cinéma, télévision et vedettariat dans la littérature de ...· bien compte qu'il y a une...

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  • Document gnr le 12 sep. 2018 01:44

    Lurelu

    Cinma, tlvision et vedettariat dans la littrature dejeunesse

    Julie Martel

    Volume 17, numro 2, automne 1994

    URI : id.erudit.org/iderudit/12537ac

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    diteur(s)

    Association Lurelu

    ISSN 0705-6567 (imprim)

    1923-2330 (numrique)

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    Citer cet article

    Martel, J. (1994). Cinma, tlvision et vedettariat dans lalittrature de jeunesse. Lurelu, 17(2), 5053.

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    Tous droits rservs Association Lurelu, 1994

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  • par Julie Martel

    U businessman de Starmania chantait qu'il aurait voulu tre un artiste, pour toutes sortes de bonnes raisons. Et nous, nous reprenons souvent ce refrain avec enthousiasme et sincrit. Le monde du spectacle est un univers hautement my-thique. Il n'est rien que l'on n'ait pas imagin au sujet de ces vedettes qui savent si bien nous faire oublier un moment les exigences des contraintes prsentes1. Puisqu'ils amnent le mer-veilleux dans notre vie, nous nous plai-sons croire qu'ils voluent dans un rve, nous nous surprenons les envier, nous imaginer leur place sur le grand cran ou sur la scne. Derrire leurs ver-res fums, c'est la vie des gens riches et clbres vingt-quatre heures par jour...

    Pas toujours, si l'on en croit les romans jeunesse abordant ce sujet. Ils ne sont pas nombreux aller faire un tour derrire les camras, nous amener dans les coulisses de la tlvision, de la musique ou du hoc-key. Et on retrouve beaucoup d'absurdits dans la vision qu'ils nous donnent du monde du spectacle. Par exemple, des gadgets qui rehaussent l'impression de magie du ci-nma mais qui sont impossibles, ou bien des erreurs d'attribution de rles qui font poser certains gestes des gens dont ce n'est pas du tout le boulot. On n'chappe pas non plus aux mythes et aux clichs, commencer par celui de la drogue : tout le monde sait bien que les groupes rock sont des trafiquants et que l'ensemble du milieu musical est impliqu, des chanteurs aux propritaires de maisons de disques en passant par les impresarios - les pires sa-lauds que la Terre ait ports si l'on en croit les crivains pour la jeunesse !

    Et si l'on se fie aux modles que l'on nous prsente, il ne faut pas trop s'attendre devenir autre chose qu'actrice, manne-quin ou chanteuse si on a le malheur d'tre ne fille. Les postes de ralisateur, de pro-ducteur ou d'imprsario sont tous occups par des hommes ! D'ailleurs, la plupart des personnages sont masculins, comme si

    Clip Un accessoiriste s'est un jour tromp : plutt qu'une seule borne-fontaine pour la squence soixante-six, il en a fabriqu soixante-six pour la squence un... (L'assassin jouait du trombone)

    CINEMA, TELEVISION ET VEDETTARIAT

    dans la littrature de jeunesse

    c'tait un domaine rserv aux gars... Heu-reusement, travers ces exagrations, il y a tout de mme des lments qui restent assez fidles la ralit.

    Les vedettes D'abord, comment fait-on pour pntrer le monde merveilleux du spectacle ? Il n'y a pas trente-six mani-res, il faut avoir des contacts. Que ce soit un beau-frre qui ra-lise des publicits pour des commerces lo-caux ou un preneur de son amoureux de vos beaux yeux qui peut

    vous recommander un ralisateur. S'il faut en croire les romans, la meilleure faon de devenir acteur est cependant d'avoir des parents qui le sont dj... Mme si cela ne fonctionne pas tous les coups. Cer-tains parents peuvent avoir envie de voir leurs enfants acqurir une formation s-rieuse au conservatoire d'art dramatique avant que leur carrire ne prenne son essor (Samedi trouble).

    On peut aussi courir les festivals de films et de vidos. Les producteurs y dni-chent de jeunes ralisateurs de talent et, aussi, de jolies filles dtermines devenir actrices (La comdienne disparue). Chose certaine, ce n'est pas en prenant l'autobus pour Hollywood sans argent et sans baga-ges qu'on devient une star, malgr ce qu'en croit Julien dans Samedi trouble.

    Ensuite, qu'est-ce qu'une vedette ? Les romans jeunesse n'en donnent pas une dfinition bien flatteuse, autant le dire tout de suite. Mme si les chanteurs clbres sont parfois dcrits comme des modles pour les jeunes et des militants pour toutes les causes nobles, la plupart du temps les vedettes ne sont rien d'autre que des personnages construits de tou-tes pices, par leur agent ou par les mdias. Ils jouent le rle que les gens s'attendent les voir jouer - ils voluent d'ailleurs souvent sous un pseudonyme-et ils ne peuvent en sortir. Certains n'ont mme pas leur mot dire au sujet de leur carrire! Mais, surtout, ils sont esclaves des modes, qu'ils suivent aveuglment, parce qu'ils doivent toujours deviner ce qui va plaire pour survivre. La compti-tion est froce.

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  • Clip Mme en France, les techniciens de tlvision tiennent ce que les lips soient synchroniss... (Un voyage de rve)

    Puisque leur vie n'est qu'une image, ils doivent prendre trs soin de leur appa-rence. Ils ne peuvent se permettre de ne pas tre parfaits. Ils ap-prennent donc parler en public, voluer devant une camra de faon ne toujours montrer que leur beau profil et une troupe de spcialistes les suit en per-manence : coiffeur, maquilleuse, styliste, habilleur, professeur de gymnastique et di-tticienne. Il n'y a pas que les mannequins qui doivent tre au rgime toute l'anne! Et afin de lutter contre le vieillissement, ils visitent rgulirement les cliniques de chi-rurgie plastique, par exemple dans Un voyage de rve.

    Quoi qu'en pensent certains, ce n'est pas une vie de tout repos. Heureusement, il y a bien quelques compensations...

    L'argent C'est incontournable, les vedettes ont beau-coup d'argent au moment o elles con-naissent une certaine popularit, selon les auteurs des romans tudis. Et ce, dans tous les domaines : une jeune sculpteure la carrire tumultueuse gagne facilement des millions pour chacune de ses oeuvres, un crivain succs habite un condo luxueux et possde non seulement un bain

    tourbi l lon, mais ^ aussi un ascenseur

    priv, une jeune cantatrice de dix ans a tellement de bijoux qu'elle ne s'en proccupe plus... Bref, c'est l'opulence pour tout le monde, des acteurs de renom-me mondiale aux tl-vanglistes, sans oublier les idoles du hockey.

    Et quitte tomber dans la caricature, autant y aller fond de train et nous dcrire des impresarios riches et cupides, profitant de la popularit des vedettes dont ils plani-fient la carrire pour s'enrichir ! On se rend bien compte qu'il y a une exagration vo-lontaire; Le dtonateur en est le meilleur exemple. Malgr cela, le public aime y croire et le mythe de la richesse s'en trouve renforc.

    Les industries du spectacle n'y chap-pent pas. On sait bien que c'est une his-toire de gros sous. Alors, quand on nous apprend qu'un budget minable pour un film tourne autour de 100 000 $, nous le croyons sans peine. Sauf que, dans Une histoire faire japper, ce film se tourne aux tats-Unis, ce qui rend la chose invraisem-blable (100 000 $, c'est le prix moyen pour la production d'un vidoclip). Quand on nous explique qu'une sance de photos avec un photographe de publicit profes-sionnel cote trs trs cher, on ne se sur-

    prend pas de lire ailleurs qu'un produc-teur de cinma pos-

    Une histoire faire japper

    WIS UAUCHIM1N sde une maison de campagne aussi im-posante qu'un ch-teau ! Le train de vie des vedettes amri-caines et le cinma de nos voisins du Sud correspondent une telle dmesure. Pas tonnant dans ce cas

    que la plupart des modles de clbrits prsentes dans la littrature jeunesse soient calqus sur ces hros hollywoo-diens plus vrais que vrai.

    On nous prvient tout de mme que tous les artistes ne parviennent pas se hisser si haut. Ceux qui n'ont pas la chance de se faire connatre doivent se contenter d'un petit pain, dpensant malgr tout comme des clbrits lorsque leurs finan-ces s'amliorent. Plusieurs ne peuvent vivre de leur art et sont contraints, pour survivre, d'accepter des contrats qui leur dplaisent ou qui n'ont que peu de rapport avec leur mtier. C'est le revers de la mdaille, le fameux beaucoup d'appels, peu d'lus. On me dira que cela met en perspective la richesse des autres... Ce serait effective-ment le cas si ce ct moins reluisant de la profession ne se retrouvait dans si peu de livres et, habituellement, titre tout fait accessoire.

    Les mdias Qui parle de vedettes parle de journalistes. C'est bien connu, cette race de curieux ne vit que pour pour-suivre de ses ques-tions tous ceux qui ont le malheur d'occuper la scne publique. Certains des person-nages de nos romans les fuient comme la peste, d'autres enga-

    gent des gardes du corps pour les tenir distance. Quelques-uns, au contraire, ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'on les inter-view. Ceux-l sont des nouveaux dans la faveur du public. Ils apprendront rapidement se mfier autant que les autres.

    Car si les mdias - et le plus souvent la tlvision - s'avrent un lment indispen-sable la promotion efficace d'une carrire et se laissent complaisamment