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» Edito (Colin Donaldson) » L'économie face aux discriminations (Michael Gonin) » Camp de formation(Christine Bourgeois) » L'encouragement mutuel (Christian Schneeberger) » Logiciel GPS (Joëlle Emery) » Le Nouveau site web » Nouveau local » Sujets de prière

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    proposLe magazine des Groupes Bibliques des coles et Universits de Suisse romande

    Croire. Penser. AGir.

  • sommAire

    responsable de publication Colin Donaldsonditeur Groupes Bibliques des ecoles et Universits, Av. de Provence 4, 1007 Lausannesite web www.gbeu.chPhotos GBeU et iFes, sauf p. 4 (max Haavelar)impression Jakob AG, Grosshchstetten

    dito

    L'conomie face aux discriminations

    Camp de formation

    L'encouragement mutuel

    Logiciel GPs

    Le nouveau site web

    nouveau local

    Annonce

    Agenda

    sujets de prire

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  • Croire. Penser. Agir.

    La devise des GBeU illustre l'articulation de notre foi en Dieu avec une force et une profondeur dyna-misantes et libratrices. Que signifie-t-elle ? Bien plus quune capacit scolaire rciter une dcla-ration de foi et passer en revue une check-list dmontrant que nous sommes de bons chrtiens, le croire est enracin dans une Parole qui engage tout notre tre. en ce sens, nous sommes convain-cus, aux GBeU, que le croire est indissociable du penser et de l agir .

    Penser veut dire tre lcoute de Dieu, le laisser pntrer au plus profond de notre cur et nous interpeller sur les implications dans notre vie de ce que nous croyons. Le penser va au-del de lassimilation de connaissances ou de la pense car-tsienne, car il se base sur le fondement mme du croire . Ainsi, notre coute de Dieu a des cons-quences sur tous les domaines de notre vie : entre autres nos tudes, nos relations personnelles, nos liens avec la socit et bien entendu notre chemine-ment personnel.

    Vcue en profondeur, cette dmarche dintgration entre la foi et la pense aboutit une volont dagir. nos actions ne sont pas premires dans le processus de la vie chrtienne : elles sont rponses lamour et au salut de Dieu. elles sont galement le fruit de nos choix volontaires. La foi sans les uvres est morte, nous dit Jacques. notre prire aux GBeU est donc que nous puissions encourager une gnration qui non seulement croit, mais aussi qui pense profon-dment, car cest seulement ainsi que nous pouvons esprer avoir un impact dans ce monde.

    Colin Donaldson

    Dito

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  • LEconomiEC'est bien connu : nous consom-mons au quotidien. Trs rgulire-ment, nous faisons des achats plus consquents : smartphone, ordi-nateur, souliers, voiture, vacances des achats pour lesquels nous passons du temps rflchir, comparer, valuer et soupeser les diffrentes alternatives. Nous avons galement tous un compte courant et probablement un compte pargne , ouvert dans l'tablissement qui nous semblait le plus propice.

    Or souvent, nous rflchissons peu aux dimensions sociales des diff-rentes alternatives qui s'offrent nous dans nos choix de consomma-tion et d'pargne. Peut-tre parce que, pendant une grande partie du XXe sicle, nous avons cru que le mix magique dmocratie-croissance conomique rsoudrait automati-quement les injustices sociales.

    Toutefois, ces dernires annes semblent contredire cet espoir. L'conomie tend nouveau aug-menter les discriminations. Il est

    L'Conomie FACe AUx DisCriminAtions : CAUse oU remDe ?

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  • donc essentiel de repenser la ques-tion de ce lien magique entre dve-loppement conomique et rduction des injustices. Pour ce faire, il est ncessaire de remettre en question deux prsupposs trs rpandus. Le premier suggre que le modle conomique actuel, bas sur le libre march, est le seul possible suite l'effondrement du communisme ; le second est que, de toute faon, le systme conomique est neutre ce sont nos actions qui importent.

    Ces deux prsupposs nous font passer ct de deux lments essentiels. Premirement, s'il est vrai que depuis la chute du com-munisme il n'y a plus de concur-rents sur le march des idologies conomiques, l'conomie de mar-ch se dcline en de nombreuses variantes. Choisir l'une au dtri-ment d'une autre a des implications importantes concernant la rduc-tion ou l'augmentation des discri-minations. Deuximement, s'il est vrai que ce sont principalement les acteurs qui, ultimement, agissent en bien ou en mal dans un systme (le systme ne peut pas agir ) il est nanmoins possible de confron-ter les prsupposs d'un systme aux principes bibliques. Bien que la Bible ne propose aucun systme conomique , elle vhicule nan-moins des valeurs adopter par les

    individus l'intrieur d'un systme. Ainsi, nous sommes tous respon-sables de nos actions l'intrieur du systme conomique , ainsi que de leurs consquences. Ces cons-quences sont d'une part directes , dans le sens que la plupart de nos actions vont contribuer renfor-cer ou affaiblir des injustices, et d'autre part indirectes, dans le sens qu'elles vont renforcer ou affaiblir l'influence d'un systme en place et donc son impact sur les questions de justice. Ainsi, chaque individu qui rsiste la corruption dans un pays o elle est monnaie courante contribuera affaiblir l'influence de cette coutume1. Au contraire, en suivant la norme, il contribuera sa lgitimit et son autorit. Le fait que nous consommons tous, en tant qu'individus ou en tant que commu-naut, nous force donc rflchir nos actions et leurs consquences directes et indirectes.

    Notre participation sans retenue au systme conomique actuel renforce automatiquement l'influence de ses prsupposs et n'est par cons-quence pas neutre. Si ses prsup-poss ne sont pas ncessairement en opposition fondamentale avec les principes bibliques, leur inter-prtation et application radicales

    1 Reste savoir comment rsister de la manire la plus 'efficace'...

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  • heurtent les principes fondamen-taux du Dieu de justice rvl dans la Bible. Deux exemples peuvent l'illustrer.

    La vision de L'humainLe modle conomique considre l'humain comme un individu auto-nome, rationnel, et ne pensant qu' atteindre ses propres objectifs. Tout effort pour aider quelqu'un d'autre s'expliquerait en termes indivi-dualistes : jaide l'autre, car c'est de cette manire que j'atteins mon objectif personnel d'tre altruiste.

    Cette approche implique la notion d'une personne avec une volont propre, une autonomie de dci-sion et d'action, et la responsabilit pour les consquences de nos actes. Nanmoins, l'interprtation radi-cale de l'conomie tend minimiser le fait que l'humain a une dimension fortement communautaire. Nous sommes crs pour vivre en commu-naut et nous intresser aux autres et leurs besoins. Rduire l'humain une machine maximiser son int-rt est donc trop court et catastro-phique pour la survie et la cohsion d'une socit2.

    Les causes d'un individualisme

    2 Paradoxalement, cette cohsion est pourtant indispensable pour qu'une conomie de mar-ch puisse prosprer.

    outrance, d'un manque d'gards pour le prochain et d'un manque de compassion pour ceux qui souffrent ou sont dans le besoin est peut-tre, en partie, chercher dans la promo-tion d'un modle conomique qui suppose que le march rgulera tout a et que chacun, finale-ment, est seul responsable de son sort contrairement une approche biblique qui la fois responsabilise l'individu et invite la communaut s'occuper des faibles et des dmunis.

    La proprit priveLa protection de la proprit prive est une des pierres angulaires de l'conomie de march. Cet lment se trouve galement tout au long de la Bible. Le 8e commandement inter-dit le vol et Lvitique 25 garantit une terre familiale pour chacun dans le pays promis (cf. aussi I Rois 21:3). Zache s'engage envers Jsus rendre ce qu'il a pris en trop certains contribuables.

    Nanmoins, cette protection de la proprit prive n'est pas absolue dans la Bible. Il est rgulirement rappel que tout appartient Dieu nous ne sommes que des grants de ces biens. Ensuite, la proprit prive est au service de la commu-naut (cf. la vision de l'humain ci-dessus). Ainsi le riche devra prter au pauvre qui le lui demande sans

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  • intrt et indpendamment du fait que le pauvre puisse rembourser ou non.3 Jsus commande celui qui a deux manteaux d'en donner celui qui n'en a pas.4 Finalement, la Bible encourage une forme de gas-pillage par ceux qui possdent. Le principe de la glane assurait que les pauvres puissent rcuprer le surplus inutilis, et Jsus traite d'in-sens celui qui cherche conserver de grandes quantits (Luc 12:20).

    Des conclusions similaires pour-raient tre tires d'une analyse d'autres prsupposs, notamment concernant la prvoyance ou les relations employeur-employ. Dans l'ensemble, il semble que l'conomie de march est compatible avec une vision de la Bible si son application est fortement adoucie par une vision plus large de l'humain, de ses droits et de ses responsabilits. l'inverse, l'application systmatique d'une version pure et donc plus radicale de l'conomie de march a conduit une nouvelle augmenta-tion des abus et des discriminations ces dernires annes.

    3 Il est noter que ces prts taient certaine-ment pour pouvoir subvenir aux besoins essen-tiels pas forcment pour s'acheter n'importe quel gadget.4 Jsus ne dit par contre rien du cas o quelqu'un aurait cinquante manteaux mais que tous les autres en ont au moins un.

    En tant que chrtien soucieux de la justice du Royaume de Dieu, il nous revient de nous assurer que nos choix conomiques contribuent renforcer une interprtation du march qui rduise les injustices. Si nous prenons le temps de bien soupeser les implications finan-cires de nos choix co