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    L Harmattan

  • Jean MORIZOT

    L’AURÈS ou

    LE MYTHE DE LA MONTAGNE REBELLE

    Éditions L’Harmattan 5-7, rue de l’École-Polytechnique

    75005 Paris

  • Table des matières

    Avant-propos ........................................................................................ 9

    Introduction.......................................................................................... 11

    Chapitre I L’énigme de Tighanimine.................................................................... 17

    Chapitre II L’empereur Masties ou la continuité................................................. 39

    Chapitre III La Berbérie orientale, et ses liens avec Byzance : 533-708 ................ 57

    Chapitre IV Les Arabes en Berbérie. D’une société hydraulique et urbaine à une

    autre : viiic-xic siècle................................................................... 65

    Chapitre V Les invasions hilaliennes et les transformations du paysage rural :

    xi^-xv0 siècle.................................................................................... 79

    Chapitre VI La Régence d’Alger province extrême occidentale de l’Empire

    ottoman : xvie-xixc siècle.................................................................. 99

    Chapitre VII L’occupation française : 1845-1850........................................................ 121

    Chapitre VIII L’Aurès sous le régime militaire : 1850-1886........................................... 139

    Chapitre IX Les contraintes qui font les mécontentements et d’où naissent les

    hors-la-loi.................................................................... 159

    273

  • Chapitre X Les Pères Blancs à Arris : 1893-1916 175

    Chapitre XI Le calme de l’entre-deux-guerres.......................................................... 193

    Chapitre XII Benboulaïd, l’Aurasien 1917-1956 ........................................................ 217

    Chapitre XIII L’indépendance ...................................................................................... 237

    Conclusion............................................................................................... 253 Glossaire ................................................................................................. 255 Liste des documents graphiques et photographiques......................... 257 Annexes................................................................................................... 259

    ACHEVÉ D'IMPRIMER LE l

  • Avant-propos

    C’était à Arris, fin d’automne 1942. Il tombe quelques flocons de neige, légers ; Jean, mon mari, l’auteur

    de ce livre, est à Alger en stage pour plusieurs semaines ; moi, je suis seule à «la maison», celle de l’administrateur adjoint, entourée d’un jardin mitoyen du petit hôtel communal.

    Seule avec mes quatre jeunes enfants et d’autant plus seule que l’un d’eux, atteint de fièvre typhoïde, a été déclaré contagieux. Il a six ans, son état est très grave, les antibiotiques ne sont pas encore connus et, après quelque amélioration, il y a eu rechute. Le médecin n’a pas caché son peu d’espoir ; moi je le garde ce peu d’espoir et je « tiens » grâce au bienfaisant breuvage que s’est révélé être le thé à la menthe, très sucré, dont est toujours remplie la petite théière posée sur le poêle qui ronfle jour et nuit : il faut lutter car les trois autres enfants ont, eux aussi, besoin de leur mère.

    Ce matin l’état de Jacques s’est très fortement aggravé : il délire, ne me reconnaît plus ; ses yeux se sont creusés ; ses lèvres desséchées refusent toute boisson ; en cette saison et en ces temps de guerre, il n’y a plus de produits frais à l’épicerie du village. Que faire ? Sans perdre courage je le tiens alors cet enfant, serré contre moi comme pour lui infuser ma propre vie.

    En milieu de journée, un « cavalier » de la commune mixte attaché au service de la maison entre et voit notre petit malade ; impressionné, il dit : « On ne peut pas le laisser comme cela » puis après quelques secondes de réflexion, il ajoute comme inspiré: «Je vais prendre mon cheval et descendre à Ghoufi chez le cheikh de la zaouïa, il me donnera des oranges et des citrons de sa palmeraie et, en voyageant toute la nuit, je pourrai être de retour demain matin. »

    Et malgré le froid, malgré la neige, cela se fit... et Jacques accueillit sur ses lèvres quelques gouttes du précieux jus de citron, puis quelques gouttes encore, puis une cuillerée à café diluée d’eau sucrée ; petit à petit... alors... le miracle s’accomplit: notre malade fut sauvé.

    Miracle des fruits de soleil ? Miracle de tout l’Amour qu’ils portaient en eux ? Qui le dira ?

    9

  • Et comment faire mieux comprendre que par ces lignes le caractère de ce merveilleux pays et de ses habitants ?

    Rudesse... et douceur du climat. Vaillance... et noblesse de ceux qui y vivent. L’Aurès était devenu ma seconde patrie. J’aimerais que ce témoignage marque ma reconnaissance envers ceux

    qui par générosité, par sollicitude et dévouement ont rendu la vie à notre fils.

    Je remercie mon mari de m’avoir permis de le porter, ce témoignage, sur la première page de ce savant ouvrage et je demande aux historiens, aux chercheurs qui le liront de me pardonner d’avoir mêlé cœur et sentiment à cet esprit de rigueur qui doit toujours rester le leur.

    Tonnoy, le 22 juin 1990 Henriette Morizot-Garnier.

  • Introduction

    Dans la collection «Histoire» de la maison d’édition Flammarion vient de paraître un ouvrage traduit de l’anglais intitulé «Le monde mérovingien, naissance de la France». S’appuyant sur les travaux de médiévistes contemporains allemands, américains ou anglais, son auteur, Patrick J. Geary, professeur à l’université de Floride, s’est proposé de présenter à un vaste public les résultats des « réhabilitations et des révisions » que réclame cette période de l’histoire, complètement faussée par la vision «de hordes de Germains grossiers et perfides» ayant envahi et occupé le monde civilisé.

    En réalité, «en vingt-cinq générations, l’Empire se barbarisant et la romanisation transformant les Barbares avant qu’ils eussent mis les pieds sur le territoire romain, les deux mondes, le romain et le barbare, s’étaient largement mélangés et confondus. »

    Soumise elle aussi très anciennement à l’influence de Rome, elle aussi envahie et occupée par un peuple germanique, les Vandales, l’Afrique du Nord antique réclame le même réexamen dont la nécessité commence enfin à se faire sentir ; mais que d’obstacles ! Dès l’entrée de l’Aurès dans l’Histoire, on bute sur une idée unanimement reçue qui engagera tous les spécialistes dans une fausse direction à partir du milieu du IIe siècle après J.-C. : la prétendue construction par les soldats romains à travers les gorges de Tighanimine d’une voie stratégique destinée à permettre la « pacification » de ce massif. En démontrer l’invraisemblance sera l’objet du premier chapitre de cet ouvrage.

    Sans rejeter l’idée de cette route, P. A. Février, professeur d’histoire romaine à l’université de Provence, a néanmoins pris très nettement position pour une révision car il a pu très justement constater que les bases essentielles des recherches avaient été la lecture des auteurs de l’Antiquité, essentiellement pour l’Antiquité tardive Procope et Corippe, écrivains byzantins, et la fréquentation des militaires. C’est ainsi qu’à la suite de «maîtres» comme Ch. Diehl et R. Cagnat, on était parvenu à «une vision militarisée et obsidionale de l’espace rural». C’est particuliè­ rement frappant lorsque l’on considère l’Aurès, massif dressé en bordure du Sahara au sud de Constantine et peuplé de populations appelées «chaouïa» qui il n’y a pas longtemps encore se distinguaient par leur parler berbère et leur organisation sociale.

    11

  • Dans un ouvrage récent: «Approches du Maghreb romain» (1), P.A. Février reconnut que «l’histoire de l’Aurès restait à écrire» et, de façon quelque peu énigmatique, il a ajouté: «Je gage qu’elle sera plus complexe que ce que l'on imagine souvent. » Étant donné son champ de recherches, j’incline à penser qu’en s’exprimant ainsi il pensait seulement à l’Aurès antique ; mais ce sont, il me semble, vingt siècles qui sont à réviser, la version officielle des relations des habitants du massif avec la France de 1845 jusqu’à la proclamation de l’indépendance n’étant pas plus crédible que toutes celles qui ont cours sur les dominations précédentes.

    On s’étonne d’ailleurs que cette révision n’ait pas été menée à bien pour la période romaine car on possède depuis un demi-siècle tous les matériaux nécessaires, non seulement pour cela mais pour une entreprise beaucoup plus vaste, ainsi que l'a souligné en 1944 Jérôme Carcopino, inspecteur général des Monuments historiques, un des grands noms de l’archéologie contemporaine. Faisant en effet l’exégèse(2) d’une inscrip­ tion latine que mon frère Pierre Morizot et moi avions découverte trois années plus tôt

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