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    ROBERT ROUX

    La Menuiserie

  • ROBERT ROUX

  • ROBERT ROUX

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    Exposition More is less

    Les ftiches radieux de Robert Roux - Lart du plasticien Robert Roux, expos la Mairie du 17me du 17 au 26 fvrier, appartient une tradition franaise, celle de lart populaire, naf ou brut, illustr par des personnages aussi singuliers que Jean Dubuffet ou Gaston Chaissac. Cest un art lumineux, radieux comme le soleil niois. Robert Roux a de nombreux points communs avec Jean Dubuffet. Veillant son indpendance dar-tiste en restant chef dentreprise, ce Niois aurait pu reprendre son actif le credo du crateur de LHourloupe : Je suis un peintre du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanches . Autre trait qui le rapproche de linventeur de lart brut : Robert Roux aime faire cavalier seul et dfier les modes, scarter des sentiers battus. Avec une malice jubilatoire, il dtourne dans ses tableaux et ses totems colors les marques, les objets de consommation courante, sachets de th ou cannettes de sodas. Il jongle avec les signes de la vie quotidienne et leur prte une me. Il recycle les botes dalu et les logotypes pour donner naissance aux tikis de lre de la rcupration, aux divinits rescapes du tri slectif. Comme lcrit Norbert Hillaire, lart de Robert Roux est, en ce sens, un des arts les plus contemporains qui puissent tre par cette forme de rappropriation qui le caractrise et qui sapplique ici des objets, des images, des signes issus de la socit de consommation . La statuaire ironique, malicieuse, de Robert Roux rpare les distractions coupables des empressements consumristes et nos manies de lge du jetable. Elle rhabilite les matriaux tombs dans le do-maine public. Ses tranges personnages semblent gronder dune sourde colre et revendiquer un droit dexister, une dignit quon voulait leur ter.

    Lucien MAILLARDCritique

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    More is less

    Regardons, sur cette toile dun jaune radieux et opaque la fois de Robert Roux, ces effluves de signes et de fragments de mots puiss dans le grand rpertoire des marques mondiales et de leurs images in-finiment reproduites sur toutes sortes de supports. On pourrait, premire vue, penser lesthtique warholienne du multiple et de la srie, directement inspire par la fabrication en masse des objets de consommation. Et luvre de Warhol est bien cette piphanie de la marque et de son image leves au rang dune icne moderne, jusquau point de dplacer les lignes et deffacer les diffrences entre lloge de la socit de consommation et sa critique (et cest l le gnie de Warhol). Mais non, cest dautre chose quil est question ici, dune autre histoire, dun autre temps. Nous ne som-mes plus dans lpiphanie de lunique dans le multiple. Nous sommes dans une combinatoire de signes et dimages de marques qui se mlent les unes aux autres pour composer un systme calligrammatique indit, et comme inou.Inou, car cest bien loreille autant qu lil quen appellent ces tableaux, qui pourtant relvent du strict domaine des arts plastiques. Comme une radio en images de marque, mais qui trouverait sa ligne ditoriale dans le brouillage des codes et des missions, et dont lharmonie se rvlerait dans le flux ininterrompu de cette cacophonie de mots entendus jusqu la nause. Coca-Cola, Schweppes, Lipton : autant de mots comme autant dimages sonores qui ont investi non seulement nos corps, mais aussi nos esprits et nos sens jusqu la saturation. Nous sommes ainsi confronts un paradoxe avec les ta-bleaux audio-visuels de Robert Roux. Dun ct, une dbauche dimages de marque qui nous sont si familires quelles font quasiment corps avec nous, comme autant de signes dappartenance un mme corps social, mais de lautre, un dcoupage et un rassemblage de ces mmes mots-images qui nous les rend presque trangers, opaques, au point que ces derniers nous renvoient le miroir de notre propre tranget, tranget aux autres autant qu nous mmes et notre propre culture (et cest pourquoi, ce systme ou ce vocabulaire fonctionne si bien dans un registre primitiviste, sous la forme totmique de ces sculptures venues du fond immmorial des ges de lart brut). Lesthtique de Robert Roux sinscrit la fois en continuit avec la mise en spectacle ironique de la socit de consommation telle que la rvlait Warhol, et en rupture avec elle. Car si le Pop Art choisit les motifs emblmatiques de la socit de consommation, fut-ce pour les dnoncer, il nen contribue pas moins leur gloire dans leur surexposition mme, comme si ces derniers venaient concurrencer lart sur son propre terrain. Chez Robert Roux, au contraire, comme si la crise du consumrisme tait passe par l, nous sommes dans une logique de la rupture, dans une esthtique du retrait des signes et des images en eux-mmes, de leur mise en abyme ou de leur quasi effacement dans leur inflation mme, au sens o lon peut dire quun excs dinformation conduit de la dsinformation. Esthtique du retrait donc qui serait cependant diffrente du fameux less is more, promu par le Minimalisme, et presque son contraire ; un more is less , en quelque sorte.Et en effet, cest en rsonance discrte avec le bricolage modeste et royal la fois de certains courants de lesthtique moderniste, que semble vouloir se dployer le travail de Robert Roux : comme sil sagissait, selon le modle promu aujourdhui par certains artistes, de jouer avec les codes de la moder-nit ; une modernit revisite, moins comme une litanie de grands noms incontestables, que comme un rpertoire de formes inpuisables et infiniment transcodables les unes dans les autres dans notre monde infiniment changeant : jeu avec lart brut, comme on la vu, dans des sculptures/assemblages qui se donnent comme une synthse heureuse de lart dun Dubuffet et du nouveau ralisme ; jeu des enchanements systmatiques de fragments de mots et de noms de marques dcoups mme lalu des emballages de boissons, en rectangles et en carrs rgulirement dispatchs sur la toile, et qui rendent ainsi un hommage discret au cubisme analytique (mais qui conservent aussi du cubisme synthtique lusage des matriaux et des objets rels mme la toile). Lart de Robert Roux est, en ce sens, un des arts les plus contemporains qui puissent tre (si lart de notre temps est bien un art qui trouve son modle dans le travail du DJ, ce personnage qui compose en direct partir dun matriau musical prexistant), par cette forme de rappropriation qui le caract-rise et qui sapplique ici des objets, des images, des signes issus de la socit de consommation, mais que les artistes de lavant-garde staient dj appropris, pour les dtourner ou les dtrner : en se rappropriant son tour ces esthtiques de lappropriation, il lve ces dernires la puissance 2, les rcrit tout en les conservant, et cest l sa trs grande originalit, qui le situe en parfaite harmonie avec les avant-gardes du sicle coul (et en particulier le Pop Art et le Nouveau Ralisme noublions pas que Robert Roux est niois) et en osmose totale avec lextrme contemporanit. Oeuvres qui sont comme une sorte de laboratoire-conservatoire de notre temps, marqu par le chevauchement ou la surimpression des poques et le croisement des lignes de lhistoire.A ce point les codes et les repres se brouillent, les frontires se dplacent, et le monde ainsi, se rin-vente - dans le miroir de luvre dart.

    Norbert Hillaire*Professeur des Universits

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    * Norbert Hillaire dirige le Dpartement des Sciences de la communication de lUniversit de Nice Sophia-Antipolis et le master ingnierie de la cration multimdia et direction artistique de projets .Sa rflexion sur lart, la culture et les nouvelles technologies la conduit diriger de nombreuses missions dexpertise pour de grandes institutions, ainsi que plusieurs publications importantes sur ces enjeux (en particulier pour la revue Art Press). En relation avec sa recherche, Norbert Hillaire a une activit dartiste plasticien.

    Bibliographie : Nouvelles technologies, un art sans modle (dir), Art Press, 1991. Michel Jaffrennou, La Diffrence, 1991. Comment dessiner une assiette ? propos des Arodynes de Jean-Luc Poivret, ditions du Centre Culturel Lonard de Vinci et ENAC (cole Nationale dAviation Civile de Toulouse), 1998. Internet All Over, Lart et la toile (dir), Art Press, 1999. Architectures de Lumires, vitraux dartistes contemporains 1975-2000 (en coll. avec Anne Marie Charbonneaux), Marval, 2000. uvre et Lieu, essais et documents (en coll. avec Anne-Marie Charbonneaux), Flammarion, 2002. Lart numrique, comment la technologie vient au monde de lart (en coll. Avec Edmond Couchot), Flammarion, Champs , 2009 (3e dition). Lartiste et lentrepreneur (dir.), Cit du Design ditions, 2008. LExprience esthtique des lieux, LHarmattan, lordre philosophique , 2008.

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    Les couleurs restituent lambiance des camaeux bruns et beige do transparaissent quelques mias-mes colors, survivances involontaires de la vocation originelle de lobjet. Marquant le temps docre jaune et de roux des traces de couleurs brles aux multiples reflets, traces calligraphiques aux formes accrocheuses et varies, comme si lon voulait introduire du chaos dans le classicisme et lharmonie de ces objets si rflchis, conceptualiss, tmoins dune poque dultra consommation. Lombre devient plus forte que lobjet, devenant ainsi armure daluminium fissure par les attaques acides... destruc-tion subversive ironique de ces tmoins du monde de la consommation.Le geste nest plus un geste pictural mais un geste dappropriation dcid par le crateur pour prendre un morceau du rel et le transformer en oeuvre par un certain nombre dactes spcifiques (dcoupe, agrafage, calcination, camouflage).Lobjet perd son identit rfrentielle pour ne revtir que laspect voulu par lartiste. Les formes