amadou deme

Download Amadou Deme

Post on 05-Jan-2017

230 views

Category:

Documents

4 download

Embed Size (px)

TRANSCRIPT

  • Amadou DemeEx officier de renseignement de la MINUARRWANDA 1994 ET L'ECHEC DES NATIONS UNIESTOUTE LA VERITELe Ngre diteur2011Glossaire:-AGR, RGF, FAR: Forces Rwandaises Gouvernementales selon que c'est en anglais oufranais-RPF, FPR: Front Patriotique RwandaisGP: garde prsidentielle-UNAMIR, MINUAR Mission d'Assistance des Nations Unies au Rwanda (ONU)-GOMN: Groupe d'Observateurs Militaires Neutres de l'OUA, soit une douzained'observateur et une compagnie d'infanterie lgre tunisienne qui voluait dans la zonedmilitarise, espace sparant les deux belligrants depuis 1991. Le GOMN a ensuite tabsorb par la MINUAR le 1er novembre 1993.-MONUOR: Mission des Nations Unies dtache de la MINUAR en Ouganda et censesurveiller les mouvements venant d'Ouganda vers le Rwanda.FC, CF Force Commander, commandant en chef de la Force des Nations Unies (Dallaire)-DOMP Dpartement des Oprations de Maintien de la Paix aux Nations Unies (Directionde la MINUAR avec Koffi Annan)-RSSG: Reprsentant Spcial du Secrtaire Gnral des Nations Unies, Chef politique de lamission. Ce fut Jacques Roger Booh Booh, Camerounais, de nov 93 juin 94 puis SharyarM. Khan, Pakistanais partir de juillet 94.Les sigles sont parfois en anglais, parfois anglais franais, par exemple: RPF-FPR pourfaciliter la comprhension. De mme je mets entre parenthses la traduction ouexplicitation de certains termes pour les expliciter.

    LES SIGNES AVANT-COUREURS

    Le mois de mars tait relativement calme, mais on voyait que des choses se prparaient.Une amie qui avait de bonnes relations avec le pouvoir et le FPR, et d'autres, mettaientleurs proches l'abri l'tranger...Au CND le FPR refusait que le CDR (parti extrmistehutu) fasse partie des partenaires alors que ce dernier avait mis de l'eau dans son vin enacceptant de se contenter de siges au parlement, et non au gouvernement. Le FPRcraient de nouvelles zones de dfense avec zle. Un chef du FPR me demanda d'intervenirauprs de l'officer Mbow pour qu'il laisse passer les armes, a l'encontre des accords...Il nefallait pas les vexer. Ce qui n'tait pas le cas avec les Forces gouvernementales...A cette poque nous avons eu des renseignements sur une invasion massive de troupesd'Ouganda pour soutenir le FPR...(doc)Cela fit que des officiers des RGF (Rwandan Governemental) n'avaient pas confiance ennous: dans la mesure o ils taient en possession de preuves que la partie adverse nerespectait pas du tout les rgles et qu'ils s'attendaient ce qu'une offensive soit lance parleurs ennemis du FPR. p 17J'avais amnag dans le village d'Unrugwiro, pas loin du sige des Nations Unies.C'tait dans un complexe gard par la GN (Garde prsidentielle). Mais jusqu' la nuit du 6avril , il n'y avait aucun signe que l'attaque contre l'avion prsidentiel tait sur le pointd'tre mene et que cela dclencherait ce que nous savons tous.

    LA MISSION AVEC L'OUA-GOMN AU RWANDAJ'ai t affect au Rwanda aprs une mission puisante en Casamance, parmi une vingtainesenss remplacer des observateurs de l'OUA. Arrivs en juillet 93 nous fmes accueillis parle major rwandais Laurent Munyakazi, trs gentil, mais aujourd'hui en prison vie.

  • D'entre nous nous sommes retrouvs cantonns Ruhengeri, tombant sur des dplacspar la guerre:Le spectacle tait impossible supporter. Des centaines et des centaines de personnesdplaces, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, et beaucoup d'estropiscroulaient sur les trottoirs ou croupissaient sur les flancs de la colline ou se regroupaientautours d'un camion de mas grs par des travailleurs impatients qui criaient sur euxtout en leur distribuant la crale. De la fume noire s'levait des tentes bleues et blanchesen plastique qui abritaient les dplacs. Une odeur ftide embaumait l'air... En arrivant Ruhengeri c'tait des soldats oisifs errant et buveurs de butunda que nous voyions... p23 Mais le paysage tait magnifique...Les Congolais de l'ONU sont arrivs, puis les Tunisiens avec le capitaine Belgacem Farey.Le QG des forces gouvernementales tait dirig par le col Marcel Gatsinzi et ct FPRc'tait Karenzi Karake. Nos quipements taient lamentables, de mme que la bouffe...La principale mission, selon Arusha, tait de de surveiller la zone dmilitarise, neutreentre le RGF et le RPF, avec l'installation de points d'observation fixes et l'organisation depatrouilles avec les deux parties, et le GOMN.Mais il tait impossible de faire correctement notre travail: la zone tait trop grande etnous ne pouvions accder que l o on nous autorisait. Il suffisait de dclarer une zonemine pour qu'elle devienne inaccessible...En plus de notre travail routinier nous devions de plus en plus accompagner lespersonnalits qui allaient voir le RPF Mulindi notamment l'ambassadeur US...Nous dmes faire un rapport au secrtaire gnral de l'OUA, Salim Ahmed Salim, sur nosconditions honteuses. Mais c'est Mr Fely, son conseiller spcial qui organisait les choses.Il avait une connaissance extraordinaire de la question, et des arrires du RPF parexemple...Le soir du 8 aot 1993, quand se signaient les accords d'Arusha nous pouvions voircombien l'arbre palabre de nos traditions peut porter ses fruits: Kinihira, sous lasupervision de l'OUA/GOMNles deux dlgations, avec Habyarimna le prsident et Kanyarengwe du RPF, taientrespectueuses l'une de l'autre, mme s'il y avait de la tension et des armes caches...La tolrance dans l'arne politique tait galement une ralit, les membres du RPFrsidant au Rwanda pouvaient exhiber sans crainte leur appartenance et leur soutien auparti. Les sympathisants du RPF pouvaient se montrer sans aucun problme. p 38Je pense srieusement que nous les trangers tions arrivs dans ce pays avec nos idesarrtes et avions automatiquement montr notre sympathie pour le FPR pour le cthumain, parce qu'il tait considr comme faible ce moment-l et que son but affichtait de se battre pour pouvoir revenir dans sa patrie. Mais qui souffrait en fait? Moncoeur tait meurtri cause de ces personnes dplaces, chasss de la ZDM, menacs,viols, et mourant de faim alors qu'elles taient innocentes.Empches de retourner sur leur terre, et le RPF faisait tout pour les dcourager. Enoutre j'tais convaincu qu'elles taient utilises comme zone tampon entre le RPF et leRGF. Et c'tait la faute du RPF. p 39Le terrain tait alors impraticable. Il fallait des hlicos et des patrouilles assez nombreuses.L'UNOMUR ou la MINUOR (L'ONU en Ouganda) charge alors de contrler qu'il n'y aitpas d'armes et troupes qui passe par la frontire ougandaise avec le Rwanda taitimpuissante du fait que l'on pouvait passer par les chemins buissonniers. Plus le fait qu'iln'y avait pas de coordination entre le GOMN (l'ONU dans la zone dmilitarisecorrespondant au recul que le RPF a accept aprs son offensive de fvrier 93) etl'UNOMOR, sinon par un officier zimbabwen, Ben Matiwaza. Il tait un des rares avoir signal plusieurs reprises, d'importants mouvements clandestins de troupes,d'armes, de munitions et d'autres moyens logistiques du NRA d'Ouganda pour soutenir laRPF. P 41Puis nous sympathisions facilement avec ceux du RPF car ils taient au dpart plus

  • dmunis que ceux de l'AGR, et d'une cigarette un prt de tenue ou un partage de repaspar exemple, cela pouvait donner aux autres l'impression d'une collaboration.Mais cette sympathie dbouchait sur des confidences et des fuites d'informationssensibles...On s'apercevait aussi qu'il y avait des niveaux hirarchiques importants dans le RPF, lesOugandais ou anglophones tant le haut tandis que les Zarois Bagnamulengue taient aubas de l'chelle.Leur fonctionnement tait cadr par des commissaires politiques de type vietcong, ce quitait bien ancr dans leur culture politique et stratgique. Et ils taient toujours un hautniveau de prparation militaire, mme si paralllement ils ngociaient les accordsd'Arusha...Plus tard nous apprmes qu'une mission d'observation arrivait pour un nouveau projet del'ONU. Le 13 aot le comandant de l'UNAMOR arrivait avec le colonel Tikoka, chef desobservateurs militaires, le colonel Nazrul Islam, le major Ben Matiwaza et autreobservateur GOMN dsormais UNOMOR.Je fis le point sur la situation. On nous annona que nous, le GOMN, allions passer sousl'gide d'une nouvelle mission de l'ONU pour le Rwanda. Qui serait officielle le 30 octobre.Nazrul Islam me nommait agent de renseignement pour le Commandement.

    UNAMIR (MINUAR)IAvant de m'installer Uruguiro je vivais dans la zone de Kimihura o il y avait le Cactus,restau tenu par une Franaise et dont le compagnon, un Irlandais ex-lgionnaire, avaitcontribu stopper le RPF dans le Mutura. Il y a avait souvent des paras franais et j'en aiappris sur le Mutura, mais ils taient peu nombreux en cette fin 1993. J'ai connu l aussi lecapitaine Ndiagne qui connaissait le pays depuis des annes...Puis nous nous installionsdans l'htel Amahoro, ct du stade.Le personnel QG belge est arriv, avec le capitaine Frank Claess, du Renseignement, quiallait tre mon suprieur, un homme brillant et bosseur...nous avons dvelopp un rseauparallle celui des observateurs, travers toutes les couches de la socit. A cette priodele sabotage de la centrale lectrique par le RPF a aggrav l'inscurit, en facilitant lacriminalit nocturne...Les rassemblements politiques taient impressionnant de dmonstrations de jeunesmiliciens.Lesquels n'taient pas destins au dpart tre arms et meurtriers.C'tait dans un premier temps des clubs sportifs, ou toutes les ethnies taient mlanges.D'ailleurs Rober Kajuga qui fut longtemps prsident des Interahamwe, que je connaissaisbien, m'a aid sauver des gens plus tard. C'tait un homme lgant et bien vu...J'ai toujours t prudent sur l'implication de ces milices dans la violence destructrice de1994.Une des clefs d'explication est que les leaders des milices n'avaient pas le contrle sur cesjeunes parce que ceux-ci n'taient pas simplement des miliciens mais une jeunepopulation htroclite.La plupart de ces jeunes que nous rencontrions taient comme les autres, mais plusengags dans la politique ou la dfense de l

Recommended

View more >