2° force: essence, mazout, charbon, électricité ... ; 3 ° matieres consommables et produits fabriqués: alimenlation, vetements, mobilier ... ; 4° capitaux- et investissements de non resi- dents, individuels ou de sociélés anonyrnes, crédit agrícole. subven- tions ... ; 5° apport des activités des migrants travaillant a l'exté- rieur ... Ex~orts : 10 produits agricoles, produits artisanau.x ... ; 2° c~nsomrnahon sur place par étrangers: voyageurs, transIt, ton- l"lsme, etc ... ' ---:- ~a strnc~ure socio-technique: nOJ?1bre el catégories des expl0l1ahons agncoles (188), des entI'lepnses artisanales, et en genéral des différentes unités simples (product-eurs isolés) ou com- plexes d'activités de production ou de dislribution; organes collec- . tifs, coopératives de production, de matéri-el, mutuelles ... 202 Niveaux de vie et conditions humaines. Regroupel' ce qui ressort des biographles, des lUonographies de ménages, de group_es d'activité, et des renseignements fournis par les organes publics ou privés, et les personnalités compétentes. On peut se servir des cadres employés dans la monographie de ménage, pour aboulir A un tableau faisant éventuelIement ressortir les dlffé- rences entre classes sociales._ Conditions du travail. Caractéristiques psycho-physiologiques du travail. Salaires et profit. Chomage partiel ou total nécessité des activités d'appoint,_etc... . ' ~ Entretien des personnes. Logement, ve.lement, alimenhltion, repos et loisir. Hygiene et santé. Les services locaux on proches; docteur, dispensaire, hopital, clinique, assistance publique, et aussi rebou- teux... Etat sanitaire: maladies les plus courantes, y comprises névroses, mélancolie, tenda"nce au -suicide ... ; influence du milieu géographique (paludisme), de l'é!a! de l'habita! (!audis, coh.bita- tion), de l'alimentation (sous-alimentation, alcoolisme ... ), du méti'er (maladies professionnelles, accidents des métiers dange- reux: mine, métalIurgie, lllontagne .. .). EventuelJement, accidents dus a la circulation routiere. DES COMPORTEMENTS CULTURELS 157 203 Formation el développement des capacités. 1. Des jeunes, outre la formation familiale ; école publique an village, école libre; nombre des maUres ; structure des éc01es. Fréquentation scolaire: tota1e; partielIe (travaux de la ferme), écourlée ou au contraire allongée au dela de la limite légale. Les habitants de certaines hautes vallées du Dauphiné pratiquaient la migration saisonniere comme maUres d'école. Fréquentation d'éta- blissements extérieurs a la cornmune; Iycée, école pratique, école d'hiver, école lllénagere, etc ... , école privée, le~ons de piano ... Succes remportés aux examens. Nombre d'illeUrés totaux, d'individus sachant lire, éCl·ire, compter, au service militaire. 2. Post-scolaire et adulte. Cours d'adultes. Ateliers ·et champs d'expériellce, conférences de foyers ruraux. Lecture d'ouvrages ou périodiques pl"ofessionnels, etc ... Bibliotheque municipale, prow fessionnellc... Egalement, les contacts avec le monde extérieur : stages, voyages d'étude ou d'agrément. Information: quotidiells (nom et provenance des plus répan- dus,- répartition par catégories professionnel1es diverses). Audition de la radio : poste, genre d'audition écouLes de pr-éfércnce. 3. Situation linguistique. Syslemes liagnistiques en présence: franc;ais officiel, franc;ais patoisé, patois, dialecte, langue non romane (breton, alsacien, flamand, basque). parlers professionnels. Conditions d'utilisation: inha-familiale, intra-professionnelle, intra-classe, dans la "ie publique. Infériorité et difficnltés encou- rues dans la vie publique et la prise de contact -avec les instruments de connaissance imprimée ou radiodiffnsée, et avec le monde exté- rieur, par la mauvaise connaissance de la langue officielle. Avan- tages intellectuels du bi-linguisme. Décalage linguistique entre générations : ceux qui comprennent et parlent, ceux qui compren- nent saas parler, ceux qui ont perdu le parler local. 20. Mystique, religion et philosophie . - Pl'atique d'une religion officielle : « conformistes saison- niers, que la coutume familiale soumet aux rites des quatre grands passages (baptéme, premiere communion, mariage, sépulture); observants réguliers, qui accomplissent les acles chroniques (assisw tance a la messe dominicale, communion pascale); dévots, dont les nsages principaux sont la communion fréquente, la présence aux offices minimes, l'affiliation aux reuvres pieuses; déliés, q,ui ont définitivemcnt l"ompu toute aUache avec rEglise ». (Classiflcation donnée pour l'étude de la pratique catholique, par G. Le Bras (p. 46). Pélerinages. - Pour les pratiques magiques, récapitulation de leur appari- tion dans l',exercice des différentes ·achvités et les recours an sorcier. - Liberté pratique de choisír sa rcligioll, de ne pas )?rofesser une religion oflicielle, d'extérioriser une attitude inddlérente, athée on antireligieuse. Risques encourus par chacune de ces atti- tudes. 205 Loisirs et esthétique. Deux grandes catégories : les loisirs a l'intérieur de la com- mune, et les loisirs a l'extérieur.
  • 158 GUIDE n'ETUDE DIUEeTE On pouna classer les loisirs d'apl'es : - La nature : conv-ersations Csujets favoris, poncifs ... ). littéra- ture orale (c6ntes, histoires dróles, devinettes .. .), théAtre. Cartes (piquet, tarol, belote ... ). Danse, pantomilne. Musique : chanl solo on choraI, musique instrumentale, radio et phono, prograrnme et. lllorceaux préféres ... J-eux s"p0rtifs : pelote basque, baIle an tamis, .tir arare, boules, chasse, peche. etc ... , joules. Jeux de hasard : loto- proven~al. .. Jeux d'animaux : combat de coqs, CQurse landaise, course a la eocarde. etc ...⢠etc ... Cinéma. Fetes el cérémonies fami-- Hales, professionnelles, cornmuuales (fete patronaJe, assemblée ... ),. nationales. - La composition el la structure sociale : individuels, fami:- liaux, voisinage, classes sexuelles, cIasses sociales, ensemble de la population. Gronpes on associations : société sportive, théatrale, de musique, patronage, section de foyer rural ... - Le lieu : logis; quand la tempéralure le permet (conversation du soir dans Les régions méddionales), place publique (cours, mai!); lieu aménagé (sane de spedacle, terrain de sport). - La saison. Deux structures selon les saisons. Loisirs casa- niers en hiver : famille, réunion de famille, de voisinage, spectacle en salle (le loto proven~al de I'époque de NotH est une occasion d'eITervescence). Plein air dans la saison d'été : généralelllent les fetes et cérémonies comrnunales en rapport avec le calcndrier tech- nique agricole. Loisirs extérieurs: principalement fetes et cérémonies d'autres. cornmunes, cinéma et réunions spodives. La cohorte des jeunes prend de plus en plus le chemin de ]a bourgade la plús proche pour aIler au bal ou au cinéma. Esthétique de 1a vie quotidienne : du logement et du mobiIier,. de la maison, de l'exploitation (tenue de la cour, jardins a fleurs ... ); de la rue et des pIaces publiques; du costume; de I'alilllentation; . de la personne : posture, allure, élocution ... Z06 Calendrier annuel. Voir inventaire des activités (65). Calendrier technique indi-· quant les synchronismes interprofessionnels, les coactivités par-o ·tielles Oll générales (marché, réunions professionnelles, etc ... ), el éventuellement les décalages par rapport aux régions voisines qui perlllettent I'entr'aide, les migrations locales on de grande enver- gure, etc ... Déplacements lllassifs : activité d'appoint a l'extérieur, transhnmance, montée aux alpages ... , inversement, aillux touri8~ tique ... CaJendrier des cél'cmouies, 101sir8, etc ... 207 Budge! communal comme relle! des activités (d'aprés Albrespy). Reeettes. O rdinaires : ImpOts directs. Taxes assirnilées aux contributions indirectes. Revenus patrimonianx mobiliers on imrnobiliers. Produits d'exploi- Lations industrielles et cornmerc.iales organisées en régie. Produit des concessions des services publics. Attribntions sur divers impóts d'Etat. ReccUes diverses (intérets, concessions cimetieres, taxe de séjour, actes d'état civil, permis de chasse ... ). I I DES CüMPüRTEMENTS CULTURELS 159 ExLraordinaires : Centimes additionnels extraordinaires. Produit des biens alié- nés. Produit des emprunts, des dons et legs. Subventions et fouds de secours. Dépenses. Ordinaires PersonneI el matériel de l'adminislration généraIe. Justice el police. Sapeurs-pompiers. Enlretien des propriétés communa~es. Voirie vlcinale, ruraIe, urbaine. Cillletieres. Assistance. Protechon de la santé publique. Enseignernent. Dépenses de caractere fores- tier el agricole. Octroi. Pensio.ns, al~ocations yiageres. et se,couIs .. au personnel cornmunaI. Subvenhons dlverses. Dlver.s ~t lmprevll (f~t~s publiques, vente annueIle des fours et chernmees .. J. Annmtes d'emprunt. Extraordinaires : Achats de titres et valeurs, ac'quisitions immobilieres. Travaux neufs on de grosse réparation. Remboursements anticipés d'em- prunts. 208 Structure et rapports sociaux internes. Les précédentes analyse·s ont ~pporté ~es ~onnées st~tistiques sur les classes sexueIles, classes d age, categones professIOnneIles et de capacité. classes é.conomi9ues (pr0l!riét.é, niveau de vie), caté- gories religieuses et philosophlques, catego~l:l;s s~lon. l~ ,nature des loisirs, ainsi que sur la stru~~ure des nmt,es ~ achvüe~ et leurs associations de complexité varI!lble en cooperahve" syl:dlc~t, ~t'?";' ce qui donne la strllcture socIale de chaqlle categone d actlvIte. Les études lnonographiques ont en ~e.me tem~s a.ppo,rté. u,ne vue· sur les rapports sociaux de chaque umte,
  • 160 GUIDE n'ETUDE DIRECTE .8tatuts et róles des pl'ofessions el des capacités. Des métiers sont honorés comme plus nécessail'es a la commu- nanté. exigeant un degré supérieur de qualification, de meilleur rapport. D'autres jouissent d'une considération l'espectueuse ou craintlve melée de rancune, cornme eeluí de meunier; métiers vers lesquels on va, ceux que l'on abandonne (185). - StatuLs parhculiel's des métiers « savants » : instituteur, dodenr, notaire. etc ... , possibilité ponr eux d.'exercer leurs aptitudes el de les développer. - Opération inverse ponr les métiers déconsidérés. Staluls el roles familiaux el personnels. Plus fugaces, puisque ne dur-ant pas plus qu'une vie active Oil quelques générations Certaines familles peuvent toutefois depuis plusieul's génél'ations s'etre fait un renom traditionnel. Chaque gl'OUpC professionnel, confessionneI, ou autl'e, peut avoil' sa famille, - son ou ses individus - pilotes. Définir lcs- causes de ce renom el les modalilés selon lesquelIes s'exel'cent les influences. Statllts el roles des élrangcrs. _ Etrangel's nationaux : les « savants » venus d'autres Tégions limitrophes Oll plus loíntaines. Le prestige dont jouit la profession n'empeche pas toujours une certaine résel've, qll'atténnent ou accen- tuent les activités publiques, et en particulier l'eligieuses. - Etrangers d'antres nationalités : cas des cnltivateurs belges, italiens, des onvriers artisans polonais, italiens. AUitude vis-~-vis d'eux a leuI' arrivée. Isolement dans lequel se renfel'ment les Inté- ressés, dans lequel Oil les maintient en « qllarantaine ». Assimila- tion quant au langage (abandon ou maintien
  • 162 GUIDE D'ETUDE DIRECTE des différences plus accusees encare. Les quatre hameaux de La Grave présentent. par ,exemple, des différences assez rnarquées par rapport an chef-lien dans la vitesse de régression du dialecle. 209 Rapports inlercommunaux et íntrarégionaux. Le systeme d'échanges économiques et de mouvements de per- sonnel dans un bu! de travail, de formation Oil de loisir, a donné le volume, la directioll des l'elations extérieures. Ces données servent a définir les rapports de voisinage qu'entretient avec les' com- munes voisines, les centres d'atll'action el l'.ensemble d'une régian plus aU moins vas te, la cornmune considérée dans sa -totalité _ on ses fractions. Rapp0l'ts de concurrence, de solidarité (unían inter- cornmunale, régionale), matrimoniaux (comrnunes dont les faroilles se madent entre elles, ce 9.ui implique que les rapports intercomrnu- naux sont influencés posihvemenl ou négativement par les rapports interfamiliaux et réciproquement), etc ... "RappoTts de classes d'-:ige : « guerre des boutons », luUe des garc;ons dans les bals el réunion.!l· locales, etc ... Statut de la cornmune parmi ses voisines et darls la région : portrait qu'on fail -de ses habitants ou d'une catégorie (filles, gar- c;,:ons, catégorie professionnelle ... ), qualités ou défauts dominants qu~on leur reconnait OH aUribue, sobriquet qui lenr est donné. Aire a l'intérieur de laquelle sont connus ce sobriquet ei cette réputation. 210 Conflits. Chronique judiciaire. Entre les individus, groupes ou classes en présence le$ rapports sociaux ne vont pas touJours sans heurts. Le nombre eL la nature des délits de droit commun peuvent fournir des indications. Il faut cependant tenir compte : 10 que dans la plupart des ca s, le nombre des condamnalions n'est pas suffisant pour etre significatif, sauf s'il y a constance dans le motif; 20 qu'il y a des oppositions entre dr'oit officiel et droit local : certains délits sont couverts par une partie de la population (pays de conlrcbande, de bouilIeursl; par contr,e le droit local peut etre plus rigourellx que le droit officiel (dans certains cas, on protege contre le droit officielle bandit d'hon- neur, dont la sanction a été sans commune mesure avec la peine qu'aurait pu infliger le tribunal, en admettant qu'iI ait retenu le délit). Les reglements de compte, la réductioIl d'antagonismes, peuvent etre réglés par ]a coutume, sans etre légaux. Teml" compte non s,eulement des usages locaux. mais aussi du droit de ll'adition . orale encore en vigueur (64). Des régions passent pour singulieremen~ pr?cédurier.es. Il fatit comptei" les proces et leur nature entre parhcuhers, famIlles, COID- munes. La greve eomme expression des conflits sociaux se répand a mesure que les décalages économiques s~accroissent et que les inté- ressés apprennent a se servir de ce droit. Les pétitions sont égale- ment intéressantes; en relever le motif et la composition de la liste des protestataires. ' 211 Contribution á une éthologie communale. Peut-on définir une mentalité, une éthologie communales? Toutes pr-oportions gardées, la chose est relativemen.t facile pour DES COMPORTEMENTS CULTURELS 163 les groupes domestiques et les groupes d'activité pell nombreux et plus homogenes quant aux fonctions dominantes. La cornmune est un groupe beaucoup plus complexe dans sa composition et sa struc- tu!e. JI y a que.lques siecles, les agglomérations rurales connais- salent elles aUSSl une certaine division du travail d'ailleurs inoins poussée;. les clivag~s sociaux, quoiqne d'nne aut~e forme, étaient non mOlns ,tral!-ches et les. antagonismes d'une grande vigueur. com~ne en ~e~Olgnent cert:ams mouvements de révolte. Cependant, )~ scdenlap~c des popuIatlOlls (au moins apres les derniers inva- SIO~s e.t defnchements), le caractere communautaire du mode d'ex- ~~01tahon du sol dal!s certaines régions, leur isolemellt relatif el ll,Ilfluence des pOllvOlrs temporels et spirituels assuraient aux COlD- m~nautés ~illageoises une homogénéité culturelle et une stabilité, q.UJ, sans etre absolue~, peuvent paraitre telles en regard de la vlÃcsse des tral}sforrnahons actuelles. Sauf ·dans quelques cas qui v?nt ~n se r
  • 164 GUlDE n'ETUDE DIRECTE Cal'acleres a quoi on reconnait « infailliblement » que quel~ qu'un n'est pas du pays, ni de la régíon, ce qu'il ne devrait pas faire ou dil'e et de quelIes manieres. Caracteres d'apres lesquels on peut dire qu'il est assimilé, digne de faire partie de la collectivité. Ce que les exilés regrettent le plus el ce qu'ils sont censés pré- server le plus jalousement dans leurs :propre etre et comportements. Ce qu'on exalte dans les grandes occaSlODS, les cerémonies an monu- ment aux morts, etc ... Le tont se combinant ou s'affrontant avec les paI'ti~ipations aux idéologies régionales. nationales, etc ... 2. Comparaison avec ce que les activités précédcrnment obser- vées peuvent en manifester. Aspec.t physique. : -robustesse. Habiletés manuelle, linguistique, rapidités de reflexe, de répal'tie ... Souci d'es- thétique dans le travail, activité cl'éatrice. Traits de cal'actere : per- sévérance, flegme. ténacité, souplesse ... Solidarité de voisinage dans les cas difficiles. Plaisir pris aux activités collectives cérémonielles; esprit de coopération on individualisme, esprit proeessif, etc ... Cette comparaison pent révéler des décalages entre les phénomenes obser- vables el la conscience qu'ont les habitants de leur particularité. Une manifestation de force ou de calme étonnera I'enqueteur, alol's que l'informateur n'y voit que chose naturelle parce que commune dans la région et ne donnant pas lieu a discrimination laudative. Inversement, certain trail cultivé localement aura pu échapper a l'enqueieur {présomption d'universalité ou d'exclusivilé ... ). 3. Rencontl'e des mentalités avec la conjoncture el la novalion. Résistance et conservalisme : refus de répondre a une situation nouvelle par une modification du mode de vie. Adaptalion rapide et courageuse des agriculteurs touchés par la chute de cerlains mal'- chés, les calastl'ophes-naturelIes, les épizooties ... Faire la part de ce qui est commun a plusieurs cornrnunes d'une meme région, de ce qui est particulier dans les comportements de chacune, compte tenu des disponibilités économiques. Résistance ou réceptivité aux tech- niques el idées nouvelles : meme remarque Con l'aura étudié a pro- pos des principales techniqu-es). Invention et assimilation locales (n. 26). Comportement en période favorable économiqnement : ten- dance générale quant a l'ulilisation des disponibilités : accumula- tion de fonds, montée démographique, développement des activités de formation, de Ioisirs, d'aménagement commercial, amélioration du mode de vie, de l'habital ou des exploitations, etc ... Le compor- lement politique et él~ctoral ~st sig!Iiticatif,- el i
  • 4. - Conclusion. 213 Choix de l'objet d'élude en fonction de buls el moyens immédials. Quoique limité a la discrimination eL'habitudes culturelIes au sein du devenir historique. ce travail est suffisarnment vaste pour excéder tres rapidement les possibilités d'nn individu Oil meme d'une équipe. Il faut faire -un choix. Le plus conTant est le choix spontané pour convenances pel'sonne]]es : compétence s'exerc;ant _ dans la ligue de J'activité principal e (un céramiste s'informe des différentes techniques de sa partic) ou par dérivation (le céramiste musicien cultive la musicologie); amonr Oil intérCt ponr le pays d'origine Dll de résidence; ponr les traits clllturels pittoresques. ceux quí disparaissent, etc ... Ces activités en ordre dispersé sont loin de couvl'ir la tofalite des phénomenes dont la connaissance serait utile. Entrepl'ises selon des points de vue et des méfhodes parfois divergents, elles aboutisscnt a des résultafs de valeul' inégale et d'utilisation difficile a des fins comparafives. Cependant elles ont apporté et continuent d'appor~er une ample moisson -qui a le grand luél'ite d'exister et, sur certains points, est irrempla~able. Si, d'ailleurs, a l'échelon régional ou national, il esf envisagé de poul'suivre plus systématiquement le travail de recensement, l'exigulié des moyens force a un choÃx quí ne va pas sans présenter de semblables inconvénients. Un organisme comme "le Musée des Arfs et Traditions populaires devra se porter d'urgence sur les phé- nomi'mes culturels en voie de disparition désignés globalcment par le nom de culture prémachiniste ou préindustrielle, avant qu'ils soient entrés dans le domaine de l'archeologle. Différentcs disciplines abordant la l'éalité dans les plans d avec les méthodes qui leur sont propres (géographie humaine, linguis- tique, démographie ... ), dégagent dans ces plans des normes et leurs rapports avcc des phénomenes appartenant a d'autres plans. Enfin, les nécessifés de l'adaptafion a ]a conjonciure imposenf aux pouvoirs pubIics Oll aux organismes privés des recherches sur la dégradation et l'inertie du domaine báti, I'inertie des habitudes culturelles, les difficultés de modernisation des techniques, de réé- ducation du personnel... Que le choix soit dicté par les convenances personnelles de cher- cheurs isolés ou par des urgences pratiques, 'publiques ou privées, il fant se féliciter que des résultats soient obtenns, mais l'on sent bien ce que les uns et les autres _ gagneraieI}t a pouvoir s'inscrire dans -un déve10ppement simultané des donralnes connexes.
  • 168 GUIDE D'ETUDE DIHECTE 214 Insertion nécessaire dans un systéme genéral de recherches. Notl'e enquete ne porte seS fruils qll'en foncUon des relations qUà peuvent s'établil' an dela des limites que nOlls nous sommes fixées par méthode; ses démarches et résultats ne doivent pas faire perdre de vue Ieurs inserlions nécessail'es sur ceux des mItres disci- plines, mais en bénéftcier des le départ. 01', sur certains plans. I'élude a été poussée sur I'enselnble du lerl'itoire. L'éco]e franl(aise de géographie nouS a doté d'une descl'ip- tion du milieu physique et des aspects locaux des l'apports hornme- nature qui ne pent guere, an dire des spécialistes, pl'ogl'esser désor- mais que dans la précision de détail. Des réseaux spécialisés (ensei- gnement, génie ruraL.) serrent de pres la diversité régionale. Des enquétes statistiques étndient certains problemes a l'échelon natio- na!. Par contl'e, certaines étndes demeurent plus ou moins étroite- ment localisées et malgré le désir de lellrs promoteul's, non co-exten- sives : anthropologie somatique, dlalectologie. etc ... D'ou l'impossi- bilité de considérer d'ensemble les différents aspects de la vie d'nn groupe et d'opérer des compal'aisons valables entre gronpes. Ce que ne peut réaHser non plus, une equipe aussi nombreuse et bien orga- nisée soit--ellc, car, ainsi qu'on l'a souveni remarqué, le laps de temps qui sépare la premiere enquete de la derniere fail que les l'ésultais ne sont plus absolnmeni comparables. . 215 Org.nis.tion des possibilités .ctuelles. Redírons-nous, ce que des voix plus antorisées ont déja dit si sOlivent, que les possibilités de faire rnieux existent? L'équípe volante ne_peut tout faire et bjen des faits lui échappent OH sont d'un aeces difficile, que le résident Oil l'originaire atteignent d'emblée ponr les "ivre Oil les avoir vé,cus. 11 suffit que s'efi'ectuent, :-l leur .égard, la prise de conscience et le reculllécessaircs a l-en!' élude objedive. Les équipes de spécialisies existent a diffél'ents échelons. Des centres d'ethnographie régionale de création récente figurent des leul" début ce qu'on peut en aUendre. Dans chaque département se tl'ouvent les personnes et organismes anxquels s'adl'cssent précisément les enqueteul's étrangers a la région : archiviste, direcleurs des services départementaux, écoles normales ... De meme, an niveau de la COlll- mune. n s'agirait moins d'aboutir a la publication de quelque 36.000 épais ,roJumes sur les communes de France, qu'á l'établisse- ment d'un réseau de stations d'observalion permanente permettant a la fois l'approfondissement des recherches monographiques locaJes. la mulilplication des comparaisons et l'enregistrement con- tinu des processus évolutifs, si possible sur des prograrnmes natio- naux et intel'nationaux. B. - .II.D.II.PT.II.TION DES TECHNIQUES .II.UXILI.II.IRES
  • 1. - Contacts. RELATIONS DlRECTES ENTRE ENQUtTEUR ET INFORMATEUR 216 Prise de contacto Le choix du moment est tres impodant. En regle genérale, éviter de lroubler : 1 g un travail demandan! un elforl soulenu ou pressant : laboureur an milieu d'un champ, ouvrier travaillant aux pieces, efTecluant un montage difficile. équipe de baltage en plein travail...; 2° un repas familial; 3° le repos apres un travai-l pénible, etc ... Se présenler d'abord an chef d'enlreprise Qn an chef de famille, Oil a son représentant, sans engager une longue conversation avec les enfants ou avec les mcmbres du persollllel avant eette présen- tation. Toulefois une famille est un tOllt, donl les memhres peuvent avoir des réactions diffél'enles selon l'fige, le sexe, la fonction. Des reviremenls d'opinion peuvent se produire entre les visites; done ne pas s'appuyer seulement sur l'autorité du chef de famille-; la sympa- thie de tous est souhaitable. Se présenter dans une tenue qui ne choque pas par son aspect insolite. Evitel' des déploiements de matériels intempestifs (appa- reils de mesure, d'enl'egistrement photogl'aphique 011 sonore). L em- ploi du carnet de notes doit ctre tres discret au moins au début. Respecter les coutumes, les regles de politesse, de bienséance locales et tont an moins ne pas laisser parmtl'e, a leur égard, de snrprise trop marquée Oll de réprobation. . Etre soi~meme confiant et sourianL Un visage tendu ou fermé déclenche infaillihlement des réflexes de méfiance. Le souriJ:e est au contraire communicatif. Décliner son identité clairement et brievement. Les titres offi- cieIs, d'énoncé trop long, sont rebutants et incitent a la méfiance des I?ersonnes qui ne connaissent pas les raffinements des structures adrnmistratives. L'exhibition de carte d'identité, d'ordre de mission et de reCOffi- mandations n'est valable et re~ommandée qu'aupres des memhres de l'administration et des autorités. Aupres des informateurs, se recommander des personnes du pays, de relations OU de liens de parenté. Ne pas user imprudemment de. recornmandations imagi- naires. Exposer dans un langage simple et concret le but de la visite. L'éclairer en montrant des travaux faits ailleurs (monographie de
  • 172 GUIDE V'ETUDE nIREC.TE maison, d'artisan, de meuble ... ). Préfél'er les documcnts concrets. (pho~os, dessins ... ) au,x textes qu'on. ne lit pas OH aux :plans, cartes. OH dlagrarnmes, Iort lmposants. m31S donl la ledure n est pas tou- jours a la portée de l'informateur qu'on risque de rebuter. . Margue!' J'intéret 9:L~e,I'on por~e a la personne de l'informateul', a sa famIlle, a- son aCÃlvlte professlOnnelle. Au bOllrg, on peut avoir recueilli d'utiles renseignements sur la renornmée d'une famílle, ses sucees professio~neIs (produetion, C{ualité du cheptel, récompenses. aux conCQUl'S agncoles, etc ... ). Une reflexion pertinente sur la beauté ({'une be te, la perfection d'un travail en cours d'exécutioll, l'habileté d'~n tour de main, la IH'Opreté, l'éléganee d'un intérieur, la bonne Bune des enfants, etc ... , faite simplemerit, sans gl'andiloquence, ouvre les ereul's. Toutefois, si l'amour du métier est un ressort puissant, n'en pas faussel' l'action par des compliments tombant a faux. Ne pas, s'extas"ier devant une vache dont l.~s os percent la peau ou dont la mamelle est flasque et sans eSpOIl', au Tisque de passer poul' un mauvais pIaisant ou un « citadin » incapable de distinguer un navet d'~n chou. Lorsque e~s i~structions .furent ré.digées pour- la premiere fOlS, en 1943, nous aJoubons : « EvIter les dlscours sur la beauté de la vie a la campagne, sinon on attendra la quete d'un morceau de lard ou d'nne douzaine d'reufs ». L'estime que l'on accorde a I'acLivité de I'interlocuteuT a sou- vent ponr effet la réciproque. Inciter l'informateur a participer a ce Lravail, en lui en rnontl'ant la progression. On arrive ainsi a recueil- lir des l'éflexions de ce genre : « Tiens, mais c'est du travail ce que vous faites », « eJest un vrai métier que vous faites la ». L'ethno- graphe, reconnu cornrne travailIeul', est plus facilernent intégré dans la cornrnunauté qu'il étudie. Parmi les coutumes locales, dont I'observance est parfois pénible a l'enqueteul', citons: 1" les manifestations d'hospitalité. faisant partie du ritueI de l'elations qui, agréables au premier abord, risquent de devenir fastidieuses par la répétition. Par exemple la consornmation de vin, eidre, café, pousse-café, etc. Il est déIicat de refuser, e'est le plus souvent un affront, a moins qu'une mine mani- festernent égrotante ne justifie le refus; 2" les menues brimades, les « blagues » faltes a l'étl'anger, réduites parfois a une subtile « mise en boite ». Passer le cap en prenant la chose avec le sourire, quitte a vérifier ensuite la nature exacte de l'attitude. S'iI y a acrimonie réelIe, c'est encore la meilIeure fa~on de la faire tomber. Rendre quelques services: rédaction de lettl'es, « eoup de main », f:t condition de ue pas se laneer dans une entreprise qui excede sa compétence (I'homme de bonne volonté est aIol's un geneul'); l'aide apportée a un tl'avai1 simple est une manifestation d'humilité et de sociabilité appréciée; dans, un domaine mieux connu, donnel' queIques recettes ou tours de main, en le notant, cal' cela peut etre l'origine d'une transformation cuIturelIe par emprunt. Eviter anss¡ bien -le « bon gal'¡;onnisme » que la condescen- dance. Les pédants ne sont jamais tres bien l·ec;us. Mais la familia- rité indiscl'ete n'est pas non plus recommandable. La encore, íl est plus facile de trouver le ton convenable si, intimement, I'enqueteul' se considere cornme I'obligé de son informateur et s'íl est ·convaincu que toute dignité est non seulement a ménager, mais a cultiver. DES COMPOIlTElIlENTS CULTURELS 173 Ces quelques remarques montrent dans quelle large mesure une bonne connaissance préalable du pays, du dialecte, des métiers et des genres de ,'ie, des us et coutumes facilite la prise de contact et les relations avec le groupe humain dont on se propose l'étilde. En résumé, faire avec le sourire son travail sél'ieusement. Ins- pirer confiance, paree que soi-rnerne on est confiant dans l'utílité de I'reuvre a accompBr. Les scienees sont au service de l'hornme. L'eth- nographie plus qu'auenne autre doit etre humaine, grace a quoi elle force la -confianee et l'esUme. 217 Parler le meme lang_ge. Les spécialistes savent les difficultés rencontrées a pénétrer d-ans le dornaine d'une discipline voisine. Chaque groupe se erée un l~ngage plus ou moi~s incompréhensible a,u no~ initié. L'~laborati?n dlstincte de la pensee, des modes de classlficahon des faIts, des dlS- tributions en genres et en especes déroutent eeux dont les cadres classificatoires sont _ différents : appliqner la regle universelIe qui consiste a alIer du concret á IJabstrait, du particulier au général. Ne pas dir-e a une malll'esse de maison : « Au !'oint de vue de Thygiene, votl'e maison vous satisfait-eIle? » Le cltadin n'a qu'a réfléchir a I'état de la question en ul'banisme pOUI' s'assurer que le concept « hygiene » n'est pas encore absolument clair et .intégré dans nos représentations. Passer plutOt en revue les pomts OH s'exercent ou devraient s'eXel'CeT les préceptes d'hygiene : humidité des murs, aération de la salle cornmune, entretien d'un sol en terre battue, proximité du furnier, etc... . En d'autres termes, ne pas posel' dans un langage abshaIt des questions global~s, supposant chez l'informateul' une réflexi?n préa- lable sur son activité, mais faire avec lui le « tour du domame » au niveaú des especes, quilte a les l'egl'Ouper sons un genre qui les subsume. Exercice profitable a l'enq~eteur ainsi q~'a l'infor.rnat~ur, pOUl' lesquels l'enquete se trouve etre un exerClce de reflexlOn. « C' est un bon truc, ~a, de mettre de rang les choses pareilIes. (ja aide a y voir ». 218 Amorgage de la mémoire. La référence an concret présente une grande efficacité comme stimulant de la mémoire. Les questions sont parfois impuissantes a évoquer tel ~l'ait de la vie ancienne rapporté par les grands-paTents, tel souvemr. d'en- fance vécu mais profondément enfoui dans la rnémoire. Que I'mfor- mateul' soit en présence d'un objet oublié dans quelque fond de tiroir ou dans la poussiere d'un grenier et c'est tout un aspect d'un genre de vie disparu qui émerge brusquement et, par association, attire avec lui d'autres souvenirs (cf. 'Róle de l'inventaire systéma~ tique, de l'inventaire biographique, etc ... , 22, 94). 219 Inhibition ou déformation des fails. Déformation cOn.';ciente. - Les .cas .de;manvaise fo~ sont rares. Les rnystifications dont sont parfOls vlchmes les « etrB:ngers », surtout dans les régions ou le parler local le_~.Iend plus faclles, sont un argument en favenr de l'enquefe par chercheurs indigenes, rom-
  • 174 GUIDE n'ETUDE DIRECTE pus aux méthodes scientifiques. L'informaleur peut y recourir par tempérament, par malice Qil par lassitude. Des informations de ce genre ne doivent pas résister a la méthode des recollpements, qui pel'met d'éliminer les « Glozels » ethnographiques, a moins que l'enqueteur, par son aUitude {)ll la maladresse de ses questions, ne déc1enchc a l'intél'ieur du group-e "!-llle déformation systématique (v. ci-apres consensus a posteriorl). Une investigation plus étendue a l'extérieur fait apparaitre le groupe étudié cornrne aberrant, _ce qui de toutes fa¡;ons pl'ovo~ue une nouvelIe enqllete plus serrée, qui finalement doit réduire 1 imposture. . Resped lmmain. - L'in!?l'~~te~r! me.m~ mi~ en ~onfi~nceJ nourrit souvenl un complexe d rnferwrlte, qml empcche d exprlmer- lout ce qui ~e présenle ~ ~on eSl?rit. D~s asp~cts ql~o~idien~ de son exislence 1m semblent ndlCules a une evocahon precIse. Dlre alors ce qu'on a vn ailleurs, de préférence d·ans sa province d'origine. Une confidence en appelle une autre. Il esl des sujets sur lesquels I'informaleur désire se taire, an moins provisoiremenl (hygii'me, vie familiale, conjugale, questions. financieres, croyances, magie, etc ... ). Ne pas multiplip.r indlscrele- ment les prises de contact avec ces pays se.crets. La palie,nee, la con- firmation de la confiance el de la sympathle permettent a la conver- satlon d'y jeler progressivemenl des lumiel'es incidentes et révéla- trices. Majoration spontanée. - L'étude du témoignage en général confirme l'inclination ~es ~sprlls les pl~IS objectifs a l~ajorer ~e~ faits de leur pl'opre hlstOlre Oil les evenements dont ,!ls ont etc témolns. Gloriole personneIle Oil esprit de cl,oclwl'.r:'-e co~c0l!l'ent p.a~ peu a la naissanee des rnythes (ef. 84 presomptlOll d ulllvel'sahte ou d'exc1usivilé). Sauf cas de mythomanie caractél'isée ces mythes . reprennent des dimensions plus cungrue.s si l'on en demande une description ·précise. (Da.n~ un cenh:e arhsanal: « Des pots on en voyait parlout dans la regwn ». «Ou, par exemple? ». Le partout se résume a trois localités). Politesse ou complaisance. - Un inf~rm?-teur bien .. intenti0I!né peut étre ame~é, pal',politesse Oll ~ou.l' ,plrure a un enqueteur affmré, a des affirmahons deformant la reahte. Inflexion de l'esp!,!t due a la question. ,-o D'une fa
  • 176 GUlDE n'ETUDE DIRECTE d'antre, part le fait d'accepter de se l'éunir marque la VOIOllté de col- laboration : {)ll bénéficle done de l'influence suggestive de la réu- nian. L'jnhibition joue moins. La dil'ection des débats est plus faciJe. Tenir compte des possibilités de surenchere et de CQllsenSUS a posteriori. 5. Groupe provoqué nombreux. - Pour gagller du temps; au lieu d'aller voir séparément « n » pel'sonnes. on peut les réunil' dans une salle en leuI' demandant de répondre sépal'ément, ponl' lenr compte personnel, a des ql1estions posées collectivement. Ceci ramene a l'enqllete individuelle par questionnail'e. On peut d'ail- Ieurs faire une enquete par quesLionnaire déposé a domicile (atten- tion au c-onsensus). Il sera han, ponr certaines qucstions, de garan- tir l'anonyrnat tont en recneillant les ca1'actéristiqnes principales ; age, sexe, formation, métier ...⢠permettant évelltnel1ement d'établir des corrélations. 222 Recoupement des témoignages. Témoignages d'un meme informateul". - n arrive qll'un meme informateur se contredise, revienne de lni-meme sur ses assertiolls 'antérieures. Les premieres errenrs sont dnes souvent anx facteul's psychologiques envisagés plus hant. Il faudrait, pour etre súr de son fait, pouvoir saisir l'informatem" en état de réadíon spolltanée, gd.ce a un long commerce, d'ou un nouvel argument en faveur des enqueteurs autochtones. Ceci est refllsé a I'enqllcteur qui doit ngil' vite. dans un délai restreint. POUl' les problemes les plus épineu"X, iJ ne faudra pas craindre de multiplier les incidellles susceptibles de déclencher une attitnde spontanée. En tont cas, mettre l'infor- mateur en contradiction auec lui-méme, est une pél'ilIeuse satisfac- tion d'amonr propre qui, paríais, fer~e il'rémédiahlement un esprit a I'enqnHe. Témoignages d'informateurs différents: - Mnltiplier les téll1oi- gnages en s'adressant a des informateurs différents par le sexe, l'age, la profession, la foncHon sociale. De cette falt0n, il se peut encore qu'on ne parvienne pas a la réalité, mais on atteint en tous cas les représentations collectives correspondant an problerne envi- sagé (cC. 86). . . . , ... , Eviter de declencher un consensus a postenol'l. L acÃlvJte d un enqueteur est observée avec curiosité par les membres de la COID- munauté. On en parle. Si les réactions de I'enqneteur font voil' trop clairement l'intéret qu'il porte 'a une question en particulier, les premiers informateurs indiquent celte curiosité el la réponse qu'iJs y ont apportée. 11 n'est pas rare, alo1'8, que, par la suHe, toute8 les réponses ressemblent a la premie~e, d'
  • 178 GUlDE n'ETUDE DIRECTE vent déborder plus ou moins en tete et en queue, d'ou une utilisa- tian m.eilleure de la surface tont en assurant l'efficacité du cane- vas pIacé en marge. Cela demande plus de pa'pier. malgré quoi beaucoup de COf- l'cspondants sont obligés de jomdre une Oil plusieul's feuilles addi- Uves. La normalisation du format facilite le classement et la COll- sultation des questionnaires et des réponses. Le fOfmat 21 X 27, formal cornmercial ou écolier, répond a des habitudes d·e plus en plus répandues et est plus faciIe a trouver dans le -cornmerce. Pour les questionnaires a inf.ormations simples, la normaU- sation .est améliorée par }'emploi de fiches ue formal standard. e'est ainsi que se présentent la pluparL des fiches administratives concernant les personnes. Elles peuvent etre utilise.es au recto et au verso, la consultation des réponses a une question située au verso se faisant facilement en rctournant le UrDir, bout pour- boue Mais le questionnaire peul tenir sur une seule fiche, ou sur un jeu de fiches a référence unique (format 7,5 X 12), chaque fiche ne comportant qu'nne question el dans l'angle supérieuT gauche une vedeUe de classem·ent. Les fiches sont imprimées par feuilles de- 6 ou 8; il suffit de les découper au retonr de la réponse et de c1as- ser chacune selon sa v-edette. (Sysleme employé ponr la diffusion de fichiers bibliographiquesl, . En vue de permettre la constitution simultanée de plusieurs- fichiers, iI a meme été ·envisagé d'envoyer chaque fiche en trois exemplaires a remplir par le correspondant qui en ga.rde une et envoie l'une d·es autres au centre d'elhnographie régionale, l'autre au centre nationaI. Questionnaires a figures. Utiles surtout lOl'squ'il s'agit d'équipement rnaléricl ou de com- portement. Par ex,emple, sur le schéma des parties d'une charrue, le correspondant est invité a mcttre en regard la dénomination dia- lectale de chaeune. Ceci est beaucoup plus eflicaec que de deman- der le nom dialectal correspondant a « ag-e » OU « sep », termes que des personnes non spécialisées ne connaissenl pas toujours, alors qu'elIes reconnaissent parfaitement la chos·e sur un dessin. 2Zf,¡ Etablissement du questionnaire. D'une fa~on générale, les questionnaires eonrts sont les plus effieaces. Ils obtiennent plus de réponses et plus rapidement, ce qni est précieux lorsqu'on en altend les résultals ponr commencer OH continuer une enquete directe. Sur un dénombrement, sérier les questions et les formul-ations proposées de fa~on : lOa en réduire le nombre au- minimum; 20 a les Drdonner de f.a~on logique, une question préparant et éclairant la questíon suivante.Si les questions retenues forment un ensemble trop important, étabUr un ordre d'urgence et réserver pour un second questionnaire les questions moins urg·entes et qui peuvent reeevoir une meilleure formulation apres une premiere campagne. Il peut sembler plus couteux de lancer deux questionnaires an lieu 225 DES COMPOH'1'_EMENTS CULTURELS 179 u'un seul. En réalité il t d' . de .1'épOllSes a deux ~est1~nna~~ ~eIlleur :·apporL .de ~·cceYoir 8~ C¡~I naire qui rebuLe lesq¡'ufo L s, que 40 % et Illoms a un qucstlOn-l"ma eul'S Du choix des questi d'· d . . et la rédaction. A llotre o~s o ¿en. cel.Ul d~ res'ean, ~~nc la. forme lllulliplient eL ou' le t p q e ou les femlles adrnrlllstratIves se d ' ·emps pOlIr y répondre' . - l' -, un questiollnaire ne d" 1 h .. s ameUUlse, arl"lvee Que ce questionnair.e ne e~eenp~.é~e~~s :;ecessarrement la sympathie. pensum m'· ·hl A e oue pas comme un llouveau préamb~Ie ~~t ~tuorsS~eJ'~' C~~i\~~ etnlllle n~.e dist.raction. Le role dU court, peut paraiLre sa~g¡~nu c't hn ~Heds lOnumre, surtout s~iI est ⢠, . ..., OlS e proN0S a u ~¡;~11~fena2k::[f;Zé~~~:b~sl~::é~~':1~'1~~~!~~fe Julf.:~bY!~!e":ik1~: J'ilppression de participer ~eT?ve~;~~~ ~tl;~¿11¡¡n¡I~¡OI 1 llltforItnatdeur ait « Jeu ». < ~ n e en re ans le Envoi. Remerciements et additiis. Une enveloppe timb . d· .. respondant Penser ree, f!--;.el? a lesse, facIlrte le travail du cor~ Il t b . aux pos SI 1 1 tés de franchis'e postale. IUenl es on. qu une l~ttre d.e remerciemenLs ne soit pas- absolu- lierem~~~s~f¡fl~~~t, LI?a:~ s~.uhgne la valeur d'nne réponse parLieu-~~~~~issance dll d~~u'::e:!' :~tn'::':ff1~~~e~:r I:¡'::'eq~!~~~~d~"~: r.:~~ Ce gder~fe~.tsl'~~;p.l.emen\arres sous forme de questionnaire additif. l:o!:r~miel: ques~~l~~~f~e~ ~~~ns·e~o~sJr~~~~n~e~::i:~n~cd~e~~r¡:~~ ~st ~~~~ig¿rfhl~~!~~r a ~ne, ell~l',eprise vivan te. Cette satisfaction _ ca t h· maJoree SI une esquisse du travail général additif .o"~~q~l~e'ccpsal' d~~etmp.le - esto jointe au questionnai:·e . se e re a sens umque et ehaq . dfnt bé1!éficie du tl'avail de l'ensemble du réseau: D~e ;l~l:e~font p us faede au eorrespondant de serrer le problem . l· 't l. es, de for~uler des ~ritiques, .tout en précisant sa p:n;~~ m es pose, II ~a e~mdme adleur~. 9"ue l'i~formateur n'ait pas l'i~pression de ~o a. orel ,aus les tenebres a une reuvre dont iI ne connaitra .Jam~ls, les result.ats. L'intéresser a 1'eutreprise colledive par la .' : pro cIte des serVlCes. 1 eCI-
  • 2. _ Production ou collecte du matériel documentaire. 1. NOTATlON ET GRAPHIQUES NOTES D'OBSERVATION ET D'INFORMATION 226 Diliérents caso Les notes d'observalion dil'ecte que I'cnquéteur prendo le plus SOllvent, tont a loisir, ue posent guére de problemes particllliers, sinon dans l'organisation des recueils de notes qui sera traitée ci-apres. n n'en esl pas ue mémc de la notation d'infol'mations. Lors- _qu'il est délicat, sinan iInpossible, de prendre des notes devallt un infol'mateur méfiant, celles-ci ne sont écrites qu'apres l'enlretien, mais irnmédiatement. Attendre le soir fait courIr le risque de voir s'émousscl' sinon s'altérer completement les souvenirs. Réduit a -cette extl'émité, l'enqueLeur doit se méfier de sa mémoire et indiquer les conditions oú le report a été fait. Réduire ce gcnre d'information an minimum possible en gagnant rapidement la c.onfiance de l'informateur. Dans la majorité des cas, quelques minules suffisent. La possibilité de noler en cours de conversation étant acquise, den::\. modes de notation se présentent : _ Noter avec pl'écision mais concision le contenu de l'infol'- mation, sans considération de sa forme linguistique; _ Noler en partie Ol! lotalemen-i la forme meme dans ses clé-tails linguistiques (vocabulail'e, tournure de phrase), pour arriver dans cerlains cas a la notalion phoné-iiqne. CeUe notation intégrale esi nécessaire lorsqu'il s'agit de littél'ature orale : con tes, díalognes, chansons. Dans le cas ele textes longs, une bonne connaissance préa- lable du dialecle est indispensable ei ríen ue vant un enregistrement. La pratique de la sténographie est tres recornmandable. Dans la me.me ,toul'née, rétablir en clair. Resti.tution el'antant plus urgente que le langage esl plus éloigné du fralllfais; la notation exade de certains sons ou mots pent, apres un trop long laps de temps, etre interpl'étée comme une erreur et l'eslituée faussement. Un repéchage peul ctre assuré par la l'épétition, qui- donne de bons résultals (lans la notation des morceaux de littél'ature fixée (cantes on fragments de contes, chansons, formulettes, etc.,,) quand le ralenlissement du débit ne sumt paso Moins satisfaisanle dans la notation de littératul'e non fixée dont l'informateul' est le plus SOli- vent incapable d'aSSlll'er une l'épétition absolue. Eviter le ralentisse- ment ou l'arrét, destinés aux rattrapages, cal' ils nuisent a la spon- tanéité de l'informateur dont la verve risque' de s'éteindre. Faute de sténographie, OH d'enregistremenl, il vaut mienx saisir le plus possi:6le au vol tout en laissant toute liberté d~allure a l'informateur.
  • 182 GUIDE n'ETUDE DIRECTE Les mimiques el geste_s susceptibles de modifier profondément le sens des paraJes prononcées, so11 en l'atténuant OH en le l'enfor- ~ant, soi! meme en l'invel'sant (humanr Oil ironie de l'aUitllde) sonl singulierement imporlants dans les cantes el légendes. les dlscours de circonslances el l'adivité théaLrale. Un observateur auxiliail'e est SQliVent nécessaire. De meme des réactions de l'audiloire: mur- mures, cris, applaudissemenls, mimique -d'étonnement, de terreul', de satisfadion, etc ... L'insertion de ces indications est faite ensuite dans le COUl'S du texte, solt ,düectement, sol t par signes de renvaL 227 Recueil de notes. Matérie!. Sur le terrain, fiches et feuilles volantes sont a déconseiller (sauf cas distinct du dessin). Leur principal avantage (possibilité de révisions de classement) disparait, lors de la prise d'une infor- mation, puisque la regle d'opportunité commande de saisir au vol des indkations se rappol'-tant a des sujets différents. En outre, il est nécessaire pOUl' la ,conduite de l'enqucte, de pouvoir consulter les résultals dans Ieur ordre chronoIogique exacto Outre cet al'gument méthodologique. il n'est pas besoin d'évo- quer longuement l'enquétcul' a la poursuite de ses feuilles dispersés par le vent, dans la bOlle et la pluie. Dans un cahier, des feuiIIes ou des notes volantes sont presque immanquablement égarées, ainsi que les pages correspondant a des pages arrachées. Placer les papiers et documenls séparés, rccueillis en cours d'enquete, dans un dossier de documents annexes. Ceci n'exc1ut pas l'emploi de carnets a feuilles mobiles ou a l'eliure spil'ale. Lenr couverture plus rigide en fait l.ill meilIeuI' sup- port et leuI' ouvel',ture Iaisse les pages s'étaler sans courburc. Avoil' deux recueils. L'un de format ordinaire (21 X 27) ponr les notes que l'on peul prendre en toute sécul'ité (on y fait tenir beaucoup plus de choses, des .croquis plus grands). L'autre, un car- net que ron a toujOUl'S en poche et que l'on pent sortir rapidement, pour noter immédiatement apres une conversation ou au cours d'une l'andonnée rapide mi le temps manque pour extraire le grand cabier de la servieUe mi il est rangé. Dans les reeueils de notes peuvent figurer dans leur ordre chl'o- n'Ologique toutes les activités de l'enqueteur : observations, infor- ma!ions, photogl:aphies, hypotMses et .projets, etc ... Certains préco- nisent l'empIoi parallele de earnet de photo, de carnet d'enregistre- ment, etc ... L'enquete sur le t-errain demande de la mobilité et des réflexes rapid-es. Ne pas s'encombré eorome un pecheur néophyte. Titre et pagination. p.orter sur chaque recueil de notes le titre de l'enquete, le numér'O de la campagne _et ses dates extremes, I'indicatif « Notes» qui le distingue des recueils spéCiaux de dessins, le numéro du recueil-aueours de la campagneJ les dates extremes d'utilisation du recuen, le nom de l'enqueteur_ Ex.: Centre potier de Dieulefit. 2' Campagne, 15-25 juillet 1945. Notes 3, 22-25 juille! 1945. Paginer le recueil des sa mise en service. Si l'on ntilise les fcuilles mobi~es, paginer, depuis le commencement de !la _campagne, de ·fac;'On conHnlle, d'une l'echarge·:\ rautre. Le :litre :général est indi- DES COMPORTEMENTS CULTURELS 183 qué sur la prerniere page et sur la couverLure. En fin de campagne, réunir l'ensemble des feuilles, par brochage 'OU agrafage. 228 Tenue du recuei!. 1. Sur le Iterruin. Une marge assez large rCl.;-oit les dé~ails compl~mentaires, les références:\ d'autres documents, les rubnques margmales. En tete de chaque joul'née, indiquer la date. Sépare~ chaque journée par. ~n trai t de. toute, la lar~eur de, la pa.ge. ~~dlque~ les grandes divlsIOns de la journee (mahn, apres-mldl, SOH), et even- tuellement l'heure. Sig-naler chaque lieu d'obse~'vation ~u d'informat~on par un décl'ochement dans la marge. Indlquer le heu avec exachtude .(co~­ mune, lieu-dit, hameau, -adresse de l'informateur, borne lulome- trique, elc.}. Ne pas répéter inutilemenl le .n?m de la commllne devant chaque adresse ou harnean que ron visltera; prendre garde toutefois aux ambignités lorsqu'une prospection s'étale sur pI u- sieurs communes. En tete de chaquc informati'On, indiquer l'inf'Ormate~r. P~ur "un nouveI informateur: nom, prénom, adres se, professlOI1:, age (amorce de la fiche d'informateur et éventnellement de la blOgra- phie). Pour un informateur déja connn ; nom et pr~nom. Dans le cas d'entretien a plusieurs personnages ; llom et prenom dans les premíeres répliques, ensnite initiaIes. 2. 1Ilise en ord1'e journali¿re. A chaque pause el en tous cas, chaque soir, relire son 'OH ses carnets de notes afin de leur assurer une lisibililé el une clarté sans ambiguité. Récrire les pas.sages au cray'0n qui risquent de s'effaf?Cr par le froUement des femllets, ... cO,mplete~ les tourn~l~"eS trop elhp- tiques, réparer les dornmages dus a la pIUlC.' la p~u~slere ~u la boue. La transcripti'On des notes sur un cahler sp~clal, ~e journal.de route par exemple, que I'on laisse, dans la journee, au pomt d'attache, demande plus de temps mais p~ocure un doubl~ de ~a documentation fort utile en cas de perte d un carnet. Y mall1temr I'ordre chronologique. Signulisation. Souligner dans le texte les ruots vedettcs on les repor!er e.n marge. Si l'on utilise plusi;urs. c~rnets de. n~tes et de ~e~sll1, etabhr les références croisées de 1 un ~ 1 autre, ~msl que les refel'e!lc.es aux documents annexes et aux obJcts que Ion aura pu recueIlhr. Ces références ne demandent que peu de temps quand elles so.nt porté~s aussitót et simplifwnt considérablement les consultabons. ulte- rieul'es. Pour chaque recueil, index des matieres avec renvOl aux passages respectifs. 229 Journal de route ou d' activité. Le journal de route sert a faire instantanément l? poiJ..1t sur l'état d'avancement de la recherche dont il retrace I hlstOlre. Il indique: . .d. 1. Le déroulement chronologique du travaIl qu'Oh len: per- sonnes et lieux visités, notes, dessins. photgs et an.tres d?cuments recueillis, n'Otes prises dans des documents"locaux (hvr~s, )üurnauxJ
  • 184 GUIDE D'ETUDE maEeTE almanachs, etc ... ). Acquisition Gil proposition d'acqllisition de docu- ments Qil u'objets, elc ... Références aux carnets de notes ou de cro- quis ou copie de ces notes. 2. Les détails de la vie quolidienne quí, bien que ne l'entrant pas strictement dans le ca(h'e de l'enquete fi'en conlribuent pas moins a caracfériser une époque, un milieu el les conditions géné- rales de la vie et de la recherche : facilité a trouver gite et couvert, pl'ix de pensiono accueil des hóleliers, et des habilanls en généraI, convers-ations imprévues. faits el événemenls de la vie collective (foil'es, marché s, passage de touristes, mOllvernenls populaires, etc ... ), réactions aux événemenls extérieurs et mondiaux (bombe ato- mi que, 'fin de la guerre, résultats des élections. etc ... ). 3. Les réflexions et les hypotheses de travail que suggére l'en- quete : importance particuliere -de cedains phénomenes cal'actérisés par leur fréqucnce ou leu!' signification culturelIe, rapports de cau- salité qu'on croit discerner entre difIérents faits, sur 1 évolution dn systeme culturel étudié, sur les améliorations :'t y apportel', etc ... S'effol'cer d'introduire dans l'exposé de ces considérations le maxj- mum d'ordre logique et pr-océder du matériel au mental, du parti- culier an general, etc. 4. Le bilan de la journée écoulée et le programmc de la journée suivante en foncHon des rendez-vous pris, de la disposition favo- rable de tel 011 tel infOl'mateur, des personnes a voir: Plan de pro- ducHon ~e dessins, de photographies, de mm, de phonogrammes, etc ... , etc ... Le journal est tres impOl'tant. Il suffit de lire les joul'nanx de quelques voyagenrs célebres CA. Young, les freres Plutter, etc .. ,) pour se convaincre de leur valenr documentaire. 11 doit donc etre tenll avec soin d'antant plus qu'on le rédige assis devant une taMe ou tout au moins :'t l'abri. Le rédiger chaque soir, ne pas laisser s'émousser la fraieheur et la précision des impressions et des idées. An point de vue de la forme, les indications donnees ci-dessus lui sont .applicables : marge assez importante pour la signalisation marginale. les compléments d'information ou cOl'l'ections a y appor- ter éventuellement Ccompléments et cOl'rections qui doivent porter la date de leur insel'tion) et pour les références aux autres docu- ments. STATISTIQUE 230 Relevés statistiques, L'opération de base est le relevé Oll dénombl'ement de ca!'; ana- logues {nombre de loits d'ardoisc dans une commune oú sont uti- lisés plusieul's matériaux de converture différents, nombre de pots fabriqués par un compagnon potier, nombre de pains fabriqués dans un four communal au cours d'une campagne, etc ... ). Ce travail de releve ne demande pas d'autre aptitude qu'une aUention scrupuleuse. POli!' les objets lmmobilisés fiU sol, tels que les maisons, fixer sur un plan un ordre d'enquete rigoul'eux afin de ne l~ien laisser échapper ni compter deux fois les memes éléments. Un ~ffort pal'ticlllierement soutenu sera a faire pOUl' les séries sur lesquelles la chronologie peut avoir une influence pertul'bante ; recensernent des embarcations d'un port ele peche :'t une heure ou DES COItIPDRTElImNTS CULTURELS une pal'lie risque d'etre en mer, fréquenl-ation des cafés le dimanche ú. une époquc ou précisément les hornrnes sont appelés aux champs par les récoltcs, etc. Demande á etre serré de plus pres encore le relevé de séries. se développant dans le temps Cchronogrammes) : l'épétition d'un "geste uniforme, nombre d'obJets fabrigllés a l'heure par l'artisan. Il esL bien enlendu qu'il s'agit d'ohjets ldentiques et non, comme on est parfois tenté de ('uccepter, « presque pareils ». Chez un potier, OH ne fera des comptages que sur des pots de rneme numéro et non de mimél'os di1Tél'ents. si proches soient-ils. Le rythme de répétition el de rendernenl pOllvant etre influence par des fadeurs divers (an premier chef la fatigue), faire des sondages a des heures difIérentes de la jOllrnée. Des considérations de meme ordre améneront a tenir eompte de l'époque de l'année oú se distinguent des périodes de poínte ou d'accalmie. Dans l'impossibilité d'nn sondage plus com-- pIet, ne jamais omettre de signaler la singularité du comptage effectné. Pourcentage. Proportions. DÃre qu'il y a 56 toits d'ardoise dans une COIlllnnne ne suffit pas; po.ur rendTe compte de I'importance prise par ces matériaux de COUvcl'tul'e, il faut donner le rappol't de ce nombre avec le nombre total de toits, soit 56/80, ou en poureentage : 70 % (plus commade pour les comparaisoIls). 231 Caracteristiques uUles d'une série statistique. Prenons, par exemple, une série de 200 pots a lait de fabl'ica- t-ion artisanale de meme numéro, oil l'imprécision des mesures an tOllrnage et la déformation au séchage et a la cllÃsson font variel' les hauteurs de 10 %. On pouna caractériser la série par les dimensions des deux cas extremes (la hauteur des pots varie entre 200 et 230 mi11imétl'es), la moyenne arithmétique' (somme des hauteurs : nombre de spécimens = 220 millimetres), la médiane (hauteur dll specimen se trouvant au milieu de la serie), la dominante (hautellr qui se trouve le plus souvent dans la série. Par ex. il y a 35 pots- de 225 millimetres). Termes extremes, moyenne, médiane et dominante sont des _ cafactéristiques statistiques de calcul simple et dont l'emploi es! l'eCOlnmandable dans nos recherches. Encare faut-il éviter certaines- outrances dans I'étabJissement et l'utilisation de ces caractéristiques . . Dans la plupal't des cas, par exemple, il suffira de donner, en com- pJement des dimensions d'un spécimen choisi pour élude monogra- phique, les termes extremes entre lesquels jouent les dimensions de _ l'ensemble de la série. Cependant les extremes peuvent etre exceptionnellement aber- rants. Il sumt d'nn cas de nanisme ou de gigantisme pOUl' que les extremes ne rendent que médiodement compte de la serie. La médiane et la dominante sont alors plus caractéristiques. Melis on peut etre amené a faire ressortir la, moyenne aTithmétique. Dans ce cas, ne pas pOllsscr la rooyenne cherchée jusqu'a la 2e ou la 3'· décimalc, alors que la mesure directe n'e_st- permise qu'a l'unité Ill'eS (par exemple, hauteur moyemie des pots poussée jusqu'au cen-
  • 186 GUIDE D'ETUDE DIREeTE Heme de millimetl'e alo~s que I~ mesu~e. ~ ét~ effe~tuée au milli~ metre pres), exemple frequent d une preclslOll ~llus01re. . D'antres caradéristiques son! d'un em'p10l rare au mveau de ces recherches et d'un maniement qui reqmert une cultu~e. ~I?écia­ lisée. et en rend l'emploi peu recornmandable a des non-lmbes. DESSIN TECHNIQUE 232 Modes de représentaUon : Géométral. Vues geométrales. - Choisir cornme élévation la vne rendant plus clair, selon les cas, le mo~tage (charrue), ~e. foncti~nnement (métier a tisser), le décor (armOll'~), etc ... , la pOSl~lO~ .ha~Ituel!e de repos {meuble, machine non mobIle, etc ... ), OH d utIhsahon (Jong, charrue). Les trois vues (élévation, plan, profil) suflisenl dans la pl~pal't des caso Salivent, une seule élévation suffit a définir une potene, ~t, en général, un solide de révolution. (Emploi du symbole dla- metre = 8). Parfois les plans et axes de référence manque~t totalem~nt : charrue dont la semelle usée repose mal sur le sol, J-ong se .presen- tant sons forme de bosses, de cavités el de gorges. Caler I'objet. dans une position aussi proche que possible de sa position d'usage (joug), ei situer les points de c.onstruction par raI?P,ort au sol (cas de la charrue) ou a un mur pns cornl11e J?lan de r~f~rence. '. , . Coupes, sections, parties cachees. - Sene de sectlOns eta~hes aux points caractéristiques le long d'une perche Oil d'un verson de charrue, en définissanl parfaileme!"l la lorl!Ie (pI. VII, fig. 26), ~oupe des moulures ne présentant pas d angles vlfs (cercIes concentrlques d'une rouelle bretonne), etc. . ' Pour certaines pieces, telles que: axe, claveUe, chcvple, b~ul~n, rivet, poignée, anse, etc ... , en partlCuh~r en chaudronnene et tole.ne, l'épaisseur est figurée par un seul tralt l?lus gras et par conventlon, les pieces en contact sont légerement ecartées pour montrer leur assemblage. . , . Pour les points internes (profondeur d'une morlalse, epalsseur d'nne poterie, appareil d'Ull ~~r, etc ... ), ~ont. on n:a pu relever la cote, indiquer la coupe hypothetlque en traIt dlscontmu., . . Développement. - Pour ~e décor sur un Asolld~ de r,eVOIU~l?n simple, tel que cylindre on c~ne (Iaml?e de tole d~coupee, cu~, re repoussé, poterie sigilIee, ou a lllcr~statio~s, etc ... ), etabhr un .deve~ loppement plutOt que s'astreindre a « fane ~?urner » en PeISP:c- tive. Y figurer les difIérentes couleurs ou mat,leres :par des ~ach.~I es renvoyant a une légende. Ce développement legende est parhcuhere- menl utile dans la polerie (pI. VII, fig. 24 el 25). Echantillonnage. - Pour .un moti.f se répétan~ a l'in~ni (m~ille d'nn trieot, proeédé de vanner~e, matOlr sur ul! meta}, tUlles SUl un toit, etc ... ), faire, sur une pet~te surface, u~ echanhllo~na~e, de ce motif et en indiquer la répétitlOn par une flech~ de conhnmte. Daos le cas de motifs « en fonJe» (maton, planage au ~ar­ tean), .eviter d'iotroduire les rég~larit~s qui, n'e~istent pas ree~le­ ment. Mais respecter ecHes que 1 ouvnef a etabhes plus ou mOlllS DES COMPORTEMENTS CULTURELS 187 -consciemmenl (disposition en carré, en hexagone OH le long des 1ignes extérieures de la surface a traiter). Relevés en conleurs. - Si la couleur est un élément caracté- ristique (décor de poterie, marionneUe. etc.), relevé en couIeur a la gouache ou a I'huile. Procéder plutót par teinte pIate, en évl- tant ou sans exagérer les effets d'ombre et de lumiere .. Perspectives. - POUl" les objets relativement simples: perspec- tive cavaliere. Le montage d'un meuble est rendn hsible par une perspective ée.latée . . Polir les ensembles architecturaux : perspective axonométrique, ou mieux perspective isométl'ique (plus facile a construire puisqu'il n'y a pas de rapport de réduction) el se rapprochanl le plus de la prise de vuo photographique optima (axe optique dans la diagonalc du cube enveloppant). Pour les grands Lrails du paysage : bloc diagrarnme et croquis panoramique. . Pour les gestes: perspective d'observation schérnatique. Cotes. - Les cotes d'épaisseur sont indispensables: épaissellr d'un tenon, d'une tole, d'nne poterie et en général toutes fes cotes . de faible valeur el dont la leclure serait rendne trop précaire par I'épaisseur du trait. JI est recommandé d'indiquer les cotes d'encombrement et les cotes de construction (axe de rivetage, aUache de I'anse d'une pote- rie, etc ... ). Donner la pente d'une piece par l'angle (lame d'une piache, angle de deux anses de pot) plntot que par les cotes. Compléter les e,otes prises sur l'objeL par le répertoire des jauges utiljsecs par I'ouvrier (par exemple en poterie). 233 Schémas, Schémas morphologiques I soulignant les caracteres de forme, de composition, d'ordonnance (baies d'une fa~ade), l'agenccment (armnre d'nn tissu, structure d'une vannerie, d'un tricot, d'une bro- derie, schéma de montage d'un costume, d'un meuble, d'un métier a tisser, etc ... ); de position ou de situation indiquant la position relative de deux ou plusieurs éléments solidaires ou autonomes (machine dans un atelier, meubles. dans une salle, personne Rartici- pant a une activité cOllective, etc ... ), et également le lieu d emploi de différents matériaux dans un ohjet (tissus dans un costume, essences de hois dans un meuble, matériaux dans un b:1timent, etc ... ); de principe démontrant l'uLilisation d'l~n outil ou le f~nction­ nement d'une machine; de mouvement : position de départ, trajec- toire, position d'arrivée - la ligne représentant la trajectoire étant de pl"éférence celle que parcourt le centre de l'objet OH du segment corporel, ou encore les points de course maximum et minimum. , Schématisation du corps humain. - Respecter certaines moyennes sornatiques, déformations professionitelIes, caracLéris- tiques de costul11es : . 1. Un faucheur savoyard n'a pas la meme silhoueUe qu'un fancheur basque; un apprenti forgeron, la meme carrUre que le spé- daliste du marteau a frapper devant. . 2. Voussure du dos du vannier, épaississement. des doigts du piqueur de meule. Ne pas faire saisir un martea1.i de chaudron- nier par des mains de pianiste. "
  • 188 GUIDE D'ETUDE IHRECTE 3. TenÃl' compte dll tablier de cuir du fOl'geroIl OH du gilet de lalles du fendeur. S'attacher a meUre en place les dilférenls élémenls de la machine. en pal'ticulier : assise de la ceinture pelviennc, J:mlance- ment de la ceinture scapulaire. Vérifier l'équilibre: l'apprenti travaille souvent en équilibre inslañle. Squelette: Utile pour préciser le fonctionnement des leviers; pent etre complété par l'indication des muscles en travail. Ligne enveloppante : Moins seche que le squelette. Ne pas exa- gércl' la déformation de la silhoueUe due aux mouvements des vete- ments. Eviter l'emphase, tete tres slmplifiée. l1fain. - La main, un désespoir du peintre, est la partie dll corps que l'on aura a représenter le plus salivent comme préhenseur (au moins huit prises difIél'entes du couteau) on comme outil agis· saut direcfement sur la matiere (main da polier, main du vannicr, successivement pince, tranche, esteque, polissoir). Distinguer an moins : 10 la paume ou le dos; 20 les quatre doigts souvent accolés; 30 le pOLlee généralement en opposition. Souligner les points d'aJ?pui de l'outil sur la maln, on d'appli- catlon de la main sur la mahere. Stop~film. - Fixe les moments caractéristiques de }'évolution d'un phénomene: processus de production, mouvement sportif~ danse, etc. (pI. XIII, fig. 53 et 54). Synopliqlle : Rassemble sur une memc planche les aspects suc- cessifs d'un processus ou d'un comportement (pI. XIII, fig. 55). 1'ableau comparalif : Extension du synoptique, fait "apparaitre sur une meme planche les phénomenes que l'on désire soumettre simultanément a une activit-é récapitulative ou comparative. Parti- culierement utile en morphologie. 23{(' Niveaux d'analyse~ Echelles el déCl'ocIwmenfs d'échelle. - L'analyse spatiale d'un phénomene comporte des. niveaux qui vont d~ I'ense~?le (exploita- tian agricole dans un envIfonnement) au détaIl parfOls mfime (mou- Jure d'une porte, ferronnerie, etc ... ). A ces difIérents niueaux d'anal!/se (240) le travail s'exécute a des échelles proportionnées au détail minimum qu'on désire atteindre. Des qu'une échelle s'avere trop petite pour dessiner avec- clarté, pass~r a une écIle~le sU~l:ieure.: , ., . , _ Ob]ets, ou par hes d obJets, - mfeneurs a 20 cenhmetres: échelle 1/5, 1/4, 1/2, grandeur et plus; _ Objets, instruments, menbles OH padies, de 0,20 a 2 metres (catélJorie la plus nornhreuse) : échellc, la plus usitée, 1/10; ~ Bil.timents et ouvl'ages d'al't isolés : échelle d'1/20 a 1/100; _ Batiments dans leuI' environnement : écheIle du 1/500 au 1/10.000 et moins. L'ignorance des possibilités qu'oITre le décrochement d'échelle est un ~des obstacles ql1i ftgent b.eaucoup de débu~ants ~·ans leur tcntative (outre la crainte inhibitrice de ne pas saVOlr dcssmer). On commence par dessiner l'ensemble d'un métier a tisser ou d'une maison, puis a mesure que les détails s'accumulent, le ,dessin s'e~­ hrouille progressivement et se I'efuse, finalement, a d autres addl- DES COMPORTE~rE.NTS CULTUHELS 189 tions. Et.le dessinat~ur dél~iLé renon~e h~op so~vent an dessin pour retombel dans les dlflicultes non mOlllS lllextrlCables de la descrip- tion discursive. , . Renvois el légendes. - Le passage d.'une écheIle a l'autre obligc a, sIluer les ~elevés l'un par rapport a l'alltre. Signes de renvois et legendes clalrs sont la condition d'un relevé lisible : - PIans de COUPp.s: - CercI~ de renvoi indiquant oú se situe. précisément, une moulure dessmée grandeur, sur une élévalion de meuble an 1/1 U Oil de maison au 1/20. - .C~iJfres Oil signes c~nventionnels renvoyant a une Iégende de matenaux (eostume, maIson), de noms dialedanx (salle com- m~ne avec s.on m?bilier) d.c types de maison, d~ parcelles (parcel- lane), de pomts d observahon (carte de prospechon : centre d'inté~ ret, point d'observation partielle. de monographie intensive, etc ... ). 235 Quelques applications. Coslllme. Analyse par piece. - « Patl"on », ef. répertoire des éle- menls standards (vannerie), ou coupés (chaudronnerie, costume) entl'ant dans!a fabl'ication d'un objet (pI. VIll, fig. 27, 28 et 29). P~rt~cnherement lmp~rta,nt et délicat ponr le costume, paree q~le generalement reconshtue sur des vetements qu'on ne peut d~co~dre, ~ met~re a plat ». pans les tissus présentant des dessins reguhers (ec.ossaIs) ou an moms une armurc lisible, situer. par l"ap- port. an drOlt ~l, les points déterminant les lignes de coupe. Pou!" les h~sus foules. on I.Uatieres .sans fibre (cuir), procéder par trian- gulabon approxlmabve. Teml" compte des déformations dues a la techniq.ue (pinces, fronces, eLe ... ), ou a l'usage (poches an genou). . . Etabhr le patron sans les coutures. mais ne pas manquer d'en llldlqller la largenr moyenne selon l'emplacement dans le costume. Joindre un éehantillonnage des matériaux (tissn, cuir, fil bou- ton, acccssoire de métal, corne, bois, dentelle, ruban). ' ¡}l/achines el insfl'umenls complexes. . 1. Réperloire des pie ces : Chaque piece est analysée comme un obJet. Elle est dotée d'un symbole qUl en faciliLe le repérage sur le dessin d'ensemble. , .2. E~s.emble : ll~~ sché.ma .~e mo~la,ge ú échelle réduiLe indique la dlsposItlOn des pleces etudlces pl'ecedemment, et en particulier les cotes de montage. 3. PCl"spectivc : apport~ une vision en rchef, qui rend plus sen- siMe l'agencement des diffél'ents éléments. 4. Schéuw 1~ pI"incip.e: indique la LrajecLoire et les limites de CQurse des pleces mobtles (battant, pédales, rochet d'cnsonple du métier a tisser). Peut se combiner, selon la condition de lisibilité aveC le schéma de montage et la perspective. . ~ ,5. Plan. du local: i.ndiqn~ l'acees a la machine et les possi- blhtes et -e::{lgences de clrctIlahon (apport de la chaine du métier, Exploitation agricole. Un bAtiment peut etre considéré comme une machine. Son étude et sa représentation graphique requierent une préparatioll particuliere et un minimum de connaissances en architedure.
  • 190 GUIDE D'ETUDE DlR'ECTE Cependant, en pratiquant avec sang-froid le décrochernent d'échelIe~ il n!y a pas de raisbn d'y renancer (pI. n, IIl, IV). . . Plan de siluation. - Environnement géographlqlle el humam~ 1/10.000 il 1/50.000. . Plan parcelraire. - COUl'bes de niveau, cotes rl"alhlude, .nom~ de lleux dits, légendes des parcelles (numéro, nature, sup~rfiCle). SI une parcelle est hors d'épure, l'y faire figurer dans son gls~ment ~t en indiquant la distanee. Eeh. : 1/5.000 il ,1(10.000. . Plan de masse. - Ensemble de bahments, envIronnemenl (source, fontaine, puits. lavoir. arbres, chemins, clótul'es, etc ... ). pente des toits, couIbe de niveall,. direction. des pentes, polygone des vents. Ech. : 1/200 a 1/500. Plan d'ensemble. - Coupe, natllre el configuration des locaux .. fondionnement général, en particulier circulation, cotes extéTieures~ Ech. eomme ci-dessus. Bátiment considéré isolément. - Mise en place des meubles, meublants, machines, outils a leur place habituelle (inventaire ~opo­ graphique). Plan: 10 implantation des murs, plafonds, poutraIsons (en pointillé); 2° cotes des grandes dimensions des locau-x, des miliS et des auvertures. Eeh. : 1/40, 1/50, 1/100. FQ(;ades : ouvertures, aI;'pareil-, !tarp~ dJ~~gleJ chainage, maté- riaux (échantillonnage et fleche de contmmte). Ec~.: correspon- darrtes a celles du plan. Coupes " en plan et en élévation. Ech. dO. Détails d'ensemble (hotte, faltage, charpente, souche de che- minée etc ... ) : Ech. : 1/20 a 1/50; de con .. lruction (assemblage, pra- ftls T m'enuiserie, serrurerie). Ech. : 1/50; 1/20 jusqu':i gl'andeur et au-dessus á volonté. . . Perspectives l'apides : Isométrique de salle avec moblher, b,Ioc diagl'amme et schéma panoramique (étagernents de genl'e~ 4~ vle~. EcIwnlillon de carte au 1/50.000 el au 1/80.000. - lel s etablIt la jpnction avec la carlographie. Comportements. Geste élémentaire. - Schéma de position r-elative de l'~gent par rapport au lieu, :i l'équipement ma~ériel. Pris~. de l'ou~Il ~u ?~ l'accessoire ou ftxation au corps de 1 agent, poslÃlon. de 1 oub~ pal rapport a la matiere á traiter, angle d'aUaque. Posi~l~ns d~ depa~·t et d'arrivée notées par les Hgnes enveloppantes. POSlbons lllt~r,me­ diaires par schérna de squelette. Trajedoire du ce~tre de gravIte ou de I'extrémité d'un outil ou d'un' segment anatornlque. " Si les positions successives sont groupées sur ~n .m~me cro- quis :. position initiale en trait plein, l~s autres en pOlnhIle. . _ Géométral d'un geste : .un~ trajectoire comme. toute autre hgne peut éh:e définic par sa prO]ectlOn sur deux ou trOls pl~ns. . Processus opéraloire. - St.op-film a une ou plusIeurs· pIstes. Bien marquer les articulations du processus. Actions multiples el simultanées. - Cas d'une figure de danse, dll déroulement d'une cérérnonie. Chaque geste ou processus ~yant été étudié a part, les agents peuvent etre représentés par des sl,!~.nes géométrique~. Définir la posltion de ehacun paf' rapport ~u thea~re de l'adion el par rapport a l'ensemble des partenmres. ~ 11 Y a heu distinguer les qualités des personnages (sexe, a~e, fonctlODs, etc ... ), par- un signe conventio~mel pOUl' chaque catégone. DES COltlPORTEloIENTS CULTURELS 191 Fleches de direction d'ensemble Oil parliculieres. Ã1'louvements de grande amplitude. Synoptiqlle. - Cas du dépla- cement d'un pardon, du cheminernent d'un enqueteur effectuant une prospection. Dans le premier cas. suivre sur une carte de 80.000· les m~andres exacts de I'itinéraire, les stations étant indiquées par un pOlnt. Dans le second eas, il peut suffire d'indiquer les points d'arriH 011 d'observation en les reliant par des droites orientées. Phénomenes de masse. - Graphiques et diagramrnes, représen- talions cartographiqlles (v. inIra). TECHNIQUE GRAPHlQUE 236 Croquis el relevé. Canwt de papier fort, sans grain. La reliure spirale permet de rabattre completement les feuilles sans pli. Un des éléments de la eouverture sera assez rigide pour former support. Le format 24 X 36 perrnet d'y faire tenir des plalls de maisons. Lorsq'!'on n'a pas de pareils relevés-a prévoir, se tenir a un carnet de momdre format, qui se dispose plus facilement dans la poche. Crayon DU encre. - Crayon dur rnarquant fortement le papier. Un crayon trop mou ne résiste pas aux froUements répétés. Le trait direct a l'encre de Chine a l'avantage d,'etre plus c1air et indélébile, mais demande une grande habileté. Double décimetl'e, ou mieux regle graduée. M e~re pliant, a articulations serrées, pouvant etre élevé le long eI'un obJet sans se l'epliel' par son poids, et servir de fausse équerre pour le report d'un angle. Décainetre, métallique, robuste pour les relevés d'atelier, de batiment, de cour de ferme, etc ... Pied a coulisse, pour épaisseurs earactéristiques: toles, fil, anches d'instl'uments de musique, ctc ... J.lfaítu de danse et compas d'épaisseul'. - Par exemple, pour l'éLnde précise de la poterie. Tenue dll cantet. - Le erayon dur ou l'enere permettent d'uti- líser recto et verso. Si le carnet est utilisé daos sa largeur, travailler toujours dans le meme sens de leclure (charniere en haut ponr le recto, en bas pour le verso), ce qui -évite de retourner le carnet pour la consulta- tíon des notes précédentes. Une conversation ou une indication entendues au cours de l'exé- cution d'uu croquis sont groupées et au besoin cernées d'un trait pour éviter la eonfuslon; les reporter sur le journal d'activité. Séparer nettement le travail d'une journée ou d'un groupe de jOllrs succes~ifs sur un meme dessin. Indiquer exactement l'adresse ou le relevé"a été efTectué. Tih'es et notes selon IC!s directives appli- quées a la mise un net. Relevé a l'échelle. - Le croquis exécuté a main levée et a vue eI'reil fait gagner du temps sur le terrain. Le relevé direct a l'échelIe (en particulier sUr calque posé sur
  • 192 GUIDE D'ETUDE DIRECTE papier millimétré), bien que demandant plus de temps sur le ter- rain, présente des avantages appréciables quant a la fidélité. En établissant les courbes difficiles en présence de l'objei, il est possible de les vérifier par comparaison directe et de les saisil' dans un premier jet, dont l'exactitude sera conservée rigoureusement 101'S de la mise au uet. On faíl en Qutre l'économie d'un fond de calque, la mise au nel pouvant s'effectuer directement sur le relevé. 237 Mise au nel. Rend la docurnentation plus durable et plus facilernent exploi- table ; 1" en groupant de fa4(on méihodique les documenls quí out été" élablis dans un ordre chronologique de découverte; 2" en nOf- malisant les procedés de représentation et en particulier les échelles. normalisation qui retentit if'ailleurs sur le relevé 101'sque celui-ci est exécuté dil'ectement a l'échelle. Ne s'exerce pas sur la totalité des relevés, mais sur ceux seule- ment qui doivent entrer dans l'étude d'ensemble, dont on pl'ojettc l'élaboration (monographie de maison"d-'entreprise, etc ... ). Jl.fatériel. _ Support. - La mise au net sur papier est plus habituelle an dessinateur amateur, auquel il donne l'asped défmitif du dessin. Sur calque elle demande une certaine habitude, tant á cause du grain du papier qu'a cause de la teinte qui dél'outent le débutant, rnais elle ne sanrait étre trop recornmarid'ée pOllr les ral.- sons suivantes : 1" comparaison par transparence (a condition que les échelles soient normalisées); 2° facilité de reproduction par le~ procédés de tirage industrieL Ceci est valable ponr tous les procédés de représentation (graphique, cartographie, notation chorégra- phique, musicale ... ), qui ne peuvent pas elre IDultipliées par la, rnachine el écrire. Encre de Chine (toute autre s'altérant et pálissant) d'un noir iniense, surtout pour travailler sur calque. Une encre légere donne des tirages gris. L'encre obtenue par dissolution permet de l'égler la saluration. Plume, tire-ligrie, compaso - La regle et le compas uniquement pour les lignes qui. sont sur l'objet meme d'un géométrisme l'igou- reux. pour les autres, le tire-ligne ou la plume a main levée, et de préférence cette derniere, dont le trait épouse mieux les inflexions plus ou moins capricieuses de la matiere et des lignes. Préférer les plumes donnant un trait d'épaisseur constante, ct les choisir en fonction de la force du trait a obtenir; - trait tres fm : marques Blanzy, Baignol et Farjon; - trait moyen : Bala, Sel'- gent-Major, Boule; - trait fort : Redis, Sornmerville. Sonnecken de 0,5 a 2 mm. ' Format : 1" Gralld format fiche international (12,5 X20) lltilisé pour les catalogues sur fiches; 2° f~rmat cornmercial (21X 27) p~~'­ met d'aligner les documents graphIques sur cellX dactylographles ou manuscrits. Le ·premier est ntilisable ponr la plupart des objels maniables par un hornme seul, et dessinés an 1/10°. Le second est suffisant ponl" les n;eubles et la plupal:t des relevés de maisons. Lorsque l~ planche depasse-ce Col'mat, aJotlter au pannean de base de 21X2f DES COMPORTEMENTS CULTURELS 193 autant de panne~ux 18X27 qu'il es~ nécessaire. Apres pliage le pan- nean de ba~e prese~~e ~n ong~et q~~ p~rmet le brochage. G~?-phlsme. ~ 1 ~alt COlltmu d epalsseur et d'intensité constante tel q,u ~l est prahque dans le dessin industriel. Eliminer tous les proced~s. ,de « rend~ », tous les effets de plumeo P,referer. au tralt de force ou de lumiere un profil ou une coupe supplementaues. Raccord~ de lig~es précis: Ne pas interrompre un trait si deux surfa-ces c?ntm~ent a se ~:encontr~r de falton précise. Ne point perdre de vue qu une hgne est'lIutersectlOll de deux surfaces. Un grapl,lisrne dépouillé ne. date paS (cf. lâ¬s planches d'outil- lag~ du c~talogue du Mnsée ~es antiquités nationales de Saint-Ger- ~~In, executées par ChamplOn. Ces dessins restent absolument h~lbles, valables et ne sont pas passés de mode. On ne saurait en aIre autant ~e certaines compositions au « chevelu » ingénu). , 9C?tes~ lzgnes ~l fleches. qe. cotes. - Cotes, le plus possible a 1 exteneu~ du de~~lll, ce qm evIte les, confusions avoc les lignes de construchon; facIlIte la leclnre et l'utilisation éventuelle du des sIn aux fins d'illustrati,on .. - L~r¡n~s ~e cote en traH fin .. - Lignes de , raPP,el non pr?l?ngees J~sq~ a 1 obJet lorsqu'ü n'y a pas d'ambiguité posslble. - Fleches tres SImples (deux traits courts a 45° sur la Ugne de ?ote), a supprimer l~n'sqne l'intersection de la ligne de cote et de la IIgne de rappel suffisent. Hachures. Pochés. Parties cachées. Convenlions diverses. - I?ans les coupes ~~ sections,' les pochés noirs ou lavis déséqui- h~re.nt la composlhon et souvent déforment le calque de qualité medIOcre on. non lendu an préalable. lIs nc sont recommandables que ponr afhrmer les murs. dans les coupes au 1/50 ou au 1/20. ,Le~ hachures sont au conlraue transparentes et laissent éventuelle- ment apparaitrc les lignes de parties cachée,
  • 194 GUIDE n'ETUDE DIRECTE il risque d'apporter la confusion sur une vue déja chargée (con- fusion des lignes de rappel et des lignes de construction). En géné- ral donner la préférence a la légende, avec numéro de report, éta- blie dans un angle. Les termes dialedaux sont notés a la suite du terme fran~ais (v. plus hant renvois el Jégendes). Caracteres. - Simples, éeriture batan sans pleins ni déliés. Grandeur el force du trait adaptées a l'importance relative du texte a inscrire. Disposition, mise en pav.,e. - Dans la mesure du possible uti- liser le Sllpport dans sa pasItian de ledure : formal fiche horizon- lalement, formal 21X27 verticalemenl. Disposer les différents dessins, soit selon les regles du dessin technique (disposition habituelle : élévations, plan, profil, perspec- tive), soit selon le déroulement chronologique de l'obsel'vation (pro- ces sus de fahrication, de gauche a droite, de haut en has), soH selon l'ordre logique d'exposé des faits (du simple an complexe, dans une planche de comparaison par exemple). L'adoption d'une disposition standard- facilite la l'echerche el la consultation : - Titre de planche ou de dessin : en hant agauche. - Légendes et échelles : en bas a droite.· - Numéros d'enregistrement : en haut a droite. - Rosaces d'orientation, polygones de vents, etc ... ; en bas a ganche. CARTOGRAPHIE 238 Généralités. La représentation cartographique est basée sur les memes prin- cipes que le géométral. Elle s'en distingue cependant par le choix de la surface de projeclion, le plus souvent com'be (coniquc) et par les conventions spéciales que lui imposent les écheHes réduites qu'eIle doit utiliser : au 1/1.000, un batiment peut encore ctre figuré dans ses proportions, an 80.000 il est déja forlement grossi par rap- porl it I'échelle géodésique, au 1.000.000 le simple point figurant une commnne pent dépasser de beaucoup l'étendue réelle de l'agglomé- ration (un point de 1 mm de diame!re représenlant 1 km.), etc ... La part -de convention s'élargit du fait que, souvent la carto- graphie a ponr objet des faits non matériels (trait de prononcia- tion, dévotion a un saint, etc ... ) non susceptibles de représentation géomélrique mais seulement symbolique. Pour ces raisons, la carto- graphie n'obéit pas a des regles aussi précises que le dessin tech- nique et pose des problemes ou l'arbitraire a une part plus grande. Quelques regles, cependant, peuvent étre proposées dans le but de rendre les travaux plus facilement comparables. La carlographie n'est pas un but en soí rnais un moyen. La carte est essentiellement un instrument de sornrnation synoptique qui favorise : 1 ° Le contrOle de la documentation ou de l'activité de recherche (Iacunes, densité inégale des points d'observation, choix arbitraire de ces points, présence d'un pcrint atypiq11e au milieu d'une zone, ele ... ). DES COMPOfiTEl'IIENTS CULTURELS 191> 2° L'analyse des faits el en particuller la mise en place des zones·, des franges, éventuellement des épicentres· ... 3° La comparaison avec d'autres phénomenes (concentration démographiqne, systemes de cornmunication, relief, hydrographie, météorologie, etc ... ). Pour remplir ces différentes fonctions une carte doit etre claire, de leclur-e facde mais précise. . 239 Catégories de cartes. Parrni les cartes que l'ethnographe est appelé a établir plus commnnément, OIl peut distinguer : . P La carte de localisation simple qui indique la présence ou l'absence de tel phénomene (ponl" la poterie, par exemple, pl"ésence de tour an baton, de four clectrique). 2° La carte statistiqll.e ou le phénomene est figuré avec son intensiLé absolue (nombre de toits a tuiles canal par village) ou reIa- tive (nombre de ces toits rapporté au nombre total des b:itiments de la eornmune). 3° La carie d'évolution, apparition, disparition, pourcentage évolntif dans une période donnée. 2~O Niveau d'.nalyse. L'exisience, l'intensité ou l'évolution d'un phénomene peuvent étre affirmées pour une portion plus ou moins grande de l'espace géographique ou humain a différents niveanx d'analyse : - National (sur une mappemonde, densité démographique reportée par Mal). - Départemental (moyenne démographique départementale). - Cantonnal (moyenne cantonnale). ~ Communal (eas le plus fréquent dans nos études). - Nivcall parceIlaire (répar- !ilion des toUs d'ardoises ou de tuiles, des champs OH des prés, etc ... ) a }'intérieur d'unc cornmune, généralement a grande écheIle, ce qui rarnene au cas précédent du dessin i l'échelle exacte. Pour les trois premiers iI s'agit d'une affirmalion globaIe, exade (il est vrai que le départemenl de I'Hérault a complé N habitants en telle année) et non imprécise (au XIXe, on faisait des feux de la Saint-Jean en Anvergne). Dans le premier cas, il est légitime d'éta- blir une cade en utilisant le procédé le mieux adapté (teinte ou hachure sur l'ensemble du département). Dans le second, He pas créer par la cartographic )'impression· d'une certitude illusoire. 2U utilisation de la documentation. Report direc/. , Il est souvent tent.ant de. reporter directement des faits sur une carte sans passer par l'intermédiaire d'un fichier analytique. C'est en eITet une· méthode plus rapide. lorsqu'il g'agit de bits pen nOffi- breux et relativement simples (ex:. pointage au jour le jour des points d'observation an cours d'une mission, sur une carteo de pros- pection). I . Sinon, les ineonvénients apparaissenl rapidement : 1. Impossibilité de donner la référence documentaire; sans importance si la souree est unique, catastrophique a mesure que la· documentation s'accroit. . ,. . 2. Impossihilité' de noter sur un menfe point plusieurs rnoda-
  • 196 GUIDE n'ETUDE DIRECTE lités complémentaires Binan divergentes, ainsi que la chronologie. 3. Différence de niveaux d'analyse, les données portant tantOt sur· une cornmune. un cantan ou une région plus vaste. Repor! d'un fichier analytique. Le fiehier analytique évite ces difficultés. Un examen rapide d'un groupe de fiches permet en effet de déterminer approximative- ment la densité des poin~~ d'ob~ervatio~, la li~ne enveloppante de ces points, les rapports d IllCluSlOll ou d excluslOo, dont depende,ut le choix de l'écheIle, le groupement sur une meme carte de falts dont l'exclusion ou }'imbrication est significative. Ajoutons a ced la possibilité de trier les données seloo le niveau. d'an~Iyse: Un fichier bien ,travaillé, e'est le prograrnme cartographIqne ctabh. 242 Malériel carlographique. 1. Echelle. Le choix de l'échelle dépend du niveau d'analyse, et de la d-ensité des points d'observation. . Au niveau parcellaire, le 1/80.000 suro.t souvel,'t,. mUIS le 1/20.000 et de plus grandes échelles ,ont touJours preferables (v. dcssin technique). . , . An nivean communal. s'n y a antant de pomts d observahon que de communes, le 1/400.000 est surosan!. C'est l'échelle la plus commode ponr les tl'avaux opérés sur des aires de ~'or~l'e du département on de la province. Ponr des caries nahonales. le 1/1.000.000 est utilisable paree que le plus souvent, malheul'euse- ment. la densité des points d'obscrvation es! .suffisa~ment fatble pou!' ne pas faire courir le l'isque de superposIllOn de SIgnes. 2. Repérage des points d'obsel'vation au niveau cornmunal. Repérage nominal souvent conjugu~ avec le repérage sur réseau hydrographique, circonscriptions administratives, etc ... , plus simple aux écheIles ne descendant pas au-dessous du 1/400.000, qui constitue une limite extreme. Repérage par transparence. Tres pratiqué (avantage dn calque), anssi bien pour le repor.t que ponr la lecture >dans les limites d'échelle indiquées ci-dessus): Sur une cart·e-cle portant toutes les indications utiles y comprIs les noms des commune~. on pose un calque sur lequel on inscrIt les symboles. CA la pubh- cation, c'est quelquefo.is la car~e-clé qU! e~t. transparente). Manque de pl'écislOn aux eehelles mfene!l1'8S aU 1/400.00~ et pour des cartes dépassant 30 on 40 cm. de dI~~~sIOn. ~u deja la déformation du surport on du calque (humldIi~, tens~o.n, etc ... ) risque de dépasser I écart minimum entre denx pomts VOlsms .. Repérage par rapport ti un systeme de .référence topogral'hl91Le. Réseau hydrographique, le réseau, ro:u!ter, les. cll'c?nscnptions administrativ-es et le craticulage geodeslque conjugues, souvent. aux grandes -écheIles, avec le repérage nominal. . Le craticuIage géodésique présente de.s. avantages .ce~·tams : . 10 Il est refativernent immuablei tandls qu'un~ ~~mIte adrnl- nistrativ-e. voire un cours dJean, peuv-ent etre dérlaces., . 2° S'iI est suffisarnment fin et pourvu d:un num~ro~~ge, Il ermet un report et une Jectq.re exacls a des ~cheIles mfeneures ~u 1/400.000. Il permet éventuellement le reperage par eoordon- DES COMPORTEMENTS CULTURELS 197 n~~ .et par,tic!1Jiel'ement la, comparaison avec des cm-tes, d'échelle dIffelente, ma,Is, pourv~es d un
  • f98 1. Poluto ,barre (avec une pente variable) c:roix (droite ou oblique). 2. Ce¡'ele .et parties de cercle (demi-cercle, sedeur, seg- roent). S. _,polygones réguliers. convexes Qll -étoilés. 4. Courhes de construction géométrique simple (ellipse). 5. Polygones irréguliers (rectangle, losange). . ' ,Cel'tains ,ne sont .pas .absolumerrt ·dépourvus de toute va:leul' symbolique spéciale : ambiva:lence ,de la croix a la 'fois s~bole positif d'existence ,ou au ;contraire négotif de destl'uction. 'CeHe valeur symbolique est padois renforc~e par femploi simultané de signes contraires : par exemple le ,plus et le mains. 2. .Dimension. - La variatian de -dimension est souvent employée pour .. ftgurer l'intensité. 3. Nombre. ,.- Juxtaposition de signes 'identiques en nombre proportionnel a la quantité, a l'intensité. 'Caüse 'solivent de confu- sion. 4. Compartimentage. - Secteu1's ·d'un signe cané, 1'eprésentant des variantes d'un phénomene figuré dans sa totalité'pa1' le carré. secteul' d'un ce1'cle plus ou moins ouve1't seJon l'intensité 1'elative d'un phénomene. . 5. Valeurs du blanc au no ir (plein ou vide), ,figurant des moda- lités ou des intensités. 6. Couleur. _ Possibilités nombreuses, tres li-sib1e mais dispeu- dieux. 7. Signes additionnels, - Fleches d'intensité ou d'évolution. chiffres (fréquence, date) a cOté du signe représentant le phénomene étudié. Z~~ Cartes d'étude. L'examen du fichiel' analytique réveIe des caracteres du maté- riel documentaire tres importants poul' le choix des cartes a établir, du matériel et des techniques a utiliser : 1. Le niveau d'analyse, qui influe sur le choix de l'échelle'et des procédés 'de .flguration ·(signes 'ponctllels. surfaces ou ligues). 2. L'aire maxirna, définie par la ligue enveloppante joignant les points extremes, o.n la concentl'ation en aires plus petites, 3. La densité des points d'observation a l'intérieur de l'aire. 4. La 'coexistence de plnsieurs modalités par point ou aire d'observation. Exemple : utilisation des différents ma.tériaux de eouvertul'e _ quelquefois 5 oil ,6 dans une meme commune. 5. Le l'apport d'.imbrication ou d'exclusion de différents phé- nomenes. Choix du matériel et des signes. La connaissance appr.oximative de .ces caractéri-stiques favorise: 1. Le choix de l'échelle, dépendant surtout du niveau d'analyse et de la densité des poin1s d'observation. 2. 'Le choix ;des signes,' Plutót multiplier les cartes que les signes difféllents sur une meme carteo Consigner l'affectation des -signes dans une légende tres expli- cite des le cornmencement ,d'un l'eport cartographiquc. 'Sudont ne jamais substituer les lignes OH les surfaces 'aux signes ·ponctuels. quan¡;l le niveau d'analyse est 'cornmunal. .Serrer au plus pres le niveau d'analyse alteint par la documentation, DES COMPORTE1rIENTS CUL TURELS 199 Teclmique de l'cport D' . L ' , . essm ou tzmbrage. , e ,trace a la main, est relativem J gene: L apposition de signes de timb ~nt ong. pas toujours homo- nomle de temps. une régularité b Iage pel:met une grande éco- de, confier le travail de repol't a ~ solne des slg~es et la possibilité naIssance du dessin, ne personne n ayant pas de con- Mise a jour. Ponr évitel' les o . . tant qu'elles n'ont pasnr~i~l~~~. etladsser a part les fiches nouvelles, Je u report. Carte de points d'observation. Lorsque pOUl' un nombre d 'fi . d?cument~tion comporte our ch e 1m de p~ints d'observation, la d observatJons différentel C ⢠acun des pOlnts. un grand nombre non:~re détel'miné de commfr~~s exemple, lIste de, réponses sur un aecelel'e le repérage et signar ). une ~arte de pOlllts d'obsel'vation de I'enquete. ' lse en meme temps le résulLat global Carte d'hypothése. Les cartes précédentes sont '(j. obseryanc? de la documentalion ~'~~les par l~ pl'incipe de stricte par smlphfication ni par extrap21 1 {Hes ~e dOI;'ent pas modifier ni ap'pelel' ~artes de docllmentation a l~n. c~ ~ltre on pourrait les d hypotheses, destinées a souli pal Opposl~lon aux cartes di tes structure .... que l'état de la d gner tel .caractere de répal'tition de mettre de l'affirmer, ocumentahon fait pressentir sans pel'- pans ce cas lous les moyens sont b ' ' . en Iegende ce qui est hypothétique. ons, a condrhon d'indiquel' GRAPI-IIQUES . , 1 ° Simp,lc, linéail'e (proportion de . lahon) ou eu·culaire· 20 a'¡" I s professlOus dans une popu- (py 'd d ,e 1 eSlen e plus fr' ~·aml e es ages, graphique de· equemment employé pohers), chronogramme d'une évol t~ Ja(~ges de dellx ateliers de de l'al'tisanat, calendrier d'nne u l~n ~volution de la population participation des différent m bexplOltatron, ete. ... ); 3° Ganft . Fx' P t 4' d' s em res du pel'son l' f ." . o s; . zagl'amme polail'e : Ex . d·' ue a une ournée de en un pOlnt donné Ne I'em lo ',' l~glamme des vents dominants ~l'opriété « imagc~nte » p;rtfelrg-~ avec p~écautiqn a cause de sa hpr~s, el des compensations q~~ re~e, .Stuggel'ant par!ois des équi- reahte. 1 n eXIS ent pas touJonrs dans la Rappelons a ce propos que les . l' sances et meme leurs dangers"1 gra~.uques:« ont Ieurs insuffi- -aux c~lÃffres, quand on veut ~ \ ~ ne .l,S~e?Sent ,pas d'un reeours p~odU1senl est parfois faussé~ e a~uI plec~slOn; llmpl'ession qll'ils vrsuelles. Ces dangel's sont a f ~ es en eurs de nos perceptions truction. par le mauvais ehofx °d ag~lhvlis par des fautes de cons- artifices ». CM. Hubel' Elémen es ee e e~ ou l'abus de certains Hermann, 1943, p. 25).' t8 de techmque statistique, Pal'is,
  • 200 GUIDE n'ETUDE DIHECTE NOTATIONS PHONÃTIQUE, MUSICALE, CHORÃGRAPHIQUE Ces notations posent d'abord· la question d'apLitude sensorielle. Des nuances d'aTticulation, de timbr~J out lo~gte~lpS éc~a:p'p~ a de~ linguistes OH des musicologues averhs. Certams ecarts mfeneurs a un comma, des structures polyrythmées. dérouLent une areille habi- tuée a la musique classi9,ue. ~ans une ~an,se~ des mouvem.e~t.s rapides ou de faible amphtude eehappent a l 'ell. Pour la lidehte, rien ue vant les enreglstrements~ Cependanl, les enregistrements posent les memes problemes ponr l'analyse et sa -transmission par écrit on par graphique. En attendant que des machines éledroniques fournissent directement ces graphiques, il est toujours .néeessaire d'en p~sser par un s~s­ teme de notatian : ponr la musique, systeme c1asslque; pour la llll- guisti'.lue, systeme de l'Atlas linguistique de Franee; pour la ehol'é- graphle, systeme de P. Conte. - Ces systemes ne sont qu'approeh~s. Les musicologues é.tudient une amélioration de la notation classlque permettant de SUlVl'e les ecarts et ehangements de rythme inusités en musique classique. L~ répertoire des signes phonéUques ne peut â¬itre multiplié a l'infilll pour rép~:mdre a la diversité, des phéno~~nes a, o~~e~ver. Il ~~~t done tou]ours adapter.le systeme propose a la reah~e ~ transelll e, en appliquant eomme principe inflexible de bien déftmr le ph~no­ mene représenté et de maintenir sans défaillanec le l'apport du Signe choisi an signifié. La fausse pl'écision est a rejetcr. Une honnete transerlption en orthographe ordinaire, une référcnce modeste a un air ou a ~n pas plus connus sont toujollrs. préféra.bles a une not~tion. établi~ par une oreille fausse ou un cell peu vlf, avec un systeme. mcertam OU d'un maniement non assuré par une sérieuse préparabon. 247 Généralilés. 2. ENREGISTREMENTS ET EMPREINTES PHOTOGRAPHIE Si la photo ne vaut pas un .bon croquis, elle apporLe différents éléments qui échappent au dessm. _ . La matieré : grain d'une poterie, poli d'un ivoire, patine d'em- ploí, veines d'un bois, grain de la peau, nature de cheveux ... (pI. X, ~ad~. . . d L'ambiance: meilIeure estimation des volumes, sItuahon e robjet dans le cadre ·011 il se trouve habituellement : le cré1.llier s~r le meuble ou il repose dans la laiterie, la faux d-ans. la l'eIDlse. pms en position d'utilisation et en action pendant la ~OlSSo~ (pI. 1). , La pastare, l'expression e~ le, mOHVemeJ~t: lmage Illstanta!l~e de postures et de gestes que l'reIl n est pas touJours capable de SalSlr exactement (pI. XIV, lig. 56). La juxtaposition de pilotos aussi rap- pl'oehées que possible le long- d'un processtls fourmt un stop-fil~ qui constitue une approximation sOllvent suffisante et dont, atISSI bien, il faudra dans de nombreux cas, se contentel', en l'absence de film (pI. XII). DES COMPORTEMENTS CUL TURELS 201 2~8 Mise en page el angle de vue. Sans négliger les regles d'une mise en page harmonieuse, viser avnnt tout a faire tenir l'ensemble du fait a fixer dans la partie ntilisahle de la plaque ou de la pellicule; ne pas laisser trop pres de la marge des détails importants qui l'isquent d'etre mangés au tirage. Ne pas trop reehercher les angles de vue aerobatiques, se tenir aux plus exploitables scientifiquement : ,1 0 Angles de. VUe normal et rasant. - Axe optique perpendicu- laiTe au centre du plan général du sujet, aflll d'éviter les déforma- tions optiques dues a ]a perspective : exemples. la face décorée d'un meuble ou la fa~ade d'une maison. Combiner un ensemble de vues des dífférentes faces. similaires aux diverses proj eetions orthogo- nales du dessin teehnique : élévation, plan, profil. Pour une surface courbe (ex. décor d'une potel'ie) : axe optique normal au point de la surface jugé le plus intéressant. Pour faire apparaitre le graín de la matiere OH la pl'ofondeur d'un vernis : profil de l'objet dans la ]umiere. . 2° Vue isométrique. -Ponr l'agencement des parties d'un objet complexe ou la position relative d'éléments méeaniques ou de per- sonnages en mouvement : rechereher l'angle de vue qui déeouvl'e le mieux l'ensemble de la situation, se rapproehant de la diagonale du cube enveloppant. par analogie avee la perspective isométrique (1'1. XIV, lig. 57). 3' Angle de VUe de l'agent. - Autre point de vue important : celui de l'agent, par exemple, eelui du menuisier sllrveillant la direction de sa varlope ou l'échappement du copeau, du potier sui- . vant la montée d'une pote1'ie, etc ... (pI. XI, lig. 37). Pl'ofondeur de champ. Eviter le procédé artistique détachant le sujet sur un fond flon. Produire des images lisibles sur toute leur surface; un détail jugé ac.luellement de peu de prix peut en pl'endl'e beaucoup par la snite (7). S'agit-il de photographier un bl'odeur broton en train de brDder un moUf, prenons le costume qu'il porte lui-meme. Done le plus de profondeur de champ possible, en dia)?hragmant an maxi- mum dans la mesure ou le permettent la IUmlere ou la vitesse des mouvements. On peut obtenir une excellente photo d'un meuhle. meme dans mi local peu éclairé, en diaphragmant a fond et en laissant l'appa- reil en pose aussi longtemps que néeessaire (aUention aux planchers vibrants). Exception a ce principe quand i1 est nécessaire d'escamoter un fonds qui n'esl pas eelui d'origine. Pl'Ãse de vue inopinée ou sur programme. On a parfois la ehance de passer dans un village ou a lieu une cérémonie, dont on n'est jama,is eertain que l'on pourra revenir l'étudier a son aise une autre fois. Ne pas remettre au lendemain : l'expérience montre malheureusement, qu'en dehors d'un pro- gramme, une pIlOto que l'on ne prend pas immédiatement est une occasion perdlle a ljamais. Hors ces prises miraculeuses, l'essentieY de l'activité photogra-
  • 202 GUIDE DJETUDE DIllECTE phique doit etre dirigé, quand ce ne serait que pour des raisons bud~ gétaires. EtabUr un programme afin d'etre assul'é que des vides ne seront pas laissés, malgré une éventuelle débauche de pellicule. Sur le terrain, s'efforcer d'établír un programme rigoUl'eux en foncHan de la matiere a étudier, des conditions d'éclairement, de la disponibilité des sujets. etc ... Ce programme peut étre modifié a mesure que les contacts avec la réalité l'imposent, mais ces modifi- cations doivent se manifester dans le gens de l'enrichissement, jamais dans eeluí de }'omisslon involontaire. 249 Quelques applications. Objets. - Série de pholos donnant les-faces intél'essantes. une ou plusieurs vues « isométriques » Oll similaires pour les instru- ments présentant une certaine complexité, gros plans pris a conrte dístance (entre 0,20 et 1 métre), a I'aide de bonnettes spéciales don- nant des détails de matiere ou de fabricatlon. La lumiere rasante peut donner le fac;onnag~ de la matiere. Les vucs isométriques sont a rechercher, autant ·que faire se peut, palIr donner les valumes d'un ensemble architectural. Ne pas hésiter a montel' sur une éminence voisine (emploi du téléohjectif) Oil sur un arbre. PeJ'sonnages. - Photo de face et un profil, ou mieux les: deux profils (si l'on s'en tient a un seul profil, choisir toujours le meme). Ensemble du corps en station debou!, de face et de dos. Pour cer- taines _déformations professionnelles (voussure du dos,. courbure des jambes, etc ... ), prendl'e la vue la plus significative. Attitudes habituelles au sujet, en évitant la « pose» qui amene une modiflcation plus ou moins intentionnelle de I'attitude Oil de l'expression (crispation, sourire conventionn-el. etc ... ). Simuler un déclenchement et prendre la photo quand les patients se détendent. Ne pas omettre. cependant, les postures d'appal'at sur lesqueIles d'ailleurs, les photos de premil~re communion, mariage ~m autres .cérémonies fouruissent un contingent appréciable de documents. Gestes, mouuements compoJ'tements. Pose. - C'est surtout dans la prise de gestes que doit etre évitée la pose. Une position arretée en cours d'nne trajectoll'e est faussée par le jeu des muscles antagonistes : par exemple, si l'on arrete a mi-chemin les gestes d'un chaudronnier travaillant au marteau, la main et I'avant-bras, au lieu d'accélérer la chute du marteau le retienncnt, d'oú inversion complete du jeu des muscles (pI. XI, fig. 35); plus vrai encore pour les monvements qui mettent en ques- tion l'équilibre ou la propulsion du corps tont entier, tels que danse ou sport. . Restilution. - Pour la critique de ce procédé, v. supra. User de la photo pOUI' éviter de faire un schéma de ~rincipe; ne pas omettl'e de porter expressément sur la noti.ce qn'il s agit d'un geste l'estitué. ·Stop-film. - Pour un processus .comportanl une succession de gestes diffél'cnts, établir le scénario de I'adion (v. múnographie de comportement). ActioR á personnages multiples. - Centrer sur le personnage principaL Si l'on pent disposer de p]usieurs appareils les mettre en DES COMPOIlTEMENTS CULTUllELS 203 station aux points les plus significatifs selon U? plan ~tabli sur scé- narÃo. Particulieremenl important pour une cel'émome. "250 MatérieJ. Optique. - Un f. 3,5 donnant le 1/500 suffit dans la majorilé des caso .. (. t Ponr iravailler a une distance imposée par le SllJe! tre~ ~onr e dans un ateliel' de tisserand, tres grande lorsqu'on vcut. sms!r une scene sans etre vu) utiliser un objectif grand angulazre dans le premier cas, un téléobjedif dans le second. Enfin, ponr fixer le grain d'une matiere, un décor tres fm. des sin Oil 'bois taillé, opérer a moins d'un melre, avec des bonnetles. Format. - Lorsqu'on n'a en vue ,q~~ la photo-docum~I?-t, sans préoccupation de so~ rendement en .edItIOn ou en exposlhon, les formats les plus pehts donnent des lmages .. suffisantes. Les ap-p~­ reils portatifs á pellicules, munis d'une oplIque de bonne quahte, supportent l'agrandissement jusqu'au metre carré. Les appareils de petit format se l'ecornmandent, en outre. par leur rnaniabiJité. . Plaques, pellicu~es, écran. - ~a ~ra~ilité ~t le poids l'e~ahf des plaques sont de sél'leuses contre-md1catlOn~ a ]eur,. emplOl sur le tcrrain, qui exige de la soup!essc et le maX1illum d lmages sous le minimum de volume et de pOlds. Emulsions de sensibili té moyenne dans la plupart des ~as. Emnlsions tres lentes pOUl' les ?opies de do~ume~ts, le~ vues d.ob- jets dont on désire fixer la matu~re 011 le decor; emulslOns l'apJdes pOUl' les photos en loen"" sombres ou faible~ent écIairés (scelles d'intérieur ou de technique~ s'exer~ant en atcher). . Choisir autant que possible les émulsions panchr0l!'-atlq'";e~ en .employant un éCl'an conecte nI', ceci non pas pa~' S\H-«;l esthet~ql1e mais pour arriver a -plus de vérité. Il n'est pas mddl'ere.nt qu une scene se passe sons un del nuagenx et non fauss.eroent -nm. , Quoique la photograp~ie en c~ule~r ne ~Olt pas, encore d une utilisation commodc et tou]ours sahsfaIsante, 11 est tres l'ec0.rr~man­ dable d'y faire appel au moins IOl'sque la ~ouleur. est un eleme~t significatif de l'activité humaine (décol' d'ob.let, revetement de IDaI- son costume, symbolique des couleurs, etc ... ). , Fond. - Décor. -:- S'efforcer de pre!1dre.le sujet dans sor; cadr~ habituel : l'assieUe sur la table Oil le valsscher, le rabot sur 1 étabh, le potier au travail dans son atelier, etc ... C~ci fournit un .document plus complet, situant le suj.et dans ~on envlron~ement. ... Eviter les tl'ansplantahons, maIS au caso ?u eI~es. s?nt lne-yl~a; bIes Cobjets de collections extraits de leur ffilhen d ongme, a,cbyIle s'exerc;ant dans un local trop sombre): e.scamo~er tout,.ce qu~ n ,est pas le sujet lui-meme par deux procedes: SOlt par 1 emplOl d un fond neutre, soit en réduisant la profondeur de ~hamp en dehors de laqnelle I'environnement a exclure est estompe dans le flou. Evit-er comrne fond les étoffes a motifs on dont les pliures accrochent la lumiere. Employer un ronleau de p~pi~r, blanc ou d~ couIeur cIaire unie; poser l'objet sur un~,des, extrern1tes de fat(on a ce que celui-ci déborde largemellt, et deployer le ,reste du r~uleau verticalement, sans pliure marquant la re~S9ntre du plan hOflzontal el du plan verticaL
  • 204 GUIDE n'ETUDE DInECTE CINÃMA 251 Généralités. L'enregistrement cinématographique présente des possibilités spécifiques : 1. Exploration de l'inanimé, de l'environnement. ou l'mil de la caméra se substitue a celui de l'habitant ponr faire le tour du monde famiJier -,a ce dernier. 2. Fixation el analyse ,de l'animé, du mouvement, dans ses formes les plus subliles ou les plus rapides (7, 55, 56). 3. Documentation concrete (malgré le découpage de la realité qui impose un choix) apporlanl plus que les problémes aduels n'appellent de réponses (7). ,. . 4. Réitél'atioll, dans l'aduel el dans 1 avemr, des examens SClen- tifiques de multiples chercheurs sur des phénornlmes qui, sans la: . caméra, n'on! eU qu'un nombre relativement minime de specta- leurs (7). Méme dans la descriptioll' des inanimés, le cinema apporte des possibilités nonveIles: « panoramique .» dans un atelier ou ~a~s. un intérieurJ sur une contrée; « travehng » parcourant les dIffe- rentes pieces dJune ~aisonJ suivant les habi~uels ch~min~~ents autour d'une exploitahon, le long des terres. L explorabon cmema- tographique des Iocaux d'un.e fer,!,e esl le meilleur $ubstitul de la conservation, lorsque ceHe-el est lmposslble. 252 Techniques usuelles. Pour saisir ces objets et ces scenes, l'enregistrement n'use pas. des moyens savants du cinéma d'exprcsslOn. Souvent la caméra se bi"aque sur son objet et. en sult I'évolution ~ans exéc.n!e~ elle-meme de monvements. Le melllenr angle de vue etant ChOlSl, 11 sera con- servé pendant tont le developpement de l'action : fabrication d'un pot martelage a l'enclnme, pas de danse s'exécutant sur une surface r.éd~ite entrant dans le champ de la caméra. Ponr le choix de l'angle de vue, s'inspirer des indications ~onnée~ pour la photog.rap~lie. La trajectoire d'un mou,vement pent etre pnse selon sa pr~]echon sur des plans verticaux (a comparer de face et profil) ou hOfIzontaux, ]a caméra étant placee ve~ticalement au-dessus ou ~~-de.ss~us du rnou- vement a enregistrer (]en du battant sur un meher a hsser). J?ans. certains cas le jeu de trois caméras, dont les axes sont senslble- ment a angles (¡roits, permet de réaliser le géométral (élévation, plan, profil) d'une trajectoire, c.e qui est précieux dans l'étude de gestes aUSSl complexes que certams pas de danse. . . Le panoramique suit les mouvements, les tra]ectOlres, par rota- tion de la caméra sur son support, sans dépl~cem~nt dans .le pI.an horizontal (déplacement d'un semeur le long d- un sIllon, tra]ectOlre d'une baile, d'une fleche, d'un oulil, etc ... ). . Dans le traveling, la caméI"a se déplace le long d'une tra]ec- toire plus ou moins longue, ou complexe. 11 n'est a employer qu'ave.c circonspection. Son application demande en eITet une grande habI- leté technique, ainsi qu'une úrganisation matérielle qu'n n'est pas toujours facile de mettre an point. On arrive a de bons rés.ultats en se placant sur une automobife ou autre moyen de locomohon. La multiplication de caméras, travaillant en point fix~, permet DES COMPORTmIENTS CULTUfiELS 205 d'ailleurs d'obtenir des résultats valables dans l'étude des rnouve- ments de groupe. Elle est de meme indispensable lorsqu'il s'agit 'de comportements prenant simultanément des formes différentes sur des points ou selon des perspectives distantes l'une de l'alltre, par exemple : jeu des acteurs on joueurs et attitude des spectateurs, cérémonie a foyers mnltiples, etc ... 253 Conditions malérieIles, psychologiques el scientiliques. Il faut se plier aux contraintes du milieu physique (Iempéra- tUl'-e, pIuie, etc ... ), difficultés d'aeces loin des voies de cornmunica- tion, exiguité de l'espace dans un atelier de tisserand, dans une salle cornmune (emploi du grand angulaire), luminpsité faible et, lors- qu'on peut utiliser le courant sectenr, caractéristiques du courant parfois tres différentes d'une commune a l'autre, quand ce n'est pas d'un qum·Uer ou d'un harneau a l'autre. A ceci. il faut ajouter une contrainte d'ordre chronologique : le phénomene ne se reproduít pas a volonté, d'ou la nécessité de venir au moment propice et de travailler coute que coute, son s peine d'attendre une prochaine manifestation, quelques mois, une ou plusieurs années apres (cas de la iCte de la Tarasque, gui s'est déroulée en Juillet 1946, mais qui n'avait pas eu lieu depuis 1881), sans qu'on soit absolument sur d'ailleurs de la revoir un jour. Conditions psycllOlogiques. Le deploiement de matériel particulierement voyant accroit les diflicultés psychologiques de l'enquete. Les perturbations relevées déja a propos de la photographie sont décuplées. Appréhension, rai- deur, poses avantageuses ou non, sont beaucoup plus dimeiles a éviter sur un enregistrement se prolongeant dans le temps que ponr un instanlané. Ces pcrturbations sont variables avec l'age, le sexe, I'espece de comportement. Alors qu'il est relativement faciJe de sai- sir, sans déclencher de « pose », un comportement technologique, cela devient beaucoup plus délicat ponr un comportement qui, par nature. implique déja nne_ certaine « fa~on » : activité esthétique, cérémonielle. Tonrner, antant que po'ssible, quand les acteurs ne s'en doutent paso Recourir an téléobjectif. Conditions scientifiques. Ce sont les conditions scientifiques de l'enregistrement qui imposent les précédentes. Les unes et, les autres doivent etre étu- diées par un travail préparatoire. Ce,J:endant memes :r:éflexions que ponr la photo en ce qui concerne « 1 occasion inespérée ». Hormis ces occasions, établir un programme de pI"ises de vue aussi rigoureux que possible sur les résultats d'une enquete préa· lable. Par exemple, ponr l'enregistrement d'un comportement, éta- blir le « scénario » précis (d. monographie de comporlement) d'apres lequel on détermine en premiere approximation :. 1. Les séquences a enregistrer; a moins qu'on ne dlspose de crédits el de matériel permettant toutes les prodigalités, l'enregis- trement ne peut etre une reduplication, sans discernement, de tont le: vécu. A mesure que la documentation cinématographique 'S'enri- chit, il devient moins nécessaire de reprendre des gestes déja enre- gistrés. Choisir de préférence les moments caractéristiques, mais sans rectrictions. et en premier lieu, les faits inaccesslbles a l'reH nu.
  • 206 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 2. Les angles de vue. 3. Les lieux d'enregislrement. Scenes qu'il faut absolument prendre a l'empIacemenL exact ou elles se déroulent d'habitude; métier de. tisscrand indépla«able, ambiance d'intérieur domestique DU d'alelíer, scene de littérature orale, etc ... Sdmes que l'on peut a"é"placer de lenr cadre habituel , technique prise ponr el1e-meme et dont l'exécution ne risque pas d'étre !?TaVernent altérée par un déplacement hors du cadre (tournage d un pot)o .. 254 Matériel. Les remarques générales faltes ponr la photographie étant valables ponr le cinema, il ne sera qllestion iel que de la natur:e de la camera définie par la largeur de la bandeo . Le- matériel idéal serait ce~lli qu'utilisent les techniclens dll cinema: caméra de 35 mm., la plus perfectionnée, servie par d~s cinéastes spécialistes._ Malhellreusement ce matériel- atteint des pnx. qui dépassent ,tres -souvent, ainsi que la réllluneration ~u :personnel el. les déplacements, les reSSOUI'ces de la recherche sclenbfi.que. II vant míeux opérer avec une petite caméra de 9 mm. que pas du touL Les documents pris a l'aide de tels appareils ne sont pas toujóurs. d'une haute qualit,é .esthétique: ;mais, i~~, fournissent des éléments d'analyse fori appreclables, supeneurs deja aux documents statiqnes. Lenr grande maniabilité (quant au poids e.t a.1'encombre- ment, qui en rend le ,lransp~rt cornmod,?, au bes~m map~r
  • 208 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 268 MatérieJ. L'appareil électrique est moins maniable que l'appareil méca- nigue en ce sens qu'il ést solidaire d'une SOUTee d'énergie électrique. L'equipement a accumulateurs procure une autonomie relaUve mais son poids et son encombrement requierent des moyens de transport particuliers. Le grouye électrogene assure une autonomie complete, mais pose des condltions de transport encore plus diffi- enes. Sur le sedenr, attention aux caractéristiques du courant et aux fluctuations du voItage. . Il présente des avantages incontestables, quant a la souplesse d'utiJisation et il la quaJité des résultats. L'emploi d'appareils dits « professionnels >Jo alteint dans beaucoup de cas a-la perfection des enregistrements en stud-io. De plus ]a mobilité de I'organe l'écepteur _ micro ou « perche» -, par rappod aux ins~ruments d'enregis~ trement, permet de se placer au meilleur endroit possible tout en per.turbant moins l'affectivité des informateurs. L'enregistremerit sur m, ou hande a fait beaucoUp de progreso Le faible eneombrement des « magnetophones » I?errnet de les escamoter a peu pres totalement, ce qui réduit considel'ablement la perturbation du milieu. Daos les cas extremes, le microphone peut etl'e dissirnulé dans une corbeille de fleurs, un compteur Dil tout autre ob,jet. D'ou une possibilité d'emploí beaucDup plus étendue, Il est recornmandé d'opérer le plus rapldement possible le report sur matÃl3re stable : disque ou film, Malgré cela, i1 n'y a pas de raison de ne pas se servir de ce matériel, a défaut d'autre ou lorsque les circonstances exigent un enregistrement discreto ' EMPREINTES ET MOULAGES 259 Froltis. Piquelage. Le trottis suffit lorsqu'il s'agit de l'elever une courbe Oil un décor se développant sur 1,lne _surface plane ou presque planeo On releyera ainsí les courbes d'un chantournement, les bords et les sculptures d'un panneau, les inCÃsions sur un linteau de porte basque, etc .. , En faire un calque fixant les lignes essentielles. Le piquetage est utile surtout pour relever un patron OU un décol' de cóstume. (Procédé inverse du décalquage au fer chaud). Moulage. ponr relever des formes qui ne se développent pas dans un plan (décor en reHef sur un meuble, courbe d'une poterie, etc ... ). Exécuter une pl'emiere empreinte négative (creux) par application d'une matiere- plastique (papier rnoui11é, pHitre, plastiline ou terre a modeler, etc ... ). Cette empreinte négative peut etre conservée ainsi lorsqu'elle est susceptible de prendre une consistance qui lui per- metle de ne pas se déformer (papier, pl1ltre). En général, iI est pré- férable d'en tírer un moulage positif en coulant du platre dans le négatif. Papier mo-uillé. _ Appliquer successivement sur le lTIotif a relever des feuilles de papier souple non encollé et préalablement mouillé (le papier de journal est le plus pratique et le plus faeile a trouver) Jusqu'a concurrence d!une épaisseur de 4 a 10 miUi~ DES COi\IPORTEMENTS CULTURELS 209 metres .. Les premieres feuilles sont .. percusslOll d'une brosse de d t. apphquees avec exacLitnde par obtient un moulage négatif co~lre, e bioyenne. Laisser sécher. On y couleAr du platre pour obtenil' ~~~O:it~}lX « flancs » d'imprimerie. Platre. - Pour un volum .' le moulage au platre offre pIne ~mplll.q~lé OH de surface importante tude. ___ s e so ldlté, de souplesse et d'exacti~ Plas/ili,:,e. - La plastiJine el le ⢠t . pa.s de .conslstance au séchage. s pa es a modeler n'acquierent . A employer pour les profils d pr-emte perpendicuIairement a la d' e -r0ulllres, en coupant l'em~ N. B. _ Ne pas p·erdre de Vue uec IOn générale de la moulul'e. ral~ment nne dégradation de l'ob' que le ;'TI0ulage I?ro,:oque géné- rahon de la p::~~ine d'nn meublc. j~e n¡~ule, en ~art!cuher ,détér¡o~ ment du propnctaire et - employel qu avec 1 assenti- ne pas manquer de réparer le dommage. . 3. OBJETS ET ÃCHANTILLONS 260 ProbJémes d'origine. Objels distl'uil,
  • 210 GUIDE D'ETUDE DlRECTE ce dernier (modiftcation fréquenle du comportement sous l'influence de I'observateur). Authenticité. Quoique le prograrnme d'urgence porte sur des objels CQruIDuns dont la falsifieation est généralement peu rentable, la roade du rustique a cependanl fait apparaitl'e sur le marché un certain nombre de « Glozels ethnogl'aphiques », dont la fatisse patine ne suffit pas a assurer l'anciennete et en tous cas la valeur scientifique. Etudier de pTes matieres el techniques. Un bois artificieIlemenl vermouln laisse paraUte un jeu recento Des coupsde gouge Qn d'her- minetle dissimulent mal le passage de la raboleuse. Des CQUPS de marteau sur un chaudron ue sont pas assez serres pOUl' couvrir la trace de la l'oulette sur le cuivre tourne; par ailleurs la mineeul' de la matiere révele une éeonomie de matiere insolite, etc ... Faire appel, dans les cas douteux, aux conseils de technieiens spécialisés. 261 Ensembles el séries. 1. Colleciions de spécimens de méme type. - Dans une poterie, des spécimens de meme type sont choisis pour représenter, apres la cuisson, les écarls de dimension, les principales déformations cou- rantes, les aspects du vernis, etc... . Des spécimens d'un meme type, fabriqués a différentes époques servent de jalons a I'étude de la transformation d'une technique. 2. Ensemble feJ'ncltionnel. - L'inventaire systématique révele les solidarités entre éléments d'un équipement matériel, solidarilés si étroites que l'on voit parfois une association d'éléments distincls se fondr.e dans une machine. La possession de séries de ce genre est done de la plus grande importance pour rétude fonctionnelle de l'ensemble et d'e cnaeun de ses éléments constitutifs : équipe- ment compleb d'un sabo-tier, d'une laiterie, équipemenl domestique d'une ferme, etc ... 3. Catalogue de production. - Le répertoire complelt des pro- duits de cet ensemble fonctionnel -est non moins important .:. série complete de la produclion d'un atelier de polterie, d'un sabotier, échantillonnage de la production d'nne dentelliere on d'un tisse- rand, etc ... ·4. Séquence teclmologique. - Enfin le processus de fabrication d'un ob.tet est rendu beaucoup plus compréhensible par une série d'objets arretés successivement aux différents stades de ce proces- sus,' série des éléments avant mise en reuvre : objets ¡Ilustrant les poi'Ills importants du stop-film. (Par convention, les différenls stades d'une poterie doivent subir la cuisson qui seule en permet la con- servation) . J)'une grande utilité pour la recherche scientifique, ces séries onl en outre une grande valeur démonstrative pour l'enseignement el les expositions. Ainsi, tont musée dans le domaine duquel se situe une technique de fabricaHon particuliere, doit posséder an moins un catalogue complet de production, une séquence techno- logique susceptible d'illustrer les tours de main particuliers, une série de produits de meme type montrant les écarts principaux par rapport a la norme e.t une série mesurant l'évolution. DES COMPORTEl'rIENTS CULTUnEJ.s 211 262 Echanlillons. 263 Prélever les échanlillons d ." ~~~Jnsformation : Poterje : Ãha~tWI~~~r(100 ses diff~l'ents stades de 1 ,on) de terr-e a l'extraction avan ,gr. en!Jron I?ar échan- melanges correspondant aux difTére~ melange, ecba~ti1J~ns des composants des vernis échant"II d ts tYI!~s de fabncahon, des ~ons r~massés a proximité del l~~~li e, mahere apres cuisson (tes- e.chanhIlons (lO cm. environ) de fib' el ~u fidu four). - Textiles ~ LrlIons d'aHiage, d'acier avant el ,1~S, e lis. - Métaux.: échan- avant el a1?r~s martelage, etc. apres la trempe, d'aIliage de cuivre, Recnellhr ponr chaque fah· r . (tlesson, chaudron perce el ) rIca IOn un obJel détérioré ou cassé llle~t étudier les résnltats dC~··l sur. lesquels on pnisse non senle-m~ls aussi des détaiIs de forme a .cfns~on, de ]a trempe, de l'usage, mIque, bor~ure ~'lln chaudron, ;tc~~ , ventre ou Jevre d'une céra- Une tres pelIte él'rouwtte de t"' .⢠m~tre carré sur un mIllimetre d'é ~a lere vegetale (bois} (un centi- .mmer au .microscope l'essence d~ l~ssel1:.r) est sUffis,ante pour déter- de coHechon, il y aura intéret' ~spec~ employec. Sur un objet spécialiste lui-méme. S'il s'agit ~I'~~reb~mre, le prélevement par le hon,.obtenir du propriétaire I'autor· ~.Jet dn et~rant pas en collcc-l~ fau.e aJors sur une par tic cach; l~a IOn e aIr~ un prélevernent, rlOrer J'objet. ce e en ayant som de ne pas dété- Ces échantilIons sont placés d d , .. Joppe, bouteiIle, eíc ... ) évitant les ':::~l es reclplen1ts distincts (en ve- une étiquette précise, indiquant le n::nfls edt ltesdPerte,s. et portanL e a a e e prelevernent. Conditions d'acquisition. I!.0n. - Les objets convoités pa . 1 . h .' . vent etre donnés. . 1 a lec erche sCI-enhfiqne peu- , Se garder, pour obtenir ces do d f· l,on ne sait pas devoir ou ouv· .ns, . ~ aIre des pTomesses que 1 exposition en place ma·euie I OH te.?u. \a~ exemple : ceH-e d·e teurs formulent des -exi~cnce~ ~ce~t lare ,d.alIl~urs que les dona- ne pas surenchérir imprudernment e ge~le't rmson de plus ponr te~ue. Mieux vaut aUendre ou se' cca~ ou -e promesse doil etre phlques (dessin, photo), que d'enl r on.tent:~r d~ documents gra- gements falIacieux. e, er une pleoe a la raveur d'enga- Achat. - Les tractations qua t ,. :.' Moralement il n'est pas licite de rt rau~ pux SOI~t afTaJres de nuance. fice de l'Etat _ 1 . a Isel une affall·c-mémeau béné va!eur de l'objet.' Sio~~~~ta~.~~~~Stt~I:~t .ie ven~eur ~'a~use sur I
  • 212 GUIllE n'ETUDE DIRECTE dont le vendenr espere pouvoil' utiliser le prix a l'acquisition d'objets nenfs. . Echange. - La proposition d~ remplacem~nt ,e,st pal',fOlS ,u?- argument tres convainquant, ,a~pTes de lelle menagere qm.Rrefe- l'erai.t remplacer un huff.et reglO.n~1 par ~n buffet de la :VI e o~ f b _. - . -sur mesure par le menUlSler- du vll1age; de t~l arlIsan qm s! ::itu:ncore d'un-vieux tour mais envisagerait volonhers son rem- placement par un tour plus moderne. . .. Dé ot. ,----- Enlevement. - En prlncipe, les acqmslhons s~mt 1 ,P 'mmédiatement el tl'ansportées an lieu· de conservabon en evees 1 ' ⢠'1 t' ' 'e de les lais ublique Qil privée. Dans cel'tams c!1s, 1 ⢠es ne~essalI -~er en dé ót sur place ou dans un heu d entrepot, SOlivent ~n local unicipaf. établir des documents graphiques, dont an moms une ;hoto qui' sert a établir. rid~nti~é de la piece et pennet dans une certaine mesure le travaIl sCIenhfique. 3. - Conservation. 26~ Principales catégories de documents. Les principaux documents sont : 1. Les imprimés pél'iodiques ou non périodiques, dont les curtes géogl'aphiques et les cartes postales représentent une caté- go1'ie spéciale; 2. Les archives " documents de base (voir infra carnets de notes, .1ournal de 1'oute, carnet de dessin, réponses a une enquHe, etc ... ) et les documents élaborés ou définitifs (monographie, textes . illustl'és ou non). lIs se distinguent des cahiel's ou fichiers de cours ou de dépouillement; 3. Les documents graphiques : relevés, cartes d'études, etc ... ; 4. Les docunients plwtographiqlles " négatifs, épreuves, dia- positifs, films, etc ... ; 5. Les plwnogrammes; 6. Les objets de collecUons, estampes et dessins. 7. Le courrier au dépaTt et a l'arrivée (qui ue présente pas eOffime les calégories précédentes un caractere purement scienti- fique mais doit etrc retenu cornrne sourcc d'inforrnation sur l'acti- vité de recherche, organisID'e, etc ... ). 265 Enregistrement. Les documents et objets étant rangés dans les catégories ci-dessus, iI es! indispensable, au moins dans un service coUectif, d'en dresser la liste a mesure de leur acquisition ou de leur élabo- l'ation. Par 'exemple, les photographíes"ex-écutées au CQurs d'une campagne, classées par formats de ,négatifs et par ordre chl'onolo- gique, sont énumérél,'!s sur une .liste dite « minute d'eul'egistre- ment ». Les indica.tions po1'tées sur les listes different avec le genre des documents. Voici quelques exemples de ces minutes: Photos. - Numéro du cliché. Date de pl'ise de vu
  • 214 GUIDE n'ETUDE DIRECTE gislrement est reporté sur le documenl ou sur l'abjet : a l'enere de Chille, a la gouache directemcllt snr l'abJet (métal, bois, etc .. ,) ou sur une étiquette de parchemin OH métallique (tissu, pean, etc ... ); á l'enere de Chine sur le bord d'un négatif photographique (cOté géla- tine), sur un dessin ou un imprimé, etc ... Exemple de numél'o d'enregistrement: Ph. 45-7-54 signifie 54" pholographie de la 7' eolleetion enregislrée en 1945. 266 Classemenl el cote. On est parfais tenté, pOli!' la commodité provisoil'e du tl'avai1. de l'assembler les objeis, les photos ou les imprimés se rappodant á une meme conlree OH a UJ;l meme sujet, qu;:md Oll ue va pas jus- qu'a gl'ouper dans un memc dossier des manllscrits, des brochul'es, des négatifs el des images. Ce procede, apparernment cornmode, est salivent désaslreux pour la conservation (combien de negatifs brisés ou rayés au contad de docnmenLs d'autre nature !). Il rend d'autre part le classement et la consultation de ces d-ocuments impossibles. la plupart de ceux-ci étant polyvalents et susceptibles d'utilisation diverses. Il est inacceptable en tout cas dans un ol'ga- llisme d'utilisation collective. ou les documents originaux doivenl Loujours etre accessibles a tons. Le rangement des -objets ou -documenls doit done étre régi avallt tout. par le souci d·e lenrs meilleul'es conservation et mani- pulation. basees sur les cal'actéristiques physiqlles .' matü~re appe- lant des tl'aitements idellliques (métal, bois, peaux. textiles, etc ... ), format ou dimensions d'ellcombrement (imprimés, objets. etc ... ), rigidilé (imprimes capables de tenir verticalement sans se défor- mer, brochures. cartes. plans a conserver a plat, etc ... ). Cette répartition des dOCull~ents en catégories physiques leur as signe un lieu de rangernent précis. La cote peTmet de les y trouver et de les y replacer sallS crrcur. Exemple de cote d'objet : Cer. F. 1 = Cél'amique. Format entre ... et ... 146 N uméro 146 267 Conservation. Mesures de premiare urgence. Sans entrer dans le détail des procédés de conservation, voici quelqll~s mesures d'urgellce : Munir les manuscrits d'une chemise protecirice. placer une fenille intermédiaire ponr proteger les croquis fl'ugiles. MeUre les clichés sons envelóppe de papier cristal (éviter la cellophane). Placer film et disqlle en boile et chemise. Si possible faire exécuter un double du travail immédiatement, surtout pour les disques. . Quant aux objets prendre, avant Ieul" tl'ailement définitif. les précautions élémentaires contre les parasites (pal'adichloroben- zene. D.D.T. Mais éviter dans ces opérations de premiere nrgence de détruire les patin~s_d·usag·e. Ne pas pratiquer ou faire pratiquei' de rafistolage. Si des mésures de eonsolidation sont nécessaires au transporl de l'objet, prendre des pholos de l'élat original et éviter en tout cas tonte restauration tendant au truquage. 4. - Exploitation du matériel documentaire. 1. SIGNALISATION 268 Index signalélique. Catalogues. A mesure que les documents s'amassent. i1 dev¡'ent de plus en plus difficile de les manier, de les utiJiser. D'oú I'utilité des index signalétiques, qui permettent de reLrou- ver sur un sujet donné tous les documents s'y rapportant. Les index signalétiques l'envoyant a des documents apparte- nant au chercheur ou a un organisme sont d-es catalogues: cata- logue des imprimés. des mannscrits. des photos, etc .... cas particu- liers de l'index signalétique général. Appliquée le plus généralernent an matériel documentaire. ceUe signalisation pent l'etre utilement aux personnes et ol'ganismes, documentation vivante. La forme la plus simple d'un tel index est le ficJzier d'adresses. Les index signalétiqucs ne laissent échapper aucune possibilité de Tepérer une source documenlaire on une pos- sibilité de travai1, queIle qu'en soit la na.ture. Composition des index signalétiques. Tout documento personne on organisme fait l'objet d'une fiche principale DU pl'imaire, qui en donne le signalemel1t succint. Le systeme se complete de fiches secondaires. Un artisan chau- dronnier a Villedien-les-poeIes. M. R .... fait l'objet d'une fiche prin- cipale. classée a R .... mais il est utile aussi que les chercheuTs étu- diant la Manche ou la chaudronnerie puissel1t retrouver .trace de cet artisan. D'ou établisscment de deux fiches sccondaires portant comme vedette de classement. l'une : Manche.-Villedieu-les-Poeles. . l'auire: Chaudronnerie. Les fiches secondaires sont ton tes du petit format inlerna.lional horizontal, tandis que les fiches principales sont du format le mieux adapté anx; exigences propres a la signalisation, dans chaque caté- gorie. L'emploi de fiches primaires a perforation se recommande sur- lout pour l'étude de séries nombreuses. 269 '. Fiches signalétiques. Rédaction. 1. lmprimés. - La flche signalétique d'imprimé, connne géné- ralement sous le nom de fiche bibliogl'uphique, est l'une des plus anciennes. Ponr ]e détail, le chercheur pOUfm se reporter aux con-
  • 216 GUIDE U'ETUDE DIRECTE seils des bibliothécaires (en parliculiel' Bibliotheque nationale) et s'inspirer des nombreuses bibJiographies imprimées, qui tendent de plus en plus a appliquer ces normes. La fiche bibIiographique primaire com:porte : 10 Les llom et prénoms de 1'auien!', le btTe exact et complet de 1'ouvrage. l'adresse (norn de eéditeul' et lieu), el la dale de l'édition (a rédiger d'apres la page de titre plut6L que d'apres la couverture sauvent simplifiée). 2° La description physique du document: format, nombre de volurnes, paginatioll, nombre et natul'c des illus,trations (figures, planches hors-lexle, photos, porlraits, cartes, pIans, etc ... ). 3°, Les notes diverses destinées a compléter éventuellement les indications ci-dessus, principalement instruments de travail, tels que bibliographies, index, etc ... 4. Eventuellement, la cote de c1assement. 2. Photogl·aphies. - Format inférieur ou égal a 7 X 10 : Fiche 12,5X10, portant un tirage de la photo. Notice comportant : líen (département, arrondissement, canton, commune, adresse, Iieu-dit ou ldlométrage) et date de prise de vue, légende déiaillée de l'objet de la photo, auteur de la phoio, éventue1lement n° de cliché, de diapositif, etc ... Pour les autres formats : meme notice mais supports en pro- portion. 3. Phonogl'ammes. - Fiches 20 X 12,5. Titl'e, l'égion d'origine. Numél'O d'enregislrcment administratif. Eventuellemenl indication de l'existence d'un dossier d'étude el n° de monographié. Cm'acté- ristiques de la matiere sonore : genr.e littérail'e et musical, matéri-el sonore (voix, insh'muents, bruiteurs ... ), exécutants. Caractéristiques de l'enregistrement: lieu, date, collecteul's, procédé, matiére, for- mat, vitesse, durée.- Références de repl'oduction. Références docu- mentaires. 4. Objet>o - Fiche 20 X 12,5, portant une photo jusqu'it 6 X 9). Nom de l'objet (fran~ais et dialecte). N' d'enregistrement. Eventuellement indication de l'existence d'un dossier d'élude et n° de monographie. Description physique sommail'e: matiere, forme, cotes extérieures, ornement, décor. Indication de l'exis- tenee de renseignements sur les autres caractéristiques de l'objel Ctechnique de. fabrication, d'utilisation, caracteres économiques~ sociologiques, idéologiques, esthétiques), sur l'histoire du type, les possibilités de comparaison, les opinions. His-torique du spéci- men : lieu et date de fabl'ication, d'utilisation, d'observation, de col- lection. Références documentaires et muséographiques. Even- tuellement cote de c1assement. . 5. Personnes. - Fiche 12,5 X 7,5. Nom, prénoms. Titr~s ou fonctions. Adresse. Spécialisation scientifique ou régionale (pro- vince d'origine ou étndiée). Références (pel'sonnes ou documents ayant fonl'ni les indicati6ri"s). Remarque. - POUI' t-ous les documents -comportant une cote de classement, reporter cette cote sur la fiche principale et les fiches secondaires, ce qui fait gagncl' beaucoup de temps a la con- sultation. DES CüMPORTEMENTS COLTURELS 217 270 Fiches secondaires. Rédaction. Le pl'océdé le pius simple consiste a répéter intégralement la fiche principale en N exemplaires, sur chacun desquels on appose la vedelte de classement « matiere », procédé employé dans la plul?art des bibl-iotheques. Il est le plus pratique égalernenl poul' les fic}úers. de personnes et d'organismes. II fait gagner du temps au chercheur. Dans le e~s de la fiche d'imprimé, iI en faH gagner également au tapage - 11 u'est fmale-· ment pas plus long de recopier textueIlement que d'abréger, ce qui introduit toujours une hésitation. Pour .les autres documents, il esl plus comrnode de s'en .tenir :i des fiches abrégées de format standard (7,5 X 12,5) de rédaction, comportant dan s l'angle supérieur gauche la vedeUe de classement. - Pholos,' Vedelte Lieu, date, n° 7 légende. - Film,' Vedetle Titre. Réalisateur. Lieu, date de pl'ise de vue, n°. - Phonogrammes : Vedetle Titre. Inlerprete. Lieu, date. N°. - Objels " Vedetle NOlll de l'objet. N'. Cote. Rappelons que les techiliques model'nes de. triage mécanogra- phique suppl'iment les fiches secondaires mais ne sont applicables qu'a partir d'un tres gr~nd nombre d.e ca~. Nous av?ns eu l'occa- sion de reeommander 1 usage des fiches a perforahons ponr les catalogues d'objets. 271 Modos de classement. 1. Le classemenl systémalique repose sur une classification mélhodique en seetions se divisant en sous-seclions, chapitres, etc ... Ex._: monde nalurel se subdivisant en regne minéral, végétal,. animal. I.es entités géographiques sout classées par degl'é d'-apparte- nances successives. Ex. : Europe inclut France, qui inclut sueces- sfvement Normandie ... Pays d'Auge. De meme pour les périodes chronologique. Les maticres sont réparties en genres .el especes dans une elassification plus ou moins complexe. . Ces échelons sont matérialisés par des guides ou cavaliers dlS- posés de gauche el droite, le premier a g,auche indiquanl le groupe' le plus général. . . Pour faciliter les opérations de classement, chaque sechon ou sous-section pent étré numérotée, le litre pouvant ainsi étre rem- placé par un indice numérique. . Si lllI meme objet de rechel'che peul apparaitre sons plus1enrs. rubriques, le renvoi' d'une section a l'autre se faH par fiche spéciale de renvoi placée en tete de la section. 2. Le classement alphubétique diction~laire ou A-Z consiste a"
  • 218 GUIDE n'ETUDE DIRECTE classer les faits dans l'ordre alphabétique des mots qui les dénom- ment. , . L'ind~x peut ,etre universel, c~est-a-dire meler auteul's, matieres, I'4?gl~:ms geographlques. etc,:, Le plus souvent iI est préférable de dIshnguel: de grandes sechons: auteurs, matieres, géographique, chronologlque, etc ... Lorsqu'un nombre important de faits sont exactement du ~eme r!:\n~. de meme sél'ie : série animale, végétale, technologique, Il est prahque de les ranger sons une rubrique cornmune. La fiche de Tenvoi est d'une importance capitale dans le clas- sement A-Z. e'est p~r elle que sont signalées les associations, les l'apports entre les fmts. Ulilisation circonstanciée. . D'une fac;-on géncrale, iI fallt distinguer les adivités de signali- sation et ceIles d'analyse. . Pour la signali~ation, dans un organisme public ou dans un lns~rument ~e travml eoIlectif, la néeessité d'agir vite, de répondre r:;tPldement a la .deman~e de. l'us?-ger sans lui imposer la brimade d un systéme phIlosophlque lfiadequat (ef. section de classification Dewey consacrée a l'ethnographie dont il n'est pas nécessaire de cornmenter les déficienccs), font préférer le classement A-Z tenn avec vigilanee (en particulier, fiches de renvoi). Ceci est préférable merne pour un instrument d'utilisation personneUe.- POLlr l:analyse, qui est avant tout un travail temporaire régi par l~volllho~ de l?- recherche et les aptitudes individllelles du cher- cheur, le systemahque est de beaucoup préférable (d. d-apres). Application pratique des procédés de classement. Index primaire : 10 Imprimés, manuserits, personnes, organismes, films, phono- grammes : classcment A-Z. 2° Photos : classement géographique (départernent, arrondisse- ment, canton, cornrnune). (Si les fiches primaires comportent un-e photo, les parentés cultureIles sont plus visibles). 3° Ob.iets: Classement par colledions et ordre d'enregistre- !TIent. Le plus simple a l'avantage de garder l'nnité de collcdion, . lmport~nt ~urtout lorsque c,elle.s-c.i sont s~stématiques. Classement p~r categorle (charrue, pots a la11, Images pIeuses) : le meillem' pour falfe apparaitre une typol{)gie; par teehnique de fabricatio-n (bois fendu .. scié, tourné). Cl-assement géographique : intéressant égale- :.;nent, pour les raisons indiquées pOUl' les photos; surtout valable pour les pbjets collectés systématiquement, les autres étant trop souvent mal localisés. Les deux dernlers peuvent d'ailleurs se com- biner. soH que l'on classe géographiquement a l'intérieur de chaque ca~égorie, soH par catégorie a l'intérienr de chaque seclion géogra- phlque. Index secondaire : to Matieres : A-Z avec fiches de renvoi. . 2° Géographique : 2 parties : 1° déparlemenls A-Z el sous-sec- tlOns A-Z pour tous les faits strictement localisés; 2° régional A-Z des régions historiqnes ou naturel1es ponr les documents non loca- DES COllIPORTEMENTS CULTUliELS 219 lisés exacLeIllent Oll se rapportant expressément a une région de ce genre. 3° Chronologiqne : 2 parties: 10 chronologique rigoureux si les dates sont précises; 2° par période pour tout autre document. 2. ANALYSE 272 Cahiers ou fiches de CQurs ou de lecturc. Nous ne dirons qu'un mot, ponr les situer, des documents manuserits qui sont des instrumenis de travail a usage surtout per- sonnel et ne constituent pas un travaiI original. Ce sont les cahiers ou fiches sur lesquels s'inscrivent dans l'ordre chronologique les notes de conrs ou de lecture. . Utiles lorsqu'on veut s'imprégner de l'ensembl~ d'un ouvrage, en conserver l'enchainement des idées et la strncture discursive, les notes de lecture, ainsi comprises, s'apparentent a un journal de route le long d'une ledure et peuvent etre prises sur cahiers, blocs auxquels on s'efforcera de conserver un format standard puisqu'.il s'agit d'un travail exéculé dans un bureau, dan s des conditions nor- males. La fiche modele síandal"d assez grand (12,5 X 20) verticale permet de garder. des onvrages les plus importants,- une image adaptée aux appélences aetuelles du rédadeur, toujollrs parfaite- ment maniable et comportant d'autre part des citations plus éten- dues que ceUes ql1'on peut loger sur une fiche analytique. A noler que la fiche de lcelure constilue en pratique un adden- dnm, d'importance variable, a la fIéhe bih1iographiquc el peut com- porter, a mesure qu'elles se présentcnt, les observations critiques que suggere la lectllrc. 273 Dossier d'élude. Instrument provisoire ou l'on recueille tous les documents et notes qui n'ont pas été jugés dignes d'enregistrement, les copies de documents originaux, les projets -et plans de travail. les élaborations paTtielles. Le mot dossier désigne non· pas une certaine espece de matériel, mais un ensemble documentaire indéfiniment extensible, qui pent étre classé dans un nombre non défini de dossiers (au sens restreint), de chemises, reliures.mobiles, c1asseurs, etc ... Il doit etre accompagné d'une liste de références a tous les documents de base disponibles ou a c-onsulter (signalétique général) o~ mieux d'un fichier signalétique. On pellt distinguer les dossiers selon qu'ils se rapportent a : _ Une activitl : de recherche (mission, enquete~ these ... ), d'ad- Ininistration (étude d'instrudions ... ) d'enseigncment, de publica- tion, etc ... - Un document : objet, imprimé rare, etc... . _ Une personne .' chercheur, informatellr, éru.dit, etc ... _ Un o.rganisme-." institut ou organisme de r~cherche, musée de province, groupe culturel, etc ... - Une matiere : habitat rural, artisanat, etc ... - Une région géographique. - Une époque.
  • 220 GUIDE O'ETUDE DIRECTE 27~ Fichler analyUque. .. ~ans une c,erta~ne ~esnre, le fich,ie,r analytique peut etre as si- rntle a un dossIer etablI sur un rnatel'lel spécial la fiche l'ecom- mandée poui: sa maniabililé. â¢â¢ CeIle-ci établit une référence entre une nolíon el une donnée concernant ceUe ~?ti,on: C~tte do~née pent avoir ponl" SQurce : 10 un Jloc:um~nt caractense blbllOgraphlquement (imprimé 011 manuscrit); 2" un document carac~érisé p~r- un num.éro d'édition (ex. : disque, m~ulage) on de co!lechon publIque D,U prlvée (ex. : archives, photos, obJets de collechon ... ); 3° exceptionneUement une observation directe ou une information oraIe dont la fiche analytique constitue la seule trace écrite. Elle differe essentiellement de la fiche bibliographique : l' ¡lar le chmx de la vedette ql1i est un fait tres particuJier (spécificahon extreme, cf. ci-apres); 2° par l'adjonction de la référenee dite cir- c?llstanciellf; (,temps et lieu d'observation du fait); 30 par le carae- tel'~ de l~ referenee au doeumen! a la fois plus générale puisque re!erant a UI~e so~ree documentmre queleonque (imprimé, manus- ~r~t, observat~on ~uccte, etc.), e,t plu~ précise puis'}:ue référant a un el~ment parhcuher (passage d un hvre, parhe d objet...) de ceUe source. e'est une fiche a référence unique. c'est-a-dire qu'a propos d'une notion elle ne rapporte qu'une seule donnée. - Format. - Petit format international (12,5 X 7,5) horizontal. Rédaction. 1 ° Vedetle de classement, dénominatíon ou indice de la notion étudiée. Pou~ser aussi loin que possible la spécification. « Tuile canal», par exemple, peut entrer dans une classification sous les rubriques successivement plus étendues: tuile couverture toit bati~ent. Ne pas prendre comrne vedette l'une queIconque de ce~ ru.bnques, ,mals le nom du genre le plus bas dans l'échelle cIassifica-' tone et presentant le moins d'extension": tuile canal. eette rnéthode rend la fiche utilisable queIs que soient le eadre de classifrcation adopté ou les modifications ultérieures de ce cadre. Les genres, class~s et ordres plus étendus· sont signalés par des fiches guides, cavahers, etc. La vedeUe est le mot franc;ais c1assique ou, en l'absence de tout équivalent en franc;ais classique, la dénomination étrangere ou dia- lectale (orthographe traditionnelle ou phonétique): Certaines notions sont représentées par un indice, telles les types de contes popul.aires (classification Aarne-Thompson) 011 un symbole (forme de t01ts, de charrues, etc ... ). Ne pas oublier dans ce cas, d'établir un répertoire des indices Oil symboles emploYés. Enfm ]a vedette peut exprimer un rappor-t entre deux ou plu- sieurs notions. (Ex. : habitat et exode rural, efe ... ). 2 o Références circonsfantielles : 1. Référe~ce topograplziqlle la plus précise (Y. niveau d'analyse en ca~·tographle), dans 1'0rdre : 10 état poli tique (par convention, suppnmer «, France »); 2° région adminislrative moyenne (en France, le departement); 3 o commune; 4 o hameau ou quartier; 5° adresse dans le cas d'analyse parcellaire. . 2. Référenee chronologique : date ou époque a laquelle le fait 275 DES COl'tlPORTEMENTS CUL TURELS 221 a été observé. Le jour (18·12-42), siecle (XVIIl' s.), époque (époque contemporaine, temps modernes, Moyen-age, Antiquité), regne (Louis XIV). Spécifier si la dale indiquée est une daLe d'apparition, de pro- gression, de régression ou de disparilion du phénomene. t 1910 apparition en 1910. ,,1910 progression a partir de 1910. '" 1910 régression a partir de 1910. ¡ 1910 disparition a partir de 1910. So Référence du documento - Document imprimé." nom de l'anteur, initiale du prénom, titre de l'ouYrage en abrégé, liell et date d'é~ition, pages, paragraphes, etc ... - Document de collection : Archive (Areh.), photographie (Ph.), objet de eollection (Col.), etc ... ; détenteur (institution ou personne); numéro d'enregistrement 011 indice de classcment, cote d'édition. - Obscl'vation direcfe : sym- bole Ob. s11iv~ du nom de l'observateur. - Informalion verbale : informateur, lieu el date d'information. . 4° Particlllal'ités et détails notables. - Pcuvent etre illusLrés d'extraits, de croquís, plans et tous autres éléments descriptifs. 5° Notes critiques. - Etendue, valeur du document, état de conservation de l'objet, etc ... 6 0 Emploi du verso. -- Lorsque les notes ne tiennent pas sur le recto de la fIche, le complément est reporté an verso, en renversant la fiche. A éviler, la fiche analytique étant cssenliellement un ren- voi a un docmuenl et non un documento Elle doit etre précise, exade mais breve el concise. Présentation. VEDETTE. NOlll ÃQUIVALENT ÃTRANGElt OU DIALECTAL. Référence circonstancielle : lieu, temps. Héférence au documento Particularités et détails notables. Croquis. Notes critiques. Plan. La fiche analytique pcut etre dadylographiée ou manuscrite. Dans ce dernier cas, qUOlque la mise en page ne puisse pas etre aussi l'igoureuse. respecter les n1t~mes dispositions (vedeUe en majusculcs, groupement des référeJ.?ces et notes) -en vue d'une lec- tnre facile et rapide (qualité indispensable au report cartogra- phique). N. -S. - Lorsqu'un ou plusieurs éléments risquent de se répéler sur un nombre important de fiches (référence documentaire a un meme imprimé, référence circonstancielle a un meme lieu) pou!" abréger le lravail, exécuter le report en série sur l'ensemble des fiches apres rlépouillement terminé, soit a la main, soit éventuclle- ment, si le nombre des fiches est tres important, á l'aide d'un timbre de caoutthouc. Dépouillement ana¡ytique. Ayant, an COUl'S d'une enquCte réuni des documenls des diverses catégories énumérées ci-dessus, le trayail est parvenu an stade d'analyse par complexes horizontaux : équipement agricol~, calen-
  • 222 GUIDE n'ETUDE DIRECTE drier, conceptions el croyances méléorologiques. Le travail consiste a inspecter chacun des élérncnls de la docnmentation el a faire une fiche ponr chaque information concernant tel slljet. Ex. : LUNAlSON. - Influence sur la conservation du bois. Loir-et-Cher. Silint-Viatre. Charpentier, 1938. Journal de route : p. 28. « D'apres les « anciens », ne pas ntiliser du hois abaUu en Inne croissante. Attaqué par les vers ». Fiche de renvoi. Ce dernier exemple montre une relation entre deux faits qui peuvent étre également inléressants ou, selon la spécialité, prendre une importance diff-érenLe. Le spécialiste des cl'Oyances établil'a d'emblée la fiche lelle qu'elle est rédigée ci-dessus, le technologne sera tenté, an contraire, par une vedette ainsi concue : BOIS. - Conservation en fonction de l'époque d'abattage. n peut etre fort utile de faire deux fiches, mais on économise du temps en utilisant la fiche de renvoi. Le spécialiste rédige entie- rement, une fois pour toutes, la fiche ci-dessus indiquee et se con- tente d'établir, ehaque fois que l'occasion se présente, une fiChe de renvoi ainsi con¡;ue ; BOIS. - Conservation. Voir : LUNAISON. 276 Répertoire des sourees. Avant de cornrnencer le dépouillement d'un docUIÃlent quel- conque, s'assurer que,l'on en possede la fiche signalétique precise. (Que de temps gagné lors de la publication!). Distinguer-Ies sources dépouilIées de ceHes qui ne le sont pas et sur lesquelles il arrive que l'on n'ait que quelques renseignernents sornrnaires. Enireprenant, par exemple, une élude sur la critique du témoignage, on obtient la reference d'un imprimé réduite au nom de l'a1lteu1' et au titre plus ou moins tronqué: ne point perdre cette indication pl'écieuse, éta- bJir une fiche incomplete a l'angel' dans-la bibliogra~hie a dépouiller. '2f77 Classement de l'analylique. L'une des découvertes les plus importantes qui puissent etre faites est celle de relations plus ou moins cachées, de strllctures, de constellations, que le c1assemr:nt alphabélique permet de suggérer par les fiches de renvoi, mais qu'uri c1assemenl méthodique perpé- tuellement remis en question suit de plus pres et fait apparaitre, semble-t-il parfois, automatiquement Un :simple coup d'reil révele' l'allure statistique de la recherche, les sections qui s'enflent, eeHes qui restent maigres.' L'attention est aUirée snr les causes possibles de ces différences d'evolution: Iacunes dans la documentation ou l'information, prédilection pour tel probleme aux dépens des autres, relief propre de la l'éalité étu- diée. Dans ce del'nier cas, c'est deja un profil statistique qni s'an- nonce. Les grandes classcs de faits énumérés plus haut peuvent servir de cadres genéraux a ce travaiI. Par exemple, si l'on étudie l'équipe-, ment matérieI a la fois du point de vue strictement technique et d'autre part, quant aux conceptions et croyances qui s'y raUachent. DES COMPORl'ElIfENTS CUL'I'URELS 223 ou institnel'a d'emblée deux sections dans I'analytique en forma- lion : teehnique, croyanees. Ne pas, des le départ, sureharger le fichier de sllbdivisions inu- tiles, mais les instaIler, selon les besoins. Les groupements suceessifs se font grace a des fiches-guides, el onglets ou a cavaliers, a 3,4 ou 5 positions. Une pyramide classifica- Loire a 5 degrés suffit dans la plupart des cas, mais sinon, inlroduire, dans le groupe de 5" échelon, les distinctions supplémentail'es par l'emploi de cavaliers de format ou de couleur différents. Les groupements s'effectuent a mesure que la mas se des fiches augrnente, mais des revisions peuvent s'établir également par dépla- cement d'une division a l'autre. Qu'un~ vérification seienUfique vienne confirmer ce rappol't entre lun31son et conservation du bois (ce qui n'a pas encore, a notre connaissance, été fait rigoureusement), ceci rendra plus aigu le probleme de savoir cornment une telle connaissance a pu prendre corps et tendra a déplacer les fiches le eoncernant, du sedeur de la croyance sans fondement rationnel a celui des conceptions dont il faut vérifler la génese empirique, etc ... Dans le cas de déplacement, une fiche de renDoi est laissée au premiel' lieu de classement, afin qu'il reste une trace de la l'elation tont d'abord acceptée. Prévoil' égalcment une section spéciale de rappel des hypo- Lheses a vérifier, des prohlemes épineux, des litiges et des projets d'étude, section qui constitue la pointe la plus avancée et la plus sensible de l'instrument de reeherche. 278 Répertoire alphabétique des vedetles. Le rendement analylique est considérablement aecru par un répertoire alphabétique de toutes les vedeUes a mesure de leur éta- blissement. Ceci ne consiste pas, il va sans dire, a doubler chaque fiche analytique, destinée au classernent rnéthodique, d'une fiche destinée au classernent alphabétique. A la création d'une nouvelIe vedette, établir une fiche compor- tant la meme vedette et indiquant la ou les sections du méthodique ou celle-ci apparait. Ex. : LUNAISON. - Iniluence sur la conservation du bois. Voir; Croyances. Astres. Teehniques. Bois. Ahallage. C'est une fiche a réfél'ences rnuItiples qui indique les différcnts points ou la notion signalée par la vedeUe apparaH dans le systéma- tique. , A ce slade, l'analytique ainsi con~u compl'end done: 1 Q le répertoire alphabétique des sources; 2° l'analytique systématique proprernenl dH; 3° le répertoirc alphabétique des vedcUes. Lorsque l'ensemble des s-ource.s,-disponibles a éle dépouillé, c'est-a-dire qu'iI ne reste plus de jic.hes dans la section des sources a dépouiller et que les données ainsi analysées, apres avoir été clas- sées et reclassées a différentes l'eprises sont réparties selon leur classement défini tif, le travail de synthese et de publication est tOllt préparé. Soulignons un dernier et certain avantage du fichier analytique en vue de ceUe derniel'e étape. Quoique ayant été élabore sans aucune préoccupation de publication, il en facilite la réalisation
  • 2~4 GUIDE D'ETUDE DIRECTE puisque les trois pal'ties, décrites ci-dessus. constituent trois ins- truments de consultation d'lln ouvrage : la table des matieres, Fin- dex rerum et nominum, le répertoire des sources (plus connu, sous sa forme restreinte et plus habituelle, sous le nom de bibliographie). n ne reste plus qu'un petit effort de numérotage pour pouvoir livrer a Féditeur ces éléments, qui cessent ainsi d'elre un cauchemar. 3. SYNTHEsE PROVISOffiE ':279 La rédacUon du documenl de synlhése ne signifie pas que 1 a question soit épuisée pour l' avenir. Le document dit défmitlf clot une étape de la recherche, n est destiné a présenter la synthese de la documentation a une époqlle donnée. L'établissement du document définitif comprend : la rédaciion du texte, le choix et la présentation des documents graphiques, l'éta- blissement des différents instruments de références (table des matieras, index rerum, répertoire des SOUl'ces, répertoire des élé- ments gl'aphiques). Tex/e. On peut s'inspirer, pOUl' la présentation des résultats, des plans de travail utilisés pour l'enquete, par exemple monograp~ies d'objet, de comportement, de groupe territorial, etc ... Pour des sujets plus vastes, les essais de classificationgénérale pounont servir de point de départ. L'emploi de plans,- dé]:! connllS et approximalivement normalisés, rend le travaH de eonsuItation et de comparaison plus faeile. n est rccommandable ponr une série d'études faites dans une période de temps relativ.ement restreinte et selon un programme d'investigation généralisée (cas de monographies de maison, d'objet, ()u d'entreprises artisanales entreprises par les centres de formation professionnelle). . Mais la pensée est vivan te, et ses formes évoluent rapidement, surtout dans une discipline jeune. II ne fant done pas considérer les plans proposés comme q.es moules établis ponr l'éternité. C'est :! chaque travailleur, au conlraire, d'y proposer des amendements -et meme des modifications radicales d'apres son expérience pl'opre (181). . Tard venue. l'ethnographle doit se prénumir contre certaines habitudes linguistiques ten~nt a ses antécédcnts littéraires. Comme dans les autres sciences, il est préférable d'appeler un chat un chat et ne pas c-éder a la crainte des répétitions, quí amene :! remplacer un terme par un autre presque équivalent. Cette technique. tI'-es sug- gestive dans un art qui procede par allusion, contribue a maintenir la science -dans un brouilla'rd sémantique, néfaste a son progreso .Choix et présentation des documents graphiques. Memes remarq'ues en ce qui concerne la documentation gra- phi que venant appuyer le discours. 11 ne s'agit pas seulement d'éveiller la curiosité et de satisCaire a des ~Téoccupations d'ordre ..esthétique. mais c).'apporter des arguments a l'appu~ d'une thése; DES CO~fPonTEMENTS CULTURELS no~ pas seulement Ulle iIlustration apéritive mais une do tatlOn démonstrative. . ' cumen- n~ n'est d:aiHel~rs pas n.écessaire de fournir tous les documents gdrap,luq?-e,s dlspombles, pUlsque le réperloire des sources permet e s y reCerer le cas échéant. Réfél'ences. , Rétérences, interne~. - ~e renvoi d'un passage du texte a I'autre depend d~l srsteme de slgnal~sati~n. I?an~ ~e systéme le plus courant OIJ- renVOle a. la .rage. ce qm obh-ge a reVIser les renvois a cha ue !'0luvelle pagm~tlOn, (passage du manuscrit a la dadylographie, p~iS a 'a typograI!hle), d ,;me « leQon » a l'autre . . Le numerot~ge mterne (soit continu, soit' par échelons classifi- cat~lres) des arh.~les ou ~es par.agraphes, étant indépendant de la p~gIllatlOn, suppume cet Illconvement, mais i1 implique l'existence d un plan. . . 1'abl~ d~s matiere~, index r~nlln, répertoire des sources (v. cha- pitIe « FI~.lu~r analytJque »), eventuellement répertoire des infor- mate!lI's (lll~hqués par les initiales des noms et prénoms) ou des ,numeros presentant l'anonymat. 17
  • 5 .⢠Organisation d'une enquete. CeHe organisation dépeud essentiellement des circonstances el iI ne peut etre question de donner ¡ci que quelques indications tres générales. 1. PRÃPARATION 280 Repérage e! dépoulllemen! de la doeumen!ation (pour mémoires. el. § 3). Rechercher non seulement des ollvrages se rapportant a la dite localilé, mais également la documentation concernant la région (géo- graphique. historique, culturelIe) enveloppante, ainsi qlle les régions voisines. Utiliser la documenlation vivante, les personnes et organismes (voil' appendices ci-apres) susceptibles d'.apporter des indications et des conseils utiles (et meme de s'intéresser financierement a l'entre- prise). Pour mener a bien sa tache, faire appel a toules les possibi- lités qU'offre I'ol'ganlsation des études ethnograrhiques en France : orgamsmes nationaux, régionaux et ]ocaux, soclétés ou organismes privés. . Mise en route immédiate des instruments de travail. Une enquete cornmence des I'instant off elle est décidée. Il est extrernement important de mettre en route, sous leur forme stan- dard, les difIérents instruments de travail qui s'enrichiront a mesure de l'avancement des travaux, sans perdre I'acquis des premiers temps. Des que le projet a pris forme, ouvrir : 1. Le dossier d'enquete ou dossier d'aetivité 01). s'amassent les projets, les plans successifs, les bilans. . 2. Le journal d'activité ou de route. 3. Le signalétique. sur fiches, des sources, des personnes et des organismes. 4. Les analytiques sur fiches. 5. Les cartes de prospection. 281 Prise de eontae! a distanee. S'informer par lettre aupres des autol'ités et des pel'sonnalités intéressées de l'opportunité de l'enquete. des saiso.ns favorables, des points remarquables, etc ... ; des possibiHtéyde séjour Oogemenl, nourriture), de transports, des caractéristiques da courant élec-
  • 228 GUIDE D'ETUDE DIRECTE trique, etc .. " Eventuellement, enquete par questionnaire pour dégros- sir la quesbon (4). 282 Etablissement d'un plan de campagne. Se fondant sur les résultats des activités précédentes, établil' un plan de travail général définissant plus précisément le but pOUl'- s-hivi (sons form.e, par exemple. de questionnaire détaillé), la régíon a étudier et, en premiere approximation (quí sera l'évisee selon les circonstances et les contacts direds), les étapes de la rechel'che el, dans le cas d'équipe de plusicurs chel'cheurs, la divlsion du tl'avail. Sanf le cas bien enviable d'un séjour continu d'un an sur le terrain, une enquete ne pen! généralement s'exécuter en une seule campagne. I1 est préférable d'en prévoir deux .Oil plus, en teuant compte du calendrier p~ysique (périodt?s plus pl:opices aux dé~lace,­ ments, a la photographle, etc ... ), techmque (perlOdes des travaux a observer ou an contraire périodes calmes, propices aux conversa- tions avec les informatenrs ruraux) et cérémoniel (périodes de fes- tivités caractéristiques: Noel, féte des bergers a la Saint Jean, etc ... ). Ne pas perdre de vue ~ue l'observation d'u~ groupe ~u~a~n doit poder sur l'ensemble d un cycle annu~l.: SI les .posslblh~es financieres ou autres, ne permettent pas un se]our aUSSI long, fmre en sorte que les campagnes soie~t répartie~ au mieux. da?s. l~ cou- rant de l'année, pour permettre 1 et~de des epoques c~l'~ctel?sbques. Réserver une part de l'emplOl du temps aux VISItes a rendre aux personnalilés. et organisme~ locaT;x, aux séances d',étude en bibliotheque, musee et aux archIves departementales, communales ou privées. Le plan de travail comporte pour la premiere campagne, un guide-questionnaire, un itinéraire et un emploi du temps. 283 Préparation matéríelIe. Matériel. - Ne rien oublier du matél'iel minimum : carnet de notes (2 formats), journal de route, carnet. de ~roq.uis et matériel de dessin, fichier de format 12,5X7,5 pour slgnahsahon et analyses, cartes {cartes Michelin pour les grands parcours, carte an 1/400.000 pour I'échelon départemental, carte au 1/80.000, au 1/50.000 el pla!, directeur au 1/20.000 pour- I'échelon cantonal et communal), mate- riel photographique et d'enregistrement. .. . Réunir les cahiers, ca.rnets. blocs a uhhser sur le terraln dans une sacúche (modele sacoche d'officier ou sac a patins) qu'on peut suspendre a la ceinture, ce qui les lient el portée de la main tout en perrnettant d'écrire. Les autres documents et instruments, restant a la base, ne demandent pas de récipient spécial.. . .. A notre époque, de surcharge des trams, une vahse rlglde, sur laquelle il est possible de s'asseoir, rend de grands services. Vetements. - En campagne, choisir des vetements simples et solides ne craignant pas la poussiere et les contacts un peu l'udes, en prévision des escalades d'accidents du terrain, de murs ou de charpentes. Méme remarque pour les chaussures, qui doivent sup- porter le séjour dans la terre, l'herbe mouillée et .. I'e~u plus ou DES COMPORTEMENTS CULTURELS 22!1 moios pl'Opl'e des COlll'S de fel'Iue. Pal'ticuliel'ell1ent l'ecommandable ]orsql1'on pratique l'enquMe en s'inlrorluisant completement dans le.milieu el en participanL personnelIemenl aUx activités étudiées. Dans les régions demandant des efforls musculaires prononcés (montagne), ou suivant les saisúlls, adopter la tenue sportive adé- quate. Eviter loutefois de la pl'endre avant de s'etre assuré qu'clle ne choqucl'a paso Papiers, leftres de recommandation. ~ Ne pas oublier les papiers d'idenlité et les leUres d'introdnction, soit officielles aupres d'autorités on personnalités, soit d'ordre privé aupres de personnes habitant la région. 2. CAMPAGNE 284 Contacts centraux. . Prise de contact avec les autorités, organismes et personnalités susceptibles de s'intéresser et d'aider a la recherche. n y a la une mesure a garder. Ne pas déranger le Préfet, l'Inspecteur d' Académie on le Maire, si l'on a simplement pour objectif l'éturle de la charl'ue dans un rlomaine rnstreint. Par contre. l'introduetion d'une équipe plus ou moins nomhreuse d'enqueteurs dans une eommune de moyenne importance se fera plus agréabIement gráce a une visite de courtoisie au Maire Oll a son représentant, qui d'ailleurs foul'- nissent souvent d'excellents renseignements et conseils; ce contact est indispensable, si l'éqnipe se propose l'étude complete de la com- mnnauté. Lors du lancement d'nne enquete, pour laquelle on désil'e appelel' systématiquement le coneours des membres de l'enseigne- ment primaire, il convient d'informer de ce pl'ojet l'Inspecteur d' Académie, qui luí aussi peut fournir d' excelIents conseils quant a l'oppol'tunité de l'entreprise et aux -mesures de meilIeur rendement. En tont cas, l'enrlre visite aux personnalités avec lesqueIles on a pds contad a distanee (v.-ci-dessus). 285 Reconnaissance de l'ensemble. Commencel' l'enquete par une -rapide prospection de l'ensemble sur lequel elle doit portero Si l'ensemble ne comporte qu-e quelques communes, faire un tour rapide de toutes. S'jl s'agit d'un ensemble plus vaste~ prospecter au moins les points remarquables. Soit, p~l' exemple, a étudier l'habitat rural en Sologne. S'efforcer de parCOUrll' au moius les communes du centl'e, qui sont a priori les plus carac- téristiques du genre de vie, et celles-du I!.0ul'tour de la région (4). Au cours de cette prospection, vénfier, et au besoin rectifier, les hy,potheses qui ont pu appá.raitre au cours de la préparation (dépouillement de la documentation, enquetes ou sondages). C'est gráce a eeUe prospection que sont choisis les points sur lesquels porteront les premieres monogl'aphies, mais que sont notées déja les variantes remal'quables : murs de p'ans 4e~bois, apparition de tel matériau de couverture, formes de clotures, fa-;ons culturales, etc ...
  • 230 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 286 Prise de contact avec la commune. 1. Visite á la mairie. - Examen rapide des archives cornmu- nales (1 heure environ) permettant de s'assurer de la nature des documents disponibles, de leur état de conservation, -etc ... - Cadas- tre et matrice cadastrale : Vérifier les renseignements déjil recueil- lis an eours de la préparation : structure de l'habitat, plan du bourg, constitution du tissu parcellaire (prés, tenes labourables. - forets. landes, etc ... ), évolution du cadastre du 19" a eeluí du 20" s'il existe. s'n n'existe pas de plan imprimé de la cornmune, en faire un rapide croquis d'ensemble en vue de compléter la carte an 1/80.000 Oil un 1/20.000. dont on doit s'etre mum. - Liste de l'ecensement quin~ quennal: sondage sommaire sur l'anthroponyrnie (noms de farnille les plus fréguents), l'ordre de grandeur des familles, la réparlition par professlOn (listes de 1896-1901, 1906) en général le nombre d'élrangers, le sens des mariages (lieux de naissance des hornmes et des femmes rnariés). 2. l'ue plongeante. - S'U existe un point élevé dominanl la commllne (montagne, colline, clocher, tour, etc ... ), ne pas manquer de s'y rendre pour y confronter les données du cadastre avec le réel adueI. Observer entre autres : l'emplacement des bitiments publics (rnairie, école) et religieux, des bAtiments artisanau~ ou agricoles caradéristiques (alelier de tannenr, silo, ele.,.); l'orientation des toits, les matériaux de couverture (natm'e, ponrcentage); la répar~ tition du tapis végétal (jal'dins, haies, rideaux d'arbres ... ); en résumé lont faH caractérisant la strudure de l'habitat, l'occupation du sol, etc ... , etc ... 3. Tour de la commune : - Nombre approximatif el répartition des bAtiments et exploi~ tations par catégorie (batiments publics, religieux, entreprises arti- sanales et, évenluelIement, industrielIes, exploitalions agricoles, maisons de cornmerce, bAtiments, logements ouvriers, batiments coopératifs, quartiers commen;ants, artisanaux, etc ... ). Ceci faurnit les premiers eléments d'appl'éciation en vue d'un choix d'une mono- graphie d'exploitation agl'icole ou al'tisanale. En profiter également en observant l'ol'ientation des intérieurs, pour élablir un programme de photographie, lorsqu'on ne dispose que de la lumiere naturelle. - Style et áge approximatif des constructions. - Points de rassemblernent úu de circulation: place, halle, marché, rue commercante, ceHe ou se réunissent les jeunes, les ioueurs de boule, cours, mail, fronton de pelote basque, jardin, square, cafés (Ieur role dans la vie collective), ateliers d'artisans servant a la réunion des hommes (charron, forgeron, etc ... ), coopé .. rative, etc. Roles des cours d'eau, des points de vue, des grandes vaies de cornmnnication. - Anthroponyrnie: noms des commer!(ants, liste du monu- ment aux morts, etc ... - Anthropologie et costume : stature et aIlure générale des habitants, rapport du costu!lle avec les classes d'áge. Ne pas man- quer d'inspecter la devanture du pbotograpbe, ou les photographies de mari3{te offrent, en particulier, de précieux répertoires a~thropo- DES COMPORTEMENTS CULTURELS 231 logiques ainsi que des indications sur la mode loeale, le costume d'apparat. Le jour et l'hem'e les plus propices pour faire ce tour de pays varíent selon 1es régions. Le jour de marché est généralernent tres révélateur, quoique particulier. Les autres jours, a la rentrée des travaux des ehamps en région d'habitat concentré, an retour de la peche sur le Hltoral, etc .. _ Dans les régions d'habitat dispersé, s'efforcer de faire le tour complet des hameanx OU, an moins, sur les indications des gens du pays. reconnaitre les fermes et hameaux caractéristiques. 287 Plan de Iravail el bilan quotidien. A la lnmiel'e de ceUe prospection du domaine, apporter éven- tueHement les l'etouches an plan de travail en fondíon du príncipe d'opportunité (accessibilité des documents, des informateurs, heures propices au prograrnrne de photo, etc ... ). _ Chaque soír, mettre en ordre les carnets de notes et de croquis, rédiger le journal de route (en commun, lorsqu'il y a équipe), éta- blir les rubriques soulignées ou marginales et les références croi- sées entre les différents instl'urnents de travail. Tenir a .lour les fichiers : 10 Signalétique de documents : l'enri- chil' de toutes les indical-ions recueillies dans la journée. 2°._.signa- létique des personnes el organismes. En particulier. établir une fiche signalétique pour chaque infol'mateur, comportant au moins les nom et prénoms, l'adresse, la profession, auxquels iI est important d'ajouter les lien et date de naissance, les liens de parente ou de voisinage avec d'antres informatenrs confirmés on JventueIs. Ces fiches renvoient aux passages. correspondants des carnets de notes et de croquis, et en particulier aux monographies (biogra- phies d'informateurs). - Minutes d'enregislrement el numérotage des documents recneil- lis : il est pratique d'établir chaque soil' la liste ou minute des docu- ments (imprimé s, photos, images, etc ... ), ou objets recueillis ou acquis qu'on numérote dans l'ordre d'acquisition. Faire également une minute des photos prises; si quelques-unes se révelent mau- vaises au tirage, il suffit de les sup,Primer alors. La tenue correcte de ces listes permet d'avoir chaque ]our le synoptique de l'ensemble des opél'ations, évitant les oublis ou les doubles emplois; plus important encore lorsqn'il s'agit d,'enregistrement cinématogra- phlque : tenir une liste exade et circonstanciée des plan~ pris. Procéder au bilan général quotidien, en marquant les manques ou les adjonctions par rap'port au plan de travail établi la veille, et élaborer le plan de traval! de la journée suivante. Si l'enquete esl menée en équipe, les équipiers confrontent Ieurs acquisitions, leurs expériences. Des inforrnateurs peuvent etre invités a ces séances communes : les travanx leur sont soumis, souvent avec profit, pour correction, amélioration ou complément. Il est hon que les informa- teurs se rendent compte ainsi de la valeur du tl'avail exécuté et de celle 'qu'on aUribue a leurs avis. -
  • 232 GUIDE n'ETUDE DIRECTE 288 Bilan de campagne. En fin de campagne, s'assurer que rien d'essentiel n'a été ouhlié, que les collections recueiHies son! entreposées ou en instance de transporto Préparer la campagne suivante en en signalant l'éven- tualité aux informaleurs. Au retcnr, adresser des IeUres de remer- -ciemenls aux informaleurs el sympathisants, qlli se sont montl'és particulierement accueilIants et compréhensifs. Le hilan- de campagne consiste pl'incipalement dans }'élabora- tion de cerlains documenls (développemenls des films. pholos, copie de travail des relevés sur calque, phonogrammes, elc ... ), le numéro- tage el I'enregistrement définitif de l'ensemble des documents, la confrontation de la récoHe avec la documenlalion depouillee 10rs de la preparation et que ron revolt a ceHe oc-casion, la soumission a l'examen des personnes competentes s'étant intéressécs a l'enquCte (ceei doit â¬ltre fait en cours de retour aux échelons intermédiaires régionaux), la rédaction des diverses monographies complâ¬~tes sans préjudice de retouche de détail éventuelle. Ce travail de mise en ordre provisoire demande environ deux fois plus de temps que- la campagne. Pour dix jours passés sur le· terrain, on peut compter trois semaines de mise en forme. n va sans dire que eette mise en ordre s'accompagne et, en tout cas, est suivie de dépouillements analytiques et de l'élaboration de premiers essais de synthese générale, de la formulation d'hypotheses de travail a vérifiel' au cours de la campagne suivante, dont le plan s'édifie, éventuellement, gráce a l'élabol'ation de questionn~ires com- plémentaires. En principe. la premiere campagne dolt avoir permis de faire le tour eomplet de ce qul est directement observable (aspect maté- riel et physique), de prendre contact avec la majorité des melHeul's informateurs et de faire quelques sondages dans les domaines moins accessibles a des enqueteurs étrangers a la localité (ordre écono- mique, sensibilité, ordre idéologique, spil'ituel, etc",), Les campa- gnes suivantes on,t pour but de par!aire les ~tu,des ''jn profondeur sur les points interessants, d'affermu les statIshques et de scruter les représentations eol1ectives et les opinions. 289 Mise en forme. Lorsque l'enquete peut etre considérée comme ayant aUeint u!-l degré diffieile a dépasser et répondant en tout cas au but pr~pose, a lieu la mise en forme définitive, comprenant des l11onographles et un rapport généraI présentant la synthese de ces monogra-p~ics. Si l'enquâ¬!te. a été menée en équipe, eh~q~e éqnip}e.r peut redlger le chapitre concernant ses travaux, malS II faut eV,Iter, d~~s ce ~as, que le rapport n'apparaisse co~me Ul¡e rhapsodle .de, pleces ~e~a~ chées, sans lien entre elles. Cecl sera d· antant plus facllcment evlÃe que les bilans journaliers et de campagne anront été véritable!llent collectifs et l'ob.tet d'échanges de vues teudant a replacer ~ouJours ehaque spéeialité dans la perspcdive générale ethnographlque. Ce fapport sera utilement soumis a la critique des infOl'mateurs, En résumé nous ne proposons iei qu'un schéma des opératiops principales, mais I'enqucte, qui comporte des contacts avec les rea- , ." DES COMPORTEMENTS CULTURELS lités naturelles, physiques et psychologiques les plus diverses, ne se laisse, en réalité, pas informer par des regles trop rigides. Nous n'aurons pas tout a fait manqué notre but, si nous avons :pu per- suadel" nos lecteurs de I'efficacite des quelques principes Slllvants : - Ne manquer aucune occasion de s'informer et faire appel 3: toutes les possibilités que présente la situation des recherches elhnographiques en -'France; - Cl'éer des le début de l'enquele les organes essentiels de la r-echerche : dossiers, signalétiques. analytiques et journal d'acti- vité, et les maintenir a jour jusqu'a la fin, alnsi que les opérations de conservation et d'enregislrement des documents recueillis. Pour cela, meme pour un travail personnel, s'inspirer des méthodes. qui permettent le fonctionnement d'entreprises publiques. - Maintenir la sympathie el l'intéret des organismes et per- sonnes visités, en particllIier informateurs, en les teflanl au eou- rant des travaux' réalisés. - Saisir les occasions auec opportunité, tout en bouclant .le . programme tracé pour chaque articulatiQn de l'enquete.
  • ¡, 6. - Personnes et Organismes. Outl'e les personnes el organismes (Musée d'ethnographie. centres d'ethnographie ré~ionale. membres de Sociétés natianales ou locales, etc ... ) spécialises dans ces éludes : '290 Echelon universitaixe. Professeurs d'Université : ethnologie, hisloire régionale. dialec· tologic, géographie régionale, elc ... 291 Echelon déparlemental. Inspecteur d' Académie, directeur des services agricoles, pro- fesseur d'ugricuIture, ingénieur du génie rural, architecle déparle- mental, arcnivisle déparfemenlal, représentant du Minislere de la reconstruction, directeur des services de jeunesse el de culture populaire. direcleur d'éco]e normale, etc. '292 Echelon communal. 1. Le lJlaire quí doit elre informé de renquete entrepl'ise sur le tenitoire de la commune dont l'administration lui incombe. Repré- sentant ses administrés, son influence est décisive sur l'accueil fait a l'enquete a laquelle il peut, en outre,_ apporler le concours de sa connaissance de la sÃ-tuation générale de la commune el des pra- blemes de l'heure. , Cependant dans les communes d'une eedaine importance les nombreuses charges du maire l'empechenl parfois d'accorder audience a ]'enquetellr. Il est bon alors de s'adresser a ses adjoints ou au secrétaire de mairie. 2. Le secrétaire de mairie, sauvent l'instituteur, connaIt égale- ment la commune, son histoire et ses afIaires. C'est a Iui qu'il.faut s'adresser ponr avoir aeces aux archives communales (eadastre, listes de r-ecensement, etc ... ). 3. Le garde-champetreJ chargé de faire respecter la Ioi el en particulier les usages 1ocaux, fournit des indications ~nr les bati- ments el terrains communaux donl la garde lui est confiée, _sur le comportement juridique des habitants, sur la fréquence de la délin- quance et sa nature. Par aillellrs. c'est~ an meme titre queJe fae- teur, un guide précieux en ce qui concerne l'accessibilité des ddfé- rents points du terriloire communal, particulierement en habital dispersé. 4. Le facleur connan, par la fréquence du courrier qu'il porle, le vo]ume des reIations avec l'exlérieur. --
  • 236 GUIDE D'ETUDE DIRECTE Ces deux derniers sont sauvent les meilleurs ambassadeurs- aupres des habitanls de ]a cornmune, auxquels ¡ls annoncent l'arri- vée de I'enqueleur, le décrivenl cornme sympathique ou non, défi- nissent son travail en excluant l'hypothese d agent du fise ou autre controlenr ... Cette présentation influe parfois de faC(On décisive sur l'accueil fait a .I'enquete. 5 .. L'instituteur, sauvent secrélaire de mairie, bien pIacé pon\'" mesure!' le niveau cultureI du pays (analphabétisme, fréquentaUon scolaire, elc ... ), pour décl'ire 1'aUilude vis-a~vis de l'instrnction el des idées nOllvelles scientifiques, économiques, politiques ou pbilo- sophiques. 11 parlage avec le médecin des Viles concretes sur le mouvement démographique. l'hygiene enfantine et les soins appor- tés a l'élevage de l'espece humaine. 6. Le medecin est amené a multiplier les observations sur les. caractéristiques allthropologiques. sur I'état nosologique et démo- graphique de la communauté, sur l'hygiene et les représentations. coUectives concel'nant l'espece humame et sa culture (médecine populaire, alchimie, homéopathie populaire, etc ... ). 7. Les représentants du ou des culles suivent le compol'Ãement religieux et sont particulierement renseignés sur les représerita- tions col1ectives a l'égard du surnaturel. lIs sont tres sOliven.t, ainsi que l'instituteur et le médecin, férus de littéra.ture populaire et en outre détenteurs de documellts importants, ,tels que les Tegistres paroissiaux. 8. Le notaire est détenteur de connaissances et d'archives de premiere in;tportance sur le régime de la propriété, les classes. sociales, etc ... 9. Il faut citer encore le uélérinaire.' état du chepteI, techniques d'élevage et l'eprésentations coIlectives s'y rappol'tant; les repré- sentants des organismes professionnels agricoles ou artisanaux : techniques de production, ol'ganisation sociale et évolution du métier, ess~i de coopération, etc ... ; les artisans .' forgel'on, charron~ tonnelier, cilUtllriel'e, etc ... 11 sera tres utile de faire une tournée en campagne avec un artisan ou cornmer«gant livrant ou ,travail1ant a domicile (boulanger, boucher), quí fera les pl'ésentations a un nombre important de fermiers. Cette tóurnée aura I'autre avantage· de permettre I'amorce d'une enquete sur I'artisan lui-meme el de· constater son importance économique et sociale dans la conll'ée. Enfin le on les cabaretiers, spectateurs d'une part importante de la vie collective du pays et des loisirs masculins (cartes, quilles,. boules, etc ... ). Remarques. 1. Cette liste ne rappelle que les personnes qui par profession~ sont appelées a observer un état et un comportement collectif, avec, ponr chacune, l'ordre particulier de phénomenes on s'exercent son observa.tion.et son activité. Elle ne préjuge en rien de l'étendue des connaissances plus générales que peut avoil' acquises telle Oll lelle personne en :particu1i~r. e'est ainsi q:ue, tres souvent, institutenr, docleur, representants pu cuIte, notaue, sont par dilection folklo- ristes ou ethnographes, ainsi que col1ectionneurs. e'est parroi eux DES CürtrpoRTEMENTS CULTURELS 237 que se recrutent le ~lus généralement les él'udits locaux, les cones- pondants des sociétes savantes et les collaborateurs les mieux docu- mentés des recherches en ethnographie. On s'efforcera de détecler au plus vite des personnalités de ce genre, aUn de les intéresser a l'enquete. 2. 11 ne sera pas toujours nécessaire de voir toutes les pel'- -sonnes énumérées ci-dessus. Chaque enqueteul' s'adressera de pré- férence aux personlles s'occupant professionnellement de l'objet de ses recherches. Toutefois, deux raisons capitales doivent inciter le chercheur a étendl'e, autant que possible, ses invesligations : 10 I'étl'oite solidarité des phénomenes elhnographiques, en vel'tu de laquelle ]'un d'entre eux intéresse toujours plus ou moins les spé- cialisles d'autl'es aspects de la vie collective; 2° la nécessité de muI- tipliel' les témoignages en vue des recoupements nécessaires a 1'éta- blissement de la vérité scientifique. En tout état de cause, une enquete visanl a établil' une mono- graphie de vHlage ue devra avoir laissé échapper le concoul'S d'aucune des personnes énumérées ci-dessus.
  • ANNEXES a) Indications bibllographiques; b) Slatistiques nalionales; Archives commu- nales el déparlementales; e) Explicalion des planches; d) Planches.
  • i J INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES ALBllESPY (Marcel). FillallCCS et comptabililé des communes .... - Pal'is, La vie conununalc et départementale, 1938, imp. 23 cm., 671 pp. (: .. et des établissements de bienfaisance. Ouvragc contcnallt un répertoirc praLique des pieces jllstificatives de rccettes et de dépenscs a produirc a l'appui des comptes de gestiono Indcx analyLiquc : p. 643). Indique en . tétc de chaquc article les lois el décrets le conccfllant. AUGE-LAIUBE (Michcl). SituaLion de l'agricultul'c fran~alsc. 2" édiLion revue el augmclltée. Paris, Bergcl'-Levrault, 1947, 24 cm., 311 pp., XXVIII Cal'tes. (D'apres les documcnls olliciels. Cm'tes de prodllction par départcmenls, 1930-1939). AUGE-LARIIIE (Michel). Les statistiques agricolcs. in-Annales de géogra- phi e, n° 249, ~nrril-jLlill 1945, p. 81 (12 pp.). Examen critique. BEHTllAND (PiclTc). Le slalnt dll persollnel cOllllllunal. Pal"is, Lih. du Hecueil Si rey, 1946, 22,5 CIll., 270 pp. eoll. «Les c,lhít'l'S adminislralif.s. Nouv. serie ». . BLOCH (Camille) el HENOUVIN (Piene). Guidc de l'éludiant en hisLoirc lllodcrnc et conlcmporainc. Paris, Prcsses Univcrsilaircs de France, 1949, in-8, 144 pp., cité par R. Senners in-L'information historique, 11° -allnée, n" 4, juil.-oct. 1919, p. Hi2 (;\ pp.),
  • 242 GUlDE n'ETUDE DIRECTE COHEN (Mal·ce-l). Instruclions d'ellqllct~ Jinguistique. 2" édition revnc et augmentée. Puris, InstiLut d~cU.lI1olog1e.' 1950, 18,5 Clll. 144 pp. (Inslruc- Hons pour les voyagclIl's. BlbllOgraplllc : p. 5). CclUTIN (Pierrc). La 1Il0iSSO~l en Lin~aglle. (Colllpl~ re,ndu de con!crcnce a la Société d'ethnograplllc franc;ulse). In-Le MOls d ethnograplnc fran- ~aise, mars 1950, p. 21 (4 pp.). CRESSOT (J.) el TROUX (A.). La géograplüe et l'histoire 10ca.les. Paris, Ed. Bourrelier et Cie, c. 1946, 18 cm., 176 pp., ·ilg. graph., pIaos. CoIl. « Carnets de pédagogie pratique ». (Gnide ponr l'élnde du milieu). DAUZAT {Albert). Les noms de lieux. 9° mille. Paris, Lib. Delagravc, 1937, 18 cm., vlII-264 pp., VI. cartes; ColI: « B~bliotheq':1e des chcr- chellrs et des curieux :l. (Origine el cvoluhon. VIIles et vIllages, pays, cours d'eall, mOrltagnes, licux-dils. Bibliographie: p. 227. Indcx: p. 233). DAUZAT (Albert). Les noms de personnes. 4" édition. Paris, Lib. Dela- grave 1934 18 cm., vm-213 pp., IV carl:cs. Coli. « Bibliolheqlle des chercileurs 'et des curieux ». (OriRit~e el év?lutioH. Prénoms, Homs d~ familIe, surnoms, pselldonymes. Blbhograplue : p. 189. Illdex : p. 193). DAUZAT (Albert). Les patois. Paris, Lib. Delagrave, 1927, 18 cm., 207 pp., VII cartes. ColI. (Bibliotheque des cherchcurs el des curieux ». (Evolu- lion, classification, Mude. Bihliographie: p. 195). DION (Roger). Essai sur la fOl'matioll du paysage rural "fran~ais. Tours, Al'fault el Cie, 1934, 25 cm., 162 pp., 21 fig. (lndex :. p. 155). DION (Roger). Les frontiel'es de la Franee. Paris, Lib. Hach~tte, c. 1947, 22,5 cm., 112 pp., 17 p1. h. t. (lndex bihliographique : p. 107. Index géographique : p. 108). . DION (Rouer). A propos de géographie agraire : les faUs avant les Ihéories. In-Ann~les de -Géographie, oct.-déc. 1949, p. 339 (3 pp.). DEMANGEON (Albert). France économique et humaine. Paris, Lib. Armand eolin, 1946-1948, 2 vol., 29 cm. 899 pp" 274 fig., 2 carLes h. t. DUMON1' (Louis). La Tarasque. Essai de descriptioll d'un faU local d'un point de vue ethnographiqlle. Paris" GalIimar~, c. 1951, 23 cm.,.25~ pp., 12 fig., XXIV pI. h. t. eoll. « L'espccc humalllc 8 ». (lndex bIbhogra- phi que : p. 233. DUiUONT (René). Les lec;ons de l'agriculllll'e -américaine. Paris, Flamma- rion, C. 1949, 21,5 cm., 368 pp., ca~'le~ h. t., pI. phot., tabl. CoIl .. « La lerre, encyclopédi~ paysannc ». (Blbhographie ; p. 367. AppcndIce de Denis--R Bel'gnran). DVlIION'l' (René). Voyages en France d'un agronoIlle. Paris, M. Th. Génin, Librairic de Médicis, 25 cm., "466 pp. FALC'HuN (Franc;ois). L'hisloil'e de la langue bretonne d'apres la geogra- phie linguistique. Reunes, chez l'~lIteu!' (1950-1951), 2 vol.'. 22,5 cm . .' VIIl-261, 64 pp., 55 fig. (These preselltee ponr le Doctorat-es-lettl'es a I'UnivcI'siLe ·de Rt'nnes). FEllVHE (Lucien). La Lerre et I'évolution humaine. Paris, La Renaissance du Jivre 1922 20 cm. xxx-472 pp., 7 fig. ColI. « L'évolu~iol1 de ]'huma- niLé. 1 o ~ectio~. Vol. 4 ». (Inlroduction géographique a l'histoire. Index généralis : p. 461. Bibliographie : p. 449). DES COMPORTEMENTS CULTURELS 243 FEBVRE (Lucien). Le pl'obleme de l'incroyance au XVI" siccIe. La rcligion de Rabelais. Paris, Albin-Michcl, 1942, 20,5 cm., xxvlI-549 pp. CoIl. « L'évolution de l'hmnanité. LIII ». (Avant-propos de Henri Berr: Psychologie colleclive cl raison individuclle. Bibliographie: p. 503. Index : p. 535). FERRY (J.). Vévolulion économique d'une comIllune rurale depuis 150 ans. Veslud. Laon, Imp. du Courriel' de l'Aisne (1946), 24,5 cm., 99 pp., 10 cartes et graph. (Essai d'économie locale). FROMONT (Pierre). Démographic économique. Les rappol'ts de l'économie et de la ~op'ulat,ion da~s le. monde. PaTis! Payot,. 1947, 23 cm., 222 pp. Coll. « BIbliotheque sClCnhilqlle ». (Blbhograpllle: p. 219). GEORGE (Pierre). Géographie économique et sociale de la France. Paris, Ed. sociales internalionales, 1938, 21,5 cm., 273 pp., graph., 6 cartes. GAUTIER (Marcel). Tréguier (COtes-du-Nord). La Roche-sur-Yon, Henri Potier, 1947, 24,5 cm., II-118 pp., 16 ftg. el cartes, V, pI. phot. (Elude de géogl'aphie urbaine. Bibliographie : p. 109). GUIOT (Pau]). Thul'ins. Démogéographie d'uue commune de l'onest I):on- Dais. Paris, Armand Colin, 1949, 24 cm., 170 pp., 40 fig. ColI. «CahlCrs " de la Fondation nationale des sciences poJitiques. 10 ». (Préface d'An- dl'é Allix). HAblY (E.-T.). La vie rurale au xvmB si"ecle dans les Pays Reconquis. BOll- lognc-sul'-mer, G. Hamain, 1906, 21,5 cm., 66 pp., 1 pI. dépl. (Etude de sociologie et d'cthnogl'aphie). HAUDRICOURT (Andl'é-G.) et JUILLAND (A.-G.). Histoire structurale du pho- nétisme fran~ais. Pal'is, KIincksieck, 1949 (?), in-8, 160 pp., 20 cartes. HURER (Michcl). Eléments de technique statistique. Paris, Hermann et Cie, 1943, 25,5 cm., 213 pp., 26 :lig. Coll. « Act':1alites sci~ntifiques et in~us­ tl'ieIles 950 ». (T. II du Cours de statishque apphquée a~x afIarres. En-tCJe : Institut de statistique de l'Université dc Paris. BiblIographie ; p. 189. Index nominum el rerum ; p. 199). JOANNE (PauJ). Dictionnail'e géographique et administratif de la France. Paris Lib. Hachette, 1905, 7 vol., 32 cm., CLXIII-IV-5.471 pp., 450 grav., 18 p( 16 pI. color. h. t. (Publié SOllS ]a direction de ... Introduction d'Elisée Reclus). . LAGRANGE {Andre). Enquete sUl'les techlli
  • 244 GUIDE n'ETUDE DIREeTE LEROI-GOURIIAN (André). Evolution et techniqucs. Pads, AibiLn-Michel,. c. 1943-1945, 2 vol., 19,5 cm., .86S, 512 pp., 1.164 de"., XXXIV ,pi. Coll. « Soiences d'aujourd'hui ». (Dcssins de l'auteu!'. T. 1: L'homroe et la 'lllaW:rc. - T. n : Milieu et lcchniques. Index : T. Ir : _p. (95). LÃVI-STRAUSS (Clande). Les structures élémentaircs de la parenté. ParIs, Presses Universitail'cs de France, 1949" 23 -cm., xIv-640 I)P., 88 fig~ Coll. « Bibliotheque -de philosophle ,contemporaIne ». (Index : p. ·61.9). LEVRON (Jac::¡ues). Comment préparer une étude d'histoire cornmunale. Esquisse d un plan de travail. Grenoble-Pul'is, B. Arthaud, c. 1.941, 18 cm., 95 pp. MAGE'l' (Mareel). Les rccherchcs .'cthnographiqucs el l'étude dll milieu humain. In~Bulletin officiel de l'Education nationale, 21 déc. 1946- (3 p.). MAGET (Maree]). Le « pain bouilli » a Villar-d'Aréne (Hautes-Alpes). In~Archives suisses des traditions pupúlaircs, t. XLV, 1948 (38 pp., 10 phot., graph., plans). MAUSS (M.). Soclologie ct anthropologie. Pa,ris, Prcsses Universitaires de France, 1950, 23 cm., 389 -pp. Coll. « Bibliothcque de soclo1ogie contem- poraine ». Intl"oduction it 1~reuvl'e de M. Mauss par Cl. Lévi-Stranss. MAUSS (Maree]). Divisions et proportions des divisions de la sociologie. In-Année sociologique, Notiv. serie, t. JI, 1924-1925, p. 98 (79 pp.). MAUSS (Marcel). Fragmenls d'un _plan de sociologie génerale descriptive, in-Les anuales sociologiques, serie A, 1934,:p. 1 (56 pp.). MAUSS (Marcel). _Manuel d'ethnogr-aphie. Méthodes d'observation .... Pari&~ -Payot, 1947, 23 cm., 211 pp. CoB. «Bibliothequc scientifique ». ( ... mor- vhologie sociale, technologie, phénomenes esthétiques, phénomenes. cconomiques, phénomimes juridiques, phénomcncs ,moraux, phéno- menes religieux). MENON (P.-L.) et LEQOTTE {R.). Au village .de Fr.ance, la v.ie .traditionnellc- des paysans. Paris, BourreHer et oCie, 194-5, 11t5 cm., 212 pp., phot. ill., musiq. notée.- PAnAIN .(-Charles). La notion de regime ~graire. (Compte rendu de con- ferene:e a la '~ocié~e d'ethnographic Jraw;aise). In-Le Mois d'ethno- grap'hIe fraogalse, 1950, n° 9, p. 95 (4 'PP·)· PUAULT (Lo). Les baux ruraux. Paris, Fédérabon nationale de la propriété agr-icole, 1950. (Recueil des tcxtes législatifs -cn vigncur au l el' mars 1950). REVEJ. (Maislre Charles), L'usage des Pays de Bresse, Bugey, Valroorey el Gez, lcurs statuts, stH et édits, ... par ... , advocat an Bailliage -de Bresse. A Mascon, ,par Simon .Bonard, 1'665 ( ... diuisé en deux Parties. La premicre, contient lesdits Statuts, auee des Notes sur iceux, -Et la Se conde, Diuerses Questions, Pratiques sur leur vsage d'apresent. Povr tovs cevx :qui entrent av Barreav, Advocats, Procureul's, Chas- . teIlains, Notaires, etc.). RIVE']' (Paul). V. L'Encyclopédie. RIYIE:RE '(Georges-Hellri). Notes sur les caracteres esthétiques de la mai-' son rurale. (Ci-dcssus Tcchniqlle et architedure, p. 25). RIVIERE '(Geol'ges-Henri). Réflexions sur le mobilier .rural traditionnel en Francp.. in-Arts ct Industrie, 1946, fasc. IV, _p. 11 (6 pp., 1 pI. h. t.~ 28 fig.). DES CQMPORTEMENTS CULTUHELS 24. SAINT.JA-con ·(Picl'l'c de). Etndes sur rancienne conllllunauté rnrale en Bour~og.ne. In-~-~nalc~ ,~e ,Bourgogne, t. X-IlI, 194t p. 16{). (1. Le vil- lagc .. les co.ndItlOJlS Jundlques de l'habitat. 34 pp.). - T XV 1943 p .. 173. (1I. ~a strucL'll-~e ,du manse. 12 'pp.). - 1': XVHI 1'946 ' 23'1' (nI. ·La banhoue du vmage. 1'4 'pp;). ' , p. .. SATET l (Rol?ert) -e~ PIEL-DE.sumssEAux (Jcan). ,Commeut analyser une cxp o~tahon a~nco!e. Pafls, I.o..S.~.A., 1946, 21 ,cm., 47 pp. ColI. « Pu- .blrcatlOlls de I'Ins~l.tut d D("galllsat~oll Scicntifique du Travail en Agri~ .oulture. _5 » .. (Pubhe SOllS les ausplccS du- Bureau .d'études pOlll' :l'équi- pemellt rural). SHAW (Anne-G.). Int,roductiOIl a la .théorie et a l'application de l'étude des .mouvemcnts. Pans, C.E.G.D.S., 1947, -SO cm., 44 pp., '22 fig. SOBhOyL (Albert). Esqui.sse d'un J?lan de ree;herches ponr une monogra- p !e de communaute l'urale. In-La Pensee. Nouv. série na 13 juil- aout 1947, p. 34 (15 pp.). ' , SOBouI; (Albert). Utilisation des documents d'archivcs. in-Techlliques et archlfecturc, 1947, nO G 1-2, p. 60 (5 pp.). SOÃnE (Max.)., Les fondemcnls de la géographie humaine. Paris, Lib. . rmand Cohn, 1947~1948, 2 vol., 25,5 cm, 447 608 PI) 31 25 fiO' cartes ct.~a'ph. (T. l~ : Le~ fond'ements biologiques. '- T. i': L'es forfd'emenls tec l mques, 1 parhe: Les techniques de la vie sociale les tcchniques eL a geographie de l'énergie, la conquete de l'espace. ' SUTTEll (Je~n) et TAllAR (Léon). Fréquence et répartiLion des mariaues consangmns en France. In-Populabon 1948 IV oct-déc P 607 (24 pp. labl., pp. 624-630). ",..,., - La mesure ,dc l'cndogamie et ses applicatio. ns démographiques. J Soco Skt. de Pam, 1951, 10-11-12, pp. 243, 267. . -h[ffeLs de la. ,consanguinité et de l'endogamie. Une enqucte en Mor- pp. 219_~6tOlr--ct-Cher en Population. Paris, aoUt-Juin 1952, n° 2, TARO:EU (Suzanne). :Meubles régionaux datés. Paris, Vincent Fréal et Cie 1900,2.7,5 cm. m-32pp., 188 graph. h. t., 162 phot. h. t. ' THAnAl!~T (Roge;-): Mon vi1l~ge. Ses hornmes, ses ,routes, son écolc. (MaZIeres-en-Gahne. Deux-Sevres). Paris, Lib. Delagrave 1944 225 2d5~ pp ... car.te tront. (1848-1814, l'ascensiOlI d'un peupl~. Préluce' d~n:;,~ re Alhx. BlbhogrQPhie : ,p. 249). T¡CAT (~eari. Espoey, -village béarnais. Sa vie passée et présenLe. Pan, m~. e ndépenda'Ilt, 1947, 20,5 cm., 140 pp cartes plans graph _ti:u~s)~onOgraPhie. Bibliographie : p. 133. No;';'breux 'tablem_{x' statis·~ VApl,O,IS -(~e~ri-V.). A~thropo~ogie de ]a pepulatiol1 fram;aise. Toulouse- P=yr~sJ» D(lfld~l' 19b4·b3'I.lmp. h1? 5 -cm., 132 pp., 7 :fig., col. «oConnais -ton . n ex 1 IOgrap lque: p. 127). VAN GENNEP, (Arnold). Manuel de folklore fran~ais contemporain Paris 4ugllste Plcard, 1937-1949, 6 vol. p_arus, 23 cm. (Dans l'ordrc d~ par,,: hon: -~.T. III. Questionnail'es. Provinces .et pays. 'Bibliographie méthodiq.ue. - T. IV. Bi.bliographie méthodique (fin). Index_rles noms d"anLeurs Index par provlnccs. .
  • 246 GUIDE n'ETUDE DIRECTE _ T. l. Vol 1. Inlroduction générale et premiere partie. Du berceau á la lombeo (Naissance. Bapteme. Enfance. Adolescence. Fian~ai11es) : Vol. 2. Du berceau a la tombe (Mariage. FunéraiUes). Vot 3. Ceremonics périodiques cyenques. 1r ⢠partie. Carnaval. Careme. Páques. Les cerémonies périodiques cycliques et saisonnieres. 2" par tic. Cycle de Mai~La Saint-Jean), etc .... VAilAGNAC (André), Définition du folklore. Paris, Soco d'éd. géogra- phiques, maritimes et coloniales, 1938, 22 cm., VIII-67 pp., 10 pl.-h. t. WALLON (Henri). De l'acle a la pensée. Essai de psychologic comparée. Paris, FlarnmarioD, c. 1942, 19,5 cm., 253 pp. CoIl. « Bibliotheque de philosopbie scientifique ». WALLON (Henri). Les origines de la pensée chez l'enfant. Paris, Presses Univcl'sitaires de France, 1945, 2 vol., 22,5 cm., xVI-308-XI-451 pp. CoIl. « Bibliothequc de philosophie contemp0l'aine ». (T. 1: Les moycns intellecluels. - T. II: Les táches intcllecluelles). Anonymes: Ariñuaire du comillerce Didol-BoUin. Paris. (Répertoire des communes avec leurs principales caractéristiqucs y compris ceUe du COllrant électrique). Architectul'e régionale. in-Technique et architecture, 1947, 'no s 1-2 (64 pp., pho1., des-s., plans). Atlas de France. Pal'is, Ed. géographique de France, S. d., 51 ~m., 82 pI. double h. t. (Publié par le Comité national de Géographic). Déconverle aérienlle du monde. Paris, Horizons de France, C. 1948-. 29,5 cm., 414 pp., pho1., pI. phot. (Publié sons la dircction de Pan} Chombart de Lauwe. Préface de E. de Marlollne. Textes de Paul Chom- bart de Lauwc, Pi erre Crochet-Damais, Pierre Marthelot," Mareel Griaule, Michel Parent, Charles Morazé, Capitaine SchIienger. Biblio- graphie sommaire : p. 412). Etudes de sociologie électoralc. Paris, Lib. Armand Colin, 1947, imp. 24 cm., 90 pp. CoIl. « Cahiers de la Fondation nationale des sciences poli tiques ». (Fran90is Goguei}. Avertissement. Charles Morazé. Quelques probJemes de méijlOde. R. B. Mc CaHum. L'élection générale britannique de 1945. Gabriel Le Bras. Géographic élecloralc et géogra- phie religieuse .. Pierrc Geor.ge. E~u.de préliminaire des conditions ~co­ nomiques et SOCiales de la VlC polllIque dans une commune de la Semc, Bourg-la-Reinc. Elements de bibliographie : p. 88). Géog,raphie. Paris, Presses Universitaires de France, 1946, 22 cm., 104 pp., 3 cartes dépI. h. t. CoIl. « Manuel de Ja rccherche docmuelltairc en France, t. JI, 1te partie, 2" section » â¢. (En-tete: Union fran9aise des org.anismes dc documenLation. Directeul' de publication: Emmanuel de Martonne). Inventaire des ressources de l'économie fraul,;aise. Pal'is, Prcsses Univer- sitaires de France. Nt..·méro spécial de « ELudes et conjonctmc ». 2e année, nO& 14-15-15, sept.-nov. 1947, LXIII-280 pp., graph., tabl. (Insti- tul national de la statistique et des études économiques). L'Encyclopédie fran¡;aise. Tome VII, l'espece humaine. Paris, Comité de l'Encyclopédie fran¡;aise. (Lib. Larousse), C. 1936, 31 cm., pI. phot., tabl., cartes. (Directcur de pllblicaLion : Panl Rivet). DES COMPORTElrfENTS CULTURELS 247 LE "MOIS n'ETHNOGRAPHIE FRAN(}AISE. BuJlctin de la Sociélé d'clhnogra- phi e franc;aise. 10 fois par ano Paris, Sociélé d'elhnographie frun~aise, Musee national des arts el tl'aditions populail'es, Palals de Chaillot, 1947-1952. Les bibJiographies des ouvrages indiques ci-desslls renverrolll a des series lelles que les Voyages en France OH diverses régions (provinces, départements) de France, publiés surtont de la fin du XVIII" a la fin du XIX"; 2° les annuaires ou almanachs statistiques, historiques et commer.,. ciaux, départementaux publiés depuis le débul du XIX" et I'Annuaire sta- tistique publié par l'Institut National de la statistique et des Mudes éco- nomiq:ues; 3° la France ]littoresqlle de A. Rugo; 4° la serie des mono- graphICs régionales de l'école fralll;aise de géographie telles que R. Dion « Le val de Loire », A. Demangeon « La Picardic », etc ...
  • STATISTIQUES NATIONALES Rccensement général de: 1'a population effectué le 10 marso :1946-. Publica- tions de l'Instilut naliona de la statistique et des études économiques. Dircction de la :statistique générale. Eta~ civil et act.iv~té pro~essionn~lIe ~e ]a ~opulation préscnte. Premiers resultats détaI1les. Pans, Imprlmene NatlOuale, Presses Universitaires de France, 1949, 27 cm., LIx-162 pp., XII tabl. Dénombrement de la population 1946. Paris Imprimerie Nationale. Press~s Universitair.es. d~ France,. 19f~, 26 cm:, 925 pp., tabl. (en colla~ borahon avec le Mlfllstere de IInteneur. Popnlation des communes cantons, arrondissemcnts, départements). ' (Résultats statistiques du recensement général ... ). - Vol. 1. Population légale ou de residen ce habituelle. Paris, Imprimcrie Nationale. Presses Uuiversitaires de France, 1948, 27 cm., 162 pp., X-XII tabl., 1 carte dépI. color. h. t. (Ap]?endice : Population des terri~ toires franc;ais d'outre-mer et des pays etrangers). . - Vo~. VI. I;labitations. 2e parti~. l\-f~nages et 10gements. Paris, Impri- mcne Nahonale. Presses UlllversItaires de France, 1949, 27 cm. XLIlI-393 pp., tabI. - V~l. VI~. ~xploitations agricoles. Paris, Imprimerie Nationale. Presses UmverslÃ-mres de France, 1950, 27 cm. LXIV-CCLIX pp., XII tabl., 11 C"liI-rtes h. t. . Tableaux (I-XI) pour la France, par départements et par régions as:r.lcol~s, .donnant les relations entre différentes caractéris,tiques : acti- vlte prmc1pale,. per~onnel to.tal (I?atroll exclus), main-d'reuvre familiale, ~alanes, sexe, :ntuatlO~, 9.uahficatlOn du personnel, roo de de faire valoir, Importan ce de I'cxplOltatIon. Tablean XlI : population vivant de l'agriculture dans communes de moins de 10.000 habitants. La st~ucture des exploitations agrlcoles en France. Pal"is Imprimerie NatlOnale .. Presse~ Ulliversitaire~ ~e France, 1949, 23,5' cm., 64 pp., tab!. (Inshtut nahonal de la stahshque el des Mudes économiqnes). Hésultats statistiques d'une enquéte sur la propriété batie daos les com- !llunes rurales. Paris, Impri:r,nerie l'!ationalc, 1947-1950, 15 v., 27 cm., dI. grap.h., tab!., cartes. (InstItut nahonal de la statistique et des études ,-.~ éconornlques et Direction générale de I'aménagernent du territoire). RésI~ltat~ statistiques d'ulle enquetc ~ur la propriété bitie dalls 61 agglo- merahons de -plus de .30.000 habl,tallts. Paris, Imprimcrie Nationale, 1947, 27 cm., 387 pp., dI. graph., tab!., cartes. (Institut national de la statistique et des études économiques et Direction générale de l'urba- nismc et de l'habitation). DES COltIPORTE~mNTS CULTURELS 249 Régions géoaraphiques de la France. Paris, Imprimerie Nationale, s. d., 27 cm. XII~638 pp. 1 carte dépI., color. h. t. (lnstitut national de la sta- tlstique et des etudes économiques). Statistique agricole de la France... Résultats généraux de l'enquetc de 1929. París, Imprimerie Nationale, 1936, 26 cm. 803 pp .. tabI. ( ... pu- bliée par le Ministere de l'Agriculture. Direction de l'Agnculture). Tableaux par départcments pour : 10 Cultures;. 2° ,Production. ani- maleo 3° Economíe rurale (soIs et cultures) : mam-d ceuvre agncole, artis~ns ruraux, outiUage agricole, propriété' fonciere, fertilisation des soIs, associations agricoles, industries agricoles, renseignements généraux, {productions et valeurs). Archives communaIes. Liste nominative de recensement établie en double exemplaire a l'occasion de chaque recensement de population depuis 1801 (sauf 1811, 1871 (1872), 1916, 1941)¡ un exemplaire esl déposé a la commu~e, l'autre aux archives départementales (sauf pour 1946, un seul exemplaLre A la cornmunc). Comprend deux parties : 1 ° Liste nominative proprement. dile : I?ésigllatioll. des quartiers, vilIages, hameaux; des rues dans la vlll~; numero, d,es mals0,!lB, ména~cs, individus' noms dc famille; prénoms, age ou anuee de nmssance;- heu de naissa~ce (le' plus souvent, entre autres: 1872, 1881, 1906 a 1936); nationaHté; situation par rapport au chef de famiUe¡ professi~n; indica- Hon de la qualité de « patron » ou du patron chez lequel travaIlle la per~ sonne recensée. 2° RécapituJ-ation (verso de la dernicre feuille) : A. Tableau récapi- tulatif de la population inscrite et répartition en populatiou agglomérée (par quartiers, sections, rues du chef-lieu) -et population éparse ,(par sections, hameaux, fermes et habitations en dehors du chef-Jieu) ; nom~ bre de maisons, de ménages, d'individus, de Fran¡;ais, d'étrangers. B. Tableau récapitulatif des populations comptées 4 part : militaires, hopi- taux, prison, asile, école ... ). C. Récapitulation genérale : comprend pou,r la plupart une récapitulation par sexe ,et age, malheureusement suppn- mee dans aes plus récentes. Liste éleclorale. Composition variable selon les époques, indique généralement : noms, prénoms, age OH époque de naissance, profession, domicile. Cadastres acluels : A. -Cadastre « napoléonien ». Etabli (en application de la loi du 15 seplembre 1807) a des dates variables seloo les régioos s'échelonnant entre 1808 ct 1850. B. Cadastre révisé (loi du 18 avril 1930)', en cours, achevé ponr un hon nombre de cornmunes. Trois ordres de documents : 10 plan cadaslraI. Tablean d'assemhlage (territoire cornrnunal, sections et feuilJes, généralement au 1/5.000 ou 10.000°) .et feuilles parcellaires (découpage dú- lcrritoire communal en sections, lieux-dits, parcel-les numérotCes-; éch.~IIes, selon ,élendue mOy~llne des parcelles", du 1/5.000- au: 1f500}. 2° Registre des etats de sechon : répertoire des i>"arcelles, par sections comportant nurnéro de parcelIe, contcnance nature de culture, cIasse, revenu imposable, indication d'ap- partenance: 3° Matrice cadastrale : une case par propriétaire (par ordre alphabétiquc) indiqnant: 10 pour chaque parceIle.: numero de plan, section, lieu-dit, contenance, nature, classe, revenu lmposable, dates et cases d'entrée et de sortie des parcel1es fais,ant robJet de mutations; 2°
  • 250 GUIDE n'ETUDE DlllECTE - R.é~apilul~tÃ! de l~ surface tota,le de ·]a propriété, (~U ~cvenu impasable, reVlSI?n~ a 1.o~caslOn des p~utahons. Cada~l~e, napoleOluen : deux parties, proprlétes batIes el non bahes; cadastre reVIse: une seule malrice a feuil~ lets roses (bMies) el blancs (non baties). Cadaslres spéciaux : A. Dépa~t~lllent de la Seillc (pour mémoire), B. AIsace-Lorrumc : cadastrc l'éVlSe sous l'occupation aIlemande (loà du 31 mars 1884). Ces doculllEmls, a I'exception des etats de section se b'onvenl en doublc a. la Direction départcmcntalc des Contributions 'Dircctes. Ancicll.s documents cadastraux ~ certaines régions : A. Savoie, HauLe-SavOlc. Plan cadastral el matnce (tabelle) établis entre 1728 et 1738 (arch. departo ct-
  • 252 GUIDE, zlETUDE. DlRiECTE o~ Admi;nislratioll' et comp~abilité' eommuna.]es; bfttiments el biens, com- munaux (classement habItucl par communes~~ P. Finances; eadastre, p(i)ste-s, et telé-graph'cs; eau;x, et fOL'els. Q! Domain'â¬B, regist,pcs: de- llcnreghrtrement. R. Guerres el afraires militaires. S. Travaux publics: routes, cours d'eau, chemins de' fer (classement hab;i,tu.el par. communes) .. p: ltng.fruclion publique;: beaUJX:-ait&, monlIllllints histolliques. U. Administration de la justice. V. Cultes; fabriques paroissial'es' (cl'assement habituel par communes)\. X. Hospices et établissements de bienfaisance. Y. Etablissements de répressi"on. Z. Affaires diverses. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE 1. Fig.l. Le foyer, un des lieux les. plus significatifs de la maison. Dans· eeHe ferme, dont le plan est des plus nsités daos le canton de Bréccr (Manche), la cuisinc se faH en majcurc partie a I'atre el tout le maténel culinair-e est d'origine artisanale: chaudron de Villedieu-Ies- Poelcs, trépied, tuile el pelle a galette de Tinchebray, souflel de Sour- deval. Agauche, apparail la callcurrcllte, la cuisin¡{~r.e avcc son équipe- ment de casscrolcs de fabrication induslrieIlc, mais elle n'esl pas encore d'usage courant comme daos d'autres fermes ou eHe a pris définitivemenl place devant l'atre condamné. Sur la hoHe de cheminée, a cOté des images el statuettes de piété, les principaux témoins de l'hisloire familiale ~ pho- tos de mariagc, du maltre de maison en tenue militaire, el les souvenirs de quelques voyages ainsi que des cartes rec.;:ues des amis. Au premier plan, la table de poirier a tirette. (Ph.-M. Magel, 1943). PLANCHE 11. Relevés architecturaux de la ferme de la Grosse Rache a Saint-Hip- polyte (Daubs). Eoquete par P. Henry, architectc, du 30 navernbre au 5 décembre 1942. (Enquéte d'architecture régionale). 52 hectares en 24 parceIles groupées. Fig.2. Plan de situatian de l'ex,Ploitation par rapport aux caractéristiqlles géographiques (falaise jUl'ass1que et Doubs, aux chemins ruraux el aux par..celles de l'exploitation, principalcment prés, pfttures et bois. Fig.3. Plan d;e masse du bátiment (pentes des teits, I:evées de grange) et d'e son environnement irnmédiat (potager" verger, abreuvoir, arbres divers ... }. Fig. 4 el 5. Ces coupes d'élévation devraient venir apres les plans, elles sent placées id pour répondre aux nécessités de la mise en page' dans un espaee restreint. Elles donnent l'organisation des diverses parties de la maison ~ cave;. étages. d'habitaliion sur la fa.l}ade; éGurie- d-erriere, le tout surmonté pan le vaste volume de la gran~e; qui, remIllie' de" fourrage; sert d'isolan.t thermique. ReIllllL't¡.uer- les· drspasitifs d'éeon-emre d'cfl'orts: « levéelo de grange permettant l'acces direct. des v0itures chargées dans la grange, les « bourranges » d'abattage du foin dans les locaux animaux.
  • 254 GUmE D'ETUDE DIllECTE PLANCHE lIt Fig.6. Plan de l'étage principal·: en fa~ade cuisines, chambrcs ou «poeles » (profitant du fen des cuisines grace uu disposiLif de la « platine 1»); der- rIere, écuric, étable (peot cOlltenir 40 bétes), pOl'cherie, remisc. Alimcnta- tion en eau par pompe daos :la grande cour. Fig.7. Plan de l'étage supérieur : 2 grandes chambres, dont l'une est chauf- fée par le conduit de fumée; grenier avec coffres a grains; grange. Fig.8. Plan du SOUH¡ol : cave et chambre a fromage voutées en herceau perpelldiculaire a la fa~ade; chamhre a four et four, dans une piece aLtenante, ces deux voutées en are.te. PLANCHE IV. Fig.9. Fa¡;ade principale donnant sur le Doubs; on distingue" les quatre Mages. Au-dessus des fenCtres, orifices d'aération de la grange. Symétrie a peu pres absolue. Fig. 10. Fa¡;ade Est. De gauche á droite : portes d'acces a l'habitation, d'écurie, de grange sur la « levée » de remise. Fig. 11 ti 14. Détails de construction de la porte de la grange (fig. 11), de la porte de l'écude (fig._12), de la porte du logis (fig. 13) et d'un faux cIaveau. Exemple d'étude de détaiIs portant sur les structures architectoniques, les proportions qui semhlent avoir été appliquées intentionnellement (nombre sim~le en pieds, ouverture consLruite sur le cercIe,,,.) et les élé- ments d'esthetique voulue (claveau, coloucHes, etc ... ). Cette ferme, cons~ tl'UÃte en 1787 pOUI' le couvcnt des Ursulines de Saint-Hippolytc, porte l'empreinte d'un maÃtre d'ccuvre, architecte 011 maUre ma¡;on. Elle est con- forme au typc régional quant a S011 organis:Uion générale, mais s'en dis- tingu~ par un souci esthétique marqué, influencé par les styles cIassiques. Ces relevés montl'ent cornment Oil peut passer de la vue d'ensemhle situant l'instrument de tr"avail daos son environnement géographique a l'-examen des caractéristiques de style par la garnme de plans a écheIles appr?priées aux niveaux d'analyse successifs. DES COMPORTEltlENTS CULTURELS 255 PLANCHE V. Fig. 15. Barbenlane en Provencc se compose, dans son agglomération prin-. cipaIc, de maisons a plusieurs étages, serrées les unes contro les autres sur des ruelles tres étroites, dominées par la tou~ du, cháteau,. Du som- met de ecHe tour, OI'L décollvre l'autre aspect de 1 habita!, celm des m~s dispersés daos la vallée de la Durance an ruilieu des cultures de pn- meurs abritées du Mistral par des « abris » de roseaux et des cypres. (Ph.-M. Magel, 1938). Fig. 16. L'nll des mas les plus anciens. de la vallée, !e « mas du P~ge.Ol~n~er », a toil a faible pente couvert de tUlles canal, presente les caracterlshques 'locales les plus courantes. (Ph.-G.-S. Pison, 1938). Fig. 17. Pour rendre compte de la physionomie d'ensemble de l'architecture locale, il est bOll, sallS ignorer systématiqueme.nt, les cartes postales e:;cis- tan tes, de prendre uu moins une photo des dIlferents autres types d a~­ chiteclure en l'occurence cclui que I'on rencontre au bourg, y comprls les consb'~ctions de sLyle plus ornemental et qui, bien ~e rares, n'en constituent pas moins un ~Iéme~t essentiel d~ déco~ d~ la Vie de la hour- gade, telle eeUe maison a 10ggIa du XVIO slecIe sltlIec sur la place de l'église. (Ph.-G.-S. Pison, 1938). PLANCHE VI. Fig. 18 ti 21. Dans l'étude de ce coffre, utilisation de la photo frontale (minimum de déformation de I'ensemble de la face décorée fig. 18); du dessin tech- nique donnant Jes détails de la construction, d'ailleul's rudimentail'e (fi~. 19); du frollis des parties décorees ou apparaissent nettement les aretes sUI!erficielles des incisions ainsi que - il s'agit de m~li~ze - le fil du bois (lig. 20); des releves de moulurcs par moulage plashque Cfig. 21). Coffre du Queyras (daté 1741), relevé au Musée de Gap par M. Boulin, 1943. (Enquete sur le mobilier régi()~a1).
  • 256 6umE nJETUDE DIRECTE PLANCHE VII. Fig. 22 nc sont pas superflues ~our décrire cet instrument appal'ernment simple. De nom- hreuses sechons sont données des différenles pieces de hois et de fer. (Dessin P. Soulier, 1944). PLANCHE VIII. Fig. 27 el 28. Mise a plat et schéma de montage des pieces d'un gilet féminin de Pont-I'Abbé (Finistere). D'autres .figures, n'apparaiss.ant pas ici, dOll- nent les détads de couture; des SIgnes renvoient au répertoire des ma- tieres utilisées : drap, velours ... Fig. 29. Détails de hroderies du meme gilet. Outre les motifs et leur dispo< sition, les points sont notés dans leur structure et 11 lenr échelIe. En effet, si les points 1 a 4 sont classiques (points de chaussoo, de chaineUe etc ... ), le poiot 5 ne rest paso D'autre pa,rt, l'écheIle indiquant le rapporl de la grosseur du fil -a ceUe du point restitue un élément de « style » ce qui D'est pas négligeable en l'occurence, puisque, en l'espace d~ cent aus, on voit ,s'épaissir considél'abJement la broderie locale. (Dessin D. Lailler, 1944). DES COMPORTEMENTS CULTURELS 257 PLANCHE IX. Fig.SO. Le costume de Pont-I'Abbe. Coiffc en lin a « bigou ) vers 18i10. ·La partie antérieure de la coiffure se termine en pointe ou « bigou ). ·(Document extrait de la -Galerie :ar.morica.ine. 'TIexte de .J.-C. Le -MederJ -gravures de Elip. Lalaisse. Nantes, 1B50?J,. Fig. 31. 1946. Sur le marché de Quimper. A droite, coi~e de Pont-I'Abhé, au milieu, coiffe de Quimper. Le costume aciuel de Pont-l' Abbé jouit dJurre publlcité qui tend a en faire le costume de tonte la Bretagne et depuis des temps anciens. La réalité est autre. Loin d'etrc génér-alisée, ceUe forme est surtout discriminante : dans le cadre d'une attitude plus générale d'attachement au port du 'costume Tégional, les Bicoudens en font UD s-igne de particularisme ilocal, :qui les distingue :des :ha:bitants .des . villages' voisins. (Juant a l'arrcienneté, eHe est 'toute ,relative, ;cornme -Oil voit: la tradition -vivante It"est opas irnmdbHe 'et pour trouver des .cons- tantes a travers "les -formes qul -s'echelonnenl au ,cours ,des 'ages, il :faut au moim connaltre ces formes eJ ne pas se tenir a des comparaisons superflcielles. UtiIité du document concret. Si les gravures, mimaiures el sculplures, sont a soumeUre a un rigoureux examen critique, ils consti- tuent cependant de meiUeurs instruments de conoaissance que les, allu- sioos ou descriptioos vagues. (Ph.-D. Lailler, 1946). PLANCHE .:1. Matieres. Fig. 32. La photo est la techoique la plus .efficace pour fixer la ma,tiere ·daos se.s formes périssahles. Le pain, et ses formes ré~ionales, en est un des meiUeurs exemp-les. 11 's'agit ,ici -de pain fabrique a la ferme a _Brécey (Manche). Les mich,es sont 'mises a -refroidir sur une ,planche du fournil construit 'en torchis, -mItre 'lUati~re ;qui tend '11 ,disparaitre. (Ph,-M. Maget, 1945). Fig. 33. La malü~re en voie de transformation. A Villedieu-Ies-Poeles, un fonds de 'cane ~a lait en cuivre, apres le troisierne battage. On aper¡;oit la différeoce entre impacts du martean a hattre et du marteau a rétrcilldre. Les premiers vers l'inlérieur sont ronds, les autres ovales et pl'esque rectangulaires. 00 distingue également les deux traits de campas délirnHallt les zones a batlre. (Euquete de l'auleur sur les chaudronniers de Villedieu-Ies-Poeles avec le concours de R. Seoevat, architecte, et de P. Delalande). (Ph.·M. Maget, 1943).
  • 258 GUIDE n'ETUDE DIRECTE PLANCHE XI. Fig.M. Prise de l'outil el de la matiere a travailler, el mise en place de l'outil sur la mati~re. La serpe lravaiHe en biaii el en' remontant, dans cettc technique que supplante la laille an secca.teur. (Enquete d'A. Lagrange sur les techniqucs viticoles en Bourgogne, entreprise en 1937, el dont les résultats figurent au Musée du Vio de Bourgogne, réalisé a Beanne par -G.-H. Riviere). (CJ.-P. Balmes, 1946). Fig.35. Mouvement arrété. Le manque de lumiere n'a pas permis de prcndre en mouvement ce travail de retreinte du fonds de « cane ». Les posi- Hons sont justes, y compris ceHe du martcau a rétreilldre, mais l'avant- bras droit arrété trayaille a l'inverse du mpuvement de: frappe. De telles photos sont nécessaires, mais il est recommandable d'indiquer les condi~ lions de prise. (CJ.-M. Magel, 1943). Fig. 36. Position générale de l'artisan, assis sur une chaise, une toile proté~ geant sa jambe droite. Tressage de « galles » de bourdaine entre les 17 «píquets» de chataignier. A La ChapeIle~des~Marais en Grande~Bl'U~rc ·(Loire~Inférieu'reJ. P. Lelü~vre, vannier, 68 ans, est également un remar- quable chanteur e.t conteur, exemple caract,!!ristique de polyvalence el de participation « individuelle ~ aux divers aspects de la culture locale. (Enquete el eJ. de Dailler, 1943). Fig.37. Angle de vue se rapprochant de celui de l'opératellr. A La Borne '(Cher)~ montée d'un pot a Jait -de deux litres, au tour électriquc disposé a la meme hauteur que ,le tour au baton, qu'il -a remplacé. En face, la ter~ rine, de barbotihc. Instruments de controle: le trusquin de I'opérateur et, sur le rebord de fent'Hre, la serie des jauges. Vatelier avait éM choisi pour ce travail de photo en fonction de son éclail'ement parJiculierement propice a une éj)Qque de restriction Mectrique. (Enquéte de l'auteur sur le centre poLier d,e La Borne~Henrichemont (Cher) avec le concours de P. Soulier, 1942). (Cl.-M. Magel, 1942). . . ~. DES COMPORTF.MENT!; Cl1LTURELS 2!)~) PI.ANCHE XII. /ligo 38 á 52. Dialogue des mains avec une maticrc plastique. Montée d'un pot de deux Iill'es a La Borne. Ccntl"age (fig. 38), mise an diameLre (fig. 39 a 41), premiere lllonlée (lig. 42 a 44), deuxicmc montée et mise a la hanteur du Irusquill (fig. 45 el 46), Iravail du profil et polissage a l'esLeque (fig. 47 a 49), finissage du col et de la Jcvrc (Hg. 50 et 51), pot terminé (fig. 52). Emploi d'appareil a armement rapide, en l'occurence Leica. (Cl.-M. Magol, oeL 1942). PLANCHE Xur. /ligo 53. Stopfilm a « pistes IlltlItiplcs » pour la notation rapide des processus de ~abrication, COl11ll1e represcnLalioll grapbique dn « scénario ». 11 s'agit icí. de la fabrication d'un fonds de eanne a Jait de 16 litres corrcspolld aJa phoLo donnée pI. XI, fig. 36. PrenlÃel"e piste: horaire; 2" : dispositif; 3° : sens de déplacemcnt de la matiere et de l'outil; 4° : rytIunes et, si possible, durée moyellne des mesures rythmiqllcs (celles-ei ne sont qu'ap}Jroximatives, le point d'intcrrogation indiquRlll I'impréci~ sion); 5" : resultat coté de l'opcration. Systeme simple de notabon, ayant rctenu l'aLtention des spécialistcs de I'étnde dn LravaiI. (Carnet rle notes de l'auteur, 1943). Pig.5t¡.. Film de ]a fabricatioll d'no sabot a Cnse sons Adrisans (Doubs). Les })l'ises de l'outil eL de la matiere sont indiqllées sur un l;egisLrc, le résultat de l'op_eration sur un second. (EnquCtc et dcssins de J. Barré, 1943). /ligo 55. Antre disposition. Trois regIstres correspondant chacuo a une lancee du tour an baton; sur chaque lancee, évollltioll des opéralions. L'action des lllains el leor déplacement sont indiqués par des fleches. (Enquete eL dessins de D. Lailler, sur le centre polier de Saint-Jean~la-Poterie) (Morbihall), 1943 .
  • 260 GUIDE n'ETUDE nIRECTE Pr.ANCHE XIV. Fig. 56. Instantané de mouvemcnt l'Hpide. Rccherche de la limite de course des segments en actiol1, dans le jet de ]a boulc au « tir a ,la longuc ». Barbentane. (eL-M. M.get, 1939). Fig. 57. Vue plollgeante sur un groupe de farandoleurs en train d'enrouler la « serpentine ». Perrnet de disccrner les plaos. (On n'a malheureusc- ment pas toujours un autocar sons les pieds). (eL-M. Magel, 1939). Fig. 58. Sdme de rue. La Tarasque, dragon processionncI, dans sa sorUe du .23 juin 1946. La cérémonie a fait l'objet, a cette 'époque, d'une cnqllete approfondie de L. Dumont. (V. L. Dumont. La Tarasque, pI. 1). (eL-p. Soulier, 1946). PLANCHE XV. Fig. 59. On fait trop peu de phoLos d'intérieur, cela tient a la fois aux diffi- cultés .techniques (manque d'éclairage adéquat) et au eomportement des patients éventuels. Lemagnésium durcit les visages, eorome il arrive dans eette scene des « gouchettes » ou l'on degusLe le pain chaud a Villar d'Arene. De gauche a droite, autour de ~a table, le fourneron et le four~ nier, un ami; sur la droite,les deux freres propriétail'es de' la foul'née .. (eJ.-M. Maget, 1946). Fig. 60. Cene difficulté de la photo d'intérieur _ est paIlile par les cenvres d'artistes qui Savent concilier scnsibilité et réalisme, te1 de dessin de J. Arilblard exécuté en 1944 dans- le Puy-de-Dóme. (
  • PlJINCHE I
  • ~ ~ , I1 ~fZ Ot-C~AU~5tE I + '''''.-'''- -_ ... .JARDiff 6 2 4 !;lI~!i~"!!1!!lIi!llill¡¡l!~ IJ. B â¢â¢ _~f'" ~,.- ⢠f" ~ ........ .~ .,lA ~_ .. _-,----~----------~~ 7 PLAN PE. MAS5E 3 >CU5 - 5 Ol .IIt. ---------~--------- 5 CGUH LOHGllUDIHH~ i 8 PLANCHE 11 PLANCHE 111
  • [1 I I! " 1 1I 11 ,. I1 11 i 11 ri r 1: , I 10 '''¡------t- .. 11 PLANCHE IV 15 9 , : , -+- , , ~ I~, " : , , J , _'~.'L.,-I 14 ~---.-¡¡;r- : r ¡:,y , , i '. ". ) l! 170"7 ~ -- 16 '- , '. " , , / , ->-
  • I I 23 , ' ~'--"--- I 4$l"~" ~[WPfCP 22 wl,ll~ 24 18 I I 19 I I (HARItUf A.o/ellE .... - .... ".- , .â¢. ", ,,,,.,, -,,- --",~~- -,,-~ l 20 PLANCHE VI PLANCHE VII
  • , . ... '.'. , . , ~ 28 I al i """"'",,:::é ® 11.': 29 ~ (j) 31 PLANCHE VIII
  • 32 34 35 36 37 33 PLANCHE X PLANCHE XI
  • 36 43 46 53 j, "1 39 44 49 40 45 50 54 ~ ~p cA-'.=S [lIlJ fl . ⢠, 41 46 51 x O 55 42 47 52 PLANCHE XII PLANCHE XIII
  • 56 59 56 60 PLANCHE XIV PLANCHE XV
  • 11UI1.14I:~ - ...... ~, G_e !'(I_ ".\ .... ~ ~ ,,,,{'/ola""" j~"I;v- (,~.~.,,/ 1~·".\tlhJ (~'m;" á. l., " ''''1'' "", .... I'J"iI$" ; "'O'W/u .""i..,.u, WirlnJ .. """,,,",,,,,,,1/,,,,,,,,,, I,ti"",,"',IIIII ¡¡I,mi~ ¡¡¡¡ .... " 9=======::1: J.~r"_ ",-¡, â¢. '-O""'M_"¡''''''ÃJI_. p e o!:? I;:;! -;t C"'/."o;:.II.," ArAr." .. li, V o e,mO/ii" PLANCHE XVI 11_", -.. A l::
  • INDEX Les chiffl'es romains ainsi que les chiffres arabes précédés de p. renvoienl aux pages. Les autres renvoient aux paragraphes. ACCESSInILITI'i. 2, 8, 9, 215, 219, 281, 288. ACCIDENTS. 31, 59, 202_ ACCULTURATION. XXVIII. V_ CUItUJ"atiOll. ACQUJs. 59. - el nivcau culturel, 101. ACQUlSITION. Temps d'-, 59. - et édu- eation, 118. Teehniques d'-, 27, 135 his. V. qualifieation. A(1TION. - el représentation, 71. ACTIVIT¡'¡. 29-89. Groupe d'-, 8, 108, 124-190. Budget communal comme reflet des -s, 207. V. CalendJ'ier des -s. ACTUALISATION. - courante, 8. - d'UIlC norme, 85, 88. Aetivité el fréquence d'-, 88. V. CompoJ'tements. ADAl'TATION. intensivc, combinatoire, 2. ADmNISTRATIF. Bátimenls -s de la eommune, 195. Appartenlluee -ve, 198. ADULTE. Formation, 203. V. classes d'áge. AFFECTIF. 72, 81, 85, 87, 91, 211. AFFE(1TIVITÃ. et eonnllissanee, XIl. A(m. Limites d'-, 60. -s culturcls, 66. -s de la \'ie el chronologie indivi- dueHe, 105. Classes d'- et rapports sociaux internes, 208_ Classes d'- et information, 211. V. adlllte, IJiagel·. AGI. et represente. XXXIV; - et for- mulé, 50, 73. AGIUCOLE. Exploitation -,124-155,178- 186,188,235,286. B¡Uimcnts -s, 195, Production - do la eornmune, 201. Fetos et cérémonies du ealendl"ier -,205. AGRlCULTUIIE. et interdependanee des activités, 88. - «minii~re », 145. AHm. Méthode de superposiHon d'-s, XXVIlI, 3. - de deplaeement et de connaissanee mediate, 3. - envelop- pante. et points remarquahIes, 4. - d'activité individuelle ou de groUpe. el extension, 84. - de travail, 112. de eOlltaet teehnique., 3, 132, 163. - de recrutement du groupe, 132, 178. - de relations familialcs, 132. de ditTusion économique, 132, 176. - d'éehangc, de rcnornmée, 150, 176, 209. - matrimoniale, 209. ALCHUIIQUE. Attitude -, 76. Al.,uIENTATION. 114, 118, 206. - et cor- rélations possihles, 2. - et hilan lIuilairc, 58. - et adivité motdee, 59. - et cérémonies ou riles, 58. Jardin et volanl alimentaire, 156. V. Enfl·ctien. ALT.URR. 56, 205, 285. V. poslul·e. ALIIlANACHS. et cOlll1aissallce, 75. A~mIANcE. 34, 44, 112, 247. AMIlIVALENCE. 59. ANALOGLE. XXVI. 79. ANALYSE. - parceHaire, 14, 39. Sur- plus concret et - future, 7. - par- eellaire des ten'es, 127. - de pro- duits, 169. - du matériel docurnell- laire, 272-278. V_ Nivcaux d'analyse. ANALYTlQUE. Fichier -, 274, 289. Dé- llouillement -, 275, 280_ V. fichicJ", indexo ANECDOTE. et flliere monographique, 4_ ANIMAUX. 27, 56, 113, 158, 205, 206. V, agricolc, calendl'ier des migmtions, cllUsse, élelJage, éllergie. ANTHnOPOLOGIE. Intérét -que, XXXII. - somatique et hiographie, 98; et systcme général de recherehe, 214. _ d'nue cornmune, 286. ANTHROPONYlIUE. 199, 286. ApPAllTENANCE. 4, 97. Al'PRENTlSSAOE. 50, 59, 63, 84, 100, 118, 180. V. Fonuation, qualification, éducation. ApPROXIMA'l"lONS. 4, B, 57-61, 62-64. AncHITEcTURE. 20, 112, 128, 158, 194, 195. Dessin teehnique,. 232, 234, 235. AncHlvES. 3, 199, 212, 264. p. 2--19 et 251. AnTlsANAL. Entreprise ----e, 156-177, 178-186, 189. Batiments aJIectés a la produetion -e, 195. Produdion ----e de la commune, 201. ASSIS'l'ANCE. Comme public, 33, 56. ASSURANCI,; TROMPEUSE. 12. ATEI.lEn. 32, 34, 35, 127, 128, 158. ATTENTE. 81, 85, 87, 93. ATTITUDES. - antithétiques, XXIII. alehimiques, 76. - el pose, 249. AUTARCIE. 148. V. Economie. AUTOCONSOl\lhf,tTION. 148. V. Economie. AU"fOlllATISJI.IES. inconscients, 91. A UTONOMIE. - des scienees, XXIII. - de groupe, 13, 107.
  • 262 INDEX AUTonlTÃ. Principe d'-, 75. AXlOLooIQlm. Argumcnts -s, (i. Bl':H,WIOUnlSME. XX\', 87. DESOINS, exprimes, 65. BILAN. ullitairc, 57. - tcchnique an- uuel agricole, 144, 145; - artisanal, 175. - économiqL1e, 152. Abrégé,.153. - d'cnquiHe, 287, 288. BIOGRAPHIE. 90-106. BroLOGIQUE. Evolution - et condition- nement, 2. Catégories -s, 107. Pa- renté -, 110. V, dge. BLASON. 72, 186, 211. BUDGRT. 110, 120, 195, 207. BUTs. immédiats et objets d'éturlc, 213. CADASTRE. 112, 19-1, 195. CADRE IN"STnUUENTAL. 3-1, 35. V, ateliel·. CAHlEnS. - de cours OH de lectul'e, 272. CALENDRmn. 1. - annucl des activités dn gronpe domestique, et sehéma d'enquete, 119. - de présence duo pel'soouel d'unc Cermc, 132, - d'as- solement d'une fel'me, 135. - annuel (cultures, techniques) de l'áploitn- tion agricole, -141. - anlmel de J'en- tl'eprise arUsanalc, 172. - annnel dn groupe tCl'l'itoriaI, 206. PCtes et cc- rcmonies dn - agricole, 205, CA~rPAGNE, - d'enquete, 282-289. CAPAcITÃS. 203-208. CAnACTiml~, Constante de groupe, 1, 211. CAltTOGRAPHIE. 235, 238-244, 280. CAS. reprcsentativité, 4, 6. CATALOGUE. 11, 165, 18B-189, 261, 268. "CATALOGUER ». XXXIii, 90. CATÃGORIE. Monographie -elle, 4. - et relations statutaires, 8, CAiJSES. Représentation des -, 75. CÃRÃZ.lONiES. 58, 114, 182, 186, 208, 216. V. Loisirs, fétes, ritud; calendrier. e: CERVEAUX ÃLHCTRONIQUES ». XXIV. CHANCE. et hiographie, 106. CHASSE. 27, 135 bis, 207. (;HEMINlumNT. de rcchel'che, 8. CHERCHEURS locaux, 3, 215. CHOIX. - d'un objet d'étude, 4, 243, 286. . CuonÃGRAPHIE. ·56, 246. CHltONOGRAI'HIQUE. Inventaire -, 65, 230. CHRONOLOGm: 29, 31, 72. CTNÃMA. 7, 39, 49, 50, 51, 98, 205, 251- 255. CWI;:ULATIONS. Tablean des -, 142, 173. Reseau deS" -, 194, CLANDESTIN. XXXI, 65, 72. CI.ASSES, - d'áge et emploi dn temps, 66. - sociales el invenlaire des ac- tivitcs. 67. II}-lcn!ts de - et maintien d'un mode ac· vie, 81. Différenciation de -, 92 .. - sexuellcs, profession- nelles, sociales, 92. Statut de - et modifications somatiques, 98. - et mobilité sociale, 106. - eomme caté- uo!'ies statistiques, In7, Statut de -, 186. - d'age el rapports SOCi,lllX in- ternes, 208, - sociales dans le \'il- lago, 208. CJ.ASSEMEN'l'. Modos de -, 271, 277. CLASSIFICATIONS. XXVIll. CJ.OlsoNNlmENT. XXIII. CO-AC'rIVITI~S. - et empIois du tcmps, 65, COMIlJNATOIRE, 2. CmüU~MOnA'l'TF. 75. CmfMl':llcE. Techniquos -ales, 13!.!, 167, 195, 198. V. circ1l1atioll, distribution, échanges, mal'clleS. CO~utuNAuTES, et eomportcments nol'- maliscs, 2, - el expansion indivi- dueIle, 84, V. Gl'ollpes. COMMUNE nURAU;. XXVII, 191-212, 286. CO~ntuNICATION. - et comportemcnt normaIisé, 2. - et fondion de la conformité, 75. CmfPÃ'l'EN{,J~. Limite de -, 3. COMPLAISANCE, - et information, 219. COMPOllT1H-lENTS. XXVII. Diffél'entes ca- tégories, 2. - antithétiques et dis- crimillation, 68. - ritualisés et an- técédellts fondionnels, 75. - et stu- tut de classe, 186. ----.:.... electoral, 218. Niveaux d'al1alyse, 235. COMPUÃHENSION et extcllsion, 1, 4. C01tlPTAGES. XXIX, XXXI. V. ¡;talisliques. CONCRET, XXX, 7, 73, V. Docllmellt.~. CONDITIONS. - humaines, 202. CONDITIONNEMENT, 2, 4. ~s statutaircs, B, 84, 87. Temps d'acquisitioll, 69.- et sayoir hon transmissible, 91, 73. Modes d'cxistencc, 87. - antithéti- ques, 211. CONFINEMENT. V. Cloisonnement. CONFLlTS. - et jllsliee, 210, V. Droit. CONFonmsME. 76, - et ritualisation, 77. - hypocrite. 81. -'---- d'attente, 87. V. t/'aditiOll, menta lité. CONFOU1tlIT(¡, 75, 94. CONJONCTUHE. XXIV. - et recenscmcnts, XXXIII. EIéments stabilisés, XXVIII, 1. - des jeux, 2. - el comportements orientés, 2. - et hicral'chie des I)hé- nomimes, 7. - et situation, 32. - so- ciale immediate, 32. - aménagée : dispositif, 32. - et ritualisation, 75. Fluctuation de la - et exploitation agrieole, 151. - non contrüIée el attitude magico-religieuse, 155 .. Men- talités et -, 211. - d~ rccherchc, 2, 213, 214, 215, CONNAISSANCE. XXV. -s empü'iques ou scientillques, 75. Groupes de - el profils fonctionnels, 8-l, 85. CONNAISSANCB MÃDIATE, XXXIII, 3, ~ CONNAISSEUR D'HO~I1tIES'», 75. CONscmNcE COLLECTIVE, XXVIII. CONSERVATISME. 211. V. Novalio/l, mell- lalité. CONTACT. Technique de presentation, 56. -s 'sociaux, 103, 117, Groupes de -. 106, Aire de - tec1mique, 3, 182, INDEX 263 1Ii3. Pl'isc de - d'enquetc, 216, 281, 286. CON'l'AOION AI'FEC'rIVE. !11. CONTEXTE, xxv. CONTIGUITI!. du symbole et de l'tlCte, 7lJ. CONT1U¡-Ãl'REUVI" 75, 76. CONTnor.E. technique, 40, 76, Agcnt de -, 64. - dilflls et intereonnais- sallce, 68. - de la doeumentation, 238. CONTH6LÃs. V. comporlements. CONVENTIONNEL. Signes -s, 55, 243, COOPÃUATIVES. 208. V. écanomic, cam- mCl'ce, CoonDoNNá¡S l'OLAIHES. 75. COllPOllATION, 79, 183, 186, 187, 208. V. ProfessioIl, métiel'. CORl'S, Soins, 114. Evaluation de I'cf- foel museulaire, 59. Dessin tecImi- que, 233. V. équipemenl corporel, physiologiq/le, PSucllOSQmatiqlle, COSTUME. 58, 114, 186, 205, 233, 235, 286. CoU'ruuE. ()-l-, 208. V. Droit, juridiql1C, t/'adition. CnÃATIWR. Comportemcnts orientés -s, 2. V. Inventíon, norme, Jlova- tion. Cm:ILLBTTB. 27. CUL'l'URATION, XXVIII, 118. V. accultul'a- tiem, CUI.TunE. d'actualisation coul'ante, 8. Témoins matériels, 9. -- des végé- taux, 27, 134. V. FOl'malíon, édllca- lion; agl'icultme. CIJLTUUEL. Comportcmellts -s, XXVII. Pratiques et psychosomatiquc, 2. Ages -s, 66, Formntiou -le, 91. CYDEHNETlQUE. XXIV. CYCLE ANNUEL, 2. V. Temp.~. DATE. 3, 31, 97. V. Tcmps, DÃC,\LAOES. 55, 65, 74, 85, 87, 68, 206, 211. DlÃcou. 17, V. Esthetíqlle. DÃCOUI'AGE. 1, 39. DÃFENSIVES. Normes -s, XXXI, 32. DÃFORMATION. - des faits, 219. --s professionneJles, 233, 249. «DÃGUSTATEURS ». 73. DÃAIOGRAPHIE, 68, 191, 199. DÃ~IONSTRATION. et infol'mation, 51. - et. Cormation, 56. DépLACE~IEN1', 3, V. Circulation, DESCIllPTlON. XXIII, 5, 7, 12, 47. DESSIN. - technique, 232. DÃTAIL et signifleatioll, 7. DÃTEmnNIs~1E UNILATÃRAL. XXIII. DIACHRONIQUE, XXIV, XXVI, 85, 87, 88. DIFFERENCIATION. 92, 93. DIF}i'USION. - et mode, 7, - de la con- naissanec, 85. - économiquc, 132, 176. DIMENSION. sociale, XXXII. 4. DIS(:RETION, XXXI, 6, 65. DISPARITà sociarc, 92. V, Classes. DISPONIBII.ITÃ. - doenmentaire, 7, R. DISI'OSITIF, 52, 58, 59. Dls'rANCEs. E:;timation de -, 75, Dls·rnmuTION. - 8,198. V. Circllfation, commerce. DO{'.UMENTS. XXIX, XXX, 7. 19G, 264, 267. V, archives, cinéma, eIlregistrement son ore, J)latéJ"iel doculllcntaire, pho- fogmphie. DOCUJlIRNTATION. 3, 7. 8, 241, 280. V. cla.~semellt, fichier. DOMESTIQUE, Groupe -, 108, 110-123. Autoconsommation -, 148. DUAME technique : analyse, 39. DIIorr. - officiol el 10en1, 64. - suc- cessoral, 110. - domestique et fa:' milial, 121. Classes d'Age, 208. Délits el conflits, 210. - de grevc, 210. V, COI/tllme judiciaire. DUHÃE. R5, 87. ECAIITS cntre "écu et norme, 94. ECHANGE. Valeur, 60, Lieux, 132. Sys- teme, 148, 209, 201. Modnlites. 149. Aire, 150. Volume, 188, V. Commel'ce, circulafion, marché. ECHANTILLON. Dessin techniqne, 232. ProbIemes d'origine, 260. Prélévc- ments, 262. ECHEI.LES, 234, 236. EcoNomE. 57, 63, 78, 120, 146, 155, 174, 176. EDllCATION. 118, 195, V. Formation. EPFE(',TIl'. 87, 107. Eus'1'lclTll. 59, 151, 155. ELBCTOll,\L. Compol'tement -; 208. Er.EVA.nE. 97, 135, 206, V. agl'icole, ani- mallJ:. EmGRANTs. 85, V. étrangel's, migl'a- tiOllS, EUPATHm, ROle et inconvcnients, xxu. EMPIllIQ1JE, Connaissance -, 75. E~Il'LOI DU 'l'EUPS, V, Temps. E~ll'llEINTES. 259, E~IPRUNT. 2, 18. V, Invention, novation, ENEIUlIE. 36, 58, 130, 143, 144, 160, 197. ENQUETE. XXX, XXXII, Divel's aspects, 1, 86. Psyehologic de 1'-, 73, 216. 01'- ganisatioll, 280, 283. Bilan, 287, 288. ENREGISTltEMCNTS. XXVII, 7, 73, 2-17, 258, 263, 267. V, Doc!lments. ENSEUBLE, XXII, xxv. Déeonpage initial, 1. l\fonographie, 4, - et invcntaire systematique, 22. - solidaire ct étude d'une activité, 57, 89. - d'ob- jeLs, 261, - fOllcUonnel, 261. Recon- llabsance de l'-, 285. V. inventaire,~. «Filiéres ». ENTR'AlDE. 68, 183, 206. ENTREI'RlSE, 65, 79, 156-177, 184, 286. ENTnl'.TIRN. des personnes, 110, 114, 202. - des choses, 19, 115, 134, 138, 166, 200. EPISTÃ,\lOJ.OGm, V. Affectivité, féli- chisme verbal, íntel'dépendance, éqIlation pel'sonnelle, totalisme, science (Imité de), technomanie, mo- til1ation, intl/ilion, déterminisme lInilalüal, cloisollllement. EQUATION PEnSON~¡¡LLE, xxv.
  • r 1, ! INDFlX EQUIPEMENT. - matériel, 36. - f~mi­ Hal, 113. - agricole, 129, 148, 188. - artisanal, 159. - du grollpc ter- ritorial, 193, 195, 197. EnLretien de 1'-, 138. - corporel, 131. V. arc1li-'- teclu/"e. EftGOLOGIQUE. 2, 16, 75. EnnEURS. - daos l'éLude fonction- neUe, 6. - d'olltiqllc, 15. Essais et -,75. EssAI. 76, 169. ESTHÃTIQUE. 7. 16, 17, 18. 27, 55, 76, 78, 80. 81, 82, 176, 211. 215. V. décÃl', sfgle. styliStiqllC. ETAT CIVIL. 97, 118, 199. ETHNOCENTllISME. XXII, 6, 75. ETHNOTYPES. XXVI. ETHor.OGIE. - communale, 211. V. Menialifé. ETRANGER. lOO, 208. V. TOlu'istes. mi- grations, émigrants. EVASION. Sollicitation affective, XXI. EVOCATION. - de siluations dCfcnsives, XXXI. - muséographique, 9. EVOLUTION. - de la connaissance, xxv. -, 70, 85, SS. 123, 190, 195, 212. V. Hisloire. EXCEPTION. 4, 95, 187. EXCLUS1VITÃ. Présomption d'-, xxur 84. ' EXÃGESE. V. limites de compe/ence. EXHAUST1VITÃ. 4, 7, 65. EXISTENCE. Modes d'-, 87. EXOTISMB. XXI. EXP~RIMENTALE. Observation -, 2. EXPLOITATION. - du pittoresque, 81. Rapport forme/foncHon, 82. - du materiel docllrnentaire, 268-271. V. agricole. EXTENSION. XXI, XXXII, XXXIII, 1, 4, 62, 84, 87, 94, 107, 188, 189. V. cnquele, iIl-formation. EXTRACTION. Teehniques d'-, 164. FAIllE-YALOIn. 147, 188. FAMILIAL. Groupe - et groupe d'acti- vité, 110. EducaHon --e, 118. Rela- tions -es, 132. Statuts el rOles -aux, 208. Groupe - cornme in- formateur, 221. FATIGUE. 59. - et informaHon, 219. FETE. 81, 114, 182, 188, 208. V. céré- monies, loisirs. FÃTICUISME V.,RDAL. XXIV. FEll. Arts du -, 76, 148. FICUIER. 241, 274-279, 287-289. V. clas- sement, J"épe)'loh-e, indexo « FILIERES ». XXVII, 22, 94, 218. V. Ca- lendriers,lnuelltaires. FILM. 267, 270. V. Cinéma. FONCTIONS. XXXII, 5, 6, 8, 10, 16, 20, 21, 22, 57, 75, 80, 81, 82, 110, 261. V. ritlfel. FONCTIONNEL. ProllIs -s, 6, 16, 83. FORCE MOTnICE. 197. y, Energie. FORMA'flON. XXVI-XXIX, 2, 8, 56, 87, 91, 100, 203, 208. V. apprentissage, cul- tumtiofl, éduCQtion. FORME. 5, 15, 81, 82, 289. FORUULI~. Déealage avec représenté, 50. GÃNÃALOGIE. 98, 9D. GllNIE. eomme constante du groupc, 1. GÃOGRAI'HIQUB. DistrilHltioo -, 4. Ca- tégorie statistique, 107. Résidence domestique, 112. Ethologic commu- Dll.le, 211. V. MiUeu physiquc. GÃOMÃTnIQUR. Style, 18. Notahon, 55. G¡';STE. 42, 56. 235, 247. V. allul'c, pos- ture. GOUT. - nalional, -7. GRAPHIQuns. XXIX, xxx, 54, 55, 132, 226, 236, 245, 279. GnouPE. - d'eeoute eoIlective, XXXII. - d'interconnaissance, XXXIII. Degré d'alltonornie du -, 13. - de coo- naissance et d'intérets, 83, B5. Aire d'uctivite de -, 84. Attente de groupe et aecomplissement person- nel, 93. - de contact, 103. Categories de -, 8, 107-110. Rcerutement du -, 132. - de Ioisirs, 205. -s d' in- formateurs, 221. V. Table. HAllILLEIIfENT. 11-1. V. Costumes. HAllITAT. 82, 112, HAllITATION. 82, no, 112, IU, 128. Y. al'Chitectllre, maison. HAIlITUDES. 1, 6, !8, 87. HAGIOGRAPHIE. 9G. HASARD. 75, 106. « REURE DE POINTE». 65. HIÃnARCHIE. objective dcs phénorncnes, 7. HISTOIRF.. XXXI, 3, 4, 8, 87, 90, 93, HI5,- 211. V, Evolution. HonIOGENE. Série et séquellces -s, :XXVII, 43. HOnAIRE. 119, 141, 172, 194. V. Temps. HYGlENE. 112, 114, 170, 195, 198, 202, 217. . H~POCRlTE. Technique -. 6. IDENTJFICA'l'ION. Matérielle, 25, 28. InÃoLoGIE. 82, 109, 122, 187. V. Etho- logic. IMAGES. Besoin du public, XXXIII. hIlTATION. et apprentissage, 50. IMIIIOBU,IER. 20, 193. htPRÃGNATION. 91. h¡PLICITE. 6, 50. V. incoIlsciellt, spO/~- tané. INCONSCIENT. 2, 91. I"'CONTROLÃ. Comportements -s, 2, INcuBATION .. Proees5us d'- sociale, 85. INnEx. 268, 271. V. Ficbier, classemenl. INlHvmu. 33, 95. INIIIVIDUEL. 4, 73, 84, 93, 106. I~J)usTmEL. 11, 18, 195. INERTIE, G, 75, 82, 85, 213. INFORMATEUR. 74, 216, 221. INFORMAl'ION. XXVII, XXIX, 2, 3, 49,.72, 73, 85, 86, 203. INFORltIULÃ. et démonslration, 52. INUIBITWN. Chez- l'informateur, 219, 221. JNDJ!JX 265 INNI~. el influencc du milicu, 91. INOi'INÃ. Prise de Vlle -e, 247. INsTINcT. 50. - et spontanéité acquisc, 91. v. lnconscient. INSl'llUMENTAI .. Cadre -, 34, 35. INTÃwnATIoN. el stylc; lB. IN'l'ENslvE. Adaptation -, 2. Etude -, 4 .. -INTERC:OMMUNAI â¢. Rapporls -aux, 209. IN'rJmCONNAISSANCE. XXXI, XXXIII, 68, 10B. INTEn))BI'ENDANCE. - des scienees, XXIV, XXVI, XXXIII. - des phénomenes, 6. - des activités et role total, 58, 88. INTÃRlh de la l'cehel'che, XXXII. -s, . 72-86. INTERl'nÃTATJoN. EI'l'eurs d'-, 6, 1G5. INTERRÃalONAL. Rnpporls -aux, 209. IN1'nOsPEcTION. XXII, 90. INTUlT10N. XXII, XX\'. INVENTAIIlB. XXVII. - des sigriifications, 2. - systérnatique, 21, 23, 26, 27, 65-71, 113, 126, 158, lD7. V. calcn- drier, ensemble. INVENTION. 2. V. Créaleflr, HOl'lDe. InnATIONNEL. et incontrolé, 2. ISOCHRONE. Diffusion - et mode, 7. ITINÃnAIRE. d'enqnéte, 282. «JE NE SAIS QUOI». et style, 55. Jcux. 2, 27, 56, 80-81, 114,205. .TounNAL 1)1,: nOU'l'E. 229, 280, 289. JUDIClAIllE. Chl'OIÃquc -,210. V. Dl'oil. JUIlIDIQUE. Asped socio-juridiquc, 64. LANGAGE. 80; 101; 118; 186; 217. LUtl'I'ES. de la recherchc, XXXI, 2, 3, 7, 211, 214. Y. DiscJ'étion, lIOJ'mes dé- fCllsiues. LINÃAHlTà DE LA DÃMAUCHE, 8. LINGUlSTIQUE. XXVI, 56, 203. LITTÃRAIllES. Activités -, 80. LOCALE. Validité, 73. Polyvulenec -, 83. Stratiflcatioll -, 186. LOcüUOTION. 56, 75, 140, 168. V. Trans- pOJ·t. LorslRs, XXVII, 59, 69, 81, 101, 114, 177, 195,198,205,206,292. V. Calend,.ieJ', temps, féles, cél'émonies, jelfx. LONUÃvlTà moyenne, 1. MACHINES. Niveaux d'analyse, 235. MAGlE. 76, 155, 204. ¡\'fAIN. Polyvalence -/outil, 41. MAIRIE. Visite a la -, 286. V. admi- nisll-alif,' COmlnlmC rIlm/c. , MAISON. 10, 205. V. aJ'cllitectllre, lwbi- lation. MAJonA'rION. - spontanée, 219. MALAlJIE, 98, 114. V. Accidents. MARCHÃ. 195, 198, 208, 286. V. calen- dl'icI', commeI'Cc. MARGES. COllscl'vatricés, 4, MATímIAu. Essai de nouveaux -X, 75. MATÃRlEf .. ,=-. documentail'c, XXIX, 226, 263. Traces - les, 9. Préparation -le de l' enqllete, 283:V. lnventaire. MATIERE. 1, 24, 25, 26, 27, 37, 129, 161, 164, 247. . MI~CÃNA'f. XXI. V. sllobi,~me, opinion. Mü,\l
  • 266 INDF,X ¡::Tllphic, 106. - et vccu indiyiducl, lfHi. -$ défensivcs, XXXI. V. MétIwdúlogie. No"l'.Es. 227. 228. NOTATIONS. Fausse IlI'éclSIOn, XXIX. Nuanccs, 55. Collecte du ffillt{'t1cl ducnmentaire, 226, 246, NOUVEAUT.Ã. «Héactif », XXXI. NOVATEUlI. Infol'mateur--, 73. NOVATION. V. Efhologie, liarme. NUANCES. 47, 55. NUlIIÃRIQUE. Il1venlaire - on pondére, 21. OllslmvATlON. xxvn, 2, - el démons- tration, 51. --=-- et informatioo, 72. - permanente, 215. OI'INION. 8, 82, 84. 94, 106, 288. OI'POnTuNITÃ. el rechcrche, 8, 220, 289. OlUENTATION. professionnelle, 75. On.IJ¡NTr.. Comportements -s, 2. Om(HNAI,. - el }'cproduction, 4. DlUGINE. 18, 84, 260. On'.rnODoxE. el Ctres surnntul'cls, 72. PAnCELLAIIIE. Analyse -, 14, 39, 127, 235. 'fissu - el milieu aménagé, 195. PAnTlc:m_AnITÃ. Présomption de -, 84. PATINE. - d'usage ou d'entreticn, 19. PEnw::ADILITÃ. Plan de - socialc, 84. PERENNITÃ. Présomption de -, 85. PEnSONNAGE. - statntaire, 56 PERSLlNNA.LITà UE BASE, XXVII. Pm\SONNALITÃ. et formation, 221. PERSONNES. Entretien des -, 1U, 202. -- a \'011' pOOl' l'enquetc, 290-292, 270. E.'lthétique de la -, 205. PEi\SONNEL. 33, 56, 131, 162, 188. V. Pub lic. PERSONNEL. Adj. Rituel -, 56. Statuts et róles -s, 208. PERSPECTIVES. de recherche, 1, 2, 3. PERTURBATIQN. - du milieu, 258. PHILOSOPHIE, 204. PHONÃTIQUE. NotaLion -, 246. PHONOGnA~n.IEs. 256, 258, 269, 270. PHOTOGl\APHIE. 7, 56, 286. Scénario, 52, 53, 5,1. Technlques: 247-250, 255, 267, 269-271, 286. V. scénm'io, dOCll- ments. PHYSIOLOGIQUE. Aspect -, 2, 186, 187. V. psycllOsomatiqlle. PHYSIQUR. l\filicll -, 192. V. Cartogra- phie. PJ.AN d'enquete, xxx, 282, 287. POlNTS REMAIlQUAIlLES. 4. POLITESSE. - el information, 219. POLYV.l.LENCE. 6, 16, 41, 56, 83. PONDÃRÃ. Inventaire -, 21, 188. POPULATIÃN. - active, 200. V. Démo- graphie, migrarion, l"Ccensement, an- flu·oponymie. «POSE ». - et photographie, 249. POSTURE. 56, 186, 205, 247, 249. PRATICIENS. XXXIV. PlIATIQUR. -s de formatioll, 2. -s ac- tuelles et ni\':eau culturcl, 101. - re- ligieuses, 116. . PnÃcIsION, 7, 10, 231, 240, 246. PnÃFADruQuÃ. DimensiollS standard, 15. Pm::smn·ATION. 56, 58. V. Coslllme, allul'c. Pu(ismlpl'IONs. XXIII, 81t·, 85. PnocESsUS. - d'nctivité, 45, 235. In- formatioll et incubation sociale, 85. PnOl)1J
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